CHAPITRE II
Expéditions peu importantes de Bayart. — Il fait chevalier le lils aîné du connétable. — Fêtes pour la naissance du Dauphin.— Le seigneur de Sedan attaque les terres de Tempereur Charles-Quint. — Celui-ci sans déclaration de guerre s*empare de Mouzon et menace la Champagne. —Le conseil de guerre décide que Mézières doit être défendue. — Bayart est chargé de cette défense diflicile. — Mauvais état de la ville. — On travaille nuit et jour aux fortifications. — Exhortations aux habitants. — Le siège commence. — Réponse de Bayart aux généraux ennemis. — Le capitaine Grand- Jean loue Bayart devant les ennemis. — Le siège est mené vigoureusement. — La garnison est épuisée. Ruse de Bayart. — Elle réussit à souhait. — Autre ruse de Bayart. — Les tonneaux pleins d*eau. — L'aigle a défendu le pigeonnier. — Levée du siège. — Joie universelle. — Honneurs rendus à Bayart.
Pendant les quatre ou cinq années (1516-1521) qui suivirent la bataille de Marignan, la vie de Bayart n'offre plus ces actions d'éclat que nous avons rencontrées jusqu'ici: il seconde d'abord le connétable de Bourbon à Milan, et l'aide à repousser une invasion nouvelle de Max imi lien. Un instant, la situation fut critique, et Bourbon, sur les conseils de Bayart, se retira dans la citadelle de Milan, décidé à se défendre en désespéré. Heureusement l'inconstant Maximilien, craignant la tra-
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hison de ses Suisses/ quitte le camp et abandonne l'expédition.
Le Milanais pacifié, Bayart revient en Dauphiné exercer sa charge de lieutenant général.^ fsiit le voyage de Paris, appelé par le roi, et en chemin fait chevalier le fils aîné du connétable à Moulins. Bayart ne séjourna guère à la cour: se sentant né pour servir son prince, non pour le flatter , il retourne en Dauphiné remplir les devoirs de sa charge de lieutenant général. Le dernier jour de février 1517 , la bonne reine Claude de France mit au monde son fils aîné en la ville d'Amboise ; il fut baptisé dans la même ville et furent parrains le pape Léon X, le duc de Lorraine et la duchesse d'Alençon marraine. Il y eut grande réjouissance par tout le royaume. La ville d'Orléans fit merveille: durant un jour entier il y eut devant la maison de ville deux fontaines qui jetaient du vin blanc et clairet, et par un petit tuyau sortait de Phypocras, auquel beaucoup de gens après en avoir goûté, se tenaient. L'an 1519, alla de vie à trépas l'empereur Maximilien.
Peu de temps après Télection de Charles h', roi des Espagnes, au trône impérial, sous le nom de Charles- Quint, le seigneur de Sedan, Robert de la Marck, « le sanglier des Ardennes , » qui pour lors était au service de la France, fit quelques courses — on ne sait qui lui en donna le conseil — (Charles-Quint crut que c'était François 1^' son ancien rival à la couronne d'Allemagne) sur les terres de l'empereur. Celui-ci lève une grosse armée de quarante mille hommes et la confie au comte de Nassau et à un célèbre capitaine de lansquenets, Francisque de Sickingen , et attaque les terres du sei-
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gneur de Sedan. François, inquiet de voir cette grosse armée sur les frontières de la Champagne, envoie son beau-frère le duc d'Alençon pourvoir à la défense des places de la province, et s'avance lui-même" jusqu'à Reims. Henri d'Angleterre interpose alors ses bons offices pour arrêter les deux adversaires , prêts à en venir aux mains; pendant les négociations Charles, qui a hérité la mauvaise foi de Ferdinand le Catholique aussi bien que ses États, s*empare, par son lieutenant Nassau, de l'importante place de Mouzon. Cette conquête ouvrait la Champagne aux impériaux. Un instant Teffroi se répandit dans la France, et François convoqua le ban et Tarrière-ban de sa noblesse : au conseil de guerre présidé par le roi , on décida que Mézières était la première place après Mouzon, qu'il fallait la défendre et la garder; elle prise, la Champagne était perdue. Quelques capitaines, la regardant comme hors d'état de résister, voulaient la ruiner et ravager au loin tout le pays pour affamer l'ennemi. Bayart eut horreur de ces dévastations, et, disant qu'il n'y avait point de place faible là où il y avait, des gens de cœur, offrit de se charger de la défense ; le roi la lui confia c ne connaissant homme de son royaume en qui il se fiât plus. »
Aussitôt, investi de pouvoirs étendus, il part avec sa compagnie de Lorraine, deux ou trois mille hommes de pied, et une foule de gentilshommes volontaires, Reffiige, Montmoreau, ses deux cousins, AUeman-Laval et Gaspard Terrail de Bernin, Annebaut, Yilleclair, Montmorency, Lucé, Clermont-Tallard, Sassenage, Guiffrey, Eynard, Milieu, Philippe de Ville et Balthasar de Beau* mont, la plupart Dauphinois et personnellement dévoués au paragon d*honneur de leur province^
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Mézière était fort mal préparée pour soutenir un siège dont elle était menacée d'heure en heure. Bayart commence JMir faire sortir les bouches inutiles et briser le pont sur la Meuse ; il assemble soldats et bourgeois , et leur fait jurer de se défendre jusqu'à la mort: «Si les livres nous manquent, dit-il en terminant sa harangue par une de ses saillies ordinaires, nous commencerons par manger'nos chevaux , puis nous salerons et mangerons.... nos valets!»
