‹ Histoire du galvanisme, et analyse des différens ouvrages publiés sur cette découverte. Depuis son origine jusqu'à ce jourChapitre 2 sur 23 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Extrait du rapport du C. Halle , intitulé: Compte rendu a ly Institut national sur le Galvanisme .

Le C. Halle est, parmi les médecins françois, celui qui s’est le plus occupé, comme on l’a déjà vu dans le chapitre précédent, de répéter les expériences galvaniques , et d’en constater les effets et les résultats.

Comme la plupart sont rapportées dans le compte imprimé , qu’il a rendu , sur ce sujet , à la classe des sciences mathématique et physique de l’Institut , c’est ici le lieu de placer l’extrait , l’analyse de ce rapport (i) , fait au nom d’une commission nommée par l’Institut , pour examiner et vérifier les phénomènes galvaniques , et dont le C. H allé a été le rédacteur.

Cette commission étoit composée des CC. Coulomb , Sabathier , Pelletan , Charles , Fourcroy , V auquelin , Guy ton et Halle. Le C. Venturl , de Modène , a bien voulu se joindre à eux pour répéter les

( i ) Ce compte a mérité , par la clarté et la méthode avec lesquelles il est rédigé , l’approbation des savans françois et étrangers.

expériences contenues dans leur rapport , et ils ont encore eu depuis 1 avantage de se reunir avec M. Humboldt , pour répéter celles qui sont contenues dans l’article VI, et qui ont été faites au mois de prairial de lan 6 (1).

On sait que, pour faire naître les effets qui caractérisent la propriété animale que l’on appelle actuellement Galvanisme , il faut , en général , établir , au moyen des instrumens galvaniques , une communication entre deux points de contact , plus ou moins distans entre eux, dans une suite d’organes nerveux ou musculaires; d’où il résulte que tout le système de cette communication représente , au moment de l’action , un cercle complet , partagé en deux portions , dont les intersections sont aux deux points du contact; que l’une de ces portions est formée par les organes de l’animal, qui doivent recevoir l’influence; que l'autre dépend des instrumens, au moyen desquels cette influence s’exerce. Les commissaires de l’Institut appellent ces deux portions du cercle complet , l’une arc animal , l’autre arc excitateur . Celui-ci est le plus souvent com-

( 1 ) Le procès-verbal de ces expériences , dont le C. Halle est également le rédacteur , est déposé au secrétariat de l’Institut , et c’est à ce procès-verbal t que répondent les citations faites dans le cours de ce rapport.

posé de plusieurs pièces , dont les unes , placées sous les parties de l’animal , entre lesquelles on établit la communication , seront appelées supports , armature. , etc. ; les autres , destinées à opérer la communication par leur continuité avec les autres , seront appelées communicateurs .

C’est d’après cette considération , que le rédacteur du rapport partage le compte rendu des expériences de la commission , en six articles. Il examine, dans le premier , les résultats des combinaisons et des dispositions variées des parties qui composent l'arc animal. Il expose, dans le second , ce que les commissaires ont observé sur la nature et les dispositions respectives de l'arc excitateur. Il offre , dans le troisième , ce qui s’est présenté à la commission de plus remarquable , relativement aux circonstances étrangères à la composition de l’une et de l’autre partie du cercle galvanique , et dont l’influence détermine , fait varier , ou détruit le succès des expériences. Dans le quatrième , il réunit quelques essais sur les moyens proposés de faire varier , d'énerver , ou de rétablir la susceptibilité des animaux dans les expériences galvaniques. Dans le cinquième article, sont rangés un petit nombre d’essais , dont le but est de commencer à soumettre à une comparaison suivie , les rapports soupçonnés par divers physiciens , entre les phénomènes galvaniques et les

phénomènes

phénomènes électriques . Enfin, l’auteur place, dans le sixième article , le détail des expériences que M. Humboldt a bien voulu faire , devant les commissaires , le 15 prairial de l’an 6 , et qui ont rapport à plusieurs de celles mentionnées dans les articles précédens : elles sont présentées avec des modifications importantes. On donne également , dans cet article , un ensemble de celles que les commissaires se proposent de répéter , d’après les observations communiquées par Hum~ boldt.

