‹ Histoire du ForezChapitre 137 sur 154 · CHAPITRE XVIII. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. S

leau, Boën, Feurs, Cervières ei Noirétable« C'est même dans ce dernier endroit qu'il commit ses dernières violences. Il y tua» peut-être sans le vouloir, la femme du brigadier des fermes ; puis ayant été pris et conduit à Valence, il y fut roué en 1755,

Pour donner une idée de sa manière de procéder pour le placement de sa marchandise^ nous allons copier ici une pièce curieuse, qui nous a été confiée par un habitant de Boën.

Nous ferons seulement disparaître les fautes d'orthographe dont elle est criblée.

a Gejourd'hui, vingt*troisième octobre mil sept cent cinquante-quatre, sur les dix heures du soir, pardevant nous, Gilbert Girard, avocat en parlement, juge; Jean-Baptiste Gandin, capitaine châtelain ; Joseph Ferrand, procureur fiscal; tous oiEciers de la ville et prévôté de Boën, au logis où pend pour enseigne la Croix blanche, appartenant à la veuve du sieur Jean Paîgnon,

« Sont comparus sieurs Antoine Poix, André Jacquet, Anne De Lorme, Nicolas AUognier, Jean-Baptiste Fournet, Jean-Baptiste Dupuy, André Ghirat, Barthélémy Laroche et Claudine Berger, veuve de Jacques Pinay , tous marchands et débitant en détail le tabac en cette dite ville, qui nous ont dit qu'une troupe de cent hommes de contrebandiers, étant arrivée en cettedite villesur les sept heures dii soir, ils se seraient transportés

dans leurs maisons^ en leur disant qa^il» avaient du tabac et de l'indienne à débiter, et qa^ih exigeaient d'eux une somme de deux mille livres pour la valeur desdites marchandises; sur quoi les comparantir leur ayant remontré qu'ils étaient hors d'état de leur payer ladite somme ; que n'y ayant point de ressources dans ledit lieu, ils allaient s'adresser à monsieur le curé et recteurs de l'hôpital dudit lieu, et effec-^ tivement les sieurs recteurs dudit hôpital leur ont prêté la somme de doniie cents livres, qni est provenue de quelques remboursements hits audit hôpital, et les huit cents livres pour parfaire lesdites deux mille livres, lesdits débitants, ou par eux ou par emprunt, ont parfait ladite somme de deux mille livres; lesquelles ont été comptées à l'instant au sieur Louis Mandrin»

chef de ladite bande, lequel à l'instant à remis anxdits comparants débitants quatre ballots couverts en serpillière, dont deux ballots de tabac et deux d'indienne, lesquels quatre ballota ont été par nous cachetés du sceau des armes dudit sieur juge, et laissés en dépôt et au pouvoir de ladite veuve Paignon, qui s'en est chargée et a promis de les représenter quand il en sera par justice ordonné* De tout quoi lesdits comparants débitants nous ont requis acte, ensemble hdU Mur Mandrin, que nous officiers susdits leur avons octroyé, pour servir en temps et Iieu^ ce que de raison, et avons signé avec lesdits

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