CHAPITRE IL
Le parlement propose au Roi un accommodement. Combat à JBrentford. Autre négociation commencée avec le Roi et rompue. Reading tissiégé par le général Essex , se rend à lui. Complot formé pour livrer Bristol. Conspiration contre le parlement et la cité de Londres^ découverte et prévenue.
Cette bataille avait ^ au prix de beaucoup de. sang et d'argeut^ ëprouyë^ mais non pas décide la fortune de la liberté anglaise. Elle fut donc . un malheur même pour le parti à qui sembla appartenir la victoire ^ l'armée du parlement.
Bien qu'elle eût fort endommagé les forces du Roi 9 cependant il arriva que sa puissance s'accrut et devint plus formidable qu'auparavant; en sorte qu'il remporta une sorte d'avantage^ celui de ne pouvoir plus être aisément ou entièrement vaincu.
Les gens les plus qualifiés des difierens comtés commencèrent à penser qu'il n'était pas impossible que le Roi l'emportât sur le parlement; et plusieurs d'entre eux , demeurés jusqu'alors neutres et spectateurs^ dans l'espérance qu'un seul coup déciderait promptement l'affaire et leur
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sauverait le danger de se déclarer^ furent alors dispose's à se réunir au parti dans lequel il semblait y avoir moins à craindre et plus à espe'rer, c'est-à-dire au parti du Roi,- car^ du côte' du parlement, les espe'rances n'avaient rapport qu'au bien public. Il ne promettait rien à ses adhërens, qu'une entière jouissance de leur liberté native. On n'avait à en attendre ni honneurs particuliers ,' ni avancement , ni confiscation sur les ennemis ; et de l'autre côté , le parlement victorieux, formant, pour ainsi dire, le corps du peuple, ne pouvait menacer ses adversaires d'une ruine égale à celle que leurferaient subir un prince irrité et les avides partisans qui s'amassent d'ordinaii*e autour des princes en de telles occasions. Tous les livres d'histoire nous enseignent encore mieux que la philosophie à quel point les intérêts privés l'emportent sur l'amour du bien public : car, en ce qui concerne les actions et les penchans des hommes , il n'y a rien sous le soleil d'absolument nouveau. On peut consulter sur ce point Dion Cassius, que tous les critiques ont reconnu pour un des écrivains les plus impartiaux de toute l'antiquité, dans son récit de la dernière guerre enti*eprise pour la liberté Romaine , la guerre de Brutus et de Cassius contre César et Antoine, après laquelle, dit-il,lepeuplene tourna plus ses regardsen arrière vers la liberté, et si antè hanc pugnam civilibus belli ^ etc., bien qu'avant cette guerre, dit Dion,
les Romains eussent eu plusieurs guerres civiles ^ dans les autres on combattait à qui opprimerait la liberté romaine; dans celle-ci un parti combattait pour les droits de la liberté, l'autre pour l'établissement de la tyrannie. Cependant le parti de la tyrannie fut celui qui attira le plus de pairtisans : le même historien nous apprend de quels rangs ils étaient sortis. Les armées de Brutus et de Cassius, défenseurs de la libellé, se composaient des dernières classes du peuple, et eys mbditis Romanorum. Les partisans de la tyranrnie consistaient, dit-il , ex Ronianis nobilibus et fortibus. Brutus et Cassius, les deux chefs de la première armée, dans leurs discours à leurs soldats^ ayant la bataille, les excitaient à combattre pour leur ancienne liberté et les lois romaines ; mais César et Antoine promettaient aux leurs les biens de leurs ennemis , et imperium in omnes gentilea suos , et le pouvoir sur leurs concitoyens. Ce discours fut, à ce qu'il parut, meilleur et plus persuasif que l'autre. Brutus et Ca^sius retardèrent la bataille, parce qu'ils répugnaient à répandre tant de sang, s'ils pouvaient réussir par quelque autre moyen; car c'était, dit Dion, des hommes de bien qui avaient compassion de leurs concitoyens, qui aimaient le salut et défendaient la liberté de ceux mèxtie qui combattaient contre eux pour laruine de la liberté publique. Ce délai leur fut fatal; car, dans cet in tera. 7
valle 9 plusieurs patriciei» les abandonnèrent et se rangèrent dans l'autre parti vers lequel les portaient leurs craintes et leurs espérances particulières. Je laisse au lecteur à déterminer à quel point le parallèle est ici juste et applicable ^ et je retourne à ma narration.
Le lendemain de la bataille de Kejmton^ le comte d'Essex se mit en marche avec son armée pour Warwick , où il arriva sans obstacle , et mit dans le château les prisonniers 9 les bagages et les canons dont il s'était rendu maître ^ résolu , après avoir laissé prendre à ses soldats quelque repos y de se rapprocher de l'armée du Roi; mais le Roi se dirigea vers Oxford et prit en chemin Banbury, où il s'empara de quinze cents fusils ou autres armes et d'où il délogea les soldats du parlement.
Son armée 9 composée surtout de cavalerie^ était partagée en plusieurs corps. Le prince Robert ^ à la tête d'une partie de ses troupes^ visita les villes adjacentes 9 Abingdon^ Henleyet quelques autres, et en rapporta un butin considérable (î).
Quelques jours après, il s'approcha plus près
(i) Il ne se borna point à des courses, il établit à Abingclon le quartier-général de sa cavalerie , et de là envoya un parti vers Reading, dont M. Martyn était gouverneur pour le parlement. A l'approche de ce corps, le gouverneur et la gar-
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de Londres, mais avec des troupes légères qui ne s'arrêtaient nulle part et s'étendaient quelquefois jusqu'à Stanes et Egham ; en sorte que la cité de Londres prit soin de se mettre à l'abri d'une incursion soudaine et envoya des troupes occuper et fortifier le château de Windsor.'
En même temps , pour couvrir Londres et rassurer cette partie du royaume contre la crainte d'un danger encore plus grand , le comte d'£ssex s'était rapproché avec son' armée et se rendit le 7 novembre à Westminster, ayant logé son armée à Acton et en plusieurs autres endroits voisins. Les chambres le reçurent très-bien et lui firent un présent de 5,ooo livres sterling , comme un témoignage offert au nom du royaume pour ses soins , ses peines et la valeur qu,'il avait déployée dans les actions qui avaient déjà eu lieu.
Mais, avant que le comte d'Essex eût quitté Londres, il se passa un nouvel acte de tragédie à Brentford ou Bi^ainford, c'est-à-dire, à dix
nison , saisis d'une terreur panique , s'enfuirent à Londre». Ce succès enfla tellenient les royalistes , que les vainqueurs de Reading , en donnant avis au Roi de la prise de cette ville, le firent assurer que s'il voulait marcher en avant, tout fuirait à son approche , et qu'il ne rencontrerait pas un obstacle jusqu'à Whitehall. Ce fut alors aussi que la terreur se répandit dans Londres , et détermina la demande d'un sauf-conduit pour traiter de la paix. (Clarendon , Histoire de la Rébellion, tom. 5, pag. 120.) [Note de VEdit.)
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milles de Londres. Le Roi, en personne, s*y trouva j ou du moins n'en était pas très-éloigné. Voici, en peu de mots, Toccasion et les détails de ce combat.
Le parlement, témoignant une grande douleur de cette guerre et de ce carnage dénature , avait décidé que , pour sauver le royaume de la ruine qui le menaçait, et pour parvenir à délivrer Tirlande, il serait fait au Roi alors à Colebrooke^ à quinze milles de Londres, une pétition pour demander un accommodement, et qu'elle lui serait présentée par les comtes de Northumberland et de Pembroke et quatre membres de la chambre des communes , le lord Wainman , M. Pîerpoint , sir John Evelyn et sir John Ipsley. On envoya d^abord sir Peter Killigrew demander un saufconduit; mais le Roi refusa d'admettre sir John Evelyn, qu'il avait déclaré traître le jour précédent. Cette exception déplut extrêmement au parment, et il vota que c'était une violation de son privilège et un refus formel du Roi. Cependant tel était son désir de s'accommoder que la pétition fut envoyée par les cinq autres, sir John Evelyn ayant consenti de bon cœur à ce qu'on le laissât de côté (i).
(i) Les deux chambres réunies en conférence, ayant délibéré sur la question de savoir si le sauf-conduit serait accepté avec cette restriction , votèrent pour la négative , et envoyèrent
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Le Roi sembla recevoir la pétition avec beaucoup de bienveillance et y fît une re'ponse favora-
sir Henri Vane et lord Brooke informer le conseil commun de la cité, de la condition qu'elles regardaient, de la part du Roi, comme un refus de traiter, et de leur résolution à cet égard ; ils devaient demander , en même temps , l'assistance de la cité. Le discours de sir Henri Vane , au conseil commun , est dans le ton ordinaire des discours tenus au parlement ; mais on voit que lord Brooke a jugé à propos de descendre à un ton infiniment plus populaire , et en même temps moins simple ; il veut exciter les habitans de la cité k marcher ver$ l'armée du comte d'Essez qui doit sortir le lendemain de Londres ; ceignez , leur dit-il , les reins de votre courage; puis il leur parle du succès de leurs troupes à Edgehill, oii , dit-il , elles ont tué deux mille hommes à l'ennemi » et n'en ont perdu que cent; « à moins, dit-il , que vous ne « vouliez cQmpter les femmes, les enfans, les charretiers et « les chiens , car les gens du Roi ont tué les chiens et tout ; « alors, ajoute-^t-il , cela ferait deux cents. >» Puis il lesr con^ jure, lorsqu'ils entendront le lendemain battre le ts^mbour, de ne pas dire : « Je ne suis pas de la milice, et ceci, et « cela, et l'autre, etc. >» Cette dernière partie du discours, et quelques autres passages donneraient lieu de croire que les commissaires n'avaient pas trouvé les dispositions de la cité aussi belliqueuses qu'ils les auraient désirées. En effet, le lendemain 9 novembre, les chambres sedécidèrent à envoyer au Roi leur pétition sans sk John Evelyn, et le même jour elles passèrent une ordoAnance portant que tous les apprentis qui s'engageraient dans le service militaire, seraient, par cela seul , déliés de leur engagement avec leurs maîtres , et que les maîtres seraient dédommagés sur les fonds publics. {His^ toire parlementaire , tom. 3 , col. 5.) Les habitans de la cité
ble, prenant Dieu à témoin, par un grand nombre de protestations , de la tendre compassion qu'il ressentait pour les plaies de son peuple et du désir extrême qu'il éprouvait d'arriver à une prompte paix, assurant que, pour y parvenir, en quelque lieu qu'il se trouvât à peu de distance de Londres, il consentirait volontiers à recevoir toutes les propositions de paix qui lui seraient faites , et à traiter avec le parlement.
