CHAPITRE IV
Quelques actions de sir Thomas Fairfax dans ie nord. La Reine débarque en Angleterre. Dé^ fection de sir Hugh Cholinley et des deux Hotham. État de la guerre dans V ouest. Situation des comtés confédérés. Relation abrégée des actions de sir TFilliam JV aller ^ du colonel Cronvwelly de sir W^illiam Brereton et de sir John Gell.
Sir Thomas Fairfax fit de grands exploite dans les mois de janvier et de février; car aucune saison de l'anne'e, aucune des tempêtes de l'hiver ne pouvaient i^almer le furieux incendie de la guerre civile. Le aS janvier i643, sir Thomas Fairfax partit de Bradford , à six milles de Leeds , avec six compagnies de cavalerie et trois compagnies de dragons sous le commandement de sir Henri Fowles baronet^ lieutenant -géne'ral de sa cavalerie , et près de mille mousquetaires et de
deux mille paysans armés (clubmen) (i), sous /
(i) La dénomination de clubmen répond à celle de maillotins , hommes armés de maillets et de massues. De même que les maillotins en France , les clubmen furent des hommes de la classe du peuple , soulevés par la souffrance , et que la nécessité de se défendre avait armés des
le commandeniefit de sir William Fairfiix^ eoloiael et lieutenant-général de son infanterie. En
grossiers instrumens qui se trouvaient sous leurs mains. Maïs ce fut âans Paris que se soulevèrent les maillotins de France ; les cluhmen anglais étaient les hommes de la campagiie 9 désolés parles deux partis, et se réunissant pour se défendre tour-à-tonr contre celui qui les opprimait le plus dans le moment. May en parle ici pour la première £chs y et sir Thomas Fairfax, dans la relation qu'il a donnée (voir les Mémoires de Fairfaz) de cette campagne du nord , ne désigne pas sous le nom de cluhmen les gens du pays , dont il raconte en effet qu'il reçut d^assee grands sepoiiTs ; cependant ce nom est consacré dans les écrits du temps. L16S cbibmeh. jouèrent plus tard ua raie très-important, quoique peu actif, dans la guerre civile. Le but de leur association , c'était le maintien de la paix et de la propriété ; leur véritaLle ennemi, c'était la guerre et ceux qui la faisaient. Un parti n'obtenait guères leur alliance que posr prÎK de l'asastance qu'ils en recevaient contre un parti plss pressant^ aussi étaient-ils d'ordinaire pour le parti le plus faible , prêts i se retourner ensuite contre lui lorsque c'était de lui que Tenait l'oppression. On les Toit ce|»endant paraître d'abord en générai contre le parti royaliste, ici pour seconder Fairfax; en^raite, au mois de mars i645 , ils se lèvent en grand nombre dans les comtés de Dorset et de Woroester, « en attitude défensive , dit Wàitelocke {Mëm&ù-esj pag. i3o), et rje^usant de servir le Roi conformément à sa proclamation. » Leur nombre s'augmente dans les comtés du midi , k raison des succès naoDientanés du parti du Roi à cette époque , et leur colère , comme il est assez ordinaire, s'accroît avec leur nombre. 4000 se réunissent dans le comté de Dorset et menacent de
approchant de la ville de Leeds ^ sir Thomas envoya un trompette à sir William Savile^ commandant en chef de la ville sous les ordres de lord Newcastle^ et le somma de la rendre au nom du Roi et du parlement; mais ayant reçu de sir William une réponse déterminée et assez insultante , il s'approcha davantage et se prépara à donner un assaut ^ bien que la ville fût défendue par une garnison de quinze cents fantassins et de cinq cents cavaliers ou dragons ^ et deux canons de bronze. Sir Thomas Fairfax prit cinq compagnies de ses meilleurs soldats ^ qu'il plaça dans un endroit favorable sous le commandem.ent du major Forbes et des capitaines Briggs , Lee, Frank et Palmer,- sir William Fairfax, à la tête de son régiment et en face de Tennemi, donna l'as*
piller tous ceux qui ne se joindront pas à eux pour exterminer les cavaliers. Le prince Robert essaie inutilement de les apaiser, et les constabi es. refusent de livrer la liste de leurs noms (Mémoires de Whitel.pag. i3i ). Dans le comté de Worcester, assemblés au nombre de 149O00 , ils font demander au colonel Massey de se joindre à eux pour assiéger Hereford , alors entre les mains des royalistes. Masse j y consent, à condition quils se déclareront entièrement pour le parlement. Alors ils demandent quelques jours et ne se déclarent point ( /6iVf. pag. i33 et i35); puis, lorsque la fortune se déclarant ensuite pour les parlementaires , livrera le pays à de nouveaux oppresseurs , on verra les clubmen devenir pour eux un obstacle et un objet d'inquiétude. ( Note de V Editeur. )
saut avec beaucoup d'habileté et de courage ^ taudis que le major Forbes en faisait autant de son côté. Sir Thomas en personne conduisait les troupes i encourageant tous ses soldats et les instruisant à la valeur par son propre exemple.
Après deux heures d'un combat très-vif, et malgré la bonne conduite des assiégés^ sir Thomas FairÊix, sir William Fairfax et sir Henri Fowlcs entrèrent dans la ville de leur côté^ et le major Forbes du sien avec le capitaine qui raccoinpagnait. On prit dans la ville les deux canons de bronze y une bonne provision d'armes et de munitions^ quatre drapeaux et cinq cents prisonniers , dont six officiers. Les soldats furent mis en liberté et eurent la permission de se retirer ^ mais sans armes et après avoir prêté serment de ne plus combattre dans cette cause contre le Roi et le * parlement. Il y eut environ quarante hommes tués^ dont la plupart du côté des assiégés. Le sergéni-major Beaumont se noya en cherchant à se sauver à la nage, et sir William Savile lui-même , qui y dans sa fuite y traversa aussi la rivière 3^: n'échappa qu'à grand'peine au même sort. On rendit publiquement à Londres des actions de grâces de cette victoire. Sir Thomas Fairfax avec son armée victorieuse marcha aussitôt sur Wakefield , autre quartier de l'armée du comte. Sir George Wentworth qui y commandait en chef 9 prit la fuite et le lui abandonna.
