‹ Histoire du lied; ou, La ehanson populaire en Allemagne, avee une centaine de traductions en vers et sept mélodiesChapitre 10 sur 26 · SALUT ET ADIEU · texte numérisé non relu

SALUT ET ADIEU

Mon cœar battait : vite à cheval !

Mon cœur Ta dit et je m'élance; Et dans son vol sombre et fatal La nuit berçait la terre immense.

De noirs fantômes se dressaient, Mais j'avais le courage à l'âme Et mes artères bondissaient.

Mon jeune cœur était de flamme.

Et je te vis ! et de tes yenz Tombaient à doux flots la lumière, Mon cœur plus vaste et plus joyeux S'emplissait d'un divin mystère.

Sur ton front de grâce enchanté Quel printemps rose, quelle aurore !

Et ta tendresse et ta bonté, 0 dieux, la méritais-je encore?

Hélas ! aux premiers feux du jour L'adieu nous jette sa détresse.

Ah ! dans tes baisers que d'amour !

Et dan& tes yeux que de tristesse !

Ton regard humide et baissé Me disait seul le mot suprême. ' Pourtant quel bonheur d'être aimé, Grands dieux ! quel bonheur quand on aime !

L'adieu définitif était plus proche qu'ils ne pensaient tous deux. Goethe et Frédérique s étaient laissés entraîner sur la pente de leur amour sans songer à lavenir. Sans doute le fils du patricien de Francfort aurait pu tenir tête aux préjugés de sa famille et épouser la fille du pasteur de Sesenheim ; et certes le grand cœur de Frédérique était digne de lui. Ce ne furent pas les obstacles extérieurs qui le retinrent. Mais il avait vingt et un ans, il entrait dans le monde, il se sentait du génie, il avait soif dune liberté sans bornes et une voix plus forte que lamour même lui criait de ne point se lier. Il y eut là une lutte douloureuse entre le plus profond des sentiments et l'instinct implacable du génie. Le génie en sortit vainqueur, il le fallait; mais l'homme garda'une blessure pour la vie, le remords d'avoir brisé le cœur le plus pur qu'il eût rencontré sur sa route. Terrible fatalité qui arrachait encore des soupirs à la poitrine, du glorieux vieillard. Goethe ne dit que deux mots du dernier adieu, il glisse rapidement sur cette page déchirante de sa vie : « Je lui tendis encore la main du haut du cheval, elle avait les larmes aux yeux, et moi je me

sentais très mal. 55 II retourna à Francfort, le diplôme de docteur en droit dans sa poche et la tristesse dans l'âme. Un joyeux cercle de famille, de gais amis, une brillante société de femmes, des fêtes sans nombre l'attendaient. Mais il était sombre et tourmenté. Personne à Francfort ne l'aimait comme Frédérique, et il avait pu la quitter ! Son image le poursuivait dans toutes ses promenades. C'est à elle qu'il songe dans le Chant du soir du chasseur.

Le fusil prêt au feu, d'un pas lent et sauvage

Je rôde aux champs silencieux, Et ton image alors, ta douce et chère image

Flotte et resplendit à mes yeux.

Tu traverses sans doute et paisible et bénie

Des vallons riants et des bois.

Et mon image, hélas ! si vite évanouie.

N'y songes-tu pas une fois ?

Moi qui suis mon chemin sans repos et sans trêve,

Sans jamais pouvoir m'arrêter, Qui du nord au midi me traîne comme en rêve

Puisqu'il a fallu te quitter !

La lune en rayonnant vient rafraîchir le monde;

Ainsi tu calmes tous mes sens.

Je songe à toi : sitôt la douce paix m'inonde

Et je ne sais ce que je sens.