Aussitôt que les méibbres du parlement eurent rapporté cette réponse, le Roi, selon toutes les relations (i), fît avancer son artillerie et plu-
n*en fournirent pas moins à l'armée de trës^braves soldats ; mais quand le danger s'approchait de leurs biens , de leurs femmes et leurs enfans, ils hésitaient. Cette disposition était déjà bien connue, car lordBrooke , dont le principal objet est de les engager à sortir de Londres avec le comte d*Essex , qui le regardera, dit-il , comme une faiseur, leur dit : « C'est «< une vérité reconnue par tous les soldats , que vous « devez tenir le danger aussi éloigné que vous le pourrez , « qu'il ne faut pas le laisser venir k vos portes , que vous ne « devez pas songer à combattre au milieu des soupii^s, des « larmes , sous les yeux et dans les embarras que vous don- « neront vos femmes et vos enfans. » [Note de V Éditeur,)
(i) Lorsque, 1« samedi 12 novembre au matin, la réponse du Roi eut été lue à la chambre des lords , le comte d'Essex se leva et demanda les ordres du parlement sur la conduite qu'il avait à tenir., faisant observer que s'il se portait en avant, cela pourrait être regardé comme un acte d'hostilité, et que s'il négligeait quelqu'un des mouvemens néces-
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sieurs corps de cavalerie qfui^ traversant la ville de Colebroake^ se dirigèrent vers Londres, et^pre-
saires , ©n pourrait l'accuser de mollesse et de négligence. La chambre décida, avec l'agrément des communes, qu'elle écrirait au Roi pour demander une suspension d'armes ; et , en attendant la réponse , il fut enjoint au comte d'Essex de s'abstenir de tout acte d'hostilité. On chargea sir P^t^ Kil- Hgrew de porter la lettre au Eoi; et il se mit en route sur-Iechamp; mais, en arrivant à Brentford, il trouva le combat engagé , et ne put passer. Il est probable qu'instruit de la demande qu'on venait lui faire, et pour la prévenir, Charles avait hâté son attaque. Le mauvais succès qu'elle eut pour lui , et le ressentiment général qu'elle excita le portèrent à recourir ensuite, pour se justifier, à une ruse maladroite; le 14? ^sl chambre des lords reçut de lui une lettre datée du 12 au matin, dans laquelle il disait qu'ayant appris, la veille au soir, aussitôt après le départ des commissaires du parlement , que le comte d'Essex avait fait sortir ses troupes de Londres , et les avait fait avancer vers lui , ce dont il n'avait été informé auparavant , ni par les commissaires, ni par aucune autre voie , il se croyait dans la nécessité de marcher sur Brentford , où il attendrait les réponses du parlement relativement à la paix qu'il désirait autant que jamais.
On voit dans la réponse du parlement à cette lettre que 1 ordre avait été donné avant l'envoi des commissaires, et exécuté avant leur retour. (Histoire parlementaire y tom. 3, col. 12 et i4* } Glarendon prétend qu'en effet un nomme White, attaché à la maison du Roi, avait été dépêché avec cette lettre au moment da la marche du Roi sur Brentford , mais que le comte d'Essex, auquel il s'était adressé, l'avait très-mal reçu , que les chaOïbres l'avaient fait mettre en
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nant avantage d'un grand brouillard qui s'était élevé ce vendredi soir, marchèrent à Brentford et tombèrent sur les troupes du parlement qui s'y trouvaient cantonnées. Cétait le régiment du colonel HoUis , fort maltraité à la dernière action, mais composé d'hommes courageux qui s'étaient très-bien battus. Les troupes du Roi en tuèrent un grand nombre et les auraient probablement exterminés tous , si les régimens du lord Brooke et du colonel Hampden, logés à peu de distance, n'étaient venus en hâte à leur secours. Les deux régimens soutinrent contre le Roi un grand et
prison , et que quelques uns même avaient parlé de le faire pendre comme espion. Ce récit est dénué de toute vraisemblance puisque , certainement, si le comte d'Ëssex et le parlement eussent reçu cette lettre le 12 , ils ne se fussent pas laissé surprendre ^ Brentford ; mais il est possible en effet , si White apporta cette lettre le 1 3 , qu'il ait été fort maltraité. D'ailleurs Clarendon n'est pas ici d'accord avec la lettre du Eoi sur le motif de cette expédition. « Ce fut , dil-il, le prince Robert, qui, comptant sur la terreur de son nom et sur ce qu'on lui disait du nombreux parti que le Eoi avait dans Londres, s'était avancé sans ordres, persuadé qu'il allait tout terminer d'un coup ; et le Roi recevant avis de sa marche , avait été obligé de marcher de son coté pour le soutenir et empêcher qu'on ne lui coupât la retraite. » Clarendon regarde cette affaire comme fatale au parti du Roi , surtout en ce qu'elle révéfa le petit nombre de ses troupes que la terreur avait fort grossies. ( Histoire de la Rébellion^ tom. 5', pag. 1 27- 1 3 1 . ) ( Note de V Éditeur. )
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sanglant combat^ où il y eut beaucoup d'hommes tués et beaucoup de prisonniers. Les deux partis ^ de même qu'après la bataille de Keynton ^ se proclamèrent tous deux yainqueurs (i). Les nouvelles de cette rencontre inattendue parvinrent bientôt à Londres , oii, d'ailleurs > on avait fort bien entendu la canonnade (:2).
Le lord-ge'néral Essex^ qui siégeait alors à Westminster dans la chambre des pairs, monta aussitôt à cheval , et avec tout ce qu'il put rassembler de monde en si peu de temps, partit pour aller dégager ses regimens (3); mais la nuit
(i) Selon Whitelocke cependant les troupes parlementaires quittèrent Brentford à l'approche de la nuit, et laissèrent le Roi en possession de la ville. {Note de VEditeur. )
(2) « La cité , dit Whitelocke, fut remplie , à cette nou- Telle, de trouhie et à^ opinions diverses ; mais le maire et les officiers de milice nommés par le parlement agirent avec tant d'ardeur, que la cité se résolut à ce qu'on désirait d'elle. » ( Mémoires de Whitelocke , pag. 62. )
( Note de V Éditeur. )
(3) Les milices de Londres marchèrent sous le commandement du major-général Skippon, qui, en chemin, leur adressait continuellement ces paroles et d'autres semblables : « Alf «< Ions, mes enfans, mes braves enfans , prions de bon cœur et « battons-nous de bon cœur ; je courrai les mêmes hasards « que vous tous. Souvenez-vous que c'est ici la cause de « Dieu , et qu'il s'agît de défendre vos femmes , vos enfans « et vous-mêmes. Allons, mes bons et braves enfans, priez de « bon cœur et combattez de bon cœur, et Dieu nous bénira. »
avait séparé les combattans et le Roi s était retire
dans une position avantageuse. Pendant toute la
Whitelocke vante le merveilleux effet de cette harangue , et de la manière singulière dont Skippon parlait aux soldats tout en marchant , s'adressant tantôt à une compagnie , tantôt à une autre. Cependant , les troupes à qui Skippon parlait ainsi , ne se montrèrent pas d'abord bien aguerries* Gomme elles étaient en bataille à Tumham-Green , en face de l'armée du Roi , soit que les troupes royales fissent quelque mouvement, ou par toute autre cause, il arriva que deux ou trois cents personnes qui étaient venues de Londres pour assister à l'événement, prirent le galop pour retourner à la ville , de toute la vitesse de leurs chevaux ; ce qui jeta un grand découragement , dit Whitelocke , dans l'armée parlementaire , dont beaucoup de soldats furent près de quitter leurs drapeaux pour retourner ayssi dans leurs maisons ; mais les bonnes ménagères de la cité , ajoute-t-'il , pleines de soins pour leurs maris , envoyèrent à Turnham-Green beaucoup de charettes chargées de vivres , de vin et d'autres bonnes choses , ce qui rafraîchit et réjouit fort les soldats , d'autant qu'ils apprirent que le Roi et son armée se retiraient. {WTiiteloche , pag. 63.)
