‹ Histoire du Long-Parlement (volume 2)Chapitre 6 sur 12 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Mort de lord Broote et du comte de Northampion. Rencontres dans dipers cofntés* Triste condition du parlement à cette époque. Siège de Glocester.

Fendant que Tarmée parlementaire poussait le siège du clos de Lichtfield, son général ^ lôrd Brooke , reçut une balle dans la tête , en regardant d'une fenêtre , et mourut sur le coup* C'était un homme d'une piétés d'une valeur et d'une fidélité remarquable; sa mort causa au parleihent les plus vifs regrets (i).

(i) « Ceux qui le connaissaient le regardaient, dit Gla-** rendon , comme un homme bon et drôit^ plutôt séduit par un faux jugement que pervers et coupable dans ses inten^ lions ; mais soit qu'il fût égaré par ses passions ou sa conscience , c^était sans aucun doute un de ceux qu'on aurait le plus difficilement ramenés à l'ancien gouvernement de l'Église et de l'État. » {Histoire de la Réèellîon^ tom. 5, pag. ^57.) Il ajoute que sa perte inspira de vifs regrets à son parti qui ne se fiait en personne autant qu'en lui. Le matin de sa mort , dit«on , faisant , comme il avait coutume , sa prière en public , il pria le ciel , « si la cause qu'il séi^ u vait n'était pas juste et légitime ^ de le faire périr sur-lei- « champ. ^ {Ibidemk) Dans un temps oii chaque événe-

Sii* John ùell lui succéda dans lé ColBmaadement; il prit le clos au commencement de mars, avec très -peu dç perte. Les mines étaient dëjà préparées pour faire sauter les remparts > et Ton y ^vait jetë d|es grena4^3« Les a^i^^ sç déterminèrent ajor^ ^ d^maçfder quar|;içr > pt Tobtinren(^Jes 3o}dats ne JHgjeaQt pa3 honora We de yenger la mort de leur général , eq }g$ pfi^i^ au fil de l'épée. L'armée fit là un riche butin en argent , mett})l^'s çt bg^ages. On prit ^i^ssi un millier de fusils, et on «sii^ep gfa94 pqmï>re de gpqtiUhomiîifes , entre p^^?:^ , Iç cqni^ diç Q\k^s^ terfield et §pa Ql^^

Vers le ^uiliieu ^ v^r^, sir Jphn Gell ^fep quip^ çenfj» hon^me? ^ ^^t p^yftierjf! qu'infanterie , marcha ^ç LichtÇeld sur St4fjrPr4« W ^^^ contra sur la route > à un lieu dit Cranockgreen ou Saltheath , à quatre milles de StafFord y le comte de Notth^mpton et ses troape^^ au nombre de douze cents- chevaux. Le comte chargea avec fureur l'armée parlemeptaire , força la cavalerie à ,se retirer en désordre^ et prit quelques hom- H^es ^veç 4eWf piècç^ jd^rt^Uerip; ^ tpurpi^ ei^pmt» deux fais autour de Pînfanterie > cherchant

p^Mtxt était hwQqué comme nn témoignage du jugemeiut àfi TH§U9 1^ Toyaliftte^ n'oal pa« manqué» apràs^ia mort ie Içyà JBropk^ > 4o croire à ri»fficj»c{té de ta prière.

DU LONG PARLEMENT. 20g

e tons côtés à Tentamer; mais sir John Gell et officiers disposèrent si bien leurs soldats^ que nterie tint ferme et repoussa les assaillans^ apvÉJa plus chaude mêlée.

Dan cette vive rencontre , le comte de Northamp»n fut tué, ainsi que M. Lucy, le capitaine Bagot «^plusieurs autres officiers , dont on n'a pas su flfitivement le nombre. Un cornette demeura ^Bsi sur le champ de bataille, et on prit son draSiu , portant une couronne et cette inscriution ^arolus Rex. Deux autres cornettes fu- ■ faitwrisonniers : l'un était le cornette du Ince, WBP les escadrons du Roi et du prince trouvaSit là. Un jeune fils du comte de Ches- ^terfield fiBgalement fait prisonnier , et sir John Gell, soutmu par sir William Brereton, qui vint à son secoin avant la fin du combat , resta maître du chairaMe bataille. M. Hastings, qui avait été successivement pris et délivré , s'enfuit grièement blessé

premiers pairs qui , à l'origine ivile , s'étaient disputé l'un à , à l'occasion de l'ordonnance la milice et de la commission oi , le comte de Northampton périrent à peu de distance et d'inïïn de l'autre, tous deux hommes de talent et de courage , bien que de mœurs et de 2. i4

^Ainsi les det cette guerre l'iriBe un comi du p(wement s\ d'enrApent j et lord tervalle

:)io HISTOIRE

eamctère trè»*difieven» (i); UfS fuf^Rt iri\î«i9ait

regrettûd^ ch^aun pair çon parti.»

( I ) Le comte de Northampton avait eu, ainsi que la plupart des grands seigneurs de cette époc[ue, une jeunesse assez dissolue. Lespremiers troubles l'éveillèrent, dit Clarendon, comme d'une léthargie, et révélèrent en lui un caractère auquel il n'avait manqué qu'un intérêt digne de l'occuper. Il se dévcma avec ses quatre fi b à la cause du Roi, embrassa daostoulie leur rigueur^ les habitudes et las devoirs de la vie akilitaire, en supporta les fatigues et les souffrances comme s'il n'avait jamais connu les aisances de la vie. Ardent k chercher le danger^ il disait souvent que « s'il survivait à ces guerres , il ne retrouverait jamais une aussi noble mort. » Dans une charge sur la çavakrie parlementaire, qo'il avait mis* en déroute, il eut son cheval tué sous lui , et comme,, éeloo la coutiUnaa des In-aves de ce parti y toujours livrés aux caprice» d'une impétuosité naturelle , il s'était laissé trop emporter à Ut poursuite , il tomba presque au milieu de l'infanterie ennemie. Il eut cependant le temps de se relever, et tua le colonel parlementaire qui était accouru sur lui. Mais son casque ayant été enlevé d'on coup de crosse 9 on lui offirit de lui faire quartier ; il le refusa avec outrage , traitant ceux qui le lui proposèrent de rebelles et de i^ih coquins. Alors il fut tué d'une blessure au visage et d'un coup de hallebarde qui lui entra derrière la tête. Clarendon rapporte que son fils ayant fait redemander son corps , Gell et Brereton préten— dirait qu'on leur rendît en échange leurs prisonniers, leur& munitions et les canons qu'ils avaient perdus dans la bataille ; et qu'alors le jeune comte s'étant borné à demander aix ïnoins la pernûssion d'envoyer un chirurgien pour embau» mer son corps , ils le lui refusèrent. (Clarendon , Histoire de la RébetUoriy tora. 5 , pag. 261 et suîv. ) {Note de TÊdi-^ teur. )

pu LONG PARLEMENT. Jïi t

Le zèle de sir William Brerelon et d'autres gentilshommes conserva au parlement le comté d^ Chester ^ bien que rempli de papiste» ^ et mit ce comté en état de résister au comte de Derby , lieutenant du Roi. Ce comte attaqua très-vivement le comté de Lancaster^ oii les papistes étaient encore plus nombreui^ et où il avait lui - même beaucoup de crédit; mais il en fut enfin chassé par le courage des gentilshommes protestans.

