‹ Histoire du duc de WellingtonChapitre 7 sur 86 · PI. II · texte numérisé non relu

PI. II

BATAILLE D'ASSYE

23 Septembre 1803

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Ternir ro/a/c: Aj ///<•<• (bloniàie mareAant à /'a/7n//ue. Zd. bleuet Imposition des Mr7/rattes.

A Position de l'armée Coloniale.

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B 2' position de l'Znf' Mahratt».

C 3? position de l'Zrif Jfal/rarTe D 3? tel „ ., Colon ia7e.

E .?' id. , la Cap. Anglaise*

cieuses entreprises de ce général, que certains auteurs représentent comme doué seulement des qualités nécessaires à la guerre défensive !

L'armée victorieuse fut rejointe le lendemain sur le champ de bataille par la division du colonel Stevenson.

Cette dernière, forte de 8,000 hommes environ, poursuivit quelque temps les restes éparpillés de l'armée de Scindiah, puis, revenant sur ses pas, mit le siège devant Burhampoor (i) et Assirghur (2) . Wellesley se chargea de couvrir ces sièges, d'assurer la marche des convois et de protéger en même temps les États du nizâm et du peschwah. Toutes ces opérations réussirent complètement, grâces à la vigilance des généraux et à la rapidité avec laquelle ils exécutèrent leurs marches.

Bientôt cependant les troupes commencèrent à sa plaindre des fatigues et des privations auxquelles ces courses aventureuses les exposaient.

L'argent était épuisé, et les chefs indigènes ne faisaient aucun effort pour en trouver. Les vivres aussi devenaient de plus en plus rares. Sans le secours des Brinjanies,([ue Wellesley sut attirer à lui dans un moment si critique, les opérations auraient été entravées à cause du manque de grains, de bœufs et de moyens de transport (3). « Les gens du nizâm,» écrivait-il le lendemain de la bataille d'Assye, « se compor- « tent bien mal, et son gouverneur à Dowlutabad a refusé de

« recevoir mes blessés Voilà comme nos meilleures

« dispositions sont entravées, et ces gens-là se disent pour- « tant nos bons alliés (4) ! »

(1) Cette place fut prise sans difficulté le 16 octobre.

(2) Le pettah de cette importante forteresse du radjah de Berar fut très-facilement enlevé; mais le fort dut être battu en brèche ; il ne se rendit que le 21 octobre.

(3) Voir la lettre du 28 septembre au major Kirkpatrick.

(4) Au lieutenant-colonel Close. Dans une lettre du 13 janvier 1804, au major Shawe il dit : « Le nizâm n'a pas donné un sou, »

Cinq semaines après, sir Arthur renouvela ces mêmes plaintes et laissa percer le même découragement : « Ces expé- « ditions, je le crains bien, ne pourront durer. Si on les aban- « donne cependant, ce pays-ci est tellement dépourvu de tout « gouvernement et de moyens de défense, qu'il sera nécessai- « rement perdu. Je suis malade d'avoir à me mêler de ses « affaires, et il est impossible de dire dans quel état elles « sont (1). »

Le peschwah, malgré toutes les obligations qu'il avait à l'armée coloniale, se conduisit encore plus mal que le nizâm.

« Il n'a aucune sympathie pour le bien public, » écrivait sir Arthur (2) « et ses sentiments sont affreux. Je n'ai pas de « preuves positives qu'il ait trahi, mais j'ai de graves « soupçons qu'il l'a fait... »

Pour tirer son armée de cette situation difficile et payer les Brinjarries, que retenait seulement l'appât du gain, Wellesley leva une contribution à Burhampoor et vendit les marchandises trouvées à Assirghur ; mais le gouverneur général n'approuva point cette résolution, contraire, disait-il, aux usages de l'Inde, et le général en chef dut se justifier d'avoir sauvé la vie de ses troupes, l'honneur et les intérêts de la colonie! (3)

Cependant Scindiah ayant perdu tout espoir de reprendre les hostilités avec quelques chances de succès, après le rude échec qu'il venait d'éprouver , envoya le 6 novembre un négociateur offrir une suspension d'armes aux Anglais. Wellesley accepta cette offre pour plusieurs raisons. D'abord, en forçant l'ennemi à évacuer ses possessions dans le Deccan, il avait atteint le but qu'il s'était proposé; en second lieu, l'armée anglaise se trouvait hors d'état de poursuivre la ca-

(1) Au lieutenant-colonel Munro, 1" novembre 1803.

