CHAPITRE XYU. HB
bob. Gella intimidera aultant Fennemy et leur &ira paroistre qu'ils n'ont pas tant de la noblesse qu'ils estiment à leur devossion* Voillà ce qu'il me semble sur ce sujet. Reste à vous^ dire qu'aj^ant envoyé quérir mon cousin de Ghazeulx, pour conférer avec lui que de ce que dessus* je Tay treuvé tout dégoûté de se mesler des affaires, parce qu'il les voit aller du tout mal, et aussy parce qu'il dict que vous l'avez il y a bien longtemps tenu le bec en l'eau de chose qui luy avoit esté comme promis* Je vous supplié de le contanter, et croire qu'il est per* sonne qui le mérite, comme vous savez très bien/ Vous avez déjà entendu comme Saint- Victor a esté pris. On tient que c'est monsieur de Ghevrieres qui l'a fait faire. Gella pourra esclaircir ce qu'il avoit vouUu celler jusques icy, qui est une très mauvaise voullonté, si cella est vray. Tant y a que l'on m'a assuré que la pluspart des soldats qui sont dedans sont de Saint-Chomont. Si nous voulions flatter ceux qui nous sont plus pernissieux que des ennemys declairez touttes choses yront de mal en pis. Touttefois je me conduiray toujours par le commandement de monsieur le marquis de Saint-Sorlin et par vostre bon avis, encores qu'on m'est assuré qu'un des vostre alla à Briguez pour le rapeller* Au reste» je vous supplie &ire toujours assuré estât de oion amitié, etc. tf Messieius, je vous supplie faire donner
passeport au siear Petit, consul de ceste ville, pour sortir de la vostre douze quintaux de poudre fine, pour la faire conduire icy. »
On nous pardonnera cette longue citation, à cause des révélations qu'elle contient, des petites haines, des petites rivalités qu'elle dévoile : monsieur de Ghazeault est mécontent, pour n'avoir pas reçu ce qu'il demandait ; le seigneur de Saint-Chamond est suspecté, etc.
Quelque temps après le maréchal d'Àumont chercha à pénétrer en Forez par le Roannais, Anne se prépara à le bien recevoir. Il plaça garnison dans Saint-Haon et autres places voisines, et demanda même à messieurs de Lyon, sur l'indication de d'Âusserre fils, alors juge de Forez, quatre petites pièces de canon qui appartenaient à son père et se trouvaient alors dans l'arsenal de Lyon.
Pendant ce temps, la ligue se trouvait aussi menacée dans une de ses plus redoutables places ; les habitants du Puy, réduits à l'extrémité, envoyaient lettres et députés à Anne, pour le prier de venir à leur secours. Ne pouvant faire face à tout, lui-même en demande aux consuls et échevins de Lyon : « 11^ m'ont aujourd'huy mandé, écrit-il de Montbrison le 43 juillet 1591, que Tennemy assiège Saint- Vidal, et que la pluspart des habitants de leur dicte ville, sont sur le point de se révolter, se voyant dénué de tout secours et d'ung homme