CHAPITRE III
JLa Reine passe en Hollande apec sa fille la princesse Marie. Différends entre le Roi et le parlement ^ concernant la milice. Le Roi marche i?ers York. Une pétition des lords des communes V atteint à Théobalds. Il reçoit à New-Marhet une autre déclaration. Sir John Hotham lui refuse Ventrée de Hull.
Il était singulier que parmi tant de mesures proposées et entreprises , aucune ne réussit à avancer du moins cette importante affaire de la réduction de l'Irlande. Vers le milieu de février les deux chambres imaginèrent un moyen qui leur parut le plus efficace et le plus sûr de tous pour le succès de cette guerre; c'était d'emprunter, par voie de souscription (i), sur des
(i) Bj adi^enturing. On appela adventurers les souscripteurs qui s'engagèrent à prêter certaines sommes sur ce gage éventuel des terres d'Irlande qu'il fallait conquérir. Le parlement promit mille acres de terre, dans le comté d'Ulster, à quiconque souscrirait pour 200 livres sterling ; mille dans le comté de Connaught à tout souscripteur pour 35o livres; mille dans le comté de Munster pour 4^0 livres , et mille dans le comté de Leinster pour 600 livres.
(Note de PÉdit.)
terres dlrlande. On comptait , dans les quatre provinces d'Ulster, Connaught , Munster et Leinster , deux raillions et demi d'acres de terre à confisquer sur les rebelles de cette province, et à partager entre les prêteurs de la cite' de Londres ou des comtes environnons qui fourni^ raient ou s'engageraient à fournir les sommes jugées nécessaires d'après un examen approfondi; en sorte que si on remportait la victoire sur ces rebelles sanguinaires , tout Anglais qui , de sa personne ou de sa bourse^ aurait contribué à cette oeuvre méritoire, serait. assuré de s'en voir largement récompensé. Le Roi accéda volontiers à ces propositions , et offrit même de se rendre de sa personne en Irlande , ce que le parlement ne jugea pas à propos d'accepter. Mais un acte fut passé pour conférer au parlement le pouvoir de poursuivre la guerre jusqu'à ce que l'Irlande fût déclarée entièrement soumise;' cet acte portait qu'à aucune époque , aucune paix ni suspension d'armes avec les rebelles ne pourrait avoir lieu sans le consentement des deux chambres.
Cependant les débats venaient de s'ouvrir sur une autre affaire qui importait beaucoup à la sûreté et au salut de l'Angleterre. Il s'agissait d'organiser la milice d'Angleterre et du paysde Galles, de manière à ce qu'elle fût confiée, dans chaque comté, à des personnes approuvées du parlement. Une pétition fut adressée au Roi sur ce sujet. On venait pré-
cisément de recevoir un message date du 20 jan- TÎer, où le Roi , en termes obligeans , déclarait au parlement que les griefe particuliers et les sujets de plainte étant trop nombreux pour qu'il ne fût pas fatigant pour les chambres de les lui présenter en détail, il désirait qu'elles les comprissent et rédigeassent en un seul corps , « afin que Sa Ma- « jesl^ et les chambres elles-mêmes pussent en « porter un jugement plus net; alors ^ disait le xr message , on verra , par les actior^s de Sa Mate jesté, combien elle a toujours^ été éloignée des <( projets et des intentions que semblent lui w attribuer les craintes et les méfiances exagérées c( de quelques personnes , et combien elle est i( prête à égaler et même surpasser les plus « grands exemples donnés par les princes -les « plus indulgens, de leur bienveillance et de leur « amour pour le peuple. »
Ce message fut reçu du parlement arec des témoignages de reconnaissance , et il résolut de le prendre sérieusement et promptement en considération (i). Mais , afin d'être en état de remplir
(1) May dissimule ici le silence que ^arda, sur cette proposition du Roi , la chambre des communes. Charles .en la lui adressant avait évidemme nt Tintention de se débarrasser promptement du parlement, ou de le mettre dan» son tort s'il hésistait à présenter ainsi en masse les griefs publics et à accepter la satisfaction générale que le Roi offrait de donner sans retard. La chambre des pairs adhéra sur-le-champ
avec sécurité sod detoir dans une pareille aflalre, ' il demanda au Roi de le tranquilliser en mettant la Tour et les autres principales forteresses ^ ainsi que la milice du royaume^ entre les mains de per* sonnes en qui le parlement pût ayoir confiance^ et qui fussent recommandées par les chambres. On . yit par la réponse du Roi que cette pétition lui avait déplu ; mais la chose était d'une telle gravité qu'on ne. pouvait s'en tenir à une seule réponse.
Le parlement réitéra plusieurs fois ses pétitions sur ce sujets et reçut plusieurs réponses ^ qui toutes existent dans les registres. Le Roi y promet souvent d'avoir soin que le commandement d'aucune partie de la milice ne soit confié qu'en des mains fidèles aux intérêts de la république. Mais il se réserve la nomination à ces places comme un des principaux et inséparables Qeurons de la couronne qu'il a reçue de ses ancêtres et des lois fondamentales du royaume. Le parlement ^ de son côté y affirmait que le Roi ne pouvait le mettre en mesure de réprimer la rébellion d'Irlande , ni le
à la proposition du Roi et vota en réponse un message qu'elfe communiqua à la chambre- des communes en l'invitant à s'y joindre. Mais les meneurs du parti sentirent très-bien que si la chose se passait ainsi, \é pouvoir leur échapperait bientôt ; ils empêchèrent la chambre de répondre , et la proposition du Roi n'eut aucun résultat. ( His^ toire parlementaire , tom. 2 , col. 1046.) (Note de PEdit. )
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rassurer lui-même entièrement , qu'en lui accordant , sans retard , cette humble pétition ^ et il espérait que le Roi ne la refuserait pas absolument. Le parlement ajoutait qu'il était de son devoir , envers le Roi et la république , de représenter à Sa Majesté à quel point cette mesure était nécessaire , et que , pour la conservation de tous deux , les lois divines et humaines lui enjoignaient d'en presser l'exécution.
Tandis que cette affaire était en discussion ^ et avant que rien n'eût été conclu , des motifs dont on va rendre compte engagèrent le Roi à se mettre en route pour Cantorbéry. On a déjà dit qu'après son apparition dans la chambre des communes , pour y surprendre les cinq membres, le Roi était demeuré une semaine à Whitehall et s'était ensuite retiré à Hampton*-Court. Le jour suivant^ un certain nombre de bourgeois de la cité, embarqués sur la Tamise dans de beaux bateaux garnis d'armes à feu , conduisirent en grande pompe les cinq membres à Westminster, manifestant par leurs discours la résolution où ils étaient de ne point abandonner ceux qui siégeaient pour la défense de leur religion, de leurs lois et de leur liberté (i).
(i) Un mot échappé au Roi à cette occasion lui ûi, dit-on, le plus grand tort parmi les matelots. Quelqu'un lui dit qu'il aM|tit perdu leur affection , et qu'ils avaient l'intention d'adresser une pétition à la chambre. « Cela m'étonne, tt dit le Roi; comment? ces rats d'eau cesseraient de m'étre
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Le Roi , qui était alors à Ilampton-Court , parut exlrêmeraent mécontent de la cité , et prétendit que son absence du parlement avait pour cause les dangers auxquels l'exposaient les tumultes qu'on pouvait exciter parmi le peuple. Ce qu'il y a de certain , c'est que • depuis ce temps , on ne put, ni de corps, ni d'esprit, le rapprocher de la cité^ ni du parlement.
Peu de jours après que le Roi se fut établi à Hampton - G)urt , il envoya oi^re à plusieurs membres du parlement, qui faisaient partie de sa maison, de le quitter pour se rendre auprès de sa personne. Mais les deux principaux, Robert, comte d'Essex , créé dernièrement lord-chambellan (i), et Henri, comte de Rolland, maître
« attachés ? » Les matelots, dit un pamphlet du temps, furent trës-choquës de ce terme de mépris. ( Observations sur la vie et la mort du roi Charles I*'. par William Lilly , astrologue célèbre du temps , publiées pour la première fois en iGSiy et réimprimées dans la collection de M. Mazeres, lom. I , pag. 173.) ( Note de VEdit.)
