COMBAT DE ROMS SA
A Pr'eniiere position des Français, B dezu>? position, (' trois?' position, 1) colonne rie J'èrausson , Y. brigade l'h/ze, Y brigade STig^tmaale-, G brigade /////, H brigade (rat^ùrd <'" reserve-J, I coionae de 7/n/tt
jugeant qu'une marche de flanc entre la mer et une chaîne de montagnes, par un chemin coupé de ravins et de torrents, était une opération par trop téméraire.
Il se trouvait, au surplus, encouragé dans sa résistance parle témoignage des principaux officiers de l'armée anglaise. Wellesley seul, d'après l'idée qu'il s'était formée sur les lieux, croyait l'opération praticable, et longtemps après il regrettait encore qu'on ne lui eût pas permis d'en accepter la responsabilité. « Il retourna au camp, dit le marquis de Londonderry, avec la conviction que l'incapacité de son nouveau chef, après avoir paralysé le succès de Rorissa, attirerait sur l'expédition des disgrâces et des revers sérieux. »
Le 21, Junot quitta la position de Torrès-Vedras, et, conformément aux prévisions de Wellesley, vint attaquer le plateau de Vimeiro.
Quoique trop étendu, ce plateau offrait une bonne position (1), mais qui, en cas de revers, eût été désastreuse pour l'armée anglaise.
« Cette armée en effet, n'aurait eu pour retraite qu'une côte à pic, bordée par une mer houleuse, et cependant » dit le général Foy, « Wellesley n'éprouva pas le moindre frémissement d'inquiétude. »
Il faut remarquer d'ailleurs que sir Arthur ne s'était pas établi à Vimeiro avec l'intention de recevoir la bataille dans cette position.
Junot avait un plan très-simple à suivre, c'était de réunir toutes ses forces, et de tomber sur la gauche des Anglais. « Victorieux, la mer eût englouti tous ceux qui auraient échappé à ses armes ; repoussé , sa retraite n'eût offert aucune difficulté (2). »
(1) La droite de l'armée anglaise était appuyée à la mer et flanquée par toute la flotte, qui de plus protégeait ses derrières. « C'était, dit Jomini, une forte position. »
(2) Napier.
Mais au lieu de prescrire ce mouvement, que les circonstances et plus encore l'infériorité numérique de ses troupes rendaient nécessaire, le duc d'Abrantès forma deux attaques séparées, et commit en outre la faute de les commencer l'une après l'autre, de sorte que les Anglais purent dégarnir leur gauche au profit de leur droite, et réciproquement.
Quand les brigades Brenier et Solignac, retardées par les difficultés du terrain et les détours qu'elles furent obligées de faire, ouvrirent leur feu contre l'ennemi , l'attaque des brigades Chariot et Thomières était pour ainsi dire terminée (1). Les troupes françaises néanmoins se comportèrent vaillamment, et, grâce à la supériorité de leur cavalerie , firent plus d'une fois reculer les bataillons anglais ; mais les vices du plan d'attaque de Junot et les habiles dispositions de Wellesley ne permirent pas à la victoire de se ranger sous leurs aigles. Après une lutte de trois heures, ils se replièrent dans une position voisine, dont le front était visiblement parallèle à celui des Anglais. Brenier fut blessé et pris; Solignac, Chariot et Foy, deux colonels et un grand nombre d'officiers supérieurs, reçurent des blessures plus ou moins graves. L'armée battue laissa 1,800 hommes (2), 15 canons, 25 caissons et plus de 20,000 cartouches sur le terrain (3). Les pertes du côté de l'armée anglaise ne s'élevèrent qu'à 720 hommes, dont 155 tués et 554 blessés (4).
(1) La brigade Brenier attaqua la gauche une heure après celle de Thomières, dirigée contre la droite de l'ennemi. Cette dernière brigade ayant été accablée, Junot la fit soutenir par la brigade Chariot de la division Loison, et envoya l'autre brigade de cette division ( celle de Solignac) suivre la brigade Brenier. — Voir Thiébault.
(2) Jomini, Belmas, thiébault. Parmi ces 1,800 hommes se trouvaient les blessés et les prisonniers. Londonderry évalue les pertes à 4,000 hommes sans les prisonniers, qui furent nombreux; les Victoires et conquêtes estiment les pertes â 1,900 hommes.
(3) Wellesley au lieutenant général Burrard, 21 août 1808.
