‹ Histoire du ForezChapitre 27 sur 154 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ménage ; qui est la totale destruetiûii desdits pauvres suppliants. »

Ces injonctions étaient presque sans effet. Le droit exorbitant de milods continuaient à rainer les malheureux qui se trouvaient dans la nécessité de vendre, ou dont les parents venaient à mourir. Et pourtant dans le Forez, ce droit avait été modifié, et souvent supprimé dans différentes localités.

Au reste qu'on ne s'étonne pas de ces remuements populaires, nous voilà parvenus au quinzième siècle; siècle raisonneur qui vit' naître Luther avec la philosophie moderne, qui tirait sa source du chistianisme. Toutes les têtes fermentent, et chacun sent sa vie.

Il est triste cependant de dire toujours, du sang... du sang... et qu'il faille encore enregistrer ce que la mort enlèye sans bruit.

Nous transcrivons ici des vers pleins de naïveté sur la mort du duc Jean, que les Anglais n'avaient pas voulu relâcher^ quelque prix qu'on leur ait offert; ce qui était autant à la gloire du premier qu'à la honte des derniers. La famille des ducs nous intére3se peu ; mais cette pièce de poésie, qui est du cru, nous donnera une idée de l'art dans nos pays à cette époque ; malgré tous leurs défauts, on ne peut refuser de la poésie à ces vers ; il y a même quelque chose du style imitatif dans le début de la quatrième strophe.

Pour mon prince, seigneur très redouté, Jean le Vaillant, noble due de Bourbon, Suis^en douleur et en couroux bouté, Et m'est advis que j'ay bonne raison, Quand j'aperçoit que par grand dezraison Les faux Anglois, par leur graiid tyranie.

Après qu'on eut de sa rançon partie ^, Dix-huit ans en prison bien gardée Tant long tenu qu'il a rendu la vie :

En paradis soit son ame logée.

Il m'est advis que c'est grande pitié qu'ainsy soit mort jeune, vaillant et bon.

Sça Dieu eu pieu que l'an l'eut délivré.

D'aucun mondain n'eut eu nul plus grand nom; Il eust au roy été tel champion.

Que recouvré luy eut sa seigneurie.

Bien l'ont pensé Anglois, race maudite; Pour ce y ont provision donnée, Sy que de luy creinte leur est faillie :

En paradis soit son ame logée»

Las! hé! quel deuil est-ce et a été A la noble duchesse de renom, A monseigneur son fils et premier né.

Duc à présent, après luy, de Bourbon.

LasJ tant l'ayMoit, bien avait occasion, Et monseigneur de Montpensier, en vie v Regret à eux de telle départie ; C'est grand courroux à la noble lignée;

1) Les ÀDglais avaient reçu une partie de la rançon, qu'ils garpèrent, sans vouloir accepter le reste...

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