Fea de temps après il maiicha vers Tadcaster. A son approche les tronpes du comte ^ hitu que nombreuses, prirent la fuite et abandonnèretit leurs retraucLemenSm
Depuis cette époque ^ h peine dans tout le cours du printemps suÎTant se passa-t-il une quinzaine sans que dans cette partie du nord le»
troupes du Roi ne reçussent quelque accroissement de force. Au mois de février y le général King, habile officier écossais , arriva de Hollande, débarqua à Newcastle , se joignit au comte et se rendit à York avec des armes pour six mille hommes. Dans le même mois, la Reine Tenant de Hollande^ débarqua aussi à Sunderland (i)
(i) La Reine ayant débarqué à Bridlîngton , se logea sur le quai oii Fon avait préparé une maiscm pouf la re<:evoir ; mais pendant la nuit Batten , vice-amiràl du - parlement , qui l'avait manquée au passage^ vint avec quatre vaisseaux dans la rade de Bridlington , et vers le matin s'approcha le plus près qu'il put de la maison qu'habitait la Keine, sur laquelle il tira à mitraille pendant plus de deux heures. La mitraille pénétra dans la chambre de la Reine, qui fut forcée de se lever précipitamment et de s'enfuir dans la caxopagne, oii elle se réfugia sous un banc^ Un honraie fut tué à peu de distance d'elle. Les lords , informés de Ge fait , ordonnèrent qu'on écrivît au comte de Warwick. pour qu'il en informât; mais cet ordre n'eut aucune suite, et la chambre des communes se contenta d'avertir le comte de Wanrick de prendre ses précautions contre les vaisseaux qui avaient amené la Reine , et qa'on soupçonnait de quelque
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avec ime grande qaantité d'armes et de munitions, et amenant avec elle plusieurs offik:iers de marque ; elle se rendit k York escortée par le comte de Newcastle.
Vers le même temps, le comte de Montrose, jeune lord écossais , d'une grande réputation dans son pays , et qui dans la guerre d'Ecosse s'était montré un des plus actifs et des plus zélés co- Ycnantaires, abandonna son partie et accompagné dn lord Ôglesbj, s'enfiiit d'Ecosse avec cent vingt chevaoï, et vint rejoindre la Reine à York; sur quoi cesdeux lords forent proclamés à Edimbourg traîtres au Roi et au pays, pour s'être véckappés d'Ecosse au mépris de leur covraant, dans l'intention d'aider Tarmée papiste; car c'était ainsi que les Ecossais nommaient l'armée du comte de Newcastle.
Le pariemeot reçut bientêt aprè^ un autre coup bien fâcheux, par la défection de sir Hugh Cholmley, membre de la chambre des communes où il était très-estimé. Il avait été, comme on l'a déjà dit, employé par le parlement en qualité de commissaire dans le nord avec le lord Fairfax et sir Philippe Stapleton, et était alors revêtu d'un emploi de confiance, celui de gouverneur de Scar-
àea$ein contre HuU. (GUrendon, Histoire de la Rébellion^ tom* 5 , pag. 247* -^ Histoire parlementmte , tom. 3 ^ coL 90.) (Noie de l'Editeur.)
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Jborough , place très-importante. Il trahit les intérêts qui lui étaient confiés ^ abandonna le parti qu'il avait embrassé et rejoignit la Reine avec trois cents hommes. Il fut alors accusé de haute trahison par. le parlement; mais ce crime ne lui tourna pas si mal qu'à plusieurs autres qui^ vers le même temps , avaient de même trahi les devoirs de leur emploi. La ville de Scarborough fut laissée entre les mains d'un capitaine parlementaire^ connu sous le nom de Browne Bushell , que beaucoup de genscroyaient disposé à la garder pour le parlement ; mais il se révolta aussi et la livra à ses ennemis.
Lors du débarquement du général Kinget de celui de la Reine qui le suivit aussitôt après^ quelques circonstances . commencèrent à faire soupçonner que les deux malheureux Hotham^ le père et le fils, trahissaient le parlement (i). L'active vigilance
(i) Sir John Hotham , homme d'un caractère hautain et morose , s'était fait détester par son avarice et la rudesse de ses manières, surtout envers ses inférieurs.* Sur quelques différends qu'il eut avec lord Fairfax, dont il refusait de reconnaître l'autorité, le parlement avait formé le projet de lui ôter so|i commandement; instruit de cette résolution par des lettres qu'il intercepta , il songea à se tourner du côté du Roi ; son fils , contre lequel il paraît qu'on avait conçu quelques soupçons, fut arrêté et mis en prison à Nottingham ; s'éiant échappé dé sa prison , il traita secrètement avec le comte de Newcastle , et se rendit à Hull ,
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de quelques hommes de son parti dëcouvrit leur trahison ; mais on en parla long-rtemps sans (obtenir plus de confiance que n'en obtenaient les prophéties de Cassandre ; et lorsque la chose devint eTidente ^ les honnêtes gens éprouYerent nonseulement une grande surprise, mais encore une vive douleur à la vue d'une telle circonstance. On verra plus au long dans la suite les détails de cetle découverte et tout le mal qu'elle aurait causé au parlement si elle n'eût été prévenue à temps. Tous deux furent accusés dans le parlement^ saisis à HuU et envoyés à Londres où ils demeurèrent long-temps prisonniers à la Tour avant leur procès et leur exécution.
oii l'état des affaires du parlement en ces cantons, permil au père et au fils, sans se déclarer encore ouvertement pour le B.OÎ , de se tenir contre le parlement dans une sorte d'hostilité. (Voir les Mémoires de Fairfax. ) Le parlement , dans cette situation , jugea nécessaire d'user à son tour de ruse : il envoya à Hull sir Matthew Bointon, beau*frëre de sir John , avec le titre secret de colonel de la garnison de Hull et de membre d'un comité chargé d'avance du gouvernement de la place , lui donnant mission de débaucher les soldats ^e son beau-frere. Il y réussit si bien , que sir John , s'apercevant trop tard de ce que l'on tramait contre lai , s'enfuit à Beverley ; ses soldats l'y poursuivirent , et le ramenèrent à Hull , d'oii son beau-*frère l'envoya prisonnier à Londres avec sa femme et ses enfans. Lord Fairfax fiit nommé gouverneur de Hull. {Mémoires de Whitel., pag. 67. — Histoire parlementaire , tom. 3 , col. i45- 147. )
{Note de V Editeur,) 2. 12
Tous ces désavantages, la force croissante des ennemis du parlement^ la défection de ses amis, lie purent abattre le lord Fairfax et son fils^ qui persistèrent avec un grand courage dans leur entreprise; et levant tous les eluhmen (i) du pays pour recruter le petit nombre de troupes qui leur restait ^ se mirent en état de faire ^ pendant quelque temps y une ferme résistance et d'agir utilement , en divers lieux , contre plusieurs partis de la nombreuse armée du comte de Nevrcastle.
Sir Thomas Fairfax remporta même, à Wakefield, une victoire qu'il faut appeler, non pas étrange , mais rairaculease , bien que le récit que j'en vais faire ne renferme rien dont ta vérité n'ait été gé*néralement reconnue. Une telle victoire, lorsque l'on considère l'énorme disproportion des forces et tous les désavantages contre lesquels on eut a lutter , prouve à quel point le succè9 peut cou-* ronner les entreprises audacieuse^ et justifie le vieux proverbe audaces f or tunajupat.
