‹ Histoire du Long-Parlement (volume 2)Chapitre 4 sur 12 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

Affaires d'Etat traitées dans le parlement. As-semblée ecclésiastique. On fait un nouveau grand sceau. La Reine est accusée de haute trahison et autres délits. Lelord-général EsseXj après quelques marches^ revient cantonner son armée malade aux environs de Kingston. Les troupes du Roi sont en possession de Vouest.

Puissance du comte de Netpcastle dans le nord. Quelques mots du comte de Cumberland et du lord Pairfax.

Tandis qu'on tramait en secret des conspirations pour ruiner le parlement, tandis que la guerre exerçait dans tout le royaume ses plus terribles fureurs, le parlement avait traité dans sa session plusieurs affaires d'une nature peu ordinaire» Les choses en étaient venues à ce point de passer tous les précédens que pouvaient offrir les anciens temps, et les fondemens mêmes du gouvernement étaient ébranlés, ainsi que l'exprime ce vote adopté par les deux chambres, un an auparavant, « que « lorsque le Aoi fait la guerre au parlement, « cela tend à la dissolution du gouvernement. »

Un seul mois, le mois de mai 164S, contient trois débats sur des choses de cette nature extraordinaire , qui furent décidées , soit alors , soit

bientôt après. Le premier de ces débats eut lieu au commencement du luois (i). Il eut pour objet l'assemblée des théologiens, à Westminster. Parmi les bîUs passés dans les deux chambres et auxquels il ne manquait que 1 assentiment royal ^ il y en avait un portant, «' qu'on nommerait un synode de théologiens pour travailler au bon et solide établissement de la religion et pour régler le gouvernement de l'Église d'Angleterre. » Cebill avait été souvent présenté à l'acceptation du Roi ; mais i' l'avait définitivement, refusé. On traita donc à fond la question de savoir ce qu'il y avait à faire , par autorité du parlement y en des cas si - importans pour le bien du royaume, lorsque le Roi refusait et s'absentait absolument du parlement. On conclut à la fin que , lorsque le Roi s'absentait et refusait, les lois du pays donnaient à une ordonnance du parlement, pour cette occasion y autant d'autorité sur le peuple qu'en pouvait avoir un acte du parlement tout entier. Les deux chambres votèrent donc que l'acte pour rassembler les théologiens appelés à affermir la religion et à régler la forme du gouvernement de l'Église, si souvent refusé par le Roi, serait changé,

(i) L'assemblée des tlrëologieiis s'ouvrit le 5 juin suivant ; dans ce même mois le parlement fit aussi une ordonnance pour restreindre la liberté de la presse^

( Note de VEdUeur, ) :2. lO

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en une ordonnance du parlement^ et que rassemblée, convoquc'c en consëquence de cette ordonnaace , discuterait les choses relatives à la religion , et les proposerait ensuite aux chambres ; ce qui fut exécuté peu de temps après.

Le cas parut semblable à celui oii se trouva l'Ecosse en Tan lôSg, lorsque, sur les délais mis par le Roi à la convocation de leur synode national , les covenantaires écossais publièrent , comme on Ta déjà dit , un écrit destiné à prouver que, lorsque le prince se trouve être un ennemi de la vérité ou néglige de travailler au bien de rÉgtise, le pouvoir de convoquer un synode appartient à rÉglise elle-même.

Dans le même mois et peu de jours après , les deux chambres prirent en considération une autre affaire de grande importance, la confection d*un nouveau gra^d-sceau au lieu de celui qui avait été enlevé au parlement. Cette affaire avait été amplement débattue dans la chambre des communes, et le mois suivant , à une conférence entre les deux chambres , les communes déclarèrent aux lords que Tabsence du grand -sceau était d'un grand préjudice au parlement et à tout le royaume, et leur demandèrent en conséquence de cou^^ntir promptement à voter pour qu'on en fit un nouveau* La chose fiit débattue et mise aux voix dans la chambre des pairs, qui se décida pour la négative. La seule raison que les lards

donnassent de ce refus, était que, depuis le départ du sceau, ils avaient fait toutes les affaires par ordonnances du parlement, et pensaient qu'on pouvait agir de la même manière en tout ce qui concernait le bien du royaume et sans avoir besoin du sceau. Cependant les lords répondirent avec égard, que, si la chambre des communes voulait les informer des cas particuliers oîi Tabsence du grand-sceau causerait au royaume un préjudice qu'on ne pourrait éviter par le moyen des ordonnances, ils prendraient la chose en considération pour consentir à ce qui paraîtrait nécessaire.

