‹ Histoire du eiel et de la terre: nouvelle physique célesteChapitre 18 sur 22 · QUATRIÈME QUART · texte numérisé non relu

QUATRIÈME QUART

De huit heures du malin à midi

Comme nous lavions prévu, la nuit se passa pour l'équipage aux préparatifs mystérieux de la joyeuse scène qui devait se jouer à l'aurore.

La Vierge céleste venait de tremper ses blanches ailes dans les eaux de l'océan, et bientôt elle disparut elle-même sous rborizon liquide; mais son bras tenait encore au-dessus des flots mouvants le brillant Épi, comme un gage qu'elle laisse à Phumanité de la fécondité qu'elle promet, au printemps, par son coucher héliaque et cosmique.

A cet instant , Torient s'illumine, et lançant ses feux vers le ciel, vient éclairer un spectacle inaccoutumé sur notre navire. L'avant n'est plus une proue qui creuse de sa lame tranchante le sein de la mer. Elle est métamorphosée en une tente presque coquette, dont les draperies, que soutiennent les bras robustes de caliornes, laissent voir dans son intérieur des trônes sur lesquels siègent des personnages étranges, dont l'assemblage grotesque donne une comique charge de rassemblée des dieux olympiens.

M. John était alors à l'arrière, un peu interdit de la vision qui se déroulait devant lui en même temps que la lumière.

Quatre robustes gaillards, tenant tout à la fois du Sylvain et du gendarme, s'acheminèrent de Tavant vers l'arrière, armés d'énormes sabres. Ils enveloppèrent le pauvre John (il avait été dénoncé par l'infernal mousse, qui en ce moment avait l'impudence de prendre les traits de Cupidon). Ayant ainsi le viel officier renfermé au milieu d'eux, les sylyains» conservant toujours un sérieux imperturbable, lui firent signe de marcher vers l'avant.

— Enfants, pas de mauvaises farces ! dit John, dont l'esprit flottait entre la résistance inutile et la résignation forcée. »

Mais ces exécuteurs des volontés de l'Olympe étaient d'un mutisme impitoyable. Arrivés avec leur prisonnier aux pieds du Très-Haut, ils firent faire à M. John, par une impulsion vigoureuse et bien calculée, trois saints profonds mais nullement volontaires devant le père la Ligne. Puis, au signe d'un animal à forme inconnu et qui semblait, par les mouvements qu'il se donnait, remplir les fonctions de maître des cérémonies, on fit asseoir l'officier sur un gigantesque fauteuil qui^ derrière lui, tendait ses bras perfides.

Alors s'avancèrent sur la scène deux animaux nouveaux à

tête de pie, et dont le corps était recouvert d'une longue robe ;

ce qui leur donnait assez l'aspect de gens de lois. D'énormes

paquets de papiers gras étaient sous leurs bras. Ces messieurs

établirent le procès de M. John : l'un était l'accusateur public, et l'autre le défenseur.

Quoique le service maritime exige une discipline qui gêne un peu la liberté, les Américains se sentent toujours à la mer de l'indépendance de la patrie, et sous des scènes telles que celle-ci ils donnent quelquefois de sévères leçons aux jeunes officiers un peu trop enclins au système despotique.

L'accusateur de M. John se mit à lui reprocher vertement les abus de son autorité , et traitait de crime chacune des petites misères qu'il avait fait endurer au peuple matelot. Bref, il remplissait tellement bien sa mission d'accusateur, qu'à son avis notre pauvre second était un chien enragé qu'on devait jeter à l'instant par-dessus le bord.

MOUVEMENTS PLANÉTAIRES. Iftô

Le défenseur prit à soo tour gravement la parole; et tout en laissant» par d'adroits aveux, peser sur l'accusé quelques charges touchant Pexamen de sa conduite gouvernementale, il conclut qu'il était cependant digne de pardon. Le grand tribunal fut de son avis, et décréta que le haptême suffisait pour laver les ordures de son âme, et faire désormais de M. John un homme excellent.

A ces mots, s'avança patelinement, suivi de dignes acolytes, un grand-prêtre au regard doucereux, le traître!... Tandis que ses clercs faisaient la barbe et la toilette du catéchumène , il prononçait sur sa tête des mots d'une langue aussi inconnue à celui qui les prononçait qu'aux assistants : ce qui rendait ces paroles beaucoup plus sacramentales. Puis, d'une main saintement dévote, il verse avec une calebasse de l'eau lustrale sur la nuque du vieux néophyte , tandis que de l'autre, trop fidèle exécutrice de ses noirs projets, il tire traîtreusement du siège la planchette fatale qui mettait obstacle au jeu de la bascule sur laquelle, hélas! reposait avec trop de confiance le centre de gravité de M. John; et ce dernier plonge au fond d'un gigantesque baquet, dont les flancs perfides recèlent de l'onde amère.

A cet instant solennel, les dieux de l'Olympe jettent loin d'eux leurs attributs divins : Jupiter laisse tomber ses foudres de carton, Neptune son trident de bois, et riant des rires d'une joie trop humaine, ils courent, comme de simples mortels, faire tomber sur la tête du nouveau venu dans l'empire du père la Ligne, un déluge incessant.

Ces scènes de la mer n'ont pas dans la marine française le but moral qu'on leur retrouve sur les navires des Etats-Unis. Aussi sont-elles insignifiantes pour les marins français, lorsqu'elles sont pour ceux de la jeune Amérique de joyeuses leçons qui ne sont jamais perdues pour les officiers.

Toute la matinée s'employa de la sorte aux baptêmes de la ligne; l'heure du déjeuner seul y mit un terme. La ration double de vin répara les forces que chacun avait dépensées à cet exercice aquatique; et tout à bord repris son état normaL

im PHYSIQUE CÉLESTE.

Ce fut alors que le capitaine, me tendant la main en m'abordant> renoua ainsi nos entretiens astronomiques :

— M^en voulez- vous encore d'hier?

— Je le devrais peut-être.

— Un philosophe ne peut pas être rancunier; sans quoi il ressemblerait à ses adversaires. D'ailleurs^ je me suis fait, au sujet de la rotation du soleil, une réflexion dont je serai bien aise de vous faire part.

— Vous me prenez par mon faible : c'est mal d'employer la séduction !... Quelle est celte réflexion?

— Puisque la rotation du soleil est, d'après vous, le résultat des forces combinées des planètes sur sa masse, les satellites ne sont-ils pas pour leurs planètes des causes de rotation ?

— Sans aucun doute, les satellites sont des éléments de vitesse de rotation pour leurs planètes.

— Encore une découverte!... Mais nos savants ne savent donc rien des mystères du ciel?

— L'astronomie est une prude; il faut toujours lui faire violence pour en obtenir quelques faveurs. Vous et nos savants, vous vous êtes toujours contentés, en ingénus écoliers, de ce qu'elle voulait bien vous laisser voir. Il n'est pas étonnant qu'elle se soit toujours tenue fièrement drapée pour ne pas, la coquette, vous laisser à découvert, dans un instant d'oubli , quelques-uns de ses charmes secrets. Il lui faut un amant audacieux, entreprenant, qui brusque un peu chez elle les convenances. Elle me tenait rigueur comme à tout autre; mais j'ai agi avec elle, comme en pareille occurrence l'amant agit avec sa maîtresse rebelle. Dans un de ces moments de bégueulerie où elle me tournait le dos, je déliai sournoisement le cordon de son voile, et lui enlevant ce dernier par un mouvement brusque^ je la mis nue devant moi.

— C'était se comporter un peu trop en marin avec cette souveraine du ciel.

— Sans cette audace je n'aurais rien obtenu.

-^ Croyez-vous (pi'elle ait réellement couronné votre impertinence !

-— UastroDomie est femme : elle sourit à ma hardiesse» Les fruits nés des amours de mon cerveau avec elle vous prouvent que plus d une fois elle me donna de saintes voluptés intellectuelles.

— Petit fat!... Jusqu'ici vous ne m'avez encore parlé que théoriquement des mouvements planétaires; appliquez donc la pratique à cette théorie nouvelle. Un système, quoique se soutenant par le raisonnement, n'est pas pour cela toujours vrai : il faut des chiffres pour le faire adopter.

— £h ! patience^ je vous ai à peine posé les premières bases de l'édifice, et vous voulez déjà jouir de sa totalité. Ne fallaitil pas que je vous prouvasse métaphysiquement avant tout la solidité de ma théorie. Je vous ai posé un théorème, je vous en donnerai le corollaire : en mathématique cela est de rigueur. Soyez persuadé que je ne vous ferai pas grâce de l'explication du moindre mouvement planétaire... Je vais, pour chaque planète, vous calculer la valeur des forces combinées qui retiennent ces globes à leurs distances moyennes. Ces distances sont, d'après ma théorie, le résultat de la résistance du milieu qui sépare les planètes du soleil. Je vous ai déjà dit que cette résistance était proportionnelle à la masse du milieu qui doit être déplacée. La valeur de cette masse dépend, l*" de la densité du milieu; 2» du volume qu'il en faut déplacer : donc, plus cette densité et ce volume sont grands, plus la résistance du milieu est considérable, et plus doit être grande la distance d'une planète au soleil. Ainsi > la masse comprimée du milieu par une planète se mesure par le carré de sa distance au soleil (la densité du milieu étant dans ce rapport) et par la surface antérieure ou par le volume de cette planète, (ce qui est indifférent quant au résultat).

» La résistance de l'atmosphère solaire se mesurant par le volume des planètes, et le volume de la terre étant 15,87 (quotient des cubes des diamètres de la terre et de Mercure) fois plus grand que celui de Mercure, la terre déplacerait donc 15,S7 fois plus de masse de milieu qu'en peut déplacer

Mercure, si la densité de ce milieu était la même dans toutes les régions de l'atmosphère solaire. Mais comme la densité ou masse de ce milieu diminue comme le carré de la distance augmente, cette masse doit être diminuée de 6,66 (carré de 2,58 = 1 , distance de la terre : 0,387, distance de Mercure) ; ce qui porte la masse réelle du milieu déplacée par la terre à (15,87 quotient des volumes — 6,66 carré du quotient des distances, = ) 9,21 fois celte déplacée par Mercure.

• La résistance du milieu étant proportionnée à sa masse déplacée, la terre reçoit donc du milieu qui la sépare du soleil une force répulsive qui est 9,21 fois plus grande que celle que Mercure reçoit du milieu qui le repousse du même astre. En supposant que la force attractive de la terre sur le soleil, résultant de sa masse, soit la même que celle de Mercure sur ce foyer, sa distance du soleil contiendrait donc 9,28 fois celle de Mercure. Mais il n'en est pas ainsi ; sa distance réelle ne contient que 2,58 fois celle de Mercure. Pour que la terre puisse vaincre cette résistance du milieu, il faut que Pattraction de cette planète soit sur le soleil (9,21, quotient des résistances : 2,58, quotient des dislances, =) 3, 56 fois plus grande que celle de Mercure.

• Or, l'attraction est en raison directe des masses, comme elle est en raison inverse des carrés des distances; pour que la terre ait ainsi, à sa distance, 3,56 fois plus de puissance attractive sur le soleil que Mercure à la sienne, il faut que sa masse soit (3,56, force attractive en plus de la terrex6,66, carré du quotient des deux distances, =) 23,70 fois celle de Mercure.

• Si la densité de la terre était égale à celle de Mercure, son volume serait autant de fois plus grand qu'est plus grande sa masse, et serait ainsi 23,70 fois celui de Mercure; mais comme il ne l'est que 15,87 fois, c'est-à-dire d'un tiers moindre, la terre est donc d'un tiers plus dense que Mercure. Nous reviendrons sur ce tiers de plus de densité de la terre sur Mercure; car ce chiffre doit nous initier aux plus imposants mystères de la géogonie et des théogonies que s'est données l'humanité.

MOUVEMENTS PLANÉTAIRES. IW

» Ainsi, la force qui repousse la terre du soleil est 9,21 fois celle de Mercure, et celle qui l'attire vers ce foyer contient 3,56 fois celle de Mercure. Comme ces deux forces ont leurs efTets diamétralement opposés, la distance moyenne de la terre au soleil, résultant de la différence de ces deux forces, est ainsi (9,21, quotient des répulsions : 3, 56, quotient des atlractions,=r) 2,58 fois celle de Mercure. L'observation confirme cette vérité; car la distance observée de Mercure au soleil est, d'après Messieurs de l'Observatoire, 0, 387 lorsqu'on fait 1 celle de la terre, et ( 1 : 0, 387 = ) 2, 58.

— Eh ! c'est spécieux ce que vous me dites là !

— Peut-être que ces calculs, qui s'appliquent si bien aux éléments de Mercure, se refuseront à ceux des autres planètes. Appliquons à Vénus, la seconde planète inférieure du système, les calculs que nous avons faits pour Mercure.

» Le volume de la terre est 1, 09 (quotient des cubes des diamètres de la terre et de Vénus) fois le volume de Vénus; la terre déplacerait donc 1, 09 plus de milieu, si, à la distance de la terre du soleil, la densité de ce milieu était la même qu'à la distance de Vénus. Mais la distance de la terre au soleil contenant (1, distance de la terre : 0,723, distance de Vénus, =) 1, 383 fois celle de cette planète, et la densité du milieu diminuant comme le carré de la distance augmente, cette densité du milieu à la distance de la terre est 1, 912 (carré du quotient 1, 383 des distances des deux planètes) fois moindre^que de ce qu'elle est à la distance de Vénus au soleil. Alors la masse du milieu déplacé par Vénus est ( 1, 912, quot» des densités — 1, 090, quot. des vol.,= ) 0, 822 de fois plus grande que celle déplacée par la terre.

» La résistance du milieu étant proportionnée à sa masse déplacée, la distance de Vénus au soleil devrait être 0, 822 de fois plus grande que celle de la terre à cet astre. Mais il n'en est pas ainsi ; la distance réelle de la terre au soleil est, au contraire, 1, 383 fois celle de Vénus. Pour que cela soit, il faut donc que l'attraction de Vénus sur le soleil soit (1, 383 quot. des distances X 0, 822 quot. des répulsions^ =) 1, 13ë fois celle de la terre sur le même astre.