(i) Daas les comtés du nord, «t particulièr€inent dan» le comté d'York 9 presque tous les gentilshommes s'étaient rangés dans le parti dn Roi; il était donc asses naturel jque les paysans, sans défense conlrier lea royalistes, portassent un secours un peu pins actif qu'ailleurs aux troupes parlemenr taires; cependant il n'est question en aucun Heu die faits d'armes marquans de la part des clubmen. hes secours qu'en tirait Pair fax consistaient surtout en virres pour la subsiâtance de son armée. {Note de V Éditeur,)
Le lôFcl Fairfax, général des troupes du parlement dans le nord^ ordonna^ le ^o ixiai^ que Ton tirât des garnisons de Leeds^ Bradford ^ Halifax et Howley» un parti composé de mille fantassins^ de trois compagnies de dragons et huit escadroiis de eàTalerie^ qui furent mis sous les ordres d« sir Thomas Fairfax» Sir William Faîrfax et le sergent-major-général Gifford commandaient SQUS lui l'infanterie. La cavalerie était divisée en deux corps. Quatre escadrons étaient commandés par sir Thomas Fairfax en personne ^ les quatre autres par sir Henri Fowles. De Howley, qui était le lieu de leur rendéz-Tous , ils se dirigèrent vers Wakefield et arrivèrent devant cette ville à quatre heures du matin. Les gens de la ville étaient prêts à les recevoir et envoyèi^nt contre eux quelque cavalerie pour le^ attaquer , avec des mousqftetaires pour border des haies qui conduisaient à la ville. Il y avait dans Wakefield trois mille homme» de pied et sept escadrons de cavalerie > sans compter le régiment du colonel Latnpton^ qui arriva dans la ville après que les troupes du parlement y furent entrées. Mais ^ dès le premier choc^ les troupes du parlement mirent * en fuite la cavalerie ennemie^ et Finfanterie chassa les mousquetaires qui bordaient les haies ^ jus-^ ques dans la ville , qu^elle assaillit en deux endroits nommés Wrengate et Northgate. Au bout d'une heure de combat^ ils prirent une des pièces
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des ennemis^ la tournèrent contre eux, et^ au même instant, entrèrent dans la ville par les deux endroits à la fois. Quand les barricades furent enfoncées, sir Thomas Fairfax, avec la cavalerie^ se j^ta aussi dans la place et débarrassa la rue. Il y eut là un terrible et sanglant combat , oii le colonel Goring fut fait prisonnier par le lieutenant Matthéw Alured, membre de la chambre des comnfUnes. Cependant il restait sur la place du marché trois escadrons de cavalerie et le régiment du colonel Lampton. Le major-général GifFord leur envoya-un trompette pour leur offrir quartier, s'ils voulaient mettre bas les armes. Il n'en reçut qu'une réponse dédaigneuse. Alors il fit feu sur eux avec une pièce de leurs propres canons^ et la cavalerie les chargea aussi avec une grande impétuosité, en sorte qu'ils.furênt bientôt chassés de la ville et tous leurs officiers faits prisonniers. On prit, en outre > 27 enseignes d'infanterie^ trois cornettes de cavalerie et environ quinze cents soldats; Les troupes du Roi furent également forcées d'abandonner, dans leur fuite, quatre pièces d'artillerie et des munitions qui tom- . bèrent au pouvoir de l'armée du parlement. Après avoir ainsi occupé la ville , sir Thomas Fairfax se trouva trop faible pour la garder en même temps que ses prisonniers. Il l'abandonna donc et se retira avec ce riche butin.
Cette grande victoire de Wakefield parut comme
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une de ces lueurs qui précèdent la moii;. Peu après, ces mêmes troupes furent complètement battues par le comte de.Newcastle, qui occupait tous ces comtes et ne se laissa jamais atteindre par la totalité de l'armée parlementaire. Il aTait conduit toute sa campagne avec une grande habileté > et, ne trouyant plus d'ennemis dans la plaine , il se mît en marche pour assiéger lord Fairfax dans Hnll, ce qui fut, dit-on, une faute de sa part, ainsi que le siège de Glocester entrepris, peu après, par le Roi.
Telle fut la triste et continuelle guerre que les comtés du ilbrd eurent à supporter pendant l'hiver. Ils ne souffraient pas seuls tant de maus. Presque aucun comté d'Angleterre n'en était exempt. L'ouest avait été le théâtre des plus cruelles tragédies. Plusieurs armées et de petits corps de troupes des deux partis y furent aux mains pendant le même temps , sans aucune interruption.
De tous les officiers qui , dans l'ouest, combattaient pour le Roi contre Je parlement, sir Ralph Hopton était celui qui , par son zèle in£sitigable et la réputation dont il jouissait, s'était élevé au premier rang. Il parut constamment ^ comme on le verra dans la suite, à la tête des troupes royales j mais ses succès furent très-divers et mêl^ de continuelles vicissitudes.
Le marquis de Hertford , d'un rang bien plus
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ëlcTé et investi, par le Roi, de pouvoirs bien plus étendus, ne pouvait jouer , en rase campagne, un rôle aussi considérable que sir Ralph Hopton; cependant il était rarement inàctif et s'occupait soit h inquiéter des villes , soit à lever de petits corps. Ces deux officiers n'eurent à combattre, au commencement de la guerre, aucun général important et qui eût reçu sa commission du parlement. Us eurent affaire à de simples gentilshommes de ces comtés. Les principaui étaient sir Francis Popham et ses fils, M. Strode et quelques francs tenanciers du pays, qui semblaient bien comprendre leurs droits et de quel intérêt était pour eux le sort de TÉtat. Enfin le comte de Stamford, homme d'un caractère très-ferme, et qui avait été employé dans le comté de Leicester contre M. Hastings, en vertu d'une commission du parlement, reçut Tordre de se rendre dans Touest.
Le comte de Stamford fut déclaré lord-général de la partie méridionale du pays de Galles et des quatre comtés adjacens, Glocester, Worcester, Hereford et Chester. Il avait lé droit de lever des troupes dans ces comtés , d'instituer des officiers, d'exercer les soldats, et de combattre quiconque s'opposerait à lui. Lord Grey, fils et héritier du comte de Staniford, lui succéda dans ses fonctions précédentes de lord-^lieutenant des comtés de Leicester, de Nottingham, dé Dérby,
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de Rutland et de LinûolD, où il cootioua la guerre contre M. Hastings, le comte de Chesterfiield et les autres adyersaires du parlement.
Le oomledè Stamford, en arrivant dans Fouest^ obtint un succès contre sir Ralph Hoplon , à qui il fit lever le siëge de Plymouth; mais peu après ^ sir Ralpb Hopton^ par une fuite simulée ^ fit tomber dans une embuscade une partie des troupes du comte ^ conduites par un de ses lieu-. tenans qu'il défît complètement. Le 1 5 mars 1643^ il conclut avec lord Stamfdrd une trêve de vingt jours. A respiration de cette trêve » lé comte reprit la campagne^ et remporta d'abord plusieuirs avantages ; mais la défection du jeune Chudley, fiJs de sir John Chudley^ qui, dons plusieurs occasions , avait procuré la victoire aux troupes du parlement^ vint bientôt la lui ravir. Lord Stamford fut contraint de s'enfermer dans la ville d'Exeter, où Hopton et Chudlèy vinrent l'assiéger. Quand le prince Maurice fut venu prendre le commandement de ce siège ^ le comté de Stamford lui rendit la place à des conditions avantageuses.
