Il se fit un grand tremblement de terre; le
soleil devint noir comme un sac de poil; la lune parut tout en sang. >
• Il nous peint, avec les couleurs les plus vraies, Pimpres^ sion terrible qui devait frapper Tesprit de l'homme encore ignorant, à cet épouvantable spectacle, où, en même temps que la terre se brisait sous ses pieds, le déplacement brusque de l'axe de rotation de notre planète semblait faire tomber les étoiles sur la terre> en donnant au ciel des fixes^ pendant quelque temps, un mouvement apparent et des plus violents d'une rotation secondaire sur lui-même. Aussi saint Jean nous dit-il, comme Jésus, dans la citation de ci-dessus :
13. c Et les étoiles tombèrent sur la terre, comme les figues vertes tombent d'un figuier qui est agité d'un grand vent.
14. t Le ciel se retira comme un livre que Ton roule, et toutes les montagnes et les lies furent ôtées de leur place. >
» La terreur générale des hommes devant le défoncement et le déchirement de la surface de la terre se trouve dans les versets suivants :
15. « Et les rois de la terre, les grands du monde, les officiers de guerre, les riches^ les puissants, et tous les hommes esclaves ou riches se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes.
16. » Et ils dirent aux montagnes et aux rochers : tombez sur nous, et cachez-nous de devant la face de celui qui est assis sur le trône> et de la colère de l'Agneau.
17. » Parce que le grand jour de leur colère est arrivé; et qui pourra sul^îster?»
LUMIÈRE ET CflALEUR SOLAIRES. 269
i Après avoir ainsi préludé à la narration de la grande tourmente, saint Jean en raconte les effets destructeurs qui, sur ia terre, anéantiront tout i^un tiers, et qui sont semblables à ceux que produisit réellement le choc primitif du satellite contre la terre.
• Voilà dans le chapitre suivant» raconté par saint Jean lui-même, lui le révélateur, Tincendie de l'atmosphère de la terre embrasée par l'énorme et subite pression des gaz atmosphériques de notre planète, pression produite par le choc de la lune tombant vers la terre.
7.C Le premier ange sonna de la trompette; et il se forma une grêle et un feu mêlé de sang, qui tombèrent sur la terre ; et la troisième partie de la terre et des arbres fut brûlée, et le feu brûla toute herbe verte.
8. >Le second ange sonna de la trompette; et il parut comme une grande montagne toute en feu , qui fut jetée dans la mer; et la troisième partie de la mer fut changée en sang.
9. f La troisième partie des créatures qui étaient dans la mer, et qui avaient vie, mourut; et la troisième partie des navires périt.
10. > Le troisième ange sonna de la trompette ; et une grande étoile , ardente comme un flambeau , tomba du ciel sur la troisième partie des fleuves, et sur les sources des eaux. >
f Je vous démontrerai chimiquement, non-seulement que c'est de cette époque fatale et par la puissance du choc du satellite que les eaux de Focéan furent produites; mais que c'est aussi de ce moment que ces masses énormes d'eau, aussitôt leur formation, roulant d'abord sur toute la surface de la terre, se chargèrent d'une immense quantité de sels de minéraux, de végétaux incendiés et d'animaux brûlés et broyés qu'elles tenaient en dissolution en elles : ce qui leur donna leur amertume. Saint Jean reporte aussi à cette tourmente planétaire, non-seulement la formation d'une im-
inensG quantité d'eau , mais aussi l'amertume des eaux de la terre, laquelle dut, d'abord, être générale pour toutes les eaux de la surface de la terre. Aussi notre réYélaleur astrologue continue-t-*il ainsi :
11.» Cette étoile s'appelait Absinthe, et la troisième partie des eaux ayant été changée en absinthe, un grand nombre d'hommes mourut pour en avoir bu , parce qu'elles étaient devenues amères.
12. • Le quatrième ange sonna de la trompette; et le soleil, la lune et les étoiles ayant été frappés dans leur troisième partie, la troisième partie du soleil, de la lune et des étoiles fut obscurcie; ainsi le jour fut privé de la troisième partie de sa lumière et la nuit de même.
13. 1 Alors je vis et j'entendis la voix d'un aigle qui volait par le milieu du ciel, et qui disait à haute voix : Malheur! malheur ! malheur aux habitants de la terre^ à cause du son des trompettes dont les trois autres anges doivent sonner. •
> Le chapitre de V Apocalypse qui suit ce huitième, complète l'exposé d^s grands faits météorologiques et géogoniques que s'est proposé de rapporter le savant astrologue. Saint Jean donne, à son étoile tombée du ciel, le semblable et terrible pouvoir que la lune posséda réellement lorsque, des profondeurs de l'espace, elle se précipita avec une violence excessive vers notre planète. Il lu,i fait ouvrir les entrailles de la terre; lesquelles vomirent sur la surface une multitude d'animaux jusqu'alors inconnus à l'homme, monstres aquatiques renfermés dans les lacs souterrains et très-nombreux que recelait primitivement le sein de la terre; et de ces abîmes ouverts s'exhalèrent aussi une immense quantité de gaz, qui, passant à la combinaison de l'eau, au milieu de l'embrasement de l'atmosphère et par cet embrasement> aidèrent à la production des mers. Mais laissons l'écrivain astrologue traiter lui-même ces grands faits planétaires, avec son langage aussi vrai qu'il est empreint de cette animation toute particulière et si riche de peintures et de pittoresque astrologique, que surent toujours donner à leurs œuvres les prophètes astrologues.
1 . « Le cinquième ange sonna de la trompette ; et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre, et la clef du puils de Tabime lui fut donnée.
2. » Elle ouvrit le puits de labîme, et il s'éleva du puits une.fumée semblable à celle d'une grande fournaise, et le soleil et l'air furent obscurcis par la fumée de ce puils.
