CHAPITRE XYII
Bémmé de noi étndM rar Wellington. — Condnlto dn général anglaii rar la cliunp de lutaille. — Dangen qn'il courut. — Se rare présence d'esprit. ~ Pant-n attribuer eei ■necAi an hasard? — Faits pronvant qne Wellington ne manqnatt ni d'andaoe, ni de réeolntion. — Difficultés qu'il eut à vaincre. — Mobilité de l'opinion pnbUqae en Angleterre. — État de l'armée anglaise. — Bffbrts dn dno povr améliorer le sort de cette armée. Béformes ntllea qu'il introduisit dans son organisation. — 811 fût aimé daflsoldataetdesoficiertf— Son opinion sur les peines oorporellei. — Wellington Jugé comme bomme politique et comme administrateur. — Embarras qne lui inacltArent lei gouYemementa et les babltaoïta de la Péninsnle. — Comment il parvint à Mn Ikee fc Ilnsnfflaance de an raesonrees en bonunea et en argent. -- Bébmee qu'il introduisit dana l'administration portugaise. — Ses oplniona politiques. — Son antipathie pour la presse. — Ses titres comme bomme d'État. — Sa constance et sa perspicacité. — Sans lui l'Angleterre eût renoncé h la guerre d'Espagne. — Influence quil exer(a. — Son respect pour la loi et pour le gouTemementde son pays. — BieuTeillanoe qn'O témoigna aux Français- — Relations courtoises qui s'établirent entre les deux armées. — Courage moral de Wellington. — Son IndilTérenee pour les iQjurea et la ealonnle. —Antres partlenlaritéa de son caractère. —Comment il appréciait les serrioea de ses subordonnés. — Modestie, simplicité, droltnre. Ordres dn Jour et lettres de serrice : bonne tbl et simplicité qui les distinguent. — Conclusion générale.
Après avoir esquissé à larges traits la vie si remarquable et si bien remplie du duc de Wellington , il nous reste à exposer, sous forme de jugement sommaire, l'impression qui
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D0U8 est restée d'une étude approfondie des actes, des travaax et du caractère de ce grand homme. Et, pour qu'on ne nous accuse pas d'apporter dans cet examen ou trop de complaisance ou trop de rigueur , nous aurons soin d'appuyer chacune de nos assertions de preuves irréfragables, lentement et péniblement accumiriées.
Cette rapide synthèse achèvera de faire connaitre un homme généralement encore très-mal jugé, bien que tous ses actes se soient produits au grand jour, et ^u'il n'ait dissimulé aucune de ses faute*, aucune de ses faiblesses.
tt La première qualité d'un général, a dit Napoléon, est d'a- « voir une tête froide qui reçoive des impreaûons jostes des « objets , qni ne s'échauffe jamais , ne se bisse pas ti>kni^, u enivrer par tes bonnes ou les mauvaises nouvelles. *
Wellington possédait à un haut degré toutes ces qualités précieuses. Calme, froid, toujours maître de lui et cependant capaUe d'une action vigoureuse, la n^ure l'avait formé pour la guerre. Dotrë d'nne santé robuste, d'un coup d'œil rapide, d'une vaste intelligence, d'une iDépmutfale fécondité d'idées, d'un esprit d'observation , d'ordre et de prévoyance qui s'étendait à toute chose, il possédait, outre ces qualités, celle plus rare de savoir prendre une prompte décision dans les cÎpcoflstaBceé iin)»êraes, et d'accepter résolument ta responsabilité des actes les plus 8olBBnds(i}. Jamais il ae montra plus de perspicacité, un jagem«it plus sâr et plus ferme que lorsqu'il eut à se prononcer sur des affaires délicates oô la poHtique et la stratégie se trouvaient engagées. Au milieu des embarras d'une guerre si difficile, et lorsque tout conspirait à sa perte — la marche indécise du gouvernement anglais, l'hostilité des populations espagnoles, l'impéritie de la régence portugaise, la misère et la faiblesse des troupes alliées,
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le nomtm am^aM dea force» ouMaies; Ir taWU de Imra généram^t'élaA pHo^Me de rHii6eesf«p^b,t«ai«ttrs battue et toajaiiTB prête DéamnonM à «etonbar dans tu mêmes fautes, — on ne vil )uni*WellngtMi, ai déconragé, m Bème affecté de sa potétion. Son uécMiteBlismeiat et ses craiates ne semmifestaieiit que dans sti evtrcspondsnce (i) *■ sur te champ de bataille et devant sei-anbovdonnés» H se aïontrùt sa4is&it et plan de confiaaMe. Lore^n'uo doafBr M|ttéitt, un de ces incidents qii a ar gias e t dans tontes les batailles, et qai sont la pierre de tonche da génie ntilMaire, TMsit coaipliquer sa situation, il savait en proBter sur-le-champ et faire tourner à 80* avantage ce qû aurait pcrda un f/boÂtti maias habile et iBoins sûr de lui-même. Sans ce coap d'nil ra{Hde et cette promptitude d'aetian, il eût été batto apris lalarera, à SalamaaKpie, i OrtbM, et peHt*4fare ê Wattfleo.
Wellii^lea cKceUait surtant à ientiiK les projeta de ses adrersaires : « impéaétrable dans ses dessains, dit l'auteur « des Mémmre» de Mmténa \^, W derinait ceax de l'enneaii u etlesap[ffé«ait juBteaKBti|aoi^eavaaIeDtaHr.»H. Thien com^re ce jugeaient par ua fût sigaiScatif . Quand Masséaa était devant les Kgnas de Tonrès-Tedras, le gauvemenamt saluais demanda & Wellingtoa s'il ne aesait pas posôble de retirer la flotte de transport <py ooâtaîl pkn de 76 aillions par an. Le dae répondit qu'à la rigaeur cela «e ponait, tiaîs qu'il serait néanmoins prudent de la laisser, encore qu'il espéritn'en avoir pas besoin. « Il ajouta, dit H. Thiws, ce qui honore infiniment son intelligence politique, que probableoient le maréchal Kasséna swait ftnbleraent secouru du
nia k MU milbcareni urt. ■•!• cm MtrM inltM m
(DMménlXoca^t. Tll,p. 1T3. L'gptBkn d« M ■«Wry ■ d'ialnt phii te prli, qa-U Mt MaTMt iBjBite nian ta dno 4* wsuidUm.
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côté de la Caatille et anciiDemént du cAté de l'Andalonsie (i). » Les choses, en effet, se passèrent ainsi qu'il l'avait prévu. En 1812, Napoléon et Berthier s'étaient imaginé qu'en prenant une attitude offensive à Salamanque, le duc de Raguse empêcherait Wellington d'assiéger Badajoz (s). Le maréchal Harmont, a|)préctant beaucoup mieux la sagacité de son adversaire, répondit que le général anglais ne serait pas dupe de cette démonstration, et que le seul moyen de sauver Badajoz était d'établir trois divisions de l'armée de Portugal dans la vallée du Tage (3). L'événement a justifié cette opinion.
Le courage personnel, si nécessaire aux généraux anciens, n'étant ptusia qualité principale du commandement des armées nlodernes, Wellington ne fit aucun effort pour se produire par des actions d'éclat {*); cependant, toutes les fois que sa présence sur un point dangereux ou à la tète d'une colonne d'attaque était nécessaire, il payait vaillamment de sa personne. A la bataille d'Assye, il eut deux chevaux tués sous lui. En ISll.seportantavecBeresfordetqQelques officiers à la rencontre de Ifarmont, qui venait de franchir le Douro, il fut enveloppé par un petit corps de cavalerie, et il ne se tira de ce mauvais pas qu'en mettant l'épée à la main (s). A Salamanque, il reçut une contusion à la jambe et une bdie dans le chapeau. Au siège de Burgos, il s'exposa fréquemment dans
(I) UMoIrtauConnlaltt de rEmpIn, t. ni, p. in.
m Voir tMn»MnHHUIrtiUBerllMrillamot%t. février M% - Mém»lrti au eue é», Kathit. I. IT, p. 306.