Chacun de ces articles contient des réflexions, auxquelles les expériences qu’il renferme , ont donné lieu. Comme les commissaires ne parlent que de ce qu’ils ont vu et fait eux-mêmes , leurs réflexions se bornent à celles qui sont la conséquence naturelle de leurs propres expériences : ils se réservent de parler des résultats annoncés par d’autres physiciens , lorsqu’ils se seront convaincus', par eux-mêmes , de l’exactitude de leurs observations.

Tel est le tableau du travail de la commission nommée par l’Institut, pour lui rendre compte des expériences sur le galvanisme. Il faudroit copier , presque en entier , le rapport des commissaires , avec le détail des expériences qu’ils ont faites , pour en faire connoître toute l’importance et tout le mérite. Ce rapport est si 11e. Partie. B

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universellement répandu , que tout le monde est à même de le lire et de le consulter (i). Il suffira donc de présenter ici quelques sommaires , quelques résultats tirés de chacun des articles qui le composent (2).

Article Ier. Des parties essentielles de l'arc animal , dans le cercle galvanique , et des dispositions de ces parties entre elles. Quoique le rédacteur 11e s’occupe ici , ni de la nature des supports , ni des autres parties de l’arc excitateur, il les indique néanmoins , pour une plus grande exactitude, et pour ne pas omettre les circonstances favorables ou défavorables au succès des expériences. Il donne ensuite les détails , avec leurs résultats.

(1) Plusieurs journaux, d’ailleurs, en ont donné des extraits. Voye ç , entre autres , le n°. 17 du Bulletin de la société philomatique, thermidor an 6, et le n°. uj , vendémiaire an 7. — Le tome IV , page 484 , du Recueil, périodique de la société libre de médecine du Louvre. — Le Magasin encyclopédique, du icr. nivôse an 7 , n°. 16. • — Le Journal de physique , brumaire et frimaire de l’an 7.

(2) Nous ne rapportons aucune des expériences , parce qu’elles dépendent toutes du procès-verbal , aux différentes sections duquel le rédacteur renvoie , chaque fois qu’il cite une expérience.

des expériences faites sur les divers rapports, dans l’arc animal , des nerfs aux muscles auxquels ils se distribuent ; sur les nerfs liés ou coupés , la ligature ou la section comprise entre les extrémités de l’arc ; sur les nerfs , pris de différentes parties et de différens animaux, associés et réunis dans le même arc ; sur le nerf seid, ou le muscle seul , compris entre les extrémités de l’arc excitateur ; par l’interposition de morceaux de chair , etc. , dans l’arc animal ; sur l’animal revêtu de sa peau et de son épiderme.

Suivent des réflexions, au nombre de 1 1 , sur les expériences contenues dans ce premier article. Elles sont présentées comme de premiers apperçus , qui ont besoin d’être confirmés par de nouvelles recherches. Il en résulte au moins la preuve , 1 °. que l’arc animal peut être formé ou par des nerfs et des muscles contigus entre eux , ou par des nerfs seulement ; 20. qu’en conséquence , sa partie essentielle est le nerf ; 30. que toutes ses parties doivent être en général continues ou contiguës entre elles ; 40. qu'il n’est point interrompu par la section d’un nerf, ou sa ligature , pourvu que les parties liées ou divisées , restent contiguës entre elles ; 50. que la diversité des parties réunies dans sa formation , n’interrompt pas son intégrité , pourvu que toutes ces parties restent contiguës ; 6°. que cette intégrité rompue peut se rétablir par

rinterpositlon de quelques substances non animales , et sur-tout des métalliques , pourvu qu’on maintienne constamment la contiguïté de toutes les parties ; 70. que les organes musculaires sont toujours ceux où vont définitivement se terminer les nerfs compris dans l’arc animal complet : d’où il suit que les muscles affectés sont toujours ceux qui répondent à l’extrémité de l’arc la plus éloignée de l’origine des nerfs qui le composent ; 8°. que, quand l’origine de tous les nerfs qui composent l’arc animal , est tournée vers une de ses extrémités , les muscles seuls qui répondent à l’autre extrémité , éprouvent les convulsions galvaniques ; 90. que , quand un arc animal est composé de plusieurs systèmes de nerfs différens dont les origines répondent au milieu de l’arc , les muscles de ces différens systèmes se meuvent également, à ses deux extrémités ; io°. que plusieurs des expériences détaillées ne permettent pas d’admettre l’opinion de ceux qui ont attribué les phénomènes galvaniques au concours de deux influences différentes et correspondantes , de la part du nerf et du muscle ; qu’ils ont eu tort de comparer les rapports du nerf au muscle , dans ces phénomènes , aux rapports des doublures intérieure et extérieure de la bouteille de Leyde. ii°. Enfin, que le revêtement de l’épiderme, dans les animaux entiers , est un obstacle au

développement des effets du galvanisme , et que lorsque, par son extrême ténuité, il ne les interrompt pas tout-à-fait , il les affoiblit du moins

très-sensiblement.