(2) 26 janvier 1804, au major Shawe.

(3) Voir ses lettres du 13 janvier 1804 au major Malcolm et au major shawe.

valerie mahratte, qui 'pouvait encore lui faire beaucoup de mal et entraver surtout ses opérations dans le Berar (i) ; enfin, la suspension d'armes accordée à Scindiah et le refus de cesser la guerre avec le radjah permettaient de rompre les liens qui existaient entre ces deux alliés, en séparant leurs intérêts et leurs causes.

C'était un coup habile qui disloquait la confédération et préparait les voies à un arrangement définitif. « Je sais bien » disait Wellesley, « que cette cessation des hostilités est « contre toutes les règles ; mais dans cette occurrence, je « crois qu'il y a des règles dont la violation est plus avanta- « geuse au bien général que ne le serait leur observation (2).» Le comte de Mornington ayant approuvé cette manière de voir, le vainqueur d'Assye fut chargé de négocier un traité de paix, en se conformant toutefois aux vues générales qui lui avaient été indiquées.

Les bases de cet arrangement étaient difficiles à établir, non-seulement à cause de la mauvaise foi et de la duplicité de Scindiah, mais parce que de nombreux intérêts, presque tous opposés l'un à l'autre, se trouvaient en jeu (3).

Les idées que Wellesley émit à cette occasion sont remarquables. Il proposa entre autres (4), d'obliger le nizâm à tenir sous les armes des forces plus nombreuses et mieux organisées. « Sans cela, » disait-il, « tout ira bien en apparence à « Hyderabad et dans les dépêches du résident au gouver- « neur général, mais en réalité et au fond, tout ne sera que « faiblesse et confusion, et à la fin le gouvernement du « nizâm tombera en poussière. »

Il insista fortement aussi pour qu'on ne renvoyât pas les

(1) A Henri ffellesief^b janvier 1S04.

(2) Au général Stuart,23 novembre 1803.

(3) Les intérêts de la colonie, de Scindiah, du peschwah et du nizâm étaient directement en cause dans cette négociation.

(4) Au gouverneur général, 11 novembre 1803.

troupes de Scindiah, ni celles des autres chefs que la colonie pourrait être dans le cas de soumettre encore. Ce renvoi lui semblait impolitique et dangereux, parce que les soldats licenciés n'ayant d'autre ressource que le métier des armes se dispersaient pour se livrer au brigandage, ou allaient grossir les rangs des chefs ennemis (1). Ainsi le renvoi des forces du nizâm avait augmenté la puissance du radjah de Berar et de Scindiah, comme sans doute la ruine des établissements militaires de ces derniers augmenterait les ressources d'Holkar, le seul ennemi , encore redoutable , de la domination anglaise.

Wellesley pensait d'ailleurs que les forces auxiliaires de la colonie étaient insuffisantes pour maintenir l'ordre dans des contrées d'une vaste étendue: « Leur nombre, » disait-il, « devrait être doublé ou triplé pour réprimer les bandits qui « troublent la sécurité de ces États (2). »

Après avoir signalé cet inconvénient avec plusieurs autres, il demanda que les alliés delà Compagnie fussent obligés, par le traité de paix, à maintenir leur puissance militaire intacte : « Le comte de Mornington, » dit-il, « n'a jamais eu ce tableau « devant les yeux. Personne n'a eu tant d'occasions que « moi d'examiner ce sujet sous toutes ses faces, et peut-être « même qu'on n'y a jamais fait attention. Le remède est « évidemment de forcer les alliés à conserver leur établisse sèment militaire. Ce serait le premier pas. Je voudrais ence suite ne plus leur donner de secours pour diriger leur gou- « vernement intérieur, excepté lorsqu'il s'agirait de combatte trede formidables rébellions (3). »

On objecta que son remède était contraire au principe sur

(1) Voir encore sa lettre du 26 février 1804 au major Shawe, où il prouve que le licencement des armées des princes soumis doit engendrer le pillage et obérer les populations, par les subsides énormes qu'elles sont obligées de fournir à l'Angleterre pour l'entretien d'un nombre suffisant de troupes.

(2) Au major Shawe, 14 janvier 1804.