(i) « Le comte d'Essex , dit Clarendon , a prouvé, par ton exemple, qu'un jugement faible , un peu de vanité et beaucoup d'orgueil suffisent pour précipiter un homme dans des entreprises aussi illégales et ^ussi violentes que celles oii pourrait pousser la plus insatiable ambition. li n'avait en effet aucune ardeur pour les titres , les faveurs ou les emplois; il voulait seulement être bien vu ûa public, et que le public parlât bien de lui, et que la bienveillance populaire le mit en mesure de jouir doucement de sa situa-
de la garde-robe , aimèrent mieux obéir au u^rit par lequel il leur avait ordonné d'assister au parlement pour y traiter les plus importantes affaires
tion. Nul homme au fond ne détestait plus que lui la révolte ; aucune tentative claire et positive n'eût pu l'y porter , et il j fut conduit par les voies les plus détournées. L'orgueil lui tenait lieu d'ambition ; il se désolait de voir un autre homme traité avec plus d'égards que lui , et s'en irritait comme d'une injustice , d'autant plus qu'il était trës-exact à rendre bons offices pour bons offices et égards pour égards. Il était sincère et constant dans ses amitiés, et ne se fût permis envers ses ennemis aucune pratique honteuse. Personne n'eut jamais sur lui asses de crédit pour lui faire absolument oublier la loyauté qu'il devait au Roi ; mais il se crut assez sage pour décider lui-même de ce qui était ou n'était pas trahison. Les distinctions qu'on établissait entre la prérogative royale et le pouvoir du Roi en parlement^ la prétendue légitimité des ordonnances des chambres , toutes ces nouvelles théories du temps lui brouillèrent le cerveau ; si bien qu'il renonça à son propre jugement pour suivre celui des hommes qui , à ce qu'il croyait , avaient d'aussi bonnes intentions que lui , et connaissaient mieux les grandes questions politiques. Sa vanité lui fît prendre plaisir à être appelé Votre Excellence ; il eut la faiblesse de croire qu'il serait général dans les chambres comme dans les champs de bataille, et qu'il gouvernerait les passions et les démarches du parti comme il gagnerait pour lui des batailles ; il se promettait d'être ainsi , non le destructeur , mais He sauveur du Roi et du royaume. Abusé par cette imprudente confiance , il se lança sur cette mer oii il ne rencontra que des écueils et 'd'oii il ne put jamais rentrer dans le port. « ( Histoire de la RêbelL tom. 5 , pag. 36o. )
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de rAogleterre, que de se rendre à l'ordre particulier qu'il leur donnait de le suivre à Hampton* Court (i). Us alléguèrent pour excuse que leur présence au parlement était le plus utile service qu'il pût recevoir d'eux en sa qualité de Roi. Alors
Clarendon ne tient , dans ce portrait , aucun compte des justes raisons ni des sentimens patriotiques et désintéressés quij indépendamment de toute faiblesse personnelle , poussèrent le comte d'Essex dans les rangs de l'opposition la plus vive; et en cela , la partialité est évidente. Mais , cette omission une fois reconnue, ce qu'il dit du caractère du comte d'Essex est plein de finesse et de vérité. ( Note de tEdit.)
(i) Ce ne fut point par une résolution purement personnelle que les lords Essex et Holland refusèrent de quitter le parlement pour se rendre auprès du Roi ; il paraît même que lord Essex s'était d'abord décidé à partir ; mais au moment où il venait de revêtir ses habits de voyage y lord Holland arriva et le fit changer de résolution en lui disant que 9 s'il allait à Hampton-Court , il y serait assassiné. ( Clarendon, Histoire de la RébelL tom. 3 , pag, 180. ) Quoi qu'il en soit de cette circonstance , les deux comtes soumirent le message du Roi à la chambre des lords qui en fit l'objet d'une délibération et vota: i®. Qu'en demeurant dans ladite chambre , et par son exprès commandenaent , les lords Ëssex et Holland ne se rendaient point ' coupables de désobéissance aux ordres du Roi ; 2^. que c'était violer le9 privilèges du parlement que d'exiger que lesdits lords quittassent leur siège pour se rendre à la cour , attendu qu'ils siéfçeaient en vertu des writs de convocation du Roi ; 3°. que le Roi ne pouvait dispenser aucun pair , par un ordre revêtu de son sceau , de l'obligation de siéger
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le Roi envoya un messager redemander à l'un le bâton , et à Tautre la clef, signes de leur office. Us les remirent sans résistance entre les mains du messager (i).
dans la chambre , quand la chambre l'en requérait ; 4<*. que tout pair qui , en vertu d'un pareil ordre du Roi , se dispenserait de siéger malgré les réquisitions de la chambre , se rendrait coupable d'une offense que la chambre aurait droit de punir. {^Histoire parlementaire ^ tom. 2 , col. 1 171 .) ( Note de V Éditeur, )
(i) Les plus sages amis du Roi firent de vains efforts pour le détourner d'une démarche qui devait rejeter irrévocablement deux hommes aussi considérables dans les rangs de ses ennemis. Clarendon pense même que , si le comte d'£ssex ne s'était trouvé ainsi dégagé de toute fonction personnelle auprès du Roi , il n'eût jamais consenti à prendre le commandement de l'armée parlementaire. Mais Charles ne voulut rien entendre , donnant pour raison décisive qu'il . l'avait promis à la Reine et ne lui manquerait pas de parole. La Reine avait conçu tant d'inimitié contre lord Holland qu'elle avait déclaré à son mari que , si le comte gardait sa charge , elle ne vivrait décidément plus à la cour. Le Roi ordonna donc à lord Littleton, garde du grand sceau, d'aller redemander aux deux comtes les insignes de leurs fonctions ; mais tels étaient l'ascendant moral du parlement et l'abattement des ministres du Roi que lord Littleton^ saisi d'épouvante, ne put se résoudre àfremplir une telle mission ; il alla trouver lord Falkland et le supplia ^e l'en excuser auprès du Roi , alléguant pour s'en dispenser d'assez mauvaises raisons. Lord Falkland en rendit compte au Roi qui aussitôt écrivit de sa main , à lord Falkland lui-même , une lettre oii il le chargeait de s'acquitter en personne de la
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De Hampton-Court , le Roi et la Reine , vers le milieu de février , sjb rendirent à Cantorbëry , et de là à Douvres , avec la princesse Marie, leur fille aînée, mariée moins d^un an auparavant à Guillaume, fils du prince d'Orange. La Reine passa de là en Hollande , sous prétexte de conduire au prince sa femme qui n'était alors âgée que d'environ dix ans. Le parlement ne s'y opposa point. Mais la Reine emporta avec elle les joyaux de la couronne, du moins en grande partie > et les mit aussitôt en gage en Hollande. De l'argent qu'elle en retira , elle acheta des armes et des munitions pour soutenir cette funeste guerre qui commença
démarche , en s'excusant de lui donner une si désagréable commission. Elle était en effet plusdésagréable pour lord Falkland que pour tout autre , car il était lié avec les deux comtes et en avait souvent reçu de bons offices ; il en. fut donc un peu troublé. Cependant , incapable d'hésiter dans une circonstance difficile, il partit , rencontra lord Essex et lord HoUand qui se rendaient à la chambre des lords, et leur remit le message ; ils le prièrent amicalement de leur accorder quelques momens de délibération , promettant de le faire avertir , dans une demi-heure , à la chambre des communes où il allait. Les choses se passèrent ainsi ; après s'en être entretenus avec leurs amis à la chambre des lords^ les deux comtes remirent à Falkland , l'un son bâton , l'autre sa clef, et la chambre prit aussitôt les résolutions rapportées dans la note précédente. ( Histoire de la Rébell. , tom. 3, pag. 181 — ib/i.)
( Note de VEdit. )
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peu de temps après entre le Roi et le parlement (i).