Whitdocke , dans cette occasion , accuse lord Essex , comme à l'ordinaire, d'indécision dans ses desseins, et aussi d'avoir pris le plus mauvais parti, toujours par les conseils de Dalbier, qui se rangea , dans la suite , du parti du Roi. On voit , dans toutes les relations , quelles méfiances régnaient entre les partisans de la cause parlementaire, et comment les scissions , qui se prononcèrent plus fortement dans la suite , commençaient dès lors à se £sLire entrevoir. Whitelocke accuse aussi les soldats de fortune d'avoir détourné Essex de poursuivre immédiatement le Roi dans cette dernière re-
daree de cette nuit^ il sortit de Londres des troupes se dirigeant yers Brentford^ et tons les lords et gentilshommes attachés à l'armëe s'y trouvèrent réunis le dimanche matin ^ 14 novembre; en sorte qu'on se voyait en état d'écraser une armée bien plus considérable que ne Tétait celle du Roi; il était d'ailleurs entouré de partout ^ et beaucoup de gens conçurent alors une grande espérance de voir enfin arriver le terme de cette funeste guerre. Mais Dieu n'avait pas encore apaisé sa colère contre nous. Un fatal passage fut ouvert au Roi. Trois mille des soldats du parlement^ alors à Kingston sur la Tamise ^ à environ dix milles de Londres^ avaient reçu l'ordre de quitter Kingston y de marcher par le comté de Surrey y aussi diligemment qu'ils le pourraient , et de traverser le pont et la ville de Londres y pour aller la couvrir du côté de Brentford et empêcher l'ennemi
traite , disant qu'il était trop hasardeux de suivre rennemi , « et que le parlement avait assez fait, pour son honneur et « sa sûreté , d'obliger le Roi à la retraite. » Le parti puritain avait une grande aversion pour ces soldats de fortune ou de profession, à qui leur expérience dans la guerre avait donné d'abord beaucoup d'importance. Les royalistes avouèrent depuis , selon Whitelocke, que si on les eût alors attaqués, ils n'avaient pas de balles pour tenir unquartd'heure. « Ce fut là la cause de leur retraite , et Dieu , dit Whitelocke , eut encore à discuter avec eux. » {Ibîd. , pag. 63.)
{Note de l'Editeur.)
d'y arriver. La raison que le gênerai donna ensuite de cet ordre ^ fut la crainte de n'être pas assez fort pour empêcher Tenneaii de s'approcher de Londres^ ne pouvant savoir d'avance avec certitude s'il lui serait possible de réunir autant de troupes qu'il s'en était trouvé avant le jour. Mais ce qui en arriva y c'est que le Roi fit sa retraite i travers Kingston ^ et^ laissant quelque cavalerie pour faire face à ^e& ennemis^ conduisit son infanterie et son artillerie sur le pont^ où il les mit en bataille ^ ce qui lui donna le temps de piller les environs et de se retirer sain et sauf à Oxford^ où il avait intention de prendre ses quartiers d'hiver.
Cette action du Roi commença à ôter au parlement toute espérance de réussir à rien par les négociations^ et il fut résolu que le lord-général poursuivrait les troupes du Roi avec toute la diligence possible et les irait attaquer dans les environs d'Oxford et de Reading; car on apportait chaque jour des nouvelles de l'activité de «es partisans y SOUS la conduite du prince Robert et de quelques autres, à piller tous les lieux circonvoisins (i); et la cité de Londres, pour encourager
(i) Le prince Robert surtout faisait un trës-grand mal aux parlementaires. A Girencester , il passa au fil de l'épée un grand nombre de leurs soldats , entre autres , tout le régiment du comte de Stamford , fit onze cents prisonniers ,
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le parlement par des offres volontaires de service^ lui adressa une pétition où elle l'engageait i< à ne pas s'occuper davantage de chercher un
et prit aussi les magasins du comté. Les prisonniers furent conduits en triomphe à Oxford , presque nuS| attachés deux à deux , et chassés en ayant comme des chiens. Le Rot et les gentilshommes qui Fentouraient, les regardaient passer avec une grande indifférence y quelques uns même , peut-être , avec un sourire. Parmi ces prisonniers se trouvait un soldat de belle taille et d'une peau trës-blanche » que faisait ressortir le sang dont il était couvert. Gomme ses larges bles« sures le mettaient absolument hors d'état de marcher , on l'avait placé à crû sur un cheval. Il s'y tenait droit et d'un air qui n'avait rien d'abattu. Au moment oii il passait près du Roi, une femme du peuple lui cria : « Ah ! gueux de traître ! « te voilà servi comme tu le mérites. » Le soldat ne lui répondit que par ces mots : Méchante coquine f et , au même instant, il tomba mort presque aux pieds du Roi. (Mémoires de Whitelocke, pag. 64*) William Lilly, qui rapporte le même fait , ajoute que quelques gentilshommes, choqués de la dureté que le Roi avait montrée dans cette occasion , quittèrent l'armée pour se retirer , soit chez eux , soit à Londres. Quant au pillage de Girencester , il porta également sur les amis et les ennemis. Plusieurs citoyens qui se trouvaient en prison , comme royalistes , furent , en même temps , dit Glarendon, délivrés et ruinés ^ entre autres sir John Plot, bon jurisconsulte qui , au sortir de la prison , rentrant dans sa maison, la trouva remplie de soldats, mais y trouva aussi, de moins , 1200 liv. sterl. , dont il ne put jamais rien recouvrer. {Histoire de la Rébellion, tom. 5 , pag. Sig*)
{Note de l'Éditeur.)
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« accommodement (i) , le Roi étant tellement en- K yahi par les mauvais conseils ^ qu'il ne ferait ce que les tromper» On savait que ses forces
(i) On ne trouve nulle part cette pétition au nom de la cité de Londres , en tant que représentée par le lord-maire et le conseil commun; mais une pétition qui paraît être celle dont parle ici M a j, fîit en effet présentée le 1 3 novembre par un marchand nomme Shnte , an nom , dit-il^ de plu8ieurs^ milliers de citoyens composant la partie pieuse {godly partjr) et active de la cité. Sa pétition , relatée dans le journal de la chambre des communes, contient à peu près ce que rapporte Maj, et beaucoup d'autres choses encore ; elle est extrêmement longue , et tout-à*fait dans Tesprit le plus populaire du temps. On y parle de trahisons , de négligences coupables ; on s'y plaint de la chambre des lords , des officiers de l'armée , de ce qu'on n'a ^as encore indiqué de jour d'expiation pour le sang des martyrs , versé sons la reine Marie , de ce qu'on ne respecte pas assez le dimanche , et de ce qu'on n'a pas encore fait brûler, par la main du bourreau , le livre qui enjoint de consacrer ce jour à des divertissemens profanes {Book of Sports) , etc. , etc. Shute reçut^ en effet des remercîmens pour sa pétition et ses offres {Histoire parlementaire , tom. 3, col. 12) , et on le voit ensuite reparaître presque tous les jours à la barre de la chambre des communes , toujours accompagné d'un certain nombre de citoyens qui paraissent former son cortège , car lui seul est nommé. Cest toujours au nom du parti pieux et actif qviiX vient apporter des demandes ou des plaintes , ou même des conseils. Il est habituellement remercié par la chambre; on le voit cependant une fois repris de l'insolence de ses expressions, et admonesté de se conduire plus respectueusement. {Histoire parlementaire ^
i( étaient peu considérables ^ et si Son Excellence (( voulait le suivre et tomber sur lui sans délai y « pour ne pas lui laisser le temps de faire arri- (( ver des troupes étrangères 9 les citoyens étaient (( disposés y comme par le passé ^ à sacrifier de « bon cœur leur vie et leur fortune pour seconder « le parlement (i). »
tom. 3, col. 3Ô.) Au total , Shute paraît être un de ces iastramens employés par le parti dominant dans la chambre , pour provoquer du dehors les mesures violentes auxquelles on voulait que le parlement parût poussé par le vœu public. {Note de FEdiieur.)
(i) La lutte entre le parti de la paix et celui de la guerre commence à se manifester à cette époque avec une grande vivacité , ainsi que les efforts de ce dernier pour remonter et échauffer les esprits. Shute vient le 9 décembre à la barre, à la tête de ses acolytes ordinaires , se plaindre de ce que les malintentionnés les accusent de faire des pétitions contre la paix , ce qui est assurément bien loin de leur pensée , car ils n'ont d'autre intention que d'obtenir une paix honorable et sûre ; en même temps il dénonce une pétition pour la paix préparée par ces mêmes malintentionnés, pour donner au Roi lé temps de rassembler ses forces et de se préparer à la guerre. En effet, le 19 du même mois fut présentée aux deux chambres une pétition d'un grand nombre de citoyens et d'habitans de Londres , Southwark et lieux adjacens, suppliant le parlement de prendre en considération leâ maux de la guerre civile , les désordres apportés dans la religion par les papistes et les sectaires, et de fermer l'oreille aux suggestions de ceux qui , sous quelque prétexte que ce soit , cherchent à fomenter la guerre. Alors aussi fut présentée.
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La cité fut remerciée de sa pétition et de sa protestation^ et Ton donna au général Tordre d'avancer; bien que la saison de Tannée ne fût pas très-fayorable à la marche d'une si grande armée, il se montra très-empressé à obéir au parlement. On jugea que ce qu'il y avait de mieux à faire, c'était de partager l'armée en plusieurs corps, qu'on enverrait en divers lieux , comme Buckingham , Marlow,Reading, etc., pourempêcher les ennemis de piller le pays jusqu'à ce que l'armée fût en état de quitter Windsor ou elle devait passer l'hiver, pour marcher contre le Roi. Mais il arriva, soit en raison du mauvais temps qui sup-
au nom de la cité , une pétition du conseil commun , dans laquelle était incluse une autre pétition adressée au Eoi, que le conseil commun soumettait à l'approbation du parlement. Il protestait contre la pétition pour la paix , quoique celle qu'il adressait au B.oi eût le même objet. Mais remontrer au Eoi la nécessité de la paix , ou la remontrer au parlement ^ ce n'était pas la même chose. Aussi la pétition du conseil commun fut-elle approuvée et l'autre repoussée ; on nomma un comité pour en rechercher les fauteurs. Ce fut des lors une base d'accusation, et les signataires de la pétition pour la paix furent regardés comme ennemis du parlement et 'traités en conséquence.
