‹ Histoire du ForezChapitre 135 sur 154 · CHAPITRE XVIII. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. Î

par sa succursale, que la grande église cëda. Un des chroniqueurs de cette ville nous a décrit une plaisante lutte qui eut lieu en 1738, entre les deux armées de Gdèles, à Toccasion de la canonisation de deux saints. Elle rappelle involontairement la grotesque querelle du Lutrin, quoique contée avec moins d'esprit.

Dans ce siècle, les idées dlndustrîe s'em-r parent entièrement de notre pays. Un nonuné François Blumenstein, de Strasbourg, demande et obtient l'exploitation des mines de plomb du Forez. En 1717, il fut ennobli par Louis XIV, en considération du service qu'il rendait à la France. Quoique de tout temps il y ait eu un minier en titre dans notre province, les exploitations n'avaient jamais eu beaucoup d'extension. En 1405, un nommé Enemond de Syrve, bourgeois de Lyon, avait obtenu du duc Louis le droit d'exploiter toutes les mines de plomb, d'étain, de cuivre, d'or, d'argent «et de tout autre metail, qui est au pays de Forez; » mais on ne songeait presque pas alors aux mines de houille, qui ont fait la richesse de Saint-Éliennç et de ses environs, et dqnt l'exploitation au dix-septième siècle avait pris un tel développement, qu'il fallait lui chercher de nouveaux débouchés.

En 1705, la compagnie Gardette commença les travaux nécessaires pour rendre la Loire navigable jusqu'à Saint-Rainbert. Ce n'est pas

9ssezj et François jl^chaiiep au moyen d'un canal de jonction entre le Rhône et la Loire, tenta de son côte d'ouyrir sur les deux mers un dëbouché à Tëtonnante industrie de ces cantons. Cette entreprise gigantesque n'a pu être ache-* yécy et le canal ne vient encore que du Rhône à Givors. -^ Les chemins de fer ont de nos jours suppléé à toutes les voies de transport*

Il s'éleva dans le même siècle un étrange procès, étrange en ce sens que la demande pa' rut si extraordinaire dans ce temps de philosophie» que le procès était perdu dans Tesprit du public, avant d'avoir souffert cet échec en parlement. Le seigneur, ou plutôt l'acquéreur de la seigneurie de La Fay, prétendit faire payer à ses emphitéotes les droits de milods, qui n'é* taient plus réclamés depuis longues années.

Les emphitéoten refusèrent : les autres seigneurs du voisinage se liguèrent dans un même intérêt avec le seigneur de La Faye. On fit d'immenses recherches historiques et plusieurs savants volûmes, et au bout de quarante ans l'affaire ne * parut pas plus claire, selon les usages du bar^ reau en semblable matière, et les réclamants, déboutés de leur demande, payèrent d'énormes frais de justice. Ce fameux procès nous montre ce que peut produire l'intérêt individuel, plus puissant que l'amour de la science. Si dans ce temps riche en matériaux on s'était donné, pour Â^rire notre Histoire, la moitié de^ soins qu'il

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