DE VITTORIA
PL XK
légende.
A Bivacs de l'armée alli
la soirée du 20 B Position, de l'armée Française
dans la i/uitatée du 2/ C Colonne de droite des alites dont une- partie; vient remplacer lu brigade Morillo (D).
I Drigade Maransrn opposée à
MoriZlo.
ï" 4' ' -Division Anglaise .
G- Division- légère et "brigade de
Hussards du Centre droit H 3e et 7? Divisions du centre gauchi I Colonne de g au c7ie des alliés a Datterie Française enfila?/! la
grande route .
l> Dure de l'armée- française B' Corps de cavalerie Française chargé d 'observer la route de Vittoria à la vallée de VEbre.
X Armée Ft-ancaise battant en retraite sur Pantpelunc-,
BATAILLE DE YITTORIA,
21 Juin L813.
■ ni.r /il<
nous lui avons pris 151 pièces de canon, ses caissons de munitions, tout son bagage, ses provisions, son bétail, son trésor (1), ainsi qu'un nombre considérable de prisonniers. »
Les Français n'emportèrent qu'un obusier, et encore leur fut-il pris avant d'arriver à Pampelune. Ils perdirent dans cette journée plusieurs drapeaux, tout le matériel provenant des dépôts de Madrid, de Burgos, de Valladolid ; les archives de l 'état-major, une somme d'argent estimée, d'après les états de situation, à cinq millions et demi de dollars, et l'immense butin qu'ils avaient amassé pendant quatre ans dans la Péninsule.Le champ de bataille, jonché d'objets de toute espèce, provenant des 200 voitures de bagages de la cour, des généraux et des particuliers, ressemblait au champ de bataille d'Issus, décrit par Plutarque. Des actrices, des nonnes, des femmes galantes erraient parmi les fourgons abandonnés, et des paniers de Champagne étaient mêlés aux coffres de munitions. Dans les équipages de cette royauté en déménagement, on trouva des tableaux, de la vaisselle, des décors de théâtre, des bijoux, une foule d'objets de luxe et de fantaisie. Le roi lui-même faillit tomber au pouvoir d'un escadron de hussards, qui surprit et entoura sa voiture sur la route de Pampelune. Il n'eut que le temps d'ouvrir la portière et de sauter sur un cheval de troupe, laissant entre les mains de l'ennemi ses papiers intimes, son épée, un superbe tableau du Corrége et le bâton du maréchal Jourdan, trophées qu'on peut voir encore aujourd'hui dans le palais d'Aspley-House, à Londres (2).
Le chiffre des pertes s'éleva, du côté des Français, à
(1) Le trésor fut pillé par les gens à la suite de l'armée et les non-combattants : « On vit même, dit Napler, des officiers lutter avec la populace pour rester maîtres de ce honteux butin. » (T. X, p. 279.) Outre le numéraire appartenant à la caisse de l'armée, les soldats enlevèrent des sommes considérables aux personnes qui formaient la suite du roi.
(2) A l'exception toutefois du bâton du maréchal, dont le duc flt cadeau au prince régent. Celui-ci, en échange, conféra à Wellington le titre de feld-maréchal, qui jusque-là avait été accordé à bien peu d'hommes en Angleterre. Les cortès lui donnèrent en toute propriété le domaine royal de Soto de Roma. — Torkno, t. V, p. 282.
6,960 hommes, dont 1,904 prisonniers (î), et, du côté des alliés, à 5,176 hommes (2). Depuis la journée de Blenheim, la France n'avait pas essuyé un pareil échec. « Les campagnes de Marlborough, dit Alison, n'offrent pas l'exemple d'un triomphe si mémorable. Celles de Crécy et d'Azincourt sont, en comparaison, des campagnes stériles (s). »
La bataille de Vittoria dissipa les doutes et vainquit les dernières répugnances de l'Autriche; elle amena la dissolution du congrès de Prague , disposé à traiter avec l'empereur, et prépara la journée de Leipzig, à laquelle se rattache la délivrance de l'Allemagne et la chute de l'empire français.
Plusieurs écrivains militaires ont attribué le triomphe de Wellington au hasard et aux mauvaises dispositions prises par le roi : mais l'histoire impartiale n'acceptera point ce jugement. Le maréchal Soult se montra plus juste, en attribuant le succès des alliés au mérite de leur général en chef. Dans sa proclamation du 25 juillet 1815, où il traite si mal le roi et Jourdan, il dit : « Ne privons pas l'ennemi de l'éloge qui « lui est dû. Les dispositions et les arrangements du général
(1) Mémoires de Joseph, t. IX, p. 166. Nous ferons observer, toutefois, que celte évaluation de M. Du Casse est en opposition avec un état qu'il donne, t. IX, p. 434, et d'où il résulte que l'armée du roi ne perdit, du 27 mai au l«r juillet, que 214 officiers et 6,746 soldats.
S irrazin porte les perles des Français à 6,000 hommes, dont 3,000 prisonniers.