Les lords ne tardèrent pas , sur les raisons qu'on leur présenta, à se réunir à la chambre des communes, qui, vers le commencement de juillet, leur présenta dans une conférence, ses votes et les moti& qu'elle avait pour demander un nouveau grand - sceau. Les votes étaient ainsi qu'il suit :

i4 et 26 juin, résolu :

i*^. Que le grand-sceau d'Angleterre doit demeurer près du parlement;

2*. Que son absence a été cause de grands maux pour le pays;

5*. Qu'on doit apporter remède à ces maux ; 4*. Que le véritable remède est de faire un nouveau grand-sceau.

Les raisons qu'on donna furent divisées en deux

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parties; dans la première on déclarait les maux occasionnés par Fenlèvement du grand-sceau. La seconde expliquait les inçonvéniens et maux qui résultaient de ce que le parlement n'avait plus le grand -sceau. Les raisons du premier point étaient celles-ci :

I*. Le sceau avait été secrètement et illégalement emporté par le garde du sceau ^ contre le devoir de sa place qui l'obligeait à demeurer attaché au parlement et à ne s'en pas séparer sans congé; et si l'on eût découvert ses intentions^ on n'aurait pas souffert qu'il l'emportât ;

2*. Le sceau lui avait été ôté depuis et. remis entre les mains d'autres personnes dangereuses et malintentionnées; en sorte que, lorsque le parlement avait envoyé au lord garde du sceau des writs à sceller, il avait répondu qu'il ne pouvait le faire, attendu qu'il n'avait pas le sceau entre ces mains ;

3*. Ceux à qui on en avait remis la garde , l'avaient employé en plusieurs manières au dommage et à la ruine du royaume, comme à créer de nouveaux shériffs d'une manière inusitée et illégale , pour en faire autant de. généraux ou commandans de troupes levées contre le parlement, à conférer illégalement des commissions d'enrôlement et d'autres commissions également illégales dans le même objet, à publier des pro-* elamations contre les deux chambres, à pro-

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clamer traîtres plusieurs de leurs membres, contre les privilèges du parlement et les lois du pays , à sceller des commissions d^qyer et terminer pour procéder contre eux et d'autres bons sujets de Sa Majesté attachés au parlement , en qualité de traîtres, à envoyer des commissions en Irlande pour traiter de la paix avec les rebelles contre un acte du parlement fait pendant cette session, sans compter d'autres actes dangereux auxquels le grand-sceau a été employé depuis qu'on Ta enlevé au parlement, et d'oîi sont résultés de grands maux et calamités au préjudice du royaume.

L'absence du grand-sceau avait eu en outre les inconvéniens suivans :

i". Les termes ont été ajournés et le cours de la justice interrompu.

, 2^. Aucun writ original ne peut être obtenu sans aller à Oxford, ce que ne peut faire aucun des partisans du parlement sans péril de la vie ou de la liberté.

5**. Il ne peut sortir du parlement auciine proclamation pour sommer les délinquans accusés de haute trahison ou autres crimes > de comparaître , sous peine de confiscation, selon les anciens usages.

4"' On ne peut rendre eil parlement aucun vvrit d'erreur pour rectifier des jugemens erronés. Aucun writ d'élection ne peut être doiiné pour le choix de nouveaux membres, à l'occasion de la

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mort ou de l'ëloignement de quelqu'un d'entre eux, par quoi le nombre des membres est fort diminué et les chambres courent risque d'être dissoutes sL on ne supplée bientôt à cet inconvénient, ce qui serait contraire à l'acte de continuation du parlement.

5". Toutes les autres cours de justice ont un sceau particulier, et le parlement, la cour suprême de l'Angleterre ,• n'en a pas d'autre que le grand-sceau d'Angleterre, et comme celui-ci lui a été enlevé , elle se trouve maintenant n'en avoir aucun ; en raison de quoi il faut &iire un nouveau sceau.

6"*. Ce sceau est clai^is regni et doit par conséquent résider p^s du parlement qui, tant que dure sa session, est le corps représentatif de tout le royaume, le Roi, aussi bien que le royaume, étant toujours légalement présent à cette session.

D'après ces motifs, les lords se réunirent à la chambre des communes, et on donna ordre de refaire immédiatement un nouveau grand-sceau, ce qui fut exécuté.