J'indiquerai çn peu de mots les principaux faits de cette lutte locale.

Au milieu de Thiver, et pendant qae le comté de Lancaster était en proie aux plus violentes agitations^ le parlement y envoya sir John ^eaton^ officier distingué^ en qualité de major-général ^ et pour diriger la valeur novice du peuple. Preston fiit le théâtre dé ses premiers exploits. Au commencement de février^ sir John Seaton avec dix compagnies et environ deux mille clubinen^ marcha sur cette place qui était forte et bravement défendue. Elle fut si vivement attaquée qu'après deux heures d'assaut y les troupes du parlement s'en emparèrent : la perte des assaillans ne fut que d'un officier et sept ou huit soldats ; les assiégés perdirent plus de monde. On lelir prit deux cents hommes, trois pièces d'artillerie, Beaucoup de fusils et deux ou trois drapeaux. La prise de cette placé était importante , soit pour assurer l'entretien des troupes du parlement, soit

ai2 HISTOIRE

pour fermer la route de Newcastle à Chester et à

Shrewsbury.

Peu après, le sergent-major Birch fut envoyé de Prestou à Lancaster. Il entra dans la yille sans grande opposition , et les citoyens l'aidèrent ensuite de grand cœur à s'emparer du fort> dont ils prirent possession pour le parlement.

Sir John Seaton ^ avec le secours des citoyens de Manchester, et 4'autres volontaires de la compagnie , prit également la ville de Wiggon.

Le comte de Derby ne cessa cependant point ses efforts pour la réduction de ce comté. Il se porta avec des forces considérables sur Whaley^ dont il était sur le point de s'emparer , lorsqu'il fut repoussé par les habitans des environs.

Il était entré dans Warrington, et y avait laisse une garnison ; mais au commencement de juin , les troupes de Manchester jeprirent cette place avec huit pièces d'artillerie et cinq ou six cents prisonniers. Tout le comté de Lancaster parut alors soumis au parlement , et le comte de Derby n'y conserva plus que quelques bourgs de. peu d'iniportance.

Le lord Grey de Grooby , dépuis long -temps en possession de Leicester , en avait fait son quartier général. Il résista de là, avec des succès divers, à M. Hastings qui tenait garnison à Ashby de la Zouch , et combattait avec beaucoup d'opiniâtreté pour la cause du Roi.

DU LONG PARLEMENT. 2i5

Les deux partis se disputaient yioleminent le Hampshire. Mais les garnisons que le Roi avait placées à Winchester et à Basing-House , résidence du marquis de Winchester, dominaient le pays et y levaient à leur volonté des contribations. Le pays de Galles appartenait au Roi presque tout entier. Uii petit nombre de places et quelques gentilshommes, comme les colonels Glyun , Mitten et Langhorne , y tenaient à grand'peine pour le parlement. A tout prendre, la cause du parlement était alors en décadence ; il n'avait, à la fin de juillet 1645, que bien peu de troupes pour tenir la campagne. Ses grands •corps dWmée étaient détruits, et il ne pouvait guère espérer que de conserver les villes et les places fortes qui lui restaient; encore ne pouvaitil espérer de les conserver long-temps , à moins que le sort des armes ne vînt à changer.

Ainsi le parlement paraissait perdu sans ressource, et telle était en effet Topinion de beaucoup de gens. Le Roi possédait tout Touest jusqu'à Textrémitédu comté de Cornouailles , et de là il s'étendait dans le nord jusqu'aux confins de l'Ecosse. Ses armées étaient au complet et en bon état , libres de marcher partout où il lui plaisait , et assez nombreuses pour suffire à la fois en dilférens lieux. On en dirigea une partie sur Ëxater oh le comte de Stamford était renfermé et hors d'état de tenir long-temps. Le Roi marcha en personne

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à la tétç d'une brillante armée vers Glocester» la $eule ville conçidërable de ces cantons qui tîxit encore pour le parlement. Plusieurs écrits de ce temp$-*là font connaître l'opinion qu'on se formait dans le parti du Roi sur la situation du parlement. On fit sur ce sujet à Oxford une epigramme inalignei que je çroia digne d'être rapportée ici par le tablçau énergique qu'elle présente de la triste condition du parlement à cette époque (i). Elle

(i) La situa tifMi intmeure àa pai^ parletnenlaire affirait lia dé)ab>eni0fat aa ivoinii ^gal a Qtlut de sa stuaticm e%té^ rieure; le décourag^roeotetle troi)Ue d'esprit s Vlai^ntgéné* ralement répandus dans cetta foule d'hommes engages dans une révolution y les uns sans le savQir, les autres sans sayoîr ce que c'était qu'une révolution ; ils s'étonnaient dé tant de maaitè la j^ace desIÂens qa'ils s'étaient profinis , et arrÎTes i m^tié dç ia rouie , 1^ uns vo(ntawnt rétrograder, renén-içant au but qui déjà Uur avait coûté si cber | les autres cherchaient à se bercer encore du vain espoir de l'atteindre ^sans de noi^ve^ux malheurs. C'était à ces ressentira ens , parvenus au plus haut degré de fermentation , qu'ils se flattaiûnï de pouvoir apporter Je remëde de la paix. De cet avis éi^il presque tonUe ht chambre des lords , effrayés Aes lâolepc4^ de leur parti ^t des spçcès de l'autre. I^$ Um4B cedaiept tard et ^c mau^^isç j^râce aux mesures tranchantes des meneurs de la guerre , et ^e prêtaient timidement et inefficacement aux désirs conciliateurs des partisans de la paix. Le 22 mai, fe Roi avait, par an message à la chambre im iords^ detiMmdé «n«i réponse i| oe>ui qni , au mois d'avril pf^^nt, -av^ii oocsivoniié la ruptnvc «d»s négooûtMinf. Xout eA refusant les propositiona du Roi , ks lofds >. à C9 que

