CHAPITRE XV
dans ladiçte (église mille sacrilèges et infamies ; ils en bru&lerent les portes^ se chaufibient des tableaux, et enfin n'y laissèrent rien, sinon le -fumier de leurs chevaux ; de sorte qu'elle sembloît une estable ou grange. Leur séjour dans ladicte yille j laissa telle infection, qu'on y prit ime* maladie populaire qu'on nomma la picorée, qui estoit presque autant' irrémédiable et sou* daine que la peste.»
a; Ils firent un grand butin, dit un chroniqueur de Saint-Étienne ; emportèrent tout ce qu'ils purent, tant de l'église et maison curiale, que de celles des prêtres, en reliques, contrats, papiers et documents. »
Comme l'armée protestante se préparait à continuer sa route, Gondé envoya Saint-Jean (Montgbmery) avec une compagnie d'arquebusiers se- saisir du pont Saint-Rambert, « d'autant que pour passer Loyre ils avoient tant de foys et toujours en vain combattu. »
« Pendant que l'armée se journoit dedan$ et autour de Sainct-Ëstienne, tant pour se refaire des pénibles traie tes qu'elle avoit faictes, que pour atten<}jre du renfort, l'admirai Coligny, qui logeoit au Cheval blanc, sur le pré de la foire, maison Allard, prés la vouste !Saincte-Catherine, et dont le camp s'estendoit de l'estang Patrua aux rives de l'Heurton, »^int à tomber ^ngereusement malade. Avec une armée qui faisait trembler la cour; le parti se voyait à deux
i&8 HISTOIRE DU FOREZ.
doigts de sa perte, car aucun des génJéraux protestants n'aurait pu le i^emptacer ; on parlait de lui substituer Nasau ; mais il éydt aussi loin d'approcher de Coligny sous le rapport des talaits militaires que sous celui dé la noblesse du caractère ; car il faut reconnaître que GoUgny ëutit le plus honnête homutie €nlre tous les généraux protestants, celui qui metlak le plus de bonne foi et de conscience, dans la lutte* La chronique rapporte que « le doulx ieu d'amour n'avoit esté estranger à la maladie de Coligny, » dont Tesprit toujours tendu éprouvait parfois le besoin de délassements. £t certes, qui pourrait lui faire un reproche d'avoir volé quelques instants de joie k travers les misères que lui faisait éprouver la cour«
((Les députez de sa majesté pour la paijr»
qui avoient esté despeschesi le U de may 4l'Angers, ou estoit le roy, traversèrent le Poictou» Xaintonge, Limozin et Bourbowiois, et te tendir^t le Si de may audict Sainçt-Estiênne, ou Monsieur de mesmes envoyé encor par sa majesté les fust trouver. Là ils déclarèrent la volonté de sa majesté à toute Varméei sur quoy les principaux rebelles assenlblez ne conclurent rien, tellement que les députez catholicques partirent sans rien arresCer*
« Le pourparler néantmoins n'eut la force d'imposer surséance d'armes, voire ils sembloierit plus eschauffez que jamais. »