Philippe de Ville, son compatriote, homme solide et vieux routier, est chargé de la sévère économie des provisions de toute sorte , et jour et nuit on se met à la besogne pour réparer les fortifications. Hommes d'armes, hommes de pied, Bayart à leur tête, travaillant aux rem-
« Compagnons , dit le Bon Chevalier , nous sera-t-il reproché que, par notre faute, cette ville soit perdue, nous qui sommes ensemble si belle compagnie et si gens de bien? Il me semble que, fussions-nous au milieu d*un pré , avec un fossé de quatre pieds seulement devant nous, nous combattrions encore un jour entier avant d'être défaits. Or, Dieu merci, nous avons ici fossé, muraille et rempart; avant que les ennemis y mettent le pied , je me trompe fort ou nombre des leurs dormiront dans les fossés. »
Le deuxième jour, on vit approcher les impériaux. Ils formèrent deux sièges, l'un en deçà de la Meuse, commandé par Francisque de Sickingen, avec quatorze ou seize mille hommes; l'autre au delà de la rivière, sous les ordres du comte de Nassau, à la tête de plus de vingt mille soldats. Ces deux chefs, dès le lendemain de leur arrivée, envoyèrent un héraut d'armes à Bayart, le som*
mant de rendre la place, lui remontrant qu'elle n'était point tenable, ajoutant qu'à cause de sa grande et merveilleuse chevalerie, ils seraient très-fâchés qu'elle fût prise d*assaut, que son honneur en serait grandement amoindri, et que par aventure sa vie pourrait être exposée. Bayart, souriant, répondit à ce messager :
Mon ami, je m'ébahis de la gracieuseté que me font Mgrs de Nassau et Francisque, que je n'ai jamais ni pratiqués ni beaucoup connus, et qui montrent une si grande soUicitude pour ma personne. Vous vous en retournerez, héraut, mon ami, et leur direz ceci : « Le roi mon maitre ne manquait point de personnages plus con> sidérables que moi, à qui confier la garde de cette ville frontière ; mais puisqu'il m'a fait cet honneur de s'en reposer sur moi, j'espère, avec l'aide de Notre-Seigneur, la lui conserver si longuement, que vos maîtres s'ennuieront à faire ce siège plus que moi à le soutenir; enfin je ne suis plus un enfant qu'on effraye par des paroles. »
Le héraut, après avoir été festoyé, alla reporter aux lieutenants de Gharles-Quint cette réponse, qui ne fut guère agréable aux deux chefs. Avec eux se trouvait en ce moment un Franc-Comtois, récemment passé du service de France à celui de l'empire, ce Grand-Jean le Picard, qui avait combattu dans les guerres d'Italie sous le Bon Chevalier.
« Messeigneurs, dit-il, tant que vivra Mgr de Bayart, ne vous attendez pas à entrer dans Mézières. Je le connais, il m'a plus d'une fois mené à la guerre. C'est un homme qui, n'eùt-il autour de lui que des couards, en ferait des braves, et sachez que tous ceux qui sont avec lui mourront sur la brèche, et lui le premier, avant que nous mettions le pied dans la ville. Pour moi, je voudrais qu'il
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y eût là-dedans deux mille hommes de plus, et qu'il n'y fût pas.