(2) D'après la situation officielle, les alliés eurent 501 Anglais, 150 Portugais et 89 Espagnols tués; 2,807 Anglais, 899 Portugais et 464 Espagnols blessés, ainsi que 266 manquants.
On trouva entre autres sur le champ de bataille: 151 canons en bronze, 415 caissons, 14,249 gargousses, 1,973,400 cartouches, 40,668 livres de poudre A canon, 44 forges, 56 voitures de fourrage, etc.
Belmas évalue le nombre des voitures de bagage perdues à 1,500.
D'après Toréno, les Français eurent 8,000 morts et blessés, et les alliés un peu moins de 5,000, dont 3,300 Anglais, 1,000 Portugais et 600 Espagnols. On ne fit, d'après lui, que 1,000 prisonniers.
Les auteurs des Victoires et conquêtes estimenl les pertes des Français à 6,000, et celles des alliés, à 4,000 hommes.
Belmas évalue à 4,000 hommes, dont 800 prisonniers, la perle des Français, et à 5,000 hommes celle des alliés. Sherer prétend que les Français eurent 8,000 hommes hors de combat, dont 1,000 prisonniers ; enfin Wellington, dans son Rapport à lord Bathurst, estime les perles des Français * 4,069 blessés et 800 tués.
(3) T. VIII, p. 247.
— in —
anglais ont été prompts, habiles et suivis. La valeur et la fermeté de ses troupes ont été dignes de louanges (i). »
Le 22, l'armée française continua sa retraite sous la protection d'une forte masse de cavalerie. Le 24, elle atteignit Pampelune, mais dans un tel état de désordre, que le gouverneur de cette place ne voulut admettre que les troupes absolument nécessaires à la défense. Le 25, toute l'armée s'engagea dans la vallée de Roncevaux, sans rencontrer de difficultés sérieuses.
Comme toujours, la poursuite des alliés fut lente et molle. Nous avons déjà fait observer que ce défaut tenait à la nature physique et aux habitudes du soldat anglais, bien plus qu'à un manque d'énergie ou de résolution de la part du général en chef.
Le roi avait envoyé lettres sur lettres à Clausel et à Foy pour les appeler à Vittoria ; mais, trop éloignés, ces généraux n'avaient pu lui obéir à temps, de sorte que Joseph s'était vu obligé de livrer bataille sans le concours de 27,000 hommes, dont l'arrivée opportune eût exercé une grande influence sur les opérations (2).
Le 21, Foy était encore à Bergara et Clausel à Logrono (3). La perte de la bataille les mit l'un et l'autre dans une trèsfausse position; ils en sortirent néanmoins avec honneur.
Après avoir détaché Hill pour faire le blocus de Pampe-
(1) Cétait aussi l'opinion deciarke, ministre de la guerre, écrivantau roi, le 2 juillet 1813: « 11 sera pénible à l'empereur de penser, dit-il, que l'ennemi ne doit nullement ses succès à m la supériorité de ses forces, mais plutôt à la manière dont elles ont été dirigées de part et « d'autre. »
(2) D'après les notoires et conquêtes, Foy avait 12,000 hommes et Clausel 15,000.
(3) Clausel avait reçu, le 15 juin, la première lettre du roi, et aussitôt il s'était arrêté dans la poursuite de Mina pour attendre des ordres positifs. Ces ordres se firent attendre ou n'arrivèrent point , car le général Clausel affirme que, dans la journée du 20, il n'avait reçu aucun des six courriers envoyés par Joseph, (Voir la lettre du 5 juillet, adressée par le roi a Clarke.)
lune (1), Wellington se porta de sa personne sur Tafïala et Olite, à l'effet de détruire Clausel, qu'il croyait à Tudela, et qui en réalité était retourné de Vittoria (2) à Logrono, où il se trouvait encore le 25 au soir (5). En ce moment, Sanchez et Mina se portaient vigoureusement sur les derrières du corps français. Clausel se tira de ce mauvais pas en faisant une marche forcée de vingt lieues en quarante heures sur Tudela, et en gagnant ensuite Saragosse (4). Wellington, qui aurait pu l'intercepter par la route de Jacca, mais en le rejetant sur Suchet, se contenta de le faire serrer de près par Mina, qui déploya dans cette circonstance une grande habileté.
Les détracteurs du général anglais prétendent que s'il avait montré plus d'audace et de résolution, les troupes de Clausel auraient dû mettre bas les armes. Il est certain que le duc fut informé assez à temps de la marche de ces troupes pour intercepter leur ligne de communication (5); mais le colonel Murray, quartier-maître général de l'armée anglaise, fait observer que le mauvais état des routes et les fortes pluies tombées les 24 et 25 retardèrent la marche des alliés (e); c'est une circonstance dont il faut tenir compte, bien qu'elle n'excuse pas entièrement Wellington. La pluie et le mauvais état des routes, en
(1) Place défendue par 4,000 hommes et 230 pièces de canon : trop forte pour être assiégée avec les moyens dont Wellington pouvait disposer. balhuusie continua le blocus avec les 2', 6' el 7e divisions ; quand il eut achevé les redoutes et les ouvrages de la ligne d'investissement, il partit, laissant les Espagnols seuls devant la place, sous les ordres du général O'uonnel.
