CHAPITRE VI
Expéditimdu comte d^Essex pour laWlhrànce de Glocester. Récit de la grande bataille de Neu^wyi
Paidant que le siège de Glocester était aiasi poussé ayec tant de viTacité qu'aucun messager n'y pouvait pénétrer , le parletnèiit'quiy après de longs débats^ s'était déterminé à tout tenter pour secourir cette ville , d'où dépendait le' salut du royaume^ ne savait comment s'y prendre pour mener à bien une telle expédition. Le recrute ment d'une armée aussi réduite que l'était celle du lord-général eût entraîné trop de lenteurs;* il fallait donc absolument se servit delà milice de Londres et des volontaires. Ceux qui étaient dévoués au parlement s'encourageaient récipro-' quement à cette entreprise; les malveillans y aù.^ contraire y s'efforçaient dans tous leurs discours" de la: représenter comme impossible^ ef ^ pour' empêcher le lord-général de se mettre en maiv cfae^ on répandait chaque jour ^ dans Londï^s^ la fausse nouvelle de la prise de Glocester. Le* comte d'Eâ^x était à quatre- vingt milles ^ sans armée disponible ; il avait à traverser des Comt!^^' déjà occupés par l'ennemi , en sorte que , tout^ 2. . i6
^4^ HISTGIBË
bie» emmiééréj e'est «ae «piestkm de sayoir laquelle des deux choses fut plus merreillense de l'entreprise mémf qa à^sviteè^* Leparlement était tombé si bas à cette époque , soit en force, sôit en crédit > et les |iomme^ qui sfiriviiieot sa feirt^ne se pjressaiei^t tellement de TabfgidonMr^ qu'une prôyidence spéciale pouvait seule le re^mer. Kenseulement la* cause , mais l'existence même du parlçn^çnt étajtt e^ i|ue$tioa; d« cette expédxtîon devait vi^i^ltai? W » cl^ut^ totaile ou. sm vétaJ^lis*semait. \l plut à D4W que k«^ vtepWtionft des hommiesk conyiiMSfïPt à ubq teUct esitarétniték Lea F^gimenft de nfvilicQ d^ ^ tï\é ft lea yoleniaircs^ se pi^'s^^^r^^ 4e hf»àW g?A^# pour liiîi» k aei> yiç^ y ^ les débiris^de. U vitiU^ wmii^ 4hi gâ^ral fi^j^^t i^eicnit^a en tw^t^ tià^ft. On prgjâta aussi de^ leyc^ v^% ^ntrp wméi9> q|i¥ i^amketaift, à ti^trf de qé^ry^v» $K>u^ l^i^ ordmfi de sir Williara IJV^^i^l^i;; jfip^V^i Ç9 pi^et ipi^^t put ilW «wflîc vite q)^ roççaajm Xm%wiU S'il ^A ét^ oecottpK y e^ qi^ WP WisUiawi fi^t ^vjpim. à W^wkiwy at^er d^^ t^oup^ £çaiiç]k^ ^ l)fla9fi€ii^ dii.g^QS: pmM»t qHA> le. W^h ^î^^ S^ eî^t i^çu «jieirs; le dieimieir
M 94 %c^>* 1« «Hpte ^'SssQi:* paw% eui ravne s^s, t|?oup0^ i IVifunftljt^ Heiith > ^ dÎ9< niiîjtim di^i Lw4re^\l?i^^^tou^)l«9imqpibi^ durptirlejHMm*^^
DU LONG PARLEMENT. i43
oérdl , qui alla edufchêr ebtte nuit mètiîé à €6ki-
Stir k nouvelle <lé l'àppri$£h« de teiie armée > te pi*iW«e Rt^tiërf j fttéé k {ylâs ^âhdé fanih âé k càtàkrié dtt Kôi , ^îftaé Gfe^é^f fxytf i- k^dpposer à là màrck^ àû coMlè d'fifssët,' me^i^ le Roiy ârreâ lè jgtbg dé s^& ârittée^ diminua 1er dJëge; réëiilliidè le poits^r jîiâqil^ad dërâier thânietkti et ààhà Vèspbiv que chaque mknife' pôutait eh araètirêfl* iM un ^ ^oH fAv le dé&ut de munitions dàûâ ki pkièe^ âoit par quelque auere eireons^ tmûéff cêc e^ôiif n'était pas sëLiiÈ' foûdement. Thllé Use k ^âgûilèî^ foi tane de eetté tille ^ qti^à tWsààt d'il elte ftirt dëfrVfëey ii ne t^estàit danil ^ magasins que ti*oh barih de poudre.
