CHAPITRE XYII. S
faict démonstration josques à maintenant que
leurs volontez n'ont esté meues d'aultre passion
que du zele de Thanneur de Dieu, conservation
de son église, et pour arracher de ce royaume
ceste mauvaise plante d'haeresie laquelle y a faict
naistre tant de dommageables rejectons d'im<^
pieté, etc. En quoy nous apellons Dieu à tes^
moing de quelle volonté nous nous employons
continuellement, av^c l'assistance d'un bon
nombre de gents de bien, qui, comme nous,
n'ont espargnéet n'espargnent chascun jour tous
leurs moyens et leurs propres vies pour parvenir
à un assuré repos, ce qui ne.peut estre effectué
à présent, à l'occasion de l'obstinée malice de
ceux qui se sont séparez de la cause de la reli^
giAi, qui essayent tous les jours par leurs armes
d'agrandir l'haeresie, soubz pra^texte qu'ils sont
apellez pour empescher, comme ils dient, que
l'estranger n'empiette cest estât, etc.
oc Charles de Sayoye. »
Gomme depuis longtemps, l'état n'était plus à même de percevoir la taille dans nos pays tourmentés, le duc de Nemours entendait la percevoir pour soutenir ce bon nombre de genié de Uem dévouée qui l'aidaient à soustraire nos provinces à l'étranger ainsi qu'à la France.
Nemours poursuivant son oeuvre si bien ^commencée, se ^ saisit de M ontbrison par surprise, le 5 décembre 1592. Nous disons par surprise, parce que pour les armées il n'y avait
point d'amis : toutes vivaient de pillages, et malgré les rapports de parti, chaque ville faisait ses efibrts pour se conserver libre chez elle* Au reste nous donnons ici une relation de cet événement écrite par Jean Perrin, qui montre qu'il y avait bien quelque opposition à la ligue ou an moins au parti de Nemours dans Mont^ brison :
« Le duc de Nemours s'estant emparé par trahison du chasteau de M ontbrison, sitost qu'il s'y fust barricadé, les principaux de la ville s'assamblent au logi« de maistreLouysBerthaud, où j'estois avec monsieur d'Ausserre ^, G&nieu, advocat du roy. Papou, procureur du roy, et aultres. Monsieur d'Ausserre et moy fusmes députez de la ville pour parler au duc de Nemours et sçavoir à quelle raison il s'estoit saisy de nostre chasteau, et quel ombrage il avoit de nous. Il faict response, que plusiost ce chasteau luy tombast sus, si jamais cela luy estoit entré en Tame, et que tout ce qu'il en faisoit estoit pour nostre conservation. Ghascun sçavoit bien qu'il vouloit establir sa tyrannie, et se rendre comme souverain en ce pays, ainsi qu'au reste de la province; mais ne sçachant quel ordre y mettre, parce que Lyon luy laissoit faire, on luy laissa aussy faire ce qu'il voulut. Il met dans ce chasteaii une grosse pièce de
1) Jnge de Forez en remplacement de Jean Fapon, mort en octobre ISKW.