(2) 11 s'était approché de Vittoria le 22 au soir.
(3) Ce même jour, Wellington apprit la véritable position de Clause!.
(4) 11 arriva à Tudela le 27 au soir ; de là il voulut se rendre à Ollte et à l'affala ; mais, prévenu â temps que Wellington l'y attendait , il repassa l'Èbre et marcha en toute hâte sur Saragosse.
(5) On lui avait envoyé le billet suivant de Clausel, écrit en chiffres, et dont le porteur était tombé entre les mains des Espagnols.
23 juin.
Sire
« Je me suis porté, hier 22, à une demi-lieue de Vittoria, par la roule de la Guardla. Si j'apprends que Votre Majesté se trouve vers Salvatierra, ou dans la vallée d'Araquil, je m'y rendrai en traversant les montagnes,- dans le cas contraire, je me porterai sur Pampelune. »
(6) Memoirs ofthe war, p. 105.
effet, exerçant la même influence sur la marche des deux armées, ne peuvent être invoqués par l'une d'elles comme un empêchement absolu à la poursuite de l'autre. Plus admissible, à coup sûr, serait une explication basée sur la différence que présentaient les soldats anglais et français , au point de vue de l'aptitude physique, des ressources en vivres, habits, chaussures, etc.
Quoi qu'il en soit, le général Clausel parvint à se retirer sain et sauf du mauvais pas où il se trouvait; et Wellington, à partir de ce moment, s'adonna exclusivement aux soins que réclamaient les sièges de Pampelune et de Saint-Sébastien.
Ainsi finit la mémorable campagne de 1815, qui porta les alliés au sommet des Pyrénées, et renversa définitivement le trône mal étayé de Joseph. En moins de six semaines, les Anglais avaient fait deux cents lieues dans un pays accidenté, traversé six grandes rivières, investi deux places et repoussé de l'Espagne 120,000 Français : résultat immense, qu'ils n'auraient pas obtenu si Joseph avait suivi les instructions de l'empereur, ou s'il s'était arrêté sur le Carion et la Pisuerga assez longtemps pour donner à Foy et Clausel le temps de le rejoindre.
En quittant Madrid et en concentrant toutes ses forces à Burgos, le roi ne fit que se conformer aux principes de la stratégie; mais en acceptant la bataille sans Foy et Clausel, dans le bassin de Vittoria , après avoir abandonné d'excellentes et fortes positions , il commit une faute impardonnable. L'armée française eut mieux fait de se retirer franchement sur Bayonne et de se baser sur cette ville , ainsi que l'avait conseillé Jourdan, ou de marcher parallèlement à l'Èbre jusqu'à Saragosse , pour donner la main à Suchet et
T. II. s
tomber sur les alliés, aussitôt qu'ils auraient été à 150 lieues de leurs dépôts. Ce dernier plan fut préconisé par les officiers les plus distingués de l'état-major de Joseph. Tous étaient convaincus que Wellington n'oserait pas s'avancer dans les Pyrénées en laissant des forces aussi considérables derrière lui; et, de fait, l'importance qu'il mit à éloigner Foy et Clausel semble justifier cette opinion. Mais le roi et Jourdan ne croyaient pas un mouvement de retraite sur Saragosse exécutable dans les circonstances où ils se trouvaient; ils craignaient en outre de perdre leur grande communication avec la France , et de laisser Foy abandonné à lui-même dans les provinces insurgées du Nord. Cette crainte était fondée, et cependant le roi eût bien fait de n'en pas tenir compte, puisque le plan suivi donna des résultats si désastreux. Au reste, l'incapacité militaire de Joseph se révéla plus encore dans l'exécution que dans la combinaison des mouvements.
Bien différente sous ce rapport fut la conduite de Wellington : sa marche de concentration sur le Douro, les mouvements à l'aide desquels il tourna l'Èbre et le soin qu'il prit de former une nouvelle base d'opération sur la côte d'Espagne , doivent être loués comme de belles applications des principes de la stratégie (1). On lui a reproché cependant d'avoir fait un mouvement rétrograde pour éloigner de ses flancs Clausel et Foy, au lieu de marcher sur Bayonne, qui n'était pas en état de se défendre (2) ; mais cette critique
(1) u Les mouvements de lord Wellington, dans le commencement de celte campagne, dit le général San aziii, sont un chef-d'œuvre de stratégie; il n'ambitionne point le triomphe éphémère d'entrer à Madrid ; il prend des positions solides qui forcent les Français à évacuer cette capitale; il menace tout leur liane droit, depuis Santandcr jusqu'à Valence ; il s'approche de Cargos, où était un dépôt immense de munitions; il a même la hardiesse de pousser la gauche de son armée jusque sur la ligne d'opération des Français, etc. »— P. 336.