(3) 26 février 1804 : au major Shawe. ( Le major Shawe était attaché au gouverneur général.)

lequel tous les traités d'alliance avaient été fondés, principe qui consistait à mettre à côté de chaque prince , soumis ou protégé, une force auxiliaire, afin de le tenir, pour le maintien de l'ordre et la défense extérieure , dans la dépendance de la colonie.

Wellesley eut beau démontrer que ce principe donnait des résultats fâcheux, qu'il entraînait à des dépenses énormes (1), qu'il remplissait les États subsidiaires de bandes de pillards, qu'il troublait l'ordre et la sécurité, sources premières de toute richesse (2) , — on ne voulut point l'écouter, et on persévéra dans le système contraire, uniquement parce qu'on le croyait favorable au développement de la puissance anglaise.

Cependant Scindiah, tout en faisant poursuivre les négociations (3), méconnut les clauses de l'armistice au point de réunir ses troupes à la plus grande partie de l'armée du radjah (4), avec lequel la guerre n'avait point cessé. Comme ces forces empêchaient Stevenson de commencer le siège de l'importante place de Gawilghur, Wellesley se mit en marche pour les détruire de concert avec lui. La jonction des deux armées se fit très-heureusement le 28 novembre, à Parterley (5). Voyant l'ennemi disposé à tenir ferme, il l'attaqua le même jour en avant du village d'Argaum , bien que ses troupes eussent fait depuis le matin 26 milles par de fortes chaleurs (ô) , et que déjà le soleil commençât à baisser.

Il avait alors 14 bataillons d'infanterie , 6 régiments de cavalerie , en tout 14,000 hommes , non compris

(1) Au major Malcolm, 9 avril 1804.

(2) Le 26 février 1804, au major Shawe.

(3) A cette époque, le traité était signé, mais non encore ratifié par Scindiah.

(4) Cette fraction, composée en grande partie d'infanterie et d'artillerie, était commandée par Ragojée-Bhoonslab, fils du radjah.

(5) Depuis plus de deux mois, il avait été séparé de Stevenson par une distance de près de 300 milles. Wellesley avoue que cette concentration, dans un moment si critique, fut un des Incidents les plus heureux de son expédition.

(6) Rapport au gouverneur général, 30 novembre 1803, et lettre 3 Henri Wellesley, 24 janvier 1804,

4,000 cavaliers irréguliers. Les forces de l'ennemi, commandées par Scindiah en personne et par le frère du radjah de Berar, s'élevaient à 40,000 hommes environ.

L'infanterie et les canons du radjah étaient à gauche du centre ; l'armée de Scindiah , consistant en un corps de grosse cavalerie , était à droite , et sur chacune des ailes se trouvait de la cavalerie légère. La ligne de bataille avait au delà de 5 milles de longueur ; en arrière étaient le village, les vastes jardins et les clôtures d'Argaum, et sur le front s'étendait une plaine traversée par un cours d'eau. "Wellesley attaqua sur deux lignes, en avançant l'aile droite pour serrer la gauche de l'ennemi. Ses troupes marchèrent dans le plus grand ordre et ne parurent point se ressentir de leurs fatigues; mais, à la première décharge, trois bataillons de cipayes, qui s'étaient admirablement comportés à la bataille d'Assye, éprouvèrent une terreur panique et lâchèrent pied (î).

Wellesley heureusement se trouva assez près de ces bataillons pour les rallier à temps et rétablir l'ordre de bataille :

« Si je n'avais pas été là, » dit-il, « je suis convaincu que « la journée eût été entièrement perdue pour nous (î). »

Après une tentative inutile de la cavalerie de Scindiah pour enfoncer la gauche de la première ligne, composée d'infanterie anglaise, l'armée mahratte, mise en désordre par la retraite de cette cavalerie , abandonna le terrain , laissant 58 pièces de canon et toutes ses munitions sur le champ de bataille (3). Un clair de lune favorable permit à la cavalerie de Wellesley de poursuivre l'armée pendant plusieurs milles, et de lui faire essuyer des pertes sensibles.

(0 Rapport au gouverneur général, 30 novembre 1803.

(2) Au major Shawc, 2 décembre 1803; au lieutenant général Sluart, 3 décembre 1803.

(3) Sherer, 1. 1, p. 64. — Voir pour de plus grands détails les Mililary reminteences du colonel WELSH.