(i; Lés craintes de la Reine pour sa propre sûreté furent un des principaux motifs de son départ et de celui du Roi. Il est impossible de déterminer aujourd'hui si , dès lors , ces craintes étaient fondées ; ce qui est certain , c^est qu'elles étaient réelles , sincères et ne manquaient pas de prétextes plausibles. Deux circonstances récentes avaient du les rendre trës-vives. Le 27 décembre 1641, la chambre des lords fut informée que, pendant le dernier voyage du Roi en Ecosse, quelqu'un avait rapporté à la Reine que , dans une réunion tenue, à Kensington, par les meneurs du parti dominant, le comte de Newporl avait dit que le Roi avait grand tort de faire des complots en Ecosse , car il avait laissé à Londres sa femme et ses enfans. Le comte de Newport se leva aussitôt et raconta qu'informé de ce prétendu propos , il était allé trouver la Reine qui l'avait assuré qu'elle n'en croyait rien ; mais que le vendredi précédent , le Roi lui en avait parlé , et , sur sa dénégation , lui avait dît : « Je suis fâché que votre seigneurie ait si mauvaise mémoire. » Les deux chambres se réunirent aussitôt pour adresser au Roi une pétition à ce sujet et lui demander de nommer les auteurs de ces rapports : « Il est vrai , répondit t< Charles ; j'ai entendu parler de propositions faites à « Kensington pour se saisir de ma femme et de mes enfans : « dans des choses d'uùe nature si grave , un prince se doit «t de rechercher la vérité , même quand il ne croit pas aux n bruits répandus. J'ai donc fait à Newport quelques ques- « tions à ce sujet , mais sans témoigner aucunement , M comme il a eu l'audace de le prétendre , que j'y ajou- M tasse la moindre foi ; il me serait aisé de le prouver , u mais je regarde comme indigne de moi d'engager avec « un simple particulier une telle discussion ; qu'il vous suf^
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Le séjour du Roi à Cantorbëry et à Douvres ne fut pas long, et ces yiiles n'étaient pas assez éloignées pour qu'on ne put encore' traiter de quelques affaires^ quoiqu'avec une grande incommodité pour les lords et les membres des communes , obligés à tous momens de se rendre d'un lieu à l'autre. Ce qui se fit de plus important en cet, intervalle , ce fut l'acceptation , par le Roi , du
«t use de savoir que je n'ai accordé et n'accorde aucune « créance à tous ces propos. » ( Histoire parlementaire^ tom. a , col. 984. ) Cependant des bfuits du luéme genre continueront à se répandre et à attirer Tattention de la famille royale ; la Heine dit , au commencement du mois de janvier 1642, qu'elle savait que les chambres voulaient l'accuser de haute-trahison. Les chambres lui adressèrent un message pour nier le fait , et elle protesta de nouveau qu'elle n'en croyait rien. ( Ibid»^ col. loGi. ) « Il n'est pas « douteux , dit Clarendon , qu'il n'en eût été question dans « les conversations intimes et les sourdes menées du parti. >» ( Histoire de la RébelL , tom. 3 , pag. 81 . ) Les événemens postérieurs ne permettent guère en effet de douter que de tels desseins n'eussent été formés de très-bonne heure dans la chambre des communes , que la Reine n'y eût donné lieu par son attachement décidé au catholicisme et au pouvoir absolu y et qu'elle ne fût convaincue , ainsi que le Roi , qu'elle avait à les redouter. Mais , dans les révolutions, rhypocrisie est inhérente aux partis ; les faibles nient ce qu'ils craignent, les forts ce qu'ils feront; et leur conduite n^en est pas moins réglée par ces projets et ces craintes que leurs discours démentent sans cesse jusqu'au jour oii leurs actions viennent les prouver. ( Note de VEdit. )
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bill qui retirait aux évêques le droit de sie'ger dans le parlement.
Quand la Reine et sa fille eurent mis à la voile ^ le Roi revint h Greenwich , d'où il envoya chercher le prince de Galles et le duc d'York, pour qu'ils l'accompagnassent dans son voyage à Yorkf où il avait intention de s'établir. Il alla en effet jusqu'à Théobalds, où il fut rejoint, le i". mars 1642, par une pétition des deux chambres , conjurant Sa Majesté de vouloir bien enfin^ faire droit à leur indispensable demande concernant la milice d'Angleterre. Elles ajoutaient que si le Roi s'y refusait, le parlement, dans ces temps de trouble, céderait à la nécessité , et prendrait, à cet égard , pour la si\reté du royaume , les mesures qu'il avait proposées à Sa Majesté. Les chambres suppliaient également le Roi de continuer à résider près de Londres et de son parlement , et de n'en pas éloigner le prince son fils. Enfin, elles désiraient que Sa Majesté apprit, par l'organe des chambres, son grand conseil, que, selon les lois d'Angleterre ;^ le pouvoir de lever, organiser et employer la milice dans quelque cité , ville ou autre lieu que ce fût , ne pouvait être accordé à aucune corporation , par charte ou autrement , sans l'autorisation ou le consentement du parlement.
Le Roi refusa de donner, relativement à la milice, aucune autre réponse que celles qu'il avait données d'abord ^ ajoutant qu'il ne se croyait pas
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en sûreté près de Londres^ et que, quant au prince son fils, il en prendrait soin de manière à en pouvoir répondre à Dieu comme père, à ses États comme Roi.
Le parlement, en recevant cette courte réponse du Roi, déclara qu'il la regardait comme un refus positif, et réitéra les affirmations contenues dans sa pétition au Roi , sur le danger qu'il y avait à le laisser s'éloigner autant du parlement et emmener avec lui son fils. Les deux chambres enjoignirent au comte de Northumberland , grandamiral , de donner les ordres les plus prompts pour que tous les vaisseaux de la marine royale fussent gréés et mis en état d'être employés au service de l'État*
Les deux chambres rédigèrent une déclaration qui fut présentée au Roi le 9 mars , près de Ne^v-M arket , par les comtes de Pembroke et de Holland , et quelques membres de la chambre des communes. On y remettait sous les yeux du Roi quelques-uns des anciens griefs exposés dans la première remontrance qu'il avait reçue à son retour d'Ecosse. Ainsi on y répétait que le projet de changer la religion avait eu pour auteurs les gens qui jouissaient près de lui de la plus grande autorité, que la guerre contre l'Ecosse avait eu pour objet de favoriser ce projet , et que , d'après plusieurs présomptions fondées sur les résultats de plusieurs enquêtes judiciaires, c'é-
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tait en Angleterre qu'ayait été combiné le plan de la re'bellion d'Irlande. On parlait encore , dans cette déclaration, de la tentative du Roi pour conduire son armée contre le parlement ; des warrants que , malgré toutes ses promesses , il avait donnés pour l'émigration de Jermyn, Digby et autres délinquans ; de la manière dont il s'était permis de violer les privilèges du parlement, en venant dans la chambre des communes pour y arrêter les cinq membres, etc. Le parlement s'appuyait sur ces faits pour justifier ses craintes et ses méfiances , et prouver qu'elles étaient trop bien fondées pour que le salut de la république ,. commis entre ses mains, lui permit de les négliger. Il niait la réalité des dangers auxquels Sa Majesté se disait exposée en restant près de Londres , et soutenait que ces prétendues craintes n'étaient qu'un prétexte fourni à Sa Majesté par de mauvais et perfides conseillers , pour embarrasser les affaires publiques, en donnant lieu de croire, par son absence , qu'elle voulait décourager ceux qui entreprenaient de secourir l'Irlande , et entraver les mesures prises à cet effet ; ce qui devait nécessairement augmenter la confiance des i^ebelles et de tous les malintentionnés de ce royaume.
Le Roi, à la réception de cette remontrance, exprima une grande indignation, et se plaignit du ton dans laquelle elle était conçue , disant que ce n'était ni une invitation , ni une sollicitation
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de retourner près du parlement^ mais une véritable semonce^ et qu'il ne trouvait nulle part que la rhe'lorique d'Aristote fît mention d'un pareil moyen de persuasion ; il ajouta qu'il répondrait dans une autre déclaration qui, en effet, fut faite et publiée peu de jours après. Dans cette déclaration , il proteste solennellement de la sincérité de sa religion, justifie ses démarches , et nie que les warrants pour l'émigration de M. Jermyn et autres aient été donnés dans la forme dont on se plaint. Il impute au parlement des craintes sans motifs et fondées sur les expressions incertaines de quelques avis envoyés de Rome , de Venise , de Paris , et autres lieux ; il énumère les gracieuses concessions qu'il a déjà faites durant ce parlement, pour la satisfaction de son peuple, et proteste enfin qu'il désire vivement résider près de son parlement , et retournerait immédiatement à Londres s'il voyait ou apprenait qu'on eût pris quelques précautions pour sa sûreté (i).