« La marche du général anglais, sur la rive droite du Douro, fut savamment calculée, mais ses manœuvres dans la journée de Vittoria ne méritent pas tout à fait Ie3 mêmes éloges. Les Français furent mal attaqués et encore plus mal poursuivis. » Vict. etconq.,\- XXII, p. 251.
(.2) Les auteurs français assurent que Bayonne n'était pas tenable, mais Wellington pouvait Ignorer cette circonstance.
tombe devant la considération que l'armée alliée était hors d'état de continuer la campagne, surtout dans les Pyrénées, où elle aurait éprouvé beaucoup de fatigues, de dangers et de privations. « Mes soldats, écrivait Wellington, au lieu de préce parer leur nourriture et de se reposer après la bataille de « Vittoria, se dispersèrent pendant la nuit pour se livrer « au pillage ; ils se fatiguèrent tant , qu'il leur fut impos- « sible de soutenir une marche difficile; il en résulta que « l'armée victorieuse compta plus de traînards que l'armée « vaincue. Dix-huit jours après la bataille, 12,500 hommes « (presque tous Anglais) étaient encore absents, la plupart « maraudant dans les montagnes... »
D'un autre côté, le système de guerre de Wellington ne comportait pas une opération aussi hardie que l'invasion de la France, dans l'état d'incertitude où se trouvaient les affaires d'Allemagne (1). Un armistice venait d'être conclu, et il n'était pas impossible que cet armistice fût suivi d'une paix à laquelle l'Angleterre n'eût point adhéré; or, dans ce cas, l'empereur aurait pu diriger toutes ses forces contre l'armée de la Péninsule. Il était donc prudent d'établir solidement l'armée anglaise dans les Pyrénées , et de lui assurer un bon port. Quelle n'eût pas été, en effet, la situation de Wellington au delà des frontières, si le roi se fût retiré par Jacca sur l'armée de Suchet, et si Foy et Clausel se fussent emparés des trophées de Yittoria, gardés par une seule division anglaise ! Même avec toute la sagacité qu'il montra dans la suite, Wellington eût été battu, si le duc d'Albuféra et Clausel s'étaient portés de concert sur son flanc droit, quand Soult l'attaqua de front : or, en envahissant la France , au lieu de Soult avec l'armée de Joseph, c'était peut-être l'empereur avec l'armée
(l) Voir les lettres de Wellington, du 8 juillet 1813, au général Bentinck, et du 12 juillet au comte Bathurst.
de Bautzen qu'il aurait eu sur les bras (i); cette considération suffit pour justifier la lenteur du duc après le combat du 22. Il ne s'était pas attendu, d'ailleurs, à ce que les Français, par leurs fautes, lui permissent d'aller si loin; ses préparatifs n'avaient été faits qu'en vue du siège de Burgos.
Pour assurer sa nouvelle base, Wellington résolut de s'emparer de Saint-Sébastien (2); et, pour garantir son flanc droit, il envoya O'Donnel, avec des troupes espagnoles et portugaises, bloquer Pampelune. Les corps des partisans non employés furent mis en observation pour couvrir ce blocus et empêcher la jonction du duc d'Albuféra et de Clausel à Saragosse. Enfin, sir John Murray fut chargé de tenir Suchet en haleine par des opérations en Catalogne (3).
Murray était parti le 21 mai d'Alicante pour assiéger Tarragone; mais, soit faiblesse, soit incapacité, à l'approche de l'armée du duc d'Albuféra , il avait abandonné son équipage de siège et rembarqué ses troupes dans le plus grand désordre (le 12 juin), mettant par cette retraite le général Copons dans une situation fâcheuse (4). William Bentinck, qui lui succéda dans le commandement de l'armée anglo-sicilienne, montra sinon plus d'intelligence, au moins plus de résolution et d'énergie. Il investit Tortose, força le
(1) Wellington avait écrit le 20 juillet au général lord Bentinck : « Si la guerre se rallume dans le Nord, je ferai très-bien de m'avancer en France, et je pourrai sans doute m'y établir. Si elle ne se rallume poinl, je n'irais en France que pour m'en faire chasser... Dans ce cas, je me propose deine rendre maître de toutes les garnisons del'Aragon.de manière à me joindre plus étroitement à vous, en maintenant toutefois le blocus de Pampelune. » — Voir aussi sa lettre du 22 novembre 1813 au général Pumouriez.
(2) Cette place était alors bloquée par Mendizabal.
(3) Wellington lui avait donné, le 14 avril 1813, des instructions très-précises et fort bien conçues, mais qui furent mal exécutées.