3. » Ensuite il sortit de la fumée et du puits des animauxpoissons sur la terre; et il leur fut donné un pouvoir semblable à celui qu'ont les scorpions de la terre. »
» J'ai, dans ce dernier verset, pris la liberté de changer l'expression sauterelles en animaux-poissons; car, dans l'original grec> le mot de cette expression désigne aussi bien des sauterelles que des animaux-poissons et rampants.
» Il n'y a pas seulement les peuples de l'Egypte et de l'Asie méridionale et occidentale qui crurent au dogme de la perte d'un primitif séjour qui avait été plein de douceurs, et à celui de la destruction de notre monde actuel pour le retour de ce Paradis terrestre. Cette croyance astrologique était générale chez tous les peuples de l'antiquité. Les devins toscans enseignaient que l'univers seraitdisçous pour prendre une face nouvelle. Des signes , paraissant au ciel et sur la terre, devaient aussi annoncer ce grand événement. Les anciens peuples du Nord avaient foi aussi à la croyance de la destruction du monde actuel par un embrasement universel, comme dans l'Apocalypse^ et auquel devait succéder aussitôt un monde plein de délices.
B Li'Edda parle, comme V Apocalypse, d'un ciel nouveau et d'une terre nouvelle, t II sortira, dit-il, de la mer une autre terre belle et agréable, couverte de verdure et de champs, où le grain croîtra de lui-même et sans culture, i Dans le Volusta, poème des Scandinaves, on y voit aussi le Dragon de V Apocalypse, le génie du mal que le fils d'Odin attaque et tue. « Alors, le soleil s'éteint; la terre se dissout dans la mer ; la flamme dévorante atteint toutes les bornes de la création, et s'élance vers le ciel. Mais du sein des flots, continue la prophétesse, je vois sortir une nouvelle terre
habillée de verdure. On voit des moissons mûres qu'on n'avait pas semées : le mal disparaît. »
> il faudrait des volumes entiers, si je voulais rapporter ici toutes les traditions des peuples aaciens sur leur croyance de la perte d'un Paradis terrestre et celle de la restitution d'un nouveau à la suite d'une grande calamité planétaire, d'une lutte des puissances du ciel. Les Chinois, los Japonais, les Javanais, aussi bien que tous les peuples de l'Asie occidentale, et même jusqu'aux anciennes peuplades des plateaux des deux Amériques et des îles de TOcéanie viennent m'apporter d'immenses et riches matériaux à cette histoire de notre terre. Mais je dois m'arrèter ici, le cadre que je me suis proposé n'étant que celui de la physique céleste , c'est-à-dire ne devant traiter que du mécanisme des mouvements célestes.
— Je ne vous ai pas interrompu jusqu'ici dans la crainte de perdre quelques-unes des bonnes choses dont vous étiez en train de me donner; mais depuis bien longtemps j'avais de la peine à retenir ma langue, qui voulait vous demander s'il était bien exact que l'Agneau fut primitivement, comme vous l'avez laissé croire, le premier symbole de la divinité des chrétiens ; car, delà sort toute l'explication de l'origine du culte que s'est donné l'humanité, il y a bientôt deux mille ans, époque où la constellation du Bélier était devenue équinoxe du printemps. Comme le christianisme, ou culte de l'Agneau équinoxial, succéda au culte du Taureau, théogonie du paganisme qui commença deux mille ans avant le Christ, c'est-à-dire à l'époque où la constellation du Taureau était devenue équinoxe du printemps, ces deux théogonies, le paganisme et le christianisme, seraient donc sœurs; puisqu'à vrai dire elles auraient la même origine, le culte sabéiste des équinoxesde printemps. Chez elles le nom du dieu adoré serait seul changé; le nom d'Agneau aurait remplacé celui de Taureau, comme la constellation de l'Agneau aurait remplacé celle du Taureau à l'équinoxe du printemps. Les cérémonies religieuses et fêtes du paganisme, ayant le même esprit, auraient ainsi persévéré dans le
christîaDÎsme , comme le dâpfiontre Dupuis dans son grand ouvrage astronomique.
— La plus ancienne représentation du Dieu des chrétiens était une Ggure d'agneau, tantôt uni à un vase dans lequel coulait son sang, tantôt couché au pied d'une croix. Cette coutume subsista jusqu'à Tan 680, et jusqu'au pontificat d'Agathon et au règne de Constantin Pogonat.Il fut ordonné par le sixième synode de Constantinople {canon 82), qu'à la place de l'ancien symbole, qui était Tagneau, on représenterait un homme attaché à une croix; ce qui fut confirmé par le pape Adrien P*. C'est ainsi que, par l'ignorance slupide et par le désir de changement qui pousse toujours les hommes qui exécutent machinalement un culte sans en connaître l'esprit et la base scientifique, se perdirent insensiblement les savantes traditions historiques sur lesquelles s'appuièrent toutes les théogonies de l'antiquité ; desquelles sont sorties, comme des filles bâtardes et idiotes, les religions indoustanne, christo-platonicienne et mahométanne, qui se disputèrent si longtemps les peuples, comme une proie à laquelle chacune prétendait avoir le droit exclusif.
— Tout ce que vous venez de me dire est brûlant d'intérêt historique; et la philosophie astrologique, jusqu'alors si mystérieuse , se montre à moi dans tout son jour.
— Mais permettez que je ne continue pas ici cette thèse ; car c'est une narration trop longue que celle qui traite de l'histoire de la terre.
— Vous avez tort, car je me sentais déjà ébranlé dans ma crédulité sur l'épisode d'Adam, que j'avais toujours considéré comme une fable insipide; et je commence à croire aux bases scientifiques du christianisme.
