CHAPITRE XVII
de commandement, et que toutes les considérations me font résoudre de m'y acheminer^ pour le désir que j'ay à leur conservation, pouryeu qu'il plaise à mondict sieur de Lyon et à yous de m'enyoyer une compagnie de Suisses, ayec les deux de gents d'armes de messieurs de Kochébonne et d'Albigny, » etc.
Il leur récrivit quatre jours après :
« Messieurs, n'ayant heu responce de la lettre que je yous ay escripte touchant une compagnie de Suisses, que je yous ay requis m'enyoyer pour mener en Velay, où je suis tellement pressé m'acheminer, que je ne puis plus reculer de partir, et suis contrainct de me mettre aux champs vendredy prochain infailliblement, fort ou foible. Je vous ay bien yollu ceste recharge, ,pour yous supplier bien humblement, mes^ sieurs, me voiloir ayder et secorir de ladiç^te compagnie de Suisses, et la m'envoyer s'il yous plaist en toute diligence par le droict chemin de Lyon au pont Sainct-Rambert, où ils apprendront de mes nouvelles, et les attendray aux enyiroi^s de là ou de Sainct-Bonnet-le-Ghastel^ affin de se joindre à moy. Vous savez, messieurs, que cela est très nécessaire à la conduite du canon, et que conservant le Puy et le Velay, c'est toujours nous eslargir, et rendre le traffic et commerce libre de ce cousté-là, etc.
« Messieurs, passant ladicte compagnie par le pont Sainct-Rambert, elle pourra savoir de
mes nouvelles de monsieur de Pravieu, qui est audict Sainct-Rambert. p
Anoe arriva au Puj le 25 juillet, il était à la téie de quatre cents chevaux. Ce secours tant désiré causa beaucoup de joie aux ligueurs^, qui reçurent encore un second renfort de quatrevingts chevaux, amenés le 9 août suivafbt pat son frère Honoré. Peu après, le château d'£spaly capitula, et le duc de Nemours étant arrivé au Puy le 26 août^ présida le lendemain le conseil des ligueurs, dans lequel figurèrent les deux d'Urfé.
Nemours se trouvait alors dans les circon^ stances les plus favorables ; ses desseins réus* sîssaient à merveilles ; déjà il avait souœis la plupart des villes et forteresses qui environnaient Lyon. U employa même la fin de cette année & soumettre l'Auvergne. On voit une lettre d'Anne, qui, de retour à Montbrison, ou il était venu chercher du renfort, écrit à messieurs de Lyon d'envoyer pour cette guerre quatre milliers de poudre à Cervières, et de les ^fotre escorter jusqu'à la Loire» Mais, depuis bien longtemps on Ta dît, l'argent est le neif de la guerre; pour en avoir, voici eh qnels termes le duc de Nemours s'adressa à l'éleotian du Forez, par conmiision en date du 15 décembre 1591 :
« Les princes, seignemrs^ gentilshommes, villes et communautez catoiiqoes oilt assez