(4) Murray fut, pour ce double fait, traduit devant une cour martiale, qui, tout en le déclarant non coupable, blâma sa conduite comme imprudente et peu judicieuse. Wellington énuméra, dans sa lettre du 8 août 1813 au colonel Torrens, toutes les fautes commises par Murray, et montra combien ce général s'était écarté de ses instructions. Consultez également sa lettre du 1er juillet à John Murray, et celle écrite, le 19 août, par Suchet au duc de Fellre. -Brlmas, t.l, p. 699.
duc d'Albuféra à détruire les ouvrages de Tarragone, et parvint à tenir l'armée d'Aragon éloignée de la Navarre. Avant son arrivée, le duc del Parque, contrairement aux ordres de Wellington , avait fait un mouvement offensif de concert avec Elio, et s'était fait écraser par le général Harispe à Alcira, sur le Xucar (9 juin 1813). Suchet aurait complété cet avantage si la nouvelle de la bataille de Vittoria n'était venue déranger ses plans. Il abandonna Valence le 5 juillet (î), et marcha avec 20,000 hommes d'excellentes troupes sur Saragosse pour se réunir à Clausel (2). Mais, avant d'atteindre cette ville, il apprit que Clausel s'était porté sans nécessité (3) sur Jacca, et que les partisans de Mina assiégeaient le château de Saragosse. Au lieu de dégager immédiatement ce point et de faire une démonstration sur le flanc droit de Wellington (*), Suchet concentra toutes ses forces entre Caspe et Tortose (le 12 juillet); faute grave, dont les conséquences ne tardèrent point à se faire sentir. Le château se rendit le 30, et le fort Daroca le 11 du mois suivant. Dès lors il fallut renoncer au projet de jonction avec Clausel et à toutes les espérances que ce projet avait fait naître. L'armée d'Aragon passa l'Èbre les 14 et 15 août à Tortose et alla s'établir aux environs de Tarragone. « On s'étonne, dit Napier, qu'un général jouissant d'une si haute réputation ait, dans des circonstances critiques, laissé sans emploi des forces aussi imposantes. »
Il est vrai que Suchet avait plus de 27,000 hommes dans
(1) Lord Bentinck y entra le 9-
(2) L'armée d'Aragon avait alors 12 à 13,000 hommes dans les places. Suchet voulait conserver le royaume de Valence pour faciliter les négociations générales, en trompant les alliés sur la force réelle des Français en Espagne. Il affaiblit en conséquence son armée active, mesure qui influa d'une manière fâcheuse sur l'ensemble des opérations.
(3) Il n'était alors poursuivi que par les troupes de Mina.
(4) Ses 20,000 hommes, joints à la division Paris et aux troupes de Clause!, lui auraient permis de jeter une armée de 40,000 combattants sur le flanc des alliés, au moment où Soult les attaquait de front. Évidemment le général anglais n'eût pas résisté à ce coup.
les places fortes (i); mais il lui en restait encore 52,000 disponibles (2) quand la guerre se décida en Navarre. Si donc avant la fin de juillet il avait marché sur cette province par l'Aragon, l'armée anglo-portugaise eût été infailliblement écrasée (5).
A cette époque , les alliés firent transporter à Bilbao, à Santander et à la Corogne les établissements militaires et les approvisionnements du Portugal (4). Saint-Sébastien devait compléter leur ligne de dépôts, et c'est ce qui engagea Wellington à en faire le siège immédiatement.
La forteresse de Saint-Sébastien est bâtie sur une presqu'île au pied du mont Orgullo, sur lequel se trouve le château de la Mota, servant de réduit. La partie nord était couverte par l'Uruméa et le côté sud par la mer. Les fortifications étaient composées d'une double enceinte avec contrescarpe, chemin couvert et glacis, excepté dans le sens de la longueur de la presqu'île, où elles ne présentaient qu'une seule enceinte rendue inaccessible par les eaux. Dans cette partie, l'escarpe était découverte jusqu'au pied et vue entièrement d'une chaîne de hauteurs situées sur la rive droite de l'Uruméa, à la distance de 6 ou 700 verges. Le défaut de terre pour couvrir cette portion de l'enceinte avait d'autant plus d'inconvénients, que l'Uruméa était guéable pendant plusieurs heures à chaque marée, et que les eaux en se retirant laissaient à sec, sur la rive gauche de la rivière, un espace considérable, par où les troupes pouvaient monter à l'assaut (5).
(t) Dans ce chiffre e.'t compris l'effectif de la division Paris.
(2) L'armée d'Aragon avait a celte époque 32,362 hommes et 4,919 chevaux présents à l'effeciif ; l'innée de Catalogne 29,910 hommes el 1,869 chevaux.
État de situation, juillet 1813.
(3) Il faut noter cependant que Suchet, à cette époque, ignorait que Soult avait pris le commandement de l'armée d'Espagne el faisait des préparatifs pour secourir Pampelunc. Il n'eu aurait pas moins dû marcher en avant , pour empôeh'T Wellington de tirer parti de la bataille de \ ittoria.