(i) On publia immédiatement à Londres un récit de la conférence des commissaires du parlement avec le Roi à New-Market, récit trës-curieux par les détails qu'il contient sur la colère du Roi et en même temps sur ses efforts pour éluder la nécessité de répondre positivement à la demande de revenir à Londres. £n voici les passages les plus remarquables :
(c liorsque Sa Majesté enteudit ce passage de la déclara-
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Le i5 mars, le Roi étant prêt à partir pour la ville d'York, envoya de Huntingdon un autre mes-
« lion du parlement, qui parle du warrant accorde pour « rémigration de M. Jermyn , elle interrompit le comte de « Holland qui la lisait, en disant : — Cela est faux. — Le « même sujet revenant une seconde fois , Sa Majesté répéta : « ^C'est un mensonge. — On lui expliqua alors que le u warrant avait , à la vérité , été accordé à une époque oii « rien ne l'interdisait encore, mais qu'on se plaignait de « ce qu'il l'avait laissé mettre à exécution. — Il fallait mieux « expliquer cela, dit le Roi ; c'est une grande affaire que « d'accuser un roi de manquer à sa parole. — Venant en- « suite à la déclaration elle-même : — Je n'aurais jamais « cru , dit-il , qu'un tel message me vînt du parlement, s'il « ne m'était apporté par des hommes d'honneur; j'en suis « fâché pour le parlement, et charmé pour moi; j'y ré- « pondrai , j'en suis sûr, de façon à satisfaire mon peuple; »t chose qui , je m'en flatte , est déjà bien avancée. Vous «< parlez de mauvais conseils; les informations que le par- « lement s'est procurées sont beaucoup plus mauvaises que « les conseils que j'ai reçus. Qu'ai-je refusé au parlement? « — Lord Holland cita la pétition relative à la milice. — « Ce n'était pas un bill, dit le Roi. — C'était une pétition « indispensable, répliqua lord Holland. — Je ne l'ai pas « refusée, reprit le Roi. — Le lendemain le Roi leur remit « sa réponse; lord Holland la lut aux autres commissaires M. et s'eflforça ensuite d'engager le Roi à revenir auprès du « parlement. — Vous ne faites rien qui m'y porte, dit le « Roi ; une telle déclaration n'est pas propre à m'y décider; « ce n'est pas dans la Rhétorique ^Aristoie que vous avez « trouvé de semblables moyens de persuasion. — Le comte « de Pembrokelui fit observer que le parlement l'avait déjà
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sage^ dans lequel il exprime combien il est occupé de l'Irlande , et désire ne pas violer les privilèges du parlement; mais^ ayant particulièrement à cœur de lui faire connaître qu'il n'ignore pas ses propres droits, il lui défend d'oser, sous forme
a humblement supplié de revenir. — Votre déclaration me « prouve que les paroles ne signifient rien. — Que Votre « Majesté daigne donc nous dire clairement ce qu'elle vou- « drait pour s'y décider. — Je ferais fouetter un enfant de «< l'école de Westminster qui, dans la réponse que je vous « remets, ne saurait pas voir clairement ce que je veux; « vous vous trompez si vous voyez , dans celte réponse , un « refus de retourner auprès du parlement. — Le comte de M Pembroke lui demanda encore si la pétition du parleu ment , quant à la milice , ne pourrait pas être accordée , « du moins pour un temps limité. — Non,, de par Dieu, « pas pour une heure, reprit le Roi^ vous m'avez demandé <( là ce qu'on n'a jamais demandé à un B.oi , ce que je ne te confierais pas à ma femme et à mes enfans. — Sa Ma- « jesté ajouta : — Les affaires d'Irlande ne se feront jamais « par les moyens que vous avez pris ; une assemblée de « quatre cents personnes n'en viendra pas à bout ; il faut «< que cela soit remis aux soins d'un seul homme. Si on « m'en chargeait , j'engagerais ma tête à y réussir ; et «< quoique je ne sois aujourd'hui qu'un mendiant, dit-il « avec une affirmation trës-«nergique , je trouverai de l'ar- « gent pour l'entreprendre. »
L'imprimeur du pamphlet qui contenait ce récit fut mandé par la chambre des lords ; mais il dit qu'il avait reçu le manuscrit d'un secrétaire du garde-du-sceau, et fut renvoyé. { Histoire parlementaire y tom. 2 ^^ col. 1126. )
( Note rie r Editeur, )
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quelconque d'ordre ou d'ordonnance rendue sans sa participation , relativement à la milice ou tout autre objet, rien entreprendre qui ne soit déjà autorisé par les lois. En même temps , il recommande aux chambres, comme il Ta déjà fait par son message du 20 janvier dernier, de dresser et rédiger, avec toute la promptitude possible, tous les actes qui leur paraîtront nécessaires pour l'établissement présent et futur de leurs privilèges. Telle fut , en somme , la teneur de quelques-unes de ces déclarations, pétitions et réponses; car, à cette époque, et pendant les trois mois qui suivirent, les messages, remontrances, pétitions et réponses acquirent,en toute occasion, un si énorme volume, que leur collection composerait une trèslongue histoire.
Ainsi, voilà le Roi à York, tandis que le parlement siégeant à Londres , déclare et vote du commun consentement des deux chambres , à la réception de ce message :
« I*. Que la résidence de Roi dans un lieu « si éloigné de son parlement , n'est pas seule- « ment un obstacle aux affaires d'Irlande, iuais « peut en entraîner la ruine ;
« 2^. Que quand les lords et communes sié- « géant en parlement ont déclaré quelle est la « loi du pays, c'est une haute violation des pri- « viléges du parlement que de vouloir non-seu- « lement discuter et mettre en question cette
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t( loi , mais s'y opposer et défendre qu'elle soit V obéiej »
« 5*. Que ceux qui ont conseillé au Roi de s'ab- « senter du parlenfient , sont ennemis de la paix c< de ce royaume , et doivent être justement soupw connés de favoriser la rébellion dlrlande. »
Il peut paraître étrange au lecteur que, sous les yeux et à la connaissance du parlement qui y non-seulement était témoin de ses actions, mais semblait démêler ses projets et en prévoir les effets probables , le Roi ait pu , sans autre obstacle qu'une vaine opposition par écrit, conduire si ouvertement son entreprise jusqu'au point où elle devait envelopper le royaume entier dans la guerre la plus destructive et la plus malheureuse. Je ne me hasarderai pas à donner mon opinion sur le temps ou la manière qu'on^ aurait pu choisir pour prévenir la ruine du royaume; j'expose seulement ce qui se fit alors, afin que la postérité en porte son jugement.
Le parlement n'ignorait pas, ou du moins devait soupçonner, car on en parlait ouvertement à cette époque, que la Reine, lorsqu'elle avait passé en Hollande, y avait emporté avec elle les joyaux de la couronne, pour les vendre et les mettre en gage, et s'il le savait , il ne pouvait douter de l'intention de la Reine, et de ce qui devait s'en suivre. Il ne pouvait ignorer non plus combien cet acte était illégal, et combien par conséquent il était à
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propos de le prévenir ; aussi les chambres accusèrent-elles plus tard la Reine de haute trahison ^ pour ce fait , et surent bien apprendre au monde, dans une déclaration , quel crime c'est à un Roi d'aliéner les ornemens, et particulièrement les joyaux de la couronne , surtout si ce Roi les emploie ou aliène dans l'intention de faire la guerre à son peuple , pour la conservation duquel y nonseulement ces joyaux^ mais tout ce qu'il possède a été mis entre ses mains.
On fit mine de s'opposer à ce que le prince partît avec le Roi de Hampton-Court pour aller dans le nord , ce qui pouvait augmenter les craintes et méfiances du peuple. Cependant cela n'empêcha pas le roi de l'emmener; enfin le parlement n'ignorait pas quel obstacle le Roi^ en s'éloignant de la résidence du parlement^ apportait à la marche des affaires 5 aux réglemens à faire pour l'Angleterre et aux secours à donner à l'Irlande. Il lui avait même dit assez clairement que ce voyage ^ n'eût-il aucun objet répréhensible , ne se pouvait excuser en aucune manière , puisqu'il offrait les plus grands inconvéniens y et ne présentait aucun des avantages qu'on alléguait pour le défendre. Cependant le Roi partit tranquillement.
