‹ Histoire du ForezChapitre 116 sur 154 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

Anne en se retirant à la Bâtie, ne se rapprochait guère de la Ttlle de Lyon ; mais c'était nn prétexte, qtii cachait probablement Timpos* sibilité de rester à Montbrison, où Mëzières, qn'il ii'am^it pas été facile de débusquer, commandait. Dmt-on admettre qu^il reconnut la bat où tendaient les démarches de Nemours :

la prise de Mcmtbrison sans motif aurait pu lui envrir les yeux; ou bien faut^U croire qu'Anne craignit de perdre ses titres et son rang, voyant comment les choses tournaient ? Peut-être ne fut^ il pas fâché de se rapprocher insensiblenient dti mi, qui Tayait flatté, en lui envoyant, par lettres du ^7 janvier 1503, le titre de son lieutenant général en Fores; c'était, il est vrai, plutôt une confirmation qu^une nomination, car depuis longtemps Anne remplissait ces fonctions, et ces fonctionnaires étaient alors tellement liés aa sol, heureusement pour les populations, dont ils étaient an moins à même d'apprécier les be-* soins, qu'on ne pouvait pas impunément songer à les remplacer ; mais assurément notre bailli fut sensible k cette prévenance. Cette distinction d'ailleurs dut le faire suspecter dans son parti, et il n'eut que peu de chemin à faire pour passer i l'autre c^mp, si cm en juge par la facilité avec laquelle il se fit à son changement de position*

naicur ùa lacliete ytlle^ ta nom de monsieur de Meslerc, gouverneur, a — Un an avant avait élé fondue la cloche Bourbon de l'église Notre-Dame.

244 HISTOIRE DU f OKEZ.

Les choses étant dans cet état de division^ le roi ordonna à Alphonse d'Ornano» chevalier de ses ordres^ son lieutenant dans le Dauphiné, et gouverneur pour lui dans les provinces du Lyonnais, Forez et Beaujolais, d'assiéger Lyon, qui, indécis, tenait néanmoins encore pour la ligue. Beaucoup de Foréziens partirent sous ses ordres. La ville se rendit le 8 février 159/!u

Il serait téméraire d'assurer que les révolutionnaires de cette ville aient eu dès le commencement de leur révolte le dessein de se jeter dans les bras d'Henri IV (il est même sûr que d'Épinac, qui en était à Lyon le promoteur, fut ligueur jusqu'à la fin) ; mais il est permis de le supposer, quand on considère le peu de résistance qu'ils opposèrent à Omano.

Quant à Anne, il ne paraît pas avoir éprouvé la moindre répugnance à changer de parti. Un mois après ce dernier événement, il parle aux consuls et échevins de Lyon comme s'il avait toujours été royaliste :

« Messieurs, leur ^rit-il de Saint-Just-en- Chevalet, le 6 mars, je suis extrêmement marry que n'ayez voulu prendre mes raisons en bonne part, vous ayant envoyé les lettres qu'il a pieu au roy de m'ottroyer, ou pour le moins la coppie coUationnée par deux notaires sur l'original, par lesquelles sa majesté me permet disposer des tailles de ce païs, comme il est très raisonnable, parce que je les sauray aussy bien employer

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