‹ Histoire du ForezChapitre 25 sur 154 · CHAPITRE XIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIU

les autres habitants à jouir du bénéfice de la clôture» et qu'alors la ligne directe en partant du cloître re&fermait naturellement le couvent.

Nous pensons même que le premier projet avait èié de faire passer la muraille au Pont<^ Neuf (d'Argent), puis de là de lui faire gagner directement le château, en abandonnant, outre l'espace qu'occupe le Bourg-Neuf, presque toute la longue rue de la Madelaine.

C'est à cette époque que furent faites les trois portes du cloître. Il se fortifia quelque peu, pour rassurer les habitants, qui, prévoyant bien que ce côté de leurs murailles, défendu par des gens d'église , / serait toujours le plus faible, avaient voulu, profitant de la rivière, fortifier leur ville de ce côté, et établir des portes sur les ponts. U ne parait pas que ces mesures aient été exécutées ; mais les habitants eurent à s'en repentir, leurs funestes pressentiments se réalisèrent lorsque vint Des Adrets.

Pour coùspletter ces détails, nous devons dite que ces murs avaient environ cinquante pieds de hauteur et cinq d'épaisseur, et que tout autour se trouvaient quarante-six grosses tours voûtées et à deux étages, distantes les unes des autres d'environ cinquante grands pas.

1430. Jean Pelletier, de Renaison, est nommé juge de Forez.

Vers cette époque, les eomnïunes se sotile- Yèrent dans le Maçonnais et le Forez. Si les

villes recevaient quelque soulagement dans leurs misères, à Tabri des murailles dont elles se couvraient^ les campagnes étaient dësolëes dans ces temps de guerres civiles éternelles, et la terre à peine pouvait produire de quoi nourrir les serfs nombreux, qui couvraient lé pays, auquel ils étaient attachés. Les villes s'étaient fait donner des franchises ; partout constituées en communautés, elles avaient voix délibérative dans la gestion de leurs affaires, et traitaient même déjà de puissance à puissance avec les princes et les rois, et souvent même, grâce à leurs deniers communaux, n'étaient pas la partie faible; mais les peuples de la campagnes, qui se voyaient enlever par la dîme et les droits du seigneur, le peu qu'à la sueur de leur front ils avaient fait produire à la terre, se soulevèrent et « émurent grand tumulte, rapporte Pierre de Saint-Julien, tuant autant de gens d'église et de nobles qu'ils en pouvoient atteindre, sans discrétion d'âge ni de sexe ; ils assailloient les châteaux et maisons-fortes, et^ 3'ils pouvoient entrer, les détruisoient, brûloient les titres, livres, terriers et tous autres enseignements, sans oublier de piller les meubles et butiner tout ce qu'ils rencontroient» Avec tout ce^ ajoute l'historien de Ghâlon, comme nulles méchantes entreprises, pour pernicieuses qu'elles soient, ne manquent de couverture, ils mettoient en fait que quand il fut dit à Adam qu'il

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