(3) l.itl<t liulittyrletïBlt.aiiprtHetdtlfnMàuittlttM^tuIntiludiàeiUKafiin,
(4) WMIlDKIoD rilt en quelque Mrle Mn portnll iliDi Ici IlpiM lulfiutei, «crilet le Il nul IBII ,111 i«neril Cimpbelt : • Le >l«>lrde courir an-devint derennemJ n'eil pu rire dint rirmte ingliite; inilili quiUU que l'ilme 4 vaJr ilani ]e> olllcleri qui »nt I ]* tCM de* troupes «Il an /uymiiRt /VdM (f net Oant raeUan qui Itur ftttit Metdtr prempItiKtitl juigu'inl tu fiMinl II aalvtnl allrr sont ineonv^rtUni, >
la r^mltat d'une mtpHte pro*Miiit de ce qui le 3> buiurdi iBiliit ardl In mtnei
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les tranchées « et n'échappa, dit Sherer, que par miracle (i). > À la bataille d'Orthez, une balle morte lui fit une contusion au-dessus de la cuisse; le même jour, cherchant à reconnaître d'une hauteur la position du maréchal Soult, il servit pendant assez longtemps de but à l'artillerie française. Enfin, dans la mémorable journée de Waterloo, il se montra sur tous les points oii l'action du chef parut nécessaire : jamais peutêtre il ne se prodigua davantage ; la plupart des otBciers de sa suite furent tués ou blessés à ses côtés.
Au milieu des scènes les plus émouvantes, Wellington conservait UQ sang-froid inaltérable : ni le succès oi le revers ne l'impressionnaient fortement. « Je me trouvais près de lui, dit a Napier, dans la soirée de Salamanque, lorsque les torrents u de feu de l'artillerie et de la mousqueterie, s'étendant aussi a loin que l'œil pouvait porter, montraient tout ce qu'on a avait gagné... 11 était seul; l'éclat de la victoire brillait « sur son front , son regard était vif et perçant, mais sa voix t était calme et même douce(i). » Tel ou le vit dans plusieurs circonstances : à Talavera, à Busaco, à £1 Bodoo, à Sauroren, à Orthez, à Waterloo. Il veillait à tout sans manifester la moindre agitation et recevait la nouvelle des événements heureux ou malheureux de la journée avec l'impassibilité d'un homme qui a tout prévu, tout calculé, et que rien ne surprend. S'il eût été seulement, comme on l'a dit tant de fois, un enfant gâté par la fortune, on n'aurait point constaté ce fait, car les succès de hasard éblouissent et souvent même aveuglent ceux qui les remportent.
La fortune intervient sans doute largement dans les résultats de la guerre, mais quoi qu'en aient dit certains auteurs, personne ne s'est moins fié au hasard que leduc de Wellington.
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Il était d'opinion qu'à la guerre, comme en toute chose, le succès dépend plutôt de l'observation constante des règles que d'une inspiration momentanée ou d'un concours exceptionnel de circonstances favorables. Encore qu'il ne manquât ni de résolulton ni d'audace, et que son caractère même le portât aux entreprises hardies , sa raison lui faisait donner la préférence aux moyens plus^ lents et plus sûrs qu'enseigne l'ex^ périence. Il calculait avec une rare sagacité les chances probables de ses opérations stratégiques, et ne se décidait à les exécuter que lorsqu'il avaitlieu de compter, son génie aidant, sur un résultat avantageux. Cette prudence a fait supposer à quelques écrivains fhtnçais que Wellington manquait d'initiative, et qu'il cherchait à suppléer anx qualités naturelles du commandement par un excès de précautions indigne d'un T^table homme de guerre. M. Thiers prétend que le duc, « suivant son usage, ne voulait combattre qu'à coup « sûr, c'est-à-dire dans des positions défensives , presque « invincibles, et avec une supériorité numérique qui s'ajou- « tant au bon choix des lieux rendit le résultat aussi certain <i qu'il peut l'être à la guerre (i). » Le même jugement a été porté par le colonel Koch, dans les Jfémotres du maréchal Massém: « Le premier et te véritable mérite de Wellington, R dit-il , est de n'avoir jamais engagé d'affaire qu'à coup et sûr (s)... Il n'a jamais su tirer parti de ses avantages... En m un mot, il joignait à l'aptitude diplomatique et à quelques K qualités de Marlborough les défauts reprochés an duc « d'York (3).»
Ces deux citations, empruntées à des anteurs r^ativement pins justes ponr le g^éral anglais que la plupart de leurs
Connut tldTimpIre, Ht.
ilfau^M. t. VII, p.tsD.) VII, p. 17t.
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compttriotM, atteiteot combien est répandue en France l'opinion que Wellington manquait d'initiative et de hardiesae.
NoQt avons dans les volumes précédents réfuté cette opinion par des faits irréfragables. Aceuxquin'auraient plus ces faits présenta à Teeprit, nous adresserons simplement les questions suivantes* laissant à leur bonne foi le soin de les résoudre.
Ëtait-ce un général timide celui qui, dans les plaines d'Assje avec 7,500 hommes, dont 1,500 rairopéensseulemrat, et 17 pièces de canon» attaqua résolument 50,000 soldats mafanUes* solidement retranchés, couverts par une rivière et défendus par 100 pièces de canon? — Un général timide, celui qui, après une marche de 9 lieues, et par des chaleurs tropicales, se rua, dans les plaines d'Argaum, sur tes forces réu* nies de Sdndlah et du radjah de Berar,le8 mit en déroute et les poursuivit au clair de lune avec la plus grande vigueur?— Ëtait-ce un général timide, celui qui, à peine débarqué avec 9,000 hommes & l'embouchure du Hondégo, se décida à marché contre Junot, qu'il supposait à la tète de forces doubles des siennes (t), — qui , avant la bataille de Vimeiro, proposa de tourna la position de Torrès-Vedras par une marche de flanc le long de la mer, opératbn que les généraux Burrard, Dfdrymple et Clinton désaf^rou^rent comme étant d'une «tccessive témérité^— ^ qui ensuite, après la bataille, proposa, vainement encore, de couper les Français de Lisbonne en prmant possession de Torrës-Védras et de Hafra, projet qualifié par Napier <c une de ces promptes et audacieuses combi- « naisons qui distinguent les grands généraux? »
Ëtait-ce nngénéral timide celui qui, sans équipt^ de pont.
Il TbUbinlt, qui reprocha I walilaïloa finir pir u lenteur mué l'a^ml^ . Ile qae le corpi latlilt «Tilt Mnlment VO ckenni , que lytit-oujor etVtJ-: ■unqmleat il<eip4rleace, el que. deu de pircin» caDdlUoali n i iTdt rCâle-: laeelHweli*Te»enM.HweillHlMinH«U on ftnéni llnMe. Il lurell mpei qui débitent coopérer eTee ImI .
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effectua le passage du Douro en présence de l'année de Soult, opération que le duc de Dalmatie avait crue impossible et qui d'après l'auteur des Mémoires de Joseph, était « d'une har~ « diesse inouïe (i). » — Un général timide celui qui, à la tète de 50,000 hommes, dont 50,000 espagnols, sans la moindre consistance, marcha sur Madrid, et soutint lé choc des armées françaises dans les plaines de Talavera (s).
Et quand, après cette dernière bataille, plus deOO, 000 Français occupaient la vallée du Tage dans l'intention de marcher sur Lisbonne, un général sans initiative, avec 17,000 soldats mourant de faim, se fût-il arrêté neuf jours à Jaraicejo pour reprendre l'offensive dans le cas où l'ennemi eût donné suite à son projet (3)? — hardiesse étonnante, folle même, et dont nous sommes loin de faire un mérite au général anglais, mais" qui, encore un coup, ne prouve point qu'il fût un homme timoré.
