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Uhland,I, page

ÉPOPÉE ET TRAGÉDIE DE l'aMOUR 175

Un frais ruisseau coule et murmure

Aux pieds de mes amours ; Qui s'abreuve à son onde pure

Est jeune pour toujours.

0 frais ruisseau, je t'aime ! arrose

Et ravive mon rœur !

Mais si j'avais sa bouche rose

J'y boirais le bonheur i !

Derrière la maison, la belle a son jardin entouré d'une haie vive. Il est bien connu des amoureux et s'appelle dans leurs chansons le jardin de roses. Bienheureux qui en tiendrait la clef, car c'est le sanctuaire de la jeune fille. Mais elle est bien gardée et la porte est toujours fermée à double tour. Cependant, le compagnon erre souvent autour de la haie. Un jour il voit la jeune fille debout au milieu de ses fleurs, elle tresse au soleil les nattes de ses cheveux jaune d'or et chante à mi-voix une douce chanson. Mésang-es etchardonneretsà l'envi luifont écho dans les branches. Ce jour-là la petite porte est entr'ouverte.Les oiseaux chantent passionnément et la voix de la bien-aimée est si douce qu'il ne peut se retenir, s'élance dans le jardin et tombe à genoux devant elle. Elle pousse un cri ; effrayée, toute rougissante et ne sachant que dire, elle lui reproche d'écraser les plus belles fleurs de son jardin, puis le supplie de partir, car la mère pourrait les surprendre. Confus, il s'éloigne, mais avant de sortir il se retourne encore une fois. Elle le salue et d'un signe de tête lui dit au revoir.

Le mai, le beau mai est arrivé. C'est le mois où le peuple oublie ses peines pour rajeunir avec

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