Le sflDiièdî ±& MiÀ 1643 9 loftd Essex m^mbar de Cùlébrock& à Beaco^sfieMy pukde là^à Berr-^ tbny oè il fit équiper se^ troU|>es v et d'où il' pirtffe siâr-lel-ehainrp. La mrliee de Londres et les volbn-^ tairèa clé ^ejoil^fo'ent Tàrmëe dor lord-^ëàiéral quç le f $eptémbM% a^ rendez^Vous' downé à* Bracktey Heatbv Avabt dette jonctiorf, un* petit pa^ àe qo^tte eebfS'ohëvâiiï dil Roi Jetait trôirvë en tête d'tiireorpsde rarmëe parlemcnÉaiire; its^ensuivH quelques escarmouches a%k^ environlsr de Bitisteif^ mais léâ ëfo^^s i»oyales^ se retirèrent bieiktôt^ à Fapprocîke d'un cnt^p» nonibi^x de mUveev Lord Esse^^ prit $mi qif»t«er-gënéfal à Âynow >> et en- Toyà t^ rëgillii^nt^ en^qaarti ei^ k Dèddington ^; souis^
les ordres du colonel Middleton. Celui-ci ayant appris qu'il y avait là deux regimens de la cavalerie du Roi , poussa en avant deux compagnies de dragons^ pour reconnaître la place; mais la cavalerie royale se retira sur la route d'Oxford y qu'occupait lord Wilmot avec cinquante autres escadrons. Le lendemain , deux regimens parlementaires , conduits par Middleton et sir James JUmsey , s'avancèrent par cette route ; ils y aperçurent leurs ennemis divisés en. deux grands corps , et , après une légère mêlée , ils fordèrent le passage^ et y laissèrent des drag(ms pour le garder. Les troupes du Roi revinrent bientôt; et furent reçues avec une résistance qui y après avoir duré plusieurs heures , les détermina enfin k se retirer; mais voyant que le lord Middleton ^ conformément aux ordres du lord-général^ se repliait sur le gros de l'armée , les royalistes poussèrent contre son arrière -garde un parti de cavalerie, qui la suivit jusque dans les rues de Deddington, di'où il fut ensuite chassé en désordre. Ces escarmouches coûtèrent peu aux deux partis; mais sans connaître exactement les pertes réciproques, le parlement présuma que celles des ennemis étaient les plus grandes.
Le lord-général, cantonné à Adderbury avec son propre régiment de cavalerie, 6t avec celui du lord Gray , ayant su que quelques escadrons du Roi s'étaient répandus de Banbmry dans la
DU LOlif G PARLEMENT. ^45
campagne , envoya contre eux un petit corps i qui les poursuirit jusque dans Banbury ^ et leur ' fit plusieurs prisonniei^ ^ sans que lés trolipeâ royales^ renfermées dans le fort, osassent sortir J Le général se porta de là sur Chipping Norton y où quelques compagnies de l'arriiée royale paru- . rent eiicore , mais pour se retirer bientôt , comme elles firent chaque jour, pendant toute cette marche. '
Le 4 septembre, le lord-général marchant vers Stow, sur rOld, envoya en avant, un peu sur sa droite > le colonel Harvey avec son régiment de cavalerie et deux régimens d'infanterie, et sur sa gauche la milice de la cité , commandée par le lieutenant-colonel Baily. Le prince Robert se iDontra alors avec quatre. mille chevaux, campes sur les collines, et il envoya un fort parti de cavalerie dans une vallée voisiue de Stow , pour cerner les régimens du colonel* Harvey. Ce mouvement ayant été aperçu , trois régimens de Favantrgarde de Farmée parlementaire se mirent en marche pour délivrer le colonel , et obliger la cavalerie royale à se replier sur les siens, ti y> eut là quelques escarmouches pe^u sanglantes.
