I. Wanderhorn, I, pageBi
solitaire, il entend au loin le son plaintif du cor des Alpes. A cette note si connue qui lui rappelle un monde, il jette au loin son fusil et se met à courir vers cette voix de la patrie. Des gendarmes se mettent à sa poursuite ; il les entend derrière lui et court toujours. Le voici au bord du Rhin; il s'y jette à la nage. S'il atteint l'autre rive, il sera sauvé, il reverra ses Alpes. Mais une barque le suit, il est saisi, lié, ramené, condamné à mort. Quelques heures avant d'être fusillé, il murmure une triste chanson que retiendront ses camarades exilés comme lui, et qu'ils répéteront bien souvent les larmes aux yeux :
Au rempart de Strasbourg
Mon malheur commença.
Le cor alpestre au loin vint à chanter! Vers ma patrie il m'a fallu nager, Là-bas! là-bas!
Au milieu de la nuit,
Las î ils m'ont reconduit.
Ils mont péché dans le sombre courant, Jls m'ont conduit devant le commandant.
Tout est fini.
A Taube du matin.
Je paraîtrai devant le régiment.
Il me faudra leur demander pardon.
Je le veux bien, s'il faut, mais à quoi bon ? J'ai mon paiement.
Mes frères, mes amis, Adieu, pour la dernière fois.
Oh ! le berger avec sa douce voix, Le cor, le cor, pourquoi l'ai-je entendu ? Il m'a perdu i !