Article II. Des parties de l'arc excitateur , d& la nature et des dispositions des parties entre elles . Cet article est composé de sept sections. La ire. contient, iQ. les expériences faites avec les substances métalliques, suivant leur nombre et leur diversité ; Y arc excitateur étant formé de deux ou de trois métaux différens , ou d’un plus grand nombre, mais toujours différens , de deux métaux en deux ou trois pièces , ou d’un seul métal ; 2°. les expériences faites avec des alliages métalliques , dans différentes proportions , des amalgames , différentes combinaisons métalliques , et différens genres de métaux minéralisés , avec leurs oxides ; 3°. les expériences avec des métaux frottés les uns contre les autres , avec les carbures , les sulfures , les phosphures et les oxides métalliques , introduits dans l’arc comme supports.

La 2e. section présente les expériences faites avec le charbon et les substances charbonneuses, qui , après les métalliques , méritent , relativement à leur usage dans, la formation de l’arc excitateur, une attention particulière. L’emploi des substances idio-électriques , dans le même

arc, savoir : le jayet, l’asphalte, le soufre, le succin , la cire à cacheter , le diamant , le basalte , sujets de la troisième section , ont constamment intercepté les effets galvaniques. Il en a été de même de l’air. L’eau et les substances humides, sujets de la 4e. section, employés comme intermède de communication, ont déterminé par leur interposition , d’une manière remarquable , les effets galvaniques. Il est question, dans la cinquième section , des expériences faites avec les substances animales , formant l’arc excitateur ; dans la 6e. , des expériences relatives à l’étendue des surfaces des parties de cet arc , qui ont fait voir que l’augmentation d’étendue et sur-tout de surface , dans ses intermèdes , apportoit une différence sensible dans 1 intensité de l’effet. La 7e. section roule sur les rapports des facultés excitatrices , entre les différentes parties de Tare excitateur.

Les réflexions du C. Halls sur les expériences contenues dans l’article II, tendent à prouver, i°. que la disposition de l’arc excitateur, la plus favorable aux effets galvaniques , est celle oii il est composé de trois pièces au moins de différente nature , prises parmi les métaux , l’eau et les substances humides , celles charbonneuses , et celles animales, dénuées d’épiderme ; 20. que cependant cet arc paroît être efficace , lors même

qu’il n’est formé que d’une seule pierre ou d’une seule nature de substance convenable; 30. que la moindre différence de nature , apportée dans ces parties , suffit pour lui rendre l’efficacité que lui auroit ôtée l'identité des substances ; 40. qu’il peut être complété par des substances de nature à former l’arc excitateur; 50. que l’efficacité de l'un et de l’autre peut être suspendue par la séparation , ou au moins par une distance suffisante entre les pièces qui les composent; 6°. que la plus foible humidité paroît également suffisante pour unir les pièces de l’arc excitateur , et déterminer l’effet qu’elles doivent produire sur l’arc animal ; 70. que l’influence de l’état de l’atmosphère et des circonstances environnantes , peut être très-grand sur le succès des expériences galvaniques; 8°. que celles faites sur l’arc animal et sur l’excitateur , relativement aux effets comparés des chairs animales , soit dépouillées , soit recouvertes de l’épiderme , et de cet épiderme sec ou mouillé , semblent autoriser à le mettre au nombre des substances qui affaiblissent ou interceptent les effets de l’arc excitateur. Cet épiderme est aussi, comme les poils et les cheveux, au nombre des substances qui participent à la nature de celles idio-clcctriqucs ; 90. que les substances qui peuvent entrer dans la formation de l’arc excitateur , sont pour la plupart , du nombre

de celles qu’on compte parmi les substances susceptibles de servir de conducteurs à l’électricité, tandis que celles qui servent pour interrompre cet arc , sont pour la plupart du nombre de celles appelées idio -électriques , ou connues pour retarder la transmission électrique , proposition qui cependant souffre de grandes exceptions , comme, le prouvent les expériences d 'Humboldt; io°. enfin, que l’effet galvanique est dans un certain rapport , non seulement avec la nature des pièces qui forment l’arc excitateur , et avec leurs dispositions respectives ; mais encore avec leur étendue , et sur-tout avec la grandeur des surfaces par lesquelles elles semblent transmettre cet effet.