Le général avança à la tête de son infanterie, sir James Ramsey commandant Farrière-garde, et sir Philippe Stapleton Fâvant-gJarde. La cavalerie du Roi: se 'montra de nouveau, et en vint plu-sieurs feis aux mains avec sir Philippe Stapleton
et 4>i^tiiQs çoxffp i w^w (çlie si; i«ptiaU tffi^lfRrs, tantôt reiMiTOissj»nt, t»p#^ irfjpiî^wi^nt si ftjftnîtej et çejtfts ma^qavyrç coijt^aw^ ^J^^k î» «pace d^ ^pt milles»
qjji'ç^x çpllipi^ 4s Pil•«sï>^^y } U , il djéplpyfi tp^ie son aripéfi en vue de 1^ yU)e d^Qlop^t^r^ Qifit ftÎE^ ui^ déph»r£f; de q»Atr# piècei 4e c^npa de gros calibre ^ pour donner avis aux h^bîtan^ 4ft son {^pprpchÇf Bient^ ftpx'P^ il ^pisr^u^ les qi^rtiefs. du Roi ep fçu; car en appreq^t ]i'arrivjçq di^ lqr|i-gé|i^ral^ I^ trpij^pes royale^ avaient ab^i^donné le siçgp , et a^aj eq^ n^iarcl^^ tpfi^ l^t ijpit (i> Varrièrcrgirdf 4fi r^frofie,4u, l9ï4r€ç-
(t) Jamais dans l'année du Roi on n'avait voulu se persuader qi)e le comte dXs&ex osAt entreprendre de venir seco^rir Çr]çf:j^^%pv; 09 riçpoiiss^it V9^^$ lei noRVftffs ^ sa marçb,e ; en spri^e qnie , qu,f i?d la c^valeri^ royale char^çe de ripqaiéter se replia sur les postes d'infant^^ for-
cée de lever le siëge, se retira , dit Clarendon , plus eo désordre et plus efiraj^ê qu'on Vaurait dû l'attendre. (Histoire de la Rébellion, tbm. 6, pag. 223 ef toiv. ) Avant de s'éloigner 9 le Roi envoya au comie lui trompette avec
chjint trësrbien qu'elles ^y^iient pour \inique 9^)?^ çl^ ç.etarder sa marche , répondit si|r-le-champ m qu'il n'avait point « de pouvoirs pour traiter, qu'il était chargé de délivrer « Glocester, qu'il le ferait, ou laisserait sa vie sous les murs « de la place, n Les soldats entendant dire qu^un trempette était arrivé avec d^, prop^iitpps, cn^iin|.pgA4«ftt;.tog*r
DU LOlfG'PAllLBHENT. ^ ^J
lierai y qvùAtfuu» cxBomé et quelques nmnitioBs dnÉeurirèttt Mr 1» cbUine , difficile à dMéeiiAre ta ôe lÈsamtiÊki en rairân de ïà iMiicur de ifl pente ^ de Fobscliritë d« Ift trait y qvi'atiigibeKitiEit tkû temps orac^w; VêUrmUe anisi> d^attliEnifb > de** pvss' trois JMin^ bwttcbtrp âbfiflfert Aà ^ ài^ ffOè y €11' tràTersstnl nA parfd presque eniiàrèiMflt défmsie par Tenfiâfiiiv L'utile du' biti-^ gèHéial marclut Tm ChelcralmHi^ cîmb du RÀi to^x^^ éelfl pèbda&t «tt mdi^dle , é< Btitf cpfitpkisidiif» ftttS ses qvartîei^^ dvitîAtft Fuspàeedtf deiix jo^'iiil'cjpif'it séjirara»' k Cbdt^bam. Le 8 is^ieiiibif^v' H^^^
il ait i^tf a^ec ttéftucottp de joîé éi de gréfâdtd nuirqueg d^liomieiir par tetlnf i^Ulëi^ totig-tfewp^ a«i^é^«tiaiÂiûM«a0t'déliTt^^ M g^ràl-doi^a> beateeup'd'i^a^» k k cènràgease habileté «fa Paeti^iti^ faifaitg»bfe du oo^iréi MH«»«y, akter qt^à 1« pâfieité' ébimtiûice déd liaiiA^fis. De kaf" dîë, il9 dâ^brè^eot bratét^itt ^âr Btkiettè^é ^ pMT leur atiiit» appof^ié sé^^Mti» à ti^ire^-tatît dedifieiilt^ y^ dé pdac» et de déMvkftaiges. T^ûd »ti^mtti«»t <kii9 decbiiittfitees s^iotifir de gt#!ré^ ennrerd le» TaM-PifiB$i»kifV pb^r ^^ Meâfefts de sa' dititte^'p^ovideace^ et-la niâiërlcditle demll
temps avec les plus bru jantes clameurs : Poiat deproposi-^ tiens I point de propositions! et le trompette fut renvdyci {M^rttûifes *^ WWtribcke^, p%: ^. ) ( W<fte de rÊdrtéhar. )