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» Or f 1 attraction étant en raison directe des masses et en raison inverse des carrés des distances, pour que la terre, à sa distance 1 , 383 fois celle de Vénus au soleil, ait son attraction 1> 136 fois moindre que celle de Vénus, il faut que sa masse soit (1, 912, carré du quotient des distances : 1, 136, quotient de l'attraction de Vénus divisée par l'attraction de la terre^ =) 1, 683 fois celle de Vénus.

< Si les masses de la terre et de Vénus possédaient la même densité, la terre ayant une masse 1, 683 fois celle de Vénus, aurait ce même chiffre pour volume; mais comme en réalité son volume n'est que 1 , 090 fois celui de Vénus la densité de la terre est donc (1, 683, quotient des masses : 1, 090, quotient des volumes, =) 1, 54 celle de Vénus, chiffre qui, faisant ainsi 3 la densité de la terre, donne 2 à celle de Vénus, ou, autrement dire, la densité de la masse de la terre est un tiers plus grande que celle de la masse de Vénus, ainsi que nous l'avons vu pour Mercure. Cette concordance est des plus précieuses pour l'histoire de notre planète, dont je me réserve de vous apprendre plus tard-les terribles épisodes.

» D'après ce que nous venons de voir, la force qui repousse Vénus du soleil est 0, 822 de fois plus grande que celle qui repousse la terre du même astre ; mais la force qui l'attire sur cet astre, étant 1,136 fois celle qui attire la terre, la distance de Vénus au soleil sera contenue (1, 136, quotient des attractions : 0, 822, quotient des répulsions, =) 1> 382 fois par la distance de la terre. L'observation confirme encore cette vérité; car la distance observée de la terre au soteil étant 1, toujours d'après Messieurs de l'Observatoire de Paris, celle observée de Vénus est 0, 723, et (1 : 0, 723 = ) 1, 383, même quotient des deux distances que trouvent nos calculs.

— Voyons maintenant Mars. Cette planète, la première des planètes supérieures du système, offre de plus grandes difficultés à vaincre.

— Je lui appliquerai cependant les mêmes calculs.

» Le volume de la terre contient (i, vol. de la terre : 0, 25 vol. de Mars^ = ) 4 fois celui de Mars. La terre déplacerait donc 4 fois plus de masse du milieu do l'atmosphère solaire,

si la densité de ce milieu était partout la même; mais cette densité diminuant comme le carré de la distance augmente, et Mars étant i, 524 fois plus éloigné du soleil, son carré 2, 310 est la valeur dont augmente la densité, et, par ee, la masse du milieu que la terre déplace de plus que Mars; alors la masse déplacée de ce milieu par la terre est (4, quotient des volumes 4" 2, 31, carré du quotient desdistances, =) 6, 31 fois celle déplacée par Mars.

< Dans la supposition que la force attractive fût la même pour les deux planètes, la terre, recevant du milieu 6, 31 fois plus de résistance, devrait être de tout ce chiffre plus éloignée du soleil que Test Mars. Mais il en est tout autrement, la terre est 1 , 52 fois plus proche. Or, pour qu'il en soit ainsi, il faut donc que la puissance attractive de la terre à sa distance soit sur le soleil (6,31, quotient des résistances X 1 , 52, quotient des distances, =) 9, 59 fois celle de Mars.

» L'attraction augmentant comme le carré de la distance, la masse de la terre est donc ( 9, 59, quotient des attractions : 2, 31 carré du quotient des distances, =) 4 fois celle de Mars.

» La densité des deux planètes est la même ; car si la terre a une masse 4 fois plus grande que celle de Mars, elle a de même un volumeJB' fois plus considérable que celui de cette planète.

» Ainsi l'attraction de la terre étant 9, 59 fois plus grande que celle de Mars, lorsque sa résistance est 6, 31 fois plus grande que celle de cette dernière planète, la distance de Mars au soleil devient alors le quotient de ces deux forces opposées, et est donc ( 9, 59, quotient des attractions : 6, 31, quotient des distances, = ) 1, 524 fois celle de la terre au même astre. C'est aussi le chiffre que Messieurs de l'Observatoire ont trouvé par l'observation ; car faisant 1 la distance de la terre, celle observée de Mars est 1, 524.

— Courage ! ça ne va pas mal jusqu'ici ; mais croyez-vous que les planètes télescopiques puissent, elles aussi, s'^cpmmoder de ces calculs ? - ' :V*

— Confiant dans la justesse de ma théorie, je ne craindrar pas d'aborder même les planètes astéroïdes. Malgré leurs excessifs petits diamètres, je dois les voir obéir aux mêmes lois, ainsi que les plus vastes globes du système soiaire.

ï Le diamètre de Vesla est contenu (1, diamètre de la terre : 0,030, diamètres de Vesla, =) 33,33 fois par celui de la terre ; ce qlii porte le volume de la planète télescopique à 1109 fois moindre de celui de la terre, lorsque sa dislance est 2, 37 fois plus grande. Alors la résistance du milieu est pour la terre (1109, quot. des vol. -f 5, 61, carré de 2 , 37, quot. des dist., =) 1114, 61 fois plus grande que pour Vesta ; ce qui, à force d'attraction égale > ferait la distance de la terre de tout ce chiffre plus grande. Mais comme, au contraire, elle est 2, 37 fois moindre, la puissance d'attraction de la terre est donc (1114, 61, quot. des répulsions X 2, 37, quot. des distances, = ) 2640, 62 fois plus grande que celle de Vesta. Alors la masse de la terre est (2640, 62, quot. des attract. x 5, 61, carré du quot. des dist., = ) 14813, 87 fois celle de la planète télescopique. A densité égale, le volume de la terre serait de tout ce dernier chiffre plus grand; mais comme il ne l'est réellement que de 1109 fois, la terre est donc 13, 35 (=14813,87, quotient des masses : 1109, quotient des volumes,) fois plus dense que Vesta. Or, l'attraction de la terre étant 2640, 62 fois celle de cette planète et sa répulsion 1114, 61^ la distance de la terre au soleil est donc (2640, 62, quotient des attractions : 1114,61, quotient des répulsions, = ) 2, 37 fois moins grande que celle de Vesta; ainsi que le prouve l'observation.

B En appliquant ces calculs à Junon, dont le volume est 200 fois moindre que celui de la terre, je trouve que la répulsion de cette planète télescopique est 207, 1 1 fois moindre que celle de la terre, et que son attraction est 551 fois moindre aussi. Alors sa distance au soleil devient (551, quotient des attractions : 207, quotient des répulsions, = ) 2, 66 fois plus grande que celle de la terre. Sa masse est 79 fois moindre^ que celle de ce dernier monde^ et la densité de celui-ci ^1 }xn tiers plus grande.

— Le volume de Cérès est contenu ( 1 > volume de la terre : 0,007, volume de Cérès, =) 143 fois par celui de la terre; la résistance du milieu est pour la planète télescopique 150, 65 (=143, quotient des volumes + 7, 65, carré de 2, 76> quotient des distances, ) fois moindre ; et son attraction est aussi ( 150, 65, quotient des répulsions x 2, 76, quotient des distances, =) 415, 78 fois moindre; ce qui porte la niasse de la terre à 3180, 71 (=: 415, 78, quotient des attractions X 7, 65, carré du quotient des distances,) fois celle de Cérès; et la densité de cette dernière est (3180, 71, quotient des niasses : 143, quotient des volumes, =) 22 fois plus faible que celle de la terre. L'attraction de notre planète étant 415, 78 fois plus grande et sa résistance 150, 65 fois plus forte, sa distance devient donc (415, 78, quotient des attractions : 150, 65, quotient des résistances, = ) 2, 76 fois moindre que celle de Cérès. Effectivement, la distance de la terre au soleil étant 1, celle observée de Cérès est 2, 76.

• Le volume de la terre étant (1, vol. de la terre : 0, 015 vol. de Pallas, ==) 66, 66 fois celui de Pallas, la résistance que la terre reçoit du milieu est donc ( 66, 66, quotient des volumes + 7, 66, carré de 2, 76, quotient des dist., =) 74, 32 fois plus grande que celle qu'en reçoit Pallas ; mais l'attraction de la terre est alors (74, 32, quot. des résist. X 2, 76, quot. des dist., =:) 205, 11 fois plus grande; ce qui fait sa masse (205, 11, quot. des attr. x 7, 66, carré du quot. des distances, = ) 1571,13 fois celle de Pallas. Ainsi, la densité de cette dernière planète est (1571,13, quotient des masses : 66, 66, quotient des volumes, = ) 23 fois moindre que celle de la terre, lorsque sa distance devient (205, 11, quot. des attract. : 74, 32, quot. des résist., = ) 2,76 fois celle de notre monde, ainsi que le prouve l'observation •

— Je vois que la grande porosité de ces quatre planètes télescopiques , comparée à leurs très-petites masses, est la cause de leurs grandes distances du soleil.

— Après ces quatre planètes astéroïdes, vient Jupiter, le colosse du système planétaire, comme pour apporter à notre analyse les deux extrêmes, Texcessivement grand et l'excès-

174 PllYglQUE CÉLESTE.

sivement petit. Le volume de Jupiter est 1470 fois celui de la terre, et sa distance du soleil est 5, 20 fois plus grande que celle de notre planète. Alors la masse déplacée du milieu par Jupiter est (1470, quotient des volumes — 27,04, carré de 5, 20, quotient des distances, = ) 1442, 96 fois celle déplacée par la terre. La résistance du milieu étant proportionnée à sa masse déplacée, Jupiter reçoit donc du milieu qui le sépare du soleil une résistance 1442, 96 fois plus grande que celle reçue par la terre ; alors, à force d'attraction égale, Jupiter devrait se trouver 1442, 96 fois plus éloigné du soleil que notre planète.

» Mais il est loin d'en être ainsi ; sa distance vraie n'est que 5^ 20 fois plus grande. Pour que cela soit, il faut donr que rintensité de la force attractive de Jupiter sur le soleil soit (1442,96, quotient des résistances : 5,20^ quotient des distances, =) 277, 49 fois plus grande que celle de la terre sur le même astre.

» Ainsi, Jupiter est soumis à l'influence d'une force répulsive qui est 1443, 96 fois plus grande que celle de la terre, et à une force attractive qui n'est que 277, 49 fois celle de cette planète. La distance de Jupiter au soleil, étant la différence de ces deux forces diamétralement opposées de direction, doit être (1442, 96, quotient des répulsions : 277,49, quotient des attractions, = ) 5, 20 fois plus grande que celle de la terre au même astre. L'observation confirme encore cette vérité.

• A sa distance du soleil 5, 20 fois plus grande que celle de la terre, Jupiter ayant une attraction 277,49 fois celle de cette planète, et l'attraetiôn étant en raison directe des masses et en raison inverse des carrés des distances, la masse de Jupiter est donc (277, 49, quotient des attractions X 27,04, carré du quotient 5, 20 des distances, =) 7492 fois celle de la terre.

• Si la densité des deux planètes était la même, le volume de Jupiter serait 7492 fois celui de la terre; mais comme il n'est réellement que 1470 fois, la densité de Jupiter est donc (7492, quot. des masses : 1470, quot. dés volumes, =) 5 fois

celle de la terre. En faisant entrer pour 1 la densité de la terre produite par l'influence lunaire, influence qui existe, comme je vous le prouverai plus tard, les quatre satellites de Jupiter entrent pour 4 dans la densité de leur planète ; car les quatre lunes de Jupiter ont dû diminuer le volume de cette planète de quatre fois comme le volume de la terre le fut par le satellite de cette planète, lorsqu'il lui fut donné. Je vous démontrerai, en un autre lieu, que la terre paya d'un tiers de son volume actuel le privilège d'attacher une lune, un esclave à ses flancs.

» Si vous voulez voir la narration bien détaillée et réellement authentique de cet imposant événement planétaire^ lisez V Apocalypse de saint Jean, ce résumé de la science géologique et théogonique de l'antiquité^ et dont l'auteur, dans sa croyance astrologique, portait au siècle du Christ la fameuse ResUtuMo, ce retour tant prophétisé des terribles épisodes géodésiques et humanitaires qui se jouèrent dans la tourmente que le satellite de la terre apporta à notre univers, et dont le dénouement fut un monde nouveau^ mais un monde de misères et de douleurs succédant à de primitives félicités humaines.

» L'histoire de la chute de l'humanité, personnifiée dans Adam, ou autrement dire la perte du Paradis terrestre, ce primitif séjour de l'homme , est la conséquence fatale de ce bouleversement de notre terre se crispant sur elle-même dans cette convulsion planétaire qui nous donnait une sphère nouvelle, notre lune, que l'astrologie appela, dans son langage mystique, la femme née du ciel lorsque l'homme existait déjà. Aussi est-ce de la naissance de la Vierge engendrée du ciel que les savants de la plus haute antiquité datent l'entrée du mal dans le monde, et qu'ils placent le départ de toutes les chronologies religieuses et politiques, ainsi que le commencement de la mystérieuse période de l'empire du mal amené par l'étoile nouvelle. Cette fotale période devait, dans leur croyance astrologique, finir au siècle du Christ par l'apparition aussi dans le monde d'une nouvelle étoile, par laquelle notre planète serait encore bouleversée, comme le pro-

phétîsent le Christ dans ses ÈvangUes, saint Jean dans son yépocalypêe et tous les savants de l'antiquité. Mais ces futures convulsions devaient^ d'après Pesprit astrologique, être en tout seinblaUes à celles qui précédèrent l'entrée du mal dans l'univers, et amener aussi un monde nouveau^ mais un monde de délices, c'est-à-dire la restitution à l'homme de son primitif séjour, de son Paradis terrestre, et ainsi l'anéantissement du mal.

» Si la science a eu des déceptions, ce fut bien cette prophétie redoutée et caressée tout à la fois par toutes les générations; car^ après les siècles qui suivirent celui du Christ, tout alla dans le ciel comme à l'ordinaire, et la terre conserva ses iniquités et ses douleurs. Les savants des âges antiques cumulaient les fonctions de prêtres et de prophètes. Rendre publique une déception si grande, c'eût été plus que perdre le prestige de leur science d'où ils reliraient toute puissance, c'eût été dire aux peuples : vos espérances et celles de vos pères ne sont que des chimères , et nos prophéties de la restitution du Paradis perdu que des mensonges!... Le courage manqua au savant pour faire cet aveu, et l'intérêt matériel et politique le défendait au prêtre.

