I. Wanderhorn, lU, page
A sa j)orte mon fort coup d'aile, Mon cri d'amour rappellerai l, Viendrait la noble damoiiselle, Vite le verrou sauterait.
Et sur la nuque blanche et fière Je saisirais ses tresses d'or D'un bec sauvage. Adieu la terre, Avec toi je prends mon essor !
Je m'envole à la mer immense Et jusqu'au plus lointain récif, Gonflé d'orgueil et d'espérance!...
Mais las! mais las! je suis captif K
Un vieux serviteur qui prend en pitié le pauvre pag-e le fait évader. Il prend la fuite : le voilà libre. Libre? Oui, c'est-à-dire proscrit, errant et malheureux. Il se fait chanteur ambulant, car, dans quel autre métier pourrait-il se bercer de sa douleur? Il court le pays, les carrefours des villes, les foires, les châteaux, jetant sa tristesse en pâture aux heureux pour une aumône. On l'aime dans les fêtes seigneuriales, car il sait chanter les chants d'amour. Mais que lui font ces festins, ces belles dames, ces flambeaux, toute cette splendeur? Des aumônes et toujours des aumônes, du mépris et encore du mépris, la solitude et rien que la solitude. Son cœur languit dune soif d'amour que rien n'étanche.
Combien d'années se passent ainsi ? le sait-il ? Un jour une force irrésistible le ramène au château où toute sa félicité est ensevelie. Il apprend en route que le comte est mort, que sa fille est mariée. Qu'importe, il veut la revoir. Peut-être le