CHAPITRE XVIII
Oa ne trouvera sans doute pas exorbitant que ^ le seigneur se soit réservé les beaux appartements qu'il habitait ordinairement.
n Les corvées, journées, manœuvres et charrois qu'exigent les seigneurs font souvent naître des difficultés ; elles sont un reste de Tesclavage sur les serfs que l'on a établi dans les biens, à l'exemple des services que devaient les affranchis à leurs patrons, dont on voit des exemples dans les lois du Digeste et du code
De operU liheHorum. »
Cette citation de Sonyer nous fait b}en voir que le plus hideux dumoyen-âge, les serfs étaient . encore à la hauteur des aSranchis de Rome.
Dans nos pays tous ces .droits étaient exigés avec peu de rigueur.
« Les corvées, dit Papon, doivent être demandés avec civilité, et .hors du temps des récoltes ou des semailles... Les corvéables seront avertis deux jours à l'avance... Us ne seront pas tenus de faire leurs corvées de suite et sans interruption... Us seront nourris par le seigneur.»
Quand à la taille dite aux quatre cas : 1.^ ma- ' riage des filles du seigneur, 2.° rachat du seigneur, â.^ voyage du seigneur outre-mer, et û.^ chevalerie du seigneur, eUe fut peu connue dans le Forez propre, et un des cas que l'on cite est tout à l'iMJiinèTîFîï^ nos comtes, puisque c'est un testament de Renaud qui en décharge les habitants de Montbrison.
Ce tableau de noire yie passée que nous faisons n'est pas une dépréciation dn temps pré-*' sent ; notre intention n'est pas même de hite nae comparaison, nous savons trop que ce temps eut aussi ses abus, ses criantes injustices; mais nous savons le respect et Famour que nous lui devons comme au père de notre époque, qui naquit naguère dans le cruel enfantement de la révolution française. Malgré nous, nous aimons cette époque chevaleresque, à laquelle notre civilisation daii Umi ce quelle a.
Nousî avons parié d'abus : on droit qui en amiena plusieurs fut celai de guet et garde.
C'était d'abord mi impôt personnel pour garder le château ; mais il fut plus tard converti en argent, et alors l'intérêt des seigneurs le faisait réclamer souvent, tandis que lorsqu'il était personnel on ne le demandait que dans les occasions importantes et nécessaires. Mais le grand bailliage, composé de praticiens célèbres, mit fort souvent à la raison les seigneurs récalcitrants.
Disons un ;not de la justice royale. Nous avons négligé d'en parler jusqu'ici, quoique le dix-septième siècle ait vu s'opérer chez elle Un grand remaniement dans notre province : c'est que nous voulions pouvoir en parler avec suite.
Le dix-septième siècle est pour l'histoire une époque extraordinaire ; non pour l'importance historique «qu'il a, mais pour celle qu'il fait