Malgré l'élasticité de sa nature il resta long-

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temps encore sous ce charme douloureux qu'il appelle « volupté de la tristesse» . Sa muse seule le consolait, et ses chants d'une mélancolie suave ne sont que le trop plein de son cœur. « Quand les autres hommes restent muets de douleur, dit-il dans Torquato Tasso, un dieu m'a donné de dire ce que je souffre. y> Le souvenir de Frédérique lui revenait à de longs intervalles et la douce résignation de la pauvre délaissée avait quelque chose de profond et d'éternel qui réveillait l'amour endormi dans toute sa force. Alors il couvait ses larmes dans la solitude. Témoin ces vers qui en disent plus que beaucoup de strophes :

Ne séchez pas, ne séchez pas Les pleurs d'un éternel amour !

Ah! si je n'avais pas mes larmes Le monde serait un tombeau...

Ne séchez pas, ne séchez pas Les pleurs d'un malheureux amour 1

Il sort du plus profond de l'âme ce soupir à demi comprimé, il fait pressentir un abîme de souffrance. On le voit, lui aussi, l'Olympien, le favori des dieux savait aimer les larmes et se bercer de sa douleur. Mais elle était si intense et si concentrée qu'il s'en arrachait avec énergie pour n'y point succomber. Ce qui le relevait promptement, c était sa vive sympathie pour les

autres, sa soif insatiable de savoir et la conscience de sa mission .

Frédérique avait réveillé le grand lyrique. Au contact magnétique de ce cœur vierge, de cette âme libre, le jeune homme fougueux et fier s'était compris lui-même pour la première fois. Il avait trouvé instantanément et pour toujours cet accent vrai, cette mélodie de lame qu'il ne perdit plus. Les années suivantes furent sa période de tourmente et d'orage, comme on disait alors. La force créatrice se révèle à lui, tout à coup, impérieuse, souveraine, elle s'impose et réclame sa vie, elle l'envahit par torrents si bien qu'il en est effrayé. Sublime ivresse du génie qui dura quatre ans, pendant lesquels il fit cent projets gigantesques, écrivit deux chefsd'œuvre : Goetz et Werther, sans compter les petits, et entrevit confusément Egmont, Wilhelm- Meister, Faust. Jamais il ne fut plus beau, plus superbe qu'à cette époque. Lorsqu'il entrait dans une auberge, les gens levaient la tête pour le regarder, lorsqu'il ouvrait la bouche dans un salon il en était le roi. Hommes, femmes, écrivains illustres, piétistes et incrédules subissaient son charme vainqueur. Personne ne lui résistait. Sa supériorité s'affichait si peu et rayonnait avec tant de force dans tout son être, que les plus jaloux trouvaient une douceur secrète à la proclamer et se sentaient comme

grandis en le faisant. « Ce beau garçon de vingt-cinq ans, dit Heinse, auteur contemporain auquel il avait rendu visite, n est que force et génie de la tête aux pieds, cœur débordant de sentiment, esprit de feu avec les ailes d'un aigle. » Quant à lui, il ne songeait guère à tous ces hommages ; il était absorbé par ses méditations sur lart, sur la poésie, sur la religion ; il nourrissait au fond de sa pensée une révolte audacieuse contre la société de son temps; il avait devant ses yeux une vision éclatante de rhumanité de l'avenir, libre et invincible. Il ressemble alors à un jeune Prométhée qui, fier de sa puissance créatrice, se rit de Zeus et s'écrie : Quelle race misérable que ta race humaine; moi je vais la refaire à mon image, pour quelle puisse te renverser! Il rêve un poème épique sur Ahasvérus, un drame religieux sur Mahomet, Faust « bourdonne toujours dans sa tête comme une symphonie à mille voix. » En même temps il se plonge dans Platon, dans Sophocle, dans la Bible. Tout cela ne lempêche pas de s'enivrer de trois ou quatre amours, et de respirer cet encens étourdissant, que les femmes ne manquent jamais de prodiguer à un jeune homme couronné de beauté et de génie. Et puis, comme pour échapper à cette atmosphère de feu, encore tout brûlant des voluptés terrestres, il se réfugie dans Spinoza, il s élève

aux .âpres sommets de l'absolu , il glace son sang qui bouillonne dans les solitudes grandioses de YÉthique, comme le voyageur dans les neiges éternelles des Alpes. Alors tout se calme en lui; il se dit : Malgré tout tu n'es rien dans Tinfini. Contemple, comprends et résigne-toi.