(4) Les Français occupaient encore Santona, et leurs corsaires interceptaient les communications le long de la côte d'Espagne.
(5) JONES, p. 289.
La garnison, forte d'abord de 2,500 hommes, fut portée à 3,000 hommes, le 27 juin, par un détachement de la division Foy. Il lui manquait des abris pour les malades, des approvisionnements, du bois pour palissades et de l'eau potable. L'aqueduc servant à l'alimentation des réservoirs publics avait été coupé dès le premier jour par les alliés, et les puits qui auraient pu y suppléer étaient envasés, ou ne fournissaient qu'une eau saumâtre. La plus grande confusion régnait dans la ville; et tant de fuyards s'y étaient retirés, que le gouverneur (général Rey) fut obligé d'expulser toutes les bouches inutiles. Les fortifications étaient en mauvais état (î), les approvisionnements de siège et le matériel insufisants ; le personnel était plus insuffisant encore, puisqu'il ne comportait que 100 artilleurs pour le service de 76 bouches à feu (2); par compensation, les habitants étaient bien disposés, «ils montraient un dévouement sans bornes pour les Français (3). »
Le 28, la place fut bloquée du côté de terre par 7 à 8,000 Espagnols, sous Mendizabal, que suivaient à petite distance 9 à 10,000 Anglo -Portugais, commandés par le général Graham.
En ce moment , l'artillerie destinée au siège se trouvait encore sur les vaisseaux dans le port du Passage ; elle consistait en 54 bouches à feu (4), pourvues d'un approvisionnement limité entre 500 et 1,500 coups par pièce.
Le général Rey mit un bataillon dans le couvent Saint-
(1) Voir le Rapport du chef de bataillon du génie Pinot, au ministre de la guerre (27 juin 1813), et celui du général Rey au même (29 juin). D'après Beimas (p. 650), la place était réputée pouvoir tenir 8 ou 10 jours contre des moyens d'attaque ordinaires.
(2) lus 76 bouches à feu, 13 occupaient les batteries du monlOrgullo. Le I" juillet, il arriva encore une cinquantaine de canonniers par mer.
(3) Belmas, p. 594.
(4) A savoir : 20 pièces de 24, approvisionnées A 1,500 coups, 6 obusiers de 8 pouces, approvisionnés à 1,000 coups, et S mortiers approvisionnés à 500 coups.
JONUS, Journaux des sièges, p. 288.
Les assiégés avaient, dans le commencement, 76 pièces en batterie. Us en reçurent d'autres par mer, après l'ouverture de la tranchée.
Bartholomé, à l'entrée de la presqu'île; 40 hommes dans la tête de pont de Santa-Catalina et dans le couvent de San- Francisco, sur la droite de l'Uruméa', et 25 hommes dans l'ile Santa-Clara, dont la chapelle fut convertie en blockhaus. Le 28, il fit brûler les deux faubourgs de Saint-Martin et de Sainte-Catherine, qu'on n'avait pas eu le temps de démolir. Enfin, tous les bras disponibles furent requis pour fortifier les ouvrages du château de la Mota et d'autres points de la place.
Le 29, à 7 heures du soir, les assiégeants firent une tentative infructueuse pour enlever de vive force le couvent de Saint-Bartholomé.
Le 3 juillet, la marine anglaise vint bloquer le port, mais elle n'avait pas assez de bâtiments pour empêcher les marins de Saint-Jean-de-Luz de s'introduire de temps en temps dans la place à la faveur de l'obscurité.
Le 7, les Espagnols démasquèrent une batterie qui tira sans résultat à boulets rouges sur le couvent Saint-Bartholomé.
Le 9, l'arrivée des troupes de Graham permit de resserrer les lignes d'investissement. Aussitôt Wellington quitta Ernani pour faire la reconnaissance de la place et déterminer le choix du front d'attaque. Il adopta, sur l'avis du major Smith, le plan qu'avait suivi le maréchal Berwick au siège de 1719, plan basé sur la possibilité d'approcher à marée basse de la partie nord-est de l'enceinte, et de battre en brèche l'escarpe d'une chaîne de hauteurs située sur la rive droite de l'Uruméa.
Napier trouve ce plan extrêmement défectueux. Il est certain qu'une attaque régulière dans la presqu'île aurait conduit plus sûrement au but; mais, — nous ne saurions trop le répéter — les ingénieurs anglais n'avaient pas le moyen de réduire une place par la méthode de Vauban. Ils devaient donc forcément donner beaucoup au hasard et préférer les attaques promptes, toujours meurtrières, aux attaques mé«
thodiques, possibles seulement avec un matériel et un personnel convenables.
Dès que les Anglais eurent dévoilé leur plan, la garnison fit un retranchement en arrière de la muraille et pratiqua des créneaux dans toutes les maisons ayant vue sur l'emplacement présumé de la brèche.