DU LOIIG PÂllLKMfifiT. 2l5

est écrite djiBS un styk bioarre^ et ks noms des gésâsaaft du parkment, FairCax et Waller, y Mot

nous apprend Oarendon , reçurent le message avec toutes les £irme6 du respect 9 et partirent fin vouloir êûre l'oeicasion âe noiiTcUes aoyeriur^s; mns lu commones £rent BBiettpe le mesat^per «n priaom » et iéàamhnnt rijititBAî»ft «de le traduire ée^w^ nn censeil 4e j|;«enre eomme espion » poar étfle vesHt sans nn # au&HSoodiitt du géiraral ni des chambres. (CkrcnâoB» HiHoirt de ia BéUlUan , toi»* £^ ^a^ S5. ) E« méc&e temps «lies pi>oieédère«t « l'accwMisQn .4e la Reifie. he «9 fuio » «près Avoir pveté le flM>uTeato scnne&t en^ à Toccasion de U oo^spiratâon de WaUer^ les lofds ae Jiâtetft de volieir Une dé^laratum de loy^aislé à Tégard du Bitf , tit huit ^ours apffès â» posent ks bases jd'ttiue -pétkioa pour la paix; <3ep$aid«ot9 fo 269 parait k déclaration du Aei portasilt dcfeiMe d'obéir ait parfement. Les liMrds se «roitent ^»gés ^e protester fin favitinr du parlèflieilt » tfw'ils promeUeat de soutenir de leur vie «et de leur fortune ; niajs^ Hewjt en reconnaissant que le Hoi , par sa déclaration , semble annoncer qu'il ne recevra de leur part aucune proposition , U ne paraît pas qu'ils songent à dissoudre le comité chargé de la pétition peur la pais > c^ 011 11» retrouve enuki^ > le 4 ^oût, faisant son rapport sur <^ pr^etde pétiûea. Ënateme temps les lords rejettent Mt Abîment les prop4»sitMis répétées des coaimunes pour la confection -d'un nouveau gr^nd sceau , l'une des mesures les plusdécidémeiàthastile^ Ju parlement contre le Roi. {Histoire piwlemenuùre^ tom« 3^ cpl. 1 15, 1 3o, i32, etc. ) A cette conduite ë^ivo^e et dtlatoire des lords venaient se rattacher les iadéeisions dà parti pacifique de la cité , et par moment celles du comte d'Ëssex , placé , par sa situation de général, à la tôle d'une agressiou qu'il hésitait également .à fÉufffviyre et k MienÂr , peràoimeUement blessé

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désignés par des rébus , de même que ceux des généraux du parti du Roi ^ le marquis de Hertford et le comte de Newcastle (i).

par les accusations et les invectives du parti violent, effrayé d'avoir à suivre sa marche et son sort , mais continuellement partage entre le soin de rétablir sa réputation outragée dans le parti, et celui de s'en séparer; embarrassé ainsi entre sa mission et ses principes , entre les devoirs de la soumission et ceux de la résistance , le comte d'Essex affaiblissait sa cause par ses plaintes et ses mécontentemens au lieu de la diriger par son action , et n'avait pas même alors à lui offrir les avantages de son courigfi militaire, à peu près inutile à la tête d'une armée prts^ue détruite par la maladie et le dénùnaent. Cest par cette dissolution graduelle du parti, au milieu des besoins d'argent sani cesse renaissans, et des embarras de tous genres , ^ue les affaires du parlement étaient arrivées k ce point de détresse oii elles se trouvaient à la fin de juillet ï643* {Note de t Editeur,)

(i) La voici sans traduction ni cfiminentaire , car elle n'en est pas susceptible.

Ecttincta Cctstro Fax pufçhra novo est^ Nec Nautœ posteà nec ifiiliti S^ noia Pharos : Auiter disparem Haud tulit casum : Murus cui addita est Canina Htiera, mersa cêt^ suis ' Cimé tèirmis , mtper Leporis vado, EuHBà^co-vfu Bristonia Lepprinos korrescens vortices, Anglica Claudii timet pares Urès casus; Herois Teutonici Mjrrmidones adstant ma^o cum diice.

Londres était alors entièrement dépourvu de fortifications. Aucun ouvrage n'était encore élevé autour; et si les ennemis, maîtres de la campagne, étaient venus Fassiéger , elle n'avait d'autres murs à opposer pour sa défense que ceux qu'employa autrefois Sparte, les cœurs de ses courageux citoyens. Mais ce fut alors que Londres commença le large retranchement qui entoura non-seulement la ville , mais encore tous les faubourgs , et forma un circuit d'environ douze mil- ]es. Ce grand ouvrage , grâce au nombre de bras qui s'y employèrent, fut terminé en peu de temps. Chaque jour des milliers de personnes venaient travailler à creuser les fossés. Les diverses professions , les divers corps d'artisans et de marchands , s'y rendaient tour à tour , chacun son jour; et non-seulement les hommes de la classe inférieure, mais des gentilshommes du plus haut rang et des dames elles-mêmes se rendaient tous les jours sur les travaux , non pas pour y assister , mais pour y coopérer , afin d'encourager les autres, portant des pioches, des piques et autres instrumens du même genre ; de sorte que c'était pour Londres un spectacle agréable , que de les

Pacata Thule est ; nec Nota timor Popello aut Régi. NiJùl relictum est Britannicum domare Cœsarem Ni 9tûfiat9ûfittiôv preces Gregis, HœcSphùtges raptim ŒJdipo suo*

âi8 HISTOIRE

voir passer pour «'y iBodre en graad nombre et en Jboo ordro, arec des tambours à leur télé. Le peuple abutttt sentait relever sou courage à cett^ vue , augurant bien de voir q«ie» dans une si triste situation ,en ne desespérait pas encore du salut (i). Maïs t?à$- probablement œ travail au-

(i) Ce fut dam «eHe inUréiaiAé qiM , Je 5 aoét 5 les l^rds proposèrent à la chambre des cnmounes ia pétition pour la paix , dont les poinU principaux étaient , « la remise au Roî du commandement delà milice , des Forts , etc., pour en disposer atec l'agrément des deux chambres ; les affaires de là rtli^on rég^léeâ |iar le Roi sur ToTis d'tm synode et du tïMisei^leineiiA 'desdiambresi kràaUisie«ie«t des jucmbres du parlement expnkés pour avair rejoint le Eoi. i> .Après un débat qui dura tout le jour , à dix heures du soir, l'avis de prendre en considération les propositions des lor Js remporta à une majorité dé 94 contre 65. Mais le lendemain , bien que ce fât un dimandie , le lefd matre Penntngloii doninoqua àGuiidhâU k conseil aom«nun'4t j ftt rédiger une pétition castre la paix « qui devait «tre présentât le lendemain à la chambre des communes ; car , bien que la proposition de la paix vint de la chambre des lords , on ne parla point de s*adresser à eux. Ce n'était plus avec eux que le parti pouvait et roulait établir aucune relation. Durant toute Oétle fottmée d^s imprimés répandue avec profusion invitèrent le peuple à se transporter à Westniaster le lend e main 7 août. Tandis <{u'uae lou4e -en tumulte o ccupa it tous les abords •dii parlement^ et que les lonk demandaient à la chambre des ^comtaunes une coa£mnce pour se plaindre de cette violation de privilège , nne députation des aldermen , se faisant faire passage à iMvers l'émeute, apporta à la batre la ptfâiMNi du cottseil coumun. En

DU LONG PARLEMENT. ^ilQ

rait été inutile et trop tardif pour sauver Loodres^ si le Roi, au lieu d'assiéger Glocester^ eût marché sur cette ville.