avait 11M envers eux > en les secourant si à-^propos»* '. LerlOTd-^énéral coucha deus* nuits à Glocestery et foucnit la rviUe.de ixiunUiDnSy^d-ajrgeDtet de toatce.quUm.^it nécessaire* De; là il iniax^faa i:TeMd&esbuvy.9 jâéosj'intention de séjourner à Cbeltenkam ; mais il fut a<¥erti qu'un' corps d'àrmëa du JVoi ^ rqu/oa lui dit être celui du prince Maurice^ ; était; à iGît^enceater - otu i W .'avait dépesé uue.igi;inde quantité 4e vivres pour Tarmee^Sun cet avis ^ le génial ^ dont les:trQiq)es souffraient tous 1|9$ jours daiw^tage de la disiétte de vivres et di^s^u^nie^ chosesuécessaires^ fit unelongiie marche à la tête de, 60U avant-garde poajr tomber -sur ce corps.^ ce qviiX &t environ à une heure de la nuit. U epT^ya^uni parti de cavalerie s'emparer des senti-^ aeUei.^i tandis que lui-même^ avec le reste de sa cavtlerie^. entoura la ville. Un corps de &ntas« sins #n eufana perdus , accompagnés du régiment d'infanterie du général > força la ville et y surprit deux iidgijEnen3 de cavalerie appartenaht à sir Ni-^ çho}as Crispe et aUiColonelSpencer^desttnés^ selon l'^v^u de quelques prisonniers^ à excita un isonrlèviÇineiit,dans le comté de Kent. Le lord*général prit d^^4^^ill!e de CirencesfOr quarante bharge& de vivjces , qui , apçès l'aide de h Providence , furent le salut de son armée^ qu'elles soutinrent jusqu'au jour de la grande bataille de Newbuiy. Il prît aussi six étendards^ tous les officiers, excepté les deux colonels qui étairât ahsens , plu-
ou LO NG P ARLEM £14 T. ^49
sienrs autres hommes de rang^ plus de ciaq cents soldats et quatre cents chevaux»
De Cirencester^ le général se. rendit à petites journées d'environ cinq milles à Gricklade , et de là à Swinden , d'où il comptait aller à Hunger^ ford; mais Fayant-garde et legros.de son armée étaient déjà presque entièrement arrivés à Au-. bume-Chase , lorsqu'une brillante troupe d'en-^ viron six mille cavaliers royaux attaqua vive*' ment son arrière-garde , qui^ ne se trouvant pas» en nombre suffisant pour résister^ tacha de faire sa retraite en bon ordre vers le corps d'armée; mais les cavaliers royaux serrèrent si Hvemient > sar les derrières et sur les flancs^ la cavalerie parlementaire^ qu'elle fut contrainte de se retirer en désordre et avec quelque perte. Arrivée au corp^ d'armée^ cette cavalerie se remit en prdre.et tint tête à l'ennemi^ tandis que l'infanterie s'ayançait pour la secourir. Cependant la cavalerie du Roi> ayant chargé une seconde fois , ronjpit encore .la cavalerie parlementaire ; mais enfin , quelques régimens du général étant arrivés à la rencontre de Ifennemi > ils chargèrent les enfaQS perdus, des troupes royales > formant un corps de cinq cents chevau:^ , et les mirent totalement en déroute y puis ils chargèrent les deux régimens qui sQute-r naient ces enfans perdus^ et les défirent également. Alors la cavalerie royale, revenant courageuse-*ment avec des troupes fraîches, arrêta la ppùr-
25o HISTOIRE
saîte^ 8t aussitôt après y de«x deS' tégMsetà^ parlementaires ckargàrent Bra^eineiit les ti^0u|^as du Roi qui les raenmli aTec mie^ égaie fananrout^ ^en sorte ^pi& des destx odtés oâ se n^Hn ea jmétne tempsi Qiwlçpies «utres régiiMDS de llarmee par* lementam^ tenterait aussi une charge > mais Us fitrant repousses avec tant de ^aleup qu'as fcureat obligés- dé regagner le eopps de VsLvmée* ISat ce monent siv Philippe StaplétoD> qui comiBaiidaiC ee j[ouiwtà ra¥aut^ard(^deraraiéepai4emeiitliitfe^ ëtafit revenu k ikssaeiii sur se^paspour seeourir ses amis, obligea» les tmupes du Roî À' se attirer au8^. La nuit mit fin k cet ecubsrts. Le parti du Roi perdit dans celte cba^e MacMdDele marqitis de ViouTiUe et plusieurs- auti^effoien dèiuar* qiie qui a^rarient donné d'éclataiis tëmoiguages de leur Talemr^ quoique tewrs iMmr n'attent pâtt-été lucfftionaésv Oh'pendît aussi boMicoupcie soldats et u» lieutenaRt^eloMi. Iki e4téidu parlement, ou perdit en oflteietfi, les capitaine» IMKddleton et Hacldel; Plusietirs^ oflkiersfuaFisnt blessés ^ quelques soldats tué» ^ et le colèuel ShcAetd pistait VHÈ étendard. Le lètd -général ËsMx «ÉMm^ha^ ce même soir dTec' soi» année à Huttgei^ferd^; Sir Philippe Slapteton qm ava»t eu<^ié comâifaïaderaeni de ràTant^gardé cenchtisaif iotors l'^ti^ièregarde.