Malgré tous ces désastres , le parlement ne désespéra points vers la fin de mai 1643, de reconquérir tous les comtés de l'ouest ^ par l'activé valeur de sir William Waller qui , à cette époque y y remporta de grands avantages , ainsi que dans la principauté de Galles^ et dont le nom était devenu la terreur de ses ennemi^. C'était un
homme à qui ses voyages et ses serrices sur le Continent avaient fait acquérir une grande expérience militaire; son jugement était sain^ son activité prodigieuse ^ et ^ placé d^akord dans un rang assez obscur, il s'éleva, dans le cours de la guerre civile, au poste le plus éminent.
Vers le temps de la bataille de Keynton , sir William Waller fut nommé colonel d'un régiment de cavalerie. Dans le cours de l'hiver suivant, il se fit remarquer par plusieurs beaux exploits. Il prit le château de Farnham , contribua à enlever Portsmouth au colonel Goring , et , se joignant au colonel Broi/vn , citoyen de Londres, qui avait pris les armes au commencement de la guerre , et s'y comporta glorieusement jusqu'à la fin , il rendit, soit à Winchester, soit aux environs , d^importans services à la cause parlementaire. Passant ensuite avec le colonel Hurrey et quelques autres dans la partie occidentale du comté de Sussex , il mit le siège devant Chichester, ville où s'étaient renfermés beaucoup de gentilshommes avec une grande quantité d'armes et de munitions pour le service du Roi.
Arrivé devant Chichester vers le milieu de décembre , sir William Waller y fut joint par quelques troupes , cavalerie et infanterie, que lui amenèrent le colonel Morley, membre fort zélé de la chambre des communes , qui avait du crédit dans lecomté de Sussex, et sir Michel Leivesey,
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cheyalier du comte de Kent. Sir William disposa ses batteries ^ et fit tons les préparatifs du siège avec beaucoup d'art ; mais avant de faire battre en brèche ^ et pour épargner fefFusion du sang ^ du consentement de tous ses officiers^ il fit sommer la place par un trompette à des conditions que les assiégés repoussèrent d'abord ^ les jugeant trop dures. Cependant la ville se rendit au bout de huit jours , sans autre condition que la vie sauve et un traitement convenable. Les prisonniers de marque furent aussitôt envoyés à Londres. C'étaient sir Edward Ford y grand shérifi* de Susses^ sir John Morley, le colonel Shelley, M. Leaukner^ le colonel Lindsey^ le lieutenantcolonel Porter, le major Dawson , le major (ior- (ion, le docteur King , évêque de Chichester, soilante officiers , quatre cents dragons et autant de fantassins. Sir William Waller employa le mois de mars suivant à lever des troupes dans les comtés de l'ouest : il avait pour principal lieutenant sir Arthur Haslerig y membre de la chambre des .communes , qui y dans une foule de rencontres, donna de brillantes preuves de bravoure. Après avoir rassemblé des forces assez considérables , sir William Waller partit de Bristol le 19 mars, et marcha vers Malmesbury. Le colonel Herbert Lunsford , fier gentilhomme et brave soldat , en était gouverneur. A l'approche des assiégeans , il fit sortir sept escadrons de ca-
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Valérie , pour aller à leur rencootre ; mais hors detat de soutenir le choc des cayaliers de sir William , ils prirent la fuite; quelques uns rentrèrent dans la Tiile ; la plupart , jugeant qu'ils n'y seraient pas en sûreté > se dispersèrent en tous sens.
Sir William donna l'assaut le même jour; ayant échoué y il se logea sous les reitiparts , déterminé à tenter le lendemain un assaut encore plus rude; mais les assiégés ne jugeant pas la place tenable , demandèrent un pourparlers et se rendirent, la vie sauve. Sir William prit à Malmesbury une pièce de canon ^ trois cents prisonniers , dont les principaux étaient le colonel Lunsford , le colonel Cooke et vingt officiers ; il prit aussi de riches magasins. Cette conquête ne coûta pas beaucoup de sang aux vainqueurs ni aux vaincus.
Peu de jours a près ^ il obtint une victoite considérable y près de Glocester ^ sur le lord Herbert de Ragland y qui avait mis le siège devant cette ville avec une grande armée de Gallois. Voici en peu de mots le récit de l'action : sir William s'approcha de Cirencester avec ses troupes , et , pour déguiser son projet , fit miue de vouloir attaquer cette ville; mais c'était à Glocester qu'il en voulait , et il avait eu soin d'avance de faire avertir de son dessein les habitans de cette ville. Ses bateaux plats , propres à servir par terre et par eau , et qui lui avaient été amenés
en guise dé chariots ^ devaient transporter ses troupes sur la Severn, par-delà Glocester^ où il devait tomber sur les derrières de 1 armée galloise de lord Herliert 5 au moment où celuici s'y attendrait le moins. Il avertit les troupes renfermées dans Glocester dWoîr soin d'attaquer rariiiee de front ^ au moment où il tomberait sur ses derrières. Ce plan réussit aussi heureusement qu'il avait été sagement combiné. Au moment où lord Herbert était occupé avec la garnison de (ilocester, et pensait^ vu l'infériorité du nombre^ pouvoir la détruire entièrement, sir William , avec son armée , s'étant approché de Highnam , quartier des troupes galloises, attaqua subitement les derrières de l'armée de lord Herbert avec une telle impétuosité , que tout fut mis en déroute , et que la fuite aurait été générale, s'ils eussent eu quelque moyen de s'échapper. On tua sur place cinq cents Gallois ; on prit un millier de soldats et tout ce qu'ils avaient d'armes et de munitions. Le rest(s fut entièrement dispersé, ef; lord Herbert lui-même ne se sauva que par la fuite, et gagna Oxford.
Après cette grande victoire, sir William Waller marcha vers Tewkesbury. A son approche, la garnison de cette ville pour le Roi prit la fuite et l'en laissa maître. De là, s*avançant dans le pays, il surprit plusieurs partis de cavalerie , leur prit quelques armes , des pistolets , des carabines et
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16^000 livres en argent^ puis rapporta son butin
à Glocester.
A peu de temps de là ^ il prit Chepstow dans le comté de Monmouth , il y saisit plusieurs de ceux qui étaient entrés dans la conspiration pour livrer Bristol , et qui , après la découTerte du complot^ avaient fui dans ce comté. Il y prit aussi un vaisseau appelé le dragon de Bristol^ appartenant à des gens qu'il regardait comme.ennefnis^ et chargé de richesses. Il s'en empara comme d'un légitime et très-«itile butin.
De Chepstovv il marcha rapidement vers Monmouth. La ville se rendit presqu'aussitôtà lui par composition. Après y. avoir mis une garnison, il marcha à Ushe et somma les gens du pays de venir le joindre. Plusieurs se rendirent à son invitation y entre autres le fils de sir William Morgan de Tredegan, qui lui amena cinq cents hommes armés et lui apporta quelque argent. M. Herbert de Golebrooke leva aussi deux mille hommes et s'empara d'Âbergaine pour le parlement.