Le parlement ne prévint à force ouverte qu'un seul des projets du Roi^ qui, à la vérité, était regardé comme le but principal de son voyage dans le nord; ce fut la prise de la forte ville et de la
DU LONG PARLEMENT. Siy
citadelle de HuU , et du magasin d'armes qui s'y trouvait de'posé. Mais ce fut une chose remarquable que le soin qu'on mit des deux côtés à em-pêcher , s'il eût été possible , que le Roi n'éprouvât un refus formel devant les portes de HuU , et que les choses n'allassent si loin. Le Roi regarda cette action comme un si grand affront que cela devint ensuite des deux parts le sujet d'un grand nombre de volumineuses déclarations.
" Le Roi, pour prévenir un pareil incident , avait averti le parlement par un message daté d'York , 8 avril 1 642 9 qu'il était dans l'intention de se rendre en personne en Irlande^ pour châtier par les armes ces rebelles sanguinaires; et, dans ce but, il jugeait à propos de faire connaître au parlement qu'il comptait faire lever, sur des ordres de lui, dans les comtés voisins de celui de Chester, une garde composée de 2,000 hommes de pied et de 200 chevaux, qu'il se proposait de faire équiper, disait- il, au moyen des armes tirées de son magasin de HuU.
Vers le même temps, les deux chambres avaient adressé une pétition au Roi j pour qu'il permit de transporter le magasin de HuU à la Tour de Londres , disant pour raison que les provisions d'armes et de munitions renfermées à la Tour , étaient fort diminuées par les envois qu'on en avait faits à l'Irlande, dont les besoins en ce genre augmentaient chaque jour; que les motifs qu'on
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avait eus pour mettre un magasin à Hull n'existaient plus , puisqu^il n'y avait plus de danger du côté de l'Ecosse. On ajoutait que ce magasin serait à la Tour plus en sûreté^ moins dispendieux, et qu'on le transporterait de là plus aisément en Irlande.
Le Roi parut très-irrité de cette pétition^ et répondit ^ entre autres choses , que celles de ces armes qui étaient destinées pour les comtés d'Ulster ou de Leinster y pourraient être envoyées beaucoup plus commodément de HuUque de Londres . Mais ce qui surtout parut exciter son ressentiment , ce fut d'apprendre que le parlement, s'y prenant à temps , avait, sans son consentement, envoyé l'ordre d'oter le commandement de la place au comte de Newcastle , que le Roi , dans cette réponse , désigne comme un homme d'honneur, d'une fortune et d'une réputation sans tache, et l'avait fait remettre ainsi que la citadelle entre les mains de sir John Hotham. Le parlement, comme, on peut le voir par la déclaration qu'il fit à cette époque , avait été confirmé dans l'opinion que le voyage du Roi vers le nord avait pour but de se rendre à Hull , par une lettre qu'il avait interceptée de lord Georges Digby à sir Lewis Dives. Cette lettre, datée de Middlebourgen Zélande,le 20 janvier 1642, portait que, si le Roi voulait se déclarer et se retirer en lieu sûr , lui , lord Digby, pourrait se rendre au-
DU LONG PARLEMENT. Sig
près de lui, du Heu où il était, tout aussi bien que d'une ville d'Angleterre, et qu'il y restait en attendant l'occasion d'être plus utile ]>our son service. Les mêmes expressions se trouvaient dans une lettre adressée à la Reine, interceptée dans le même paquet. Il y parlait de même des services qu'il pouvait lui rendre en Zélande ^ et lui demandait un chiffre au moyen duquel il pût correspondre avec elle par écrit (i).
Nous avons déjà parlé de ce jeune lord; c'étoit un homme de grand talent et qui s'était rendu
(i) La lettre de lord Dîgby à la Keine se trouvait dans un paquet adresse au secrétaire d'Etat Nicholas. La chambre des lords hésita à Touvrir et demanda l'avis de la chambre des communes. Les communes votèrent pour que la lettre fût ouverte. Les lords , hésitant encore , réclamëreot une conférence des deux chambres. Il y fut dit, de la part des communes , qu'elles ne voyaient aucune raison de revenir sur leur vote ; que la sûreté du royaume était ici intéressée , puisqu'on pouvait , par ce moyen , découvrir et prévenir les mauvais desseins de lord Digby ;-que si on renvoyait la lettre à la Reine sans l'ouvrir , le parlement aurait ensuite toutes les peines du monde à deviner ce que lord Digby pouvait y proposer ; qu'on avait eu tout récemment de bonnes raisons de se méfier des pratiques de lord Digby; qu'il ne fallait pas perdre une si bonne occasion de servir l'État, et que, si on la manquait, on ne saurait que dire pour répondre de cette négligence. Plus scrupuleux et moins engagés dans la révolution que les communes, les lords ne se rendirent pas sur*le-champ à leurs raisons ; un long et vif débat eut encore lieu dans la chambre haute. Cepen-
agréable au parlement ^ jusqu'à I e'poque de la mort du comte de StrafTord. Le discours qu'il fit sur cette affaire^ et quelques autres actes rëpréhensibles ^ trahirent alors son opinion ^ et ce qui Féloigna tout-à-fait du parlement^ ce fut l'ordre donné par la chambre^ que le discours qu'il ayoit imprime malgré sesordres,seraitbrûlé parla main du bourreau (i). Aussi le vit-on en diverses occasions^ s'appliquer à aigrir les différends qui s'éle-
dant, à la fin, la lettre fut ouverte. Elle contenait à peu près ce que rapporte May. Informée de ce qui venait de se passer , la Reine adressa (17 février 1642 ) un message à la chambre des lords ^ offrant de donner satisfaction au parlement sur cette correspondance. Mais ce message n'eut pas de suite ; et , le 26 février suivant , la chambre des communes accusa lord Digby de haute trahison. {Histoire Parlementaire ^ tom. 2, col. 1091 f 1 io3. )
( Note de V Editeur.)
(i) Ce ne fut pas là le seul exemple d'un semblable procédé de la chambre des communes ; elle alla même plus loin en d'autres occasions. Sir Edward Dering, naguëres l'un des chefs du parti populaire , s'en était un peu séparé dans la discussion de la grande remontrance. Il fit imprimer la collection de ses discours. Le i*' février 1642 y la chambre vota que cette publication était un outrage envers la chambre^ que le livre serait brûlé par la main du bourreau, sir Edward Dering exclus, déclaré incapable de siéger, et un nouveau writ expédié pour faire procéder à son remplacement. Sir Edward Deriiig fut mandé et vint s'agenouiller il la barre de la chambre pour entendre lire cette) sentence qui fut aussitôt exécutée. Le 3i mars suivant , George
.DU LONG PARLEMENT. Sat
Taient entre le Roi et le parlement. Là chambre des communes le déclara perturbateur de la paix publique , pour avoir paru armé à Kingston , sur
Benyon , négociant considérable de la cité, aiyant rédigé et présenté au parlement une pétition fbrt mesurée contre Tor* donnance relative à l'organisation de la miliéè , la chambré des communes l'accusa de haute trahison , alléguant, « que « le dit George Benyon, homjne accrédité et puissant dans « la cité , quoiqu'il connût fort bien les dissensions et les <i désordres actuellement existans, s'était efforcé de semer « la division entre le Aoi et le parlement , et entre le par- « le ment et la cité, eu présentant , aux deux chambres , une «c pétition calomniatrice et outrageante ; qu'un tel complot « était, comme le cheval de Troie, plein de périls cft dé « malheurs , etc. etc. » Au même moment , le parti domi*^ nant se faisait adresser, par d'autres négocians de la cité ^ des pétitions en faveur de la même ordonnance , et s'en prévalait , dans ses déclarations , comme de la libre et im^ périeuse expression du vœu public. La liberté de la tribune n'était pas plus respectée que celle de la presse. Sir Ralph Hopton fut envoyé à la Tour pour avoir dit, dans la cham-^ bre des communes , qu'il fallait prendre bien garde avant d'accuser le Roi , non-seulement d'être apostat de sa religion , mais de chercher à pousser le peuple dans là même apostasie. Lord Herbert de Cherbury fût censuré et arrête pour avoir mauifesté quelques doutes sur là résolution du Roi de faire la guerre au parlemeut , et il n'échappa à une poursuite plus sévère qu'en rétractant ses paroles. (Histoire parlementaire, tom. 2 , col.' 1072 , 1 149 » 1 1 18 i ' 1242. ) Les exemples de ce genre sont en trës-gfand nombre et devinrent chaque jour plus fréquens. . •
' ( l^ote de f Editeur. )
la Tamise, d'une manière inusitée, illégale et accompagnée de toutes les circonstances qui pouvaient incriminer cette action. 11 tut mandé par la chambre des lords, et, à défaut de comparution dans les vingt jours, il devoit être déclaré traître; mais, dans Tintervalle, il fut transporté en Hollande par sir John Pennington, sur un ordre signé de la main du Roi , comme on peut le voir dans la déclaration dés chambres du mois de Aiars suivant.