Le, lendemain se' LÎT^a. la'fàUieAse bbta«lle de* Newfeury, doi^ révénemeM fat ^ iâipo#tMt
DtJ LONG PARI:EMENT. :a6i
p9jW to^léla voy amme 9 tpiVlte mérite d'être raf>lnoarté^ ep 4ât»ii ; vmh n'ayant ma Ismiv^ 9ur f^^U» hfitfiLi^ émsi h» éciitB. des partî^am. an ftôir je me ser^vimi dn vëeit eipcl» publié par qjn^qn^ eold^^de rarmée cfo pariboiMt^ h^ior Q^^de^^nd^ fit irréprochable qépiitatio» ^ ^ j'ai iiiteiidu. quelqiim una de leuns ennenua mêmes ricopmiltne queeetie narratif)» était ^ noorseule* «le^t: remplie de modestie , mais vraie daita aa pli^graode partie* Si l'oo découvrait emuitequelque Cfbose qui préseatât eoçone plus, le ciaractère de la yérité ^ aucun H^ouête h^mme ne pourrait s^^îger de le^oir publier; mui^œu'est pas une choae saas eiemple que les. bcimmes ateut écrit }mi9;prapres ^tious avec uoe i^npartiaJ^ amcér rite; Jules. César est reconnu piour a^vairi écrit 9f^. c^fumeAtairea» nours^uleii^at de la guerre des Gaules.^ mais aussi de la.^erre cîtilei^dTec 01^ Y^raçité tfÂ)e«ieut. exempte de sojipçous ^ que a^.^fmeiuis mêiei^ n'y mt rie» trt^^é à blàmerv *Jf. rapporterai douc tei^tu^Uemeut lai relatif die
cescpWn^v
L^: m»idi I Q s^ptcimjbre 1 645 s ivhi^ uous^ dirirgçâixie^ de Hungcrford vers INewbury, Arrivées à d^UX 9iilJ^s.del§ iffiHe^ u^uspiflm^s découvrir l^S trou|>^ de reauemi s»? uue colline- Leur armée toute eu^irc^ uous ^yaut préveuwSji était arrivée à Newbupy et en possession de la. viUe. Lelcndeipaio uèsf^tiu mercredi > aw point Au jo»t> V^ràyc
fut donne de marcher sur une colline nommée Biggs-Hill , située proche de ' Newbury , et qu'il fallait gagner comme le seul endroit d'où noua pussions avantageusement tenter de forcer le passage; mais^ lorsque Son Excellence s'aperçut que les ennemis occupaient cette colline^ elle se mit en persontie à la tête de son régiment et des brigades du colonel Barclay et du colonel Hblbome, et chargea Fennemi avec tant d'impétuosité , qu'elle le chassa de la colline dont elle demeura maîtresse tout le reste du jour^ gagnant plutôt que perdant du terrain. Tant que le régiment de Son Excellence et les deux autres brigades qui l'accompagnaienlt demeurèrent dans ce poste , ils furent vivement chargés par la cavalerie et l'infanterie de l'eniwmî , et l'on déploya beaucoup de valeur des deux côtés. Le général se portait en personne partout ou il avait à donner des ordres, et toujours présent partout où était le danger, il remplit les devoir^ d'un excellent général. Les ennemis eux-mêmes lui ont rendu ce témoignage. Il parut oublier entièrement les périls auxquels il était exposé dans ce poste, qu'il s'efforçait de conserver comme éminemment favorable à ses desseins. Il fit aussi avancer les deux bandes dé milice de Londres , qui soutinrent avec un invincible courage les fréquentes attaques de l'infanterie et de la cavalerie enïiemie.
L'infanterie ayant ainsi commencé le combat >
sir Philippe Stapleton y à la tête de la garde et I des régimens de cavalerie de Son Excellence^ s'avança sur le plateau de la colline. Aussitôt que^ I secondé par le régiment de cavalerie du colonel I Dalbeir , )e seul qui se £tit avance avec lui ^ il ' eut déployé ses troupes hors de l'extréiuité du chemin^ l'ennemi reconnaissant l'avantage de. cette position^ et déjà rangé en plusieurs grands corps de cavalerie , en fit avancer aussi, une partie pour charger la nôtre ; mais nous les reçûnies si bien ^ ayant soin de ne pas.faire. feu qu'ils ne fassent entièrement sur nous , qu'ils furent niîs totalement en déroute. Nous. les poursuivîmes ^ en leur tuant beaucoup de monde , jusque près de 1 endroit où était réunie toute leur cavalerie , puis nous regagnâmes en bon ordre notre première position ; ce qui donna le temps de laisser arriver le reste de notre cavalerie , qui faisait ce jour -là l'avant - garde. Alors l'ennemi détacha quelques nouveaux régimens de cavalerie > qui s'avancèrent avec toute la rapidité possible sur çir Philippe 5 mais ne furent pas mieux traités que la première fois ; il les mit encore en déroute. Comme il commençait à rétablir l'ordre dans son régiment^ ceux de Ramsey^ Harvey et Goodwin, vinrent se joindre à lui ; la cavalerie entière de l'ennemi les chargea alors avec courage, et fut reçue de même. Sir Philippe Stapleton fut pris à la fois de front et en flanc ; tous ses