Thiébault et les Victoires et conquêtes prétendent que les Français perdirent seulement 10 canons et quelques caissons.
(4) D'après Gurwood, t. IV, p. 112. Le général Thiébault et les Victoires et conquêtes éva-
Napoléon, en apprenant la défaite de Junot, émit l'opinion suivante :
« Si le duc d'Abrantès eût marché avec 12,000 hommes, qu'il pouvait réunir à la rigueur, au lieu de 9,200; qu'il eût laissé dans le défilé de Torrès-Vedras un bon bataillon d'infanterie et 600 chevaux , et se fût porté rapidement avec le reste de son armée pour attaquer son adversaire en flanc et à revers, tandis que le détachement du défdé eût fait une démonstration sur le front de la ligne anglaise : si toutes ces dispositions avaient été faites pendant la nuit, et qu'une attaque ferme, vigoureuse, eût commencé avec le jour, la victoire couronnait certainement une fois de plus les efforts de l'armée française, et les Anglais pouvaient être jetés dans la mer (î). »
Il y a beaucoup de choses vraies dans cette critique ; cependant elle repose sur un fait que nous ne pouvons admettre, bien queïhiébault le certifie exact; c'est qu'il y eût seulement 9,200 Français présents à la bataille. Les documents officiels démentent positivement ce chiffre.
Burrard s'était montré sur le plateau de Vimieiro , pendant que la lutte durait encore; mais par courtoisie, il avait laissé à son jeune collègue le soin de terminer seul une action si heureusement commencée (2). Il ne s'écarta de cette réserve que pour donner , fort intempestivement , à la colonne Fergusson l'ordre de faire halte au moment où, après avoir séparé complètement les brigades Brenier et Solignac, elle allait forcer la plus grande partie de cette dernière à se rendre.
luent les pertes des Anglais a 50 prisonniers, 500 morts et 1,200 blessés. II faut remarquer que les Portuguais, ainsi que la l»» et la 5= brigade anglaise, c'est-A-dire près de 7,000 hommes ne tirèrent pas un coup de fusil pendant le combat.
(1) Paroles citées par le général Thlébault.
(2) Voir sa lettre du 21 août a lord Castlereagh où il dit : « Qu'il approuva toutes les dispositions de Wellesley et jugea inutile d'y rien changer ». — Guhwood, t. IV, p. 108.
11 empêcha (1) également Wellesley d'exécuter un mouvement habile destiné à compléter sa victoire, et qui consistait à repousser Junot avec cinq brigades au delà de la Sierra-Baragueda, et à le forcer sur le Tage, pendant que trois autres brigades, s'emparant des défilés de Torrès-Vedras, pousseraient jusqu'à Montechique et lui couperaient le chemin de Lisbonne. « C'était, dit le colonel Napier, une de ces promptes et audacieuses conceptions qui distinguent les grands généraux.» A cause de cela même , elle effraya Burrard , qui allégua , pour justifier son refus : l'arrivée de quelques troupes fraîches , (découvertes par Spencer, sur les hauteurs en arrière de Junot), le délabrement du matériel, la fatigue des chevaux de trait , le désordre de l'administration , l'insuffisance des moyens de transport; le fâcheux état de la cavalerie (2), et l'absence de tout appui efficace de la part des populajtions et des troupes portugaises.
Ces raisons avaient sans doute quelque poids, dans un moment ou l'on attendait les secours de Moore, et où l'ennemi opérait sa retraite avec une intelligence et un sang-froid qui annonçaient sa ferme résolution de continuer la lutte. Elles entraînèrent l'adjudant-général Clinton et le quartier-maître général Murray.
En vain Wellesley fit-il sur le champ de bataille même, et très-énergiquement (3) ressortir la nécessité de poursuivre immédiatement les troupes battues, et de les refouler vers le Nord ; il fut obligé de céder à l'opinion générale.' Cet échec lui causa tant d'humeur, qu'il ne put s'empêcher de dire aux officiers de son état-major : « Gentlemens, il ne nous reste
(1) Le général Foy se trompe en disant que c'est Wellesley qui défendit à ses soldats de poursuivre rennemi. Burrard seul est responsable de cet ordre.
(2) Elle était, pour ainsi dire, démontée et si peu nombreuse d'ailleurs qu'à Vimeiro, l'armée anglaise dut attendre pour riposter au feu des Français que les colonnes ennemies débouchassent sur sa première ligne.
(3) ALISON, t. VI, p. 304, et LONDONDERRY, t. I, p. 149.