X PRÉFACE
usurpé qu'elle porte, est uniquement de savoir, quoique souillée de ses orgies sociales, se tenir devant le peuple flërement drapée du manteau de la vertu!...
C'est dans les mouvements qui animent Fœuvre universelle, que rhomme peut trouver les mouvements que le Créateur imposa à la gestion de la chose humaine ; car c'est à la garde incorruptible des vérités mathématiques, c'est dans la science immortelle que Dieu déposa la morale humaine, afin que la bave impure des vices sociaux et de la superstition, ignoble progéniture de Tignorance et du crime, ne puisse jamais atteindre cette vierge puissante, future mère des vertus et de la félicité humaines.
Un grand génie de notre siècle, et le plus grand peutêtre de l'humanité , Charles Fourier, ne retira-t-il pas des mattiémaliques les lois véritables et réellement divines qui doivent désormais régir les sociétés humaines? car, en dévoilant à l'homme les lois sociales qui savent faire des devoirs publics autant de plaisirs particuliers , Fourier s'est élevé à la conception la plus haute que l'homme puisse atteindre.
Fourier, seul jusqu'alors, comprit l'intelligence divine dans la volonté première qui animait Dieu créant l'humanité, lorsqu'il comprit que l'égoïsme de l'homme (l'attraction humanitaire) était le moteur de tontes les clioses humaines, lorsqu'il déclara que tout le secret de la philosophie et d'une bonne organisation sociale n'était pas de chercher à l'arracher du cœur de l'humanité, ce qui était humainement impossible, mais que c'était Fart de le faire fonctionner au profit des masses.
PRÊFACK. XI
Notre siècle tua la vieille doctrine, qui ne savait apporter avec elle que 1^ suffisance doctorale et le doute. A sa place s'élève une jeune et puissante philosophie, sur le front de laquelle brille la flamme immortelle. Fille austère , elle ne se laisse pas aborder par Tignorance; et de ses lèvres s'échappent, contre l'ignare profane, ces paroles, jadis écrites sur la porte de Pythagore : *« Oudeis ageomelriios eisitô. »»
En effet, les lois mathématiques sont les seules que l'homme puisse accepter en philosophie ; car elles ne le trompent jamais. Parmi ces vérités, l'astronomie tient le premier rang. Cette science, traitée d'inutile par l'ignorance qui ne peut apprécier ses bienfaits, ne nous donne pas seulement la puissance de franchir les océans et de poser des limites au temps ; mais elle vient apporter à l'humanité la loi organique de ses sociétés.
Newton prouva mathématiquement que les mouvements des globes du firmament provenaient d'une loi d'attraction. Charles Fourier prouva mathématiquement la répétition de cette loi dans les mouvements sociaux de l'homme ; et Newton et Fourier ont tous deux atteint à des vérités mathématiques qui existeront tant que vivra la création. Ces vérités sont immortelles.
C'est devant ces puissantes conséquences retirées dé la science astronomique , qu'il nous appartient bien de dire avec Platon « Nolite ignorare astronomiam^ sapientissimum quiddam esse. »
Ce n'était pas seulement Platon, qui, dans un autre passage du même ouvrage {Phtlosophus)^ avance encore
PUÉfACÊ.
que les yeux ont été donnés à l'faomme à cause de Tastronomie, mais bien tous les hauts génies de Tantiquité qui firent le plus grand cas de l'astronomie.
Ovide partageait cet enthousiasme de Platon et de tous les anciens philosophes pour cette science; et il le traduisit par la poésie de ces vers :
Finxit in effigicm moderantura cuncta Deoruiir, Tronaque cùm spcctent anîmalia caetera tcrram^ Os homini sublime dédit, coelumque tueri Jussit, et ereclos ad sîdera tollere vultus.
(OViD Met. 1. 83).
« Lorsqu'on demandait à Anaxagore pour quel objet >' il était né, nous dit Diogène Laërce; il répondait que ♦» c'était pour contempler les astres. •» Cette aspiration qu'ont toujours eue vers les vérités astronomiques les plus beaux génies, n'est-elle pas une preuve irréfragable que l'homme, en tout temps et quelle fut son ignorance, comprit instinctivement que c'était dans la connaissance des lois mathématiques qui régissent la grande œuvre de Dieu, que l'humanité trouverait ses lois sociales.
L'homme doit retirer de l'astronomie, non-seulement des secours pour sa vie animale, mais aussi de grands enseignements sur le futur organisme social vers lequel aspire l'humanité. Aussi, dans ce livre entièrement consacré à l'étude du ciel et de la terre, nous avons fait tous nos efforts pour populariser l'astronomie.
Afin que tous puissent aisément l'aborder, nous avons éliminé les difficultés mathématiques, les équations algébriques même et les termes par trop scientifiques, autant toutefois qu'il nous fût possible de le faire sans
PRÉFACÉ. xiit
nuire à rintelligence des grands phénomènes astronomiques que nous avons traités.
Cette tâche, qui nous força à nous servir de circonlocutions pour expliquer et résoudre les problèmes géométriques les plus difficultueux, lorsque nous tenions la solution ^u bout d'une riche formule, était, comme tout mathématicien le comprendra, cent fois plus pénible que le travail mathématique par lui-même.
Cette difficulté immense que nous avions k vaincre à chaque page, était encore d'autant plus grande que nous n'avions pas à traiter de choses déjà expliquées avant nous par de nombreux auteurs astronomes et physiciens. Nous avions à faire comprendre au lecteur des résultats scientifiques nouveaux, à nous propres, et dont Tensemble doit l'initier à une nouvelle théorie touchant l'astronomie, l'électricité, le magnétisme et l'optique.
Notre style a souffert non- seulement des circonlocutions, mais il a quelquefois reçu, des fréquentes répétitions, une monotonie qui pourra effrayer quelques timides
lecteurs. Mais les hommes de cœur ne se laisseront pas vaincre par si peu.
Ce n'était qu'après avoir donné, par de laborieuses épreuves, les témoignages d'une persévérance invincible, que l'aspirant aux connaissances des vérités mystérieuses de la philosophie égyptienne, voyait s'ouvrir pour lui le temple de la lumière.
La science est une vierge sévère; elle ne se livre pas h l'homme lâche et indolent. Ses faveurs ne s'acquièrent