Souvent aussi il cherchait le repos au grand air, sous le ciel, dans les montagnes. Il quittait sa ville natale à l'improviste et courait le pays plusieurs journées de suite, jusqu'à ce que la tourmente intérieure se fût calmée. Pendant qu'il marchait, poèmes, drames, chants lyriques, amours passés, présents et futurs, hommes réels et héros de roman, dansaient dans sa tête de folles sarabandes. Il avait beau leur dire de s'arrêter, la danse continuait de plus belle et ne pouvant rien fixer, pour passer le temps il chantait, à haute voix, des chansons étranges, d'un rhythme sauvage, qui d'elles-mêmes lui montaient aux lèvres. Il en a noté une qu'il fit pendant une tempête :

Par la grêle et Torage, Par la foudre et réclair, Par l'abîme sauvage.

Par le ciel sombre ou clair, Par la neige et le vent, En ayant ! en avant !

S80 HISTOIRB DU LIED.

Plut&t souffrir

Mille doalears

Que de subir

Tant de bonheurs.

Oh ! les faiblesses

Qu'ont les cœurs pour les cœurs,

Que d'étranges tristesses

Dans leurs doaceuis !

Où m'enfuirai-je P Où me perdrai-jcP Tout est en vain.

Charme divin, Sainte folie.

Foi de ma vie, Règne à toujours.

Amour, amour!

Ces vers nous communiquent la sensation intime de sa vie orageuse. Les nuages tourbillonnent, le vent coupe le visage, lafoudre gronde, de bleus vallons brillent à travers les déchirures des brouillards comme des asiles de paix et de félicité, et le voyageur avance toujours, il marche à des splendeurs nouvelles. Dans le rhythme' saccadé, on entend le galop pressé de son cœur; assailli de mille pensées, de mille amours, ce cœur impétueux ne s assouvit que dans la lutte contre tous les éléments. Il voudrait échapper à sa destinée, mais* c'est en vain; il est forcé de revenir à son tourment, à sa joie éternelle, à l'amour.

Cette chanson, comme tant d'autres de Goethe, ressemble au vrai Volkslied. Gomme lui elle reproduit par le rhy thme et l'accent musical des vers, les mouvements spontanés de l'âme, qui se traduisent nécessairement par des mouvements analogues dans l'être physique. Toute la force communicative de la poésie est là. Sans doute, il y a entre les Lieds de Goethe et ceux du peuple, la même distance qu'il y a entre un esprit de premier ordre et une âme simple, entre un artiste accompli et un chanteur de village. Mais aussi bien, y a-t-il entre eux cette sympathie secrète, qui existe toujours entre le vrai génie et la vraie naïveté. Goethe est un improvisateur populaire, transporté dans les plus hautes sphères d'une société brillante et cultivée. Sa poésie coule de source, il répand ses vers à profusion, comme un magicien secoue des fleurs de sa manche. Ce qu'il raconte lui-même à ce sujet est extraordinaire. « Depuis quelques années, mon talent productif ne me quittait pas un instant; ce que je voyais.le jour me revenait la nuit sous forme de rêves pleins de sens, et quand je rouvrais les yeux, le tout m'apparaissàit comme un étonnant tableau. Ordinairement j'écrivais le tout de grand matin. Mais aussi le soir et très avant dans la nuit, au milieu de mes amis, quand le vin et la causerie surexcitaient les esprits vitaux, on pouvait me demander ce