Au milieu de ce cours brillant de prospérités , sir William Waller reçut l'ordre de quitter l'ouest pour rejoindre l'armée du lord-général Essex. L'armée du Roi en ayant eu avis , le prince Maurice entreprit de lui couper le passage. L'intention de sir William Waller était de regagner Glocester avec ses Groupes. Ayant donc envoyé ses canons et son bagage à Aust sur la Wye, avec
soa infanterie pour le défendre ^ il résolut de tomber^ avec sa cavalerie et ses dragons^ sur l'armée du prince Maurice et de s'ouvrir un passage, ce qu'il exécuta avec un grand succès et peu de perte j puis, poursuivant sa route, il coupa tous les ponts derrière lui, ce qui empêcha le prince Maurice de le poursuivre- Si le prince avait pris ce moyen le premier, sir William Wal- 1er aurait pu être retenu dans le pays dd Galles et dans une situation très-désavantageuse; mais, après avoir ainsi coupé les ponts, sir William Waller , se trouvant à l'abri de la poursuite du prince Maurice, reprit, avec l'aide du gouverneur Massey, plusieurs villes occupées par les troupes royales, entre autres, TewkesLury, d'où s'enfuit sir Matthew Çarew. Sir William y fit beaucoup de prisonniers, y prit beaucoup d'armes et de richesses, y ^it une garnison, et de là, conformément à soiï premier dessein , arriva sain et sauf à Glocester. .
Il n'y demeura pas long-temps ; mais , ayant été dispensé de rejoindre l'armée du lord-géoéral, il marcha, avec sa célérité ordinaire, sur Hereford, où il arriva au moment où l'on s'y attendait le moins. IL prit cette ville par capitulation et y fit plusieurs prisonniers de haut rang , entre autres le lord Scudmore , avec cinq des membres révoltés de la chambre des communes, savoir : le fils du lord Scudmore, le co-
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lonel Herbert Price, sir Ricliard Cave , le lieutenant-colonel Conisby^ M, Conisby^ et;^ outre cela, sir Walter Pye, sir William Crofts, le lieutenant-colonel Thomas Price, le sergent-major Mintridge, sir Samuel Amby, le sergent-major Dalton y le capitaine Sommerset, le capitaine Sclater, le docteur Rogers, le docteur Goodwio, le docteur Evans, et plusieurs autres qui furent tous conduits à Glocester,
Trois jours après , il surprit la ville de Leicester dans le même comte , à deux milles de Hèreford; il y fit un bon bi|tin, désarma un grand nombre de partisans du Roi et mit garnison dans la ville.
Le parti du Roi commença à craindre que sir William Waller^ allant ainsi de succès en succès, ne parvînt à surprendre Worcester etLudlow* Le prince Maurice partit donc d'Oxford avpc une nombreuse cavalerie, pour aller Tattaqu^r de concert avec le marquis de I^ertford et tacher de l'arrêter dans ses progrès; mais sir William, après avoir balaye, avec son active armée, tous les pays environnans et avoir désarmé, dans les comtés de Wilts et Sommerset , \m grand nombre des partisans du Roi, arriva à Bath avec une armée fort accrue en forces et en réputation. Il y trouva sir Edward Hungerford , sir John Horner et M. Strode, qui s'unirent à lui pour repousser le prince Maurice et le marquis de Hertford. Ce
caatoD devint le théâtre de combats tei^ribles et fréquens, soutwus loag-teinpsi et terminés ^ des denx eôtés, par de savantes et courageuses i^etraites ^ quand la nuit suspendait la fureur des Gombattans; mais sir William Waller^ dont lés actions^ dans ce lieu^ méritent d'être rapportées en détail y obtint le plus aouvent la vietoire. Il demeura^ à la iin^ maître du champ de bataille et repouasa les ennemis jusques dans la ville ap^pelée les Devi^es^ ou îl les suivit et les assiégea. La perte ^ dans ces difierentes rencontres > demeura très-incertaine > étant diversement rap^ portée par les deux partis^ qui eurent en un grand nombre d'occasions la liberté d'epterser leui!S morts* Mais 9 du c6(é. du parlement^ on perdit UQ major^ un lieutenant et deux cornettes. Sir Arthur Haslerig fut blessé, mais peu daxigereusèment. Pe l'autre coté> outre les soldats dont le nombre est demeuré incertain, il y eut quelques hommes de qualité de tués 9 entre antres, sir Bevile Greenville , le lieutenant-colonel Ward , le major Lowre et cinq ou six capitaines* On dit que sir Ralph Hopton, le comte de Carnaryon et le lord Mohun, furent blessés.
Le prince Maurice et le marquis de Hertford étaient retournés à Oxford , et sir Ralph Hopton, assiégé dans les Devizes par sir William Waller , commençait à parler de se rendre, lorsque la fortune de la guerre changea tout à coup. L'armée
du lord-général Essex^ affaiblie par la maladie et d'autres souffrances^ ne pouvait^ en aucune manière , contenir Oxford , ni empêcher qu'on en fît sortir des renforts; en sorte que lord Wilmot, à la tète de troupes fraîches , tomba inopinément sur Tarmée de sir William Waller, qui fut alors^ comme on Ta dit^ entièrement défaite > dispersée et détruite. Lui-même chercha sa sû^ reté dans la ville de Bristol^ d'oii> peu de jours après ^ accompagné de quelques gentilshommes^ il se rendit à Londres , où il fut reçu avec de grandes marques d'affection et la promesse qu'on ferait les derniers efforts pour lui fournir une autre armée (i).