— Je vous tiens pour un savant chrétien, à ma mode ; vous ne tarderez pas à être convaincu aussi, avec moi, de la grande vérité qui repose sur la chute d'Adam, l'homme fait de terre rouge, père de cette race rouge jadis si puissante, et qui semble depuis si longtemps maudite pour toujours dans l'humanité.
t Du déchirement général de la terre par son satellite, qui, lancé des profondeurs du del, tomba sur elle et la brisa sur son centre de gravité, ainsi qu'aurait pu faire un marteau impitoyable, se produisit un incendie immense de l'atmosphère de la terre; incendie qui, combinant une grande partie de Poxygëne atmosphérique avec l'hydrogène sorti de la combustion des végétaux et des entrailles déchirées de la terre, enfanta ces nappes énormes d'eau, les mers, jusqu'alors inconnues, et qui, vu leur légèreté, en comparaison de celles des substances solides, couvrirent pour toujours les trois quarts de la surface nouvelle de la terre.
1 La formation de ces immenses masses d'eau ne put avoir lieu qu'au détriment de l'oxigène atmosphérique de notre planète, de cet élément de la vie animale, et qui est en même temps l'agent moteur de toute production organique et ainsi de la fécondité de la terre. Comme le disait la symbolique Épypte : Typhon, après la mutilation d'Osiris, avait jeté ses testicules dans la mer; aussi la mer était pour les Egyptiens; ce qu'ils avaient le plus en borreur avec les poissons. Mais ce n'est pas à cette seule cause, qui priva l'atmosphère d'une grande portion de l'élément de la fécondité (de son oxygène) pour produire les mers, qu'il faut attribuer la perte de la puissante fécondité que possédait primitivement notre planète.
» Notre globe, en se condensant sur son centre de gravité d'un tiers de plus, serrait d'un tiers de plus les pores des terres ; l'oxygène ne pénétra plus qu'avec difficulté dans les pores de ces terres, pour enfanter ses innombrables combinaisons animales et végétales. Les animaux diminuèrent leur stature, c'est-à-dire subirent une dégradation; et il fallut que l'homme, pour donner aux végétaux de l'élément d'organisation, de l'oxygène, desserrât, par la bêche et la charrue, les pores des terres qui les contiennent. L'homme fut obligé de se faire laboureur, de retirer sa vie du travail de ses bras. Mais l'atmosphère était elle-même devenue d'autant plus avare d'oxygène que son incendie lui en avait fait plus abandonner à la formation des mers ; et maintenant elle
ne l'abandonne plus qu'avec difficulté, et qu'à l'aide d une ségrégation, que le soleil seul a le pouvoir de faire en grand, par la compression atmosphérique que son attraction produit contre la surface solide de la planète.
— Ce que vous avancez-là demande des développements.
- Je m'expliquerai plus tard. Pour le moment, sachez que, si Dieu rendait à notre atmosphère la partie d'oxygène qu'elle a perdue pour former les mers, tous les hommes deviendraient d'un caractère gai et enjoué. Plus de tristesse : contre eux s'émousseraient tous les aiguillons des événements, qui maintenant nous produisent des douleurs si vives. Il en était ainsi primitivement. L'homme n'obtenait pas seulement sa félicité de la grande fécondité de la terre, qui lui donnait des fruits sans culture et faisait de notre planète un jardin éternel; mais il trouvait, dans le caractère que lui donnait alors la constitution atmosphérique , le pouvoir d'atteindre aux dernières limites de la félicité.
• C'était surtout aux régions de l'ancien équateur où il se dégageait le plus d'oxygène. La race d'homme qui sortit de ces régions, devait être primitivement une race puissante et très-impressionnable surtout, et ainsi très-disposée aux jouissances des sens ; car les éléments qui constituèrent cette race devaient être très chargés d'oxygène. Si c'était ici l'à-propos de vous analyser par la chimie les éléments qui forment les trois races humaines, la rouge, la noire et la blanche, je vous démontrerais que c'est dans la rouge que rentre le plus d^xy gène, ce qui d'ailleurs est la cause de sa couleur. Aussi, cette race d'hommes est-elle toute de sensations : elle semble vivre et mourir par elles. Elle ne peut résister aux chagrins, qui, plus que les travaux des mines, la décimèrent sur les continents américains.
• Cette race puissante d'intelligence et de force physique sous les régions chaudes de l'équateur, végète et semble même, dans ses descendants les Esquimaux, avoir dégénérée dans sa taille proportionnellement à la diminution de la température que leur apporta le déplacemenj de l'axe de la
rjù PHYSIQUE CÉLESTE.
terre. Cette race ne peut être originaire que des régions chaudes de l'ancien équateur: et c'est sur la zone qui nous reste de cet équateur que nous devons retrouver ses berceaux. Il en est ainsi. Les continents américains font entièrement partie de cette zone ; aussi la race rouge en posséda seule la jouissance jusqu'à l'arrivée de Colomb, qui y introduisit la race blanche et la race noire.
1 Longtemps aussi, la race d'Adam conserva la Sibérie, la Barbarie, Pintérieur de PAsie, où elle forma, dans divers temps, de puissants empires. Mais depuis longtemps elle disparut de l'Asie occidentale et de l'Afrique, sous la marche croissante des générations blanches et noires, qui semblent devoir un jour la faire aussi disparaître totalement des continents américains et asiatique. Car une malédiction fatale parait éternellement peser sur cette race qui, dès l'instant de la chute de l'humanité, a perdu tout l'ascendant de sa puissance ; elle est devenue l'esclave des générations d'une race cadette, la blanche, dont la constitution organique, est des trois souches humaines, celle qui pouvait perdre le moins dans le naufrage de notre monde. Mais je me hâte de mettre fin à cette étude des races, qui me jetterait dans de grands développements chimiques; elle m'écarterai t trop de mon but.