— Allons donc, répliqua Nassau, capitaine Grand- Jean , le seigneur de Bayart n'est de fer ni d'acier pas plus qu'un autre. S'il est gentil compagnon, hé! qu'il le montre ! car, avant qu'il soit quatre jours , je lui ferai donner tant de coups de canon qu'il ne saura de quel côté se tourner.
— Nous verrons, murmura ie vieil aventurier; mais vous ne l'aurez pas comme vous le supposez. »
Peu d'instants après, les deux chefs allemands faisaient ouvrir le feu sur Mézières, et, en moins de quatre jours, leurs cent pièces d'artillerie tirèrent plus de cinq mille coups. La place rispostait de son mieux, mais avec artillerie inférieure. Tout d'abord affaiblie par la désertion des nouvelles levées, qui avaient naguère trahi à Mouzon le courage de leur chef, le baron de Montmoreau , la petite garnison voyait arriver près de leur fin vivres et munitions , et la dyssenterie décimait ses rangs. Enfin les batteries de Sickingen , placées très-près de la ville et sur une éminence, avaient ouvert une brèche énorme, et on avait à peine assez de monde pour suffire à la gardo de cette brèche.
Un mois s'était écoulé , et si l'ennemi avait un peu souffert, c'était surtout des fréquentes sorties que Bayart dirigeait toujours avec un succès digne de son courage.
Le voisinage de Sickingen était bien incommode; Bayart, qui était un des plus subtils guerriers de son temps , s'avisa d'un stratagème que lui suggéra la mésintelligence habituelle entre les deux chefs des impériaux. Il dicta la lettre suivante à l'adresse de Robert do
Lamark, alors à Bedan, la seule ville de son domaine que les Allemands lui eussent laissée :
c Monseigneur mon capitaine,
I Vous devez avoir appris comment je suis assiégé en cette ville par deux endroits : j'ai d'un côté le comte de Nassau, et de l'autre, en deçà de la rivière, le seigneur Francisque. Il y a six mois , ne m'avez- vous pas dit, ce me semble, que vous cherchiez un moyen de le faire venir au service du roi notre maître, et qu'il était votre ami et allié ? Gomme il est réputé très-gentil galant, je le souhaiterais de tout mon cœur. Mais si vous reconnaissez que cela se puisse faire, vous ferez bien de le savoir de lui, et plutôt aujourd'hui que demain. 8'il y consent, j*en serais très-aise, sinon je vous avertis qu'avant qu'il soit vingt-quatre heures, avec lui, tout ce qui est en son camp sera mis en pièces. Car à trois petites lieues d*ici viennent coucher ce soir douze mille Suisses et huit cents hommes d*armes, conduits par Mgr d'Alençon, et demain, à la pointe du jour, ils doivent donner sur son camp, tandis que je ferai moi-même une sortie, de façon qu'il sera bien habile homme s'il se sauve. J'ai voulu vous en avertir, mais, je vous en prie, tenez la chose secrète. >
La lettre écrite et scellée, Bayart fait venir un paysan, et lui donnant un écu : « Va-t'en , dit-il, à Sedan (il n'y a que trois lieues d'ici) porter cette lettre à messire Robert, et dis-lui que c'est le capitaine Bayart qui la lui envoie. »
Le bonhomme partit incontinent. Ainsi que Bayart l'avait bien prévu, il n'était pas à un jet d'arc de la ville qu'il fut pris et amené devant Sickingen qui lui demanda oii il allait. « Monseigneur^ dit l'infortuné, trem'^
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blant et se voyant déjà mort, le grand capitaine qui est dedans notre ville m'envoie à Sedan porter nne lettre à roessire Robert, i
Et il tira la lettre d'une boursette où il Tavait mise. L'ayant lue, Sickingen devint pensif. Il crut que Nassau lui avait fait passer la rivière pour qu'il fftt défait , et dit tout haut : < Je connais bien à cette heure que Mgr de Nassau ne tâche qu'à me perdre ; mais , par le sang Dievi, il n'en sera pas ainsi ! > Et soudain, il fait battre le tambour , sonner à l'étendard , plier bagages et franchit la Meuse.