Les troupes du Roi semblaient avoir entière-
(i) Glarendon attribue la défaîte de Waller à sa présomption et à son mépris pour l'ennemi qu'il avait si fré-^ quemment vaincu ; quoi qu'il en soit , si ses précédens .services n'eussent appartenu qu'à la cause nationale , ils ne l'auraient peut-être pas mis à l'abrf , dans cette occasion , des méfiances ou de l'ingratitude populaire ; mais Waller avait servi un parti qui avait besoin de lui pour l'opposer à des ennemis encore plus près d'eux que !es armées du Roi. Waller, après sa défaite, fut reçn à Londres comme en triomphe i les milices allèrent au devant de lui ; il fut ndmmé commandant en chef des troupes de la cité , et , d'après Les promesses qu'on lui fit de lui lever promptement une nouvelle armée , il paraît qu'on croyait n'avoir qu'à le consoler . {Histoire de la RébelUon ^ Xom, 6, pag. i85. )
iffcte de V Editeur, )
DU LOMG PARLEMENT. îgS
m^Qt accom{ilirpQi|iYre qu'elles ayaieqteatreprîse^ ell^ se trouvaient jH^esque seules maîtresses de l'ouest et de la plusjgrand^ partie (}^noFd de l'Aa^ gleterre* I^es armées du lord Fairfax et de sir William Waller étaient détruites» Gepeadant, dans tpus lescomtés^la fortune n'était passemblable* En plusieurs lieux^ les partisan^ du parlement étaient tn état^ non-seulement de se défendra > mais de gngoer du terrain sur leurs ennemis. A la vérité cette guerre se bornait généralement à des riencoQtrea entre des partis peu nombreui^y ^ des pnâ(}autions pour se maintenir^ et à la prise de qaelqnc» yilles sur le parti du Roi. C'était ainsi que le^ choses se pa^aaiient dans les oopntés de Cbester, d# Lanca^ter9 de Staflbrd^ d« O^rby^ Leicester^ Nottiugbam et d'autnes leudroH^^ dont je dirai quelques mots lorsque j'aui^i d'abord fait connaitra Thauifeuse sâtuatio4 dont jouirent aa contraire les epmtés dé Te^t. Pendant tout rUyer suir^nt et même pendant toute la durée de cette sanglante guerre > tandis que Le uord et l'ouest étaient le siège d'une lutte terf:'iblQ et la pneM 4^ pli^s grandes et des plus {>uissantea armées des d«ux pap*tis, tandis qu^ les comtés doni J6 pairie»! tout h l'heure étaient aaos i^sse touragaiieiités de mouYMaehs de troupes et ée petits isombats 9 et pillés par hss deux partis^ h» GomicB de l'esté tels qi^ ceux de Sufiblk, Norfolk > lGambrid^> Esses > Herlibrd» Huntingdon ^ a. i5
demçnrèrent entièrement etempts de la guerre civile. Us s^étaient co&fe'dëres sous la protection du parlement qui les avait autorises à se défendre mutuellement et à lever ^des forces contre les ennemis de la cause parlementaire. On doit naturellement attribuer en partie le bonheur et le repos dont ils jouirent, au concert d^opinion qui les dirigeait tous dans le même sens; et il est vrai que le peuple de ces comtés se montrait plus unanime dans ses sentimens que celui d'aucune autre partie de l'Angleterre; mais c'était surtout le peuple , car une grande partie de la noblesse y et entre autres les hommes de rang, s'y montraient fort mal affectionnés pour le parlement , et n'épargnaient pas les efforts pour faire prévaloir le parti du Roi et le seconder contre les parlementaires. Il edtété possible qu'ils parvinssent à jeter entièrement cette partie du royaume dans le parti du Roi, ou du moins, selon toute probabilité , ils l'auraient remplie d'autant de troubles et de calamités qu'aucune autre portion du pays^ et auraient certainement empêché la confédération , s'ils n'avaient été réprimés de bonne heure par les soins dii parlement, et surtout par les utiles services que rendit à sa cause un gentilhomme , M. Olivier Cromwell , de Huntington , membre de la chambre des communes, homme dont la sagesse , la valeur et la vigilance ne fu-* rent pas moins utiles en cette importante affaire
DU LONG PARLEMENT. igS
qu'elles ne devinrent ensuite remarquables par les plus grands services et Ifis plus hauts faits d'armes qui aient 6u lieu dans tout le cours de là guerre. Comme il a plu à Dieu d'élever ensuite cet homme aux plus grands commandemens (i) et de couronner toutes ses entreprises d'un tel succès f qu'il est devenu en wtpetit nombre d'an^ nées un des principaux appuis du parlement et la verge la plus puissante contre ses ennemis^ il ne sera pas hors de propos de rapporter ici la série de ses actions dans Tintervalle qui s'écoula entre la bataille de Keynton et ces temps d'adversité qui précédèrent pour le parlemMt le siège de Glocester*
Le premier exploit de Cromwell eut lieu vers le milieu de janvier, lorsqu'il entreprit d'assurer au parlement la possession de la ville de Cambridge» Les villes d'université étaient , de toutes , les plus disposées en faveur du parti du Roi ; les universités regardant tous les parlemens, et particulièrement celui-ci, comme les plus grands en-. Demis des honneurs ecclésiastiques , sur lesquels se £>ndent leurs espérances. -
(i) « Je suis un homme, dit Gromwell lui-même dans une conférence tenue à Whitéhâll, qui, dès les premiers temps de mon service, me suis vu soudainement élevé des [Petits emplois à de plus grands. » (Harris, f^ie de Cromw^H^ pag. 78;) ^Note déVEditeur,) ' ....
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La ville de Cambridge aTaif dolic emballé 5 par cette raison^ une ^ande quantité de la tai&selle de ses collèges pour l'eDT<>yer au Hoï j ee qui lui aurait 6tit une somme considérable. Cromwell prévint cet envoi ; il avait^ en vertu d'une oommiseion du parlement et du lord -général ilssex^ levé nn escadron de eavalerie(i)9 à la tête duquel il se rendit dans I9 pays avec autorî-' sation d'y lever un autre corps de troupes si FoC'^ casion Texigeait. Jl arriva a Cambridge ass^z t6t pour s'emparer de la vaisselle qui partait pour Ox&rd ; mais U avait encore^ en ehémiû ^ rendu un autre service à la cause parlementaire, &ir Thomas Conesby ^ nommé récemment grand shérifiT ducomtéde Hcrtfbrd^ avait reçu uneproclamation du Roi d^clar#pt U*^tres ie lord £saex et tons sesf adhéreu$^ Il éM^Uà iSaiotrAKbai^sun jourdeniair' ché y publiant <^tte, p^rbciaoïaliion^ lorsque Crom-'
(i) On prétenci que Cromweïl, en levai^t de$ soldats pour le parlement , leur â^dara qu*il ne prétendait pas %t servir, avec eux ii^% espl^sions af^bigues contenues dans sa commission^ pour les tromper et leur faire croirp qu^« eombàttraient pour le Roi et le parlement ; que si le Roi se. trouvait dan» le corps énneËDÎ quH aurait en tête , il lui tirerait son coup ^ pisiLoIiet \sm^,çRVfm^^ k wa 9impl« fAirtiodiéC) «I que si leur consciemcç ne Içi^r p^rmelt^it p9$ 4'cn âdeé uitevt , il lef^f consfiUait^ de p^ p^« s'^^gager «^oftse» ordtas. ( ilfonHKirs of ^ prçtectcral ,hciu^,^ ^c*^ par Mark NobU^ tom- 1 , pag. 23 } , édition de 1 7^ . ) {Note de VEdiiiSur. )
Well arriva à U tête de son escadron y s'empara de lui et l'envoya au .parlementa
Peu de temps après ^ il rassembla les troupes de ce comté (i)^ ^ invita les comtés voisins >
(t) IJii écrit dii temps rapporte , k cette occasion , un fait remarquable raconte par Cromwell ltti*méme , à la confë^ rence dont on a déjà parlé ; la voici dans ses propres expressions I « J'avais alors un trës-digne ami , c'était un homme de trës-'grand mérite , et dont je sais que la mémoire vous est trëâ^chènd a toii^$ M. John Hampden. Lorsque }e corn*** mençai à prendi-epaii: k la gaerre /je vis que nos gens étaient battas etÈ toute occasion ; cela était véritablement ainsi. Je lui demandai donc d^ajout^ à l'armée de mylord Essex quelques régimens , qui, comme je le lui dis , seraient utiles , si l'on y faisait entrer d^s hommes.animés d'un esprit que je croyais capable d'avancer la besogne. Ce que je vous dis . là est très vrai, Dieu sait que je ne 'mens pas. Yos cavaliers , lui dis-jé , sont pour la plupart d'anciens domestiques hors d'âge , des garçons de cabaret et autres de la même sorte; et', dis-je, les leurs sont des fils de gentilshommes , des cadets et dés gens de qualité. Pensez-vous qae àes gens de si basse et de si vile espèce aient dans l'âme de quoi tenir tête k des gentilshommes soutenus par rhoarieur, le courage, la résolution? Véritablement, je lui parlais ainsi en conscience , et , véritablement aussi , je lui dis : il faut que vous ay et , et ne preneaS pas mal ce que je vous dis , et je sais que vous ne le preiidrez pas pas mal; il faut que vous ayez des. hommes animés d'un esprit capable de les faire aller aussi loin que peuvent aller des gentilshomînes , ou autrement je suis sûr que vous serez toujours battus. Je le lui dis ainsi , en vérité je le lui dis, C'était une digne et sage personne, et il pensa que mon
d'Essex, Suffolk et Norfolk, à se joindre à lui pour repousser une invasion du lord Capell, qui, secondé par le prince Robert , voulait empêcher l'asâociation de ces comtes, projet qu'ils auraient exécute s'ils n'eussent été prévenus à temps; mais cette mesure prise si à propos les obligea à renoncer à cette invasion et à se retirer ailleurs.