> Le prêtre et le savant se trouvant dans le même homme, la science et la théologie promulguèrent chez les nations une nouvelle croyance mensongère. Profilant de l'émotion qu'avait produit chez le peuple l'assassinat judiciaire du Nazaréen, (l'homme le plus vertueux de son siècle, et qui le premier annonça dans des prêches publics que le temps de la délivrance de l'humanité était proche), elles donnèrent Jésus le prophète, dont le sang généreux avait vraiment coulé pour la cause sainte et toujours méconnue du prolétaire, comme une incarnation divine s'élant volontairement offerte en hostie ay mal en place de ('humanité, dont le destin demandait, pour son rachat de Tempire du mal, le sang du tiers de ses enfants.

> La sanglante catastrophe du Christ remplaça métaphysiquement le bouleversemeixt planétaire qui devait faire de notre terre un monde nouveau, un monde de f^icités pures

MOUVEMENTS PLAMÉTAIRES. 177

succédant & Pancien plein d'iniquités et de misères. Comme cette réhabilitation matérielle de l'humanité, annoncée par le Christ lui-même pour son siècle, eut aussi sa déception, l'astrologie et la théologie, unies par le même intérêt, prétendirent que cette félicité tant promise n'était pas de la vie matérielle, mais d'une toute d'esprit, qui devait succéder à la première. Aussi est-ce de cette époque que date le dogme de la vie spirituelle succédant à la vie matérielle. £t dès-lors la métaphysique remplaça la réalité, et le spiritualisme tint lieu de la science. Je me réserve de vous démontrer plus tard que Tanlique Egypte et nos livres saints sont à peine allégoriques, loin d'être tout-à-fait menteurs.

— Je vois que vous êtes loin d'être au bout des choses nouvelles dont vous voulez enrichir l'astronomie et l'histoire de notre monde. Vous tirez de votre théorie des conséquences qui vous mènent excessivement loin.

— Mais, avant tout, je continue mes calculs des mouvements planétaires... Le volume de Saturne contient 887 fois celui de la terre, et la distance de Saturne au soleil est 9, 53 fois celle de notre planète au même astre. La masse de milieu déplacée par Saturne est donc (887, quotient des volumes — 90, 82, carré de9, 53, quotient des dist, =) 796,18 fois celle déplacée par la terre. La résistance du milieu étant proportionnée à sa masse déplacée, Saturne reçoit ainsi de l'atmosphère solaire une résistance 796, 18 (ois plus grande que celle qu'en reçoit la terre.

» Si ces deux planètes avaient sur le soleil une égale at> traction, Saturne serait donc 796, 18 fois plus éloigné de cet astre que Test la terre? Mais il est loin den être ainsi. Sa distance vraie n'est que 9, 53 fois plus grande. Pour que cela soit, il faut donc que l'attraction de Saturne sur le soleil soit (796, 18^ quotient des résistances : 9, 53, quotient des distances, =) 83, 54 fois plus grande que celle de la terre.

» Ainsi, Saturne obéit à une force répulsive qui est 796,18 fois plus grande que celle de la terre , et à une force attractive qui est 83, 54 fois plus grande aussi. Or, la distance d«

Saturne au soleil, étant la différence de ces deux forces diamétralement opposées de direction, devient donc (796, 18, quotient des répul. : 83, 54, quotient des attract., =) 9, 53 fois plus grande que celle de la terre au même astre. L'observation prouve qu'il en est ainsi.

f A sa distance 9, 53 fois celle de la terre, Saturne ayant une force attractive 83, 54 fois celle de cette dernière planète, sa masse est donc (83, 54, quotient des attract. X 90, 82, carré du quotient des distances, =) 7587, 10 fois plus grande que celle de la terre; car l'attraction est en raison directe des masses et en raison inverse du carré des distances.

f Si Saturne et la terre possédaient" la même densité, le volume de la première planète serait 7577, 10 fois celui de la seconde. Mais comme son volume n'est réellement que 887 fois plus grand que celui de la terre, Saturne est donc (7587, 10, quot. des masses : 887, quot. des volumes, =) 9 fois environ plus dense que la terre.

» En faisant 1 la densité de la terre produite par la lune, celle de Saturne reste 8. Huit corps semblables à la lune travaillent donc à la densité de Saturne; et comme on ne connaît à cette planète que sept satellites, un huitième est encore à découvrir, puisque la densité de Saturne annonce un chiffre plus haut que celui donné par le nombre de ses satellites connus.

— Vous taillez encore ici de la besogne aux astronomes.

— Je croirais ne pas compléter ma tâche, si je ne parlais pas d'Uranus, la dernière planète connue du système.

f Comme le volume d'Uranus est 77, 50 fois plus grand que celui de la terre, et que la résistance du milieu ou atmosphère solaire est proportionnée à son volume déplacé, Uranus déplace donc, en raison de la grandeur de sa surface antérieure, 77, 50 fois plus de milieu que le fait la terre.

» Mais la densité de l'atmosphère solaire diminue comme le carré de la distance aij^mente. Or, Uranus, ayant sa distance du soleil 19, 18 fois plus grande que ceUe de la terre au même astre, est dans un milieu 367, 87 (= carré de 19,18,

MOUVEMENTS PLANÉTAIRES. 17l«

quotient des distances) fois moins dense, ne déplace donc qu'une masse de milieu de (367,87 — 77,50, quotient des volumes, = ) 290, 37 fois moindre de celle déplacée par la terre.

f A force d'attraction égale, la distance d^Uranus au soleil serait donc 290, 37 fois moins grande que celle de la terre. Mais il est loin d'en être ainsi ; la terre est, au contraire, 19, 18 fois plus proche du soleil que Test Uranus. Pour

que cela soit, il faut donc que la puissance attractive de la terre^ à sa distance où elle est du soleil, soit sur cet astre (290^ 37, quotient des répulsions X 19, 18, quotient des distances, = ) 5569, 29 fois plus grande que celle d'Uranus.

f L'attraction étant proportionée aux masses et à la diminution du carré des distances, la masse de la terre, dont Tattraction est à sa distance 5569, 29 fois celle d'Uranus à la sienne, est donc (5569, 29, quotient des attractions : 367,87, carré de 19,18 quotient des distances, = ) 15,41 fois plus grande que la masse d'Uranus.

> Ainsi, l'attraction de la terre étant 5569, 29 fois celle d'Uranus, et sa force répulsive 290, 37, sa distance réelle du soleil, résultat de ces deux forces opposées, est donc (5569,29, quot. des attract. : 290, 37, quot. des répul.,==) 19, 18 fois moins grande que celle d'Uranus au même astre. L'observation le confirme.

> Dans la supposition que les deux planètes possédassent la même densité, le volume de la terre^ contenant une masse 15, 41 fois celle d'Uranus, serait donc 15,41 fois plus grand que celui d'Uranus; mais comme, au contraire, il est 77,50 fois plus petit, la densité d'Uranus doit être, toute influence solaire gardée, (77,50, quot. des volumes -|- 15,41, quot. des masses, = ) 93 fois moins grande que celle de la terre.

» Cette grande porosité d'Uranus, malgré ses six satellites connus, donne raison de sa grande distance du soleil ; car son diamètre est démesurément grand en rapport de sa masse, puisqu'elle est 15,41 fois moindre que celle de la terre. Ainsi, le grand volume d'Uranus fait que cette planète

,6. fHYSIQUK CELESTE.

reçoit du milieu une répulsion considérablement plus granui: que la force qui Paltire vers le soleil.

— Pour lors Uranus est ainsi qu'un énorme parachute fort léger, flottant dans l'atmosphère solaire? Il y a bien dans votre théorie quelque chose qui sent la vérité. Tous ces accords, ces conséquences qui s'enchaînent l'une à l'autre, m'entraînent malgré moi. Cependant, je ne puis encore me résoudre à croire que ce soient les Newton, les Laplace qui sont dans Terreur, lorsque je vois leurs calculs, dont la base est , il est vrai , fort différente de celle des vôtres, donner à Mercure une masse qui est 0, 159 de celle de la terre, tandis que les vôtres la fait 23, 70 fois moindre, et à Jupiter une masse seulement de 340 fois celle de notre planète, tandis que vous la faites, vous, 7492 fois plus grande. Ils donnent à Saturne une masse 108 fois celle de la terre, et vous la portez, vous, au chiffre prodigieux de 7525,80. Il est jusqu'à la pauvre exilée, la planète Uranus, à qui, sans égard pour sa grande distance du soleil , vous donnez une masse 15, 41 fois moindre que celle de la terre, lorsque tous nos astronomes de l'ancienne théorie lui en reconnaissent, au contraire, une de 17, 74 fois plus grande. Ces discordances entre les deux théories sont énormes.

> Qui donc de vous ou de nos savants êtes dans l'erreur? Je vous connais pour un bon garçon, pour même un marin de quelque mérite ; mais je me suis toujours fait d'un homme de génie une idée fort différente de celle que j'ai de vous. D'ailleurs, puis-je penser que de tous les hommes, dont l'intelligence éclaira l'humanité, aucun n'a pu atteindre à la conception de votre mécanique céleste ! Je ne puis donc croire que vous, vous seul, homme si ordinaire et complètement inconnu de la république des sciences, soyez dans le vrai. Le croire, ce serait risquer de me montrer ridicule.

— Voilà le grand mot lâché!.... Une destinée semblable est fatalement attachée à tous les hommes qui travaillent au problème de la. vérité. Ils furent chacun pour leur siècle des êtres d'autant plus ridicules qu'ils touchaient plus fortement au vrai... Galilée annonce au monde la rotation de la terre :

on le Iraîle de fou bon à être renfermé, et il meurt prisonnier. Kepler imposait ses lois aux mouvements des sphères : on haussait les épaules devant lui ; et ce grand génie, le plus grand qu'eût jamais engendré Thumamté^ mourut de faim, oublié dans le dédain orgueilleux de la sottise de son siècle. Newton, noble disciple de ces deux grands hommes, quoique plus heureux que ses maîtres, ne fut pas moins, pendant toute son existence, tiraillé par des critiques plus qu'amères; mais, au moins^ le génie de sa nation sut le défendre. C'était une grande compensation.

— ^^Je conçois qu'on puisse s'exposer avec quelque orgueil aux mêmes ridicules qui couvrirent les Galilée, les Kepler et les Newton. Mais, vous, vous détruisez vous-même les cpnséquences qu'ont amenées les travaux d'un de ces grands génies, de Newton.

— Est-il dit que, parce qu'un homme se serait distingué par de grandes découvertes, il soit infaillible sur tout? Newton, en analysant les travaux de Kepler, en retira la certitude d-*une force de gravitation vers le soleil. Aussitôt, cçmme ébloui par cette grande vérité, il rapporte tout à cette force. Ses successeurs firent comme lui : ils tirèrent la densité des corps célestes seulement de l'attraction. C'était résoudre la chose à moitié. Aussi, comme la masse des corps est le produit de leur densité par leur volume^ et que la densité, que les astronomes reliraient uniquement de la force d'attraction, était fausse, il n'est pas étonnant que les calculs de l'ancienne théorie, dont on n'avait que la moitié des éléments vrais, donnassent aux planètes des niasses considérablement moins grandes qu'elles le sont réellement. Loin que ma théorie soit une réfutation des découvertes astronomiques antérieures, elle n'est, comme vous le voyez, que le complément du système qu'elles produisent.

~ Puisque toute planète s'échappe par la langeante de l'action de deux forces diamétralement opposées de direction, la vitesse du mouvement d'une planète dans son orbite est donc le résultat propre de la force répulsive, qui, ne pouvant, en raison de Tenlravc apportée par la force attractive,

repousser la planète au-delâ de sa distance du soleil, la lance dans son orbite avec une puissance égale â celle qu'elle aurait à récarter du soleil, si ratlraction de cet astre sur la planète cessait spontanément, oo autrement dire, le mouTeinent dans Torbite est donc l'excès de la force répulsive sur la force attractive. A Paîde de ce raisonnement, ne serait-il pas possible de calculer la vitesse du mouvement de chacune des planètes dans son orbite?

— Essayons. Je viens de vous calculer que la force répulsive, produite par le milieu résistant, était pour la terre 9, 21 fois celle de Mercure, toute proportion gardée pour différence de volume et de densité du milieu dans lequel nagent ces deux planètes. La terre est donc lancée par la tangeante, c'est-à-dire dans son orbite, avec une puissance qui est 9, 2f fois plus grande que celle qui lance Mercure dans la sienne. Mais une force de projection dépense d'autant plus de sa puissance à mouvoir une masse que cette masse est plus grande; et le mouvement de cette masse est d'autant plus lent, à force de projection égale, qu'il faut ^ celle-ci plus de puissance pour la mouvoir, c'est-à-dire que la vitesse du mouvement , dans Torbite diminue comme augmente la masse du corps à mouvoir.

» Alors, quoique la terre reçoive une impulsion dans son orbite qui soit 9, 21 fois plus grande que celle que Mercure reçoit dans la sienne^ comme sa masse est 23, 70 fois plus grande, la force de l'impulsion de la terre, quoiqu'étant 9,21 fois celle de Mercure, perd donc 23,70 fois de sa puissance en mouvant notre planète; ce qui diminue d'autant le mouvement qu'elle imprime à notre planète dans son orbite^ ' mouvement qui, ainsi, ne devient plus que (9,21 , quotient des projections : 23, 70, quotient des masses, = ) 0, 39 de fois du mouvement de Mercure, c'est-à-dire que le mouvement de Mercure étant 1 , celui de la terre serait 0, 39, et alors (1 : 0, 39 = ) 2, 56 fois moindre.

