‹ Histoire du ForezChapitre 143 sur 154 · CHAPITRE XYIil · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIil

perdre à la féodatitë, organisation puissante <kmt il renversa les derniers restes. Cette révo^ lution amena une réforme dans tous les rouages de Tadministration, surtout dans celle de la. justice.

L'origine du baiUiage ou de la cour de justice du Forez ae perd dans les ténèbres de rhistoire de notre pays sous ses comtes inamovibles de la première race. Le treizième siècle est le premier qui nous donne quelque lumière. La difficulté gît peut-être plus» nous crojonS;, dans les mots que dans les choses. En effet»

il est probable que depuis fort longtemps la justice se rendait comme elle se rendit dans le treizième siècle ; mais il n'est resté dans nos pays que quelques monuments de ces époques reculées, et ils ne nous donnent pas de grandes clartés : la première charte où nous avons vu le nom de bailli (bailUvuê) est de 12â9; cependant des chartes .antérieures nous ont fait connaître d'autres titres» sans qu'on ait pu décou^ vrir bien précisément la fonction de ceux qui les possédaient. Nous voyons un vicomte» un maréchal» un sénéchal.^

jl^-il besoin de rappeler ici que la justice fut rendue d'abord au nom du maître ou du vainqueur» puis au nom de son délégué, puis enfin au nom de celui qui seul était capable de juger» qui avait étudié les lois. On connaît la dispute des clercs et des nobles» de la capacité

et de la force ; on sait que les premiers parvinrent à supplanter les derniers, même au parlement, qui fut d'abord exclusivement composé d'hommes de guerre. C'était la marche naturelle des choses.

Nous avons vu que les comtes n'avaient été que des commissaires chargés de l'administration et de la justice, car alors ces deux choses marchaient ensemble. Quand ces commissaires se furent rendus maîtres dans leur gouvernement, ils n'eurent plus assez de temps pour s'occuper de tout, et à leur tour ils déléguèrent des officiers. Or que pouvait être un vicomte ? et ce mot ne nous rappelle-il pas l'importante fonction de bailli ? Le mot de maréchal, il est vrai, reporte à ime idée toute militaire, car la véritable étymologie de maréchal eist écuy er; mais le mot de sénéchal ne nous laissé plus aucun doute sur l'existence de la cour de Forez avant le treizième siècle, surtout si on réfléchit qu'il y avait déjà alors un chancelier.

Pour nous donc, le bailliage est constitué dès les temps les plus reculés (au moins depuis que la ville de Lyon fut soustraite à l'autorité dé nos comtes); mais à partir du treizième siède, nous le voyons parfaitement organisé. Gomme le bailli fut toujours un homme d'épée, peu versé dans l'étude des lois, nous lui voyons adjoint un clerc, un honune de robe, qui, pouf tout ce qui concernait l'administration de la

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