Cette action du parlement parut être peu agréable au Roi, et l'on en peut juger par ce qui se passa à Oxford environ un an après , lorsque le Roi eut assemblé les lords qui se trouvaient près de lui et les membres de la chambre des communes qui avaient déserté le parlement de

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Westminster y pour en composer ce qu'il appela son parlement d'Oxford. Il leur proposa plusieurs sujets de discussion; entre autres choses^ on y débattit cette action sous le titre de contrefaçon du gran4-âceau et elle fut déclarée trahison y et tout le parlement de Westminster, ex facio^ coupable de haute trahison*

Cette décision du parlement ^ relative au nouveau grand-sceau, causa une stupéfaction générale, et plusieurs sedemandèrent ayecétonnement quelles seraient les conséquences de cette mesure inouie. Quelques personnes, jusqu'alors fermementattachées au parlement et qui l'approuvaient fai't d'une action si convenable et si utile dans le présent ét^t des choses, la considérèrent néanmoins comme un triste symptôme des déchiremens du royaume, et un signe d'après lequel oii^ pouvait jfi^p à quel point les différends du Roi et du parli^ment étaient devenus irréconciliables^ Il n'y eut du reste parmi ceux qui n'étaient point contraires au parlement, que très-peu de diseus-^ sions sur la légalité et la régularité (^ cet acte ; et quoiqu'on n'en eût aucuii précédent, direct ou absolument applicable , le cas d'un Roi personnellement en guerre contre le parlement en^ aes-^ sion ne s'étant paseacore présenté, cependant, p»i: la comparaison que l'on fît du tempa présent avec ceux ou. les nécessités de l'état avaient requis une chnse Bax:j^iUq,.on la regarda^omn^ nonnseulemeat

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permise^ mais nécessaire. Jene* sache pas que rien ait élé écrit ea sens contraire par aucun jurisconsulte ou autre', des partisans du Roi; mais Fun des partisans du parlement, M. Prynhe, jurisconsulte savant et grand *,antîqua ire, a écrit, pour le justifier, un long traité, sous le titre de }l Ouverture du Orànd-- Sceau d^jingîeterrey où il le défend- et par des argumens et par un grand nombre de précédens qui s'en rapprochent beaucoup. Ce traité existe et peut être lu par tous ceux qui sont bien aises de connaître quel pouvoir les parlemens ont réclamé et obtenu en divers temps sur le grand-sceau , soit en prenant sur eux de le faire confectionner dans 'l'enfance ou l'absence de quelque prince, soit en en dis-^ posant en cas de folie ou d'obslinatioh de quel* q^uès autres.

- Mais, avant que cette 'affaire fût entièrement finie, on mit en discussion dans la chaihbrè des éommunes une autre chose qui prouva aussi évidemment à quel point la rupture était devenue irréparable. On ^è consulta quelque teînps avant de l'entreprendre , et il y eût beaucbupde raiisons données pour eteontre. Il s'agissait d'une accusation de haute trahison contre laReiriéi On la motiva sur plusieurs faits d'utiegrainde importance, entre autres, sur ce qu'elle avait ^ligagé en Hollande les joyaux de la couronne, sur ce qtfélle avait excité la révolte d'Irlande, sur ce qu'elle

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s'était efforcée de former un parti en Ecosse contre le parlement , sur ce qu^elle était entrée en Angleterre à la tête d'une armée papiste. En effet , peu ayant cette époque, la Reine avait débarqué dans le nord de rÀngleterre, amenant des Pays- Bas des arm^s^ des munitions et plusieurs officiers. Elle y avait été reçue par le comte de Newcastle, qui l'avait conduite au Roi, à Oxford, avec un nombreux corps de troupesi On rédigea contre la Rîeine plusieurs autres chefs d'accusation sur lesquels, peu de mois après, elle fut acctisée de haute trahison par les communes, et laccusatibn fut portée par M. Pym à la chambre des lords, où elle demeura arrêtée plusieurs mois; mais où elle pasto enfin, ainsi qu'on le dira dans son temps.

Les. deux chambres avaient également ordonné auparavant qtie le revenu du Rpi et de la Reine reçu par l'échiquier, y serait retenu et employé au service public (i), ce qui fut exécuté. Un co-

(i) Le 2 juin suivant , la motion ayant été faite , dans la chambre des communes , d'ordonner la visite du trésor de Tabbaye de Westminster , oii étaient gardés les insignes de la royauté , on agita la question de savoir si, en cas de refus du doyen et du chapitre de livrer les clefs , on forcerait les serrures; le vote négatif passa à la majorité de 58 voix contre 37. Le lendemain , la question fut reproduite, en y ajoutant que le cas échéant , il serait fait un inventaire des objets trouvés , de nouvelles serrures mises aux portes , et que rien

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mité pris dans les deux chambres fat chargé d eu disposerdelamamèrelaplasaYantageuse.Cefonds servit à pourvoir à plusieurs des charges nécessaires du gouvernement; et^ entre autres choses^ ce qui parut une sorte de légitime représaille , plusieurs membres des deux chambres^ dont les propriétés avaient été saisies par les armées du Roi^ obtinrent à Londres 9 sur ses revenus ^ des secours qui les mirent en état de subsister tandis qu'ils remplissaient les fonctions publiques auxquelles ils avaient été appelés.