A ce bruit , Nassau s'étonne et envoie savoir ce qui se passe. On lui rapporte que Sickingen veut venir de son côté ; ce mouvement équivalait à la levée du camp. U fait dire à Sickingen de ne point bouger avant de s'être entendu avec lui ; qu'autrement il trahirait le service de son maître.
c Retournez , réplique brusquement Sickingen , retournez dire au comte de Nassau que je n'en ferai rien, et que, pour lui plaire , je ne resterai pas à la boucherie. Et s'il veut empocher que je me loge auprès de lui, nous verrons par le combat à qui de lui ou de moi de*» meurera le camp. »
Nassau n'y comprenait rien , et , de crainte de surprise, il fit mettre ses gens en bataille. Ceux de Sickingen, ayant passé l'eau, se rangèrent de môme, et, à les voir s'agiter et battre le tambour , on eût dit qu'ils allaient en venir aux mains.
A la faveur d'un désordre si subit , le pauvre messager, auteur de ce grand émoi, prit sa course vers Mézières, et, se jetant aux pieds de Bayart, lui conta, en s'ex* casant, ce qui était arrivé.
Le Bon Chevalier , riant à gorge déployée , courut sur le rempart avec quelques gentilshommes et aperçut les deux camps en présence : « Par ma foi, dit-il au bout d*un instant, puisqu'ils ne veulent pas commencer Je m'en vais le faire moi-même. »
Cinq ou six coups de canon au travers des ennemis réussirent à les calmer et les disposèrent à se rapprocher. Mais , la nuit môme , par le passage que Sickingen avait laissé libre, sur Tordre de Bayart, on courut jusqu'à Troyes demander à François I«>^des secours.
En toute h&te, mille hommea de pied, avec quelques chariots de vivres et de munitions, et escortés par quatre cents hommes d'armes, pénètrent dans Mézières. Ce secours servit à ranimer le feu de leurs batteries, et les impériaux commencèrent à perdre courage. Deux autres ruses de guerre les décidèrent au départ. Voulant savoir si le convoi qui était entré dans Mézières était vraiment considérable , Grand- Jean le Picard fit par un tambour demander une bouteille de vin à son ancien compagnon d'armes, le seigneur de Lorges : « Suis-moi, » dit le capitaine français.
Il descendit avec le soldat dans un magnifique cellier garni de deux rangs de tonneaux tous pleins , mais d'eau pour la plupart, et lui donna deux bouteilles. Tune de vin vieux , l'autre de vin nouveau.
Dès lors les ennemis , perdant l'espoir de prendre la ville par la disette , fatigués d'une si courageuse résistance et craignant l'arrivée du roi , se décidèrent à partir après cinq semaines de siège : ils se dirigèrent vers la pauvre Picardie, mettant le feu partout, c Eh quoi ! disait-on au comte de Nassau, revenu dans les Pays-Bas, vous aviez Quarante mille hommes et cent pièces d'artil-
lerie, et voua n*avez pu prendre Mézières, un pigeonnier?
— Ah ! répondit-il assez piteusement , c'est que le pigeonnier était gardé par un aigle et par des aiglons autrement becqués et membres que toutes les aigles do Tempire * ! ■
Bayart avait sauvé la France autant par son esprit que par sa bravoure. Ce fut un chant d'allégresse de Tune à Tautre extrémité du royaume et, sMl faut en croire un contemporain XHivail), quand les prêtres à la messe se tournant vers le peuple, avaient dit : Priez pour le roi, ils ajoutaient alors : Et pour Bayart, qui a sauvé le royaume de France
Quand le Bon Chevalier quitta Mézières, les habitants l'accompagnèrent en lui manifestant leur enthousiasme et leur afTection par les marques les plus vives *.
1. Terrebasse. Le roi annonça cette nouvelle à sa mère dans une lettre où il disait que « en cette occasion Dieu avait montré qu'il était bon Français, • et Louise de Savoie disait de Bayart « uu personnage qui vaut et mérite tant et tant que pour lui on ne saurait trop faire. » Pendant longtemps on fêta le 27 septembre l'anniversaire de la délivrance de la ville : cette cérémonie civique consistait en une procession solennelle à laquelle assistaient les autorités civiles, la garnison et la garde nationale en armes. A l'église après l'évangile, un ecclésiastique prononçait l'éloge de Bayart. Nous voyons dans la Revue des Ardennes de M. E. Senemaud que cette cérémonie avait lieu encore en 1806 ; M. de Terrebasse dit qu'elle existait aussi sons la Restauration. Pourquoi l'a-t-on laissée tomber en désuétude?