1 Je vous ai démontré^que la terre, par l'influence de son satellite, était d'un tiers plus dense que Mercure et que Vénus, qui n'ont pas de lune. Sans l'arrivée de son satellite, la terre aurait conservé une circonférence qui serait un tiers plusgrande que cellequ'elle possède maintenant. Donc, avant l'arrivée de son satellite, le rayon de l'équateur de la terre était celui actuel plus un tiers de ce même rayon. Or, le rayon de l'arc qui nous reste de l'ancien équateur de notre planète, et que nous retrouvons dans les montagnes des continents américains, asiatique et africain, formant une immense chaîne continue, doit donc être un tiers plus grand que celui de l'équateur actuel de la terre.
— Voyons, j'ai un compas.... Mais, oui, c'est cela ! c'est parfaitement exact !
-— Maintenant, reprenons notre étude sur les anneaux de Saturne et d'Uranus. Vous concevez que la formation de ces anneaux provient de la condensation de leurs globes par leurs satellites, et que si la terre avait été, lors de l'arrivée de son satellite, à une distance aussi éloignée du soleil que le sont Saturne et Uranus, sou antique zone équatoriale aurait fort bien pu ne pas se briser; alors elle aurait dépassé de beaucoup plus qu'elle le fait maintenant la surface de la terre. Faites successivement venir ainsi 6 à 8 satellites; cette zone solide, restant immuable lorsque la planète se condense 6 à 8 fois plus, finirait par se détacher du globe, et ferait à la terre un véritable anneau, semblable en tout à ceux que possèdent Saturne et Uranus.
» D'après ces quelques principes, nous pourrions, par le calcul, trouver la surface approximative deFanneau d'Uranus, si nous connaissions le nombre des satellites de cette planète. Quoiqu'il en soit, nous pouvons facilement croire, en voyant la surface de sa planète 20,25 fois plus grande que celle de la terre, que la surface de Panneau d'Uranus dépasse de beaucoup les 18 fois la surface de la terre que cet anneau doit avoir pour qu'Uranus reçut du soleil tout autant de lumière et de chaleur qu'en reçoit la terre.
— Je vois que les mondes du système solaire sont loin d'être aussi disgraciés que les calculs de Laplace voudrait nous le faire croire. Sur toutes les planètes, excepté Mars elles satellites, nous vivrions aussi à Taise que sur la terre. Réellement vous avez donné le complément à la solution du grand problème des températures des planètes.
— Vous êtes dans Terreur. Tous ces calculs ne sont que pour vous démontrer que, si Laplace avait comparé, comme je viens de le faire, le rapport des surfaces antérieures des planètes avec celui des carrés de leurs distances au soleil, il se serait misa Tabri du ridicule; mais il n'aurait pas encore été dans la vérité absolue.
— Ah ! vous agissez traîtreusement avec moi. Vous faites tout pour me faire croire à une chose ; vous me poussez même
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à radmiration pour tiâ système qui me paraît riche de vérités; puis» lorsque tous me voyez eniiëremeut per^ suadé, vous me dites d'un air goguenrard : tout cela n'est pas réel.
— Je ne vous ai jamais affirmé que ce rapport de la surface et du carré de la distance des planètes au soleil devait donner le chif&e réel de la température de ces globes, quoiqu'il donna celui de leur lumière; je vous ai seulement dit que Laplace aurait dû s'en servir pour échapper, par une apparence de vérité, au ridicule dont il se couvrit en ne prenant» pour la température et la lumière, que le rapport des carrés des distances. Je crois, il est vrai, que les planètes peuvent recevoir du soleil une certaine portion de lumière par le mode d'émission dont je viens de vous donner le mécanisme optique et les calculs; mais je suis assuré aussi qu elles sont loin d'en recevoir toute leur chaleur solaire; car celle-ci doit venir d'une toute autre cause que de celle d'une émanation de la surface solaire du soleil.
• La lumière d'une lampe se propage bien à une fort grande distance, sans qu'elle puisse, même à une très-petite distance, par tous les moyens qui réunissent le plus grand nombre possible de ses rayons, donner la sensation d'un degré de chaleur, quoiqu'elle produise au foyer de ses rayons une intensité de lumière considérable. Or, il en est de même de la lumière du soleil sur les globes planétaires. Les calculs et les lois d'optique que j'ai appliqués à l'introduction de ce fluide dans l'atmosphère des planètes, ne peuvent s'entendre que pour le principe lumineux de ce fluide émis et non pour son principe calorifique. Ainsi, Mercure et Venus reçoivent du soleil tout autant de lumière que la terre : Mars, 5,27 fois moins; Jupiter, 4 fois plus; Saturne tout autant que la terre, lorsqu'on ne fait pas entrer son anneau dans le calcul, et 9 fois plus lorsqu'on l'y fait rentrer; et Uranus sans son anneau, 18 fois moins que la terre. Ce degré de lumière reçu du soleil par chacune de ces planètes correspond parfaitement avec l'éclat plus ou moins grand sous lequel ces globes nous apparaissent.
i Si le s(Aei\, ainri que tout corps lutniDeiix, peut envoyer de la lumière aux planètes, il lui eât, toutefois» impossible de leur donner du calorique de sa surface; car cette substân^^; qui tient toujours à se mettre en équilibre, en se combinant atee le milieu de l'espace qu'elle pénètre^ ne pourrait jamais parvenir jusqu'aux planètes. D'ailleurs, les milieux atmosphériques sont, de toutes les substances, les plus mauvais conducteurs qu'on puisse trouver du calorique, et ils sont encore d'autant plus mauvais conducteurs qu'ils sont moins denses. Ainsi, comme les milieux atmosphériques des planètes sont d'abord les plus mauvais conducteurs que le calorique puisse trouver, et qu'en suite leur densité diminue comme le carré de leur profondeur augmente, vous comprenez que leur non-conductibilité du calorique doit augmenter dans le même rapport. Vous voyez que, quelque masse embrasée qu'on fasse du soleil, il est matériellement impossible que le calorique qui s'en émanerait puisse même affecter Mercure, la planète la plus proche du soleil; car ce calorique serait complètement absorbé et arrêté par le milieu qui sépare le soleil de Mercure, bien avant de pouvoir arriver jusqu'à cette planète.