jdëe était juste mais impraticable. Je lui disi que yraiment j'y pouvais faire quelque chose , et je le fis ; et en vérité je dois vous dire , et répétez-le à qui il vous plaira y j?. levai des hommes qui avaient la crainte de Dieu devant les yeux, et apportaient quelque conscience à ce qu'ils faisaient ; çt , à compter de ce jour , je dois vous le dire , ils ne furent jamais battus ; et quelque part qu'ils en vinssent aux main^ avec l'ennemi, ils le battaient sans cesse. » (Har* ris, JTie de Cromwellj pag. 78.) On convient aussi géné^ ralemçnt qu'il avait eu soin de ne composer sa troupe que d'hp^mes d'une intelligence plus élevée que celle du commun des soldats , qt auxquels il avait promptement fait con^p^endre les avantages de la discipline , en même temps qu'il ï^s pénétrait de l'importance de leur action personr nelle, « Il est probable , dit un de ses admirateurs , que Cromwell comprit tout cela , et comprit aussi que les plus religieu3( ser^i^nt nécessairement les plus vaUlans. Cependant je conjecture que lorsqu'il cbpisit de pareils hommes, il y fut porté principalement par son estime et son amour pour les gens religieux. n(/did.) L'anecdote précédente donne lieu de penser que la prudence humaine eut aussi ss( p^t dans la détermination, mais elle prouve en. même temps qu.e Croinvfell connaissait toutç la force d'une croyj^Qce.
( Note de l Editeur. )
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Vers le commencement de mars^ Cromwell ayant levé un régiment de caralerie composé de mille hommes ^ marcha ayec une grande célérité sur le comté de Suffolk^ où il avait appris qu'il 86 formait une grande et forte confédération de gentilshommes attachés au parti du Roi. Le siège de la confédération était dans une Tille du comté appelée Lowerstost y yille très - importante. Il les surprit à Timproviste, prit la ville avec très-peu de difficulté et sans tirer un seul coup de fusil. Il y fit prisonniers sir Thomas Barker et son frère sir John Fettus^ M. Thomas Knevet, deux des Catlines ^ le capitaine Hammond , M. Corey , M. Turrill , M, Preston et environ vingt autres, considérables par le rang et la fortune. Il prit aussi dans cette ville une grande quantité de munitions ^ de selles, pistolets, poudre, cartouches et plusieurs articles d'un matériel de guerre suf-<iîsant pour une armée considérable. Il est certain que si Cromwell ne les eût pas surpris au point juste oii il le fit, le pays courait de leur part un grand danger; car le lendemain même un grand nombre de gentilshommes et de chevaliers, déjà inscrits y devaient se réunir au même lieu. Ce fut un service très-important pour le parlement^ et qui jeta un grand découragement parmi les partisans du Roi dans les comtés de SufTolk et de Norfolk- ./\
Mais vers* le coïnmencement d'avril , lorsque
le printemps plus avaiicë permit d'éDtrepMndre àe plus longues marchés > Cromwell ayant réglé l'association des comtés dans Fintérét du parl^ ment $ et ne bornant pas ses soins et tes serrteês à cette seule partie! du royaume 9 lera un cdrps plus eonsidërablé composé de tous ceux qui irinrent librement et yolcuitairement se joindre à lui. Il nlarcha k la iéte de ce coi*ps vers le comté de Lincoln pour y porter secoul^s à ceux de soD parti qui soutenaient la guerre contre Newark. NéWàrk était une des plus fortes villes que possédât alors le parti du Roi. Elle était remplie dé beaucoup de gentilshommes du comté dé Lincoln et autres comtés > et de quelques soldats expérimentés qui levaient sur les pays adjacens de grdsises contributiobs , et poussaient souvent leUrs excursions jusques sous les muts dé Lincdln. Le colonel Groijpvveil ^ datis sa marché à traders le comté de Huntiugdoii ^ y désarma un grand nombre de personnes mal affectionnées au parlement, et par-là augpienta tellement ses forcei , qu'il se trouva à la tête de plus dé deux mille homutes y et avant d'arriver à Newark il reçut dû bapiMM Hotham lin renfort de cavalerie. Il fut rejoint aussi par quelques troupes du conité de Lincblnv En ap^ prochâiit de Newark, il eut le bonheur (te rendre îin grand service à son partie Le capitaine Wray, à la tête de la cavalerie parlementaire de ce pomte, avait imprudemment campé trop près
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de cette ville, tl fiit surpris dans la soii^e par un fort parti isorti cte la ville, et après quelques combats, tidrâ d^état de rési&lei' au lioinbt*e, iî fut jpris àtec tout âdn escadt'on; mais le briiit du comliat étant arrivé jusqu'à Cromwell , il sV Tança, et à dix heures du soir tomba sur les hàbitàûsdeNeWârk, délivra Pescddron dti capitaine Wray, en prit tt^is deô leurs et leur tua beaucoup de monde.