Mais les dépenses nécessaires pour soutenir une guerre si étendue 9 étaient devenues tellement excessives que ni contributions , ni taxes n'y pouvaient suffire. On crut devoir proposer 9 à l'exemple des Hollandais , un droit d'excisé sur les denrées^ telles que la bière 9 le vin 9 le tabac et la viande. La proposition en fut prise en considération par les deux chambres et votée dans le courant de l'été ; mais cette excbe fut imposée avec tant de modération 9 particulièrement sur les denrées de première nécessité, que , soit riches, soit pauvres, personne n'en ressentit que fort légèrement le poids. Cependant elle produisit

ne serait dérangé de sa place sans l'ordre de la chambre ; alors Taflirmative Teniporta d'une voix , de 4^ contre 4 ^ ■ {Histoire parlementaire , tom. 3, col. n8.;

{Note de r Editeur.)

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chaqae mois noe somme considérable^ bien que les quartiers du Roi occupassent alors la plus grande partie de TAngleterrej mais ia ville de Londres e'tait dans les quartiers du parlement.

Pour revenir au lord-général Essex» Son Excellence, ^y^Qt, comme on Ta dit, reçu au mois (le mai 1645 la nouvelle de la défaite de l'armée (lu parlement dans l'ouest > et ne pouvant, dans 1 état où étaient les choses, la secourir elle-même, envoya ordre à sir William Waller de marcher pour soutenir les troupes du Devonshire, et elle écrivit au gouverneur de Bristol dç secourir sir William de tout ce qu'il pourrait tirer de sa garnison, soit cavalerie ou infanterie; mais cet ordre ne put recevoir son exécution (i); et, avant que sir William Waller se fût avancé dans l'ouest, le pri nce Maurice^ le marquis deHertford et sir Ralph Hoptou avaient opéré leur jonction. Comme la cité de Londres, de qui venaient les secours d'argent, désirait beaucoup que le lord-général mar*

(i) Le comte d'Essex , dans sa lettre du 24 avril , se plaint ^e ce qne sîr William Waller n'est pas venu le joindre comme il lui eo avait donné Tordre ^ bien que le prince Maurice se soit éloigné de sir William pour se tourner contre lui , comte d'£ssex. {Histoire parlementaire , tom 3 9 col. 1 1 1 .) On va voir la mésintelligence s'accroître entre ces deux généraux , et leurs partis respectifs dans l'armée et dans le parlement, se rattacher aux deux grandes divisions du parti de la paix et du parti de la guerre. (Note de FEdit,)

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chat avec toute son armée vers Oxford , il y consentit^ bien qu'un peu contre sa propre opinion , et il se dirigea sur Thame avec son principal corps d'armée , pour s'y réunir aux troupes que lui envoyaient les comtés confédérés pour le secourir. Comme son commandement s'étendait sur tout le royaume, actuellement envahi par une guerre générale et dévasté par plusieurs armées à la fois, il délégua, par ordre du parlement, une partie de ses pouvoirs à lord Fielding, alors devenu comte de Denbigh, par la mort de son père, tué peu auparavant, dans une rencontre, en combattant contre les troupes du parlement. Il lui donna la commission de général de quatre comtés, Shropshire, Worcester, Staffbrd et Warwîckshire, l'autorisant à lever des troupes pour les conduire contre les troupes du Roi, partout où l'ordonnerait le parlement ou le lord-^général. Il accorda aussi, en même temps, une autre commission semblable à sir Thomas Middleton , pour lever des troupes, en qualité de général, dans le nord du pays de Galles.

A Thame, la main de Dieu visita l'armée du lord -général; la maladie en vint à ce point d'intensité que des centaines de soldats tombaient malades, en un jour, d'une manière désespérée. Le temps y fut aussi étrangement mauvais, on eut quatorze jours de suite de grandes pluies; et, comme ce lieu était situé sur un terrain plat.

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humide et argileux , il devenait impossible d'en sortir. En même temps , la maladie et le départ de la plus grande partie des troupes auxiliaires avaient tellement réduit Tarmée , qu'on ne pouvait plus entreprendre , sans une ruine certaine, le projet qu'on avait formé d'abord, surtout si l'on considérait la situation d'Oxford sur la Tamise; le lord-général ne jugea pas possible, comme il le dit lui-même, de bloquer cette'ville, à moins d'un corps de troupes deux fois plus nombreux que le sien.

Mais lorsque la pluie cessa et que les eaux se furent i^tirées pour laisser les passages libres, on apprit que le prince Robert avait conduit sa cavalerie, son infanterie et ses canons à Buckingham, et y avait fait un appel aux gens du pays, déclarant que son intention était de livrer bataille au général* Le général marcha avec quelque diligence vers Buckingham pour le combattre; mais, en arrivant à deux milles de cette ville, il trouva les choses bien différentes de ce qu'il avait pensé. Il apprit que le prince avait quitté Buckingham dans une sorte de désordre , que, le soir d'auparavant , il avait mis son infanterie à cheval et s'était éloigné , laissant derrière lui quelques provisions.