iSJ^ HlSTOtRE
cavaliers a^^ient lire leflips ûèfÊt ebu^ de pht^ leU, M fie trduvâient telkrment eûtmpu^y que Yennenki et les nôtres étàiciit silt> tbii«e k Kj^ne entièrement tuâlë» et coiifefid«iSj II y eut Im^h^ eoup de monde tnë éés deui côtëâ. Les i^rës Ibrrat à k fin repensëés jusc{ti'à t'ettr^urîtë dû ekemin par lèqnel tls liaient tettns $ tonlttie îts se troQVâienf alors près de nôtre infktiterië^ l'ennemi fit ses éffùtt^ ponr se déga^^ et r^jokldre son tùPpsA'iki^méèi GBikIÈ tfHi ehU^èf^nt ài^et ks nèti^s dans le ehéniiti ftti^nt ivtééf pour k plilpart* Nous primés fous lé^ d^apett«x de trbis régimens de ^ai^akHé ^ et un df Kpeatt^ d^an autre. Le (iolonri l)allifeir et le cewmiSSai^ë Gopley forent blessés' dan^ k fteMhte eiif^gey e^il^ eeni^ battaient vl^tÉrteuseÈQLém.' Les €)e^kàiMÉr ¥ktmîttond> FleelNroodi Fym et k ebmette ÎMly ttstétn bkssé^ da^M k ^éistèèife ekfat^ge. Le eSapifaftiè Draper, t k têfe étfM corps^ dei éi^és peftk^ èé str PMlïppe Si»p»étotf^ ée eôttdfàiisîc à't^ beaiiebup de vàkur; aiktamcen firent aveekïAi; dragdns les ettpitainés^ AÊeférêiâby^ et SbïliflioMé. L'aik g^che de notice ca^irâki^iiey éônirfâàttd^^ë par k colonel' Middlétôn^^ Fàile (^ité dfé' fe «^Va^ lèrie enneififl^îé licf piïteiA'5 à causë^deë baies'^ eoni^ Battre qiief pai^ petits corps.
Après attJii* airisï, pout^ plàs de dlàWe'-y rtrp^ porté de suite toutes les^âctîohiE^ de k daV^eïtev nous retournerons à Finfiantérie; Dàri^k ihMinée^
DG LONG PâRLEMENT. Jt5S
taudis* que Son TùtoAhéace é^àiA ei^ogioe sov ia colliii» ^ Je laajor • génénili Skîppon se kâte Ae se reotdre sur la haut de cette même «soUine, oii oombftttait notre avaist*^ garde. Il aT»it d^abord doaqe ses ordres p<mr fa^re avancer notre artiJp lerÎQ^ et pouir que les trcmpea qui en d^>eiidaienl, savoir la brigade de leed Hoberts» et la sîenaey celle de sur William Springeiïetdim eolonèl Manwaring, ainsi <pie les rëgîmeiis ausîliaiaes'^ bien. at rttuge^ ge rendissent près de Son Excdilence* Eu regardant du. haut: de la coliiaia^ du cMé de Newlhsrjr> il aperçut une grande partie des tcouK pes enae»ifiSy tant cavalerie qa'kifanilerie^ qui se dijrigeaienl e» plusieurs carpa vers la ehemttt^ par on devait nécessairement passer notre artitkrte* U supposa qué^Fmteiitie» de l'eimeni étuAt (le tofliber sar ne^re aPliUerîe y ea sur les dev-pîèrf s dfa ceux fni oombattaient sur' lu eollitttt , ou bien de s'emparer de l'autre eoltise^ situëe denrière nom^ et oà nou9 avions passé hi* miit. Sofiii , il eoApvit que noua aTÎeiia ItMit à craindre de cemottvcmuMrl, ei seftâlteir ooaime iïeartçvùt awsit le conunenobenfetit de Sou^ Bacelleueev dto disposer ses^ troupes dans les liieua o^ê eUesrétatene ie phn arfeessaims. Ëti^ mdme teaipë^,^ emuiae le gsnérali denunéMi q«^oii>lut» envi»yât-pkis^dfin»-' £uite»ie> on, fiti mavefter' de œ^ ceie^ k hrîgtidïM dans hquelie^ ^aieat lO' régi^en^ èo? imjof« él' ^m de' Springef^ au^qnei» on> joignît les^M^^-
liàires rouges , puis on plaça la brigade de lord Roberts avec îipiatre petites pièces précisëment sur le chemin par où s'avançait rènnemi. Elle le reçut de telle manière qu'il prit la fuite y et que lord Roberts se remit en possession du terrain sur lequel s'était aTancë l'ennemi. Son lieu-» tenant-colonel reçut un coup de feu dans la! figure.