Article III, Des causes étrangères à la" composition du cercle galvanique , et des deux arcs qui le composent , et qui néanmoins ont une influence évidente sur le succès des expériences. Ces causes ou circonstances se rapportent, iQ. à l’état même des parties contractiles de l’animal , soumises à l’expérience ; 20. à la manière d’opérer le contact qui établit la communication; 30. à l’influence que les expériences elles-mêmes ont les unes sur les autres, par le seul effet de leur succession ; 40. aux milieux dans lesquels se font les opérations , ce qui divise cet article en quatre

sections. L’objet de la première a spécialement été prouvé dans les expériences faites avec identité de toutes les pièces de l’arc excitateur , oit seulement des supports. Les circonstances qui diminuent la susceptibilité de l’animal , ont donné lieu de connoître plusieurs phénomènes qu’on n’auroit jamais observés sans cela , et dont la plupart sont exposés dans la seconde section , où il est question de l’influence du mode de contact sur le succès des expériences , i°. en alternant le contact d’un support , ou d’une partie à l’autre ; 20. à l’approche ou à la retraite du communicateur, 30. par la rapidité du contact ou de la retraite du communicateur ; 40. par le simple changement de contigiiité , sans interruption du contact.

Les commissaires ayant fait successivement diverses expériences , relatives à l’influence qu’elles ont les unes sur les autres , par le seul effet de leur succession , ils se sont bientôt apperçus que certaines d’entre elles influoient tellement sur la susceptibilité de Panimal , qu’elles paroissoient déterminer sensiblement le succès ou le non succès des suivantes. Jusqu’alors ils n’avoient fait leurs expériences que dans l’air ordinaire ; ils donnent le détail de celles qu’ils ont faites sous l’eau et dans 1 atmosphère électrique , et qui prouvent quune des conditions les plus capables d’influer

sur le succès des expériences , est la nature des milieux , dans lesquels elles ont lieu.

Les expériences détaillées dans cet article , ont conduit aux réflexions suivantes , i°. l’influence galvanique paroît , dans beaucoup de circonstances, s’exciter par l’exercice, s’épuiser par la continuité du mouvement , se réparer par le repos ; 2°. la multitude de causes , qui peuvent évidemment influer sur le résultat des expériences galvaniques , et les faire réussir ou manquer , doit inspirer beaucoup de réserve , avant de nier ou d’affirmer

leurs succès , à moins qu’on n*ait la certitude d’en pouvoir apprécier toutes les circonstances influentes ; 30. une des circonstances qui prouve le plus ce qui vient d’être dit , c’est celle dont on a rapporté l’effet sur la continuation du spasme galvanique, lorsque le communicateur, maintenu par la main, sembloit persister constamment dans le même point de contact , ce qui a démontré qu’il y avoit un changement réel dans ce contact , malgré l’immobilité apparente du communicateur , d’où on peut conclure , dit l’auteur , que le moindre changement dans les situations respectives des parties du cercle galvanique et de l’arc excitateur , peut produire un effet dans l’animal susceptible , et en imposer sur le véritable succès d’une expérience , si l’on ne fait pas attention à cet égard aux plus légères

variations ; 40. les expériences sur les rapports des mouvemens galvaniques , avec l’approche ou la retraite du communicateur , viennent encore à l’appui de la précédente proposition , et prouvent qu’on ne doit perdre de vue aucun des momens de l’expérience , qu'ils doivent , non-seulement être observés collectivement , mais même étudiés dans leur suscession , et dans les dihérens temps de l’opération; 50. on diroit qu’il y a dans la formation de l’arc excitateur des dispositions énervantes, et d’autres excitantes, dont les unes , non seulement sont ou ne sont pas efficaces , mais disposent , outre cela , l’animal à une plus ou moins grande susceptibilité dans les expériences suivantes ; 6°. il est également important , pour l’exactitude des expériences , et leur appréciation , de s’assurer de l’état de l’animal, de la manière dont il a été conservé et entretenu jusqu’au moment de l’épreuve , de l’état de l’atmosphère ; 70. enfin , il seroit à desirer qu’on pût disposer les expériences de différens genres dans l’ordre de leur efficacité , et en faire une échelle galvanique , qui pût aider à déterminer quel est le degré de susceptibilité de l’animal , pris dans tel état et telle disposition, et à quelles expériences on peut le soumettre, à raison de cette susceptibilité; qui pût aider, enfin, à juger à quel point le succès ou le non-

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succès d’une expérience , peut donner lieu à des conclusions certaines , et absolument négatives ou affirmatives. C’est une idée qui a reçu en grande partie son exécution dans l’ouvrage de M. Humboldt , qui sera l’objet du chapitre suivant.