Dags le même temps cependant , il arriva au parlement , des diverses parties du royaume y des pétitions demandant à grands cris la paix ; il ne paraît pas qu'elles aient été traitées aussi sévèrement que celles de Londres. {Histoire par^ lementaire, tom. 3 , col. 43 et 46.) {Note de r Éditeur,]
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Tenait sans cesse <^ soit par dëfaut d^argent (i) ou des objets nécessaires^ que te général et son corps
(0 On rçtvoit en «ffl^t ç.9Ptiquçlle,^ent Shiite se |>résQntant à la barre pour eatretenir la chambre des moyçns d'avoir ïe Fargent; mais, pour sa part, il apporte moins des offres que des conseils , des plans de réforme , des plaintes sur ce que plttsie»» de ceux qui ont souscrit pour le maintien de l'ar* mëç j^çuX p?(^ WÇPW «ppprfé h pioqtant ip l^^r^sausçriptiop^j ^1 prie surloi3k^ h parlepgieflt d'avoir soip quç les charges ne tombe^nt pas entièrement sur le parti pieu:f , mais que les malintentionnés en portent aussi leur part, n parait que les besoins d'argent étaient grands à cette époque. On fit, le 3i décembre., à la chambre des lords, une nouvelle souscription pour la guerre ; chaque lord fut nominativepient requis de souscrire ainsi que les personnes attachées k la chambre^ la chambre des comqivines fut invidée à en faire autant, et informée que la ci^é avai( paru disposée à ouvrir des souscriptions si le parlement }ui en donnait l'exemple. La cité fut aussi invitée à suivre cet exemple avec toute la promptitude possible. On retrouve , à la date du 24 avril , une lettre du comte d'Essex au par-< lement ou il se plaint de ce que l*armée n*est pas payée 1 ir Nous qui vous servons , dit-il , nous sommes dans une dure situation, nous perdons nos fortunes, tandis que ceux qui sont les plus violens contre le parlement voient leup$ biens protégés ; mais si l'ariyiée est bien payée, peu importe; si elle ne Test pas, il faut qu'elle se dissolve. » A la suite de cette lettre les communes votèrent diverses mesures pour obtenir de noiïteau de l'argent de la cité; les loijds conseiltirent à quelques unes, mais se refusèrent à la- préposition d'obliger les membres des deux chafmbres à s'engager personnellement pour la sireté des sommes qu'on voulait êm*
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d'armée ne se mirent pas en marche avant le printemps. La première opération fiit alors de mettre le siège devant Reading qui était défendu par une garnison royale forte de trois mille soldats et par vingt pièces de canon. Le comte en fit le siège le ^5 avril 1645, avec une armée d'environ seize mille hommes d'infanterie et trois mille chevaux. Nous laisserons le lord-général devant Reading avec son armée , et expliquerons une des principales raisons qui l'avaient empêché de se mettre plus tôt en mouvement. On avait long-temps débattu les bases d'une autre négociation que le parlement avait désiré entamer avec le Roi(i)
prunter ; ils ajournèrent aussi la proposition de mettre le comte d'Essex en possession des biens de lord Capell , par forme de dédommagement. {Histoire parlementaire ^i^ 3^ col. 22-46 et III.)
(1) Ce fut pendant ce temps que le roi reçut à Oxford ^ le 2 janvier, la pétition de la cité de Londres, soumise au parlement le 19 décembre précédent. Les pétitionnaires , arrivés à deux heures à Oxford , furent admis vers ciucj heures chez le Eoi , qui , lorsqu'ils eurent lu. tout haut leur pétition, leur répondit: « Qu'il était bien aise de cette occasion de faire connaître à la cité plusieurs choses qu'il avait déjà fait imjprimer, mais dont il croyait bien qu'on dérobait la connaissance au peuple de la cité ; qu'il était tenté de croire que les pétitionnaires luipromett^ent plus qu'ils ne pouvaient tenir quand ils se faisaient fort de le défendre contre les émeutes, car , d'après ce qu'il avait ouï dire^ ils étaient hors d'état de maintenir la paix entre eux. » Il leur
DU LONG PARLEMENT. ,l l5
et €[ui demeura sans résultat. Les propositions furent rédigées par le parlement et envoyées à
demanda ensuite «c s'ils avaient aussi' adressé des pétitions aux chambres pour leur rappeler leurs devoirs envers lui. » Les pétitionnaires s'excusèfent de répondre à cette question , attendu qu'ils n'étaient que siniples messagers. Deux joars après , le Eoi les fît revenir , leur remit sa réponse écrite, et leur demanda quelle était l'assemblée la plus nombreuse d'un conseil commuxi ou d'un common'-haU; on lui répondit que c'était le commonrhall x elov^ il ordonna expressément au parlement de le convoquer et d'y lire sa réponse; pais, faisant rappeler les pétitionnaires qui avaient déjà reçu leurcongé, il leur dit « qu'il enverrait dans l'assemblée de la cité des gens à lui pour s'informer et informer la cité de la vérité des choses ; qu'il espérait bien que le conseil les protégerait puisqu'il protégeait ses ennemis , et qu'il verrait par-là jusqu'à quel point on était en état de le défendre lai-mép[ie. » La réponse du Roi fut mise entre les. mains d'un nommé Héron attaché à la suite du Roi, et qu'il chargea d'aller à Londres avec les pétitionnaires pour veiller à l'exécution de ses ordres. Au jour indiqué pour le common^hallj le conseil commun demanda au parlement d'j envoyer des membres des deux chambres pour répondre aux accusations contenues dans la réponse du Roi. M. Héron , requis de la lire sur les Hustings , s'y refusa d'abord , effrayé probablement et de ce qu'il avait à dire , et de la vue des gens devant lesquels il avait à le dire : il prétendit qu'il avait été seulement chargé de remettre la lettre du Roi entre les mains du lord maire ; mais on fît observer que , si cela était, il n'eût pas été nécessaire d'assembler le commonhall. Il s'excusa aussi sur la faiblesse de sa voix ; mais , dit le rapport fait à là chambre dçs communes d'où est tirée
ll6 HISTOIRE /
Ox&ftâ le 3i jafivîef r645 (i) paf ^ûAtte Idrds et fctiît mémbi:*6s tlei corâftittnes; lès èémtes de
cfétte relation, le eonstéit eoiniuiifi le fugea plas propre que petMoùè à neoipHr cet office , et il fot obKgé de Hr e k leltre dtf Roi; àiâis il le fit 9Î lm« qu'on la lai fitrMireime Mconâe fois êàts la Chambfè de l'hoi^k^ (olûekhousé)^ pour ceuie quin'a- Tfttefrt j^u Tentetidfe la p^iniëre. Là, dit lé rapport^ «a petit uoiBbi^ dé pei^MTtié» pl«€ëe$ prë9 de là porte essayëreat d'applaudir; tuais, n'^faut pa9 soutenue» y elles rentrèrent daiis le silêtice. La réponse en Rm ^aît longue et atnère , et cottteni^t Té^presslon de tous si^ gti^. Lord Manckester et silrtoùi M. Pym y fëpmdi^ent en détail ; ce fot use Aoffe de plaidoirie devant le peuple de la cité. Après le di^coufs de M. Pym , \ës cris t notof m^ranê ei mmîrrons avec eux, s'élévèr#flt , dit le rappert, si généraleflaeiit que Topinioft contraire eût été étduffiée si elle «rait essayé de sè fai^e entendre. {Histoire parUmentaire , tdm. 3, col. 49 et sttiv.) (Note de ^Editeur. )
(i) Ces commissaires se rendfirent à Oxford , oii ils furent introduits par les lords. « Chaque lord , dit Whitelocke , « en cbndtiîsait deux dans son carrosse attelé de six t>eaux « chevaut , et suivi d'un grand nombre de domestiques à « chevat. » {Mémoires de Whîtelocke , pag. 64.) Cette remarque de Whitelocke , qui n^était point un homme nouveau aux habitudes de la classé élevée , semblerait prouver qu^en raison de la simplicité affectée des presbytériens , te luxe de la cour s'accroissait dans la même proportion ; peutêtre son attention à des honneurs inusités ne vint-elle que du setitiment qu^ils donnaient aux commissaires du parlement de ^augmentation de leur importance. « Le comte de Northumberland , dit aussi Whîtelocke , lut les propositions au Roi d'un ton grave et ferme, et te Roi l'ayant interk'bmpu.
DU LOJ»G PAjaLEMENT. I|7
krd Wajum#n, l0r4 jDiii^arvaj»^ $ir Jptm ^^^I^land, sir William Litton^ M. Pierpoi^t, M. Wiall«r., M- Wlw*el9i3lfte, M. W«4ipad* Les prop^si-
I**. Que le Roi accepterait les bills préparés pw 1^ t^bambr^ ;
;ip. <J«i'iUi ip^ASQimt 119 biU ppur h retpWissèment des priyilégfl^ M 4^s UbfWtes 4u p%|j^
accuses par les chambres depm^ 4^ mpis .4e jffcpvier4^i»kr^ 4^ (^'flidf^ch#rgomit4!ae(Q»Mtû»nl««xi»eiar
bres déjà mentionnes;
'5*. ^Quïl .mtabJ^r^iittdiips ilwrs.foActiom/tous 1«$ juges ^ .et :QlSQÎ$r$ f)mMîc$ dëfdacés;
6*. Qu'il fK^G^pteffRit un bill pwr ile paienêi^t des charges de ¥Si%U
7*. Un bill pour un acte dlodUl;
B""^ *Vxk i^çA^ <k fAi^fcfamgéimral e^am »^K^eptÂQiis ;
^o^ (Q^Til ly inumit ;iiiiie suapenn^ia ji jirmes ,ie q^ai^me jaurs pouir débMtre ices .propositicos. .
i^ Roi,^ 0a»s ,r^fttS€^ eatièrctfEent.cesrprGqpofti*
il lai dit sëchepent : Votre Majesté veut^elle bien meper" mettre de poursui\^re ? 'Le Roi répondit : oui, oui, et le oomle .a<)heva satectirre. »> '^(ibid. )
{{ifate.de i'JEditeur.)
Il8 HISTOIRE
tions^ au bout d'une semaine^ euToya les commissaires chargés de six propositions faites par Ini aux chambres:
j^. Qu'on lui remettrait entre les mains ^on revenu^ ses magasins, ses villes, forts et vaisseaux;
2*. Que tous les ordres et ordonnances du parlement, auxquels il n'avait pas donne son consentement, seraient révoqués;
5^. Le Roi devait renoncer à tout pouvoir de procéder contre ses sujets par voie d'amende et d'emprisonnement;
4^. Il consentait à l'exécution des lois contre les papistes , à condition que la liturgie serait confirmée.