Les Anglais s'emparèrent de toute l'artillerie, d'un grand nombre d'éléphants, de chameaux et de bagages. Ils n'eurent que 46 hommes tués et 508 blessés (i).

Sir Arthur était resté à cheval depuis six heures du matin jusqu'à minuit. S'il avait pu engager le combat une heure plus tôt, les forces ennemies auraient été complètement détruites.

La victoire d'Argaum fit une grande impression dans tout le pays, et provoqua la désertion d'une partie de l'armée mahratte (2).

Le 31 , Wellesley se mit en marche pour Gawilghur. Cette place célèbre appartenant au radjah, était située dans une forte position, sur la crête de partage entre les sources de la Poonah et celles de la Taptie. Elle tirait sa principale défense de deux forts: l'un au Sud, couronnant un rocher à pic (c'était le fort intérieur), et l'autre au Nord, interdisant l'entrée du premier (c'était le fort extérieur). Des remparts flanqués de tours et des murs solidement construits (3) enveloppaient la ville, où l'on ne pouvait entrer que par trois portes ouvrant sur des défilés étroits, ou sur des chemins exposés au feu delà garnison.

(1) Gurwood , t. II , p. 559. On ne connaît pas les pertes de l'ennemi ; mais Wellesley, dans une lettre, adressée le 2 décembre au major Shawe, affirme qu'elles furent très-grandes.

(2) Wellesley au lieutenant-colonel Close, 6 décembre 1803.

(3) Le 15 décembre 1803, au gouverneur général : « Les remparts de Gawilgliur se composaient de murs solides, surmontés de parapets et flanqués de tours. »

L'ennemi avait une très-haute opinion de cette place et attachait une grande importance à sa conservation. Elle était couverte depuis Ellichpoor par un groupe de montagnes escarpées. La division de Stevenson éprouva d'immenses difficultés à franchir cet obstacle. Toute sa grosse artillerie et ses fourgons durent être traînés à bras d'hommes sur une longueur de 50 milles, et par des chemins que la troupe fut obligée de pratiquer elle-même. Cette opération terminée, on put commencer le siège. Les batteries ouvrirent le feu dans la nuit du 12 décembre; quatre jours après, les murs extérieurs de la porte du Sud offraient une brèche assez grande pour donner l'assaut. En conséquence, le 17, un détachement fut dirigé sur cette porte pendant qu'un autre détachement fesait une fausse attaque sur la porte du Nord- Ouest. Aussitôt que la garnison vit le haut de la brèche garni de baïonnettes anglaises, elle chercha son salut dans la fuite et se dirigea en toute hâte vers la porte du Nord-Ouest, où elle se trouva de nouveau en présence de l'ennemi, qui la tailla en pièces. Ce succès assura aux Anglais la possession du fort extérieur. Restait à prendre celui du Sud, qui semblait devoir offrir une plus longue résistance. Après avoir vainement essayé d'enfoncer la porte de ce fort, on découvrit un endroit où les murs pouvaient être escaladés. Le capitaine Campbell s'y précipita avec un régiment d'infanterie légère ; il atteignit le haut des murs, et parvint à ouvrir l'entrée à un de ses détachements. Les Anglais se répandirent au même instant dans l'ouvrage et passèrent la garnison au fil de l'épée (î).

Ce siège, qui coûta à l'armée coloniale 126 hommes seulement, fut très-meurtrier pour l'ennemi. Le gouverneur, les principaux officiers et la plupart des défenseurs y perdirent

(1) Campaign's of the duke of Wellington.

la vie (1). On trouva dans la place 52 canons, 2,000 fusils anglais et 150 pièces de rempart, d'une demi-livre à une livre de balles (2).

Bien que la division de Wellesley eût coopéré à ce résultat , la plus belle part en revint néanmoins aux troupes de Stevenson, qui avaient donné l'assaut et soutenu le combat le plus meurtrier.

Toujours juste et bienveillant envers ses subordonnés, sir Arthur se plut à constater ce fait , dans un ordre du jour à l'armée. Il se montra particulièrement satisfait de ce que ses efforts pour déraciner les habitudes de pillage qui existaient dans l'Inde, avaient obtenu un premier résultat : son armée, une heure après l'assaut de Gawilghur, était sortie de cette place avec autant d'ordre que si elle n'avait fait que la traverser (3).

