I. tJhland, Volkslieder, t. I, patine
chante l'amour sans bornes de la Vierg-e, tout aussi bien que le protestant enthousiaste qui entonne son cantique de combat. Ils chantent maloré eux et presque sans le vouloir; — ce qui les y force, c'est le tro]) plein du cœur, et voilà ce qui prête à leurs chants un charme intarissable. Car le fond inexprimé de l'âme s'ag^ite tout entier sous ces simples paroles. La chanson, une fois jaillie sous le cSup de la douleur ou du plaisir, de l'amour ou de la haine, vole de bouche en bouche en subissant quelques changements sans doute, mais en conservant toujours le jet primitif. Ce sceau indélébile de l'individualité créatrice suffirait à démontrer leur origine, mais des preuves plus frappantes encore viennent la confirmer; c'est qu'un çrand nombre de ces chansons portent la signature avec elles. Par exemple, un soldat a supplanté son rival auprès de sa maîtresse. L'infortun''est un écrivain public, personnage régulièrement sacrifié. L'heureux amant chante victoire, et voici conimf^nt il termine sa chanson:
Ah ! rè( rivain, pauvre (m rivaiii
Qui rer-ut sa corbcillo i, il donnerait bien un llorin Pour qu'on ne chant'»! ee n-fiain.
II reçut sa coibeilJe —
Ou bien, c'est un pauvre meunier qu'aima la fille d'un chevalier. Pour elle, ce n'était qu'un caprice, mais pour lui c'était de l'amour. L'amante passionnée est redevenue la fière et froide souveraine et l'a congédié. Il ne sait ce qui lui arrive et chante pour se consoler: