CHAPITRE XVII
l'accoard avec le pays* U dut foanisr une somme de soixante mflle livres pour retirer des mains da duc la ville de Montbrisôn, d'où le bailliage et l'électioa s'étaient enfuis, s'inscallant à Saint- Galmier, qui fut aussi le refuge d\ine bonne paortie des habitants de Montbrison, pendant le temps* q[ae dîira la détention de cette ville par le duc.
(c Les députez du pays négocièrent la réduction de la ville de Montbriâon moyennant une notable somme de deniers- au duc de Nemours, <{ue luy advancerent pour ledict pays entre amltres messieurs de Ghamptsois, de Ghenevoux et de Fomier, en quoy fust redimé ladicte ville de Mond!)rison et tout le pays, qui soufiroit ^tût sa détention d'une grande despense, véu que jusques à ce que ledict duc auroit contentement de la somme arrestée, son traicté portoit que la garnison qui estoit dans Montbriâon seroit en« laretenue aux despens du pays, à raison de sept ou hoid tnille livres par mois, » sonrnie consi-^ dérable pour Tépoque.
Lorsque tout £at réglé, le duc de la Guiche^ gouverneur pour le roi, prît possession du pays en son nom, et bientôt après (du 21 au 27 îttUleif) fit démolir le château de Montbrison, tpi avait vu éclater tant de nuages politiques. De ce ch&teau, qui fiit si longtemps le si^ge de ia tempête, il nous reste à peine un débris de fondation i On dirait un de ces jalons de terre
260 HISTOIRE DU fOKEl.
que les manouvriers laissent dans les champs qu'ilç viennent ôHabainer. Malheur à celui àaat la main profalie, touchant à cette précieuse relique, .séparerait ces quelques pierres, sur lesquelles ont croit lire : « Ici fut le château dans lequel naquit la ville de Montbrison, et qpi la renferma longtemps toute entière dans ses murailles! »
.Vers .le même temps furent démantelés les châteaux d'Argental (1594), Donzy (i60â),etc., sur rinstante réclamation des habitants des lieux, qui depuis quarante ans n'avaient eu qu'à souffrir de ce voisinage. Les partis se succédaient toujours plus acharnés pour s'emparer de ces forts, et les populations étaient horriblement maltraitées.
Le fougueux archevêque de Lyon d'Epinac^ n'ayant plus de rôle politique à remplir, vint promener sa grandeur dans notre pays ; mais ce n'était plus que l'homme impuissant au physique comme au moral : les débauches de tous genres avaient déterrîoré cette constitution extraordinaire. Il logea à Montbrison, le 26 février 1597, chez le chanoine Papon, qui, avec le reste du chapitre, était allé au-devant de lui. Il officia dans l'église Notre-Dame. Deux ans après, il devait mouar dans la solitude, accablé de misères et de dettes, contractées pour le service de la ligue !
Ici finit cette longue traînée de sang.... Oh!