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CONDUITE DES TROUPES BELGES A WATERLOO

Quelques écrivains anglais ont accusé les troupes belges d'avoir manqué de courage à Waterloo. «Un régiment belge de 1 ,000 hommes « dit Alison (dans son Histoire de l'Europe, t. X, p. 468), à qui on

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« avait donné l'ordre de charger la cavalerie française, fut reçu en « arrivant sur les hauteurs par un feu si terrible, qu'il fit volte face « et s'enfuit, sans s'arrêter, jusqu'à Bruxelles, où son arrivée inatten- « due répandit l'épouvante. »

Mac Farlane, dans sa Vie du duc de Wellington, a renchéri sur cette calomnie en attribuant à tous les Belges la lâcheté qu'Alison attribue seulement à un régiment : « On ne put jamais parvenir, dit-il, à mettre « 2,000 hommes de cavalerie belge en face de l'ennemi...; le duc au- « rait donné tous les régiments véritablement belges pour autant de « compagnies de Portugais. »

Les mêmes allégations se retrouvent dans un ouvrage sur les opérations de la cinquième division de l'armée anglaise, — dans la relation de la campagne de 1 81 5, par le capitaine Siborne, et dans un roman populaire de T. Moore, Thackeray, Vanity fair.

La nation belge s'était peu émue de ces allégations, infirmées par le témoignage des historiens les plus estimés de la campagne de 1815.

Mais, dans la séance du 15 décembre 1854, un membre du Parlement, le comte de Glengall, se permit de faire une allusion blessante à la conduite des troupes belges, en recommandant au gouvernement de ne pas enrôler des auxiliaires dans les paijs qui, à Waterloo, ont vu leurs troupes lâchement abandonner leur drapeau.

Cette sortie inconvenante fut aggravée par les commentaires injurieux du Morning-Herald, et d'autres journaux anglais.

Dès lors, il ne fut plus possible à la nation belge de garder le silence.

Un historien militaire, M. le général Renard, chef du corps d'étatmajor, se fit l'organe de l'indignation publique. Avec l'agrément du roi, il publia, dans X Indépendance belge, trois lettres qui forment une réponse complète et péremptoire aux allégations de MM. Alison, Glengall et Mac Farlane.

Le pays tout entier s'associa à cette énergique protestation. Les Chambres belges adressèrent des remerciements à l'auteur, et dans toutes les communes du royaume on ouvrit une souscription pour lui offrir une épée commémorative.

Hâtons-nous d'ajouter que le peuple anglais lui-même, par l'organe de lord Palmerston et de ses journaux les plus estimables, a protesté contre les paroles inconsidérées de lord Glengall.

La calomnie est donc vaincue et c'est pourquoi nous n'y avons pas même fait allusion dans notre récit de la bataille de Waterloo.

Voici, du reste, en quels termes les généraux alliés ont rendu justice à la bravoure et à la loyauté de nos compatriotes.

« ...Nous avons pu apprécier vos vertus, disait Blûcher, en prenant « congé des Belges ; vous êtes un peuple brave, loyal et noble. »

Le général Pirch développa cette opinion dans sa proclamation du 24 juin 1815 : « De tous les temps, dit-il, les Belges se sont montrés « un peuple brave, généreux et vaillant. Ils ont soutenu cette brillante « réputation, surtout à la bataille de la Belle-Alliance, où ils ont com- « battu avec tant d'intrépidité qu'ils ont étonné les armées alliées; le « souvenir de leur invincible courage ne sortira pas de la mémoire de « nos guerriers. »

Le général Hill, écrivit le 11 juillet 1815, au général Chassé, commandant une division néerlandaise : « dans le rapport que j'eus l'hon- « neur de faire à S. E. le duc de Wellington, je fis particulièrement « mention de la conduite de votre division pendant la journée du 1 8, « et je ne manquai pas de remarquer qu'elle se mit en mouvement « pour repousser l'attaque de la garde impériale française ; malheu- « reusement, le rapport de S. E. était déjà envoyé à Londres avant « l'arrivée du mien. Cependant je suis bien assuré que S. E. est in- « formée de la belle conduite des troupes sous vos ordres dans cette « glorieuse journée. »

Le duc de Wellington, enfin, chargea le baron Van der Cappelen de féliciter le roi Guillaume, au sujet de la belle conduite des troupes néerlandaises. La lettre de ce diplomate rendue publique, contient le passage suivant : « Wellington ne pouvait assez se louer de la valeur des troupes, « et ne trouvait pas d'éloges assez grands pour le prince d'Orange, « qui avait si bien dirigé tous les mouvements pendant la journée du « 4 8, qu'il n'avait pas eu besoin de lui envoyer des ordres. »

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