CHAPITRE XIII
mangeroit son pain à la sueur de son visage tous hommes furent compris dans cette malédiction, et partant que les nobles n'en sont exclus, aîns doivent travailler s'ils veulent vivre. Et quant aux gens d'église, qu'il y auroit assez dé deux presbytères en chacune desdites comtés; de sorte qu'ils prétendoient une égalité entre les hommes, et partant la distinction d'état non recevable, à moins que les uns soient seigneurs et les autres subjets, ou que les uns travaillent et les autres ne fassent rien. Contre eux le bailly de M âcon assembla les bans et rières-bans, et autres troupes royales, composées de quantité d'hantmês de fer, lesquels, aidés et secondés par les ' deux états aissaUlisy firent en sorte que les mutins et rebelles furent mis en vau de déroute, écartés comme perdreaux, et autant on en trouvoit, autant on en tuoit... » — Voilà comment alors on leur répondit... La même méthode est encore employée de nos jours. Car cette guerre, qui, sous diverses couleurs, date du commencement du monde, n'est pas prête de finir. On a eu grand tort d'accuser notre pauvre siècle d'avoir donné une bannière aux travailleurs : jamais peut-être ils ne formulèrent aussi nettement qu'à l'époque dont nous parlons leurs complaintes et doléances, et nous ne parlons pas ici des Jacqueries, ni des autres troubles qui avaient lieu hors du Forez. Oh ! il y a bien longtemps que le peuple partout s'est aperçu
que les charges et les maux de la guerre pesaient sur lui, et qa'k quelques nuances près» pour lui étaient le travail» le mëpris et la misère» et qu'à Toisiveté revenaient les honneurs et les plaisirs. •• Oh! il y a bien longtemps de ça» et c'est à peine si chaque révolution fait faire un pas à cette grande question..*.
Gomment faire cependant : les plaintes sont inutiles. On voit à cette époque des clameurs générales parvenir jusqu'au trône, pour se plaindre de vexations sans nombre que faisaient endurer les seigneurs aux pauvres habitants dii Lyonnais et du Forez. Les ordres souverains même n'étaient pas écoutés^ Charles VII avait mandé au sénéchal de Lyon de faire droit slum, suppliants « sur les vexations des seig9ieur$ qni les contraignoient à leur faire d'étranges reconnoissances, poiu: icelles enregistrer en leur^ chartes et terriers ; et quand ils n'ont voulu obéir à iceux, ils les ont induement travaillés et molestés» dont ils font de grandes exachions sur iceux pauvres suppliants, et tellement que quand ils n'ont voulu chevir ni composer avec eux» ils ont fait consummer leurs chevances»
prenant pour lesdites reconnoi^sances le douzième de tous leurs biens, et souvent te sixiènai^ au lieu du douzième ; au n^oyen desquelles etxa-^ chions est advenu et advient souvent que lesdîts seigneurs ont eu» en trois ou quatre mortalités au plus» toute la chevance d'un hôtel ou hsm