‹ Histoire du eiel et de la terre: nouvelle physique célesteChapitre 4 sur 22 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

Déchirant les voiles des théologies, qui prétendaient nous dérober la lamière sons le fallacieux respect d'un droit imaginaire, nous avons exigé du ciel la promulga* tion de ses mystères et de ses lois.

Armé du scalpel, nous avons ouvert le sein de la terre pour y arracher les pages sanglantes de son histoire.

la cause astronomique de cette infortune de l'homme, qui s'éternisait dans les générations, ne fut jamais autre que ce fameux et inviolable secret des théogonies anciennes, et dont les grands-prétres seuls étaient les dépositaires. Car la philosophie antique, mère de toutes les religions que rhomme s'est données, regardait comme un grand intérêt humanitaire à ne pas divulguer parmi les peuples la vérité de ce grand fait planétaire, qu'eUe croyait devoir se reproduire à la fin d'une grande période astronomique. Ce n'est pas seulement cachée sous les symboles des théogonies que nous découvrons cette grande vérité : l'existence de l'homme civilisé avant que la lune fût donnée à la terre ; nous la retrouvons, en termes précis, dans une tradition qui se perpétua, au travers des révolutions, <1iez les peuples dont l'antique civilisation se perd dans la nuit des temps, et dont les distances énormes entre eux et l'obstacle de vastes mers affirment qu'ils n'eurent jamais de relations.

La race grecque la seule indigène, et dont on voudrait traiter de fables l'antiquité et l'histoire, quoique les restes des monuments gigantesques qui jongent encore les lieux qu'elle habita, lui accusent une civilisation antédiluvienne, est la race d'où sortirent les peuples de l'intérieur du Péloponèse et les Arcadiens. Les monuments gigantesques et antédiluviens, les plus antiques comme les plus puissants qui nous restent dans les deux Amériques, sont ceux dont les débris s'étendent sur les plateaux les plus élevés des régions équatoriales. Le plateau de Bogota se distingue entre tous par les restes gigantesques de ces monuments ; c'est là aussi on les Européens trouvèrent une nation très-puissante dans les Muyscas, alors maîtres du plateau entier, et qui, quoiqu'en décadence, accusaient cependant encore une antique civilisation dans leur littérature et dans leur savante théogonie analogue à celle de la mystérieuse Egypte. Or, ce peuple de race rouge et les anciens de race blanche du Péloponèse avaient conservé une antique tradition d'un temps où la lune n'accompagnait pas encore la terre, et où tous les hommes jouissaient alors d'une félicité pure. Cette tradition, dont l'idée ne renferme aucun sens symbolique, comment aurait-elle pu se perpétuer en traversant les tourmentes planétaires postérieures, au milieu des conflits et de la mort des nations, si elle n'était pas une de ces vérités incrustrées dans les chairs de Thuroanité?

*vi PRÉFACE.

Et c'est au milieu de ce riche butin, que nous convions les hommes a la science nouvelle, qui doit enfin donner à Thumanité la puissance à laquelle Dieu l'a destinée dès Torigine ; car si la nature nous fit animal, la science seule nous fait homme.

La France, nous n'en doutons pas, aura des citoyens qui répondront à notre appel. Qui mieux, en effet, que notre beMe patrie a fait l'expérience que les productions de génie ont toujours été la prospérité des peuples, la source des bonnes lois et la gloire des bons gouvernements ?

C'est calomnier Dieu que de dire que la pureté des mœurs, le maintien des lois et la sûreté des états sont intéressés à réprimer l'essor des facultés de la raison humaine ; car ces facultés élèvent toujours l'homme qui les cultive, aux vertus civiques et à la grandeur d'âme.

Gomme le disait Gicéron, de sa voix toute puissante : « Elles ne dégradent les esprits que lorsque, envahies n par les images d'une molle sensualité ou d'une mysti- » que sensibilité, elles rétrécissent les sentiments et n énervent les caractères. *>

La philosophie grecque ne reconnaissait que deux études auxquelles l'homme devait s'appliquer : l'étude de la nature pour éclairer l'esprit, et l'étude de la morale pour régler le cœur.

Dans les temps modernes, la philosophie étant deve* nue le domaine exclusif de la scolastique, et celle-ci, ne trouvant puissance que dans le prestige d'un savoir

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