Pendant le siège, les négociations avaient marché rapidement : le radjah de Berar conclut avec Wellesley un traité d'alliance à la date du 17 décembre, et Scindiah, privé de troupes, d'argent et d'alliés, signa un traité semblable le 50 du même mois.

En vertu de ces traités, les princes mahrattes devaient céder à la Compagnie un territoire de 4,200 lieues carrées, donnant un revenu de 5 millions sterling, et renfermant Delhi, Agra, Gwalior, Gohud, Baroach, Ahmednuggur et autres places importantes. Ils devaient en outre s'engager à ne prendre aucun européen à leur service, sans la permission de la Compagnie.

(1) A Uenri Wellesley, 24 janvier 1804.

(2) Il faut entendre sans doute par celte désignation de très-petiles bouches S feu, servant à lancer des boulets du poids d'une demi-livre et d'une livre.

(3) Au colonel Stevenson, 17 décembre 1803.

Le gouverneur général se montra fort satisfait de ce résultat, qui dépassait son attente (1).

« Votre traité avec le radjah de Berar » écrivit-il le 9 janvier 1804, à sir Arthur, « est sage, honorable, glorieux; « j'en éprouve un grand orgueil, et je suis convaincu qu'il « formera un point brillant dans l'histoire de cette contrée, « un noble couronnement (termination) de votre gloire milite taire. »

Dans sa lettre du 11 février, il exprima la même satisfaction à l'égard du traité avec Scindiah, qu'il appela « une glorieuse et brillante fin de la guerre. »

Quoique Wellesley eût été dirigé dans ces négociations par les vues générales de son frère, il est certain qu'il y déploya un véritable talent, et que la Compagnie n'aurait pas obtenu des conditions aussi avantageuses, si son négociateur n'avait su gagner la confiance des chefs ennemis par sa franchise et sa loyauté, vertus rares dans l'Inde, et dont le vainqueur des Mahrattes faisait un cas extrême.

S'il ne craignait pas de recourir, dans certaines circonstances, à l'intrigue pour déjouer l'astuce et la mauvaise foi des princes indigènes, et si au début de la guerre, il avait proposé de tenter la vénalité des Mahrattes, pour savoir ce qui se passait dans les conseils du peschwah (2), jamais cependant il ne se serait permis d'être infidèle à ses promesses

(1) Dans sa lettre du 13 janvier 1804 au major Shawe^ellesley dit lui-même qu'il croyaitavoir obtenu plus que n'espéraitsonfrère.«Ibelieve I hâve made a better peacethan heexpected.»

(2)11 fit une proposition de ce genre a Close, le 5 août 1803, en ajoutant cette recommandation expresse : « Si vous envoyez ma lettre au gouverneur général, je vous re- « commande que ce soit par une occasion particulière, attendu que le sujet qu'elle traite « n'est pas très-convenable â mettre sous les yeux du public, quoiqu'il soit nécessaire de ne « pas le négliger. »

Le 26 octobre, il écrivit encore au même : « Les Mahrattes ont été renommés par la facilité « avec laquelle ils se laissaient corrompre, mais nous ne les avons jamais tentés à cet égard.»

11 faut dire, à propos de ces lettres, qui pourraient donner une fausse idée du caractère de Wellington, que le peschwah était l'allié des Anglais, etqueses ministres, enne donnant aucun renseignement au général en chef, paraissaient vouloir se faire acheter comme ceux du nizâm l'avaient été dans une guerre précédente.

ou à ses engagements. Cette droiture fut d'autant plus remarquée dans l'Inde, que lord Clive, Hastings et d'autres personnages célèbres ne s'étaient point fait scrupule de commettre, dans certaines circonstances, et de glorifier même des actes d'une déloyauté flagrante.

Le succès avait justifié ces actes aux yeux de bien des gens; mais sir Arthur Wellesley ne se fût pas contenté d'une pareille justification: son mérite le plus incontestable est d'avoir réussi dans toutes ses entreprises sans qu'on puisse lui reprocher d'avoir été jamais parjure, ni fourbe, ni cruel. Il doit être permis de rappeler ce fait, dans un temps où l'on a trouvé naturel qu'un général, appartenant à la nation la plus civilisée du monde , enfumât dans des grottes des femmes, des enfants et des vieillards sans défense!

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