CHAPITRE XV
roi, alors comte de Forez, dans le palais de Madrid-lèz^Paris. II leur témoigna la gré <^'il leur savait des témoignages de leur affection, le désir qu'il avait de les faire soulager, « comme aussi la satis&ction qu'il avoit d'eux, de ce que ' (avec la bonne et sage conduite du seigneur dUrfé et autres seigneurs), ils s'étoient mainte* nusy gardes et exemptés de Texercice de la nouvelle religion ; leur déclarant qu'il ne vouloit en aucune façon qu^il y eut en son pays de Fo]:ez aucun prêche, auquel jamais il n'y en avoît eu aucun, étant ledit pays demeuré ferme et constant en la religion catholique, ayant sur ce fait savoir son intention audit seigneur d'Urfé; les assurant de plus qu'il avoit pourvu au gouvernement de Forez, et qu'ils n'étosent plus sujets de répondre à celui de Lyon* »
Le gouverneur du Forez nouvellement nommé était Chiverney.
Dans le même temps fut pourvu de l'office de prérost de Forez Antoine Coton, père du célèbre jésuite de ce nom. C'était le premier pourvu par le roi depuis l'union du comté à la cotuïanue. La cérémc^ié se fit à Paris, devant
i^ table de marbre»
Ànnonay, aussi bien que la seigneurie de Rocheblaine, et plusieurs autres châteaux, de ce canton, étaient restés au pouvoir des religionnaires depuis l'édit de pacification* Comme le bruit que cet édit de pacification allait être retiré
preiiait consistance, un jeune homme de la famille de Condamine et Bayard, à la tête d'une vingtaine de soldats, s'empara d*Annonay ; mais il le garda peu. Au commencement du mois de septembre 1568, le seigneur de Saint-Romain, frère de Saint-Ghamond, avec quelques autres, prirent les armes en faveur des religionnaires, et s'avancèrent vers la ville d'Annonay, qu^ prirent. Ils j restèrent huit jours, et malgré le traite, y firent beaucoup de mal, surtout aux catholiques.\
Dans ce temps, les *espions de la ville vinrent annoncer que Saîht-Ghamond s'avançait dans le dessein de la raser encore une fois. Il atait avec lui les compagnies des gens d'armes du sénéchal de Lyon, du seigneur d'Urfé et du chevalier d'Apchon. Il était suivi d'un grand nombre d'argoulets, commandés par Saint-Priest, et de quelques compagnies de gens de pied levées dans le Forez, sous la conduite des capitaines Le Blanc, Fournel et Glair-Imbert. Tous lesf protestant^ surtout ceux qui avaient favorisé les derniers troubles, se mirent à. fuir, et se retirèrent partie chez les gentilshommes voisins, et partie dans les villages et dans les bois des environs^
On doit remarquer qu'il n'y a ,pas dp pays plus propre à la guêtre civile; il est plein de gorges, de montagnes, de bois, de châteaux, et malgré cinq ou sîx saccagements, l'audacieuse