» Mais la résistance du milieu croit aussi à mesure que la vitesse du mobile augmente; elle ne croît pas simplement comme la vitesse, mais comme le carré de la vitesse. Ainsi,

MOUVEMENTS PLANETAIRES. 183

la lerre ayaiït une impulsion 2, 56 fois moindre dans son orbite que celle de Mercure dans la sienne, reçoit du milieu une résistance qui est 1,60 (=r racine carré de 2, 56, quotient des mouvements) fois moindre que celle que reçoit Mercure ; ce qui diminue d'autant la vitesse de celte dernière planète dans son orbite^ vitesse qui ainsi, au lieu d'être 2,56 fois plus grande, n'est plus que (2,56, quotient des mouvements : 1, 60, carré de ce quotient, = ) 1, 60 fois celle de la terre dans la sienne. Effectivement, l'observation nous démontre que Mercure parcourt dans son orbite 49483 mètres dans une seconde de temps et que la terre en parcourt 30798 mètres dans le même temps. Or» (49483, vitesse de Mercure : 30798, vitesse de la terre, =) 1,60; donc, le mouvement de la terre dans son orbite est réellement 1,60 fois moindre que celui de Mercure.

» Je vous le demande : qu'ont à faire ici les forces mystérieuses de centrifuge et de projection admises dans les théories anciennes? Les calculs de ma théorie ne sont pas, comme vous pouvez l'apprécier, une rencontre heureuse de chiffres, laquelle amènerait ces grandes concordances de la théorie à Tobservation. D'ailleurs, continuons ces calculs pour les autres planètes.

» La force de répukion que la terre reçoit du milieu est, comme je vous Pai dit, 0, 822 de fois moindre de celle de Vénus, et la masse de la terre est 1, 683 fois celle de cette planète ; alors la force de projection qui pousse Vénus dans son orbite est donc (1, 683, quotient des masses x 0,822, quotient des répulsions, = ) 1, 383 fois plus grande que celle qui pousse la terre dans la sienne. Comme Vénus, en raison de ces. 1, 383 fois plus de vitesse, reçoit du milieu une résistance de 1 , 176 (racine carrée de 1, 383, quotient des vitesses,) plus grande, son mouvement devient (1, 383 : 1, 176=) 1, 176 fois seulement plus grand que celui de la terre ; car la résistance est proportionnée au caiTé de la vitesse avec laquelle le milieu est frappé. Effectivement, la vitesse de Vénus dans son orbite est de 36223 mètres dans une seconde, et celle de la terre de 30798 mètres. Or, (36223 : 30798=) 1,176.

i La terre éprouve du mUieu une résistance 6, 31 fors plus grande que celle de Mars ; sa force de projection dans son orbite serait donc de tout ce chiffre plus grande. Mais sa masse est 4 fois plus grande que celle de Mars; alors la vitesse de la (erre dans son orbite ne sera plus que (6^31, quotient des résistances : 4, quotient des masses, =) 1 , 57 fois plus grande que celle de Mars dans la sienne. Comme la résistance du milieu est proportionnée au carré de la vitesse, Mars ne peut avoir son mouvement i, 57 fois moins grand, mais seulement 1, 23 (rac. carrée de 4, 57). Effectivement, la terre parcourt dans une seconde de temps 30798 mètres dans son orbite, lorsque Mars en parcourt 2*952 Or, (30798 : 24952=) 1,23. Donc, etc.

» Jupiter reçoit du milieu une résistance 1442, 96 fois pdus grande que celle que reçoit la terre, et sa masse est 7492 fois plus grande. La vitesse du mouvement qu'il possède dans son orbite serait donc (7492, quotient des masses : 1442,96» quotient des résistances, = ) 5, 20 fois moindre que celle de la terre; mais, en raison de cette différence en moins de vitesse, Jupiter reçoit seulement du milieu, dans ce mouvement, 2, 29 (racine carrée de 5,20) fois plus de résistance; ce qui porte sa vitesse dans son orbite à seulement 2, 29 fois moindre de celle de la terre dans la sienne. Effectivement, la terre parcourt dans une seconde de temps 30798 mètres dans son orbite, et Jupiter 13436. Or, (30798 : 43436=) 2, 29.

» Le milieu dans lequel nage Saturne lui produit une résistance 796, 18 fois plus grande qu'à la terre; ce chiffre représente donc rimpulsion de Saturne dans son orbite. Mais la masse de Saturne étant 7587, 10 fois plus grande, sa vitesse devrait être (7587, 10, quotient des masses : 796, 18, quotient des répulsions, =:) 9,52 fois moindre; et comme cette vitesse doit encore diminuer de 3, 08 (racine carré de 9, 52), la vitesse de Saturne dans son orbite doit être réellement que de (9, 52 : 3, 08 =:) 3, 08 fois moindre de celle de la terre dans la sienne. Effectivement, la terre parcourt 30798 mètres de son orbite dans une seconde de temps, et Ssklurne 9982. Or, ( 30798 : 9983 = ) 3, 08. Donc, etc..

MOUVEMENTS PIANÉTAIRES. 1»5

» La résistance qu'éprouve Uranus du luiiîeu^est 2d0, 37 fois moins grande que celle de la terre, et comme sa masse est 15^ 41 fois moindre, la terre est donc projetée dans son orbite avec une forcé qui lui donne une vitesse ( 290, 37 quotient des résistances : 15,41, quotient des masses, =) 19; 49 fois pius grande que celle d'Uranus, vitesse qui, augmentant la résistance du milieu comme augmente son carré, n'est plus pour la terre que 4, 40 (rac. carrée de 19, 49) fois celje d'Uranus. Effectivement, la teiTe parcourt 30798 mètres de son orbite dans une seconde de temps, et Uranus 7048. Or, ( 30798 : 7050= ) 4, 40. Donc, etc.

— Voilà de quoi surprendre plus d'un astronome, et faire arracher les cheveux à ceux qui en ont encore.

— Ici, je considère les planètes comme étant toujours à leur distance moyenne, et traçant autour d« soleil un cercle parfait. Deux causes seules pourraient leur faire tracer ce cercle ; il faudrait, 1* que Dieu eut lui-même posé bien doucement les planètes à cette moyenne, de manière qu'elles ne reçussent l'impulsion d'aucun mouvement de chute pour rester à ce point d'équilibre des deux forces astronomiques; ^ qu'il y eût découlé depuis la création de notre système solaire un nombre de siècles si considérable que les planètes ne fussent plus dans le cas de corps tombant, et qu'elles eussent ainsi perdu l'excentricité de leur orbite. Comme il est loin d'en être ainsi, et que toutes les planètes ont une orbite elliptique, elles proviennent donc originairement de régions lointaines, en dehors de l'atmosphère solaire. La date de la création de notre système solaire n'est donc pas aussi reculée qu'on pourrait le croire.

» Dans le choc des corps élastiques, il y a toujours, dans le mouvement de rétrogradation du corps repoussé, une perte, minime pour une seule révolution, mais sensible dans un grand nombre de ces révolutions. Il résulte de cette perte dans la réaction qu'une planète n'arrive jamais exactement au point où était son dernier aphélie; il y manque toujours un espace fort petit , sans doute, mais qui n'en existe pas m^oins* Cette perte diniinue donc rexcentricîté de l'orbite; et

186 PHYfilQUfl CÉLESTE.

comme elle est produite par un excès de la puuBanoe attractive sur la réaction du milieu, elle doit augmenter la vitesw du mouvement dans l'orbite proportionnellement à la diminution de rexcentricilé. Je ne m'arrêterai pas à l'explication et aux calculs de cette vitesse croissante, qui sont du domaine des astronomes des détails. Je me contenterai de dire que, puisque la moitié de la différence de la plus grande distance d'une planète avec sa plus petite donne son excentricité, et que cette excentricité diminue comme augmente le nombre des révolutions des planètes autour du soleil, une planète est donc dans le système solaire depuis une époque d'autant plus éloignée que son excentricité, comparée à celle d'une autre planète, est plus petite. D'après cela, il ne serait donc pas impossible de connaître l'âge des globes planétaires, c'est-à-dire de calculer depuis quand ces globes sont devenus planètes de notre système solaire.

— Je suis curieux de savoir laquelle de ces dames célestes peut revendiquer le droit d'aînesse. Mais n'y aurait-il pas de votre part de l'indiscrétion à dévoiler ainsi ce que peutêtre, si ces beautés du ciel ressemblent de caractère à nos beautés terrestres, elles ont tant de soin à cacher.

— Le genre de coquetterie de là-haut est tout autre que celui d'ici-bas. La grande œuvre de la création renferme en elle trop de l'esprit divin pour croire qu'elle ne ressemble pas un peu à l'esprit humain qui s'embellit en vieillissant.

— Voilà une sentence philosophique qui sera fort goûtée par les coquettes filles d'Eve ! Il est galant de poser en doctrine que l'esprit du cœur se substitue à la beauté du visage qui s'en va.

— Il faut avouer que la science a de singuliers caprices. Jadis elle faisait voir à nos pères de belles vierges, de blanches fées dans chacune des étoiles du firmament, à qui elle ne semble plus même maintenant laisser le nom d'étoiles que comme un privilège consacré par un antique usage. Et cependant il y eut des temps encore peu éloignés où les plus pures pensées de l'homme se portaient vers elles comme vers des anges ; car ce furent la vue des étoiles et leur mystérieux

MOUVEMENTS PL41VÉTAIRES. 187

mouvement qui apportëreat Tidée de ces prétendus êtres supérieurs, qui portent encore le nom astrologique d'anges. Dès sa naissance, Fenfant était fiancé à une de ces vierges immortelles, et sa destinée était pour toujours enchaînée à la sienne par un hjmen spirituel. Adolescent, toute la poésie de son jeune cœur, s'élevant comme un encens de la terre vers le ciel, portait à cette épouse idéale les prémices de. ses pensées. Ces amours spirituelles se montraient toujours jalouses de la fille d*Éve; et cette pauvrette languissait de douleur, flétrie sous le mépris de son frère. Cependant, c'est dans le sein de cette douce campagne que Dieu déposa les germes de l'amour saint et de la réelle félicité, en proclamant cette œuvre, orgueil de son génie, l'épouse de i'iiomme.

» Tant que régna la philosophie du chrîsto-platonisme, la femme, esclave de la matière, se flétrissait sous le dédain orgueilleux de son frère ; car, fleur mystérieuse dont la vertu et les charmes secrets se cachent sous l'idéal du cœur, elle en trouvait chez l'homme la source tarie. Mais, grâce aux belles acquisitions astronomiques, les rôles sont changés. Les filles du ciel, les étoiles, ces prétendus anges gardiens, sont pour toujours renversées de leur trône usurpé : Thomme ne' peut plus voir en elles que des masses de matière compacte au lieu de ces sveltes et vaporeuses fées, chimères de ses pères.

» Ce fut alors que rentrèrent dans leur cours naturel, ces aspirations de l'âme vers l'être mystérieux que couvent déjà les rêves de l'adolescent, et que, jeune homtne, il ne tarde pas à reconnaître dans la jeune fille au travers du nuage magique, dont Dieu, à la création, la couvrit ainsi qu'un être saint. C'est de ce noble et si doux respect pour la femme que découlent ces divines émotions qui donnent naissance, à ce fleuve de félicité pure, qui tombe de l'âme de l'homme en perles fécondantes.

» Par l'astrologie qui lui donnait chacune des sphères du firmament pour un génie supérieur, l'homme revétissait ces filles chimériques de toutes les poésies que le Créateur avait versées en sou cœur pour en orner la fille d'Eve; et celle-ci,

ange déchu par ce divorce du cœur, vivait triste comme une réprouvée parmi les hommes. Le mépris pouvait-il pour elle s'élever plus haut, lorsqu'au moyen âge, époque où le spiritualisme régnait en souverain, on mit dans un doute doctoral de théologie christo-platonicienne^ s'il existait une âme dans cet être dégradé? Mais vers ces derniers siècles, l'astronomie, en dévoilant toutes les séductions de l'astrologie, rendit pour toujours à l'épouse de Phomme les charmes du prestige que donnent à sa robe virginale les rêveuses amours du cœur. Du fond de son obscure retraite, Kepler fit plus pour la réhabilitation de la femme et de l'esprit humain que toute la multitude des moralistes théologiens qui le précédèrent.

— Je vois que le beau sexe, en mémoration de sa délivrance du brutal matérialisme dans lequel il gémissait jusqu'à l'époque de la traduction des lois de Kepler, devrait, ^ reconnaissant, élever un monument à la gloire de cet astronome à haut chapeau couvert de signes symboliques^ et dont la baguette magique lui restitua l'empire des cœurs.

— Ne plaisantez pas; la femme doit plus qu'elle le pense aux découvertes astronomiques. En adroit courtisan, je vais dévoiler à tous la vétusté de quelques-une» de ses antiques rivales. Je me fais même fort de démontrer que la plus dangereuse, la plus coquette des vierges célestes, celle qui s'arrogea, dans sa fière beauté, le titre de Vénus, de déesse des amours, est, parmi les filles du ciel, l'aïeule de toutes les planètes du système solaire.

» L'influence des satellites rentre dans le calcul de l'époque de l'entrée des planètes dans le système solaire; car les satellites sont des causes de condensation qui, quoiqu'on dehors de celle produite par le soleil, ne contribuent pas moins, en rendant le volume des planètes plus petit, à diminuer plus vite leur excentricité. D'après les conséquences que fait naître ma théorie, si le soleil agissait seul sur les planètes, la densité de ces dernières serait pour toutes la même. 11 est loin d'en être ainsi ; je vous le démontrerai. Mercure et Vénus sont tous deux d'un tiers moins denses que la terre, lorsque Jupiter l'est 5 et Saturne 9 fois plus. A quoi

MOUTEMËNTS PLANÉTAIHËS. 189

attribuer cet excès de densité de la terre sur les deux premières planètes^ si ce n'est pas au satellite de la terre, puisque Mercure et Vénus n'en ont pas, lorsque la terre en possède un^ Jupiter quatre, et Saturne sept connus, et dont un huitième est encore à découvrir.

» Ainsi, je dirai que la lune rentre pour un tiers dans la condensation de la terre. Faisant 3 la somme de ia condensation absolue de la terre, le chiffre de celle qui lui est produite par le soleil devient 2, lorsque celle causée par la lune est 1, chiffre qu'il faut retrancher de la différence de densité de la terre avec celle des autres planètes. Ayant trouvé, à l'aide de nos calculs, que Jupiter était 5 fois plus dense que la terre, en retranchant de 5 le chiffre 1 de la densité de la terre produite par la lune, l'excès de densité de Jupiter sur celle de notre planète reste 4. Or, comme la différence de densité de ces deux planètes serait 0, si le soleil agissait seul sur elles, et qu'elle est 1 pour la terre par son satellite, elle est 4 pour Jupiter en raison de ses 4 satellites.