1 D'ailleurs, à l'aide de son puissant télescope, Herscbell nous démon ti*a que le soleil, loin d'être un globe de feu ou une masse embrasée, est tout simplement une masse solide comme tous les autres globes du firmament, mais qu'une atmosphère lumineuse l'enveloppe; laquelle s'ouvre même assez souvent pour laisser voir la masse obscure et opaque du noyau. Un tel globe, dont la température n'est peut-être pas plus grande que celle de notre planète, ne peut produire, par l'émission de son calorique dont il n'a pas de trop, la température des planètes. Il faut donc chercher à la chaleur solaire des globes planétaires une toute autre cause que celle qu'on a cru jusqu'ici être l'émission de rayons solaires tout à la fois lumineux et calorifiques.
— Mais alors, comment le soleil produit-il le calorique que nous voyons chaque jour engendré par lui dans notre atmosphère ?
— Par nue cduse des plus simples, ei qui n'est aussi qunu résultat de la différence des deux forces planétaires. Fattraction' et la répulsion expliquées par mon système. La terre, ainsi que toutes les autres planètes, est enveloppéer d'une atmosphère dont Fadhérence à la surface, produite par son affinité avec les substances qui composent cette sur^ face, est si grande, qu'il n'est pas de puissance en dehors de la planète qui puisselui ravir un seul de ses atomes, et même la déplacer des points de la sur&ce sur lesquels elle repose* La masse solaire^ en attirant une planète vers elle, ne produit rien autre chose que de faire refouler et ainsi comprimer, par le milieu qui sépare les deux globes, l'atmosphère de chacun d'eux sur leur propre surface solide et résistante; compression qui engendre, par la résistance des globes, tous lesi mouvements planétaires.
» L^atmosphère du soleil, ainsi que celles des planètes, est un composé ; or, comme il n'y a pas de composé sans oxygène (qui est le principe unique de toute combinaison), Toxygène est donc un des éléments fondamentaux de la constitution des atmosphères des globes du firmament. Ces atmosphères se trouvent constamment sous une prodigieuse comprea»on sidérale qui, vu la sphéricité des globes, va en décroissant sur la surface comme augmente la distance d'un point de cette surface au point où tombe la verticale qui joint les centres de deu^ globes en attraction. Dans toutes les atmosphères des globes , l'oxygène est uni au calorique , puisqu'il est à L'état gazeux, état que le calorique peut seul lui donner en se combinant avec lui. Je vous ai déjà démontré que, dans cette combinaison de l'oxygène et du calorique, le calorique, repoussant ses propres molécules^ mettait un obstacle incessant à l'affinité de l'oxygène pour lui; car l'oxygène ne peut dépenser, dans sa combinaison avec le calorique, toute la puissance de son appétence; et s'il pouvait la satisfaire, la combinaison de l'oxygène et du calorique ne serait pas un fluide, mais bien un solide.
» Dans sa combinaison avec le calorique, l'oxygène atmosphérique conserve encore beaucoup d'appétence, dont il
i^eporte Taction sur les substances de la surface du globe. C'est à cette cause qu'il faut attribuer cette adhérence si puissante des atmosphères planétaires sur la surface de leurs globes» Quelle que soit la force centrifuge produite par la rotation des globes sur leurs axes, et quelles que grandes que soient les forces attractive et répulsive, il est impossible, à toutes ces puissances réunies^ d'enjever un atome de l'atmosphère des planètes. Mais, par la raison que Toxygène atmosphérique ne peut se combiner totalement avec son calorique^ et qu'il est toujours fortement attiré par tous les éléments solides et liquides de la planète, il ne faut pas une puissance considérable pour amener, entre lui et le calorique atmosphérique une ségrégation prompte et complète, surtout dans les régions basses de l'atmosphère, où Toxygène est en plus grande quantité sous un plus petit espace, espace augmentant comme le carré de la distance à la surface. Car le gaz oxygène, resserré dans ces régions basses où il est au maximum de sa densité, est fortement prédisposé à se ségréger du calorique de sa combinaison.
» Que faut-il pour que cette ségrégation s'exécute complètement ? Faire en sorte que, dans ce composé atmosphéque de calorique et d'oxygène, déjà si puissamment condensé dans les régions basses de l'atmosphère, les molécules du calorique se rapprochent sous une pression quelconque ; qu'elles se resserrent entre elles jusqu'à ce qu'elles expulsent de leurs pores les particules d'oxygène qu'ils contiennent. Cet oxygène, ainsi expulsé, se précipitera à l'instant sur les substances de la surface qu'il oxyde, et pour lesquelles son appétence augmente d'autant qu'il perd de la possibilité de rester en combinaison avec le calorique. Par ce pressurage des pores du calorique et par cet abandon momentané do son oxygène, il y a, dans l'atmosphère d'une planète, d'autant plus de calorique mis à nû qu'il y aura une plus grande surface ou portion de régions basses de l'atmosphère comprimée. Or, le calorique ne peut être ainsi mis à nu sans qu'à l'instant il produise de la lumière et une puissante chaleur; ce qui alors proportionne l'intensité de la lumière et
283 1»HYSIQUE CÉLESTE.
da calorique dégagés d une dlmo^phére plafoétaire à l'étendue de sa surface comprimée par l'action solaire, et à la puissance de cette compression mesurée par l^attraction.
— Je me suis souvent amusé & comprimer de Tair dans un tube épais de verre ; et j'ai» en effet, toujours obtenu, sous une assez forte pression, un vif dégagement de lumière et de chaleur.