Le 14, Wellington reprit le chemin d'Ernani, confiant la direction des travaux à Graham, qui, le même jour, par un feu soutenu, parvint à faire brèche au couvent de Saint-Bartholomé. Le lendemain, à une heure, trois colonnes essayèrent d'enlever ce couvent ainsi que les petits postes qui le soutenaient ; mais, attaquées avec une extrême vigueur, ces colonnes ne tardèrent point à rebrousser chemin. Une sortie de la garnison compléta cet échec, qui coûta aux alliés plus de 150 hommes (1).
Le 16, les batteries d'attaque parvinrent à mettre le feu au couvent; l'incendie se propagea si rapidement, que le soir il ne restait plus qu'une moitié de l'édifice, et que la garnison fut sur le point de l'abandonner.
Le 17, on fit une nouvelle tentative avec trois colonnes, sous les ordres des généraux Oswald,Hay et Bradford (2). La colonne de droite attaqua la lunette du cimetière, celle du centre le couvent, et celle de gauche les petites maisons crénelées. Les Français présentèrent une résistance vigoureuse; néanmoins ils furent obligés de battre en retraite avant même d'avoir fait jouer les fougasses préparées sous les murs du couvent. Cette lutte dura quatre heures; elle fut secondée de part et d'autre par l'action de 60 bouches à feu (5).
(1) D'après Belmas, les alliés laissèrent 150 morts sur le terrain, tandis que les Français n'eurent que 8 tués et 59 blessés-
(2) Lettre de Graham au duc de Wellington, 13 juillet 1813.
(3) Elle coûta aux Français 40 hommes tués et 200 blessés. Les Anglais, qui avalent mis en ligne 6,000 hommes, firent des perles plus considérables; ils laissèrent, en outre, H homnics entre les mains de l'ennemi.
Après l'enlèvement de Saint-Bartholomé, Grahamfit battre le front en terre de la place , tout en continuant l'attaque principale sur la rive droite de l'Uruméa.
Le 20 au matin, 50 pièces ouvrirent le feu contre le mur non terrassé.
Le lendemain, la place fut sommée de se rendre; mais, fidèle à son devoir , le gouverneur repoussa énergiquement cette sommation.
Le 22 au soir, le mur était battu en brèche et renversé sur une étendue de 50 mètres.
Wellington, dans ces entrefaites, était revenu d'Ernani, et avait visité les travaux en détail.
D'après ses ordres, une nouvelle brèche de 40 mètres de largeur fut ouverte le 25, entre la tour Los-Hornos et le bastion Saint-Elme. Presque au même instant, le feu prit aux maisons crénelées en arrière de la grande brèche. Comme on n'avait pas assez d'eau dans la place, l'incendie se propagea rapidement : ce fut une circonstance fâcheuse pour les défenseurs; ils comptaient occuper ces maisons pendant l'assaut (i).
Les ingénieurs avaient profité d'un aqueduc pour établir une mine sous le terre-plein du chemin couvert. Cette mine fit explosion le 25 de grand matin; elle renversa la contrescarpe dans le fossé. Les colonnes anglaises débouchèrent aussitôt de la parallèle et se portèrent vivement à l'attaque des brèches (2). Pour y atteindre, elles devaient traverser un espace de plus de 200 mètres, coupé de flaques d'eau, et parsemé de rochers couverts de plantes marines qui les rendaient fort glissants. Elles devaient en outre longer la fausse-braie
(1) Apres l'incendie des maisons crénelées, les défenseurs allèrent occuper des postes en arrière, dont ils ne purent tirer aucun parti.
(2) D'après Belmas, celle attaque fut combinée avec une escalade contre l'ouvrage à cornes. « les échelles, dit-il, furent renversées, et le plus ;;rand désordre se mit dans la colonne. « qui fui obligée de se retirer, après avoir essuyé une perte énorme. »
le colonel ingénieur Jones ne fait aucune mention de cette attaque.
de la branche gauche de l'ouvrage à cornes , d'où l'on pouvait lancer sur les assaillants une grêle de projectiles.
Les Français laissèrent avancer la colonne , forte de 2,000 hommes, jusqu'à ce que sa tête eût atteint le pied de la brèche; puis, à un signal donné, ils dirigèrent sur son front et sur ses flancs une quantité innombrable de bombes, d'obus et de grenades, dont l'effet meurtrier se combina avec celui de la mitraille, vomie par un bastion, deux tours et un cavalier. Surprise, écrasée par cette tempête, la colonne s'arrête, se divise, se trouble; les plus braves montent à la brèche, où ils trouvent la mort; les autres hésitent et fuient. Le désordre alors devient si grand, qu'il est impossible à Graham de faire avancer les colonnes tenues en réserve. Les morts, les mourants, les blessés et les fuyards roulent confondus sur les pierres glissantes que la mer vient à peine de quitter. Un grand nombre d'Anglais se précipitent dans les flots pour échapper à la mitraille, et trouvent ainsi la mort en voulant l'éviter. Enfin, Graham ayant perdu l'élite de ses troupes, se décide à battre en retraite; le carnage cesse...