» La densité de Saturne, ai-je calculé, est 9 fois environ plus grande que celle de la terre; comme elle serait par le soleil , et que celle de la terre est 1 par son satellite, Saturne reçoit donc plus que la terre ( 9 — 1 = ) 8 fois plus de densité par une puissance autre que celle du soleil , et qui ne peut être que par 8 satellites. En effet, Saturne possède? satellites, et sans aucun doute qu'on lui en retrouvera un huitième.

» D'après cet aperçu, il est certain que les satellites, en diminuant le volume des planètes, contribuèrent à diminuer plus vite l'excentricité de ces dernières et ainsi à porter la date de leur arrivée dans le système à une étendue de siècle beaucoup trop grande. Mais, puisque nous connaissons la valeur de la densité des planètes produite par leurs satellites, nous connaissons aussi le chiffre dont leur excentricité à diminuer de plus que cela serait arrivé si les planètes n'avaient toujours été que sous l'influence solaire.

» L'excentricité de Mercure est 0, 2055, et celle de notre planète est 0, 0169 ; donc l'excentricité de Mercure est

190 PHYSIQUE GÉLESre.

(0, 2055 : 0, 0169=) 12 fois plus grande que celle de la terre ; comme le temps écoulé depuis l'arrivée des planètes dans le système est proportionné à ia différence de leurs excentricités, Mercure serait donc venu dans le système depuis une période de temps représentée par 1 2 depuis que la terre y serait rentrée. Hais cette dernière planète reçut de son satellite une densité qui diminua son volume et ainsi activa la diminution de son excentricité d'un tiers ; ce qui porte Tâge de la terre comme planète à (12, quot. des excent. — 4, tiers de ce quot. 12, =) 8 fois plus grand que celui de Mercure.

> L'excentricité de Vénus est 0, 0071 , qui étant contenue (0, 0169, excentricités de la terre : 0, 0071, excentricités de Vénus, = ) 238 fois par celle de la terre, porterait Tâge de Vénus, comme planète, de tout ce chiffre plus élevé que celui de la terre. Mais comme le satellite de notre planète diminue son volume et active ainsi la diminution de son excentricité d*un tiers, Vénus n'est donc que de (2, 38, quotient des excentricités — 0, 79, tiers de ce quotient., =) 1, 59 fois plus âgée que la terre.

» U'excentricitédeMarsest 0,09^1, qui contient (0, 0931, iexcent. de Mars : 0, 0169, excent. de la terre, =) 5, 50 fois celle de la terre ; ce qui ferait la terre de tout ce chiffre plus âgée. Comme la densité de ses deux planètes est la même , et que celle de -la terre doit être diminuée d'un tiers pour Tinfluence de la densité produite par la lune, notre planète est donc plus âgée que Mars seulement de (5, 50, quotient des excentricités — 1, 83, tiers de ce quot., = ) 3, 67.

» L'excentricité de Jupiter est 0, 0482, et contient (0, 0482, excent. de Jupiter : 0,0169, excentr. de la terre,=:) 2, 87 fois celle de la terre ; et comme, toute influence gardée dessatellites, Jupiter eut la diminution de son excentricité activée de 4 fois plus que celle de la terre, son arrivée dans le système, et ainsi son âge comme planète, est donc (2, 87, (|uot. des excentricités : 4=::) 0, 71 de fois moindre que celui de la terre.

» L'excentricité de Saturne est 0^ 0562, qui contient 3, 33 fois celle de la terre ; et comme les 8 satellites que Saturne a de plus que la terre, ont activé de 8 la diminution de son

excentricité, cette planète est donc (3, 33, quotient des excentricités : 8 = ) 0, 41 de fois moins âgée que la terre.

i Je n'appliquerai pas ces calculs à la planète Uranus, dont les éléments et le nombre des satellites ne sont pas seulement inexacts ou inconnus, mais Texcessive porosité de cette planète nous empêche aussi de la comparer avec la terre. Sans aucun doute qu'tlranus est un des derniers enfantements du firmament. Sa grande porosité le prouve assez.

» Quoique la diminution de l'excentricité des satellites ne provienne que de Tinfluencede leurs planètes, tous les mouvements planétaires sont tellement en rapport l'un à l'autre qu'on peut, sans crainte d'une erreur sensible, calculer l'âge des satellites par la différence de leur excentricité à l'égard de leur planète, de même que si ces dernières fussent le soleil, et ainsi trouver un chiffre approximatif de leur arrivée dans le système depuis la venue de leurs planètes. L'excentricité de la lune , dépouillée de toutes les variations produites par l'action solaire, est 0, 1360, et contieni 8, 05 fois celle de la terre. Comme lors de sa chute vers notre planète» ce qui se passa sur la terre arriva de même sur la lune, puisque ces deux globes se trouvaient sous l'influence de la même réaction, nous pouvons admettre que le quotient 8, 05 de leur excentricité représente une quantité de siècles écoulés avant l'arrivée de la lune, c'est-à-dire que la terre était déjà, avant que la lune lui fût donnée pour satellite, dans le système depuis 8, 05 fois autant de temps qui s'en est écoulé jusqu'à nos jours, depuis l'événement fatal qui enchaîna la lune aux flancs de la terre. Nous classerons ainsi les périodes écoulées entre l'arrivée d'une planète à celle d'une autre dans le système, en supposant que cette période soit 1 pour la terre :

Vénus. . -4- 1' ^^ avant Tarrivée de la terre dans le système.

Terre... 1.

Saturne . — 0, 41 après l'arrivée de la terre dans le système,

Jupiter.. — 0, 71 Idem.

Mars. . . — 3, 67 Idem.

Mercure — 8 • Mem.

laine... — 8^05 , idem.

tn PHYSIQUE CÉLESTE.

» Comme vous le voyez, la lune est la dernière venue ; Mercure la précéda de si peu de temps, qu'il semble son précurseur. N'est-il pas le Mercure, dieu avertisseur, TAnubis, gardien de la mystérieuse période égyptienne, dont le commencement avait été marqué par la chute de l'homme, par la perte de son Paradis terrestre, et à la fin de laquelle la croyance religieuse annonçait la fameuse restitution, cette réhabilitation de l'humanité entière, la restitution de son primitif séjour; période que la savante, mais trop discrète Egypte de l'antiquité, conservait secrètement dans son sein , comme un dépôt sacré qui lui était confié par le ciel, pour un jour avertir l'humanité que le temps était venu où la terre, à la suite d'une catastrophe aussi terrible que la première qui lui avait arraché les germes de sa primitive et luxuriante fécondité, en lui déchirant ses entrailles, devait secouer pour toujours le cilice de la misère et du deuil, qui la couvre depuis ce moment fatal, afin de se revêtir de la riche robe que Dieu, à la création, lui avait donnée? Uneétoile nouvelleavait annoncé la première tourmente dans laquelle le Paradis terrestre avait fait naufrage, et cette étoile avait été Mercure, qui, en raison de ce fait, fut déclaré le^énie avertisseur, l'ambassadeur de la Puissance Suprême près de l'humanité, le précurseur du terrible événement de la venue dans le monde de la Vierge. Une étoile nouvelle devait aussi avertir le retour de ce même événement, mais dont les conséquences devaient être la restitution,

» Le Christ , après avoir recueilli les lambeaux épars de l'antique science égyptienne, ne fit qu'annoncer aux peuples que lô temps était venu de la restitution et que ce vieux monde, plein de misère et de turpitudes, allait périr pour faire place au royaume du bien ; il prêchait cette restitution tant attendue par les nations , et qui avait été promise par le ciel à nos pères au commencement du mal.

» En effet le ciel des fixes annonçait pour le siècle du Christ le retour du terrible événement planétaire qui avait précédé la perte du Paradis terrestre, mais retour fatalement nécessaire pour la réhabilitation de l'humanité dans ses jM-imi-

(îves destinées, le bien-être universel. Je vois encore dans les groupes et les mouTements des étoiles les traits sacrés et immortels avec lesquels le génie de Fhomme forma les pages de l'antique histoire de notre planète. Le firmament en est le livre indestructible.

» Le disciple bien-aimé du Christ, saint Jean, nous écrivit V Apocalypse, comme pour ne pas nous laisser de doute sur les vérité prétendues divines de cette science historique. Il nous dépeint, dans son langage si animé, les détails des terribles épisodes qui, selon les croyances d'alors, devaient accompagner aussi la destruction de ce monde, empire du mal, parce cpi'ils avaient accompagné la destruction du Paradis terrestre. D'après l'esprit astrologique , le tiers des hommes et des choses devait aussi périr; car^ dans la destruction du premier monde, le tiers des hommes et des choses avaient péri!

x> Sous ces inspirations, que me donne Tétude de l'œuvre de Dieu, l'astronomie se présente à moi revêtue de sa glorieuse puissance. Elle me dévoile tous les mystères de Tantique et si savante philosophie. Le cours des astres me décèlent des dates précieuses, qui viennent correspondre aux terribles événements que me racontent les cicatrices de la terre. Le ciel n'est plus pour moi une voûte insouciante, parsemée de quelques brillants, mais un vaste et saint livre dont les pages mystiques, en se déroulant chaque jour devant moi, me donnent chaque jour^ comme au prêtre de la mystérieuse Egypte, à lire un verset de la sanglante histoire de notre planète. Je me sens fier de ma science; car j'ai fait revivre le cadavre de Tantique philosophie humaine. Mais le moment de vous initer aux mystères de cette science sainte n'est pas encore venu.

» Remarquez, cependant, que Vénus, dont le nom est celui consacré à la reine des amours et au génie de la fécondité, fut la première des planètes dont l'homme put avoir connaissance. Je me réserve aussi pour plus tard de vous démontrer que les dénominations de chacune des planètes connues des anciens, et qui s'offrirent successivement aux regards de

rhomme dans cet ordre : Vénus, Saturne, Jupiter, Mais, Mercure et la lune, ne sont que les peintures des événements sons les influences morales et physiques desquels chacime de ces planètes, à son arrivée dans le système solaire, trouva la terre et l'humanité.

— Vous me promettez de la science bien profonde !

— C'est de Thistoire. Pour le moment je me contenterais de traiter des mouvements généraux et de la physique de chacune des planètes. Il me reste encore à vous parler de ce que je vous ai avancé au sujet de l'accélération de la rotation des planètes produite par leurs satellites. Pour obtenir des chiffres aussi exacts^ pour cette accélération de rotation^ que ceux que j'ai trouvé pour les autres mouvements^ il faudrait que je calculasse les masses, les densités^ et ainsi toutes les influences de chacun des satellites sur sa planète; ce qui exigerait un déploiement de chiffres des plus considérables et une perte de temps fort inutile, vu le peu d'intérêt scientifique qui en résulterait. Je me contenterai donc de vous donner qu'un chiffre approximatif, en supposant, ce qui est peu éloigné de la vérité, que l'influence de chacun des satellites sur sa planète est la même chez toutes.

9 Je vous ai dit que la vitesse de rotation des planètes sur leur axe est produite, ainsi que le mouvement dans l'orbite, par la différence de la force attractive et de la force répulsive , différence qui fait éch2q)per la planète par la langeante. Ainsi> la vitesse de rotation d'une planète doit «tre proportionnelle à la vitesse de son mouvement dans l'orbite; et si elle ne l'est pas, il faut en attribuer la différence à deux causes : 1*" à l'action des satellites sur les planètes; 2° aux influences attractives que^ dans certaines positions, les planètes possèdent les unes sur les autres, influences qui, vu le peu de force nécessaire pour produire un mouvement de rotation à des corps sphériques, doivent jeter de grandes perturbations dans la rotation des globes célestes, et faire de ce mouvement le plus irrégulier de tous ceux des sphères.

» Il faudrait un volume entier de calculs pour saisir ces irrégularités de rotation des planètes, et plusieurs siècles

d'observations incessantes pour, à Taide de la vue, saisir seulement quelques-unes de ces irrégularités ; encore ne pourrail-on pas affirmer l'exactitude de ces observations, que la nébulosité atmosphérique de certaines planètes laisse toujours imparfaites. Je tenterai cependant ces calculs de mouvement de rotation d'après les influences des satelliteâ et la vitesse dans l'orbite. Mais je ne vous donne mes résultats que comme de simples approximations.

» La vitessis du mouvement de Mercure dans son orbite est 1 , 60 fois celle de la terre dans la sienne ; donc la vitesse de rotation de Mercure devrait être 1, 60 fois la vitesse de celle de la terre. Mais il n'en est pas ainsi : la rotation de Mercure est 1-^' 003i et celle de notre planète est O^' 997; la rotation de cette dernière est ( 1 J' 003 : J' 997 = ) 1, 006 fois celle de Mercure, lorsque cet astre devrait l'avoir 1, 60 fois celle de la terre. Donc, la rotation de la terre est d'une vitesse de ( 1, 60 X 1> 006 = ) 1, 609 fois celle de Mercure, ou, ce qui est la même chose, la terre possède dans le mouvement de sa rotation une accélération 0, 609 de fois en plus sur celui de la rotation de Mercure. Cette accélération, ne pouvant provenir de la force de projection de la terre dans son orbite> qui, au contraire, lui fait sa rotation 0, 60 de fois moins ac^ tîve, n'est que le résultat de l'influence accélératrice de son satellite, influence à laquelle Mercure échappe, puisqu'il ne possède pas de satellite.

» A cette première cause d'accélération de rotation pour la terre, j'ajouterais les perturbations variables produites aux mouvements de la terre à de certaines positions, perturbalions auxquelles le mouvement de rotation est le plus sen-^ sible, et qui proviennent des influences des masses de Vénus et de Jupiter, qui, vu leur proximité 3e la terre, sont des causes de troubles aux mouvements de la terre^ en leur apportant tantôt du retard) tantôt de l'accélération, et auxquels Mercure échappe encore» vu son grand éloignement dô tout astre assez puissant pour troubler ses mouvements.