5*>. Ceux qui , lors de la conclusion du traité, seraient exceptés du pardon général , ne pour^ ratent être jugés que par leurs pairs.
6^*. Il devait y avoir cessation d'armes pendant la durée des négociations*
Lorsque ces propositions arrivèrent aux chambres , plusieurs furent d'abord d'avis de n'y pas répondre. Cependant, à la fin, pour montrer du respect au Roi , on discuta la manière de traiter avec lui sur les propositions faites des deux parts et sur une cessation d'armes ou le licenciement des troupes. Il serait sans intérêt de rapporter ici les limitations et restrictions qu'on jugea à propos d'apporter au pouvoir de ceux qu'on de-
vait charger de la négociation. Enfin , le 20 màrs^ le comte de Northumberland (i), sir John Hol- Jand , sir William Armine , M. Pierpoint , et M. Whitelocke, furent envoyés à Oxford en qualité de négociateurs. On avait d'abord désigné le lord Say pour en être ; mais le Roi le refusa comme il avait refusé précédemment sir John Evelyn, et par les mêmes motifs. Le parlement, bien qu'également mécontent de ce nouveau refus, n'en poursuivit pas moins sa marche. Ces négociations
(1) Le comte de Northumberland se montra à Oxford d'une manière trës-splendide ; il y fît venir sa maison , sa vaisselle , son vin : ses provisions de bouche lui étaient apportées de Londres^ Les autres commissaires vécurent tout le temps chez lui, et, dit Whitelocke , « avec tout l'éclat « et la magnificence ordinaires au comte de Northumber- « land, et que ne surpassait guère aucun sujet. » Probablement ces habitudes d'un grand seigneur concilièrent davantage au comte le Roi et la cour , que ne le pouvaient faire les manières plus simples des membres des communes ; car on voit que, durant tout le temps de ces inutiles négociations , les relations à Oxford furent extrêmement amicales ; les gens de la cour étaient habituellement à la table des commissaires , oii la bonne intelligence régnait dans les entretiens , et se manifestait dans la conduite des hôtes et des convives. Le Roi les traitait fort bien , et « leur fît mêmequelquefois l'honneur , dit Whitelocke , d'accepter de leur vin et dç leurs provisions, que le comte lui envoyait lors-, qu'il recevait quelque chose d'extraordinaire. » ( Mémoires de Whit^ocke, page 64. ) (Note de T Editeur. )
i!kO HISTOIRE
furent vakies (i). Les demandes fuient jugées 4e8
deux côtés si exorbitantes qu'il pamt incessible
(I) t^eâ ebiùïùWaîréâ flû parlemeût, dît Whitelocke^îSreYit, dâhsH;ël!te hégociattoii , nUé triste ^exjjfétiieuce^e l'an cteâ Af* faiits du Roi y qtii ont le "plias oontribûé à gâter ses liffams. H avait pltfS de confiance dans le jogeœetitd^ antres ^lie dans le sien propre , quoique le sien valût souvent beaucoup mieuk. Les commissaires demeuraient souvent avec le Roi jusqu'au milieu cle la nuit , débattant avec lin les divers articles dû iraité. Stit Tun des poiâts lés plu^ esfsèhlcfèls, ils parvinrent à obtenir du Roi la concession qu'ils désiraient. Le Roi dit qu'il était pleinement convaincu , et promit de leur donner sa réponse par écrit ^ ^elon leur désîr ; laiais comme il était plus de minuit^ il dît qu'il la fek^it rédigier le lendemain matin diaprés les bases convenues , et leur <»rdonna de Venir la cherclier. Les coitimis^îres rentrèrent olifes eux pleins de bonnes espéfànceSp car celte repbose devait fecîKter beaucoup le snccës du traité , et , à l'heure ûttée^ ils se tendirent le lendemain chez le Roi. Mais , au Ken de la tépottse convenue , le Roi lear remit un papier contenant Une décision contraire à celle de la veille , et qui déVait amener la rupture des négociations. Ils insistèrent ahiprès de 'Sa Majesté , réclamant sa parole royale, et lui représentèrent les tristes conséquences que devait prodidre la note qu'il leur remettait ; mais le Roi leur dit qu'il avait changé d'avis, "que sa dernière réponse étalit définitive, et ils ne purent en obtenir aucune autre, ce qui leur causa un vif chagrin. Quelques uns des àJÉns du *Roi , c[tieslionnés'par les comUiissaires sur Cette brqsque transition , leur dirent qu'au sortir de la dernièi'e conférence , le Roi , en rentrant chez lui , avait informé quelques personnes de sa>garde«robe, de la réponse qu'il venait de promettre , et que celles-ci, ne
quVmcâ viat jamefis À s'accDiider. Je nô déciderai point à qui en appartint la faute* MbAs le |)ar^ lesMiit^ après plusieurs «ebsages entre LmAres et Oxford (ij^ donna enfin à ses commissaires Tordre de reyenir. Ils arrivèrent à Londres le 17 aTril (ji), et ce fut alors que ^ comiAe on Va. dit ,
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voulant i>as Ai trmté ^at deYaît m resalter , n'oniest «wsë ie totÊtùiétMt te fioî^ ^mlqa'à «e qa'eliet «tnMiii 4!bt»Êku le ckan^emeict ^ie ^s rësoluthms. «( Jif€f>iio//w tie Wl^lodkv-,
(f) Ce qui détermina le rappel des cbmimssaîres , ce fut un message clu Roî , Sans lequel il disait, entre autres choses^ M qu^aassitot que lui et les deux chambres seraient à Tabri des émeutes , ce qui ne pouvait arriver à moins que le parlement ne s'ajournât au moins à vingt milles de Londres , il consentirait à licencier ^on armée et % retourner au parlement. » Xics commissaires ^rént ce qu^ils purent pour rempêcTier d'envoyer ce message , liii représentant quie c^était lia rupture des négociations , pufsque le parlement ne consentirait certainement jamais à s'éloigner de Londres ; ils ne purent rien obtenir. Le message fut donc envoyé., et iVfiet tel qti'on 'l'availt prévu ; les deux cbambres décidèrent qu'il ii*y avait pas de réponse à y faire , et rappelèrent aussitotleurs coïnmi^aïres cl'une manière si péremptoire, qu'ils furent obligés de partir le jour même , quoiqu'il fût tard , et qu'ils ne pussent se. procurer que des moyens de voyage très-incommodes. {Mémoires de Whîtelocke, p. 65.) [Bistoire parlémenmîre, tom. 3, col. 107/) (Note deTEditeur,)
(2) "Comme lil arrive e&<teiqp8 d« guerre, un séjour de vingt "jours dans le camp ennemi., l'accueil que les commissaires avaient reçu du Roi, et probablement ilears tef-
le lord-gënëral se mit aussitôt en marche pour
assiéger Reading.
Reading ne pouvait tenir long-^temps. Le lord-
forts sincères pour obtenir la paix, exposèrent plusieurs d'entre eux à la méfiance et aux soupçons de leur parti. Ils avaient été poussés à tel point cohtre le comte de Northômberland, que M. Martjn, membre du comité de sureté , avait ouvert une des lettres du comte écrite d'Oxford à 5a femme, espérant y découvrir quelque trahison , et que, dit Clarendon , cette insolence ne déplut pas à la chambre. Elle déplut cependant beaucoup au comte , si bien que le lendemain de son retour, iS avril, se trouvant avec M. Martyn en conférence dans la chambre peinte de Westminster , il lui demanda des explications de ce fait , et celles que pouvait ou voulait lui donner M. Martyn ne lui paraissant pas suffisantes , le comte lui donna des coups de canne en présence de plusieurs personnes. On voit dans les journaux du parlement cette a£faire traitée entre les deux chambres , oIl M. Martyn réclame , comme membre des communes , son privilège de n'être point battu , et le comte de Northumberland , comme pair, son privilège de n'avoir point ses lettres ouvertes. Il faut qu'après quelques discussions cette a£faire ait été arrangée à l'amiable , car les journaux du parlement n'en donnent pas la conclusion. {Histoire parlementaire j tom. 3, col. lo^.)
M. Martyn était, à ce qu'il paraît, partisan des mesures expéditives ; quinze jours après ceci , un nommé Luke fut accusé et mandé à la chambre des lords pour avoir forcé une des écuries du Roi , et y avoir pris deux jeunes chevaux. Il répondit au messager des lords, en lui montrant un. ordre de M. Martyn qui refusait de rendre les chevaux , en disant : « Nous avons bien pris les vaisseaux et les for^
général répugnait à prendre cette ville d'assaut, dans la crainte de sacrifier tout ce que la ville renfermait de personnes innocentes. Le parlement approuva sa compassion. La ville se rendit donc â composition à son Excellence, le seizième jour du siège. Les paroles furent portées par le député-gouverneur, le colonel Fielding , le gouverneur sir Arthur Aston , blessé par accident peu de temps auparavant, se trouvant hors d'état de remplir ses fonctions. Les conditions furent douces. Les assiégés sortirent avec armes et bagages. Ce siège n'aurait été d'aucun avantage pour le parlement, sans un événement qui arriva pendant sa courte durée , et qu'on peut aussi regarder comme une des causes de la prompte reddition de la ville. Un corps assez nombreux de l'armée du Roi , composé d'infanterie et de cavalerie , le Roi lui-même se tenant à peu de distance , vînt au secours de Reading et attaqua un des quartiers de l'armée du parlement , posté au pont de Caùsham^ environ à un mille de cette ville. Ce corps
« teresses du Roi , nous pouvons bien prendre ses chevaux « pour l'empêcher de s'en servir contre nous. » Il s'èti suivît une discussion assez aigre entre les deux chambres , et dont la conclusion fut que la chambre des ' communes vota que M. Martyii avait bien fait de ne pas rendre les chevaux avant de l'en instruire > et lui donna ordre de les garder jusqu'à nouvel ordre. {Histoire parlementaire, tom. 3, col. 114.) {Note de r Editeur.)