termes assez impérieux elle rappelait ap parl8iii>eat ]'enga« gement qu'il avait prû de mourir, s'il le fallait, pour le maintien de la cause « et lui enjoignait d« passer dans un bref délai une ordonnance en ce «ens qu'on avait eu soin d'annexer à la pétition. lecture faite de la pétition «t de l'ordonnance I et après avoir remercié le conseil commun de cette haute preuve de son zèle pour le bien public ^ on commença à discuter les propositions des lords, tandis que, s'il en faut croire CJarendon, le peuple amassé aux portes disait aux membres qui passaient pour entrer à la chambre , que « si on n'obtenait pa« une bonne réponse on reviendrait le lendemain en nombre double. •• Cependant y la question mi&e aux voix , l'avis de la paix l'emporta encore à la majorité de 8i voix contre 79. Une différence si légère donna lieu de soutenir qu'il y fallait regarder de plus près ; on recommença un nouveau scratin. AL Hollis était un de ceux qui comptaient les voix pour la paix , elles se trouvèrent encore an nombre de 81 ; mais , chose assez étrange , les voix pour la guerre montèrent à 88. Les vainqueurs parurent penser qu'ils avaient quelque chose à mé* nager après une pareiUe victoire ; des précautions de pf^litesse furent employées pour adoucir aux lords le rejet de leurs propositions ., et on vota qu'il serait recommandé au lord-niaire de prendre quelque» moyens poor empêcher les émeutes ^ en conséquence de quoi il publia les ordres les plus sévères contre tous rassemblemens illégaux , distributions d'imprimtés, etc.

Il était temps ^ car le surlendemain deux ou trois mille femmes , qui s'accrurent bientôt au nombre d'environ cinq

Cet orage d^adversité suffit pour enlever un certain nombre des feuilles mal attachées qui semblaient tenir encore à Tarbre parlementaire.

mille, apportèrent à la chambre des communes une pétition en contre-partie de celle du conseil commun , et qu'on avait en soin de rendre aussi respectueuse que l'autre était péremptoire. L'année précédente avait offert de même le spectacle d'un attroupement de femmes décidées à se faire entendre de la chambre dont elles venaient alors exciter le zèle à la réforme des abus. Elles avaient été remerciées et renvoyées avec de bonnes paroles par M. Pym , mais ^ n'aurait pas eu si bon marché de celles-ci : moins révérencieuses dans leurs discours improvisés qiie dans leurs discours écrits , elles criaient à la porte des communes , donnez-nous ces traîtres qui sont contre la paix , que nous les mettions en pièces, donnez-nous ce gueux de Pym , etc. En vain leur envoya - 1 - on deux ou trois membres de la chambre pour les apaiser par l'assurance que la chambre n'était point contraire à la paix ,'et qu'elle espérait bientôt y parvenir , il fallut employer la force pour les repousser. La milice essaya d'abord de leur faire peur en tirant à poudre ^ mais elles crièrent , ce n'est que de la poudre , et se mirent à jeter des briques aux soldats qui tirèrent alors sur elles à balles ; selon Glarendon , on les fit charger par un escadron de cavalerie qui en tua et blessa un assez grand nombre. Glarendon les donne pour des femmes de citoyens aisés ; Rushworth pour des femmes de la dernière classe , ce qui paraît plus vraisemblable. Beaucoup d'hommes déguisés en femmes se trouvaient , dit-on , mêlés parmi elles. Toutes portaient à leur coiffure des rubans blancs, ce qui était le signe de la paix. Quels que fussent les fauteurs de cette démarche , ce n'était qu'une

DU LONG PARLEMENT. ^:ai

et ébranler les résolutions de ceux qui n'avaient pas pris assez fermement racine dans la cause qu'ils avaient choisie. Plusieurs hommes de haut rang , membres des deux chambres ^ quelques lords et un grand nombre de membres des communes abandonnèrent alors le parlement, pour se rendre à Oxford. On taira ici leurs noms, bien qu'on ait donne celui des premiers lords qui s'ëloignèrentdu parlement, parce que cette dernière action porte vraiment une couleur criminelle; car ils n'avaient point, pour s'éloigner, les motifs de conscience qu'alléguèrent les premiers pour leur justification, et n'agirent pix>bablement que par faiblesse et par crainte de compromettre leurs intérêts particuliers (i). Ils perdirent

imitation } elle ne réussit pas , le succès demeura auxinvenleurs. ( Histoire parlementaire , tom. 3 , col. ï56 et suîv. — Histoire de la Rébellion, Glarendon^ tom. 6, pag. i85. )

{Note de r Editeur.)

(i) Clarendon nous apprend, qu'après l'émeute du 7 août , un grand nombre de pairs et de membres des communes avaient résolu de se retirer k l'armée du comte d'Essex, dont ils se croyaient alors assurés , et d'oMiger de là le parlement à faire la paix; mais. que le comte y soit par timidité , soit plutôt par scrupule , refusa de concourir à ce dessein, contre lequel il se prononça ensuite assez fortement. Obligés donc de renoncer à toute espérance de Ce côté , et peut-être craignant qu'on ne découvrît le projet qu'ils avaient formé , les principaux de ces membres prirent le parti de se rendre auprès du Roi. Les premiers furent le lord Lovelace ,

2!i± HrsToiRï:

donc beaucoup de leur considération dans les

deux partis , et servirent seulement à faire res-

secrëtement attaché au parti du Roi » et demeuré à Londres pour le servir > et le comte de Portland , puis le lord Conway : ces deux derniers , mis en prison à Foccasion cTu com-* plot de Waller, arment été relâchés peu de temps après ; pois le conte de Clare» Tons forent bien reçu» par le Roi. I/admÎMiendes cooftteadt Bedfbtd et Holland, ^ai s'echap* pèrent ensuite de Londres » non sans pcme ei sans danger, éprouva de grandes difficultés. On les fit attendre plusieurs jours à WalHngfbrd , tandis que le conseil, délibérait à Oxford sur la question de savoir s'il leur serait permis de se présenter devant le Aei. Us étaient du nombre de ceux dont kl cojidvite avnii le ploa irrité Charte» et ses pertîsaas; et si) même au moment des reveff»^ les raîseat de prudence l'emportaient rarement dans les conseils du Eoi sur les préventions de parti , la prospérité ne lear donnait pas beau jeu pour se faire écouter. Les débat» de cette affaire présentèrent , dit Glarendon , une aigreur et une violence de déraison dont on n'avait pas encore eu d'exemple. Cepen* dant l'on se décida à recevoir les deux comtes , mais après les avoir feit attendre asses long-temps à WalHngfbrd , pour que ce délai de plusieurs jours , et ce qu'ils apprirent de la discnssion élevée k leur sujet , les préparassent d'avance k ressentir les dégoûU quW leur apprêtait , et qui ne manquèrent pas de porter leurs fruits^. Ils devaient être d'autant plus sensibles an comte de Holland que , dès le débarque^ ment de la Reine , il avait fait négocier près d'elfe par Te lord Jermjn , et que , soit par le désir de Tobliger et de l'attirer , soit qn'il eût en effet reçu de la Reine l'ordre d'encourager son repentir j lord Jermyn avait porté au comte des paroles ^ors^les que Taceueil de la cour fîit ensuite

DO LOHG PARLEMENT. daS

sorlÊr Ibbl eoiifliasoe de ce peu. de membres àm fas^ kmtut^ Cfut osèrent loi demeureir fidèles, et m^ tèrent invariablemeut attachés aux principes qu'ils avaient professes d'abord , et à l'inte'rêt public , sans se laisser décourager par des di0icuJte''s et des dangers qui passaient de beaucoup ce qu'avait jamais eu à surmonter aucun parlement précédent. Ils ne laissèrent apercevoir ancim signe d'à-* battement , comme le purent remarquer ceux qui furent témoins de leur conduite (i); et les habî-

loin de confirmer. Cétâlt sur les espérances qu'elfes krî avaient fiiît concevoir qne le comte deHoihtnd avait engagé le comte àe Bedford et le comte de Clare à ^ déclarer, arnsi que lui, pour te Roi. Ce détail, exposé fert an kmg dans Clarend'oa , Histoire de là Rébellion, tom. 6, pag. i88, 192 , 204 , etc. , offre une peîotvre très-vivante de l'intérieur d'an parti de cour. {Note de T Editeur.)

