I . Allons, alloDB
n HISTOIRE
bonnes nouvelles de moi avant qu'il vous ôte de ce monde *. — Mon ami, dit le père, je Ten supplie. » Puis il lui donna sa bénédiction.
Après l'enfant alla prendre congé, l'un après l'autre, de de tous les gentilshommes qui étaient là et voyaient avec grand plaisir sa bonne contenance. La pauvre dame, sa mère, était en une tour du château, pleurant tendrement ; car bien qu'elle fût joyeuse de voir son fils en voie de parvenir, son amour de mère la sollicitait de pleurer. Toutefois, après qu'on fut venu lui dire : « Madame, si vous voulez venir voir votre fils, il est à cheval tout prêt à partir, » la bonne gentille femme sortit par le derrière de la tour, fît venir son fîls et lui dit : « Pierre, mon ami, vous allez au service d'un gentil* prince. Autant qu'une mère peut commander à son enfant, de toutes mes forces, je vous fais trois commandements ; si vous les suivez, soyez sûr que vous vivrez honorablement en ce monde. Le premier, c'est que, avant toutes choses, vous aimiez, serviez et craigniez Dieu, sans aucunement l'offenser, s'il vous est possible : c'est lui qui nous a tous créés et qui nous fait vivre ; c'est lui qui nous sauvera, et, sans sa grâce, nous ne saurions faire une seule bonne œuvre en ce monde; tous les soirs et tous les matins, recommandez-vous à lui, et il vous aidera. Le second, c'est que vous soyez doux et courtois envers tout gentilhomme, vous dépouillant de tout orgueil. Soyez humble et serviable à toutes gens ; ne soyez ni médisant, ni menteur ; vivez sobrement. Fuyez l'envie ; c'est un vilain vice. Ne soyez
1 . On songe involontairement au mot touchant d'Épnminondas après sa victoire de Leuctres : « Ce qui me rend le plus heureux, dit-il, c'est que mon père vit encore; il jouira de cette gloire. »