Ayant ensuite niis lé âiége dévaht la ville, il repoussa avec taUt de vigilance et de succès toutes les sorties des assiégés, qu'il leur prit en difië* rentes occasions beaucoup d'hommes et dé drii-* peaux. Toujours. prêt avec sa cavalerie à saisir toutes les occasions, il défit une fois près de Grantham un fort parti des habitans de Newark , si supérieur en noùibre que là yictoire parut prtfrque miraculeuse. Uue autre fois i* tombi^ sur un parti de l'armée du comte de NéWcaslIe, envoyé vers Nevvark et campé entre cette ville et Grantham. Il lui tua beaucoup de monde , prit cent chevaux et fit quarante prisonniers (i).
(i) « Leâ exploits de Cromwell bontré les troupes du Wmte de NewcasUè furent ^ dit Whitekcke , le commen-cernent de ^a< grande fortmie , et ce fut alors qu'il se fit connaître au monde, n Le même écrivain confirme ici ce ([ae ilous iappi^hd Gromirell du choix de ses soldats ^ et de Fay^qtage qu'il en relira : « Il avait , dit Whitèlcrok^, Hl^
Ce furent là les commencemens de Crom:well à sa première enlree dans le métier dç soldat ; ce qu'on peut appeler ses exploits ^ s'accomplit dans les années suivantes de cette malheureuse guerre ^ et demande un récit plus complet et plus détaillé. Dans les autres comtés dont j'ai parlé d^abord , la fortune de la guerre avait été durant ces mois de printemps extrêmement diverse»
De petits partis s'y livraient des combats journaliers pour assiéger^ prendre et reprendre des villes et des forts. Dans le comté de Chester, sic William Brçreton, homme prudent et vigilant , qui , dès le commencement des troubles, s'était
brave régiment de cavalerie composé d'habitans dé son comté , la plupart francs -tenanciers , et fils de francs -tenanciers , et qui par motif de conscience avaient pris parti dans la cause et sous les ordres de Cromwell. Ainsi, hieu armés au dedans de la conviction de leurs consciences , et au debiors de bonnes armures de fer, ils étaient unis comme un seul homme à tenir ferme et à charger en désespérés. » {Mémoires de Whitelocke , pag. 68. ) Ceux qu'ils battaient tâchaient dé se consoler en • se moquant : « Quant à NoH Cromvrell , dit M archamont Needham , il est venu dans la puissance de son esprit , avec toute la suite de ses disciples ; chacun d'eux est un David , un homme de guerre et un prophète , tous hommes doués du Seigneur , accomplissant leur œuvre mieux qu'aucun des fils deLévi, et qui parcourent tout le pays de Galles avec leur épée à deux trancbans pour convertir . les gentils. » (Harris j Vie <^e Cromwell^ pag. 80. ) {Note de V Editeur. )
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charge de ce comté qu'il représentait dans le parlement en qualité de chevalier^ s'était employé avec tant de succès contre le comte de Derby , nommé par le Roi lord-rlieutenant des comtés de Chester et de Lancaster ^ qu'il était un de ceux qui avaient le plus contribué à tirer le comté de Chesterdeses mains et à leconserver au parlement^bien que la plupart des gentilshommes du comté adhéTrassent au parti du Roi ; mais il plut à Dieu d'accorder à sir William Brereton plusieurs victoires contre eux.
Il obtint^ au commencement de mars^ une grande victoire contre les partisans du Roi à Middlewich dans le comté de Chester. Après un rude combat sous les murs de cette ville ^ il finit parla prendre et y faire cinq cents prisonniers, dont plu* sieurs étaient des officiers et des gentilshommes de marque. Cette victoire avança beaucoup les affaires du parlement dans le pays.
U résista avec grand succès à lord Cholmeley et à sir Thomas Aston, deux hommes puissans et ze'Iés pour la cause 4u Roi. Après avoir affermi jusqu'à un certain point , par sa sagesse et sa vigilance extraordinaires , les araires du parlement dans son propre comté , et y avoir levé un bon nombre de soldats déterminés et bien armés , il se porta activement au secours des autres, et s'avanoant dans le Shropshire contre lord Capell, il suiprit une ville appelée Dreyton , dans laquelle
s'était loge sit Vincent Corbetf officier dû parti du Roi* Mais; sir William Bueretbn entra dans la TÎUe après une courte résistance^ et y prit deux escadrons complets d« Cavalerie ^ et six compagnies de dragons» Sir Vincent Corbet échappa par la fuite.
De là il marcha à travers ces comtés > et prit plusieurs pkc^ d'une grande importance^ tu l'état actuel del affaires»
Sir William poursuivit' ses succès^ et peu de temps après prit Whitchurch , ville sur les limites du Skropsfaire« Il y trouva beaucoup d'armes et de munitions ^ et fit plusieurs prisonniers sur l'armée du lord Gapéll.
Il rendit de plus de très^rands et de très--utiles setrices à la cause qu'il avait embrassée ^ en se joignant à d'autres troupes ^ ou bien venant à propos au secours de ses amis , particulièrement lorsqu'il se joignit à sir John Gell du comte de Dérby qui s'employa constamment et avec succès pour le parlementa
Lé comté de Derby .^ rempli de gens de qualité et de gentilshommes y fut dominé > dès le commencement des troubles ^ par le parti contraire au parlement^ car, excepté sir John Gell , à peine un des gentilshommes du pays se rangea-4*il d'a^ bord parmi les parlementaires* Mais celui •- ci ^ aidé de son frère et de quelques uns de ses pa^ r0ns > et secondé par les paysans et francs-teaan^
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ci^ra 4taposes k se déclarer pour le parti du parlemwt y se composa un parti capable de résister à ces grands peivonfiages. Une telle action ^ dans ua temps par^l ^ sttffii^ait pour illustrer son cou*ifige et sa constance. Il plut à Dieu de le faire réussir dans cette grande et hasardeuse entreprise y et de le soutenir pendant toute la durée de la guerre.
Après la bataille de Keynton ^ il demanda une commission au comte d'Essex , et s'étant pourvu d'armes à grands frais et avec beaucoup de peine ^ il saisit à propos la ville de Derby, qu^il fortifia si bien , qu'elle devint une défense suffisante contre les assauts des puissans ennemis du parlement, et, en toute occasion, un refuge pour ses amis. Il donna par là l'exemple à plusieurs comtés voisins qui se procurèrent un même moyen de défense.
Mais les murs de Derby ne pouvaient renfermer sir John Gell, ni l'empêcher d'agir au dehors. Il se joignit en plusieurs occasions, et non sans d'heureux succès , avec sir William Brereton et le colonel Cromwell ; il marcha plusieurs fois de concert avec le lord Grey de Grooby , lord-lieutenant de ces comtés , contre M. Hastings et contre la ville de Nevrark.
Dans le courant du mois de février, il marcha avec ce qu'il avait de troupes, sous la conduite de lord Brooke, dans le comté de Stafford, pour prendre Lichtfield, où était une garnison du Roi. Étant
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entré dans la tille ^ ils rencontrèrent une Tite et âpre résistance dans un lieu très-fort > appelé le clos ou la cour de la cathédrale ^ endroit fameux dans la suite de la guerre , pour avoir été souvent pris et repris arec beaucoup de perte des deux côtés^