Bientôt les scènes de destruction font place à un spectacle nouveau, touchant, admirable! Les soldats de la garnison se précipitent à l'envi du haut des brèches et de la fausse-braie pour aller porter secours aux blessés : amis et ennemis sont également relevés et accueillis. Ces mêmes Anglais qui peu d'instants auparavant étaient repoussés avec toute l'intrépidité du désespoir, sont maintenant soignés par leurs vainqueurs avec la sollicitude que l'on témoignerait à des compagnons d'armes. On s'empresse de les retirer d'entre les morts ; un premier pansement est appliqué sur leurs blessures, et, par un rapprochement bizarre, on les transporte sur ces mêmes échelles qu'ils avaient préparées pour donner l'assaut à la place. Le général Rey, sur la brèche, dirige et encourage cet élan d'humanité, tandis que le général anglais, avec plusieurs de ses officiers, placé sur l'épaulement d'une
tranchée, exprime hautement sa surprise et son admiration d'une pareille conduite (1).
Cette affaire coûta aux Anglais 400 blessés et 100 tués (2), parmi lesquels le chef ingénieur colonel Fletcher. Les Français n'eurent que 18 tués et 49 blessés (3).
Le général Rey accorda aux assiégeants un armistice de quelques heures pour enlever leurs blessés et enterrer leurs morts que la marée montante eût engloutis.
Napier attribue l'échec de Graham aux mauvaises dispositions prises pour l'attaque : « Ni les instructions de Wellington, dit-il, ni le plan du major Smith ne furent suivis. L'exécution manqua de vigueur et d'ensemble, et le commandement d'intelligence. Les officiers du génie se firent tuer ; mais aucun général, aucun officier d'état-major ne sortit des tranchées pour se mettre à la tête des colonnes. La plupart condamnaient d'ailleurs le mode d'attaque irrégulier que l'on avait adopté, et cette opinion, connue des soldats, exerça quelque influence sur leur moral. »
Lord Wellington , arrivé de Lazaca le 26 à deux heures du matin, aurait renouvelé l'attaque, si le manque de munitions ne l'avait obligé d'attendre un approvisionnement supplémentaire de poudre et d'artillerie, demandé au gouvernement anglais depuis un mois (4) ; le lendemain , du reste, on l'informa que Soult, après avoir chassé devant lui l'armée d'observation, avait franchi les Pyrénées et se dirigeait sur Saint-Jean-Pied-de-Port. Cette nouvelle obligea Wellington à convertir immédiatement le siège en blocus,
(1) Victoires et conquêtes, t. XXII, p. 272.
(2) D'après Jones. Le major Belmas évalue les perles à 2,000 hommes, dont 118 furent faits prisonniers; ce chiffre est exagéré.
Le comte Toréno estime les pertes à 49 officiers et 520 hommes tués, blessés ou pris; les Victoires et conquêtes, à 900 tués et blessés, non compris plusieurs centaines de prisonniers.
(3) D'après Belmas. Quelques auteurs esUment les pertes des Français a 250 hommes,
(4) Voir sa lettre au comte Balhurst, l™ août 1813.
pour rendre disponible une partie des forces de Graham (i).
Les assiégés profitèrent de ce délai pour éteindre l'incendie qui s'était déclaré dans la ville , améliorer la défense de la brèche et des remparts contigus , réparer le matériel , construire des barricades, etc. A l'exception d'une sortie qui eut pour résultat la prise de 189 soldats alliés, et la destruction d'une partie des travaux d'approche (2) , il ne se fit rien de remarquable pendant trois semaines.
De temps à autre seulement, il arrivait des navires de Saint- Jean-de-Luz qui apportaient aux assiégés des outils, des provisions et des renforts.
Le 15 août, on célébra dans la place la Saint-Napoléon avec un éclat extraordinaire. Pendant toute la journée, le son des cloches se mêla aux cris joyeux de la garnison; à la nuit tombante le château fut illuminé, et du camp des alliés on vit briller sur les remparts, en grandes lettres flamboyantes, les mots : Vive l'Empereur!
Graham crut le moment favorable pour tendre une surprise, mais cette opération ne réussit pas mieux que les précédentes (5) .
(1) Joncs ne signale pas ce départ d'une fraction de l'armée de siège; il dit que ce fut Graham et non Wellington qui, le 28, apprenant l'attaque de Soult contre les alliés (attaque dont il ignorait encore le résultat), fit embarquer les bouches à feu et le parc, et convertir le siège en blocus.
(2) Celte sortie eut lieu le 27 juillet.
(3) Les alliés avaient perdu jusque-là, devant Saint-Sébastien, 1,300 hommes, non compris ceux tués pendant le blocus (sous Mendizabal).
D'après un état <fes pertes cité par Gurwood, le nombre des tués, du 7 au 27 juillet, s'éleva à 204, celui des blessés à 774, et celui des manquants à 300.