— Puisque la ségrégation de Toxygène et du calorique, dans leur combinaison qui en fait le gaz oxygène, est si facile qu'une simple pression de la main peut l'engendrer d'une colonne de gaz renfermée dans un tube; nous pouvons hardiment croire qu'une telle ségrégation doit arriver aux régions basses des atmosphères planétaires, dans la colonne de milieu qui sépare ces globes du soleil, par la compression de ces atmosphères planétaires sur les surfaces solides qu'elles enveloppent. Or, cette ségrégation, en mettant une quantité de calorique à nu (quantité alors rigoureusement proportionnelle à l'étendue de gaz oxygène comprimé et ainsi à^ l'étendue de la surface de l'hémisphère tourné ?ers le soleil ), produit un dégagement de lumière et de chaleur exactement . proportionnel à la surface antérieure des planètes et à la force attractive qui les attire vers le soleil et engendre la compression atmosphérique. En effet, cette compression planétaire est assez puissante pour engendrer ce dégagement de lumière et de chaleur des régions basses de l'atmosphère des planètes et de l'atmosphère même du soleil, puisque naissent d'elle tous les mouvements des globes du firmament : la vitesse si prodigieuse des planètes dans leurs orbites ; leur rotation sur leurs axes, et celle du soleil sur le sien.
— Cette conséquence est spécieuse. Le soleil recevrait donc sa lumière et sa température du poids total de toutes les planètes pesant sur son atmosphère par leur attraction. Ainsi chaque planète recevrait sur sa surface -autant de lumière et de chaleur qu'elle-même en ferait dégager des régions basses de l'atmosphère du soleil, lequel astre se trouverait de la sorte éclairé et chauffé par la même cause, par laquelle sont éclairées et chauffées les planètes, par l'attraction qui en-
gendre tous les mouvements planétaires? C'est très-ingénieux d^avoir trouvé cela.
— Dites plutôt que ce l'est le moins du monde; car, pour obtenir ce résultat, que je regarde comme une vérité fondamentale, il ne m'a fallu éviter qu'une seule chose, celle-là même qu'il vous semble en être la mère; il m'a fallu écarter tout travail de l'imagination. Aussi, celle-ci né rentre pour rien dans cette solution ; je n'ai fait qu'observer : voilA mon secret et mon mérite. Tout bomme aussi patient que moi , aurait été aussi ingénieux par imitation. 11 n'y a réellement puissance en intelligence que celle du Créateur.Yous pouvez encore ici apprécier toute la sublimité de sa divine prévoyance.
i Le Grand-Architecte créa des masses énormes, que nous appelons soleils ou étoiles, qu'il prédisposa pour être chacune le centre d'un univers et devenir l'âme de sa vie. Les quantités prodigieuses de matière qui constituent ces soleils pouvaientelles n'être que des masses appropriées , créées seulement , ainsi que des lampes, pour éclairer et chauffer des globes, si chétifs , telles que le sont les planètes, en comparaison de. ces soleils ? La nature, qui toujours se montre aussi avare de matière qu'elle est féconde à lui donner des propriétés multiples^ se serait montrée bien prodigue et bien faible d'intelligence à l'égard des masses solaires.
> Dans ses recherches sur la physique du soleil> l'homme, jusqu'ici, eut recours à son imagination; mais celle-ci, une des nombreuses sœurs des imperfections humaines^ n'engendra jamais que des choses qui confirment l'impuissance de leur origine. Il est reconnu, en physiologie^ que l'homme rattache tout à sa personne d'autant plus que la faiblesse de son intelligence est plus grande.
— Ce n'est pas flatteur pour les égoïstes du siècle !
— L'homme, fut-il même académicien , fil toujours du soleil une masse créée pour lui seul, pour l'humanité; tout est à lui. Il ne prétend même pas que d'autres planètes ou mondes que le sien puissent goûter, avec autant de profit que
notre terre, des bienfaits de cet astre vivifiant. D'après lui , le soleil n'aurait des douceurs et de la bienveillance que pour notre planète si petite. Quel amour désordonné du soleil!... Ce ne pouvait pas être l'intelligence divine, mais bien la faiblesse intellectuelle de Thomme, qui pouvait du soleil, dont le volume est 55 fois la somme de tous les volumes des planètes connues, faire une masse sans utilité pour ellemême, et qui ne semblerait être créée que pour les agréments de la terre. Car, d'après les calculs de Laplace adoptés par tous nos grands savants, le soleil se montrerait fort indifférent pour les autres mondes de notre univers. Oh ! heureuse terre, qu'as-lu fait pour être tant aimée et si privilégiée?
» De Fabsurde supposition de l'émission du calorique solaire, naît cette autre absurdité qui fait du soleil un globe en ignition, et, par ce, parfaitement inutile pour lui-même. Le génie du Créateur ne pouvait-être aussi pauvre. Il ne voulut pas que les vastes corps solaires fussent perdus pour la vie, pour l'organisation végétale et animale; il ordonna qu'ils reçussent tout autant de lumière et de chaleur qu'ils en faisaient naître de tous les globes planétaires qui pèsent sur eux , et cela^ sans qu'il y ait de part et d'autre échange de fluide. Donc, cette source de lumière et de chaleur qui vivifient toutes les sphères du firmament, est intarissable^ puisqu'elle est produite par la compression entre elles des atmosphères de ces globes. La cause de cette compression n'est autre que l'attraction qui engendre tous les mouvements planétaires.
