CHAPITRE XVIII. 28S
a fallu pour prendre connaissance de tous les documents dont on a &ît des citations, pour les torturer et leur faire dire ce <|u'on voulait, notre pays serait peut-être aujourd'hui doté du plus magnifique monument historique. IN 'y a-t-il que pour les choses utiles et gëniéreuses qu'on ne sait pas faire usage de Taissociation?.*».
Dès l'année 1680, un courageux citoyen, Pierre Bouilloud, lieutenant au bailliage de Bourg-Ârgental, avait donné l'exemple de ce refus d'acquitter le droit de milods devenu injuste, car les conditions dans lesquelles se trouvait le pays lorsque ce droit était exigé étaient changées ; si hien changées, que ces seigneurs si exigeants étaient alors exempts de charges analogues, qui se rattachaient, comme le droit du milods, aux coutumes locales, soit du Vêlais^ soit du Forez.
C'est aussi vers le milieu de ce siècle que fut construite la caserne de Montbrison, sous la direction de l'ingénieur François Deville, de Lyon. Une autre caserne fut commencée sur le même modèle dans la ville de Roanne : elle est restée inachevée.
En 1754, la ville de Montbrison fut prise par laudacieux Mandrin. Digne brigand, personne n'eut à se plaindre de lui, et la plus rigoureuse discipline fut partout observée. On raconte même qu'il fit fusiller un de ses soldais ou compagnons, qui avait voulu sou^aire dans
la maison *** un objet de pea de valeur, il se rendit chez monsieur de Palmaroux, alors receveur de la gabelle, et y soupa très tranquillement. Seulement, après boire, Il se fit apporter l'argent qui se trouvait dans la caisse, et mît à la place son reçu, constatant que lui. Mandrin, s'en était emparé, libérant ainsi son hôte forcé de tout recours de la part de l'autorité supérieure. Et si à Montbrison 11 fit mettre en liberté quelques détenus, disant qu'il « aimait à répandre des bienfaits, >/ ce furent ceux auxquels la société pardonne volontiers.
On lui pardonnerait à lul*méme sa haine contre la gabelle, s'il ne s'était souillé de crimes atroces, qui n'avalent pas pour excuse le même sentiment. De nos jours encore les populations ont peine à s'accoutumer à un Impôt qui a quelque analogie avec celui contre lequel Mandrin avait juré de si solennels serments.
Il y avait dans la régularité de ses brigandages, un côté qui leur donnait le caractère d'une véritable révolte ; révolte bien justifiée par l'odieux des fermes. Qui ne sait qu'un Inique tribunal, juge dans sa propre cause, fut créé pour défendre cette hideuse Institution!
Pendant les derniers mois de 1754, Mandrin parcourait toute notre province, mettant partout à contribution les employés des fermes et de la gabelle. Entre les lieux qu'il visita, -on peut citer : Gharlieu, Roanne, Saint-Bonnet-le-Châ-