ia4 HISTOIRE
fiijt repousBé ATec une grancle perte ^ ^ui tpinl>a
principalement sur les gens de qualité dont un
jiombre conaidérable périt en cette oocasion; mais
je n'ai tu rapporter nulle part le jiombre et les
noms de ceux. qui restèrent sur le champ de3>a-
tairie*
La prise de Ideadûg auraitpu paraître une ^ajigmentaiion de force pour le parti du parJtement ; ^ais il en arriva autremen t . On n'avait rien gagiié qu'une ville nue^ et Ton eAt été bien heuneux4e ne pas s^igper pis^ mais elle était infectée d'une maladie contagieuse ^ qui occasionna ensuite une grande mortalité dans l'armée du parlement. De ^lus^ les soldats étaient mécontens , parce .que^ Jûaon ifue leur paie fât fort en arrièo^^ on ne leur .j9termjettaât pas de piller ni de tirer aucun profit de leurs victoires; car le parlemenJ:» avant que Ebeading filt remis entre les mains du ^énénal, en avait ratifié la capitulation et avait promis il .ses soldâtes pour les engager à ^abstenir du pillage^ 4ouze scheUings par homme en sus de leurpaîe; mais ils ne reçurent ni la gratification , ni la paie^ l'argent commençant à manquer , et le trésor amassé à Withe-Ball étant entièrement épuisé. Tandis .qu'ils demeuraient à Reading pour ;atlendpe de l'aargent , la imaladîe let la œovialîté s'accrûissaietit dtaqtie jour^et 46lo«*d-géDét>ad , par avis de json Conseil de guerre, se disposa â décamper^ dans l'intention de chercher un air plus
DU LONG PARLEMENT. îîS
Sâlvhte» Maïs fe dé^feut d'argent excita une révolte si générale, que le géûéral^ bien qu^l eût eommencé à ïa réprimer arec beaucoup cfe courage et une juste sévérité, jugea , cPaprès Popïnion du conseil de guerre, que pour éviter une défection universelle, il était nécessaire de se désister de son projet jusqu'à ce qu'îl fdt arrivé de l*argent de Londres. Maigre cette concession, son Excellence s'étant rendue à Causliam pour éviter la contagion, un grand nombre de soldats se débandèrent et quîtt&tnat Farmée. Alors un cours suivi d'infortunes commença à accabler ie parti du parlement, et on vît sa force décroître en même temps presque partout. Pendant Fintervalle des six mois qui s'étaient écoulés entre la bataille de Keynton et les premiers jours de mars, époque de la détresse où se trouva à Causham l'armée du comte d'Essex , la guerre avait été soutenue avec beaucoup de cltaleur et d'impétuosité dans presque toutes les parties de l'Angleterre , comme on en verra bientôt les détails à part pour éviter toute confusion dans le récit. Le-lord-général reçut à cette même époque la nouvelle d'une grande défaite que sir Kalph Hopton avait fait éprouver aux troupes du parlement dans le Devonshire. Il sut aussi que le prince Maurice et le marquis dé Hertford marchaient de ce côté, pour se rendre maîtres dé tout l'ouest. Je laisserai quelque temps le lord-général.
pour rapporter quelques événemens arrivés en d'autres lieux pendant le mois de mai. Les armées du Roi avaient alors les plus belles chances pour se mettre en possession de tout Touest , et paraissaient en état d'exécuter ce projet par la force ouverte, sans le secours des trahisons et des conspirations. On en tramait cependant qui , à la vérité , nfi devinrent point funestes au parlement, mais aux conspirateurs, comme on le vit à Bristol , place très-importante , dont Farmée du Roi désirait fort s'emparer. Ce fut au commencement de mai i645 qu'on y découvrit un complot, dont l'objet était de livrer la ville entre les mains du prince Robert.
La ville de Bristol était alors au pouvoir du parlement, et gouvernée par le colonel Nathaniel Fiennes , second fils du vicoriite Say et Sele ; mais un grand nombre des habitans, comme il parut par le projet , étaient contraires au parlement.
Le projet était très-sanguinaire, et aurait coûté la vie à beaucoup d^habitans de Bristol , si les conspirateurs n'avaient été découverts et pris peu avant le moment désigné pour l'exécution. Robert Yeomans , dernier shériff de Bristol, William Yeomans, son frère, Georges Bourchier et Edouard Dacres étaient les principaux chefs du complot ; eux et plusieurs autres qui partageaient leur opinion , s'étaient secrètement pourvus d'armes ,
et devaient tuer la nuit les sentinelles , et se rendre maîtres du poste principal. Us avaient aussi plusieurs autres projets, dont on peut voir le de'tail dans leur procès, et le recueil des preuves apporte'es contre eux. Ils comptaient, par ces moyens , contenir la plus grande partie de ceux qui , dans la ville , tenaient pour l'opinion opposée, tuer le maire et un grand nombre de ceux qu'on savait être affectionnes au parlement ; <en sorte qu'il leur deviendrait aisé de livrer la ville à l'armée du Roi. Le prince Robert attendait la réussite de ce complot à Durdam Downes , à peu près à deux milles de la ville oii il s'était posté avec plusieurs autres chefs et environ quatre mille hommes de cavalerie et deux mille fantassins ; mais le projet fut découvert, et les conspirateurs pris et jugés par un conseil de guerre. Les quatre chefs que j'ai nommés furent condamnés, et deux d'entre eux, Robert Yeomans et Georges Bouiv chier, furent pendus à Bristol, malgré tous les efforts que l'on fit pour les sauver, et bien que le colonel Fiennes eût reçu , à ce propos , d'Oxford une lettre pleine de menaces du général Riven, créé par le Roi comte de Forth. Cette lettre étant très -propre à bien faire connaître l'espèce de guerre qu'on se faisait alors , j'ai jugé nécessaire de l'insérer ici avec la réponse.
Pétriei, comte de Fbrtk, lordl^ttericlty et lordlieutenant de toutes lee troupee de 8a Majesté, aiâ eommanêfmt en chef du conseil de guerre , à Bristol.
K Ayant appris que dernièrement t»u& avez , « dians un cimseU de guerre y condamne à mort m Robert Yeomans > dernier ahëriff de Bristol , H qui a reçu de Sa Majesté une commission pcoir • leyer un régiment^ William Yeomans 5 son cr frère 9 George Bourchier et Edouard Dacres, « lesquels ont manifeste leur loyauté envers Sa If Majesté > et se acmt efforcés de la servir^ cèn^ tf formément i leur allégeance ; instruit en même « temps que vous avez dessein de procéder de la ir même manière contre d'autres personiies y je a vous signifie que je me dispose à faire suhir le u même sort à M* G^rge y M* &eevens^ le ca- (f pitaioe ^^ntley et autres y pris à Gkichester en « rébellion ouverte contre Sa Majesté. Je tous (f avertis^ en outre> que si vous osez^ selon cet (f injuste jugement^ faire exécuter aucun de ceux a que vous avez ainsi condamnés y ceux qui sont <c en m^% mains ^ savoir^ M* Georges , M. Sleevens « et le capitaine Huntley n'ont à attendre ni « faveur, ni merci.
(f Oxford, 16 mai 164S.
« Signé FoRTH. w
DU LONG PAtlLEMENT. 129
Voici la réponse à cette lettre :
Nathaniel Fiennes y gouverneur ^ et le conseil de guerre de la cité de JBriaioL
« Nous avons reçu de votre seigneurie une « lettre qui nous déclare qu'informée du parti w que nous avons pris contre Robert Yeomans , (f William Yeomans et autres , elle se prépare « à réduire M. George , M. Steevens , le capiii taine Huntley et autres à la même condition. « Nous sommes bien sûrs que ni votre seigneurie^ « ni aucun autre homme mortel ne peut attein- (( dre un semblable résultat^ car soit que les (( susnommés vivent ou meurent , ils seront « toujours tenus pour de braves et honnêtes ci- K toyens > fidèles à leur Roi comme à leur pays, w et qui, d'une manière fiî^nche et publique, <( ont toujours soutenu la cause que , dans leur « opinion , guidée par Topinion de la plus haute « cour, ils regardaient comme la plus juste. Les (( conspirateurs de cette ville, au contraire, por- « teront éternellement, dans la vie ou dans la K mort , la tache de la perfidie et de la trahison. (( Si Robert Yeomans avait fait publiquement « usage de sa commission , il ne serait pas plus « durement traité que d'autres qui se sont con- « duits de la sorte ; mais les lois de la nature , « parmi tous les hommes, et les lois des armes a. Q
l3o HISTOIRE
« parmi les $oldats^ ont tqujoiirs £s^it iii%e diffé- (( rence entre les ennemis déclares et les espions « on les conspirateurs secrets* Si vous ne Toulez (c pas faire cette distinction^ nous tous déclarons « que nous procéderons à l'exécution , non-seu- (f lement des personnes déjà condamnées , mais K de divers autres conspirateurs à quï nous nous (( proposion3 de faire merci. Nous vous ^yertisu sons en outre , que si , par quelque sentence Il inhumaine et indjgne d'un spldat y Vous faites « exécuter les personnes que tous upmm^} > ou (c quelque autr^ de nos amis maintenant epitre {( Tos mains y et qui ont été pris dans le cours (( d'un^ guerre franche et ouTert^ , ftlors ^ir Wal- « teç. Pye , sir William CrofU , le colpnel Cpn- « xïBsky €t d'autres , pris en rébellion let guerre H ouT^rte CQutre le Roi et le royaump , n'ont à « attoudre ni faTeur , ni merci ; et Dieu })énis- « saut notre juste oause^ nous sommes asae% forts « pour veiller à U sûreté de nos am^^ sans nous f< inquiéter d^ ceux de nps ennemi^ qui sp sont u mi? hws de notre sitteinte , car nous avons rec< Uché plusieui^ d^ TQtres qui n'étaient pas (c g($u$ de petite condition.