— Vous délivrez ainsi nos profonds astronomes du grand souci qui, depuis longtemps, les tourmente : celui de savoir combien le soleil dépense par année de fluide lumineux et calorifique pour les planètes, afin de calculer si la source est proche d'ôlre épuisée. '
— II fallait bien que le soleil, dont le volume est 55 fois la somme des volumes réunis de toutes les planètes connues, fût au centre d'une grande quantité de ces globes secondaires, pour qu'en tournant autour de lui, ces globes
promenassent sur sa masse (ayant elle-même un actif mouvement de rotation), une immense et étemelle puissance de dégagement de calorique et de lumière dans les régions basses de son atmosphère. La masse énorme du soleil est de la sorte éclairée et chauffée ; et sur elle se développent les deux règnes de l'organisme, les végétaux et les animaux.
I Toutes les planètes du système solaire travaillent à ce soin par leur pesanteur sur le soleil ; pesanteur qui ne peut se faire sans comprimer, par la colonne de milieu qui sépare ces globes du soleil > les régions basses de l'atmosphère solaire, et ainsi sans dégager lumière et chaleur dans ces régions atmosphériques. Un dégagement semblable se produit, dans les régions basses des atmosphères des planètes , avec une intensité absolument pareille à celle que ces planètes produisent dans l'atmosphère basse du soleil.
» Ainsi, la lumière et la chaleur qui se distribuent sur la
surface énorme du soleil , est la somme de lumière et de
chaleur de toutes les planètes du système solaire. Comme les
calculs du Divin Architecte veulent que toutes les planètes
aient chacune, dans le rapport de leurs distances au soleil et
celui des surfaces qu'elles lui opposent, le pouvoir de faire
dégager de l'atmosphère solaire tout autant de lumière et
de chaleur qu'en dégagent leurs propres atmosphères, on
doit porter la somme des volumes des planètes encore à
découvrir à 55 fois la somme des volumes des planètes déjà
connues; afin que nous voyons le soleil eatouré d'un nombre
de planètes suffisant, pour que sa masse totale reçut de ces
globes une température et une lumière semblables à celles
de la terre. Mais ne nous occupons pas de l'hypothétique :
laissons cela aux Leverrier qui s'en acquittent si bien.
D Puisque la lumière et la chaleur que chacune des planètes reçoit du soleil, ne sont (ainsi que celles de cet astre) que le résultat d'une ségrégation de l'oxygène du calorique atmosphérique, ségrégation produite par la compression des atmosphères de chacune des planètes sur leurs surfaces solides , ce dégagement de chaleur et de lumière est donc proportionnel, l"" à l'intensité de la compression de leurs at-
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mosphères sur ces surfaces, ainsi au rapport de la force répulsive mesurée par l'attraction, rapport représenté par la différence des carrés des distances moyennes des {rianëtes au soleil; 2^ à l'étendue des atmosphères comprimées, étendue que mesure la surface sphérique antérieure des planètes mises en comparaison.
1 Donc, la pression des atmosphères de deux planètes comparées, et ainsi le rapport de la quantité de lumière et de chaleur dégagées chez elles par l'action solaire, augmente comme augmente le rapport de Pétendue de leurs atmosphères, c'est-à-dire comme augmente le rapport de leurs surfaces sphériques; mais cette quantité diminue comme augmente le carré du rapport de leurs distances moyennes.
i Le rapport géométrique de la surface sphérique de la terre et de celle de Mercure est 6, 66. Ainsi, la surface antérieure de la terre, comme je tous l'ai calculé plus haut, étant 6,66 plus grande que celle de Mercure, fait dégager de l'atmosphère de la terre 6,66 fois plus de calorique que le fait la surface antérieure de Mercure.
I Mais le rapport géométrique des distances moyennes de ces deux planètes étant 2,58 fois celle de Mercure; la pression que Patmosphère de la terre retire de l'attraction du soleil^ est 6, 66 (:= carré de 2,58) fois moindre que celle de Patmosphère de Mercure. Or, comme la quantité de calorique dégagée est mesurée par ce carré, et que 6, 66 (rapport des surfaces) moins 6,66 (rapport du carré des distances), donne 0, le degré de chaleur et de lumière reçu de Paction solaire, par ces deux planètes, est absolument le même.
I La surface de la terre est, avons-nous vu, de 0,07 plus grande que celle de Vénus; ce qui fait plus grande de tout ce chiffre l'étendue de son atmosphère, et de laquelle notre planète retire son calorique et sa lumière solaires ; l'intensité de la lumière et de la chaleur de la terre est donc de 0,07 plus grande que celle de Vénus. Mais 0, 07 est le carré du rapport des distances moyennes au soleil des deux planètes en moins pour Vénus; donc (0,07 — 0,07=0), ces deux gbbes ont le même degré de lumière et de chaleur solaires.
> Le rapport géométrique de la surface de Mars et de celle de la terre est de 2,96 en plus pour cette dernière planète; et celui de leurs distances moyennes au soleil est de 1^52 en plus pour Mars; 2,31 étant le carré de ce dernier rapport, la lumière et la chaleur que la terre dégage de son atmosphère, sont donc (2,31 -|- 2,96 =) 5,27 fois plus considérables que la lumière et la chaleur dégagées de l'atmosphère de Mars.
> Le rapport géométrique des surfaces de Jupiter et de la terre est 134 en plus pour Jupiter; celui de leurs distances est 5, 20 en plus pour cette même planète, et 27 en est le carré. Donc, la lumière et la chaleur que Jupiter dégage de son atmosphère par sa pesanteur sur le milieu résistant qui le sépare du soleil, sont (134 : 27 = ) 4, 96 ou 5 fois environ plus grandes que celles dégagées par la terre. Les satellites étant une cause de refroidissement, et la terre en possédant un lorsque Jupiter en a quatre, la lumière de Jupiter sera bien 5 fois plus grande que celle de notre planète (ce que prouve, en efifet, le vif éclat de Jupiter); mais sa température est parfaitement semblable à celle de la terre.