Les enfans perdus que ce lieutenant ^ colonel avait commande la soirée précédente^ renforcés de trois cents mousquetaires^ et conduits par le^ major Fortescue, furent placés par le majorgénéral Skippon à la gauche de la brigade de lord Roberts , sur le grand chemin qui conduisait de Newbury à l'endroit où nous étions. On plaça sur ce grand chemin quatre canons 'y qui furent vaillamment défendus ; cependant l'ennemi s'approcha tellement qîi'il emmena un des mulets d'une de nos pièces ; mais il lui en coûta plusieurs hommes.
Le régiment du colonel Manwaring fut placé à la droite 5 entre la colline et la brigade de lord Roberts. Son Excellence fit marcherquelque temps après ce régiment au secours de son propre régiment^ et des brigades du colonel Barclay et du colonel Holborne ^ qui avaient été quatre heures exposés aux plus chaudes attaqués. Il arriva que ce régiment ne fut pas plutôt éloigné , que le& autres furent attaqués par deux grands corps de cavalerie et d'infanterie^ qui les forcèrent à se
DU LONG PARLEMENT. t^j
retirer, et leur enlevèrent le terrain dont ils avaient pris possession ; le colonel Holborne s'en aperçut , fit une charge sur l'ennemi , et aussitôt sa brigade , celle du colonel Barclay , et le régiment du gênerai revinrent sur Tennemi, le mirent (SQ &iite, regagnèrent le terrain, et s'y maintinrent tout le reste de la journée.
Le régiment auxiliaire bleu reçut ordre d'aller secpurir les enfans. perdus, qui, à leur tour, avaient, été trois ou quatre fois au feu. Le combat dura dans la vallée, sur un espace de plus d'un mille et demi de loog, aussi longtemps que dans aucune autre partie de l'armée , c'est-à-dire , jusqu'à dix heures du soir, heure à laquelle l'ennemi fit une bonne charge sur les poster du colonel Barclay et du colonel Holborne. Après avoir donné ses ordres dans la vallée , le major-général remonta la colline, d'où il aperçut qu'il serait avantageux de tirer huit ou neuf coups de demi -couleuvrine sur l'ennemi, qui, d'une maison, tirait de fprt près sur les colonels Barclay et Holborne. Ayant donc, rassemblé en un corps deux régimens de milice , il les rangea eu bataille et Içs plaça devant l'endroit que devait eosuitepqçiypjBr Je train d'artillerie sur le sommet delà colline. H engagea le major Boteler à ranger les mousquejtaires de son régiment sur la droite , devant, les deux demi-couleuvrines qu'on plaça aussi ^r le sommet de la colline et à l'entrée du
chemin. Il mit les auxiliaires rouges à la gauche des pièces qui, auparavant , étaient assez peu garde'es. L'artillerie fut très-bien conduite ce jourlà par rhabiletë et les soins de sir John Merrtck.
Tandis que cela se passait , deux pièces appartenant au régiment du major^gënéral , et un petit canon de celui de sir William Brooke, furent repris par le régiment du général , sous les ordi'es du major Boteler, secondé de deux cents mousquetaires. L'ennemi tira de ses piquters, qui demeuraient en arrière avec les drapeaux gardés par des corps considérables de Cavalene, cinq ou six cents mousquetaires , et., en outre, de^ dragons pour prendre les nôtres par la droite, au milieu des haies, précisément au moment où Son Excellence avait fait demander trois cents mousquetaires des enfans perdus, pour les envoyer au secours des régi mens du colonel Barclay et du colonel Holborne. L'ennemi , tombant sur eux par la droite, les arrêta dans leur route; maïs aidés de plusieurs autres de nos mousquetaires, qui se trouvaient sur le terrain , ils le repoussèreat et l'empêchèrent de nous faire beaucoup de mal.. Cela se passa vers les quatre heures de l'aprèsmidi, tandis que toute notre infantefîe se trouvait engagée dans le combat. Le général fît aussi placer une partie des auxiliaires rouges plus près du poste du colonel BarClày, qui le éematf*
DU LOKG PARLEMENT. ^5c)
iUii. A la (ia^ la nuit arriva ^ et reiiiieiiH^ cavalarie et infanterie , demenra , en bon ordre , à Ye%irém\ié de la prairie , où nous pensions qu'il tiendrait jusqu'au lendemain matin, eroyant , comme on nous Tarait rapport^, qu'il s'occupait à y placer ses canons pour en faire usage contre noos au point du jour» Nous travaillâmes à soute-* air le courage de nos soldats pour le combat auquel mms nous attendions , résolus, a^i^ee l'aide de Dieu , de nous ouvrir , le lendemain, un passage ou de mourir; mais il plut à Dieu q[ue ce passage nous.fiU oa^frert sans coup férir; Fennem^ dd-^ campa pendant la nuit* Ainsi, le lendemain matin , nous nous mînuss paisiblement en possession du terriaÎJQ sur lequel s'était livrée la bataille et