Il fallait de l'audace aussi pour attendre Hasséna à Fuentes d'Oooro avec une armée affaiblie par te départ de Bere»ford, et cela dans une position défectueuse, ayant à dos la place d'Almeid%, encore au pouvoir de l'ennemi, et la rivière encaissée de la Goa, où les alliés, en cas de revers, eussent été précipités dans un désordre afireux.
Non moins remarquable est la résolution que prit Wellington d'assiéger Badajoz entre les armées de Soult et de Marmont, aussi fortes l'une et l'autre que l'armée anglo-portugaise {*), et de prendre ensuite position à Campo-Hayor dans
(1) Mfmairti d* Jaitph.t. vi.
(1) Cetls <v«TiUoa i <té lutte dtm Lu teno«i iuItidIi pu Itt inUort dct flclotnt il eeiuiii4lailt l'armé» frtiiitalie: iLei «.nilo-torlDcalt, iprii rtviciutloo du rorlncil, cnnçdrc^t nn ptin donl 11 hanuiu cooLnitiiL ivec li clrconipacUoD ordlDiIra idi (finé- .-rsiiKdi II Orandu-BretiEtie Dioi i* Umêmlrt prétampllsn, ilr fcrttiur VTcUnle;
- Tnriit, etc., flic., • t. nrx, p. Xtl.
(a) ce projet, mil en (tant pir Boult. iTalt «U MOlMltB IMT Kcr «t Kw^ta. 14) n* pu cMKNHlrecedéigiicc celui daiMl.
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— mi —
le dessein de livrer bataille à ces deux armées réunies (i).
Avec la même audace et le même sang-froid, il attendit de pied ferme, en 1811, à Guinaldo, l'attaque de 50,000 Français, auxquels il ne pouvait opposer que 15,000 hommes, ses deux ailes étant encoreà plusieurs lieues en arrière (s).
On a vu aussi que Wellington étonna le maréchal Soult par la vigueur avec laquelle il emporta le fort Pécurina, à Badajoz, avant de l'avoir battu en brèche et par la résolution qu'il prit ensuite de monter à l'assaut de la place avant d'avoir renversé la contrescarpe et fait éteindre les feux de l'assiégé.
Très-audacieux encore fut le plan qui consistait à prendre Rodrigo et Badajoz, en présence des armées du Centre et du Midi , pour envahir ensuite l'Andalousie , repousser Soult sur le Guadalquivir, et ruiner l'arsenal des Français à Séville (s).
L'enlèvement d'Almaraz par 6,000 hommes, sous les ordres du général Hill, offre une autre preuve de l'audace que Wellington savait déployer quand les moyens ordinaires lui faisaient défaut, et qu'il était vivement pressé par tes circonstances {*).
La brillante offensive qui aboutit à la bataille de Salamanque entra si peu dans les prévisions des généraux français que, le 30 juin 1813, le maréchal Suchet écrivait encore au roi : « Je doute que dans l'état actuel de l'Angleterre, lord a Wellington ose hasarder une bataille. 11 a trop à perdre, .
(liccptoBCAlAU «iéCDl«HM In olrcooMucM qnloMtitreot WcUInftaD t parler ri IBsrrein nord st t poortnlTre mp bat (fOM Hira aualtri.
I^} U|<n«r(IBuruls,*DcMBOhgrd'éUt-Bi]OTilsBeraidoUa,^u]Ule utine cetta opé' nlloB d« itmérain, p. VP ,
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« et l'armée française trop de gloire à acquérir pour s'enga- R ger aussi loin de ses vaisseaux (i). »
La marche de flanc effectuée par le duc, en présence de l'armée française, aui Arapiles, le IS novembre 181S, était imprudente à force de témérité; elle ne réussit même que parce que Soult manqua roccasion de la rendre désastreuse.
Gitûas encore la prompte résolution prise par Wellington de traverser le pont de Burgos, sous le feu du diâteau, ea face d'un ennemi supérieur , et l'admirable marche de concentration au moyen de laquelle il se rendit maître du Douro, en mai 1815. Pour exécuter cette marche, 40,000 hommes de toutes armes, sous les ordres de Graham, avec chevaux, canons et pontons durent traverser une région (s) considérée jusque-là comme impraticable, même pour de petits corps de troupes (3).
On doit se rappeler aussi l'habileté avec laquelle Wellington franchit la Bidassoa, le 2 août 1813, après avoir donné le change au duc de Dalmatie. Si cette opération n'avait pas réussi, la marée montante aurait mis les troupes anglaises
(1) Iloerutpuitaliputifer oetlaoplDloB:9aDlt,di
[2 Juin, d Marmonl, élilt loin di rejeter cMla audua ae Batuu.t.lV.if.IW.
'lTlttXirmopt,lBnj>nTler 1R12 :• Meo ne ports ft peuer qne let UuUU eneat gffeiuir tar tmu. > BaBD Doneune, ecrinntiudaode K>|aie le méma Jour, dit: • M* Ànilili Mrtlrilent de
• leareitrêMe prndancaen mirstaBt ■TMU>tesl*nnft>raei nr ulumB^uoi ae Mrall
• Boiu offrir trop d'inDt*i«*,etll>Mr*lMt lien de t'en npe&cJr.... > QuedeileutcQ prttencede c«« t<mel(n«(e*PinirtloniqLTint« de H. Ttalen : •gnolqm
■ peu rsrUle an CMobloalMni ln|«nleuci et kwdie*, watlington èUU néiniuiini ittaatK
• auiocceiloDi qaeltlOTtiu>eliilpr<Mnt«ll.nii*/eter4a((^af, nul* Il in uUliMlt, et «a
• (éa<ral celiiani.ur celle* qne la »rtnneoayeunttoaJannplBiiûre*,tandUqu'cnna
• le*eT4eJaniala*Dl-a)aeqatnprli de beuoonp de htrdl«ateet4ep«rll*. • (Llrr* XLll, p. IM.
ta campicne de 1811, terminés par la ]oam«e de Bilimanque, proute qne «elUniton »avaM (Hii-Mm, su ImhIb, erdsr itM oeaatUnt d* vofiura, ou i linltlallis, à la (rande larprlu dsl lendrau Iranqali.
(1) Le Traa-sa-Konlti.
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dans une situation désespérée ; la retraite ne pouvait se faire que par les gués du fleuve et à marée basse.
N'était-ce pas encore une opération des plus hardies que le passage de l'embouchure de l'Adour, sur un pont flottant, construit avec des chasse-marées, amenés à tout risque dans le fleuve, malgré les barres et les brisants qu'aucun signal ne faisait plus reconnaître? Et, à la façon dont cette opération réussit, n'est-on pas en droit de dire que Soult ne s'attendait pas plus à la voir tenter, qu'il ne s'était attendu au passage du Douro, quelques années auparavant ?
Enfin, pour terminer cette énumération de faits concluants, nous rappellerons que Napoléon a blâmé -Wellington d'avoir accepté la bataille de Waterloo avec la seule armée que possédât l'Angleterre, sachant que les Prussiens ne pouvaient arriver que dans l'après-midi, — que l'aile droite de l'armée ennemie avait ordre de les poursuivre, — que la position de Mont-Saint-Jean n'offrait aucun obstacle sérieux, — enfin que l'armée anglo-néerlandaise serait attaquée le 18 de bonne heure par des forces au moins égales en nombre, supérieures en qualité, obéissant au plus illustre capitaine des temps modernes...
Encore une fois, celui qui mérita ce reproche de la part d'an homme aussi remarquablement audacieux que Napoléon, ne peut pas être qualifié de général timide et sans résolution.