1 Le rapport géométrique de la surface de Saturne et de celle de la terre est de 90 en plus pour Saturne ; le rapport géométrique de leurs distances au soleil étant de 9, 53 en plus pour Saturne, et son carré étant 90, cette planète possède donc le même degré de lumière et de chaleur solaires que la terre. Mais Saturne a un anneau, dont le rapport géométrique de la surface à celle de la terre est 630 en plus pour Saturne. La lumière et la chaleur dégagées de son atmosphère par son anneau seront donc, pour cette planète ( 630 : 90 = ) 7 fois celles dô la terre.
1 Mais Saturne ayant, dans ses 8 satellites, 8 éléments de refroidissement, sa température est, à peu de chose près, semblable à celle de la terre> quoique la lumière de Saturne soit 7 fois plus grande que celle de notre planète. Cet excès de lumière de Saturne sur la lumière de la terre^ est la cause qui nous fait apercevoir Saturne à l'œil nu, quoique cette planète soit à une énorme distance de la terre, laquelle distance est plus du double de celle de Jupiter à notre planète;
et VOUS savez que la lumière diminue comme le carré de la distance augmente.
» Comme vous le voyez, j'ai obtenu absolument les mêmes résultats que par les calculs tirés de l'optique et fournis par le système d'émission. Mais j'ai répudié ce système d'émission pour ne pas accepter Pabsurdité qu'il entraîne avec lui, en faisant supposer que le soleil (quoique cette supposition soit rtfutée par les observations d'Herschell), est un globe en ignition, envoyant aux planètes des rayons de cbaleur et de lumière (ainsi que le ferait Tembrasement d'une masse combustible); mais dont les rayons, par une cause inconnue et inexplicable (car elle serait en dehors de tous les faits observés dans la nature), ne produiraient de la chaleur que par leur contact avec les gaz de notre atmosphère, quoique ces derniers ne puissent pas être combustibles par combinaison chimique.
» Je suis loin, cependant, de croire qu'il ne nous vient pas des rayons lumineux du soleil, produisant, dans le milieu qu'ils pénètrent, tous les phénomènes d'optique et de réfrangibilité que je vous ai démontrés. Mais ces rayons nous viennent, comme* ceux de la lune, comme ceux d'une lampe lointaine, emportant avec eux aucun principe sensiblement calorifique. Cette matière lumineuse, que le soleil nous envoie de la sorte, est le fluide lumineux propre, c'est-à-dire une combinaison particulière et presque indestructible du calorique, tant qu'il est en mouvement et qu'il est uni à une très-faible quantité d'oxygène. Cet oxygène, en raison de la petite quantité dans laquelle il rentre dans sa combinaison avec le calorique, se trouve trop fortement uni au calorique, pour abandonner cet élément et ainsi pour lui faire produire de la chaleur; car^ cet excès d'affinité de l'oxygène avec le calorique ôte à ce dernier tout son principe calorifique en le retenant fortement combiné avec l'oxygène.
> Je divise ainsi les états chimiques du calorique : 1"^ à son état nu, il produit la lumière du jaune vif et la chaleur; T combiné avec un fmnîmum d'oxygène, il perd sa puissance
calorifique par sa grande affinité avec son éltoient de combinaison, l'oxygène , et il devient fluide simplement lumineux ; 3° un surplus d'oxygène absorbé lui 6te sa faculté lumineuse, et il devient fluide électrique et magnétique; 4'' et saturé d'oxygène, il passe à Tétat d,e gaz oxygène, don( les propriétés sont latentes.
— Je prends note de ceci; car j'entrevois l'importance immense que les sciences pourront un jour retirer de, cette nouvelle théorie.
— Le calorique 9 à son Yiumnmm d'oxygénation, c'est-àdire à son état de fluide lumineux, est aussi avided'oxygéne qu'il en contient peu ; ce qui rend sa ségrégation impossible. Ainsi, la lumière émanée du soleil est, comme celle de la lune, éminemment désoxydante et ainsi frigorifique, loin d'être calorifique; puisqu'au lieu d'abandonner de son oxygène, abandon qui pourrait seul la rendre calorifique, elle est dans une combinaison telle, qu'elle possède, au contraire, une grande appétence pour l'oxygène. Cette lumière d'émanation est, dans sa manière de se comporter sur les corps qui Paltirenl et qu'elle frappe, fort différente de Ja lumière née de !a ségrégation complète de l'oxygène et du calorique. Cette dernière lumière, de couleur jaune vif, est seule calorifique et oxydante aux points où la ségrégation du calorique de son oxygène est immédiate ; tandis que la lumière d'émanation, de couleur blanche, est désoxydante et ainsi frigorifique au lieu d'être calorifique.
» Mais le calorique, où lumière jaune vif produite par la pression planétaire , ne tarde pas, dès qu'il est ségrégé et que la cause de sa ségrégation cesse d'agir sur lui, à se combiner avec son minimum d'oxygène et à passer à l'état de lumière blanche désoxydante, perdant ainsi son état calorifique. Elle s'élève alors vers les hauteurs de l'atmosphère, étant repoussée , par son excessive élasticité , de la surface de globe qui l'a produite. Elle s'étend en rayonnant dans l'espace, mue par une puissance d'émission que mesure son élasticité sous l'influence de la pression planétaire. C'est à cette lumière, qui est ainsi passée à Tétat d'émission, que
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nous devons la sensation, c'est-à-dire la vue des globes du Crmament*
— Je vois qu'il y a entre toutes les sphères du ciel un échange continuel de politesses. Ces dames s^envoyent de l'une à l'autre un échantillon de ce qu'elles peuvent produire en lumière, et il n'y a entre elles nul accaparement de ce riche élément.
— Cette propriété désoxydanle et nullement calorifique de la lumière émise, engendre les phénomènes des couleurs et peint les corps de la nature. Mais je réserve pour un antre temps la démonstration de ce théorème chimique.