Le lord-général comprit qu'avec son artillerie et son infanterie, il lui était impossible d'atteindre l'ennemi. S'il eût été alors assez fort en"

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fca Valérie, il aurait cherché à empêcher le prince JVobert de faire sa jonction avec la Reine, qai marchait vers Oxford avec un corps considérable de cavalerie , qu'elle amenait des parties septentrionales de l'Angleterre, oà elle avait débarqué en revenant des Pays-Bas ; mais, ne pou-* vant accomplir ce projet , il renonça à marcher sur Buckingham, oii il envoya seulement un parti de cavalerie pour y passer la nuit et enlever les munitions qu'y avait laissées l'ennemi. Pour lui , il marcha avec le reste de son armée vers le grand Brickhill , qui était le lieu oii il pouvait se poster le plus favorablement pour intercepter la route de Londres, pour défendre les comtés confédérés et pour porter secours ou se se joindre aux forces de lord Grey de Grooby , de sir John Meldrum et du colonel Cromv?ell , auxquels il avait écrit d'attaquer, s'il leur était possible , les troupes de la Reine et de l'empêcher de se réunir au Roi. Mais il parait que la chose ^ ne put avoir lieu; en sorte qu'on laissa la Reine et le prince Robert se réunir avec toutes leurs troupes. Sir William Waller avait été long-temps vainqueur dans l'ouest (i); mais la fortune du

(i) L'ëclat des avantages qu'avait remportés sir William Waller, et qu'il devait à une bravoure peu commune , avait augmenté en lui une audace naturelle, qui n'était pas, à ce qu'il parait , exempte de présomption. Apres la victoire

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parlement commença à décliner presque partout. ' Le lord*gënéral apprit que sir WiUiî^m , après

de Laudsdown , sur le marquis de Hertford , il avait fait publier^ selon Clarendon , des ordres à tous les juges de pai^ et constables , pour qu'ils eussent k arrêter tout ce qui leur tomberait entre les mains des débris de l'armëe du marquis , la croyant tellement détruite qu^il n'y avait plus qu'à procéder criminellement contre ce qui restait , et contre le marquis lui-même, qu'il s'attendait chaque jour à voir amener prisonnier. Il était donc, à juste titre, le héros de son parti; on ne l'appelait plus que Gnillaume-Ie- Conquérant , et c'était, sur lui que se tournaient les yeux des partisans de la guerre , mécontens des dispositions modérées que commençait à manifester le comte d'Essex. Whitelocke . et Clarendon parlent d'une lettre que celui-ci avait écrite au parlement, pour l'engager à tâcher de faire la paix; conseil qu'il fondait sur le mauvais état de son armée. On ne trouve, dans Y Histoire parlementaire ^ aucune trace de cette lettre , mais seulement une lettre fort courte et assez triste, oii , sans s'expliquer^ le comte demande qu'on lui envoie des commissaires pour conférer avec lui sur des choses urgentes. Les commissaires furent nommés, mais ne purent parvenir à l'armée du comte, parce que les roQtes étaient coupées par les troupes royales. On voit ensuite une lettre du conseil de guerre de l'armée du comte , contenant un tableau déplorable de l'état oii elle se trouve ; mais nulle part un mot dep^x. Cette lettre , dont Clarendon et Whitelocke parlent positivement, aura pr<^ablement été supprimée. Clarendon en parle comme de la première démarche du comte en ce sens, et, d'après Whitelocke, il pa<raît qu'elle avait à piei^ près déterminé le parti à l'écarter. La défaite de sir William , à Roundaway, ajourna , à ce qu'il

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s'être rendu maître de presque tout Touest et avoir assiégé sir Ralph Hopton dans Devizes^ ville du Devonshire, avait été' attaqué, à l'improviste , par des troupes venues d'Oxford , sous le commandement du lord Wilmot^ totalement mis €a déroute et forcé de se retirer à Bristol. Le général, en recevant ces nouvelles, forma d'abord le projet de marcher en personne au secours de l'ouest; mais ayant appris, par les détails qui arrivèrent ensuite, que les troupes de

paraît , pour quelque temps , les projets contre le comte , qui commença , de son coté , à prendre un ton un peu plus haut. ( Histoire de la Rébeliion, tom. 6 , pag. i lo , ï34 , \lfi. Mémoires ^e Whîtelocke , pag. 67. Histoire parlementaire, tom. 4> col. iSg et i55. )