» Je vous ferais ici observer que 0, 609, excès de vitesse dé la rotation de la terre sur celle de la rotation de Mercure*

19fi PHYSIQUE CÉLESTE.

approche du tiers de 1,60, valeur du mouvenient calculé. Ce qui me ferait presque supposé que notre satellite, qui est, dans la comparaison de la densité de Mercure et de Vénus, une cause d'un tiers de plus de condensation pour la terre, pourrait bien être aussi la cause d^un tiers d*accélératioD dans sa rotation, et le reste de vitesse qui dépasserait ce tiers pourrait être attribué aux influences de Vénus et de Jupiter sur notre planète.

» La vitesse du mouvement de projection de Vénus dans son orbite est 1, 176 fois celle de la terre dans la sienne. La vitesse de la rotation de Vénus devrait être 1, 176 fois celle de notre planète; mais l'observation de ce mouvement chez Vénus la donne de 0^' 973 , lorsque celle de la terre est O"'' 997; donc, au lieu d'être 1, 176 fois celui de cette dernière planète, le mouvement de rotation de Vénus n'est réellementque(OJ' 997 : 0^' 973=) 1, 024 fois ce dernier; donc, la rotation de la terre est (1, 176 : 1, 024 =) 1, 142 fois plus active que celle de Vénus. J'attribue cette accélération de la rotation de la terre comparée à celle de Vénus, 1° à l'influence du satellite de la terre, influence dont Vénus n'est pas affectée, puisque cette planète n'a pas de satellite; 2° à l'action de la masse de Jupiter sur la teiTe, qui se trouve plus proche de ce corps colossal que l'est Vénus, puisque notre planète se trouve placée entre les orbites de ces globes.

» D'après ces quelques principes, qui donnent à tous les satellites une influence accélératrice au mouvement de rotation de leurs planètes, vous concevez que, malgré les masses énormes de Jupiter et de Saturne et leur peu de vitesse dans leurs orbites comparée à celle de la terre dans la sienne, ces deux planètes^ ainsi qu'Uranus, peuvent fort bien avoir la vitesse de leur mouvement de rotation très-considérable; car Jupiter possède quatre satellites puissants, Saturne huit et un anneau, Uranus six et un anneau.

» La vitesse de rotation de ces planètes est dont le chiffre de leur mouvement dans leur orbite- augmenté d'autant qu'elles possèdent plus de satellites. La vitesse de la terre dans son orbite est, vous ai-je démontré, 9, 29 fois celle de

MOUVExMENTS PLANÉTAIRES 197

Jupiter. Comme la vitesse de la rotation des planètes est toujours proportionnée à leur mouvement de projection, la terre devrait donc avoir sa rotation 2, 29 fois plus active que celle de Jupiter; mais il n'en est pas ainsi. D'après Tobservation, Jupiter met 0-^' 414 pour parcourir les 360 ' de son équateur, lorsque la terre emploie 0^' 997 ; la vitesse de rotation de Jupiter est donc (0^' 997 : 0^' 414 = ) 2, 42 fois celle de la rotation de la terre, lorsqu'au contraire elle devrait être 2, 29 fois moindre. L'accélération réelle de la vitesse de la rotation de Jupiter est donc (2, 29 x 2, 42=) 5, 54 fois celle de la terre avec l'influence de la lune. Qui peut donc procurer à Jupiter cet excès de vitesse de rotation que sa force de projection est loin de pouvoir lui accorder, si ce ne sont pas ses quatre satellites?

— Si vous faites 1 l'influence de chacun des quatre satellites de Jupiter, comme celle de la lune pour la terre, il y a un reste de 0, 54 sur l'accélération 5, 54, et dont je ne peux me rendre compte. En astronomie il ne faut rien omettre.

— Je suis de votre avis, capitaine ; aussi je vous dirai tout de suite, ce que je me proposais de vous démontrer plus tard, que cet excès de 0, 54 sur la rotation que les quatre satellites de Jupiter lui donnent, provient de ce que l'équateur de cette planète, roulant toujours, à quelques minutes près, sur son orbite, n'oscille pas, comme les équateurs des autres planètes, autour de la ligne d'attraction. Car alors rien de cette force est perdu pour les mouvements de Jupiter, surtout pour celui de sa rotation.

» Je vous ai précédemment calculé que la force de projection de la terre dans son orbite était 3, 07 fois celle de Saturne dans la sienne; donc, la rotation de la terre devrait être aussi 3, 07 fois celle de cette planète. Mais l'observation dé • montre qu'au contraire étant O*'* 997, celle de Saturne est J' 428 ; ainsi elle devient (0 J' 997 : J' 428 = ) 2, 33 fois la vitesse de la terre, au lieu d'être 3, 08 fois moindre. Ainsi, la vitesse réelle de la rotation de Saturne, en dehors de la force de projection, est (3, 07 X 2, 33 = ) 7, 18 fois plus grande que celle de la terre, vitesse qui lui vient de ses 8 satellites. J9

ne traiterai pas de la rotation dTranus, n^ayant pas les éléments astronomiques nécessaires pour obtenir un résnhat satisfaisant : le nombre des satellites de cette planète ne nous est pas encore assez avéré pour cela. D'ailleurs, il fut imposa sible jusqu'ici d'observer sa rotation.

— La rotation des planètes est ainsi d'autant plus active que les globes sont plus éloignés du soleil.

— Combien sont majestueuses et puissantes les prévisions du Grand Être dans Toeuvre de la création ! Sa justice et sa bienveillance paternelle sont égaies pour tous. Il ne voulut pas de disgraciés dans les enfantements de son génie : il ne voulut pas que ces immenses globes, qui se perdent dans les profondeurs de l'atmosphère solaire, soient privés, comme osent le préteçidrç les calculs de nos suivants astronomes, de la fécondante action du soleil. Il donna à tous ^ine puissance d'autant plus grande qu'ils se trouvent plus éloigné$ du soleil, de se donner de^ satellites qui, en activant le mouve-. ment de leur rotation, exposent en peu de temps toutes les parties de leur circonférence à l'action solaire ; ce qui ne permet pas à leurs énormes surfaces le temps de se refroidir. Par cette seule raison, il arriverait encore que sur toutes les planètes il régnerait une douce température, qui» en donnant et en entretenant la vie animale et végétale, ne permettrait pas que des vastes globes tels que Jupiter, Saturne et Uranus, soient dans la nature des créations inutiles à l'organisation végétale et animale.'

— Si devant Dieu le plus petit des êtres à les mêmes droits que les plus grands, il me semble que vous ne mettez pas en pratique, dans votre revue des mondes célestes, ce bel exemple donné par le Grand Etre. Vous avez coulé par-dessus le pauvre Mars avec yne dextérité remarquable ; il est vrai que cette planète est si petite !... Cette omission ne serait-elle pas volontaire?... Ne vous montriez- vous pas, pour cette chétive fille du plebs céleste, ainsi que nos graves politiques, dont le génie est impuissant pour résoudre les problèmes sociaux vers lesquels aspire la classe populaire, celte pauvre mère de la nation, et qui voudraient faire croire que c'est par un ou-

hli dédaigneux qu'ils ne touchent pas à cette matière dont Pécorce brute couvre le feu divin ; car s'ils connaissent une chose> c'est leur impuissance.

— Vous m'accusez injustement, capitaine; et c'est par un oubli bien involontaire que j'ai omis de parler de Mars; aussi je vais me hâter de le réparer. Sou venez- vous que j'ai trouvé à la terre une vitesse dans son orbite, qui était i, 230 fois celle de Mars dans la sienne; sa rotation devrait être ainsi 1, 230 fois celle de Mars. Mais l'observation démontre que lorsque la rotation de la terre est O*'' 997 celle de Mars est 1^' 027; donc, la rotation observée de la terre est en vitesse (1, 027 : 0, 997 = ) 1, 030 fois celle de Mars, lorsque calculée elle doit être 1, 230. Divisant ce chiffre par 1, 030, nous trouvons que Mars a une vitesse de rotation de 0, 197 de fois plus grande que celle que pourrait lui donner sa force de projection dans lorbite. Il faut attribuer cet excès de vitesse dans la rotation de Mars à Tinfluence combinée de la terre et de Jupiter sur lui, et principalement à celle de Jupiter.

— Ainsi, de tous les mouvements des sphères, celui de leur rotation proviendrait des causes des plus compliquées, et serait de tous le moindre uniforme. Toujours il augmenterait selon que la planète se trouverait plus proche d'un globe circonvoisin ; à cette cause se joindrait encore celle-ci : que, puisque le mouvement de rotation est produit par la force de projection de la planète dans son orbite, et que cette force n'est pas elle-même uniforme, qu'elle diminue dans les aphélies et augmente dans les périhélies, la rotation des planètesr doit donc diminuer et augmenter de vitesse dans le même rapport.

— Cette accélération et diminution de vitesse dans la rotation des sphères trouvent sans doute votre esprit peu disposé à l'accepter, parce que vous avez toujours entendu dire par nos astronomes que la vitesse de la rotation était uniforme. Mais pouvaient-ils vous dire autre chose, puisque leur théorie, trop étroite, ne pouvait pas leur donner aucun des éléments qui puissent leur faire découvrir, non-seulemenl

l'inégalité de ce mouvement» mais même la cause de la rotation des sphères célestes.

— Je ne doule pas que votre théorie nouvelle soit bientôt en faveur chez les horlogers, fabricants de nos chronomètres. Vous leur fournissez des excuses victorieuses sur les reproches que nous, marins^ nous pouvons leur faire du manque de précisioù de leurs montres. Ils ne manqueront pas d'ea accuser le peu d'uniformité dans le temps des jours d'une année comparés entre eux.

— Ces aberrations sont trop petites pour qu'on puisse y avoir égard. Quoiqu'il en soit, il n'est pas impossible de les soumettre aux calculs. Mais je laisse ces travaux de détails aux astronomes de profession.

— Si jamais ces messieurs se trouvent forcés d'avoir quelques considérations à votre théorie et d'y prendre quelques éléments de calculs^ ils ne vous pardonnerons pas du trouble que vous jetez dans leur docte repos. Si, par malheur, une comète approche trop de notre planète, crac ! voilà la terre qui déroule des jours trop courts, et oblige le pauvre astronome de se mettre en campagne pour courir, en suant sang et eau, après le temps perdu!

— Vous ne plaisanteriez pas ainsi des comètes, si vous saviez, comme moi, ce qu'à fait de mal aux antiques générations de la terre un de ces globes vagabonds^ pirates de l'océan de là-haut.

— Ah ! terreurs populaires !

— Le peuple se trompe moins que les savants. L'instruction instinctive du premier, si cela peut se dire, est le fruit des traditions de milliers de générations, qui persévèrent dans le sang comme si elles se fussent incrustées dans les chairs de l'humanité. Elles existent chez l'homme civilisé comme chet l'homme barbare; elles se sont conservées aussi pures, au travers des siècles, sur les plateaux des Amériques comme sur ceux de l'Afrique et de l'Asie.

» Croyez- vous que la terre ne pleure pas encore du triste don que le ciel lui fit de son satellite, qui n'était qu'un de

ces globes errants que vous'^noramez comètes? Elle paya du prix de sa luxuriante fécondité et des joies de sa félicité le fatal privilège d'attacher un esclave à ses flancs. Ce ne fut qu'envoyant son sein se resserrer sur lui-même, pat les plus douloureux crispements^ qui diminuèrent d'un tiers l'étendue de son volume, qu'elle reçut la couronne de reine ; triste et fatale couronne, qu'elle ne put obtenir qu'en engloutissant dans ses entrailles les masses de chairs broyées des générations témoins de son avènement, et aux descendants desquelles elle ne peut plus donner, sans labour, que la ronce et le chardon. Sans le satellite de la terre nous ne naviguerions pas sur cette plaine liquide ; car c'est lui qui retira de la tourmente, dans laquelle il jeta notre planète, cet océan qui couvre les précipices profonds que cet astre ouvrit et creusa lui-même dans le sein de la terre.

» Mais tout cela est de l'histoire, et c'est une sainte et terrible histoire que celle de noire planète. Si un jour la Providence me le permet, j'essaierai de vous en tracer les pages sanglantes. Armé du scalpel, j'ouvrirai de nouveau les entrailles de la terre pour en retirer les cendres de nos aïeux mêlées aux dépôts de l'antique végétation du globe, le tout transformé en masse charbonneuse, dont la chimie saura bien séparé la chair du végétal. Puis nous irons ensemble lire au ciel le livre que le génie humain y déposa , afin de laisser, dans ses pages immortelles, aux générations futures de la terre le souvenir éternel de la primitive félicité de Thomme, sa chute et ses espérances.

— Parole d'honneur ? je crois que vous avez quelque chose de détracté dans le cerveau !

— Vous n'êtes donc pas chrétien?

— Voilà une question qui me confirme dans ma croyance!

— Si vous aviez médité nos livres saints, comme je Tai fait, vous auriez foi, ainsi que moi, aux grandes vérités historiques qui en sont les bases et le sujet. Je ne rougis pas d'y croire, parce que je les vois se peindre en traits de feu dans les moindres épisodes de l'histoire du monde. Le ciel et la

terre me les racontent : snis-je fou de croire plutôt ces témoins immortels que vos Voltaire et vos Dupuis.

— Je ne sais pas jusqu'où peut aller ce qu'un autre que moi appellerait votre génie ; mais je doute que vous puissiez concilier les vérités métaphysiques, ainsi qu'on décore les rêveries du christianisme, avec les vérités matérielles que nous appelons science.

— Je sais qu'il faut à vous, de Técole nouvelle, que le fait parle avant la métaphysique. Aussi est-ce par cette marche que je veux vous forcer à avoir foi aux imposantes vérités du christianisme. Mais j'ai préalablement plus d'une chose à terminer avant de travailler à votre conversion. D'abord, j'ai à continuer Fexposé des mouvements planétaires suivant ma théorie.

» Vous n'êtes pas sans que vous vous soyez déjà demandé comment il se peut faire que la terre, dans sa révolution annuelle autour du soleil, maintienne son axe de rotation dans une situation telle que les deux pôles de cet axe répondent toujours aux mêmes points du ciel, et que jamais celui d'un hémisphère n'est plus ou moins attiré par le soleil que celui de l'hémisphère opposé, quoique la ligne d'attraction qui joint le soleil «^ la terre oscille constamment autour de l'équateur de cette planète. Vous feuîlleterez en vain tous les Traités d'astronomie pour trouver la solution de ce problème «

— En elEfet, nos savants sont muets sur ce point.