« i8 mai 1645.
« Signé Nathaiïiel Fieknes , président.
« Clémemt Walker, etc. »
À la m^iue épqqfip; le Rpi adressa des ordres
DU LONG PARLEMENT. l3l
très-pressans au maire et aux citoyens dé Bristol y leur commandant de lever autant de troupes qu'ils le pourraient , pour empêcher une exécution qu'il appelle le meurtre de ses fidèles sujets; mais rien ne put leur sauver la vie; Robert Yeomans et George Bourchier furent exécutés. La découverte de ce complot ne retarda que pour peu de t^mps la perte de l'importante place de Bristol ; elle fut bientôt rendue au prince Robert, qui eut le bonheur de s'en emparer d'une manière plus honorable , et avec une moindre effusion de sang anglais.
Un autre complot, plus grave et plus menaçant, ftit découvert en même temps à Londres; s'il n'eût été prévenu^ il aurait complètement détruit le parlement même, en le frappant au cœur dans les cités de Londres et de Westminster ou il résidait (i). •
(i) Ce complot fut découvert par un nomixië Roe, domeatique de Tompkins , qui ayant saisi à la volée quel* que chose des conversations ^e son traître et de Wallerr* jugea qu'il était bon d'en savoir ds^valitage , se cacha derrière une tapisserie un jour qu'ils causaient ensemble tête à tête , en entendit assez pour penser que la chose était importante, et alla fisiire sa révéla^tion à M. Pym- Ce fiit le 3o mai que Pjm refiut ce premier avis ; mats , soit qu'il eût besoin *de quelq^ies lun^ières de plus ^ ou crftt que la qbofipe; ferait ainsi plus d'effet, il attendit au lendemain k'- l'an* noncer. Étant done le lendemaint an sermon, trbr cVtâît
i52 HISTOIRE
Le but des conspirateurs était de mettre à exëcution^ dans Londres et Westminster même , la commission d'enrôlement ^ et de lever ainsi une
un jour de jeûne, il reçut un billet ou message sur lequel il se leva aussitôt , ainsi que plusieurs des membres les plus influens de la chambre qui s'y trouvaient avec lui , et après avoir conféré quelques instans à voix basse, ils sortirentitous ensemble ; ce qui jeta un grand trouble dans les esprits. Ils envoyèrent sur-le-champ des gardes dans toutes les prisons , avec ordre de faire des recherches sur tous les prisonniers et dans tous les lieux suspects. Les chambres s'étant réunies après le sermon , on les informa seulement , sans plus de détail, de l'existence d'un complot prêt à s'exécuter, et tendant à livrer aux cavaliers le parlement et la cité. On nomma aussitôt un comité muni des pouvoirs nécessaires pour procéder h la recherche du complot. Waller et Tompkins furent arrêtés dans la nuit, et les autres le lendemain. Selon le rapport fait par M. Pym au parlement, et ensuite imprimé avec ordre de le lire dans toutes les églises et chapelles de Londres, de Westminster et des faubourgs , on avait proposé à Oxford , où tout se traitait , ce même 3i mai pour le jour de l'exécution du complot; mais on avait écarté la proposition , et décidé que le choix du jour serait laissé aux lordê que Waller prétendait avoir dans son parti. Hall chargé des messages entre Londres et Oxford se tenait secrètement à Beaconsfield, où.on luîavait fait dire que le grand s^aisseau était arj^wé aux Dunes ^ pour lui indiquer que tout était prêt ; il en avait donné avis à lord Falkland , qui avait répondu qu'il fallait se hâter le plus posssible. 3ooo hommes devaient venir d'Oxford soutenir le mouvement qu'on voulait opérer à Londres. {Siate^ Trials , tom. 4» co^- 63o.) {Note de V Editeur, )
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force suffisante pour écraser d'un seul coup les chambres (i). Beaucoup de citoyens de Londres étaient dans le complot ^ ainsi que quelques gen-
(i) Il est anssi difficile de déterminer le but de ce complot que son étendue et le point de maturité auquel il était parvenu. « La conspiration était formée, dit le rapport, du mélange et de l'union de personnes de diverses sortes : quelques unes membresdes deux chambres du parlement , d'autres de la cité , d'autres appartenant »la cour , qui , dans leurs divers postes et emplois , devaient travailler à donner la forme et la perfection à l'œuvre née des cendres de la pétition de Londres pour la paix. >» Il est clair que la violence da parti de la guerre avait réuni dans un même mécontentement tous ceux qui voulaient la paix^ et comme le but ostensible^ et même en grande partie réel, des conspirateurs était d'obliger le parlement à la faire , ils étaient portés à compter sur tous ceux qui la désiraient. Mais leur manière de calculer le nombre de leurs partisans ne marquait pas un dessein encore bien avancé. Ils prenaient, d'après les registres publics de la cité, les noms des citoyens et les rangeaient en trois classes , les dien pen-sans , les ennemis et les modérés. C'était probablement d'après cet aperçu qu'ils dirigeaient leurs travaux, avec cette précaution que chaque personne n'en pourrait engager , dans la conspiration , plus de deux autres. Mais la tentative de Waller auprès de Selden et de ses deux collègues , prouve aveci quelle légèreté les chefs du complot concevaient des espérances , que le premier mot suffisait pour renverser. Challoner décisif a, à sa mort, que Waller lui ayant parlé du projet de former dans Londres un parti modéré pour servir de conciliateur entre le Roi et le parlement , et arrêter ainsi la guerre civile , lui , Challoner, avait
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tilshommes qui s'ëtaient juré mutuellement le plus profiDod secret. M. Waller^le ptincipal d'entre eux^ membre de la chambre des corn-
dit : «( Puissé-je vous répondre des trois quarts de Londres , « personne ne bougerait que nous n'eussions l'aveu des lords « et des communes. » A quoi Waller avait répliqué : « Vous M aurez , pour cette affaire , l'aveu de toute la chambre des M lords , excepté trois ou quatre , et de plusieurs de la chami- <t bre des communes. » On leur promit de les aboucher avec les lords , mais cette entrevue n'avait point encore eu lieu , et Challoner , ainsi que ceux qu'il avait engagés dans le complot , étaient déterminés à ne rien faire qu'ils n'eussent reçu , de la propre bouche des lords, l'assurance qu'il» demandaient. Challoner est désigné , dans le rapport , comme un citoyen éminent; il déclare, en mourant, que c'est lui qui a été l'intermédiaire entre Waller et les priticîpaux citoyens engagés dans la conspiration , et demande à être seul chargé âe la peine. » J'ai prié Dieu, dit-il en montant sur « l'échafaud , que si ce dessein ne devait pas être à son hdnu neur, il nous le fît connaître; Dieu m'a entendu. » Tompkins, bien que plus engagé dans le projet et ayant été, comme il le dit lui-même, vingt-deux ans au service du Roi , ou plutôt de la Reine , dit aussi , en mourant , H qu'il était bien aise que le complot eût été découvert , « parce qu'il aurait pu avoir de fâcheuses conséquences. » ( State^Trials y tom. 4 > e<>l« feS et suiv, ) Tous deux exprimèrent leur repentir , et ce ne fut point un acte de fai— blesse ; ils moururent en hommes de cœur, particulièrement Tompkins , mais non point en martyrs , comme meurent les hommes de parti pénétrés de la justice de leur cause. Déjà pleins d'incertitudes sur la légitimité de l'action qu'ils entreprenaient, ils auraient senti les incertitudes s'ac-
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nimies (i), les avait assurés que plusieurs membi-esdes deux clianibres étaient engagés dans l'affaire^ et les seconderaient eb temps et Heu; pro*
croître , et les auraient vues se répandre autour d'eux en ap prochant du moment de l'exécution. Ce n'était pas là encore le temps oii un complot contre le parlement pouvait réussir à Londres. La cité , après avoir été si prononcée contre le roi , n'était pas revenue à lui , mais elle commençait à se retourner contre ses adversaires. On fuyait seulement le mal le plus prochain. Un pareil sentiment ne devient énergique et ne peut soulever les masses que lorsque le malheur devient si grand que le besoin même du repos force les hommes d'entrer en action pour échapper à la souffrance. ( Note de V Editeur, )
(i) Waller le poète , dont il est ici question, s'était montré , des le commencement , favorable au parti du Roi ; et comme il n'avait , dit Clarendon , aucune relation avec la coiir, il n'en était que plus propre à la servir dans le parlement. Ayant quitté le parlement comme beaucoup d'autres , et y étant ensuite revenu par ordre du Roi, Waller commença probablement dès lors à agir de concert avec Oxford. Lorsqu'il s'y rendit à la fin de janvier t643 , avec les autres commissaires du parlement , pour présenter au Roi des propositions de paix ; comme par son rang il se trouvait admis le dernier à baiser la main du Roi , Charles lui dit : Q^ioi-^ que le dernier, vous rC êtes point le pire , ni le moins en faveur auprès de moi. Waller se faisait remarquer par l'extrême liberté de ses paroles en faveur du Roi et contre le parlement : liberté qui , conune on le vit plus tard , tenait beaucoup plus sans doute à la chaleur de son iu^gination qu'à la fermeté, de son courage ; car^ aussitôt qu'il se
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messe qui les avait remplis d'ardeur , mais c|ue M. Waller ne fut point en état de tenir (i). Le complot était horrible et n'aurait pu être exécuté sans une grande effusion de sang^ comme le prou-
vit arrêté , il perdit complètement la tête , déclara , dit Clarendon , tout ce qu'il sai^aît^ tout ce quil aidait entendu ou imagmé, et , après s'être probablement grossi en espérance le nombre des conspirateurs , il le grossit également dans les révélations que lui arracha son effroi , y faisant entrer, comme nous l'apprend encore Clarendon , et tout ce qu'il savait par lui-même , et tout ce qu'il avait soupçonné d'après les autres , et tout ce qui lui avait été dit dans les nombreuses sociétés qu'il fréquentait , nommant les personnes et construisant ainsi un corps de délit de tout ce qu'il avait pris auparavant pour un corps d'armée.