Sir William Waller était richfe , de bonne famille , il avait été bien élevé, et avait servi, avant la révolution, dans l'étraDger , 011 il avait acquis de la réputation. Dans une querelle qu'il eut aux portes de Westminsler*Hall , avec un parent de sa femme attaché au service du Roi , celui-ci le provoqua tellement , que sir William se laissa emporter à lui donner un coup sur la figure. La question était de savoir si le coup avait été donné en dedans ou en dehors de Westminster-Hall , lieu privilégié. Deux témoins firent serment que c^était en dedans ; l'affaire devenait grave , l'offensé avait de grandes protections. Sir William ne s'en tira qu'au moyen d'une forte amende, que ^ pour copible de dépit , il fut obligé de payer à son adversaire. Clarendon attribue à ce motif son ardeur dans la cause du parlement. Elle en avait probablement beaucoup d'autres. {Histoire de la Ré-bellion, tom. 6, pag,. 108.) {Note de V Editeur. )

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sir William avaient été tellement défaites qu'elles ne pouvaient plus lui être d'aucun secours , il fut obligé de renoncer à toute entreprise. Voyant d'ailleurs à quel point son armée était réduite par l'accroissement continuel d'ime violente maladie et par le défaut de paie , de vêtemens et des autres choses nécessaires^ il résolut de ne pas s'avancer davantage et de ne pas courir le risque^ en engageant trop loin une faible armée ^ de la perdre et de mettre en danger le royaume, d'autant plus qu'on ne pouvait avec sûreté éloigner beaucoup de leur territoire les troupes des coniles confédérés. Il prit donc le parti de rétrograder vers Londres et de cantonner les tristes restes de son armée à Kingston sur la Tamise et autres lieux adjacens . Je laisserai quelque temps ce grand général dans l'embarras oii il se trouve, jusqu'à ce que quelques semaines lui aient donné le temps de recruter soft armée et les moyens d^entreprendre sa fameuse et honorable expédition pour secourir Glocester. -

Tels étaient, à cette époque, les succès qui, de toutes parts, couronnaient l'armée du Roi, qu'elle semblait assurée d'une victoire entière, et le parlement menacé d'une ruine totale. D'un côté, une longue maladie et lé manque de toiit détruisaient chaque jour l'armée. du général. Sir Willianoi Waller, si long - temps victorieux dans Fouest, venait d'y être complètement défait, et en 2. II

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même temps le lord Fairfax , et son fils sir Thomas Fairfax 5 biea que la Providence réservât à celui-ci dans ravenir la gloire la plus émineote^ avaient été mis en déroute par le comte de New-* castle y dans le nord de l'Angleterre 5 où ils com* battaient à la tête de tous les gentilshommes qui tenaient pour le parlement* Le père et le fils avaient été repoussés jusque dans la ville de HuU. De l'autre coté , les armées du Roi étaient fartes et au complet. Sir Ralph Hopton ^ à qui son courage et son habileté avaient valu de la part du Roi le titre de baron , était dans l'ouest à la tête d'une brillante armée ^ à laquelle il semblait ne rien manquer qu'un ennemi puissant. Les autres troupes du Roi étaient en liberté de choisir le lieu qui leur, plairait pour le théâtre de leurs exploits* Le prince Robert fut envoyé pour mettre le siège devant Bristol y qui avait pour gouverneur le colonel Nathaniel Tiennes y second fils du vicomte Say. Dans l'état où étaient réduites les affaires du parlement , cette ville ne pouvait tenir long-temps, et se rendit bientôt au prince; c^était une des places les plus importantes du royaume* Le prince Maurice vînt avee une autre armée mettre le siège devant Exeter ^ où le comte de Stamford s'était retiré, après sa défaite à Stret-^ ton, en Cornouailles. Ge lord avait long'-temps résisté dans les comtés de Fouest, avee des succès divers et en de chaudes rencontres , à sir Ralph

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Hoptoa et à d^autres généraux dn parti du Rot ; mais il ayait succombe ^ à la fin ^ par la perfidie de quelques uns de ceux qui avaient d'abord pris parti avec lui. Exeter après un long siège capitula , faïute de vivres.

Mais le nuage qui oliscurcîssait dans le nord la fortune du parlement ^ et menaçait naérne de porter la tempête dans les lieux les plus éloignés ^ c'était le comte de Newcastle et sa puis*santé armée^ devenue redoutable aux comtés con^ fédéra et à beaucoup d'autres lieux du royaume. Cette armée était alors la-plus Sari» cpi'il y eût en Angleterre^ bien entretenue par de grosses coatrîbukioos levées dans le pays^ et elle paraissait assez puissante ^ jotoât- seulement pour coote^, nir toutes les troupes que pourrait lui opposer l'Angleterre, mais pour servir au RjOi-^comme de boulevard contre la plus £orte. armée que le royaume d'Ecosse put être en état d'envoyer au secours du parlement d'Angleterre ; car le par^ lement s'était adi^essé aux Écossais, pour leur démander leur fraternelle assistance, et avait résolu de former un cavêuant, avec ew^ po^ir Ia dé£^se de la religioai et de la liberté coinmune des deux nations (i).

