‹ Histoire du galvanisme, et analyse des différens ouvrages publiés sur cette découverte. Depuis son origine jusqu'à ce jourChapitre 8 sur 23 · SS · texte numérisé non relu

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que MM. Nicholson , Cruickshank , Pfajf, e t le C. Desormes ont trouvé généralement constant , c’est qu’il se forme toujours un peu d acide nitrique du côté de l’argent, et d’ammoniaque du côté du zinc : sans doute il est du à ce que l’eau même la plus pure contient toujours un peu d’azote, qui se combine avec de Foxigène, dans le premier cas , et avec de l’hydrogène dans le second. »

» Pendant qu’on recherchoit ainsi la véritable nature des phénomènes qui se passoient dans l’eau ou plongeoient les fils, on ne négligeoit pas ceux qui ont lieu dans la pile même. La détermination du véritable élément de la pile , a occupé le C. Desormes et M. Pfaff. Les disques , qui forment cet élément , sont-ils disposés ainsi : { inc , argent , substance humide ? Ou bien le sont-ils ainsi : argent , substance humide , {inc ? Le C. Desormes est pour le premier de ces arrangemens : «dans la pile, dit -il, c’est le » zinc qui s’oxide ; or, lorsqu’on compose la pile » ainsi : { inc , argerzt , substance humide , etc. , » c’est le fil qui tient au zinc qui s’oxide : le zinc >.* est donc alors vraiment à sa place active , et » ne fait pas les fonctions de conducteur. »

» M. Pftijfz st d’un avis tout-à*fait contraire : c’est, selon lui, justement parce que le zinc s’oxide, que l’hydrogène doit paroître au bout du fil qui

communique avec lui. Il prouve d’ailleurs, par l’analogie des expériences faites sur les animaux, que dans le véritable élément de la pile, la substance humide doit être entre les deux métaux. En effet, si l’on fait toucher du zinc au nerf, si on met de l’argent au bout de ce zinc, er si on termine l’arc excitateur par du zinc qui ira de l’argent au muscle, la convulsion n’a plus lieu ; mais elle a lieu , si on met le zinc d’un côté, l’argent de l’autre, de quelque manière qu’on les réunisse. Si la première combinaison étoit la vraie, le second morceau de zinc ne servant que de conducteur, devroit être aussi bon que tout autre métal. »

» Nous dirons ici, en passant, d’où vient la différence apparente qui se trouve entre les expériences faites ici, et celles des anglais. Ces derniers disent toujours que c’est le zinc qui donne l’électricité positive et le gaz oxigène : nous disons , nous , que c’est l’argent. Cette différence d’opinion vient de ce qu’ils construisent leur pile ainsi : zinc, argent, substance humide; zinc, etc. (alors la première plaque de zinc ne fait , suivant la théorie de Pfitff touchant l’élément, que la fonction du conducteur) et que nous , nous construisons notre pile ainsi : argent, substance humide, zinc; argent, etc.»

» Lorsqu’on met des portions de substance

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humide entre tous les métaux , ainsi qu’il suit i A. H. Z. H. A. H. Z. H. A. il n’y a pas du tout d’effet , parce que c’est comme si l’on avoit mis deux piles en sens contraire , qui se neutraliseroiCnt. La présence de l’air autour de la pile est nécessaire. Sous la cloche pneumatique, les effets diminuent d’autant plus , que le vide est plus parfait. Lorsqu’on plonge la pile dans l’eau, les effets cessent, peut-être parce que l’eau est un conducteur plus immédiat que les fils. Y a-t-il de l’oxigène de l’air absorbé , ou l’oxidation du zinc ne se fait-elle qu’aux dépens de l’eau, dont les disques de drap ou de carton sont imbibés? C’est ce qui n’est pas encore décidé. Quelques-uns croient avoir observé une diminution de l’air, en plaçant la cloche dans un appareil pneumato - chimique : d’autres le nient. »

» La pile , toute ruisselante d’eau , produit néanmoins des effets ; c’est une grande différence d’avec la bouteille de Leyde. Une autre différence , c’est que les attractions et les répulsions sont infiniment foibles , en comparaison de la force des commotions : de-là l’idée du Cit. Charles , que l’électricité et le galvanisme sont composés de la réunion , en proportions différentes , de deux causes matérielles ; celle qui produit les répulsions , qui est forte " dans

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l’électricité et foible clans le galvanisme ; et celle qui produit les commotions , qui est forte dans le galvanisme, et foible dans l’électricité. Les CC. Hassenfrat { et Gautherot ont observé des attractions entre les deux fils : on clevoit les prévoir , d’après ce que montre l’électromètre présenté aux deux bouts de la pile. Nous n’avons pas besoin de dire qu’on a de suite imaginé que les phénomènes des poissons engourdissans étoient de l'ordre des effets galvaniques. M. Humboldcw ient d’écrire de la Guyane , qu’il a vérifié cette conjecture sur le gymnotus eUctricus . »

» Fourcroy , Vauqudin , Pfaff-, et plusieurs autres , ont aussi reconnu que les prétendues grandes étincelles galvaniques , ne sont que le produit de la combustion des fils. Les métaux combustibles, zinc, fer, etc., en donnent, mais pas les autres , savoir or , platine , etc. L’action de la pile , pour produire les effets galvaniques , n’est pas si continue , qu’on ne puisse l’épuiser instantanément. Si on applique à ses deux bouts de gros conducteurs métalliques , on éprouve une forte commotion , et les effets s’affoiblissent pour quelques secondes. Cette remarque est du C. Vauqudin , qui est aussi auteur des nouvelles observations que voici : »

» Des plaques de cuivre et de zinc , d’un pied en carré , n’ont presque pas donné de

commotions , et n’ont que foiblement décomposé l’eau; mais les fils métalliques, qui en joignoient les extrémités , se sont enflammés avec une rapidité prodigieuse. Par le partage de ces plaques en quatre , et en les empilant , ce qui quadruple la hauteur , on obtient des commotions plus fortes ; mais l’inflammation diminue. Deux colonnes d’égale hauteur , produisent à-peu-près les mêmes commotions et les mêmes dégagemens , quel que soit leur diamètre. Une colonne composée d’or et de platine , n’a produit aucun effet, etc, »

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