‹ Histoire du jeton au moyen ageChapitre 14 sur 70 · TRÉSOR DU ROI · texte numérisé non relu

TRÉSOR DU ROI

H La comptabilité du revenu du domaine du Roi , disent MM. de Vilevault et de Brequigny (2), regardait la Chambre des comptes ; mais l'administration du revenu du domaine regardait particulièrement les trésoriers. On nommait Trésor le domaine de la couronne, parce que ce domaine était, en effet, le vrai trésor, et dans les temps anciens Tunique trésor de l'État. On nommait trésoriers ceux qui étaient chargés de veiller sur la conservation, la rentrée et la distribution des revenus de ce trésor. » Le titre complet de ces officiers était celui de trésoriers de France, ou du Roi,

Il n'y avait d'abord eu qu'un seul trésorier , et il en était encore ainsi en 1300. En 1316, il y en avait au moins deux, puisque dans l'ordonnance du 3 janvier il est question du souverain établi par-dessus les trésoriers. Il y en avait trois en 1359, quatre en 1384. Leur nombre fut réduit à troisenl388, et à deux en 1407 ; il a ensuite varié de deux à sept; il était de quatre en 1508. Il y avait en outre, dès 1316, un clerc et un changeur du Trésor. En 1388, il fut accordé aux trésoriers une juridiction par rapport aux débats touchant le domaine (3). Ainsi prit naissance la Chambre du trésor, mentionnée au nombre des juridictions royales souveraines, par M. Pardessus, dans son Mémoire sur l'organisation judiciaire en France, sous la troisième race (4).

(1) 1847, pi. IX.

(2) Préface du tome XII des Ordonnances des rois de France.

(3) De Vilevault et de Brequigny, loc. cit.

(4) T. XXI des Ordonnances des Rois de France.

D'après une ordonnance de Philippe le Long, du 8 juillet 1318, la situation du Trésor devait être présentée au roi tous les mois, et les trésoriers devaient rendre leurs comptes deux fois par an. Une ordonnance de Charles VII, du 25 septembre 1443, rappelle que tous les revenus du domaine devaient être reçus en la Chambre du trésor, à Paris, selon la forme usitée de toute ancienneté, et que les trésoriers étaient chargés d'acquitter tout ce qui devait être payé sur les revenus du domaine (1).

Au résumé, et comme l'indiquait assez le nom de l'institution, il n'y en avait aucune autre qui eût autant que le Trésor le maniement des deniers royaux.

L'attribut symbolique de cette institution était la clef, en nombre plus ou moins multiplié, et l'on pourrait dire qu'elle l'est encore ; car, malgré tous les changements que le Trésor a subis dans sa forme, les gardiens de caisse de cet établissement portent encore une clef estampée sur les boutons de leur livrée , et une autre clef brodée en or au collet de leur vêtement.

On retrouve assez communément deux jetons muets dont voici la description :

* 1. Clef en pal, avec le panneton tourné à gauche, et accostée à droite d'une fleur de lis.

^. Croix à triple nervure, cantonnée de trois points dans chaque quartier. ( PL, fig. 27.)

* 2. Variété ; le panneton de la clef est tourné à droite, et la fleur de lis est à gauche.

Ces jetons ne nous paraissent pouvoir mieux convenir qu'aux trésoriers de France et à l'époque où les officiers des deux autres grandes institutions financières , les gens des comptes et les généraux des monnaies, avaient également leurs

(1) De Vilevault et de Brequigny, loc. cit.

jetons emblématiques et sans légende, c'est-à-dire au xiii® et à la première moitié du xiv® siècle . Nous devons d'ailleurs faire remarquer que la clef n'a pas été exclusivement l'attribut symbolique du Trésor. Comme elle était un emblème de garantie et en même temps de responsabilité pour ceux que le Roi investissait de sa confiance, en ce qui concernait la garde de ses richesses, elle a naturellement été adoptée par d'autres institutions, notamment par les Chambres aux deniers du Roi et de la Reine, dont les officiers participaient également, dans une certaine mesure, et ainsi que nous le verrons plus bas, au maniement des deniers royaux.

"^3. Une femme debout, tenant à la main un disque qui pourrait bien n'être autre chose qu'une monnaie. Cet objet a malheureusement disparu en partie, par l'effet d'une mutilation qu'a subie l'exemplaire unique que nous avons sous les yeux. Dans le champ, des fleurs de lis.

^. + AVS . TRESORIERS . LE . PERD. Croix à triple nervure, avec les mêmes ornements et accompagnements que sur le jeton des maîtres des monnaies décrit au paragraphe précédent, sous le n*» 6 {PL, fig. 28.) (1).

L'explication qui paraît se présenter le plus naturellement de la légende est : Aux trésoriers la perte. C'était en quelque sorte un avertissement qui leur était donné de faire les recouvrements avec soin, en les stimulant du côté de leurs intérêts.

* 4. GETO — 1RS i DE - S CO — NTES = + AS :

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