I.ouzao, 16 mars
« En réponse à votre lettre du 1 6 février, relative aux publications dans les journaux, je vous assure que je n'ai pas eu l'intention de dire que les renseignements donnés dans les journaux, et dont j'ai parlé, provinssent soit des bureaux de Votre Seigneurie , soit de ceux du commandant supérieur; car je sais qu'ils ne reçoivent aucune information, au moins de- ma part. Mais je désirerais vous faire sentir avec quel désavantage nous menons nos opérations. Foy a rapporté de Paris, non-seulement le journal contenant les renseignements en question, mais des copies de toutes mes dépêches, ce qui a fait connaître à Masséna tout ce que je me proposais de faire en novembre contre ses positions. Il sut aussi très-exactement les détails des miennes, combien il y avait de canons pour les défendre, ce que j'avais dessein de faire, etc. Il peut être fort bon de donner ces renseignements au public en Angleterre; mais si l'on veut les avoir, il faut que l'on sache ce qu'il en coûte, et les avantages que leur connaissance donne à l'ennemi dans toutes ses opérations.
« Je suis certain que Votre Seigneurie n'espère pas que moi ou tout autre général commandant l'armée anglaise, nous ayons la prétention d'empêcher les officiers de correspondre avec leurs amis. On ne pourrait y parvenir si on le tentait, et l'essai qu'on en ferait serait considéré comme l'effort d'un simple individu pour priver le public en Angleterre de nouvelles que le gouvernement et le Parlement ont l'habitude de porter à sa connaissance. J'ai fait tout ce qui dépendait de moi par mes remontrances, et cela m'a toujours attiré de mauvais compliments ; je ne puis pas empêcher les officiers d'écrire à leurs amis. La nouvelle venait certainement d'un olïicier de cette armée, qui l'avait communiquée confidentiellement à ses amis en Angleterre ; j'ai appris qu'elle avait été répandue par l'un des bureaux avec un plan! »