(i) L'état ou étaient les affaires du parlement domiaît aux lords , à ce qu'il parait ; peu d'empressement à s*enga^ ger j du juBDins persoiliiellement , dans cette union avec

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Il plut à la divine Providence , dont les voies sont si souvent hors de la portée des conjectures de rhonime, qu'avant l'arrivée des Écossais^ cette forte armée trouvât en Angleterre un ennemi digne Ae ses craintes. La valeur personnelle et la digne conduite de sir Thomas Fairfax , réduit si peu de temps auparavant à la plus triste situation , devinrent si fatales à l'armée du comte de Newcastie ^ affaiblie d'ailleurs par les échecs successifs que reçurent plusieurs de ses corps , envoyés séparément en divers lieux ^ que les Ecossais trouvèrent en Angleterre un passage &cile.

C'est une chose digne de considération ^ et impossible à passer sous silence^ que l'infatigable

l^Écosse.'Le comte dé Rutland et le lord Grey de Warke ayant été 'rit>taixiés commissaires pour se rendre en Ecosse, Ip^ptomier, selon Giarendon, profita d'une indisposition pour s'en faire dispenser , et le second , après s'être excusé sur divers prétextes , et avoir essayé dn moins de faire ses conditions, finit par refuser positivement, et fut mis à la Tour. Les lords, craignant probablement qu'un nouveau èkoix j en oe moment , ne les obligeât à un nouvel exemple de $éyQrité,)fïrèttt prier la chambre àes communes,' pour ne pas retarder l'affaire, d'envoyer. toujours ses ■ commissaires, en attendant qu'ils eussent nommé les leurs. Les commissaires des communes partirent en effet tout seuls. {His^ taire de la Rébellion , tom. 6 , pag. 148. — Histoire parle^ nfentaire , tom. 3 , col.' i48 et i5o.) , . , (;Note de r Editeur.)

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constance et. le surprenant courage avec lequel Jes deux FaiiiÊuc, père et fils^ travaillèrent à conserver au parlement les parties septentrionales de l'Angleterre , . surtout lorsqu^on fait attention à la puissance des ennemis qu'ils avaient à combattre ^ à tous les malheurs inattendus qui leur survinreat , et aux secours dont se grossirent dans plusieurs occasions les forces de leurs en^ nemis. Si l'on ne peut rapporter ici les- détails complets de leurs actions, elles y seront au moins indiquées d'une manière générale.

Depuis qu'on avait entrevu la possibilité de cette funeste guerre , et que la commission d'enrôlement avait commencé à se trouver en conflit avec les ordonnances du parlement sur la milice, le lord Fairfax avait été très - actif à lever des troupes (i), et s'était réuni , dans cette vue, très-

(i) Lorsque le Roi eut quitté le comté d'York ^ les for-r ces des deux partis s'y trouvèrent si également balancées, qu'ils convinrent de s'en tenir à la neutralité , sans envoyer de secours ni de part ni d'autre. Le traité fut conclu entre lord Fairfax et M. Bellasis^ fîh aîné de lord Falconbridge. Tous les gentilshommes du comté y accédèrent^ sauf le jeune Hotham et sir Edvrard Rhodes ; mais le parlement 9 mécontent de ce traité , reprocha à lord Fairfax de s'être laissé duper par le parti ennemi , déclara qu'oa n'était nullement lié par un pareil traité , et que les amis du parlement u'ea devaient pas moins continuer à le ser-^ xir de tout leur pouvoir. On. essaya de même dans plusieurs

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intimement ayee sir John Hotham et son fils ^ M. Jôfan Hotham y anssi membre de la chambre des communes ^ et gentilhomme non-seulement actif mais heureux dans ses entreprises , tant qu'il demeura fidèle au parti qu'il avait d'abord choisi. Lorsque la guerre eut éclate > le lord Fairfax y seul ou de compagnie avec M. Hotham ^ avait pris et fortifié pour le parlement plusieurs villes et forts y et avait soutenu plusieurs combats satt^ans et terribles contre de puissans ennemis. Le comte de Cumberiand y nommé d'abord par le Roi lord - lieutenant du comté d'York , n'avait pas été en état de les répritoier ; à peine même . avait - il pu se soutenir contre eux. Au mois d'ocitobre 1643 y ils avaient pris et fortifié^ malgré lui y lé château de Gawood et la ville de Selby; ils surprirent aussitôt après la ville de Leeds y où était cantonnée une partie des troupes du comte , à qui ils firent plusieurs prisonniers, chevaliers et gentilshommes de rang , parmi lesquels se trouva sir Georges Detherick avec toute sa compagnie.

