‹ Histoire du ForezChapitre 83 sur 154 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

priant Dieu, messieurs, qu'il vous donne bonne et longue vie«

« De La Basde, lé vingt-huictiesme d'apytil mil cinq cens soixante-douze.

<c Vostre entièrement et parfait amy,

< Urfé, »

Voici maintenant la lettre du duc d'Anjou au bailli :

« Monseigneur dUrfé, ayant entendu les grandes commoditez et prolfits que mes sujets du pays de Forests recevroient si la riviere.de Loyre portoit batteaux jusques au pont Saint- Rambert, j'ay fait requestes au roy, mon très honnoré seigneur et frère, de vouloir un sien engénieux nommé Gr^ponne, homme véritable et expérimenté en touttes choses pour visiter ladite rivière, qui à son retour a rapporté que la chose esté facille et faisable, offrant de rompre et briser les rochers qui empescheroient ladite navigation, comme vous, verrez par Tadvis et offre qu'il en a fait, dont je vous envoyé la copie de la description des utillitez par luy pro- ' posées, et pour ce qu'en touttes choses je désire embellir, augmenter, souUager et supporter ledit pays, pour râffeciion particuUiere que je porte à mesdits sujets, j'ay entrepris et aresté de faire commencer ce bon œuvre dans Testé de la présente année par ledit Graponne, qui demande seuUement cinq mil livres et faire bonne voye ez rochers qui sont à l'endroit de

< Et là-dessus, monsieur Guichard Gotton, secrétaire de la reyne, a esté ouj pour la créance <jui luy est ordonnée par mondit seigneur de dire et remonstrer aux gens dudit pays et officiers, qui a dit avoir charge et commandement de mondit seigneur de remonstrer et dire de ladite part la grande affection et singulier désir de mondit seigneur, et pour illustrer et décorer son comté de Forests, et qu'il a trouvé que pour à ce parvenir et conunencer n'y avoit chose plus apropriée que de rendre ladite rivière navigable depuis Roanne jusques au pont Saint-Rambert, qui sont treize ou quatorze grandes lieues de pays ; et mesme qull a entendu que en sondit comté de Forests ladite rivière, encore qu'elle passe par le travers de la longueur de dix-sept ou dix-huit lieues, ne porte aucun proffit d'aucune voy ture ni navîga* tion de plus de demy , et encore se trouve que ce faisant la voyture et charrey de touttes choses, depuis Roanne jusques à Lyon, se pburroit accomoder, tant pour ladite navigatipn que pour le moyen du chemin que Ton pourroit dresser, selon ce qu'est mentionné cy-dessus; et que mondit seigneur entend y employer du sien, et neantftioins, pour les empeschemens et grands frais dont à présent il est chargé, ne peut fournir à ce qu'il faut advancer audit Crâponne qui l'entreprend. A dit encores ledit Cotton, que combien que mention soit faite de quatre-vingt

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