La vérité est que le duc de Wellington montra constamment toute l'audace et toute l'initiative qu'il était possible de montrer k la tète de l'armée qu'il commandait, et dans les circonstances où il se trouva placé. Les écrivains qui lui font un grief de n'avoir pas toujours profité des occasions favorables pour accabler ses adversaires et prendre l'oflensive, oublient que l'armée anglaise se recrutait péniblement, et qu'elle devait être ménagée avec une sorte de parcimonie que n'exigeait pas l'armée française, entretenue par les ressources
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inépuisables de U conscription. Ils oublient que Wellington ne pouvait pas vivre aux dépens de la contrée où il faisait la guerre, — que l'obligation de former des magasins et de faire suivre toutes les subsistances, occasionnait une grande perte de temps, — qu'il devait concilier les intérêts du commandement avec les devoirs d'une situation complexe, — que la nécessité de régler ses opérations de concert avec les généraux espagnols et tes autorités locales fut une source de continuels retards, — et que le manque de numéraire et de moyens de transport, dont il eut si souvent à souffrir, équivalait à un manque de hardiesse et de mobilité, l'armée anglaise n'ayant pas, comme l'armée ennemie, la ressource du pillage et des réquisitions. Us oublient que Wellington était, comme général, soumis au duc d'York, homme de peu de talent et de résolution ; qu'il devait, en outre, se conformer aux instructions, souvent très-imparfaites, presque toujours trèsabsolues et très -embarrassantes du ministère anglais [i), et que de toutes les nécessités, il n'en n'est pas de plus fâcheuse pour un général, ni de plus contraire à l'esprit d'initiative, que celle de régler les opérations militaires sur l'état de l'opinion publique, la plus mobile des choses mobiles, surtout en Angleterre.
Quand les nouvelles étaient bonnes, l'enthousiasme du peuple était sans bornes, et sa conBaqce illimitée; mais au plus petit revers ou à la moindre déception, il s'opérait
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• ilt^. ne l'eulillei pu d>ni uni Isa mouTcmenti que roui rerei- •
— lOS —
dans son esprit une métamorphose complète, et son découragement deveniùt alors aussi grand que l'avait été son enthousiasme. Ainsi, après l'annonce du succès de Baylen, <m crut en Angleterre que les patriotes espagnols et uoepoignée de soldats anglais suffiraient pour chasser les armées françaises. Sous l'impression de ce sentiment, de larges subsides furent votés par acclamation. Peu de temps après arriva la nouvelle du succès de Vimeiro et de la capitulation de Cintra : il 7 avait là de quoi se réjouir, mais on s'imagina que Junot aurait pu être contraint à mettre bas les armes, comme Dupont, et on partit de cette fausse idée pour injurier publiquemeatet traîner devant une commission d'enquête (ce qu'on n'avait jamais vu jusqu'alors) les généraux qui avaient battu les Français et délivré le Portugal ! Ces clameurs, lentement apaisées par l'évidence des faits, reprirent une nouvelle énergie quand on vit d^arquer les restes de l'armée de John Hoore, expulsée de la Corogoe. On traita la guerre d'Espagne de folie» et on soutint hautement que Bonaparte était invulnérable sur terre. Le cabinet cependant obtint de nouveaux subsides, et la lutte fut continuée.
Wellesley, réhabilité, alla prendre le commandement des troupes et marcha, avec trop de confiance peut-être, sur Madrid. II vainquit à Talavera, mais il fut presque aussitôt obligé de battre en retraite et de gagner Badajoz : nouvelles déceptions, nouvelles clameurs ! Le général en chef et le ministère furent attaqués avec une violence extrême dans la Chambre des Communes par Grey, Ponsomby, Grenvillê, Withbread et d'autres députés influents. Les partisans de la guerre devinrent de plus en plus rares et timides; néanmoins, par Tappuî énergique de la Chambre des Lords, le ministère obtint de nouveau l'autorisation de continuer la lutte.
De prompts succès vinrent heureusement justifier cette résolution, car, au moindre revers, à la moindre déception même, l'armée eût été rappelée.
Ed apprenant coup sar coup la retraite de Hae^éna, la prise de Badajoz et de Ciudad- Rodrigo, le peuple anglais éprouva le plus vif enthousiasme; mais son admiration, tonjours conditionnelle, ne résista point à l'annonce de la retraite de Bui^s. Exagérée par la malveillance et comparée à la déroute de John Hoore, cette opération donna lieu à de nouvelles clameurs. Ce furent du reste les dernières que Wellington eût à subir. Les jouniées de Salamanque, de Vittoria, d'Orthez, de Toulouse et de Waterloo élevèrmt enfin sa gloire et sa popularité à une hauteur d'où elles ne pouvaient plus descendre.
Au milieu de ce Qux et de ce reflux variable de l'opinion publique, la position du général anglais fui par moments aussi déaagr^le que périlleuse.
Tantôt on l'accusait de ne rien faire, de manœuvrer comme Fabius, et tantôt on lui reprochait de vouloir tout compromettre par sa foUe témérité (i). Wellington savait que le plus petit acte d'indépendance pouvait le compromctb« visà-vis du gouvernement o« de la nation, et que le moindre échec, dans certaines conditions , provoquerait le rappel de l'armée.
Cette conviction jointe à la crainte d'affaiblir son armée, déjà si peu nombreuse (a), obligea le duc à se mcmtrer fort circonspect. Une autre raison d'ailleurs l'^upêcha de frapper
(t) LelliTTlt ISrO,Wanin|UHiCiSrlTU*Cb«ne«HuTt:<L'tUldel1>iilBlDnaa&D|Mcrr« ■ BillrM-dértTonblBtli Mnlatule. Lei Dilnlitret mit auul itinnét que le public, ni qiM
• l<0PP«*lU*ii pr«te>« r«tn i Ut h Mnt nik «IM rid«a qtM le *Mi UttM m* bMaWtiMMf
• pértCi ne poattnt meacr 4 rien de boa. • TelréfileBetttli/WMteliiTlI lUO, â Uni UwryVM, eà W*llla(toa dll : ■»■«««■
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An|i*lil'aDitppei«lai7tt£inenblui. ■ — i. XIi.p.IW.
DigilizcdbyGOOgle
des coups iQSsi rapides que ceux de l'année française : c'est la nature particulière du soldat anglais. Ferme seulemoit dans le combat, ce soldat est mou dans ta marche, supporte difficilement les privations et les fatigues. Trois jours de vivres, c'est tout ce qu'on peut lui faire port^; le soldat français, au contraire, prend quelquefois jusqu'à 15 rations complètes (i), et malgré cette chaîne il exécute des marches forcées avec moins de peine que l'autre ne fait une étape ordinaire. Au surplus, il est très-difficile de tenir les soldats auf^ais réunis après la victoire, c'est ce qui otplique le peu de vigueur avec laquelle Wellington poursuivit l'ennemi dans certaines circonstances (i).
Malgré ces puissantes raisons, qui faisaient au duc un devoir d'être prudent i l'excès, il montra plus de résolution et d'initiative que les lieutenants de l'empereur.
Chose étonnante, les historiens qui ont le plus vivement critiqué la prétendue lenteur de Wellington et son excessive timidité, n'ont jamais songé à mettre sa conduite en regard de celle des généraux français, qui entendant se trouvaient dans de meilleures conditions pour agir avec vigueur.
L'impartialité nous fait on devoir de réparer cet oubli, en faisant remarquer :
1' Qu'au témoignage même des auteura français, l'indéci- M<m et la lenteur du maréchal Ney sauvèrent l'armée de Castanos et de Palafox d'une destruction complète après le combat de Tadeia (s).
(1) la Muratunt *ar Torrtt-Todru, 1ih<di obllfei ohiqa< Mdat 1 porUr da ptia paar ^mlaaa jMn. — iOHil, L I, p. 119.
oa Ut dia* le* Mtmalr*i rfM An Om tagiu*, t. IV, p. M : • iimils, peadint l> UBpi que rtl eomn»Dd< ceUB «noM [cMM de Fortuial). >>■• m ("mI mlH an opéntloD qtraapintiDt lei nidiU n'cnMCDt reçu dM TiTrai paar qataw, dli-hui( «l Tligl Jonr), f«*lli porliMBl >nr <dx. ■
11} yotr il'apra\ite« Ml, UUItrt lia a laia mt, ie IftlUngleTi» lord BalkitrÉt,
il) ValrUI,p.Xr7.