— C'est qu'il est impossible à la théorie ancienne de traiter cette difficulté avec quelque succès. Ses limites sont trop rétrécies pour cela. D'après la mienne, c'est une de ces choses dont l'intelligence est des plus faciles. Rappelez-vous que la distance des planètes au soleil représente la différence de deux forces opposées d'effets : l'une, l'attraction, les poussant vers le soleil, et l'autre, la répulsion, dont l'influence est de les en écarter. Or, cette force répulsive est le résultat de la réaction de la colonne de milieu qui suspend toute planète au-dessus du soleil, et embrasse dans sa réaction toute la surface de l'hémisphère de la planète tourné vers le soleil,, et contre laquelle surface elle réagit.

» La coinp;*ession de cette colonne de milieu est proportionnée à la puissance attractive du globe, et la réaction proportionnée à la compression, et ainsi à l'attraction ; en effet, l'excès de la force répulsive sur la force attractive ne se dépense-t-il pas en lançant la planète dans son orbite? Ainsi, chacune des régions de la surface de l'hémisphère d'une planète tourné vers le soleil est attirée avec une force égale à celle qui la repousse. Il résulte de cet équilibre parfait des deux forces contraires sur tous les points de cette surface^ qu'il est impossible qu'une planète puisse avoir un balance-* ment des pôles de son axe de rotation ; car, pour que cela ait lieu , il faudrait qu'il existât sur la surface de la planète des; points où dominerait tantôt Tattraction et tantôt la répulsion.

» Toutes les sphères du firmament possèdent à leurs régions équatoriales un renflement considérable ; ce qui prouve, que là se trouve une masse plus grande de matière que sur tous les autres points de ces sphères. Comme l'attraction augmente d'intensité comme augmentent les masses, les régions équatoriales des planètes doivent être considérées comme étant le lieu de leur centre de gravité. C'est donc à ces régions que Tattraction solaire est à son maximum sur la sur^ face de ]a sphère.

— Ainsi, contrairement aux obsçrvations faites avec le pendule, ce serait, non pas aux pôles, que la puissance attractive sur la surface serait à son maximum, mais bien à l'équateur?

— ^Si je vous démontrais, ce que je ferai dans un autre moment, à l'aide de la seule différence de l'état atmosphérique des régions polaires avec les régions équatoriales, que le pendule doit plus peser aux pôles qu'à Téquateur, et que les chiffres de cette différence sont en tout semblables à ceux trouvés par l'observation du pendule sur ces diverses contrées, que me répondriez-vous?

» Le centre de gravité d'une planète réside à son équateur, parce que là sa masse est plus grande. Le maximum de l'attraction du soleil est donc à ce point de la surface du glo-

ble, puisque l'attraction est proportionnoelle aux masses. Mais à i'équateur aussi se trouve Texcès de la force répulsive de la colonne du milieu, qui, embrassant toute la surface de rhémisphère tourné vers le soleil, maintient Taxe de rotation des planètes toujours parallèle à lui-même, puisque les deux forces qui pourraient lui produire des mutations sont toujours en équilibre sur la surface de la planète.

» Ainsi^ sur la surface des sphères il existe, entre Tattraction et la répulsion , un équilibre qui ne peut jamais être rompu, puisque l'attraction qui attire cette surface ne peut augmenter sans qu'à l'instant n'augmente de même la force qui la repousse; car de l'attraction naît la répulsion, et l'excès de celle-ci sur la première, excès provenant de la nature du milieu qui la produit, se dépense toujours en lançant par la tan géante les planètes dans leur orbite, et en leur donnant en même temps leur rotation.

— Permettez que je récapitule moi-même les principes que vous venez d'émettre, afin de les bien comprendre... L'attraction, en faisant comprimer entre les surfaces du soleil et d'une planète la colonne de milieu qui sépare ces deux globes et que mtesure leur distance, fait naître de ce milieu comprimé une réaction entre les surfaces de ces deux globes, réaction qui, par la nature du milieu qui la produit, e^t à l'attraction comme 3 est -à 1. Mais cet excès de la force répulsive sur l'attraction se dépensant totalement en lançant par la langeante la planète dans son orbite, il résulte de cet échappement continuel donné à l'excédant de la force répulsive qu'il règne sur la surface des deux globes un équilibre parfait entre leur attraction et leur répulsion, et que c'est par cet équilibre, qui ne peut jamais êlre détruit, que l'axe de rotation d'une planète est toujours parallèle à luimême.

— C'est cela. Mais je dirai plus : j'ajouterai que tout axe de rotation d'une planète doit toujours être parallèle à l'axe de son orbite.

-- Je comprends parfaitement, et je crois bien expliquée et réelle la cause que vous donnez à ce que l'axe de la terre

MOTIVEMEIVTS PLANÉTAIRES. 20S

soit, comme l'affirme Tobservation» toujours parallèle à luimême. Mais ajouter qu'il est parallèle aussi à Taxe de l'orbite de cette planète, c'est, il me semble, un paradoxe qui ne pourra jamais faire croire que l'orbite de la terre n'est pas oblique au plan de son équateur, et que ces cercles ne font pas entre eux, en se coupant^ un angle de 23'' 28', quoique cela soit avéré par l'observation.

— Et pourtant Taxe de la terre et celui de son orbite, ou autrement dire l'écliplique (1) et l'équatcur de la terre sont toujours parallèles, s'ils ne coïncident pas toujours. Ils sont loin d'avoir entre eux cette prétendue obliquité, comme on l'admit jusqu'ici. Aussi est-ce en raison de cette erreur universelle des astronomes qu'il n'a jamais été possible de trouver une explication satisfaisante à ce que l'axe d'une planète soit toujours parallèle à lui-même.

— Je vois qu'il va encore vous surgir une découverte!

— Quand on voit une chose mauvaise, ne faut-il pas en chercher une meilleure pour la remplacer? D'ailleurs, vous jugerez vous-même si je me suis égaré ou non... Les planètes ne sont-elles pas de vastes globes sphériques qu'enveloppent des atmosphères d'une profondeur puissante et dont la densité augmente comme diminue le carré de cette profondeur? Ces globes sont donc d'une forme et leur atmosphère d'une constitution telles qu'ils doivent produire à toute force comprimante agissant dans le milieu de leur atmosphère une réfraction des plus puissantes.

— Effectivement, il existe chez ces globes tous les éléments nécessaires pour produire une considérable déviation à la ligne qui représente la direction de l'impulsion que les planètes reçoivent des forces combinées du soleil sur leur centre de gravité : 1° ils sont sphériques^ et ainsi exposent toujours leur surface obliquement à la ligne de cette impulsion, source puissante de déviation de cette ligne; 2" ils sont enveloppés d'une atmosphère dont l'étendue est immense, et dont la densité augmente comme le carré de sa profondeur diminue.

(1) Cercle que la terre trace dans le ciel en tonrnant autour du solcîl.

Cela seul suffit pour faire considérablement dévier de la droite la ligne d'impulsion qu'une planète reçoit, pour son centre de gravité, des forces combinées du soleil.

— De cette conclusion, nous devons donc tirer ceci : que l'impulsion que reçoit du soleil une planète^ déviant progressivement pour celle-ci de la verticale qui joint les centres de gravité (équateur) des deux globes, cette impulsion solaire, quoique produite par le centre de gravité de la planète (ses régions équatoriales), et se dirigeant vers lui, ne peut cependant pas, en raison de la grande réfraction qu*elle éprouve en passant dans le milieu qu'elle traverse, frapper directement la surface de la planète et son équateur, mais toujours frapper obliquement cette surface et hors de son équateur (centre de gravité).

— Je conçois maintenant, à l'aide de l'intelligence de ce mécanisme, pourquoi les planètes s'échappent si facilement par la tangeante dans un orbite et reçoivent en même temps un mouvement de rotation sur leur axe. Ces deux mouvements sont des conséquences immédiates de ce que les planètes reçoivent toujours leur impulsion des deux forces combinées, non-seulement obliquement sur leur surface > mais encore hors du centre de leur gravité (équateur).

— Mais les globes planétaires ne recevront-ils de cette impulsion, tombant toujours obliquement sur leur surface et hors de leur centre de gravité (équateur), que ces deux mouvements? Non, surtout si leur volume n'est pas, comme celui de Jupiter et du soleil , d'une étendue si considérable que leurs surfaces tiennent plus d'une surface plane que d'une surface sphérique. En effet, l'impulsion que reçoit une planète est bien destinée, par les forces combinées, à agir sur les régions de son centre de gravité, c'est-à-dire sur ses régions équatoriales ; mais toujours aussi elle est forcée de dévier dece point, d'abord, comme nous venons de le voir, par la refraction atmosphérique^ puis encore parce qu'elle frappe constamment une surface solide sphérique dont la résistance diminue dans le rapport du rayon à la sécante des latitudes ; car sa sphéricité, augmentant dans ce rapport, sollicite sans

cesse la ligne d'impulsion à couler de Téquateur vers un des pôles.

> Ce phénomène ne laatt aussi, comme ceux du mouvement obiculaire et de rotation, dont il n'est en quelque sorte qu'une suite, que de Texcédant de la force répulsive sur la force attractive, excédant 4ui,se réagissant obliquement sur la surface résistante d'une planète et hors du point de son centre de gravité (équateur), ne peut travailler qu'à déplacer la masse planétaire. Effectivement, la ligne d'impui*sion des deux forces combinées qui joint une planète au soleil, et de laquelle nous faisons sortir l'impulsion de tous les mouvements planétaires, doit être considérée ainsi qu'une ligne immuablement fixe, comme Test le soleil > du centre duquel elle part verticalement (sauf la courbure que lui fait faire le milieu réfringent qu'elle pénètre), vers l'équateur de la planète, à qui elle donne l'impulsion de tous ses mouvements. Ce n'est donc pas cette ligne, toujours immuablement fixe, qui obéit à toutes les exigences des mouvements, mais bien la planète seule. La locution était donc vicieuse , lorsque tout-à-rheure je vous disais que cette ligne de l'impulsion coulait sur la surface de Téquateur vers un des pôles; c'est la planète seule qui opère ce mouvement par le déplacement contraire de sa masse vers le pôle opposé, en -voulant soustraire sa surface de la contrainte incessante et oblique de cette impulsion répulsive^ ainsi qu'elle le fait en s'élançant par la tangeante dans son orbite.

> Dans ce mouvement d'un pôle à un autre, et qui est un déplacement réel de la masse planétaire, l'équilibre de la force attractive et répulsive sur la surface du globe, loin d'être détruit reçoit, au contraire, une stabilité plus grande, puisque ce déplacement n'est , comme le mouvement dans Porbite , que le résultat de l'échappement de l'excédant de la répulsion sur l'attraction, qui, s'il ne se perdait pas en produisant ces deux mouvements et celui de rotation , dé* truirait Péquilibre , et donnerait ainsi journellement de grandes et fort dangereuses mutations de l'axe de la terre. Ainsi , quoique le centre de gravité (équateur) de certaines

planètes se troave quelquefois éloigné de la ligne attractiTe du soleil de 30", leur axe n'en peut recevoir aucun déplacement, et reste constamment fixe aux mêmes points du ciel, parallèle à lui-même et à celui de Torbitede la planète; car ce déplacement du centre de gravité d'une planète n'est aussi qu'une partie de l'excédant de la force répulsive sur la force attractive, excédant qui ne peut se dépenser de la sorte et pour le mouvement obiculaire sans forcer l'axe à se tenir constamment sous un équilibre parfait et parallèle à luimême, faisant toujours angles droits avec le cercle orbicutaire.

» Outre la rotation sur l'axe, il résulte donc de l'excédant de la force répulsive sur la force attractive deux déplacements dans la masse d'une planète, l"" celui dans le mouvement orbiculaire de l'ouest à l'est; 2^ et celui dans le mouvement du nord au sud et du sud au nord , où d'oscillation du centre de gravité (équateur) sous la ligne d'attraction. Ces deux mouvements ou déplacements de la masse des planètes et celui de la rotation sur l'axe s'exécutent simultanément, car ils sont produits par la même cause, l'excès de la répulsion sur l'attraction. De la simultanéité de ces trois mouvements il résulte, pour chacune des planètes, un mouvement composé tenant des trois primordiaux, de celui de rotation , de celui du déplacement de sa masse de l'ouest à l'est dans l'orbite, et de celui de l'oscillation de cette masse d'un pôle à un autre, sous la ligne d'attraction.

d Un mouvement ainsi composé de ces trois mouvements ne peut donc s'exécuter sans faire tracer à la planète dans ses deux déplacements simultanés une spirale continue et dont les spires vont en décroissant de Téquateur vers le pôle. Quel aspect résulte-t-il de ce mouvement composé dans le déplacement de la masse de la terre? Le soleil, qui cependant reste fixe, ainsi que sa ligne d'attraction, doit paraître à chacune des révolutions de la planète sur son axe, s'être à\ancé insensiblement de l'équateur de la planète vers un de ses pôles. Ce mouvement apparent du soleil, et qui, dans le fait, n'est que le produit du déplacement de la planète

yers ie pôle opposé à celui où le soleil semble s*êire porté, est ce qu'on appelle la marche du soleil de Téquateur à un tropique, c'est-à-dire le passage d'un équinoxe à un solstice.

» Vous concevez que ce déplacement d'une masse plané^ taire étant une lutte réelle avec Pattraction (puisqu'il écarte le centre de gravité de cette masse de sa ligne d'attraction) ne peut durer qu'autant que dure la résistance de la surface de la planète pour l'excédant de la force répulsive sur l'attraction ; elle doit donc avoir un terme. Or, cette résistance de la surface, qui produit ce mouvement apparent du soleil de l'équateur vers un pôle, diminue, ainsi que je vous l'ai déjà dit, comme la sphéricité de la surface augmente de l'équateur au pôle, c'est-à-dire diminue comme augmente le rapport du rayon à la sécante des latitudes.