Article IV. Expériences sur les moyens de faire varier , d'énerver et de rétablir ta susceptibilité des animaux dans les expériences galvaniques . Pour completter la classification des causes, qui peuvent influer sur le succès de ces expériences , il étoit encore nécessaire d’éprouver , indépendamment des circonstances qui tiennent à la manière d’opérer , à l’état de l’animal, et aux influences des milieux, l’action des différentes substances capables de développer ou de suspendre la susceptibilité des organes nerveux et musculaires. Trois sections composent cet article : elles ont pour objet; la première , l’influence de l’électricité sur la susceptibilité des animaux aux épreuves galvaniques ; la seconde , les effets de quelques liqueurs sur les propriétés galvaniques des organes musculaires ; la troisième , l’influence sur les effets du galvanisme , des différentes causes qui produisent les asphixies , influence extraite des expériences faites à l’Ecole de médecine de Paris.

i°. Une seule expérience a suffi pour démontrer la propriété qu’a l’étincelle électrique y

de rétablir la susceptibilité des animaux épuisés par des expériences répétées.

2°. Les liqueurs essayées sur les propriétés galvaniques des organes musculaires , ont été l’alkool , et l’acide muriatique oxigéné appliqué à des organes épuisés par une suite d’expériences , la dissolution de potasse , celle d’opium , en employant dans tous ces cas pour supports , les métaux les plus efficaces , tels que l’argent et le zinc. Les expériences répétées , d’après un extrait de celles d 'Humboldt , et conformement a ses procédés , n’ont cependant pas présenté des résultats conformes aux siens. A cet egard , il a observé aux commissaires que ce genre d’expérience , qui a pour objet de déterminer des nuances plus ou moins difficiles à saisir, devoit être répété dans des temps plus froids.

3°. Les expériences que contient la 3e. section , concernant les effets des asphixies sur les organes musculaires , ont été faites à l’Ecole de medecine de Paris , sur des animaux à sang froid , dont les uns ont été asphixiés , soit par submersion , soit par strangulation , soit par l’action de différens gaz , les autres ont péri dans le vide, ou par les décharges électriques. L’objet de ces expériences a été de comparer , entre eux , tous les phénomènes et les effets des différens

genres d’asphixie , en s’occupant particulièrement de déterminer chez les animaux asphixiés l’état de leur système musculaire , relativement aux effets de l’influence galvanique. Les expériences ont été faites avec un arc excitateur , composé de trois métaux différens ; les animaux soumis aux expériences , ont été des lapins et de petits cabiais ou cochons d’Inde ( cavia cobaya ). L’état de susceptibilité des organes nerveux et musculaires , a présenté des phénomènes trèsvariés , suivant la différence des causes des asphyxies , et la manière dont elles se sont opérées. En voici les résultats sommaires.

i ° . Susceptibilité entièrement anéantie , par les asphyxies dans le gaz hydrogène sulfuré , par la vapeur du charbon , par la submersion de l’animal, suspendu par les pieds de derrière. 2°. Susceptibilité arrêtée, par l’asphyxie dans l’acide carbonique pur , sous l’appareil au mercure. 30. Susceptibilité affaiblie , mais non anéantie , dans les asphyxies causées par le gaz hydrogène sulfuré , ayant perdu partie de son soufre ; par le gaz ammoniaque , par le gaz azote , par les gaz épuisés par la respiration , et dans les animaux qui ont péri par la submersion. 40. Susceptibilité subsistante sans altération , après les asphyxies produites par la submersion dans le mercure , par l’effet des gaz hydrogène pur, hydrogène

carboné, acide muriatique oxigéné, acide sulfureux ; par la strangulation , par la privation d’air dans la machine pneumatique , par les décharges d’une batterie électrique.