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^ Que le même défaut de rénolution et d'énergie firent perdre à Hasséna la bataille de Busaco (i).
3° Qu'en juillet 1809, Soult perdit un temps préâeux à réunir les corps de Ney et de Mortier, dont une partie aurait suffi pour changer la face des choses , si elle eût débouché quelques-jours plus tôt dans la vallée du Tage.
4' Que Soult et Harmont laissèrent bénévolement échapper l'occasion de battre l'année anglaise à Campo-Hayor , où elle avait pris position avec des forces de moitié inférieures à celles de l'armée française.
S" Que le 26 septembre 1811, le duc de Raguse, par suite d'une indécision plus grande encore, laissa Wellington, pendant 56 heures , à Guinaldo , organiser tranquillement ses moyens de retraite, quand il aurait pu l'écraser avec des forces supérieures (»).
6° Que Soult, en novembre 1812, non-seulement n^Iigea une belle occasion de couper de Giudad-Rodrigo l'armée anglaise établie aux Arapiles, mais qu'il laissa Wellington opérer an mouvement de flanc des plus dangereux pour atteindre cette place, bien qu'il eût trois fois plus de cavalerie, une fois et demie plus d'infanterie, et presque deux fois autant de canons que le général anglais (s).
T Que Suchet, par la crainte exagérée de compromettre une partie de ses conquêtes, refusa à plusieurs reprises de réunir ses forces à celles du maréchal Soult, pour arrêter la marche offensive de Wellington à travers les Pyrénées {i).
S" Que St-Cyr manqua de vigueur et de résolution après la bataille de Valls, — et qu'en 181â, Harmont laissa échapper l'occasion d'attaquer Àlmeida (oji il aurait trouvé le matériel
(I) Tolrt.I,p.SIT.
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nécessaire pour assiéger Ciudad -Rodrigo), bien qu'il eût 28,000 hommes sous la maio, et que les ouvrages de la place fussent dans le plus mauvais état.
En rappelant ces faits, nous sommes loin de prétendre que Wellington seul fut irréprochable. Un grand capitaine a dit avec raison « qui a fait ta guerre a fait des fautes. » Nous avons très-impartialement signalé toutes celles qu'on est en droit de reprocher au duc. Sa gloire n'en sera pas obscurcie, et l'on reconnaîtra, nous en sommes certain, que dans la guerre de la Péninsule il s'est montré supérieur comme tacticien à Masséna, à Harmont, à Suchet et i Soult(i). Les Français ne pardonneront jamais au duc d'Albuféra la faute qu'il commit, en refusant de se porter sur le flanc droit de l'armée qui allait envahir la France, — en laissant prendre le château de Sarragosse par les bandes d'Espoz y Mina , quand il avait 20,000 hommes de vieilles troupes sur l'Ëbre, -^ et en se repliant finalement sur la Catalogne , au lieu d'opérer en Aragon de concert avec l'armée de Soult.
Hasséna, si brillant en Suisse et en Allemagne, ne soutint pas sa renommée en Portugal. H ne montra du génie qu'au moment de la retraite.
Marmont fit à Saladianque des fautes irréparables, dont les résultats du reste furent aggravés par la blessure qui le mit hors de combat au moment décisif.
La conduite de Joseph à Vittoria est d'un général qui n'atteint pas même à la médiocrité.
Enfin le duc de Dalmatie, jusqu'à la fin de sa carrière, a dû se reprocber d'avoir perdu aux Arapiles l'occasion d'écraser
(1) CMtfl iDpérlDrlU rroT«uUt de et qn WtlUDftoD nilt 1 no ph» ttiat àtit* >«• qnillUt nJ eeiw rm pinr mener t bonDC Bo la intu lonte ip4clile dont Im P<nlDiiil« rut It tMltre. Hapolten ncoiiBalMiH rliaporluu de cea qnillltfi , lonqnl) éerlnlt i JD^ph : • Uni • nue |nerre de celta utare, Il fini dn «ug-rroM, de 11 pitlenae cl du nlcnl. ■ l/fMt 41elêt « AvmiM. le il Inlllcl IMM.)
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le* Anglais avec la plus forte armée qne la France eât ea jusqu'alors réunie sur un point de la Péninsule (i }.
Il ne serait pas équitable de juger un homme de f uniquement d'après les résultais obtoius , car on pourrait citer telle bataille qoi fait plus d'honneur au vaincu qu'au vainqueur. D'un autre c6té cependant, il répugne d'admettre qu'un général, dans une longue entreprise, soit constamment heureux sans avoir du talent, surtout s'il a des adversaires habiles et d'excellentes tronpesà combattre. Il nous sera donc permis de faire remarquer, en faveur de Wellington, que rarement ses combinaisons ont échoué, et qu'il est sorti vsinqufHir de nombreux combats soutenus sur les théâtres les plus variés, et contre toutes espèces de troupes, aux Indes, en Danemark, en Espagne et dans les Pays-Bas.
Pour se faire une idée exacte de l'importance des résultats obtenus par ce général, il faut se rappeler ce que nous avons dit (chapitre XIV), au sujet de l'armée anglaise, — de l'insuRuance du reerutement,~de la mauvaise organisation des divers services, — de la négligmce et de l'incapacité des officiers, de l'inconduite habituelle des soldats, — du mauvais état du matériel et de l'intervention constamment fâcheuse du pouvoir civil dans les moindres détails de l'administration militaire. Wellington fit l'impossible pour améliorer cet état de choses, mais il fut constammoit entravé par la iMjrefiiicratie des Horse-guards, avenglément soumise à l'empire des vieilles traditions. Le duc d'York, qui aurait pu faciliter sa tâche, était arriéré, méthodique, trop confiant surtout dans
lUToIrl. ■I.P.BT-
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ses solMwdonnés, U plupart dépourvus d'expérieDce et de talents militaires. Il en résulta que Wellington, au lieu de trouver de l'appui dans le gouTemement, ne rencontra que iMitenrs , hésitations , préjugés , obstacles de toute espèce. Tantôt, comme dans les nominations et dans les relations de l'armée avec la marine, les bureaux affaiblissaient l'autorité du gén^id en chef, au moment où il en avait le plus besoin ; tantôt ils dérangeaient les services de l'armée par des mutations fréqoHites, intempestives (t), et tantôt ils éludaient les décisions les plus ni^entes, comme il arriva à propos de la désignation du successeur au commandement en chef, dans le cas où Wellingtw aurait été tué ou mis hors de combat (s). Malgré ces obstacles, le duc parvint à introduire quelques changements heureux dans l'oi^anisation et la discipline des troupes anglaises. U créa, en 1808, l'intendance de campagne, dont il arrêta lui-même les règlements jusque dans les plus minutieux détails (3) ; — il simplifia le bagage, de tout temps fort considérable dans les armées anglaises ; — il améliora sensiblemoat le corps du génie et l'étatmajor général ; — il provoqua la crépon des premières comp^nies angUises de sapeurs-mineurs {*) ; — il forma un train de pontons qui rendit de grands services ; — il améliora les voitures pour le transport des munitions et des vivres; —il apporta d'heureuses modifications au matériel des hôpitanx; — il exigea enfin plus de précision dans les manœuvras, trop longlemp
(11 T*ir otfitiut, L IX, p. ««, s».
(1) wtUlBatoa *nU praiMa da MtlfMT diu e> eu ■arMtordi ^ri« Il Mr>t jHiii* oM«alr de répooiaeiUiariqBe Mr ce point. (TolrJ>«]wfc**J, L IX, p. us, us,«B(LS, p. 41, m, «I t. XI, p. Ml.)