( Note de V Editeur, )
(i) On demanda à Waller, dans ses interrogatoires, si Selden , Pierpoint , Whitelocke et plusieurs autres qu'on lui nomma, étaient instruits du complot? il répondit que non} qu'il s'était une fois rendu dans le cabinet de Selden , oii celui-ci était avec les deux autres qu'on vient de nommer, pour leur faire part de la chose ; mais , qu'ayant abordé ce sujet eu termes généraux , ils parurent si révoltés de la seule idée d'une pareille perfidie, et de tout le sang qu'elle devait faire répandre , qu'il n'osa s'ouvrir à eux , et fut luimême , dit-il , presque découragé de poursuivre son projet. {Mémoires de Whitelocke , pag. 66.) Il accusa lord Conway, le comte de Portland , le comte de Northumberland. On n'osa trop toucher à ce dernier, dit Clarendon , malgré- l'animosité du parti violent contre lui ; les autres furent mis en prison et confrontés plusieurs fois avec Waller ; mais ,
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vèrent les interrogatoires de MM. Waller , Tompkins y Challoner , Hasell et autres^ qui y étaient entrés.
Ce qui en parut d'après la déclaration publiée par ordre du parlement, fit voir qu'on se proposait, I*. de s'emparer des enfans du Roi; 2i*. d'arrêter plusieurs membres des deux chambres, le lord - maire de Londres , et le comité de la milice , sous prétexte de les traduire légalement en justice; 3*. de saisir les fortins et ouvrages extérieurs de la cité , ainsi que la Tour de Londres, tous les magasins , postes et autres lieux importans; 4"*» d'introduire les troupes du Roi pour surprendre la cité avec leur secours ; de faire périr tous ceux qui s'opposeraient à elles, en vertu de l'autorité du parlement, et de se refuser, à main armée, à toutes les impositions établies par les chambres , pour l'entretien des troupes parlementaires (i).
comme ils persistèrent à nier , et qu'il n'y avait contre eux d'autre témoignage que le sien, on les laissa de côté, et, après un très-^long emprisonnement , ils sortirent sous caution. ( Noie de U Editeur. )
(i) Le rapport , selon la remarque de Glarendon , contient beaucoup d'assertions et fort peu de preuves ; c'en est assez dans un temps de troubles. Il suffisait des aveux ou même des suppositions de Waller, pour produire cet effet d'inquiétude dont un parti populaire a peu de peine à tirer un grand avantage. La découverte de ce complot devint l'oc- ,
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La déclaration racontait encore beaucoup de détails qu'il suffira d'indiquer; par exemple^ les signaux par lesquels la cavalerie du Roi devait ètrd avertie^ les costumes que les conspirateurs porteraient pour se reconnaître. Une commission d'enrôlement que le Roi venait de leur adres^r d'Oxford 5 avait vivement animé leur courage (i)*
càsfoti d^an copenant par lequel on s'étigâgeait à ne pas dépoèér îés armes que les papisieé alcttê en guerre ouverte .contre le pariement ne fassent Hyrés a la )ustiee. Ce coyenant commençait ainsi : « £a toute humilité et respect . <( pour la Majesté divine, je déclare la sincère douleur que H me font éprouver mes péchés et ceux de (a nation, etc. » Suivaient des promesses d'accommodement , puis les engagetnens k la guerre. {Note de V Editeur* )
(i) n parait que la commission envoyée par le Roi n'avait pas. originairement un rapport direct au complot de Wdller ; elle s'y rattacha sans doute ensuite , puisqu'elle fut trouvée enterrée dans le cellier de Tompkins , beau-frëre de Waller ; mais elle n'entra jamais dans cette portion du plan qui avait été communiquée à Challoner et à ceux au nom desquels il traitait. Challoner déclara en mourant qu'il n'y avait aucune part , non plus qu'au projet de s'emparer des magasins. Un riche marchand de la cité, nommé sir Nicholas Crisp, vivement poursuivi par le parlement comme fauteur de la pétition pour la paix, avait quitté Londres et s'était retiré à Oxford , où , ainsi que beaucoup d'autres chassés comme lui par la crainte et par des persécutions réelles, il attendait impatiemment le moment de rentrer dans la cité avec le Koi, à main armée. Sir Nicholas, homjxie actif et entreprenant , conservait de nombreuses correspon-
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ElieaTaii été secmUmenî appoHëe k Londres par ]ady Aubigny^ fille du comte àe SHfiblk^ et veure depuis la bataille de Keyntbd^ oit son mari lord Âttbi^y avait ëtë tué. Celte commission était adressée à sir Nicholas Crisp^ sir George Stroud^
dances dans la cite , où son commerce lui avait donne des relations trës-étendues , et oii il avait été oi&cier dans la milice , jusqu'au moment oii la nouvelle ordonnance l'en avait expuké. Il sollicita du Roi une commission pour autoriser ses amis de Lùndreft à enrôler et organiser des forces capables de le soutenir lorsqu'il approcherait de la ville. Le Roi , dit Clarendon , s'y était long-temps refasé , regardant la chose comme trës-peu utile à ses affaires , et fort dangereuse pour ceux à qui elle serait confiée. Mais enfin les vives instances de Crîsp l'emportèrent , et l'affaire se traita entre lui et le Roi , sans en rien communiquer aux conseillers les plu» intimés de Charles. Lady Àubigny apporta la commission à Londres , dans un petit coffre , sans savoir ce que c'était , mais seulement comme une chose importante au service du Roi. Crîsp avait désigné au Roi tous ceux qui devaient être nommés dans cette commission pour exercer leurs pouvoirs à Londres , et la plupart étaient , comme lui , des gens réfugiés à Oxibrd, ce qui rendait la commission fort peu ntile. Clarendon paraît n'y voir qu'une de ces combinaisons ridicules qu'invente , pour se consoler, l'ambition ou. l'oisiveté d'un parti impuissant; quant au projet de Wal- 1er, il pense que tous les fils par lesquels il se rattachait à la cour d'Oxford se bornaiei^ à quelques avis assez vagues qu'avait fait donner Waller à lord Falkland , d'un projet de se refuser au paiement des taxes , et de forcer ainsi le parlement à faire la paix ; à quoi lord Falkland répondit ;
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sir Thomas Gardîner^ et autres gentilshommes^ nominativement désignés , ainsi qu'à tous ceux qui , seloi^ les formes prescrites^ seraient nommés généraux^ colonels ^ lieutenans-colonèls ou officiers dans les nouvelles levées. On peut en voir le texte complet dans les registres du parlement. Mais le complot fut découvert le 5i mai, et devint fatal à quelques uns de ses auteurs. M. Waller, M. Tompkins et quelques autres furent arrêtés et interrogés cette nuit même, par un comité du parlement où se trouvait M. Pym. On les envoya ensuite en prison pour attendre leur jugement. Le procès eut lieu dans GuildhalL MM. Waller, Tompkins, Challoner, Hasell,While etBlinkhome, furent condamnés. M. Tompkins et M. Challoner seuls furent pendus, tous deux en face de leur maison (i). M. Hasell mourut en prison, Blinkhorne et les autres obtinrent leur grâce du parlement par Tentremise du comte d'Essex. M. Waller, le chef des conspirateurs, demeura
« Qu'on se presse donc , car la guerre devient tous les jours « plus difficile à arrêter; » réponse plus conforme à son caractère que celle que lui prête le rapport de Pjm. {His^ toire de la Rébellion et les State-Trials, tom. 4 9 col. 628.)
{Note de F Editeur, )
(i) Au moment de l'exécution de Tompkins ^ le lieutetenant-colonel Wasbborn lui demanda s'il reconnaissait que sa mort était juste; il répondit : « Je l'ai déjà dit, je vous M prie, laissez-moi tranquille ; » et le même Washborn lui
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. long-temps âétenu à la Tour^ et un an après^ en payant une amende de dix mille livres sterling, il obtint sa grâce et la permission de quitter le pays., On s'étonna beaucoup que le principal auteur du complot 9 celui qui y avait enti^aînë MM. Tompkins.et Challoner, comme ils l'avaient eux-mêmes déclare au moment de leur mort, en tài quitte à si bon marché. La seule raison que
demandant encore s'il n'avait pas quelque autre complot à révéler : « Laissez-moi tranquille, je vous prie , répondit ente core Tompkins , j'ai fait mon devoir. » Challoner déclara , plus explicitement et à plusieurs reprises , qu'il mourait justement ; au moment de sa mort son père vint lui apporter le pardon du Koi, qui essayait d'user du droit de grâce pour sauver ceux que faisait condamner le parlement. « Yoilà, lui dit-il y le gracieux pardon du Roi.» Mais Ghalloner répondit : « Je vous prie, ne m'importunefe pas de « cela. »
Tompkins se justifia de l'accusation de papisme, mais en termes obligeans pour les papistes. Ghalloner , au contraire, s'accusa d!avoir eu de l'éloignement pour quelques ministres du Seigneur, voulant parler des puritains, et déclare qu'il avait reçu d'eux, en cette circonstance, plus de consolation qu'il n'en avait eu de sa vie. Il mourut assisté de Hugh Peters. On a dit qu'il n'avait pas été permis à d'autres ministres qu'aux ministres puritains , d'avoir accès auprès d'eux ; cela est assez dans l'esprit du temps , et on ne voit pas que Tompkins, probablement plus rebelle aux instructions de Hugh Peters , ait eu à sa mprt l'assistance d'aucun ministre de la religion. (Staie-^Trials , Uym.'^} col* 63a et suiv. ) ( Note de l'Editeur. ) .
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