(i) On ne saurait nier la grandeur du^ S]iectacle qui'offirii alors le parti révolulionnaire réduit à ses propres forces par la désertion dea timides , des ÎBCOMtaas y des. désabnsés , enfin y par oelfe des hommes moraux que.rimpofftaBce du but Bo pouvait yéeoscîlief avec Finjuslicfr des mojeAS. Sans doute y parmi Ita premiers soinIteMS du parti ^ quAl* qoM uns pouvaient tirer leur énergie du désespoir ; vie-» tiffles dévouées à devenir le prix de la réconcilia&ioii , ils combattaient pour leur existence. Mais le wimbra de oas hooMnea a'étaii paa assas grand , ni kuir sitnatioa asaee piiinaii|& ponr entrakier un pays qoâ n'anir^it pas. voulu les suivra. Dix-aepi; ans plus tard , la révelulûm avait créé de bien autres intérêts de défense el de

tans de la cité de Londres montrèrent beaucoup

d'empressement et de zèle à renforcer de leur

yation, et le parti de la révolution succomba sous les premiers efforts du premier homme qui voulut prendre en main la cause des royalistes. En i643 la révolution était forte de sa jeunesse , ses espérances animaient tout le corps du peuple ; le courage et le talent de ceux qui la voulaient fut de démêler toutes ses ressources et de les employer. A Oxford , dit Glarendon , la malheureuse disposition du lieu et de ceux qui s'y réunissaient était de tomber, à la moindre perte ou au moindre malheur, dans l'abattement le plus désespéré , et de se rejeter à la moindre victoire dans une ivresse d'espérances qui ne permettait plus de croire à l'iiuportance d'un obstacle quelconque. » ( Histoire de la Ré-bellioriy tom. 6, pag. iqS.) A Londres au contraire, quand le. danger approchait, les mesures plus hostiles annonçaient une volonté plus opiniâtre ; après la victoire on redoublait les demandes d'argent et de soldats. C'est le 4 juillet, que sur le refus des lords de concourir à la confection d'un nouveau grand sceau , les communes décident qu'elles en feront un à elles seules. {Histoire parlementaire ^ tom. 3 , col. i4a* ) C'est le 19 que l'assemblée des théologiens vient, au nom de la colère de Dieu déclarée par les malheurs de la cause , demander la sévère animadversion des lois contre le relâchement , la corruption , le papisme et l'idolâtrie des signes extérieurs du culte. {lùid. col. x^S. ) C'est le 27 août qu'une ordonnance du parlement abolit dans toute l'Angleterre les autels et les images. ( Ibid. col. 162. ) Les ecclésiastiques membres de la chambre des communes sont envoyés dans leurs cures pour y animer l'esprit du peuple à la défense dés doctrines : en même temps le parlement ordonne la presse des soldats, qu'un acte de ce même par^

personne et de leur argent l'armée du comte d'£s«^ sex; ce qui ne les ralentit pas dans leurs efforts pour lever une autre armée à sir William Wal- 1er ^ afin que^ dans la circonstance importante où l'on se trouvait*^ elle pût servir de réserve à Tautre*

Le comte de Manchester ^ à son éternel hon-* neur^ prit ce moment pour commencer son seryice militaire (i). U leva des troupes dans les

lement avait déclaré illégale {Histoire de la Rébellion, tom. 6 ) pag. i86} ; et la presse exécutée rigoureusement , injastement , n'afifaiblit point l'autorité du parti sur le peuple^ dont elle était un des .griefs contre le Roi. Waller vaincu est reçu comme le sauveur de la cause pour qu'il en paisse demeurer l'espérance. Le comte d^Ëssex est, à la fois , stimulé ) flatté , inquiété , apaisé ; des forces sont recrutées pour tous deux , et un mois après la date de la lettre où le conseil de guerre du comte d^Ëssex mandait au parlement que dans quelques jours il n'aurait plus même la forme d'une armée ( theface ofan army ) > le comte d'Essex à la tête d'une armée renouvelée avait fait lever le siège de Glocester et livré la bataille de Newbury. ( His-toire parlementaire y toni. 3 , col. i55 et 17a. ) {Note de VEditeur.)

(i) Ce fut le jour même ou le parlement reçut la lettre du conseil de guerre du comte d'Essex, qu'en is'occupant des moyens de recruter l'armée du comte, on vota la formation d'une autre armée sous les ordres du comte de Manchester. Glarendon parait regarder cette nomination comme un coup de partie qui rengagea le comte d'Essex , en lui donnant* un objet d'émulation , et en lui montrant 2. i5

aaG HISTOIRE

comtes de Fest^ confédérés^ cemmt on l'adk^ par les soins et la pnidence en colonel Crdmwell ^ et dont il fut sllors n^mmé général par le partehvetit^ auqn^ il rendit f cette année et l'année suivante ^ de grands serTÎces à Im tète de- ses soklats.

Tandis que le parlement et la ville de Londres s'occupaient activement à recruier letirs armées affaiblies y Glocester, place trèfi -< importante^ commençait à devenir un des prmcipaiix théâtres de cette tragique guerre civile , et fut le lieu oia la fortune recommença à changer de face. La:

ville de Glocester avait alors pour gouverneur le colonel Edward Massey y homme ^ngalièrement habile à la défendre , si courageux qu'aucnne menace d'un ennemi puissant ne pouvait l'ébranler , si fidèle qu'aucune des^ promesses d'un Roi

qa'oïi pïWirai€ Ayoîr, dit- il, un a«rt<*e cétote* et cTàutrés géaéràfàx qvLé kiî. En même tejttpd àuành moyen ttë tut AégHgë pour réidôàdr et Feccitér i oA eialta la reàcmhais^ sstace des chambrëâ , on Itti proinit toutes lés satisfactions' fkMsîbleft , oiî l'assura qu'aiicotie armée ne' serait recrutée avant la sienne ; et tandis que le Roi , au milieu dé ses succès, avait, à combattre les dissensions , les» jalousies^ les exigeances et Finsubordination de tout son parti, tout se ralliait de l'autre c6té pour soutenir une cause dont ceuxmêmes qui semblaient prêts à Fabandonner^ ne pouvaient sans effroi entrevoir la ruine prochaine, (âisfoir^ de la Ré^ MJion , tom. 6 , pag. 167^ 187, 191, i^, etc.) ( Netç d^ r Editeur. )

DU loNg parlement. 227

ne pouvait le conroHipre (i). Massey av»it été amené à Glocester par le comte de Stamfopd, S0U9 lequel il avait servi eemme liecttenant-cok»oel^ et commandait depuis plusieurs mois la ville en qtialitë de lieutenant du comte.