qu'on voulait, pourvu que la circonstance eût quelque caractère, j étais prêt à improviser. » Et, chose remarquable, ce poète inépuisable avait horreur de se voir imprimé. C'est que Goethe n était pas poète sur le papier et dans son cabinet d'étude, il était poète parmi les hommes, à toute heure de la vie, poète toujours vivant et actif. Il aimait à communiquer- ses chants à ses amis par le verbe inspiré, par la voix vibrante, en l'accompagnant du geste ^t du regard. Il étouffait dans la poussière savante d'un cercle de pédants ; mais lorsqu'il descendait le Rhin en barque à voile, avec Jacobi et Lavater, quand châteaux, rochers et villages défilaient sous leurs y eux et que le soleil du haut d'un ciel bleu faisait danser mille étoiles sur le fleuve écumant qui les emportait dans un mugissement de joie, alors les strophes hardies se pressaient sur ses lèvres. Parlait- on de religion et Jacobi voulait-il lui imposer son idée de la divinité , aussitôt il se sentait devenir Prométhée en face du dieu pitoyable des théologiens et il récitait la fameuse apostrophe de son Prométhée à Zeus :

Recouvre ton ciel, ô Zeus,

De ta fumée de nuages.

Use ta force, comme un enfant

Qui décapite des pavots,

Contre les chênes et la cime des montagnes.

Ma terre ferme.

Il faut me la laisser,

Et ma hutte que tu n'as point bâtie.

Et dont la flamme

Te fait envie.

Je ne connais rien de plus misérable

Sous le soleil, que vous autres dieux.

Vous nourrissez péniblement

Votre majesté

D'hécatombes

Et du souffle des prières,

Et vous auriez faim

Si des enfants et des mendiants

N'étaient des fous pleins d'espérance.

Quand j'étais un enfant.

Quand je ne savais où entrer, où sortir.

J'élevai mes regards égarés

Vers le soleil, comme s'il y avait au dessus

Une oreille pour entendre ma plainte,

Un cœur comme le mien

Four avoir pitié des malheureux.

Qui m'a secouru contre la snperbe des Titans ?

Qui m'a sauvé de la mort

Et de l'esclavage ?

N'as-tu pas tout accompli.

Feu sacré de mon cœur ?

N'as- tu pas brûlé jeune et généreux

L'encens de tes actions de grâce

A celui qui dort là- haut P

Moi t'honorerP Pourquoi?

As-tu jamais adouci mes souffiranceft

Dans raffliction P

As-tu jamais apaisé mes Iitrmes

Dans l'inquiétude?

N'est-ce pas le Temps, ce forgeron tout-puissant,.

Qui m'a fait homme,

Et l'éternel destin,

Mes maîtres et les tiens ?

T'imaginais-tu par liasard Que je devais haïr la vie, M'enfuir dans un désert, Parce que n'ont pas mûri Tous mes rêves de jeunesse ?

Non. Me voici sur mon sol, je pétris des hommes

A mon image.

Une race qui me ressemble.

Prête à souffrir, prête à pleurer,

A jouir, à s'enivrer de joie

Et à te mépriser

Comme moi!

Ses amis admiraient avec une sorte d'effroi cette ode d'un panthéisme titanesque, où l'on sentait à la fois le disciple d'Eschyle et de Spinoza. Ils voyaient bien que ce Prométhée c'était Goethe lui-même, debout devant eux, les prunelles dilatées, beau comme Lucifer. Dans ces odes-là il était bien loin de la chanson populaire.

GOKTH£» sas

C est rhomme de l'avenir qui parlait alors par sa bouche dans une langue de feu. Mais entendait-on sur les bords du fleuve, dans quelque village, les joyeux accents delà danse, aussitôt Goethe, avec sa merveilleuse élasticité, redevenait le gai compagnon. Abordons! criait-il à ses amis, et tout en s acheminant vers le préau où dansaient paysans et paysannes il fredonnait lestement :

Je coars sans flûte et sans musette  travers champs, à travers bois.