VM ulre qaMUoB taporUnta , lidéputdu l>b*Ul]|MU, sflUadapntiIfl Doli da Hp- UBkre laii, o'iTilt pai aneora refa de aolatiM ea déecBbr* isii. (Toir Dtif^lttiêt, I.X,p.»7ï.)
(3) Conua ddUIl nau cllarau ca Iilt, qa'll pinlnt * naUre na lame 1 la Tant* dM cflau aa p*l«it 11 iolda Gkuiaa)a«r. ■ lln*r>i dlHJI-ll, qna IM MldaU bfaa pa^dt qalakwrrMt • HM dbclpilaa aUGte. ■
(4) Voir u Mtn da 1 1 r<Tr»r isil.d loM LttmroM.
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négligées , et plus de régularité dans toutes les parties du service en général. Lui-même donna l'exemple de la ponctualité en portant son attention sur les plus petits détails. Ainsi, dans un moment où de grandes opérations réclamaient ses soins, il Ut un ordre du jour pour prier les oiBciers de s'assurer que les soldats faisaient bouillir dans leur soupe certains aliments qu'il avait prescrit d'y mettre : « Si c'est de -« l'orge ou du froment, dit-il, il faudra en secouer les pelliu cules avant de faire bouillir(i). » Cet ordre caractéristique prouve avec quelle sollicitude le duc veillait à la santé et au bien-être du soldat. Le passage suivant d'une lettre adressée par lui au lieutenant-colonel Torrens, atteste la même préoccupation : « Il n'y a pas d'objet, dit-il, auquel j'aie donné « plus d'attention en tout temps qu'au règlement des comptes ff des soldats. Je regarde ce règlement comme un point « essentiel pour la discipline (t). »
Wellington attacha aussi beaucoup d'importance à l'esprit de l'armée; il chercba surtout à la soustraire aux funestes influraces des intrigues politiques : n Je ne vous demande « qu'une chose, écrivit-il (le 2 janvier 18i0) à lord Liverpool, « c'est de ne pas m'envoyer des hommes de parti. Il faut éloi- « gner de l'année tout esprit étranger, autrement nous entrer « rons dans une mauvaise voie. »
Les disputes entre officiers lui causaient le plus vif chagrin, et lorsqu'il s'en produisait malgré ses remontrances, il ne manquait jamais de faire observer, « qu'on était dans un u temps où l'activité et les talents des officiers étaient néces- « saires pour protéger les droits et les intérêts de la pa- « trie (s). »
{I) Ordrtàa 13 uplembre llll .
tI)Lf/(r«du IlioftLlHÏ.
(ij Ju eolontl Murraxt H MpICDibre 1*01.
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Il délestait les querelleurs et les hommes violents. En i803, avant l'assaut d'Abmednuggur, il renvoya un officier qui avait excité deux de ses camarades à se battre, et qui lui-même, à quelques jours de là, s'était omduit brutalement daus uoe affaire personnelle (i).
Pour prévenir les discussions et les conÛits, il recommandait aux chefs « de n'être d'aucun parti que de celui de l'inw térét général, et d'employer indistinctement, quels qu'ils « fussent ou dans quelque service que ce fût, les hommes « capables et dévoués (i). »
C'est en obligeant ainsi tout le monde à faire son devoir, et en éloignant toutes les causes subversives de la discipline, que le duc parvint à faire de son armée la machine la plus parfaite en ce genre qu'on eût encore vue en Angleterre : « J'ai « toujours pensé, dit-il, que je serais allé partout, et que « j'aurais fait tout ce que j'aurais voulu avec cette armée . Il « était impossible de voir une machine mieux organisée et a dans un meilleur état de discipline, que ne l'était mon a armée de la Péninsule , lorsque je la quittai sur la Ga- « roone (3)... »
On apprécierait mal l'importance de ce résultat, si l'on oubliait dans quel état se trouvait l'armée quand WeilingtQn en prit le commandement. « Les militaires, dit Alison, à trèspeu d'exceptions près, depuis le général jusqu'au tambour, ignoraient eu grande partie leurs devoirs les plus indispensables ; et le commandant en chef était obligé de s'occuper luimême des plus minutieux détails de chaque branche de service, sous peine de voir ses projets les mieux concertés, avorter par l'ignorance et l'incapacité des agents secondaires {*). »
(1} Voir KiXWUL, 1. 1, |i. US-in.
(2) Ullré au cotontl Murnv, M leptembre IM».
(3) MpMlUoB filte denol l« eeniinildoa nfile d'en^itU «nrlra chlIlmcDUnillllalrM
(*) t.ïlllp. 151.
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Ce furent ces défauts, mis en évidence par la campagne de 1794, qui donnèrent à Napoléon et aux généraux français nne si pauvre idée de l'armée anglaise.
L'organisation, la discipline et l'instruction des troupes firent de notables progrès sous la direction ferme et intelligente de Wellington. Cependant, considérée dans son ensemble, l'armée de la Péninsule fat toujours inférieure à l'armée française. Le dnc en est convenu bien des fois, tout en faisant observer qu'il en sera de même, « tant que l'Angleterre u n'aura pas un système de recrutement qui lui permette de « perdre impunément chaque année, par le senl effet des « privations et des fatigues, la moitié de ses troupes en cam- « pagne {*). n
On a reproché à Wellington d'avoir manqué de la fermeté nécessaire pour empêcher ses troupes de piller et de saccager les villes conquises. L'armée anglaise , en effet, commit à Ciudad-Rodrigo, à Badajoz et à Saint-Sébastien des excès honteux; dans cette dernière ville, notamment « la plus révoltante cruauté vint se joindre à la nomenclature de tous les crimes (s); » mais ces horreurs ne peuvent en aucune façon être imputées au général en chef. Lliistoire de toutes les armées constate qu'il est malheureusement impossible d'empêcher le sac d'une ville prise d'assaut après un siège meurtrier, qaand les assûlhiats sont surexcités par le souvenir de quel-
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que mauvais traitement, ou par le déêir de tirer vengeance d'une bumiiiation récente. C'est ce qui arriva presque toujours en Espagne, où de part et d'autre l'acharnement fut extrême. La eraauté des Elspagnols provoqua les représailles des Français, ^, dans plusieurs circonstances, l'hostilité ombrageuse des troDpes nationales irnta l'o^eit des soldats anglais. Il at résulta que bientôt la lutte prit un caract^ de barbarie incroyable. Wellington lit tout ce qu'il était possible pour prévenir ces excès, mais il n'y réussit point. Écrivant à son Mm Henri, le 9 octobre 1815, « il m'est arrivé, dit-il, de a prendre plusieurs villes d'assant, et je suis peiné d'ajouter « que je n'ai jamais vu ni entendu qu'aucune ville prise de A la sorte ait été préservée du pillage. Tous les officiers « déplorent ces excès, non-seulement parce qu'ils font le « malheur des habitants, mais encore parce qu'ils détruisent n la disdpline et exposent les assaillants k perdre les avanw tages de la victoire, au moment même où ils viennent de « l'obtenir. »
Wellington avait faorrear des pillards, et l'on peut dire, sans exag^tion, qse pravonne ne fit pins d'efibrts que lui pour maintenir ses soldats dans tes bornes du devoir et de la légalité. Ses premiers pas dans la carrière sont une protestation confare les mesures violentes.
A Seringapatam, il arrêta le pillage en faisant pendre plusieurs soldats aux portes du palais de Tippoo-Sahib, et en plaçant des sentinelles devant toutes les maisons exposées. Grâce à ces mesures énergiques, il rétablit promptement l'ordre, et rendit aux habitants une confiance et une sécurité qui les reportaient aux plus beaux jours de la dynastie mysorienne.
