W. + PATER • NOSTER • QVI • ES • IN • CE
* 32. + AVE • SALVS • MVNDI • VERBV.
Cf. + AVE • MARIA • GRACIA • P.
* 33. + AVE • MARIA • GRASIA • PENA = + DOMI- NVS • TECVM • BENEDITA.
Il est curieux de remarquer que sur les sept jetons que nous avons pu rassembler avec le type de l'écu parti de Navarre et d'Évreux, il en est cinq sur lesquels ces armoiries ont été gravées à contre-sens. Sur les exemplaires qui suivent, et qui
(1) Ménestrier, Méthode du Blason,
(2) M. Rouyer, Recherches sur la Numismatique de la Flandre, considérée dans les monnaies noi7'es,-^Rev. Num. 1W7, page 460.
sont les plus modernes, le parti a définitivement fait place à récartelé.
34. BONNE • FOY • BONNE • FOY. Écartelé de Navarre et d'Évreux, prenant tout le champ. Les mots de la légende sont séparés par des trèfles.
Cf. + DV • CONTREROVLL : DE • NAVARRE. Banderole roulée à ses extrémités, chargée du mot AVE, et accompagnée de deux palmes. ( P/., fig. 90. )
( Cabinet des Médailles. )
CONTREROVLL est l'abréviation de contreroulle ou de contreroulleur^ d'où l'on a fait contrôle et œntrôleur.
M. de Fontenay, qui a donné dans ses Fragments un dessin assez semblable à celui de notre n"" 34, mais d'après un exemplaire dont la conservation laissait sans doute à désirer, lisait à l'avers : FON • BONNE • FOR • BONNE ; et au revers : DV CONT LE ROYNN : DE NAVARRE. M. Barthélémy a donné de cette dernière légende (1) une explication qui tombe d'elle-même devant une lecture plus correcte.
* 35. BONNE • FOI • BONNE • FOI. Écartelé de Navarre et d'Évreux, prenant tout le champ. Les mots sont séparés par des fleurons.
ÇT. Croix à triple nervure, fleurdelisée aux extrémités, évidée au centre en rosace à quatre lobes, et entourée de quatre arcs de cercle.
L'écartelé de Navarre et d'Évreux, que le père Anselme donne pour armes aux Rois de Navarre, à partir de Philippe d'Évreux (1319), a continué d'être porté par ces Souverains bien longtemps après que le comté d'Évreux eut cessé de leur appartenir. Il figurait encore sur les monnaies frappées du temps de Jean d'Albret et de Catherine de Foix (1484 — 1816).
(1) Rev, Num, 1847, page 309.
Duby a voulu voir sur ces monuaies un écartelé de Navarre el de Bourbon (1), et les dessins qu'il produit dans ses planches semblent faciliter cette opinion par la forme écourtée donnée à la bande dans les quartiers fleurddisés (3). Mais nous avons sous les yeux un exemplaire d'un ducat de Jean et de Catherine, et nous pouvons affirmer que, si la bande qui s'y trouve dans les quartiers fleurdelisés n'est pas componée, elle traverse du moins ces quartiers dans toute leur étendue. Malgré l'absence des compons de la bande, qui s'explique par les imperfections de la gravure, il n'en est pas moins incontestable que les quartiers fleurdelisés sont ceux d'Évreux ; et c'est commettre un véritable anachronisme que de vouloir trouver les armes de Bourbon sur une monnaie de Navarre, antérieurement au mariage de Jeanne d'Albret avec Antoine de Bourbon, en 1548, époque avant laquelle les Bourbonsn'avaient jamais régné sur la Navarre. Il y avait eu, à la vérité, des alliances de famille entre les ancêtres de Jean d'Albret et de Catherine de Foix et la maison de Bourbon ; mais il ne peut être question de rechercher les alliances de ces ascendants éloignés pour expliquer sur les ducats de Navarre un blason qui est évidemment propre au pays, puisque les insignes de famille de Jean et de Catherine n'y figurent même pas.
DUCS D'OBLÊANS.
En 1344, avait lieu le mariage de Philippe de France, duc d'Orléans, fils de Philippe de Valois, âgé de huit ans, avec
(1) Tom. I, page 83.
(2) PI. XIX, fig. 4 et S. La bande des quartiers fleurdelisés est changée en bâton raccourci, avec tout aussi peu de raison, sur d'autres monnaies de Navarre dessinées par Duby, pi. xviii, fig. 7, 8 et 9.
Blanche de France, fille posthume de Charles le Bel, âgée de seize ans.
Ces deuxépoux décédèrent sans postérité, Philippe en 1375, et Blanche en 1392.
Il nous reste quelques jetons de Blanche de France, avec son titre de duchesse d'Orléans.