2. M. Vallerant-Payon , chanoine de Reims, petit-fils de Georges, l'un des maîtres de ville de Mézières en lb2i , pendant le siège, légua à la ville une grande coupe destinée à perpétuer le souvenir de ce glorieux événement : elle est en vermeil et richement ciselée.
La lettre d'envoi des exécuteurs testamentaires, en date du 22 octobre 1 626, annonce que cette coupe pèse quatre onces, trois tierceaux, et qu'elle a coûté 218 livres tt sols.
Inscription gravée sur le bord :
fl En cette coupe est le plan du siège de Maiiières par le comte de Nassau, lieutenant de l'empereur Charles-Quint, l'an 1521, défendue par le
Lorsqu'à travers la foule, partout accourue sur son passage, Bayart rejoignit François I*' à Fervacques , il
Coupe de Bayart, en vermeil. [Dans les archioe» de Mézièret.)
chevalier Bayart, éUnt maître de ville Nicolas Georges : M. Vallerant- Payon a ordonné, en l'an i624, m'ètre donnée à la chambre de MM. les
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reçut accueil merveilleux. Le roi, qui ne pouvait se fatiguer de le louer devant tout le monde , lui donna le collier de Tordre de Saint-Michel et le commandement en chef d'une compagnie de cent hommes d*armes, avec les appointements annuels de cinq mille écus : pareille dignité était d'ordinaire réservée aux princes du sang. C'est alors aussi que ses deux frères devinrent, Philippe, évoque de Glandèves, et Jacques, abbé de Josaphat-lès- Chartres.
De Fervacques à Mouzon, que l'on reprit, de Mouzon à Valenciennes, Bayart, faisant partie de Tavant-garde commandée par le duc d'Alençon , poussa vivement les impériaux , l'épée dans les reins. S'il eût été cru, ainsi que le connétable de Bourbon, la Trémoille et la Palice, c*en était fait à Valenciennes de l'armée de Charles-Quint. François I" tourna ce jour-là le dos à la fortune qui lui souriait ; il lui en coûta cher depuis : car elle lui garda rancune le reste de sa vie.
Lorsque Bayart, après avoir encore guerroyé tout l'hiver à Guise et sur la frontière française, revint à la cour, les Parisiens voulurent sortir de leur ville pour aller à sa
eschevins de Maizières par les mains de MM. Serval et Pierre Meslier, chanoines dadit Rheims, et exécuteurs dudit testament dudit sieur Payon.
Sur le pourtour de la coupe, au bas de l'inscription, sont représentés en relief la ville, les environs et l'armée assiégeante : elle est garnie d'un couvercle également ciselé et surmonté d'une petite figure de la Vierge.
Cette coupe, connue aujourd'hui sous le nom de coupe de Bayart, est conservée aux archives de Mézières.
Elle sortait autrefois le jour anniversaire du 27 septembre. La ville était dans l'usage de donner ce jour-là un diner : la coupe était placée devant le premier échevin, et depuis devant le maire, qui portait un toast à la mémoire des braves et fidèles défenseurs de la ville sous les ordres de Bayart. -— (Nous devons cette note et le dessin inédit do cette coupe à Tobligeanee de M. Senemaud, archiviste des Ardennes, et ancien profesfçur d'histoire connu par de curieux travaux.)
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rencontre ; instruit de leur dessein, il arriva seul et entra secrètement. Le parlement de Paris voulut le saluer en corps et l'honorer par une manifestation officielle, il s'esquiva ; Ton ne put le retrouver. Il aimait à vaincre, il n'aimait pas à triompher ; un compliment lui faisait plus de peur que dix coups d'épée *.
1. Terrcbasse et H. d'Audigier. C'est à eax que nous empruntons les pages très-intéressantes qui manquent dans le Loyal Serviteur jusqu'à la mort de Bayart. M. Terrebasse a comblé habilement ces lacunes avec tons les écrits des contemporains et M. d'Audigier l'a abrégé avec beaucoup d'art et de goût.