Après la guerre des Habrattes , sir Arthur Wellesley se félicita moins encore des succès obtenus par ses troupes, que de la discipline et de la modération dont elles avaient donné l'exemple : « Mes nombreux partisans, écrivit-il au lieutenant
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« colonel Close(i), sont si bien disciplioés que je puis rUqaer « de les mener partout. Nous avons été un mois à Hoobty, et « les champs ensemencés au milieu du camp ont été res- « pectés. »
Avec la même satisfaction il signala ce tait, « que les sol- « data (le son armée, une heure après l'assaut de Gawilghur, u avaient quitté la ville avec autant de régularité que s'ils « n'eussent fait que la traverser (a). »
Pendant son séjour dans l'Inde, Arthur Wellesley prit une foule de précautions pour empêcher ses soldats de commettre des dégâts dans les villages (s). Les hommes pris en défaut étaient pendus, et les généraux avaient Tordre d'en agir de même à l'égard de tous leurs subordonnés (<).
Mais c'est principalement dans la guerre de la Péninsule queWellington fit éclater unejuste sévérité contre les pillards.
Nous ne citerons pas les nombreux ordres du jour par lesquels il défendit à ses soldats de prendre quoi que ce fût aux Espagnols ou aux Portugais sans eu payer exactement la valeur (s) ; nous ne rappellerons pas non plus l'énergie qu'il déploya contre les militaires qui enfreignaient ses défenses : nous nous bornerons à constater, par quelques faits peu connus, le soin vraiment extraordinaire avec lequel il cherchait à prévenir les moindres atteintes aux droits de la propriété.
Par son ordre du 15 juin 1809, il enjoignit aux troupes « d'épargner dans leur baraquement les oliviers et les autres « arbres fruitiers ; » et, après Talavera, quand ses pauvres soldats mouraient de faim par la faute des Espagnols, il leur défendit « de preiidre des racines et des végétaux sans les
(1) Ullre lin I7 dtcambrc ISO:, du eûlontl St. (ï) Voirie Jaumal du gén«ri[ HIciHIi, elle pi 14} Voir M itim du ïdécCDibrc 1803, oii coloi
cmwooD. i.ii, p. Ml.
li) Voir entre inln l'ordn du 3ù mtri ISlt.
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- il7 —
pa^er{i). » En 1810 — toujours pour éviter les dégâts inutiles et les scènes de désordre — il publia l'avis suivant : « Le com- « mandant en chef prie les officiers généraux et les com- « mandants des régiments de prendre les mesures néces- « saires pour empêcher les troupes sous leurs ordres de « couper tes oliviers et les autres arbres à fruits pour faire «t du feu (i). » Par un autre ordre de la même année (3), il défendit aux officiers de chasser le daim dans les parcs ré< serves : « Cette habitude, dit-il, dénote un entier oubli des « droits de la propriété, que les officiers seraient obligés de « respecter s'ils étaient dans leur pays. »
LelSavril 18li étant à Villa-Hermosa, Wellington engagea les chefs de corps « à ne pas couper le blé en vert pour la « nourriture des chevaux et à mener de préférence ces ani- « maux dans les prairies (t). » et comme cette recommandation ne fut pas exactement observée : « Le sentiment de « l'intérêt de l'armée, écrivit-il, joint à la pitié pour les mala heurs du peuple, devraient empêcher le gaspiUage du four- « rage et de toute chose (s), v
A Fuente de Guinaido, en 1812, Wellington prévint ses soldats que ce qu'il avait défendu en Portugal, il ne le permettrait point en Espagne : « Nul, dit-il, ne peut quitter les « rangs pour piller des légumes dans les jardins ou dans les « champs (e). »
Bien que les Espagnols eussent dans plusieurs circoostan-
(I) Or^adn9isat IBO9.
(S) CarUio, S déccBbre IBIO
« Iflll. oA ItdDrulps nt MidiU d'MOir prli 'ALir dini ud pire rsTiJ el ilci briDcbu à'Mt lu donulDct da cmale Cittello -Metlnr.
nebanU dims qui (en lourlra plu* d'un géntril, leduc oirrlldo myercw brancbe» II* i brAlar prli par d* pinTrai Mldili Bipount cbiqua jour leur T]e pour li M-
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ces, et ootanunent après TaUvera. montré des untûne^ hostiles envers les soldats anglais , Wellingtoe exigea que les habitants paisibles fussent traités avec les plus grands égards.
Le i juillet 1813, il fit un ordre commençant par ces mots : « Le général en chef a eu sonvrait oecasion de prier « avec instance les officiers de traiter avec respect les autoa rites du pays et le peuple avec douceur (i) »
La m^ne noblesse de sentiments caractérise ses rapports avec la nation française. Au moment de passer la froptière, le 9 juillet i815, il engagea ses soldats à se faire bi^t venir des habitants par leur humanité et leur justice: « Se venger, « dit-il, de la conduite des généraux français en Espagne « sur les paisibles habitants de la France, serait une conte dnite barbare, indigne des soldats »ixquels le commindant « en chef s'adresse en ce moment... En conséquence, les « règles observées jusqu'iei peur re(}uérir et prendre des « vivres dans le pays et en donner des reçus devront être observées comme par le pateé. »
Afin d'ôter jusqu'à l'ombre d'un prétexte à ceux qui l'accuseraient d'avoir toléré les pillages, le due poussa la sévérité au point de faire des recommandations dans te genre de celle-ci :
< Saint-Jean-de-Luz, 18 décemlwe 1813.
« Les officiers devront prendre garde à ce que leurs « hommes ne coupent pas ou n'endommagent pas d'aucune « manière les planchers, les escaliers, les portes et les fenê- « très des maisons, non plus que les portes des fermes ; R et ils devront surtout demander aux habitants s'ils n'ont « pas à se plaindre sous ce rapport (i). »
(I) Ontrt diM de Tllli-T<rde.
(1} IdUlSiUmoptrali mfine >âiCrit«. Lecamlo deniDloDllletrûlaiiL pl>lnl,Mi non du duo d« icrrjr, de c« qus dw DlBcIerf uittl* CdMCdI cbutt dani M bott da nnlao, War-
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Les soldats qui cuntrevenaient à ces ordres étaieDt sévère- BWBt punis. Dans mainte circonslaQce.'WellingtOD fit pendre des hommes accusés de simpte maraudage, et nous avons cité (chapitre XIII) une proclamatitHi dans laquelle il autorisa les habitants du raidi de la France à faire eux-mêmes justice des militaires qu'ils prendraient en fis^rant délit. On a vu aussi qu'il préféra laisser les troupes espagnc^ en deçà des Pyrénées et livrer sans elles la bataille d'Ortbez, plutôt que de soufiir les actes de brigandage qu'il avait vaioemeat essayé de réprimer par des mesures disciplinaires : « Je oe suis pas « assez scélérat, écrivitril i don Fr^re, pour permettre le « pillage.... Si l'on veut piller, qu'on nomme un autregéné* « rai (t). »
Wellington avait uae telle aversion pour les dégâts inutiles, qu'il refusa pendant toute la gucire d'Espagne de recfwrir au mode d'attaque des phees par bombardeme^. Il aima mieux s'exposer à d'immenses difficultés et voir couler à flots le sang de ses soldats (lui qui en était si avare!) que de faire périr dans les flammes ou sous les ruines de leurs maisons une foule de gens inofTensifs, dont il n'avait pas à se plaindre. « Dans tous les sièges que j'ai faits, écrivit-il « au général JBentinck (s), je ne me suis jamais servi que a du canon, parce que, selon moi, le feu des mortiers et « des obuaiers ne produit d'effet que sur les habitants de « la ville. ■
Ce fait prouve cnubien est injuste l'appréciation de certains auteurs espagnols, qui ont reproché àWellington d'avoir encouragé les pillages de Gudad-Rodrigo, de Badajoz et de
Saint-SébasUen (i). Il n'était au pouvoir d'aucun homme d'empècber ces désordres. Dans certains cas, toutes les armées pillent, même sur leur propre territoire. Ainsi Wellington, pendant son séjour en Portugal, eut moins de peine à retenir dans les bornes du devoir ses propres soldats que les Portugais, toujours enclins à piller leurs compatriotes (i).