Comme il n'y arvait plnsr lieu de croire que le comte revînt à (^ecester ^ Massey fîit^ du consen*^ temeitt comnotun des soldats et des citoyens ^ nomme gouverneur de la ville ^ comme l'homme le plus propre à cette fonction. Une commission du général Féleva au grade de colonel.

Bristol s'était rendu aux troupes du Roi beaur coup plus promptement qu'on ne l'avait imaginé ^

(i) Selon Clàrendon y Massey s'était d'abord rendu à York , dans l'intention de servir lé Roi ; mais ne s'y voyant pas assez remarque, il passa dans ]e parti du parlement, oà son méf4te militaire, et, âii dédaigneusement Gkreiidoii> des takns cte coBverffttioft as$^z passaJbles pour le readte a^éàble au peuple, lui prpcurërent un avancenient facile.. Si l'on peut compter sur l'exactitude du récit de Clarendon , les émînens services que rendît ensuite Massey à la cause qu'il émbtassa n'en donneraient que mieux à connattre fiâiiabileté âa paitî de k cear pour attit^er et éncMiia^er les hommes de mérite. Clarendom noQS apprend ^l^s^t qu^ ce fat l'espérance qn'on levait conçue de rengager Massey dans le parti du Roi qui détermina le siège de Glocester. JLa plirasé de M^y sur 1^ fidélité de ce gouverneur semblerait en effet destinée à détruire un bruit ou un soupçt)n de ce genre;. ( HîHaire de la RêbeUion^ tom. 6, pagi tfret ^ntv.)

{ Noie de F Editeur- ) i5.

m8 histoire

tellement que M. Fiennes , gouverûeur de eette place 9 fut ensuite jugé et condamné pour ce fait par un conseil de guerre. Cet événement avait nécessai^ment jeté une grande terreur dans Glocester^ qui demeurait comme abandonné et sans aucune espérance de secours ^ au milieu d'un grand pays soumis à un ennemi victorieux.

On ne saurait nier que la résolution prise par cette ville de résister au Roi ne fût admirable à une telle époque , avec le peu de forces qu'elle avait pour se défendre^ tous les motifs de découragement qu'elle voyait à l'extérieur, et l'é- Ibignement des lieux d'où elle pouvait attendre quelque secours. Elle n'avait pas dans ses n&urs^ tant cavaliers que fantassins, dragons, hommes de milice, en y comptant les cavaliers et dragons qui étaient inopinément arrivés du château de Barclay, beaucoup plus de quinze cents soldats. Les munitions de guerre consistaient en quarante barils de poudre et une très-pauvre et mauvaise artillerie. Les ouvrages qui l'environnaient étaient fort étendus , et guères plus qu'à moitié achevés, lorsque cette terrible tempête était venue l'assaillir.

Le pays environnant, au lieu de soutenir la résolution des habitans de Glocèster, ne travaillait qu'à l'ébranler et à l'affaiblir , en leur représentant le danger qu'ils couraient, et en tachant de les engager, à faire la paix avec un ennemi si

DU LONG PARLEMENT. 22g

paissant ; car tout ce pays avait abandonné la caasê du parlenient^ bu était décidé à l'abandonner y et les habitans y pour leur propre inté-^ rêt ^ désiraient voir le Roi paisible possesseur de la ville; car ils sentaient bien que. si Glocester résistait , l'arrivée d'une grande armée leur enlèverait nécessairement leur blé , leurs bestiaux et tous leurs autres moyens d'existence , et que si^ enfin , il arrivait que le Roi ne réussît pas à prendre la ville , ils auraient perpétuellement à supporter lé fardeau de deux partis ennemis ^ qui les réduiraient à la plus désastreuse misère; au Heu que ^ si l'armée du Roi l'emportait^ ils demeureraient tranquilles et en sûreté 9 dans l'in<? tériéur d'un pays dont elle serait. maîtresse^ à Tabri du pillage^ et, au moyen d'une "légère contiibution, jouiraient librement d'un commerce avantageux.

Glocester ne pouvait attendre de secours que de Londres, et on a déjà vu à quel état étaient réduites les armées du parlement. Malgré tous ces motifs, les citoyens dé Glocester ne s'occupèrent qu'à examiner leurs forces et les raisons qu'ils pouvaient avoir de persévérer. Ils tinrent un conseil commun auquel assistèrent les officiers de la garnison. On y rappela et on y lut leur dernière protestation, par laquelle ils s'étaient obligés à ne jamaîî se soumettre à la faction ennemie. Ce souvenir ranima leur courage , et ils.

25o HISTOIRI:;

résolurent ^ à l'nnadiimité > de ««fuser ies offres de paix qui leur ëtaieat &îte$. Toutes les affaires parlicuJières fiirent interrompues^ et non-seule^ ment ées bommes^ mais les femmes et les enfans 9e imireiit à réparer les fertificattoois.

Teiie éteitia situation de Glocèster^ quand le

Roi en perscmne^ à la tête d'une grande et brîl-

iante armée^ on % réunissait l'élite de la haute et

mat^eniie noblesse^ vint y mettre le siège ^ Le to

^ àonftt 1645.

Une partie de ces troupes s'était laissé apercevoir^ iquelqties jours auparavant ^ 'Sur les som- «nets 'des oallines eny tronnantes , et le prince Ro<^ Isert ayait envoyé sommer la ville de se rendre; à quoi le maire répondit qu'il tenait la ville au nom de Sa Majesté et m pouvait la rendre. Cette réponse fut tournée en ridicule par l'armée du Roi y mais elle parut juste au maire y qui se retgardait comme chargé de conserver la ville à Sa iMajesté^ d'une manière conforme auj volontés du parlement.