Pendant que le Roi et le parlement se disputaient le magasin de Hull , le parlement s'occupait à organiser successivement la milice dans les divers comtés , et à en mettre le commandement dans des nvains auxqilelles il pût se confier. Il travaillait aussi à se rendre maître de la flotte, et à pourvoir aux moyens de se défendre contre toute force étrangère qui voudrait attaquer le royaume. Comme la santé du comte de Northumberland, lord-^amiral (i), ne lui permettait
(ij « Le comte de Northumberland , dit Glarendon, dans tt toute sa conduite et ses maniëres , était vraiment un grané H seigneur ; son respect pour l'étiquette et Içs formes ei- K térieures provenait du désir de garder toute sa dignité « en écartant de lui Jes hommes Êimiliers et aiidacttttv «( dont ce temps était plein, et nul n'y réussit aussi Uen. u Quoique ses idées ne fussent ni étendues , ni profondes ^ u cependant sa gravité et sa réserve , soit dans la conv«rsa<^ tt tion., soitdan^la chambre des lords, lui valurent laié-*^
pas alors de commander la flotte en personne ^ le parlement désigna à sa seigneurie ^ pour le suppléer dans cette fonction , le comte de Warwick, homme qui méritait toute confiance par son habileté dans les affaires maritimes , et son irrépro*
chable réputation (i); mais, apprenant que le Roi
« putatîon d'un homme sage et capable. II se montrait tel « en effet dans \e gouvernement de aa maison et de sa fait mille où il se faisait scrupnleasement obéit : personne « n'eut jamais plus rarement à répondre de paroles inu- « tiles ou légères ; et dans les débats importans , il s^éxpri- « mait toujours avec beaucoup de convenaance. S'il avait cru , « le Roi aussi élevé au-dessus de lui qu'il se croyait élevé « lui-même an-^lessus des bommes les plus considérables , M il eÂt été un sujet précieux ; mais y faisant peu de cas âe 41 tout le monde et pas asseE de cas du Roi , il fut accessible « k toutes les impressions que voulurent lui donner des « gens qui l'abordaient avec les plus grandes démonstrations « d'estime et de respect , moyen infaillible de réussir au- « près des caractères de ce genre. On l'empêcha ainsi , d'à- « bord , de faire ce que lui commandaient la reconnaissance « et l'honneur; et une fois engagé de la sorte , il se trouva m aisément conduit à faire ensuite ce qu'il n'aurait jamais 41 dà faire et ce qu'il ne s'était nullement proposé. » ( J7i>ioire de la Rebellions tome 5, page 356.)
{Note de r Editeur.)
(i) « On ne s'étonna point, dit Clarendon, de voir le « (Comte de Wanvick abandonner le parti du Roi qu'il n'a- « vait jamais bien servi ; bien qu'il fût membre du conseil «( privé , il ne se regardait point comme Hé par cet honneur , « car il savait qu'il était du nombre des hommes que le Roi « y avait appelés sans leur porter une grande estime et sans
avait nomme à ce commandement sir John Pennington y leâ deux chambres , par un message du 28 mars> supplièrent Sa Majesté de ne pas empêcher plus long-temps le comte de Warwick , noble seigneur choisi par les deux chambres ^ de
« aucun dessein de leur accorder sa confiance ; il se rangea « donc du parti de ceux à qui il devait vraiment son éleva- M tion. Cëtait un homme d'un esprit gai et sociable , joyeux M compagnon , et si licencieux dans ses actions comme dans M ses discours y qu'il eût été difficile de trouver des mœurs « moins pures : aussi eùt-on raisonnablement pu croire M que jamais un tel homme ne contribuerait en rien au •t bouleversement d'un royaume. Mais , malgré tous ces M défauts, il. avait un grand crédit auprès des gens qui, « dans le commencement des troubles, firent tout le «mal.. Sa maison leur était toujours ouverte; il en avait M fait le rendez-vous des prédicateurs à qui le gouverne- H ment du Roi imposait silence , dans le tenips oii il avait « assez d'autorité pour imposer silence à quelqu'un. Natu- « rellement prodigne , il dépensait , au profit de ces gens-là , « une grande partie de sa fortune, assistait a toutes leurs « dévotions, s'égayait avec eux et sur leur compte sans « qu'ils s'en fâchassent; il devint ainsi le chef de ce parti et
« acquit le renom d'un saint ( a godly mon ) Plus tard
« il se donna pleinement à Cromwell , maria son fils à la M fille du Protecteur , et vécut avec lui dans une intimité M si étroite qu'il le pleura amèrement à sa mort. Autrefois M criblé de dettes , il laissa sa fortune plus améliorée que ne M fit aucun des hommes qui trafiquèrent de leur influence « dans la commode anarchie de cette rébellion. » ( Histoire de la Rébellion , tome 5 , page 362\ )
( Note de V Editeur. )
DU LONG PARLEMENT. Z^b-
se charger de ce service, dont le fardeau devait être supporte par le peuple. Le Roi refusa d'ad-mettre le comte de Wârwick, et trouva trèsmauvais, comme il parut par sa lettre au lordgarde-du-sceau, que les chambres voulussent s'ingérer à nommer au commandement des forces maritimes; mais, peu de mois après, le comte de Warwick fut mis en possession de toute la flotte, malgré l'opposition de plusieurs officiers, qui, placés antérieurement par le Roi , s'efforcèrent , comme on le verra bientôt plus en détail, de conduire leurs vaisseaux à Sa Majesté.
Le 25 avril 1642, le Roi, accompagné de quelques nobles et d'une suite peu considérable de gentilshommes et de soldats , se présenta devant les murs de Hull, et demanda à y être reçu; mais il trouva les portes fermées et les ponts levés par l'ordre de sir John Hotham , membre de la chambre des communes, à qui le parlement avait confié le gouvernement de cette ville. Sir John Hotham parut sur le rempart, et, se mettant à genoux, supplia Sa Majesté de vouloir bien ne pas lui ordonner ce que, malgré l'extrême douleur qu'il éprouvait à désobéir à Sa Majesté en quoi que ce fût , il serait obligé de lui refuser. Il ne pouvait, dit-il, admettre Sa Majesté, sans violer son 'devoir envers le parlement, et supplia le Roi de lui permettre d'envoyer vers le
parlement, pour Tinformer de Tordre de Sa Majesté, et prendi'e les siens (i).
