‹ Histoire du jeton au moyen ageChapitre 2 sur 70 · I-REMIËRE PARTIK · texte numérisé non relu

I-REMIËRE PARTIK

PARIS

CHEZ ItOLLIN, RUE VIVIENiNK, H LE MANS

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i4 HISTOIRE DU JETON.

pouvait du moins prêter au comique ; on a souvent cité, h ce sujet, la scène du Malade imaginaire, où celui-ci est représenté réglant, avec des jetons, le mémoire de son apothicaire. Cependant , la manière dont Leibnitz , dans ses Nouveaux Essais sur V entendement humain y qu'il écrivait en 1704, parle des jetons à compter (1), donne la preuve évidente que Tusage n'en était pas entièrement abandonné de son temps. Enfin, sur une gravure servant de frontispice à l'édition de 1744 de la Taxe de la Chancellerie romaine^ on remarque un banquier dans son bureau, avec ses attributs, qui consistent, d'après l'explication de la gravure donnée dans l'avertissement (2), « en sacs pleins d'argent, en jetons pour calculer^ en livres de compte , etc. » Les jetons fournissent d'ailleurs eux-mêmes des preuves plus modernes encore de leur emploi pour les calculs.

Nous laissons à d'autres le soin de rechercher, s'ils le jugent à propos , quelles ont été au juste les dernières phases de la lutte de la routine contre le progrès, en ce qui concerne les chiffres et les jetons, jusqu'au moment où ceux-ci, définitivement dépourvus de tout rôle sérieux, n'ont plus servi qu'à marquer les points dans les jeux de cartes.

Si c'en est fait du temps des jetons sous le rapport de leur utilité pratique, ils n'en ont pas moins rendu au développement de l'intelligence humaine des services que l'on ne saurait nier, car les Grecs et les Romains, auxquels les sciences exactes doivent plus d'une découverte, ne calculaient qu'avec leur secours. Mais, à vrai dire, et à part le sentiment de vénération auquel ils auraient bien quelque droit, les jetons dont se sont servis Pythagore, Archimède ou Vitruve , n'offriraient

(i) « Comme si en calculant, dit Leibnitz, on ne marquait pas bien la » place du jeton, ou si Ton écrivait si mal les notes qu'on ne pût point dis- » tinguer un 2 d'un 7. »

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