Il est prouvé aussi que les Espagnols craignaient leurs soldats, au moins autant que ceux de l'ennemi.
« C'est une chose très-fâcheuse, écrivait sir H. Douglas « à lord Wellington (s), qued'entendre répéter partout qu'un « corps de troupes espagnoles ruine beaucoup plus le pays « qu'un nombre égal de troupes françaises. » Et en effet, dans la Catalogne, en Andalousie et dans d'autres provinces, il n'était pas rare de voir les paysans se joindre aux Français pour donner la chasse aux guérillas (*).
Soult, malgré la sévérité de ses ordres (s), ne put empè-
(1) L« ■«néni ■.■mare (p. IVI). raconte l« Inll niEtint, accï|il« ccmme T«rldlqu< par rtlitDrtaii l'u ContaUttl (fBr£np(rr(llT.XLt1, p. 117) : • apr»i MdïJcBiwrqaalDN Wei- ■ llnglOD onni aai offlclen Tripoli, le iDnrdala raddlUoR de Badajoi. Tkilippoa prl* M duc
• de faire ceiiCT le plllifc, a quoi le g«peril anglali répondit que l'uugc de la (uem per-
• nicitall te pIlliKed'upeiillepnaeri'aMaat, et qnelaMIditdefillr trouver lBr«eoinpen*e - de la bravoure et de ion diTouemcnt. •
Pour ton) ceux qui ont roDDu Wellington ou ilnplenent rtSCckl atii laita que noDiimoni
daniiet ictei. nldani w currcipondance ne conBrnie. Au reile. nnui IrouToni une preure
un mat, un ilsnt de la pari pouvait em- ■ tOrmatloD «vldmnnwul naue et qui
1 dull et da lIivHIISII.
llngtDD rappréiall * attaque
t. dopné pirSouM.IeSat
tnérai rnnçiJi qui oppoia une rtililanca enerstquo au le retour de len BipCdltlon decillce, nta Mt loldat* I, Mrlvlt-ll. OBt«t« dévaitéa, 1M malionionlétébrflim rrancali ; lit peroent le ccrnr detnptfDOliqnlnoua
■ mïe.'linnont.snclietel le prlnc
DiBilizcdbjGoOglc
cher les soldats français de piller leurs compatriotes. Excités tantôt par le besoin, tantdt par la vengeance, ils étaient plus à craindre qne l'ennemi (i).Pour mettre on terme à leurs brigandages le doc de Dalmatie fît fusiller, en 1815, un offider de mérite qui avait permis à ses hommes de dévaster les maisiHis de Sarre.
Lorsqu'on voit de pareils méfaits, commis par les soldats des nations les plus civilisées, on comprend que l'inâuence des généraux et la rigueur des lois militaires aient été impuissantes dans certains cas à prévenir le sac des villes.
Si Wellington pouvait être rendu responsable des excès qui signalèrent la prise de Ciudad^Rodrigo, de Badajoz et de Saint-Sébastien, nous citerions pour atténuer ses torts la conduite des troupes françaises et les ordres donnés par les généraux de l'empereur, dans des circonstances où le général anglats^ôt été sans doute moins cruel et moins implacable. Qui ne se rappelle les exécutions sanglantes ordonnées par Murât après l'insurrection jle Madrid, — le sac d'Evora, auquel LoisoD est redevable d'une si triste célébrité, et la conduite barbare du même général à Guarda et à Atalaya (s); — le pillage de Médina, par les troupes de Mouton, après la bataille de lUo-Seco (3) ; — le sac de Cordoue {*), par l'armée de Dupont; — l'incendie de Manresa, par les troupes de Macdonald; — les exécutions barbares de Duhesme, en Gâta-
it) LiptDC (il- 3Si el MSI clli i|ueli|uet tnlUde vIoJencG commit par IciigJilaU CraaciU. prlBclpiIcment daoi le tnjel d'ilnà Miubonrcuet : iKoni t«nlulaiu.dli-lt, de a'r inuTClr
• porter remèd*. Il en du nolat canilinl qoc dei Kéntnui rnnçaU, iBlmés d'une J Mie
• iadtgnillon, laliiuilsnt l'irae d'un lOJdil de li colaone el lalulent reu *ar lu homnci
• q«t,arnnl qi elli Éiaif:nCi de Ja route, m nanlraJanl loaeiulblci aux appela réIUreiet ■ aua rcmnnlrancet de Wuri cUsn. . Voir anial J* leltra «crJtepar clarkc, le i luIUel 1811, 1 Jtntfli : < SaVaieiU impériale, dit l'aultur da celle I a tire, apprendra aiee beaucoup de
• peine lei déiordrea qnl ont tlf comali lur la lerrltolre [rançali. • [1| TolrJONUi I.I, p a*.
(S) TOaiKO, l. I, p. US, diniMD Impartiale ififtofradd gutrrti it* la PÉntnnlM, lait an tablean cltraTant dei taorreurt qui accampagnftrrnt l'entrCe dei rrancali dm) celte illte. (41 Celle TlJle, bien qu'elle n'eûl pit fait reititance ani Fnncali, fut traitée auatl criietle-
■MitqMUlira. — vpirTOBM0,Li,p.)tieiui,
DigilizcdbyGOOgle
logne (i ); — Mataro si cruellenient traitée (t), et pluBiears villages réduits en ceodres par ce même général; — oifin, la condaite barbare de Lannea qui, trois jours après la capitulation de Sairagosse, fit arrêter nuitamment don Basitio Boggiero auprès du lit de Palafox malade ! Ce courageux patriote 'fut traîné dans la me, tué à coups de baïonnettes et jeté da»s l'Ëbre avec don Santiago-Sas, expédié de la même maolèrefs).
Après la bataille d'Ucles, tes troupes de Victor commir^il dans la ville de ce nom des horreurs qui rappellent tes massacres des letToristes. Soixante-neuf des principaux habitants, quelques religieuses, des prêtres et des moines, appartenant aux plus illustres familles de la Manche, liés deux î deux, fiffwt insultés, puis égorgés jusqu'au dernier («).
En t809, les troupes françaises massaer^ent plusieurs milliers d'individus dws Oporto (s) et, la même année, le duc de Dalmatie lit livrer aux flasunes les bourgs de Horentaa et de Cobriera sur le Minho , pour punir les paysans de certains méfaits commis duraat la canpagne. Wetliagton écrivit à propos de ces actes de représailles : « La roiUe suivie « par les Fraoçais est marquée par la fumée des villages « auxquels ils mettent le feu (^. »
L'année sùvante, la ville de L^ia et le couvent d'Alco-
(1) SB IBIO, àoiereiu i1«i>Id}i tlani ce
pulMlolidflUEiierre.
(î) VolrToiiiio.l.l.p.lls.
(S) To«ûio,t tr, p. ut eLïst.
[i) ToUno, t.ii,p.ii7.
(M IIHIjDitedadtrequsctKacruin
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L'iateardM Compaign't ef IM F.M. lAmitkt »f WêUingto» ilBrnie qna milt n iniDdakMliaMaUden'epirEBaTqiielet mhnu in-deMOU de dli uit. Hnu a'»M IrOQTé 11 esaUrmiUon de ce hit, qui n^t p» Tnlieiiiblable.
[S) Ultrt do IS nut 1808. d lont CaitteTtaj"- Wcltloiton dit dni celte Isttre : rrincali oDl plue et «pirjÊ lei pijrMDa t leur nnUililei el J*ilTa bien do psrai iccrDCkâei )ui arïiret lur le* dcai cAtéi de la nata, qu'oa aurait tnlMei abu parce qu'elle) Htalent cnatralrei t riaviilon de> rnufali. i
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