(i) Voici le récit que fait Clarendon de cet événement qoi fut le prélude de la guerre civile :
« Le Roi partit d'York , snivi de deux ou trois cents gentilshommes , pour se rendre à Hull ; arrivé à un mille de la place , il fit dire à sir John Hotham qu'il irait dîner le jour même avec lui. Sir John en fut ou en parut excessivement troublé. Cétait un homme d'un caractère timide et d'un esprit incertain ; il lui fallait du temps pour se décider : aussi beaucoup de gens pensaient que , si on l'eût habile-* ment préparé d'avance et en secret , il se serait conformé aux désirs du B.oi. Il possédait une grande fortune en terres et beaucoup d'argent comptant ; sa famille était ancienne et bien alliée ; il ne manquait point d'affection pour le gouvernement du Roi , et nul ne souhaitart moins que lui de voir la nation engagée dans une guerre civile. Lorsqu'il accepta du parlement la charge de gouverneur de Hull » loin de se douter qu'elle le précipiterait dans la rébellion , il pensait que le Roi se rendrait enfin à l'avis des chambres , et qu'en l'empêchant de prendre possession de cetj arsenal , on préviendrait toute rupture irrévocable. En apprenant l'approche du Roi , il tomba doue dans une grande anxiété ; il convoqua les principaux magistrats avec quelques officiers » et ils le déterminèrent à refuser au Roi l'entrée de la place. Sa Majesté en arrivant trouva les portes fermées, les pontlevis dressés et les remparts garnis de troupes comme s'il se fût agi de recevoir un ennemi. Sir John Holham parut luimême sur le rempart , et, avec des protestations de dévoûmeut mêlées de l'expression de grandes' craintes , il dit au Roi qu'il ne pouvait lui ouvrir les portes d'une ville dont
DU LONG PARLEMENT. Say
Le Roi, sar ce refus, entra en colère , et, après quelques paroles fort yives, parut refuser de croire que le parlement eût donné de semblables ordres; il dit à sir Johu Hotham que s'il en avait en effet pour lui refuser l'entrée à lui en personne, il devait les lui montrer par écrit, ou qu'autrement il n'y ajouterait aucune foi. Mais sir John dont l'ordre ne portait pas expressément le nom du Roi , quoiqu'il sût bien quelle avait été en le lui donnant l'intention du parlement, ne voulut produire aucun écrit; il con-
It parlement lui avait confié la garde. — « Je ne crois point , « dit le Roi , que vou$ ayez des ordres du parlement pour « me fermer les portes et me laisser ainsi hors des murs. — « La suite de Votre Majesté est si nombreuse ^ reprit sir « John, que, si elle entrait, je ne pourrais répondre de la • « place, w — Le Roi offrit de n'entrer qu'avec vingt chevaux ; sir John refiisant toujours , le Roi lui ordonpa de venir le trouver pour conférer avec lui, promettant, sur sa parole royale, qu'il serait en sûreté et libre de retourner. Sir John s'en excusant encore , le Roi lui dit que sa conduite était sans exemple, qu'il attirerait sur le royaume toutes
sortes de maux et allait s'entendre proclamer traître Sir
John , l'air fort troublé , balbutia quelques mots sur la charge qu'il avait reçue du parlement , et tomba à genoux , invoquant la malédiction de Dieu sur lui et les siens s'il n'était pas vrai qu'il était sujet loyal et fidèle de Sa Majesté ; mais il refusa positivement au Roi tout accès dans la ville. Le Roi le fit aussitôt proclamer traître ; proclamation que sir John écouta avec quelques marques d'irrévérence et de dédain. » (Histoire de la Rébellion, t. 3 , p. a35. ) ( Note de VEdit. )
tinua seulement à supplier le Roi de ne pas lui ordonner ce qu'il ne pouvait faire. Sur quoi le Roi^ après quelques heures passées en yain à tourner autour de la ville ^ proclama traître sir John Hotham et s'éloigna ^ après avoir reçu des mains de sir John son fils le duc d'York y et son neveu le prince électeur, que celui-ci avait la veille reçus dans la ville , où il les avait logés et traités dans cet intervalle. Le lendemain lé Roi , par un message au parlement y se plaignit de l'affront que lui avait fait sir John Hotham , l'acca*sant d'avoir traîtreusement et séditieusement essayé de rejeter sa désobéissance sur le parlement, et feignant de croire que Hotham avait fait cela de son chef, sans aucun ordre ni autorisation des chambres. Deux jours après, il envoya un autre message pour se plaindre, avec plus d'amertume encore , d'une si grande insulte , capable , disaitil , si on ne lui en accordait pas la réparation, de faire croire au monde que ses privilèges étaient devenus inférieurs à ceux de tous ses sujets, et que ses propriétés étaient moins protégées par les lois que celles des moindres citoyens du royaume. 11 écrivit en même temps une lettre au maire de HuU, lui recommandant, ainsi qu'aux autres officiers de la ville, d'avoir soin qu'aucune portion des magasins ne fût transportée hors de cette ville, sur aucun ordre ou par aucune autorité qui n'aurait pas Fassentiment de Sa Majesté , attesté par sa si-
DU LONG PARLEMENT. Sag
gnature. Il fit aussi intercepter tous les passages entre HuU et Londres, et, par ce moyen, saisit un émissaire envoyé à Londres par sir John Hotham, et chargé d'une lettre où celui-ci rendait compte au parlement de sa conduite en cette occasion.
Le parlement, lorsqu'il fut instruit de ce qui s'était passé, déclara les motifs qu'il avait euà de faire fermer les portes de Hull , et ajouta qu'en fermant les passages et interceptant les lettres ou messages adressés au parlement, ou venus de lui, ou envoyés pour son service, le Roi violait hautement les privilèges des chambres, et que par les lois du pays et leurs sermens, elles étaient obligées à les défendre et à punir ceux qui les avaient violés. En conséquence, elles ordonnèrent à tous shériffs, juges, constables et autres ofiiciers d'aider les personnes employées au service du parlement en tout ce qui serait nécessaire pour les faire passer promptement, librement et en sûreté. Elles adressèrent aussi à ces mêmes officiers, dans les comtés d'York et de Lincoln, l'ordre de réduire toute armée levée contre la place de Hull , et pour fermer les passages au détriment de la tranquillité du royaume.
Deux jours après , un vote du parlement déclara que sir John Hotham n'avait rien fait que par ordre des deux chambres. Il fut aussi statué que la proclamation par laquelle sir John Hotham avait été déclaré traître, était, en raison de sa
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qualité de membre de la chambre des communes 9. une haute violation des privilèges du parlement. Il fut aussi statué que, déclarer traître sir John Hotham, sans avoir employé contre lui les formes de la loi, c'était porter atteinte à la liberté des sujets et aux lois du pays.
Le comte de Stamford 5 le lord Willoughby de Farham , sir Edward Ayscough , sir Christophe Wray , sir Samuel Ow^eild et M. Hatcher, furent envoyés à HuU et dans les comtés d'York et de Lincoln ^ en qualité .de commissaires des deux chambres et pour le service du royaume 9 et autorisés à requérir , en toute occasion j l'assistance de tous shériffs , juges , maires , etc.
Le Roi , le 4 ^^i 9 répondit à ces déclarations y. votes et ordres d'assistance donnés par les deux chambres, exprimant fort au long son indignation contre un pareil i^0ront , et combien il se regardait comme insulté de ce que le parlement ne lui faisait pas justice de Hotham ; il s'efforçait de prouver, par des citations tirées d'ancien^ statuts, que le refus» de sir John Hotham de le laisser entrer à Hull était positivement un des cas de haute trahison reconnui^ par le pays* Il y eut sur ce sujçt , dans l'espace d'une semaine ^ deux autres déclaraiioDS des chanoJires et deux réponses du Hoi , trop longues pour être insérées ici« Mais les déclai^ationii du Roi, en gpnéral, n'avaient pour objiet que de soutenir ies droits et
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1« dignité de Roi conformément aux lois du pays , sans aucun égard aux circonstances présentes ni aux choses qu'un parlement pouvait regarder comme dangereuses ^ et croire ^ durant sa session , qu'il était nécessaire de prévenir. Le parlement , de son côté 9 avec toute l'humilité possible et les expressions les plus respectueuses envers la pei^ sonne du Roi ^ semblait vouloir éviter de penser qu'on eût fait ou qu'on eût eu intention de faire aucun affront à Sa Majesté; il s'occupait seulement de tirer Hull , la milice et la flotte ^ des mains de ces conseillers pervers ^ dont il croyait que la trop grande influence sur le Roi mettait en danger le royaume et le Roi lui-même. Il témoignait vouloir s'occuper paiement de défendre ces deux intérêts^ ainsi que l'y appelait l'autorité conférée au. paiement par les lois, fondamentales de l'Angleterre. Il demandait qu'il lui tàt permis de dire au Roi que son pouvoir sur les villes ^ les armes et le royaume lui-même^ n'est pas du genre de ces propriétés particulières qu'on peut aliéner^ ou dont on peut disposer à sa volonté^ que ce pou— voir kii a été accordé seulement pour le bien de tous f mais que le parlement^ tant qu'il siège ^ est seul appelé à le conseiller et le diriger dans l'emploi de ce dépôt. Il n'est ni bon^ ni utile ^ continuent les auteurs de cette déclaration ^ de disputer tant qu'on ne s'accorde pas sur les principes ^ et il a toujours été reconnu , pour un principe certain ^
que le parlement^ durant sa session , est le seul juge de ce qui peut être dangereux à la re'publique , et de ce qui , en cas de danger, peut être utile et légal. Le Roi n'a pas le droite alors, de s'opposer à ces mesures, ni de les contredire, d'après les avis de ses conseillers-prive's. Tant que le Roi, ajoutaient-ils, ne voudrait pasconsentir à reconnaître ce principe, les disputes et déclarations seront interminables , et il n'en résultera , entre lui et son peuple , aucun moyen de s'entendre.