» Il y a donc un point sur la surface des planètes, et qui ne peut être distant que de 30° à 35* au plus de l'équateur, où doit être consommé tout cet excès de résistance de la surface. Ce point sera celui où s'arrêtera dans Tespace la planète dans son mouvement en spirale de l'équateur vers un p5le, et ce point est ce que nous nommons tropique.

B Dès l'instant que cet excédant de la résistance de la surface est usé par la sphéricité de cette surface, l'attraction rappelle aussitôt vers sa ligne le centre de gravité (équateur) de la planète. Ce qui donne l'apparence du retour du soleil vers les régions équatoriales , lorsque, dans le fait, c'est la planète qui opère ce retour en reportant son centre de gravité (équateur) sous la verticale attractive du soleil , mouvement que nous nommons le passage du solstice à l'équateur. Ce mouvement du retour de la masse planétaire du solstice à l'équinoxe ne cesse pas, comme vous le comprenez bien, d'être aussi composé des mouvements orbiculaire et de rotation, il s'exécute, comme celui du transportde la planète de l'équinoxe au solstice, en spirale continue, mais dont les spires vont en croissant, au lieu que celles de la première spirale vont en diminuant.

» Une fois le centre de gravité ou équateur de la planète a-l-il atteint la verticale attractive du soleil, qu'il en reçoit

210 PHYSIQUE GÉLBSTE.

de nouveau, toujours obliquement àsasurface, une impulsio n qui en repousse aussi de nouveau la masse planétaire; car vous comprenez que la planète, en venant reporter son équateur sous Pobliquité de la ligne attractive en traçant une spirale en spires croissantes, ne peut faire autre chose que de . rétablir lexcès de la résistance de la surface, qui augmente comme diminue le rapport du rayon à la sécante de la latitude. Ainsi, la masse de la planète sera de nouveau repoussée par l'obliquité de la ligne attractive vers la direction du ciel où correspond un de ses pôles ; mais cette fois, ce sera vers le pôle céleste opposé à celui vers lequel elle s'était avancée dans le premier mouvement; car elle continuera l'impulsion qu'elle avait dans sa marche en spirale à spires croissantes pour descendre une spirale en spires décroissantes, jusqu'au point (le tropique ) de la surface où elle s'arrêtera pour retourner en spires croissantes vers Péqualeur céleste.

» Par des phénomènes en tout semblables à ceux-ci, toute planète, dont le volume n'est pas si prodigieusement grand que sa surface se comporte pour la ligne attractive ainsi que si elle était plane, transporte sa masse d'un pôle céleste vers l'autre, et vice versa, en promenant constamment ses régions intertropicales sous la ligne attractive du soleil. Elle opère, sous cette ligne, une véritable oscillation de sa masse du nord au sud et du sud au nord pendant tout le cours de son mouvement dans son orbite, tout en roulant sur un axe immuable qui, malgré cette oscillation incessante de la masse planétaire, ne cesse pas d'être parallèle à lui-même et à vcelui de l'orbite de la planète.

» Vous voyez, mon cher capitaine, que dans cette oscillation de la masse de notre planète, oscillation qui nous donne les charmes des variations de saisons, il n'y a rien de bien miraculeux, et que tous ces phénomènes astronomiques , 1® la rotation sur un axe toujours parallèle à luimême; 2° le mouvement orbiculaire; 3*" les changements eu déclinaison et longitude du soleil (lesquels, lorsqu'on les congidère pour la terre, se nomment mouvements dans l'éclipti- ^queet obliquité de Véelipûque ), ne sont que les résultats d'une

MOUVEMENTS PLVNÉTAIRES. 211

seule cause : Pexcédant de la force répulsive sur la force attractive, dont ma théorie vous explique les puissantes conséquences , autant qu'il est possible d'expliquer une chose aussi abstraite.

— Je vous comprends, moi, parce que je suis déjà initié à la science astronomique et à ses termes ; mais je crois qu'il sera difficile à tout autre de vous comprendre de même , si vous n'expliquez pas, par une figure, cette oscillation del'é* quateur des planètes sous leur ligne d'attraction solaire et sur le cercle de leur orbite^ oscillation qui leur donne la vi-^ cissitude des saisons.

— L'explication graphique de ce phénomène n'est pas impossible ; et tenez, je vais à Tinstant vous en dresser la figure. Celte droite A M (Fig. 3"*), représente la ligue immuable des forces combinées du soleil A sur la planète T, et A est un arc de l'orbite dans laquelle roule cette planète T, vu du centre de l'orbite.

» Faisant N et S les pôles de la planète T, là droite N S devient son axe de rotation ; E Q est son équateur qui oscille sur la ligne immuable A M jusqu^à R V et C P, cercles qui sont ainsi les tropiques, c'est-à-dire les points de la surface de la planète qui correspondent à ceux du ciel que Toscillan^ tion de la planète de B vers G et de G vers B ne dépasse jamais.

» A l'aide des tirants F et H, maintenus en B et en G (qui remplacent ici la force d*équilibre de la planète )j il vous est impossible de faire osciller le petit rond mobile de papier T, de son équateur E Q aux tropiques R V et C P sur la droite immuable A M de Tattraction du soleil , sans que l'axe N S ne soit pas toujours parallèle à lui-même et ne fasse plus angle droit avec A O, arc de Torbite de la pla^ nète T.

> Je ne vous donnerai pas plus d'explications dé cette figure, afin de vous laisser le plaisir d'appliquer vous-même son intelligence aux phénomènes astronomiques et inétéo* rologique^ qu'elle représente et que nous venons de traiter* i

Le capitaine, qui avait écouté si longtemps ma longue dissertation avec une complaisance silencieuse vraiment extraordinaire pour son caractère, prit mon petit morceau de papier découpé; et après avoir fait plusieurs fois, avec un grand recueillement , osciller le petit rond T sur la ligne A M 0, il me tendit la main en me disant :

— Pardon, si dans des moments d'incrédulité je vous ai traité de cerveau... malade. Jamais je n'avais pu me rendre compte, comme je viens de le faire en cet instant, de l'inclinaison de l'axe sur le plan de l'orbite, ainsi que nos astronomes appellent si improprement cette oscillation du centre de gravité (équateur) des planètes sur lé cercle orbiculaire. Votre théorie a donc sur l'ancienne un grand avantage : celui de lever d'immenses difficultés aux solutions des problèmes astronomiques.

— Cet aveu, considérez-le bien, capitaine, est celui de la victoire de ma théorie sur l'ancienne.

— \Ce n'est pas parce que, moi, je croirais reconnaître des vérités dans ses conséquences que votre théorie serait pour cela meilleure à la grande œuvre de nos hommes de génie. Vous et moi, nous pouvons fort bien être sous Tiofiluencede la même illusion. Sur une question aussi grande, je ne puis décider moi-même, j'en appellerai à l'Académie.

— Bon ! comme dans la science positive il n'y a pas de milieu entre la vérité et l'erreur, qu'il faut être applaudi ou bafoué, dans votre doute pour l'une ou l'autre de ces deux choses qui doit m'être réservée, vous ne trouvez rien de mieux que de me conseiller la publicité, c'est-à-dire que si je suis dans l'erreur je dois avoir la double sottise de l'imprimer.

— Nous serons deux pour en porter le ridicule ; je ne puis me défendre de partager ta déception dans laquelle vous seriez si votre théorie'était une erreur, puisque je prends une certaine part dans la croyance de son excellence.

— Mais je ne veux pas que vous croyiez à demi; il faut que votre croyance soit entière. D'ailleurs il me reste encore

MOUVEiMENTS PLANÉTAIRES. 213

à vous donner le compléoaient à la yérité de ma théorie... Je vous ai dit que les mouvements orbiculaire , de rotation, et celui de l'oscillation du centre de gravité sur la verticale A M {Fig. S"***), provenaient tous les trois de la même cause : de l'excès de la force répulsive sur celle d'attraction. La puissance de cet excès de répulsion est 1 ; elle ne peut s'employer pour opérer un mouvement sans qu'elle perde, sur la vitesse d'un autre qu'elle produit, un chiffre égal à celui qu'elle dépense pour engendrer le premier. Par exemple, une planète doit avoir le mouvement de sa rotation sur sou axe d'autant plus rapide qu'elle dépense moins de son excès de répulsion pour faire osciller son centre de gravité EQ {Fig. 3™*), sous la verticale A M.

» £n calculant la vitesse de rotation que toutes les planètes doivent posséder, en raison de leur force de projection ou excès de force répulsive sur l'attractive, et l'accélération que lui donne l'influence des satellites , j'ai toujours trouvé que la vitesse de rotation de Jupiter, après avoir eu égard à l'influence de ses satellites, avait un excès de 0,54 qui ne pouvait non plus provenir de la force de projection dans l'orbite. Cette planète seule offre cette anomalie aux lois qui régissent les sphères. Mais est-ce bien une anomalie? cet excès de vitesse dans la rotation ne provient-il pas d'une toute autre cause que de celle du mouvement orbiculaire et de l'influence des satellites ? Je viens de vous dire qu'une planète devait, toute proportion gardée de la vitesse de son mouvement orbiculaire et de l'influence de ses satellites, avoir la vitesse de sa rotation d'autant plus grande que son centre de gravité (équateur) oscille moins sur son orbite.

» Cette oscillation doit être nulle, ou à peu près, chez Jupiter; car il a 0,54 d'excès de vitesse de rotation que ne peut lui donner le nombre de ses satellites et sa force de projection dans l'orbite. Or, pour qu'il en soit ainsi , il faut donc que l'excès de la répulsion sur l'attraction, ne pouvant rien dépenser ou très-peu de sa puissance pour opérer une oscillation de la masse de Jupiter sur son orbite, s'emploie sur le mouvement de rotation, dont il augmente ainsi la vitesse..

1 EfFeclivement Tobservation démontre que l'équaleur de Jupiter n'oscille sur son orbite que de 15' de sa cireonrélence. Ainsi, cet excès 0,54 de vitesse de rotation de Jupiter n'est pas une anomalie aux lois qui s'appliquent si invariablement aux autres planètes; mais il provient de ce que de toutes les planètes, Jupiter est le seul qui n*ait pas d'oscillation sensible de son équateur sur son orbite. La force que les autres planètes dépensent cbez elles pour produire ce mouvement d'oscillation de leur masse, s'emploie cbez Jupiter pour sa rotation .

> il est inutile, je pense, de vous répéter ici que Jupiter doit à l'énormité de son volume de ne pas avoir cette oscillation. Jl existe donc un rapport entre le chiffre du volume, qui donne aux planètes une étendue de surface plus ou moins convexe, et celui de leur force de projection dans l'orbite, pour que les planètes puissent avoir un mouvement d'oscillation sur leur orbite, mouvement qu'elles ne peuvent avoir, sans doute, si le rapport du chiffre de leur Volume à celui de leur force de projection est trop considérable. Nous pouvons encore nous assurer si cela est vrar.

f Saturne, par exemple, qui , après Jupiter, est le plus gros des globes planétaires, a une oscillation de son équateur sur son orbite de 30°. Le rapport de sou volume à sa force de projection dans sou orbite est de ( 887 vol. : 3,07 =) 288, lorsque celui du volume de Jupiter et de sa force de projection est (1470 vol. : 2,29 =) 643, et ainsi environ trois fois plus grand que 288, rapport du volume deSaturee à sa force de projection. Sans aucun doute, c'est parce que le rapport du volume de Saturne à sa projection n'est que le tiers de celui dé Jupiter^ que, lorsque Jupiter n'a qu'une oscillation de 15'' sur sou orbite, Saturne en possède une sur la sienne qui prend le tiers de son hémisphère ; en effet, l'équateur de cette dernière planète s'éloigne de 30"" de l'orbite.

» De ces calculs nous devons donc tirer cette loi : que l'étendue de l'oscillation d'une planète sur son orbite augmente comme diminue le rapport de son volume à sa force de projection dans l'orbite. Et comme la force de projection

des planètes augmente, comme l'observation le prouve» quoique les volumes de ces globes restent les mômes, roscillation des planètes sur leur orbite doit donc diminuer comme augmente Is force de projection.... Ne chiffonnez donc^pas ainsi ce papier, ma mécanique céleste; nous en aurons peutêtre encore besoin.

— Il y a déjà tant de choses dans ce chiffon découpé {Fig. 3°*), qui ne semble bon que pour amuser un no.urrisson, que je ne puis l'apercevoir sans éprouver une espèce de honte, pour ma qualité d'homme, de me voir forcé dy trouver les plus hautes conceptions, celles-là même qui échappèrent à nos grands génies.

•— Il faut vous habituer à sa vue.

— Allez donc porter aux successeurs de Laplace ce modèle de mécanique céleste; et dites- leur que par lui s*expliquent tous les mystères de leur science !

— Certes, du prime-abord je serai reçu par des huées; mais j*ai assez de confiance dans le bon esprit de ces messieurs de la haute science, pour présumer qu'une fois l'intelligence de ce petit joujou bien comprise , les rieurs passeraient de mon côté.

— Vous ne savez donc pas qu'il y a, dans les croyances scientifiques, autant d'opiniâtreté et d'entêtement que dans les croyances religieuses?

— Eh, qu'est-ce que cela peut me faire? Oui , je crois que, sur un point métaphysique , on ne puisse jamais être d'accord , et qu'on peut vous prouver aussi bien que vous avez tort ou raison. Mais je ne fais pas ici de la métaphysique; ce sont des faits que je rapporte. Seuls ib parlent; on les voit, on les palpe en quelque sorte ; eh ! qu'ai-je à.m'occuper de ceux qui veulent, par parti pris à l'avance , refuser de voir et de sentir !

1 J'ai beaucoup de respect pour Laplace : ses travaux de détails astronomiques sont des plus beaux, et font grand honneur au génie de l'homme. Mais^ par malheur, Laplace

négligea trop les bases astronomiques pour s'occuper des minuties du métier. Croyez-vous que dans ses calculs sur la chaleur et la lumière que chaque planète reçoit de Tinfluence solaire, il ne fait pas preuve d'une inconséqueace vraiment extraordinaire? Mais je remets à cette après-midi la critique du système de Laplace sur la lumière et la chaleur solaires, que je ferai suivre d'un système tout autre que le sien, et qui est aussi de mon invention.

LimilÈRE ET €HALEIIR SOLAIRES.

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