CHAPITRE XIV. m
picques» arbâiestes, espées à deux mains,' et aultres bastons de guerre, tous en hqu ordre, ay€c gros tambourins de Suisse, et dix ou douze trompettes, et trois ou quatre enseignes bien belles, allarent jusques à Yiileroy lez Montbri-: son, au devant dudit seigneur bailly et leur nouvel capitaine, aux fins de luy mbnstrer s'ils estoient acoustrez, habillez et mis en bon ordre pour aller au devant du roy, s'il advenoit que le roy fisse son entrée audit Montbrison, et le accompagnèrent jusques à la ville.
a Où aprës être arrivé il s'en alla à l'auditoire et cour presidiaie de Forests, pour illec prendre sa possetion de l'office de bailly et capitaine dudit Montbrison, et ledit jour de lundy après la^ disnée, comme bailly de Forests, ala faire la monstre du ban et arriére ban dudit Forests au cloistre de Nostre-Dame.
« Ledit jour au soir ledit seigneur bailly adverty par monseigneur le seneschal D'Âgenes que la volonté du roy nostre sire estoit de venir et faire son entrée à la ville de Montbrison le jour de demain, incontinant appelle messieurs les juge, avocat, procureur, chastellain; messieurs les consuls et notables de ladite ville, a été délibéré que lesdits sieurs iront au devant du roy nostredît sire à cheval, le plus honnestement que faire se pourra, et outre ce les enfans et coihpagnons de ladite ville, avec arquebuses, grandes enseignes et à force trompettes
lOè HISTOIRE DU FOREZ.
et taiHbouritis, le pldâ triomphaoïeilt ffUé ïëiït seM possible^ et en outre qu'il serait bien c^ te^àble faire faire uo poêle à qtiâtre bastotis le plus riche qti'il $ë pourra, jyour mètre ati dessus le roy idostré sire à ladite entrée.
« Ledit jour, apr^s aroir esté déclftiré par ledit Seigneur bàilly que c'èstoit la coustnme là où le roy fàisdit soti entrée que messieurs dé la ville faisôient qtielques dons ez fourriers» lacquaix, troihpettes^ pag69, heraulit et atlt^eSj a été advisé que l^ou emprunteroit cetift livrés de monseignetir le conseiller Claude Tournon, conseiller au parlement de Dijon, pour icelles puis après distribuer au dire dudit seigneur le bailly.
M Le màrdy vingt-cinquième avril audit an, jour et feste monseigneur saint Marc^ le rojr nostre sire, la royne, messieurs les enfans, assavoir rnesseigneurs les daufin, dtic d'Orléans et de Angoulesme, tous ensetnble, envîroli quatre- heures du soir, entrèrent en kdite vîUè de Montbrison par la porte de * Saint-Jean, à laquelle messieurs les consuls de ladite ville tenoient le poêle fait de damas blanc auquel il y avoit des écussons où il y avoit une lettre F en or eslevée la courone au-dessus, par tous les costez dudit poêle espoissement mis, et sous ledit poêle le roy nostre sire alla jusques an cloistre Nostre-Dame, son logis» et les enfans de la ville au nombre de cinq à six cens, avec
CUÂPITflË XIV. JOÎ
ahjnebuisteâ^ tambourina de ^uiàSê è% gtànéei enseignes, cohduitâ et iriciii^z par ifipAsiear le chàstellàin de ladite ville Anàté Rapâil, h tout en bon ordre et tri6iki{>hëmeiit dcoU9tr«z^ rkU loient àti devant dix où dotiïè tronipeties sur ladite pùixe de Saint- Jean, jouant et âonant à gtosiè force. Ledit poêle fut porté par fnonsieur maistre Pierre Charbonnier, licentié èi. loix^ et Thomas Cognasse^ Pierre Galopin^ et Vetieraûd Medieu, consuls dé ladite ville, et le lendemain il jfit son ehtréé en Téglisê dé Nostre-Damé ôvec de belles eéréiïiénies, et demeura pdr Tespace dé seize jourâ en ladite ville de Moiïtbri&oni sr
Avant de partir, le rdi s'étant informe anprèÉt de Mathieu de Lôtiguejotiè, évé^ué de Soissons^ deâ particularités de la fotidatioti de l'église Notre-Dame, ' voulut aussi^ comme les comtes de' Forez, laisser à cette église des statuts ^u'il fit rédiger, et lui donna en ontt^ le titre de royale.
La chronique rapporte que le jotir même dé rentrée dé François l.^^ « le tonnerre étant tombé sur le clocher, tous les bois des docbes faillirent à brûler. >y .
On croit généralement que deux bealit orangers dû parc de Versailles, furent transportés de Montbrison à cette époque. Nous avonë fait les démarches nécessaires pont lions assurer du fait ; mais nous nWons rien obtenu de positif. La réponse du jardinier du parc et celle de
radministraleur de la liste civile nous ont seulement appris que deux orangers semés en i/i21 portaient les noms de Connétable et Français I.^ On n^a sur eux aucun autre renseignement.
L'action de François I.®' qui eut dans nos pays les plus heureuses comme les plus inattendues conséquences, fut l'organisation de la manufacture d'armes de Saint-Étienne, ver3 1535 (selon Duplessy, ou 1516, selon les chroniqueurs de Saint-Étienne), époque à laquelle ce roi y envoya l'ingénieur Virgile, pour la fabrique d'armes à croc et mousquets. Le hasard qui avait réuni là le charbon et. le grès si nécessaires pour cette fabrication, lui fit acquérir bientôt une grande importance, qu'accrurent encore les guerres civiles de ce siècle ; et Saint- Étienne n'est pas peu redevable à ces crises sociales qui déchirèrent la patrie, tant il est vrai de dire que rien n'est absolument mauvais ! Déjà nous voyons qu'en 1536 les consuls de la ville du P.uy, pour completter la mise en état de défense de leur cité, « envoyèrent achepter en Forez cinquante-six arquebuses, qui coustèrent cent vingt livres, firent fabriquer douze quintaux de poudre , etc. » ,
« Le dimanche pénultième avril 1537, par noble et puissant seigneur Claude d'Urfé, chevalier, seigneur dudit lieu, escuyer d'escuyerie ordinaire du roi nostre sire, lieutenant de cent gentilshommes de sa chambre, bailly de Forez