Le Roi fut indigné qu'une ville aussi dénuée 4e tout secours prétendît tenir contre lui ; cepen^ dant^ comme il défait la conquérir sons effusion de sang et sans perdre mwtemps ^précieux dans le rapide oouns de pjpospérités oii il se trouvait alors ^ il vint 'camper en per^nne ^deir^at ses •murs^ espérant vainore les kaliîtans par le respect ou iâ crainte qwe leur inspirerait sa présence ^«t^

DU LOHG PARLEMEJNT. aZi

aussitôt qu'Ai fut arrivé , U leur envoya ; .par deiu héraults d'armies^ cette hooorALle soipnjia.tiûo :

Charles 9 nôi.

u RejDppli d'jiwe tendre compassion pour notre

H Tille de Glpcester, et pour éviter les maux qu^

(( nous ne pourrions Tempêcher de souffrir^ de la

« part de notre armée ^ si nous étions obligés de

ft l'emporter par la force des armes^ nous sommes

(( venus en personne devant ses murs pour re-

« qjji^rir son obéissance et voulons g;racieusement

« faire connaître à tou3 ses habitans et k tous

(( ceux^ soldats ou autres y qui se trouvent ren<*

u lerinés dans son enceinte ^ que s'ds se soumet-

« tent immédiatement et remettent la ville eutre

« nos mains, nous leur accorderons à tous sans ^L-

« ception un pardon volontaire et absolu^ et les as-

« surons sur notre parole de Roi qu'aucun d'eux ne

« recevra le moindre dommage ou préjudice du

« séjour de notre arméi&y soit dans sa pec3onue ou

« dans ses biens; que Le gouverneur que nous leur

« nommerons et la garnison peu nombreuse que

a nous laisserons da|is la ville n'auront d'autre

a objet que de maiptenir s^. sûreté et sa tranquil-

« lité^ aiiusi que celle de tout 4e pays; maïs s'ils

(c rejettent cette offre de grâce et de faveur et

« nous forcent à les réduire par le pouvoir de

« nos armes , ce qui ^ avec l'aide de Dieu , ne nous

« sera ni long ni difficile^ c'est à eux-mêmes « qu'ils pourront s'en prendre des misères et des « calamités qu'ils se seront attirées. Nous atten- « dons une réponse claire et positive dans les M deux heures qui suivront ce message ^ et par fr les présentes^ donnons permission^ à tous ceux « de la vîUe'qui voudront s'employer à cette « affaire;, d'aller et venir en sûreté de notre camp « à la ville, et requérons tous les officiers et H soldats de notre armée de les laisser passer sans « les inquiéter en aucune manière. »

Ce message , après quelques débats , reçut la réponse suivante, rédigée du consentement com-rmun des citoyens et des soldats. Elle fut pré^ sentée au Roi par le «èrgent^major Pudsey et par un citoyen de Glocestér(i),^

(i) Voici comment Clarendoa rend compte de cette circonstance. « Ayant le temps prescirit , on vit sortir de la ville avec 1q trompette deux hommes a visages pâles , longs , maigres et sinistres ; en vérité des figures si étranges, qu^elles égayèrent à la fdts les plus sévères pbjsionomies y et attristèirent les cœurs l$s plus jo^eui^i caii il était ipippssible que de pareils envoyés apportassent aut^e chosç que la guerre. Ces hommes, s^ns aucune marque de respect et de civilité, dirent d'un ton sec , clair et intrépide , qu'ils apportaient au Roi une réponse de la pieuse ville de Glocester; et , sur toutes les qu'estions qu'on leur fit , se montrèrent si prompts à des réparties insolentes et séditieuses, qu'on eât dit que leur principal objet était de provoquei* le Roi à violer son |5auf-conçlnit. ( Histoire de la Rébellion , tom. 6 , pag. 75. )

( Noie de V Editeur, )

« Nous 9 les habitans, magistrats^ officiers et w soldats enfermés dans cette ville de Glocester, « répendons humblement au gracieux message « de Sa Majesté , que nous gardons cette ville i< conformément à notre serment et allégeance , « pour l'usage de Sa Majesté et de sa royale pos- « térité, et, en conséquence, nous nous regardons « comme absolument obligés à obéir aux ordres i( de Sa Majesté, signifiés par les deux chambres (c du parlement, et sommes résolus, avec l'aide « de Dieu, à conserver notre ville, confôrmé- « ment à cette obligation. »

Le Roi reçut cette réponse sans montrer ni co^ lène ni indignation. Il parut seulement s'étonner d'une telle confiance et chercher quelles espérances de secours pouvaient la faire naître. Il employa devant les messagers ces propres expressions : TValler est fini et Essex ne peut i^enir. Pendant ce temps , l'armée du Roi avait été rangée dans les campagnes qui environnaient <t1ocester. Le prince Robert et le général Riven mirent le siège, d'un côté, avec six mille hommes environ, tant infanterie que cavalerie, et de l'autre, avec deux mille chevaux. Aussitôt après cette réponse, ils s'avancèrent dans les faubourgs à l'est de la ville; mais ils eurent à y essuyer une très-vive escarmouche et en furent chassés par lia flamme ; car, aussitôt après le retour des mes*

a54 ^ HISTOIRE

8ager$^ oq ipit le feu auxfauboui^s» qui, IjrùUnt de tous çpté^ , répandirent uoe ^ran4e 1;err€»ir. Cette yue sembla ei^gag^ le$ citoyens à sautenir encore plus coostam^ent ieur résolution et dis^ posa Tarmee «d^ Roi à prendre tous les moyens d'emporter par Ifi force ce qvCeUe ne pouvait espérer d'obtenir autrement»

Le soir n^eme , Taroiée du Bpi cot^imeuça ses tranchées de deuic cotés de la ville et à portée de mousquet .9 profitant ^ poJM:*«e couvrir , à^ quelques maisons que la £Umm^^'ayait|)as ajtteiptes,. Les travailleurs fureat cependant aperçus et les mousquetaires tirèrent sur eux 4e dQ£îS|US les murailles , mais ne pure^ leur causer que très-peu de mal , ce qui les obligea à faire plusieurs sor*ties sur ces trai^hëes, .envoya<nt de petits partis, qui , en plusieurs endroits , chassèrent les travailleurs, leur prir^t des armes et des prisonniers , et rentrèrent ensuite dans la ville sanç être inquiétés.

Sir William Vavasor s'4t*ît avancé, à l'ouest, avec les troupes galloises et s'approcba de la ville de ce coté , dans l'intention de se rejoindre aux troupes qui venaient de Worc^^ter et qui s'étaient campées au nord-ouest. Le général Rirven avait établi ^n quartier au sud, prenant avantage d'un terrain élevé , derrière lequel il se mit à couvert du leu des assiégés. Sir Jacob

Astley^ qui aviut été blessé dans la première vaxcùDive, campa avec une forte brigade à l'est de la ville.

Glocesler était aussi bloqué de tous cdté3 ^ et Ton s'attendait à des affaires furieuses et sanglantes. Les officiers du Aoi^ dont plusieurs étaient très-habiles et très-expérimentés dans la conduite de la guerre, avaient fait leurs approches et placé leurs batteries, ainsi qu'ils l'ont avoué, avec toutl'avantagepossible.Leurs soldats aemontraiei)t également actifs et infatigables dans les travaux , de la tranchée et courageux dans leurs attaques sar la ville. Les assiégés. ne leur cédaient pas pour le courage, la patience et l'activité, ce qui fut bien prouv-é non-seulement dans leur déf^se, mais dans leurs fréquentes sorties. Le gouver^çur Massey faisait l'admiration des ennemis par son babUeté et sa dextérité en toute occasion. Je don-r nerai quelques détails sur ce iistmeux siège, dont l'ÎBipoirtance a été si ^raiide et dont l'événement dey^it avoir de tels «efibts aur la situatioQ-de tout le royaume.