A la suite des résultats tirés des expériences faites sur les effets comparés des asphyxies , sont les réflexions relatives à ces effets , réflexions qui tendent à prouver, i°. que si toutes les asphyxies se ressemblent , par la privation d’une atmosphère respirable, et par la suspension des fonctions du poumon et de la circulation , elles diffèrent beaucoup dans leurs autres effets , selon la nature des substances qui les causent ; 20. que, parmi ces causes , il en est qui agissent plus profondément , et pénètrent à-la-fois toutes les parties des systèmes nerveux et musculaire , tandis que d’autres n’ont qu’une action superficielle , et ne produisent que l’asphyxie pulmonaire ; 30. qu’un des changemens les plus remarquables, consiste dans les altérations qu’éprouve la susceptibilité galvanique ; 40. que l’état de l’irrita- . bilité musculaire , éprouvée par le moyen des corps dont l’action mécanique sollicite la contraction des muscles , en les irritant , ne correspond pas toujours , à beaucoup près , à l’état de leur susceptibilité pour le galvanisme; 50. enfin, que les causes des asphyxies n’agissent pas de la même manière, sur toutes les parties du

système musculaire, et que le cœur est très-souvent dans un état différent de celui des autres muscles (i).

Article V, Premiers essais dè comparaison entre les phénomènes galvaniques , et ceux électriques . On sait que c’est en observant les mouvemens des grenouilles, à une certaine distance d’une machine électrique dont on tiroit des étincelles, que Galvani fut comme involontairement conduit à la découverte qui occupe les physiciens , depuis environ douze années. Les commissaires ont, en conséquence, cru devoir examiner l’étendue de l’influence électrique sur les animaux qu’ils alloient soumettre aux expériences galvaniques , avant d’éprouver les effets de lune de ces influences sur les phénomènes de l’autre. Les premières expériences ont donc eu pour objet, la susceptibilité de$ animaux pour les influences électriques : les secondes ont établi la comparaison de la susceptibilité pour l’électricité, avec la susceptibilité pour le galvanisme. La plupart

(i) Voye^f p. 95 dut. premier des Rapports généraux des travaux de la société philomatique de Paris , les résultats des expériences du D. Garden , sur l’asphyxie , répétées par MM. Bellot , VU s Silvestrt et Riche , expériences faites sur un grand nombre d’animaux.

de

de ces expériences, celles faites sous l’eau, les résultats de celles faites avec les supports identiques , et avec l’arc excitateur , présentent des conséquences qui semblent , aux commissaires, sinon détruire , du moins infirmer en partie la théorie de Volta^ relative à l’influence des électricités respectives des métaux sur les phénomènes du galvanisme , et favoriser les doutes qu’on peut élever sur l’identité du principe de l’électricité et du galvanisme.

Article VI. Expériences supplémentaires , faites sous les yeux des commissaires , par M. Humboldt , et relatives a plusieurs des epreuves contenues dans les articles précédens. Ces expériences correspondent à l’ordre des matières traitées dans ces articles, et ont pour objet, i°. l’effet des moyens galvaniques, sur les mouvemens du cœur; z°. l’effet de la ligature des nerfs ; 30. l’effet des substances evaporables, admises dans différentes parties de l’arc excitateur , et de la symmétrie établie ou détruite entre les parties qui forment les extrémités de cet arc ; 40. les atmosphères galvaniques ; 50. les substances éminemment conductrices de 1 électricité , et suspendant néanmoins . la commotion galvanique ; 6°. l’influence comparée de 1 électricité , sur Pélectromètre , et sur les organes nerveux et musculaires ; 70. les indications IIe. Partie. c

d’autres expériences , annoncées par Al. Huniboldt , et dont Us résultats méritent d’être constatés par des épreuves spéciales , n ayant pu etre taites dans la saison où on étoit alors, i°. parce qu’elles supposent , dans 1 animal , une grande susceptibilité , i°. parce que le temps , oii cette susceptibilité est la plus grande, se rencontre à la fin de l'hiver et au commencement du printemps , époque ou l’animal sort de son engourdissement, et où il est près de s’accoupler ; 30. parce que, passé ce temps , et l’accouplement fini , la susceptibilité diminue. Lors de l’accouplement , M. Humboldt assure qu’elle est , toutes choses égales d’ailleurs , chez le mâle , plus forte dans les extrémités antérieures > avec lesquelles il embrasse et serre la femelle , que dans les extrémités postérieures, et qu’en tout temps, elle est en général plus grande dans les femelles que dans les mâles , spécialement dans les extrémités postérieures. Des faits annoncés par Humboldt et que les commissaires se proposent de vérifier dans les temps convenables , prouvent qu il y a des expériences qui ne réussissent que dans les momens de la plus grande susceptibilité, .

