‹ Histoire du Lied, ou, La chanson populaire en AllemagneChapitre 45 sur 79 · I. Wunderhorn, t. I, page t46. édition · texte numérisé non relu

I. Wunderhorn, t. I, page t46. édition

Lorsqu'elle arrive à Tautre rivage, elle s'agenouille et son auréole resplendit autour d'elle. Alors le pécheur la reconnaît, il voit qu'il a outragé la mère de Jésus et son cœur se brise d'un coup. Rêve d enfant, si l'on veut, mais rêve profond. Car comment peindre en traits plus vifs et plus pittoresques l'humilité et la candeur virginales, comment mieux traduire leur puissance extraordinaire sur le cœur de l'homme même corrompu.

Marie « la sainte dame », comme dit le peuple, si^ modeste, si pieuse et si pure, est aussi la moins sévère pour les autres. Si quelqu'un pardonne de grand cœur, c'est elle. Tandis que saint Pierre, gardien jaloux de la porte du paradis, renvoie «ans pitié les pauvres âmes pour la moindre des peccadilles, Marie les absout et les ramène, au grand scandale de l'apôtre rigoriste. Deux sœurs moururent en une nuit, dit une ballade. Elles se présentent à la porte du paradis. Saint Pierre reçoit l'une et renvoie l'autre. Tristement, elle prend le chemin de l'enfer, quand Marie la rencontre et lui dit : — Où vas- tu ? où vas-tu, pauvre âme? Viens, nous allons entrer auprès de Dieu. — J'ai déjà frappé à sa porte. Saint Pierre me l'a défendue. — Quel péché as-tu donc commis pour qu'on te défende le ciel? —Je suis allée tous les samedis soirs à la danse joyeuse. — Si tu n'as point commis d'autre péché, tu peux bien entrer au ciel... Marie la prit par la main et la conduisit dans le pays de promission i. »

Marie est surtout l'amie des pauvres et des affligés.

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