Si le lecteur désire , à cet égard , plus de détails , il trouvera ces questions complètement débattues dans la déclaration du parlement désignée sous le nom de sa troisième remontrance , sous la date du 26 mai 1642; les demandes du Roi sont exprimées dans sa réponse à cette remontrance.
Cependant les choses commençaient à s'échauffer beaucoup. Le parlement avait autorisé sir John Hotham à envoyer des ordres aux constables et autres officiers , pour qu'ils eussent à se rendre en armes à HuU , afin de défendre la ville , et le Roi , de son côté , défendait d'obéir à ces ordres , messages ou invitations , sans une autorisation de sa main.
Le Roi avait convoqué , dans la ville d'York , les gentilshommes de ce comté. Us s'y rendirent en conséquence, le 12 mai 164^, et là^ après, leur avoir adressé quelques paroles , il leur fit lire à haute voix sa réponse à la déclaration des
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chambres , relativement à Hull ^ la réponse du parlement à ses deux messages sur le même sujets sa réplique à cette réponse ^ et son message aux deux chambres, déclarant ses motifs pour refuser de consentir au bill sur la milice. Après quoi il s'efforça y dans un discours qu'il leur adressa , de les effrayer sur les perfides tentatives dont il pouvait être l'objet, et demanda que, par cette raison, il fût levé pour sa ^défense une garde à cheval et à pied. Il se plaignit aussi de ce que les commissaires du parlement, Ferdinand lord Fairfax, sir Hugh Cholmly, sir Philippe Stapleton et sir Henri Cholmly , tous quatre membres de la chambre des communes , refusaient de lui obéir. Le Roi leur avait ordonné, en effet, de quitter ce comté; mais ils ne crurent pas qu'employés par le parlement dans leur propre pays, et pour le service de l'Etat, il leur fût permis de se retirer sans l'ordre du parlement qui les avait envoyés. Le Roi , dans son discours aux gentilshommes du comté , les avertit de prendre garde à ces quatre commissaires, ne sachant pas quelle doctrine séditieuse ils étaient capables d'enseigner au peuple, sous le nom d'obéissance au parlement. Le discours et la déclaration du Roi furent reçus avec beaucoup d'applaudissemens par plusieurs de ces gentilshommes et des gens de leur suite , et ce qui venait du parlement n'obtint , des mêmes personnes , tant pour les raisonnemens que pour le
langage^ que des huées et des expressions dé mépris. Cependant^ plusieursaussi decesgentilshommes^ et la plus grande partie des fonctionnaires ^ virent avec douleur que cette séparation du Roi et de son grand - conseil ne pouvait amener que malheurs sur le royaume et déshonneur pour luimême. Ils répondirent donc humblement à sa proposition ^ relativement à une garde y qu'ils étaient disposés à entreprendre tout service ^ à courir tous dangers nécessaires à la sûreté de Sa Majesté; mais qu'ils ne se croyaient pas capables de la conseiller dans une aiSaire de si grande conséquence y et ils la supplièrent humblement de leur faire part du motif qui la portait à se méfier de sa haute-K^our du parlement y dont ils pensaient que la loyale et affectionnée sollicitude pour l'honneur^ la sûreté du Roi et la prospérité du royaume^ méritait son entière confiance. Quant aux quatre commissaires du parlement y « c'est en qualité , disaient -^ ils y de u gentilshommes de rang et de fortune apparc< tenant à ce comté » qu'ils ont été désignés par (c les deux chambres pour se rendra auprès de, H Sa Majesté. Nous la supplions humblement de a nous permettre d'exprimer notre confiance dans u leur fidélité sans tache envers Votre Majesté y « afin qu'elle daigne^ sans crainte y les admettre « auprès de sa personne , pour la négociation des (( affaires dont ils sont chargés , jusqu'à ce que
w le parlement les rappelle. Nous vous répon- « dons tons de leur fide'lité, et soroines très-assure's « que Votre Majesté' sera défendue par celle de a ses sujets de ce comtés sans avoir besoin d'une c< garde extraordinaire. »
Le Roi reçut le lendemain une pétition de plusieurs milliers de personnes qui s'intitulaient les paisibles sujets du comté d' York. hes pétitionnaires exprimaient leur loyauté et leur affection envers le Roi, et ajoutaient : « Nous sommes persuadésque « la nécessité d'obéir absolument et de bonne v6- « lonté aux justes commandemens de Votre Ma- (c jesté ne sera jamais si bien démontrée que « quand vous les déclarerez en parlement. Si le w parlement et Votre Majesté se divisaient , ce « dont Dieu nous préserve , c'est en tremblant jus- « qu'am fond du cœur que nous prévoyons quels u dangers et quelle diminution de puissance et « de sécurité en résulteraient pour vous-même et « pour tout le royaume ; car tout le monde com- (f prend aisément que Votre Majesté ne pourrait H tirer d'un ou plusieurs comtés en particulier, a autant de puissance et de force que de la totalité « du royaume, sur lequel s'étendra votre auto- « rhé, lorsqu'il n'y aura plus aucun sujet de . « crainte , et que la confiance sera rétablie entre « Votre Majesté et le parlement, dont les graves t< €^ loyatix conseils sont, dans notre humble opia mon , le moyen évident de mettre prompte-
« ment^ s'il plaît à Dieu^ une fin aux troubles « de rirlande , et d'établir votre trône sur ses i( bases légitimes. Enfin ^ nous tous supplions « humblement qu'il nous soit permis de tous « représenter notre incapacité à devenir juges (( entre Votre Majesté et le parlement , en queltf que chose que ce soit ^ et à disputer l'autorité u de l'un ou de l'autre de ces pouvoirs que nous i( regardons humblement comme destinés à se i< fortifier l'un l'autre. »
Cette pétition déplut fort au roi , et ne le fit pas changer d'avis. Il persista dans son projet de lever des troupes, sous prétexte de se former une garde; en même temps le parlement avoua ses commissaires dans le nord de tout ce qu'ils avaient fait et devaient faire encore en conséquence des ordres qu'ils avaient reçus des chambres pour la conservation de la tranquillité du royaume. Il maintint aussi son ordonnance sur la milice^ ses ordres pour l'organiser dans toutes les parties du royaume^ et désigna certains jours pour l'exercer dans tous les comtés ^ conformément k l'ordonnance. Il fut aussi arrêté que des membres du parlement seraient envoyés dans les comtés , pour veiller à l'exécution de cette ordonnance, et que les magasins situés dans les divers cantons de l'Angleterre et du pays de Galles seraient mis au pouvoir des lords^lieutenans de ces comtés nommés par le parlement. Lorsque le roi eut faitune procla-
mation pour sommer tous les gentilshommes et autres habîtans du comte dTork de se rendre en armes près de lui, afin de lui servir de garde, le parlement déclara trois jours après qu'il était contraire aux lois et aux libertés du royaume qu'aucun des sujets du roi, autres que ceux qui étaient obligés à un service^ spécial , reçût de lui l'ordre de l'accompagner à sa volonté, et que quiconque , sous prétexte d'avoir reçu de lui cet ordre, prendrait les armes et se réunirait à d'autres dans un appareil militaire, fait pour effrayer les peuples de Sa Majesté , serait considéré comme perturbateur dé la paix publique, et que les shériffs des comtés où se formeraient ces rassemblemens d'hommes armés , seraient tenus de lever immédiatement des forces dans le comté, pour les réprimer et maintenir la paix du Roi , conformiément à la loi.
Les ordres dû Roi et ceux du parlement étaient à cette époque, si directement opposés en. toutes choses, que la chambre des lords ayant appris que le roi avait résolu de transporter le terme qui allait s'ouvrir de Westminster à York, et avait ordonné au lord-garde-du-sceau de publier les proclamations et writs nécessaires pour cet objet, vota que ce déplacement du terme pendant la session du parlement était illégal , et défendit au lord-garde-du-sceau d'envoyer aucun writ^ ou de sceller aucune proclamation à ce sujet;