Les expériences dont il a ete question jusqu ici , et dont nous n’avons donijé aucun détail , parce qu’il faut les suivre dans le Compte rendu par les commissaires , les réflexions qu ils ont ajoutées à cet article > et dont nous avoi*

présenté le résumé , donnent une idée suffisante des principales propriétés qui caractérisent le galvanisme ; elles offrent, avec le tableau du travail des commissaires, pour répondre à la confiance de l’Institut , celui de ce qui leur reste à tenter pour compléter la vérification de ce qu’ont déjà fait , à cet égard , les physiciens étrangers : elles découvrent a nos yeux la perspective d’un vaste champ d’observations , dans lequel un système nouveau de phénomènes , semble développer , sous un autre jour , l’ensemble des êtres doués de la vie , du sentiment et du mouvement. Nous y voyons que les phénomènes galvaniques semblent démontrer , dans l’organisation animale , un principe dont la nature sera peut-être long-temps inconnue , mais dans lequel réside évidemment l’essence des rapports mutuels du système nerveux et du système musculaire. Nous y voyons , dans la manière dont se propagent les effets de ce principe, entre les parties vivantes , dans sa marche et la rapidité instantanée de son influence , dans les moyens artificiels de communication auxquels il obéit, dans les rapports de cette communication avec deux ordres de substances , dont les unes la transmettent , et les autres la suspendent; nous y voyons , dis-je, les apparences d’une analogie sensible entre le galvanisme et l’électricité.

Mais , quelle que puisse être cette analogie , on voit qu’elle est loin encore de présenter les caractères d’une identité parfaite. Au reste , de quelque nature que soit le principe galvanique , les expériences qui nous le démontrent , nous font voir encore, avec une nouvelle évidence , un phénomène de l’économie animale, déjà connu à la vérité , mais désormais plus facile à apprécier: c’est celui qui nous apprend que les caractères de la vie peuvent subsister isolément dans les différentes parties de l’animal , long-temps au-delà du terme oii la vie du tout est détruite , et ou l’animal cesse d’exister , parce que les fonctions qui entretiennent l’harmonie du tout et des parties , la respiration et la circulation du sang , cessent de s’accomplir.

« Ce n’est pas tout, ajoute le rédacteur du » compte rendu ; en nous faisant connoître plus » complètement les effets des causes qui inter- » ceptent ces fonctions , et qui suspendent ou » anéantissent la vie de l’animal , en l’asphyxiant , » les phénomènes galvaniques nous font décou- » vrir , entre leurs facultés délétères , des dis- » tinctions dépendantes de la différence des at- » teintes que ces causes portent aux facultés » vitales, et dont les degrés se- rapportent, non » seulement à l’intensité , mais encore à la na- » ture de leur action ; et cette connoissance ne

» peut-elle pas un jour nous conduire à perfection- » ner, non seulement le diagnostic , mais même » le traitement des asphyxies ? »

Heureux espoir, conjectures séduisantes , combien, en vous réalisant, vous enrichiriez la médecine ! A combien de découvertes , dans sa pratique , ne nous conduiroient-elles pas? Car enfin la médecine hypothétique est belle, sans doute; elle éclaire beaucoup sur le diagnostic , sur le pronostic ; mais celle qui a pour base l’expérience , suite du raisonnement , estbien supérieure ; et si l’une et l’autre ont leur prix , leurs avantages ; si l’une et l’autre ont une liaison intime , il faut aussi convenir que la dernière est le perfectionnement de la première ; que si celle-ci est nécessaire à l’autre , celle-là devient le complément de l’art , et la seule à laquelle le vulgaire accorde sa confiance.

Avant de rendre compte des travaux des autres physiciens , sur le galvanisme , travaux la plupart postérieurs à la publication de l’ouvrage d 'Humloldt , il est nécessaire de faire connoître à nos lecteurs , cet ouvrage , un des plus complets qui ait été publié sur le galvanisme ; il a paru d’abord en allemand , à Berlin , en 1797, sous ce titre : Versucke uber die gerci^te muskel und nerv en fuser , et a été traduit en françois, par le C. Jadclot , médecin de l’hospice de la Pitiéo

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