Je siffle au vent ma chansonnette Plus amoureuse qu'un hautbois.

Et sur mon rhythme et ma mesure Tout danse et tourne, tout murmure.

Tout marche aux accents de ma voix.

Et quand je trouve la jeunesse,

Au printemps sous le vieil ormeau.

Sitôt je chasse sa paresse,

Je souffle un air sur un roseau.

Le gars timide se pavane

Et tourne Suzette et Suzanne

Aux soupirs de mon chalumeau.

C'est ainsi qu'il mettait sans cesse sa poésie en action. Rêver dans la solitude ne lui suffisait pas. Il avait besoin d'agir, de vaincre les âmes rebelles, de les enthousiasmer et de les faire vibrer à l'unisson de la sienne. C'était la seule gloire dont il fût fier.

Les premières années de Weimar furent pour Goethe une série de triomphes. L'ami de Charles- Auguste parut comme un, dieu à la cour et y conquit, par son ascendant, une position exceptionnelle qui sauvegardait sa liberté. Il commença par lâcher encore une fois la bride à la fantaisie sauvage du génie qui se sent maître des cœurs et règne sur les imaginations en monarque absolu. Mais après six mois d'escapades de tout genre avec le duc, de fêtes, de succès et d'enivrements, il se concentre sur lui-même avec une énergie plus grande. Il commence Egmont^ Wilhelm Meister, Iphigénie. Le poète lyrique n'est pas oisif non plus. Mais il ne parle que par intervalles, quand une émotion s'impose, ou qu'un sentiment fugitif se cristallise. Un soir il écrit quelques vers au crayon sur la cloison de bois d'une petite hutte à Ilmenau, où le regard embrasse un vaste horizon de montagnes. Cette bluette est restée un chef-d'œuvre ; chaque vers chante, chaque mot peint. Ces huit vers sont à à la fois un paysage complet et une mélodie achevée. Malheureusement ici, moins que jamais, la traduction peut rendre l'original :

Sur les cimes imposantes

Paix et mort ; Dans les forêts frémissantes

Tout s'endort.

GOJETHE. 287

Plus un souffle, plus un soupir. . .

Petit oiseau se tait dans les feuillages, O cœur! ô calme tes orages!...

Car bientôt ta paix va venir.

Calme du soir, apaisement du désir dans le silence de la forêt, résolution suprême de toutes les dissonnances dans l'accord parfait de la nature, panthéisme naïf et grandiose d une âme qui se sent une avec le monde ; toutes ces pensées ne sont pas exprimées dans le Chant du soir du voyageur, mais on les entend chanter comme les voix confuses d'une douce symphonie.

Plus que jamais à ce moment de sa vie, Goethe éprouvait la solitude du génie. Tandis que tout Weimar l'appelait à ses fêtes, le poète s'isolait de plus en plus et passait des semaines dans sa maison du parc, au bord de l'Ilm, plongé dans l'étude des plantes et dans ses travaux poétiques. La seule femme qu'il aimait sérieusement, éperdûment, madame de Stein, le tenait à distance tout en acceptant ses hommages. Ce sentiment d'une solitude profonde au milieu de la richesse débordante du cœur et de l'esprit, a trouvé son expression dans un des plus beaux chants de Goethe, qui peut être considéré comme l'apogée de son lyrisme dans le genre du Lied. Il fait nuit; le poète a quitté sa maison de campagne et suit la vallée de l'Ilm ;

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perdu dans ses pensées, il repasse sa vie dans sa mémoire; dans l'obscurité profonde, il sent avec plus d'intensité la grandeur des désirs et le néant du bonheur. Avoir eu tant d'amour, avoir été tant aimé, et pourtant quelle solitude ! A ce moment la lune monte derrière les arbres et verse sur les prés Vaporeux son étrange magie. Soulagé par cette lumière discrète, le poète s'adresse tout naturellement à l'astre bienfaisant :

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