Trois jours après le commencement du siège , iSo.mousquetaires, sous la conduite du capitaine Gray, s^ttirent des rejtranchemens pour att0quer les troupes de Worcester que lesGaUois n'avaient pas encore rejointes , tombèrent sur leurs quartiers, marchèrent sur leurs premiers postes, tuèrent un cajpitaine et huit ou neuf soldats, firent

a56 H^^OIRE

cinq prisonniers, prirent des arnies, brûlèrent le posple et se retirèrent sans avoir perdu personne. Le capitaine Mallery, avec un même nombre de mousquetaires, reçut ordre, le jour d'après, d'aller enlever quelques pièces de canons que l'on croyait déposées dans un certain endroit; mais, ne les trouvant pas, il se rétira sans aucune perte, après avoir tué quelques hommes et fait quelques prisonniers aux ennemis et avoir brûlé une partie de leurs quartiers. La semaine d'après , un autre parti de cent cinquante mousquetaires, commandé parle capitaine Crispe, • fit une sortie et tomba sur les tranchées que faisaient les ennemis sous les murs de la ville., Il marcha jusqu'au milieu de ces tranchées, dans les rangs des ennemis, se battit avec une valeur extraordinaire et leur tua , selon l'aveu de quelques ims d'entre eux, plus de cent hommes; eo-* suite, protégé par les mousquetaires qui tiraient de dessus les remparts, il rentra dans la ville sans avoir perdu personne et seulement avec deux hommes blessés (i).

(i) Glarendon prétend que les prisonniers qu'on faisait quelquefois dans ces étonnantes sorties se trouvaient toujours . ivres, et avouaient ensuite, lorsqu'ilsrevenaient dans leur bon sens, que le gouverneur donnaittoujours au détachement destiné à la sortie autant de vin et de biëre forte qu'il en pouvait boire. Cependant il reconnaît comme une chose digne de remarque , et la preuve d'une excellente discipline , que ,

DD LONG PARLEMENT. ^5f

Les assiégeans se montraient fort habiles dans k disposition de leurs batteries y ainsi que dans? les trayauz de la mine ; mais ces trayaux furent rendus inutiles en plusieurs lieux par des sources d'eau ; en d'autres y l'extrême dureté de ce terrain rocailleux les rendait impossibles > et là où ils étaient plus faciles y l'habiletë du gouverneur les prévenait par des contre-mines. Les assiégeans lancèrent dans la ville plusieurs grosses grenades; mais la main de la Providence les guida d'une si singulière manière ^ qu'elles tombèrent dans d^S endroits où elles firent très^-peu de dégât. Il se passa une chose digne, de remarque. Les troupes Galloises et celles de WorCester s'étant avancées ^-amenèrent quatre pièces de canons à une distance convenable devant la partie de la ville qu'elles assiégeaient y et une de ces pièces fut placée en batterie. Un parti d'environ quatre cents mousquetaires^ commandés par le major Pudsey et le capitaine.Gray ^ assistés du capitaine Faulkner et du capitaine M assey y fit une sortie hors de L'une des portes. Dans le même temps , un lieutenant avec cinquante mousquetaires ,

durant tout le cours du sicge, il ne déserta pas un seul officier de la garnison, et pas plus de trois soldats. ( Histoire de la Rébellion , tom. 6, pag. 219. ) Quand on songe à tout ce qu'eut à 80u£frir cette garnison, son courage s'explique par une toute autre sorte d'ivresse que celle dont a T^T\éaBr^doru{Note de TEditeur.) : - *■

fiitenToyë contre leuTS owvnsigc^pottr leur donner utiefatt^e alarme^ tandis qfae l'antre troape passant dewièfe les canons et les têtes d'ouvrage , tomba sur le postfe principal y tiza plnsiea^ offi<^ cîers^deoxeanonniers^taa ou blessa mortellenvent envircm une centaine de soldats ^ prit un lieutenant^ en fit quatre autres prisonniers^ enleva le Cônoft ett se retira avec la perte seulement de deux bommes tues et de quatre prisonniers.

Oïl fit peu de temps après deux attires sorties qui y moins bien conduites^ ne réussirent pas ^ga^ lement. Cependant, dans ces deux ocdasions^ t^ assièges parvinrent k se retirer sans beaucoup de perte. Mais c'en fut assez pour frapper de stupeur leurs ennemis^ de voir l'audace de ces petite pattis à venir attaquer leurs principaux quartiers^ tuér leurs hommes et pouvoir ensuite se retirer de cette manière. Ceux qui entendent la guerre ont observé qu'il avait fallu une protection plu» quWdinaire de la providence^ pour faire réussir les entreprises de ces nombreux partis y dont un seul^ par sa défaite^ aurait p«i mettre la ville dans les plus grands dangers ; toute la garnison étant obligée de se tenir jour et nuit sur les travaux, excepté environ cent vingt hommes de réserve laissés au quartier-général de la place ; en sorte qu'il n'y avait pour soutenir la tempête qu'une seule ligne faible et point soutenue « Cependant les meilleurs militaires pensaient que le salut de

DU LOWG PARLEMENT. 35()

toQS demandait ces fréquentes sorties^ comme le plus sur remède qu'on pât employer dam rnie situation aussi dësespérëe. Noi^seulement elles retardaient les travaux de8 eimemis^ mais elles f*épftndaient la terreur parmi eux en leur montrant à quel point se soutenait le courage des âSsiëgés> et en même temp» la chaleur dé Faction M laissait pà$ à ceux*«i le temp& de se reÀ'oidir^ Le r61e du gouverneur était de fatiguer et d'ëptdsêr les ennemis eu les forçant^ par de continuelles alarmes > à se tenir saiiks cesse sur leurs gardes.

Les assiégearis se préparaient à ud assaut général ^ et en même temps s'efibrçaie&t d^épaiser les magasins de la ville y dont ils espéraient venir bientôt à bout. Ils employaient leurs propres munitions à répandre la terreur parmi les assiégés; ils leur lançaient des grenades et des pots à feu ^ et une seule de leurs batteries jeta ^ en une seule nuit^ dans la ville ^ plus de vingt boulets rouges qui traversaient les airs comme autant d'étoiles^ tombantes , quelques uns du poids de dix - huit livres, d'autres de vingt-deux. Quelques uns traversant les écuries et les meules de foin , ne parvinrent pas à les enflammer, à cause de la rapidité de leur mouvement; et, ce qui parut extraordinaire , ils ne mirent le feu à aucune maison. On creusait chaque jour plusieurs mines et contremines. On travaillait des deux côtés avec une grande activité. Le gouverneur Massey s'efforçait

a4o HïSTaiRE

de souteoir le courage de ses soldats et d'empe-' cher la ville de tomber dans le désespoir en leur faisant espérer un prompt secours. Il ajoutait de plus qu'une soumission si tardive leur obtieD-* drait peu d'indulgence de la part de rarmëe du Roi; de l'autre «côté^ le Roi semblait répugner à leur adresser des sommations solennelles et publiques y de peur d'avoir l'air de se relâcher de ses premières menaces. Cependant on agissait sous main auprès de» habitans en les menaçant de la colère du Roi; pn travaillait en outre à leur persuader de se rendre^ et on leur faisait entrevoir la possibilité d'obtenir leur grâce. -

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