Le comte de Cmnberland lui - même fut repoussé peu de jours après jusque dans la ville

comtés d'établir la neutralité, mais cela ne servit guëres qu'à donner à l'un des partis les moyens de surprendre l'autre. ( Mémoires de Wliitel. , pag. Sg. — ► Histoire de la Rébellion , tom. 5, pag. 287 et suir. ) {Note de F Editeur. )

d'York y assied par lord Fairfax et^M» Hotbam^ et somxBé de 66 rendra. Cela arriva environ dana le temps de la faiaeuse bataille de Keynton,

Mais le comte de Newcastle entra dans York avec des troupes plus considérables ^ tandis que le lord Fairfax et le capitaine Hotham n'en étaient pas très-éloignés. Lorsqu'il en sortit , ils l'atta* quèrent , malgré sa force , le 7 décembre p à Tadcaster. Le combat ou plutôt les différentes escarmouches livrées en cette occasion durèrent en** viron <inq heures , et les troupes du parlewcient y surent si l^i^ prendre leurs avanta^ que , selon le rapport fait au parlement , elles tuèrent au comte deujK cents hommes ^ et n'en perdinent que huit , parmi lesquels se trouva le capitaine Lister dont la mort fut fort déplorée dans le pays» où il «était estimé comme un homme brave dt re* ligieux. Après plusieurs escarmouches, l'armée du parlement eut le bonheur de faire sa retraite sur Gawood et Selby , laissant le champ de ba<tailie au comte , dont les forces se montaient , dît-on y à huit mille hommes , tant cavalerie que infanterie , tandis que le lord Fairfax et le capitaine Hotham n'avaient pas plus de deux mille cent Êiutassins et sept compagnies de cavalerie. Hs en auraient eu davantage , si sir Hugh Cholmley et le colonel Bainton étaient venus, comme on les attendait, avec leurs régimens d'infanterie et deux compagnies de cavalerie.

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Le comte de Newcastle se trouva alors nonseulement maître du champ de bataille ^ mais formidable à tous les pays adjacens, qui implorèrent le secours du parlement. Le parlement hâta l'association des comtés les plus proches de Londres, afin d'être en e'tat de s'en servir pour secourir ceux qui étaient les plus éloignés (i).

Le parti du Roi reçut alors une augmentation de jforces dans le nord , par le débarquement du colonel Goring à Newcastle avec deux cents officiers venant de Hollande, et des munitions de guerre.

Le comte de New^castle , après avoir quitté Tadcaster, surprit la ville de Leeds, oii il prit plusieurs gentilshommes qu'il força de se racheter très-chèrement ; ce qui lui donna ensuite les

(i) L'occupation de Newcastle par les armées royales était très-incommode à la ville de Londres, parce qu'elle rendait plus difficile l'envoi des charbons de terre. Le parlement , pour exciter le zèle des habitans de la cité à reconquérir cette partie de l'Angleterre, prit une mesure pareille à celle qui avait été prise pour l'Irlande, et traitant de même le nord de l'Angleterre en pays conquis , il ordonna que les biens de plusieurs grandes familles de ces contrées seraient engagés aux prêteurs ( adventurers ) qui voudraient hasarder leur argent pour cette expédition. ( Histoire parlementaire , tom. 3, col. ii8.) (Note de r Editeur.)

moyens de payer sa grande armée. Ce fut alors aussi qu'il donna des commissions aux papistes de ce comté y pour les autoriser à s'armer en faveur du Roi , ce qu'il justifia par des écrits publiés à cette occasion. En même temps il proclama traître le lord Fairfax.

Malgré les succès du comte , le lord Fairfax s'avança à la tête de ce qu'il avait réuni de troupes^ et fut heureux en plusieurs occasions contre différentes portions de l'armée du comte de Newcastle; une fois à Sherburne^ entre Tadcaster et Doncaster^ et une autre fois à firadford^ contre un parti de l'armée du comte , sous la conduite du colonel Goring , du colonel Evers, de sir William Savile, et de sir John Gotherick, qui étaient venus avec un bon nombre de cavaliers et de dragons^ pour surprendre la ville de Bradford; mais des troupes ayant été envoyées à temps au secours de cette ville , ils furent obligés de se retirer avec quelque perte. Quoique cette action ne puisse être regardée comme une victoire , ce fiit cependant un succès heureux , puisqu'on repoussa un ennemi très-supérieur en nombre.

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