GETOIRS . DE . MADAME = + LA . DUCHESSE
DORLIENS.
Croix k triple nervure, fleuronnée et fleurdelisée k ses extrémités, évidée au centre en rosace, et entourée de quatre arcs de cercle. — ly, Écu parti : au 1, semé de France avec un lambel componé; au 2, semé de France. (PZ., fig- 91.)
Les armoiries ne laissent aucun doute sur l'attribution de ce jeton. Philippe, époux de Jeanne, étant le seul duc d'Orléans qui ait brisé les armes de France d'un lambel componé. Ce lambel était de trois pièces, et les compons, d'après le père Anselme, étaient d'argent et de gueules.
M. Duchalais a fait connaître, dans la Revue Numimatique de 1847, PL III, un jeton (1), dont les types généraux sont les mêmes que sur notre n° 36. Ces deux pièces ne présentent guère de différence que dans le faire de la gravure des coins. Le Cabinet des Médailles possède, du coin publié par M. Duchalais, un exemplaire en laiton et un exemplaire en argent ; mais ce dernier a évidemment été moulé, tandis que l'exemplaire en laiton a été frappé, de même que le nôtre.
Philippe étant décédé sans enfants, le duché d'Orléans fit retour à la couronne, pour en être détaché de nouveau en 1398. Ce duché fut alors donné en apanage, avec le comté de Blois, à Louis de France, frère du Roi Charles VI. Louis mourut en
(1) Le jeton dont il s'agit était attribué, par M. Duchalais, à Isabelle de France, femme de Charles, duc d'Orléans (li07-1409); il a été restitué à Blanche de France par M. d'Affry. (Revue num,, 18S0, p. 161.)
1407, à Paris, assassiné par les ordres de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, et eut pour successeur, dans le duché d'Orléans et le comté de Blois, Charles, son fils aine, qui eut lui-même pour successeur, en 1465, son fils Louis II, depuis Roi de France sous le titre de Louis XII (1498).
Les ducs d'Orléans issus du Roi Charles V portaient de France, au lambel d'argent. A partir de 1448, année de la mort du dernier duc de Milan de la maison de Visconti, Charles, duc d'Orléans, écartela ses armes de celles du duché de Milan, auquel il prétendait comme héritier de Valentine de Milan, sa mère. Louis II conserva les mêmes armoiries écartelées.
* 37. + GETOVERS . DE . CHANBRE . AUX (deniers) = +
MONSENGVEVR . DORLEANS.
Clef en pal entourée d'une cordelière. — ^. Écu renfermant trois fleurs de lis surmontées d'un lambel à trois pendants. Trois fleurons sur les côtés et au-dessus de l'écu. (P/., fig. 92.)
Ce jeton paraît être plutôt de l'époque du duc Charles que de celle de Louis I*' ; mais nous ne le croyons pas postérieur à 1448, les armes d'Orléans n'y étant pas écartelées de celles de Milan.
38. GECTONS : DE : LA : CHAMBRE : DES : COMPTES = DE : MONSEIGNEVR : LE : DVC : DORLEANS.
Écartelé d'Orléans et de Milan, prenant tout le champ. Les armes du duché de Milan étaient d'argent^ à la guivre d'azur, couronnée d'or^ dévorant un enfant de gueules, — ÇT. Écu aux armes delà famille Hurault, qui étaient d'or à la croix d'azur cantonnée de quatre ombres de soleil de gueules, La croix est ici chargée en chef d'une coquille, qui indique une branche cadette. Autour de l'écu, des croisettes sans nombre, et au-dessus un L gothique. (P/., fig. 93.)
(Argent, r— Cabinet des Médailles,)
M. Duchalais, quia publié ce jeton (1), l'adonné, avec raison, suivant nous, comme étant de Tépoque du duc Louis II (1475-1498),etafait remarquer que le blason du revers, surmonté de la lettre L, sigle du nom de ce duc, doit être celui de Jacques Hurault, seigneur de Gheverny, dont le nom figure avec le titre de trésorier de France sur un jeton frappé quelques années plus tard.
La Chambre des comptes des ducs d'Orléans avait son siège à Blois. Lorsque Louis II, qui était né dans cette ville, fut devenu le Roi Louis XII, il y maintint, par lettres patentes du 26 mars 1498, la Chambre des comptes créée par ses prédécesseurs, « pour connaître de ses domaines de Blois, Ast et Gouci, et autres terres de ses acquêts et conquèts qui n'étaient pas de la couronne (3). »