qui était d'abord resté à renn(emi (ij. Lq j«udi
(i) la bataille ÀB Mewbury fut eoutenue 4es 4et}x eèié% avec u#e valeur filx^'flf]r4i>l«iI'e. P^ntki If» tnait» de eonvagp avf(}li^.Ujell£ à^nixà lieu, ^bitelpckfs eu ci^e nu asseii plî^ir saut d'i^B valet de sir Philippe Stapleton. DaQS ^np fiii^FeÇ cil il suivait son m^itre, il av^it eu son chevçil tué; il se tii;a pourtant d'afifaire , et reviot à pied trouver sa compagnie. Alors il fie souvint avec re^et qu'il avait laisse la bride et là selle de son ch«val. JCétait, disait^il, ua« telle et aa^ bride neuves, et plutôt que d'abandonner ce profit aux cavaliers, il était résolu de retourner les chercher. Vainement on voulut le détouraev de ce projet, lui représentant que soit cheval etaû Wmbtf 4eut près de l'enHemi ; vainement styh fliaîtrc lui promit «ine selle et une bride neuves ; 41 ne fiiA consentir à laisser aux cavaliers un pareil butin , il retourna
^6o HISTOIRE
matin de bonne heure. Son Excellence donna ordre à Farmee de marcher vers Reading. On la rangea, dans cette vue, sur la bruyère ou s'était livrée la bataille, et, lorsque Son Excellence eut donné ses oi*dre$ pour qu'on enterrât les morts, nous nous mîmes ea marche vers les dix heures. Le colonel Middleton conduisait Tarrière-garde , fermée de son régiment et de trois .autres , ceux du lord Grey, de ShefEeld et de Meldrum, et 4e quatre cents mousquetaires sous les ordres .4u colonel Barclay. Durant la marche , l'ennemi tira plusieurs .fois sur nous , à de grandes distances et derrière les haies; mais il ne nous fit aucun mal. Arrivés sur une longue bruyère, nous rangeâmes plusieurs fois l'armée en bataille sans qu'il parût personne; mais, vers lé soir, à l'entrée d'un chemin étroit, l'ennemi tomba sur nous avec huit cents mousquetaires et une grande partie de sà'^cavalerie ; en sorte que notre cavalerie, alors à l'arrière-garde, se retira confusément et très en désordre; mais le colonel Middleton avec les autres officiers de l!arrière-rgarde , s'étant empressés de venir , à la tête de Tinfanterie , attaquer l'^memi, le forcèrent, à son tour, de
cbercber sa bride et sa selle, et les rapporta au milieu des balles qui pleuvaient sUr lui sans avoir reçu la moindre blessure. {Mémoires àeWhMùdke, pag.yi.) {Note de V Editeur. )
pu LONG PARLEMENT. iî6i
TCCttler jusqu'à la bruyère, avec autant de cou-' fumion qu^il en avait d'abord* causé parmi nous/ Lé lieutenant Browne fut fait prisonnier.
Après cela , le même soir, le lord-général conduisit son armée à Theâle, d'où, après avoir pris quelque repos, il partit , le lendemain vendredi , avec toute l'armée , pour Readiug, où il demeura le samedi et fit rendre de publiques actions de grâces de cette grande victoire.
Personne ne songea à la disputer au parlement ( i ), bien que le lord-général Ëssex eut été forcé i par
(i) Elle lui fut au contraire disputée /et. les deux partis se l'attribuërent ; mais à Londres tout était joie , actions de " grâces , redoublement de vigueur ainsi que d'espérance ; à Oxford, la mésintelligence, les accusations mutuelles amenaient ou attestaient le découragement , et la lutte toujours pi as* acharnée des petits intérêts de cour embarrassait d'entraves sans cesse rénaissantes la difficile conduite des plus graves et des plus dangereuses affaires. Peu dé temps après la bataille de Newbury oii il avait payé dé sa personne, le comte de Holland quitta la cour oii il avait déplu par la hauteur de ses prétentions, et oii on l'avait irrité par des insultes et une sévérité imprudentes ; il retourna au parlement qui le reçut en grâce, bien qu'à la chambre des communes il y eut cinquante-huit voix contre cinquanteneuf pour l'envoyer à la Tour. Le comte de Bedford qui , ainsi que le comte de Clare, avait aussi combattu à Nevrbury , ^suivit bientôt son exemple ; le duc de Northumberland , qui «'était retiré dans ses terres , n'attendant que le succès de la démarche du comte pour se rendre auprès du Roi , re*^ oonj:a à son projet et revint a Londres , où l'on consentit de;
défaut de vivres^ à continuer sa marchei au lieu de s'arrêter à tirer avantage de BOn sttecès* Le nombre des hommes tilés dans cette biitaiU^ ftit jugë^ par les plus modérés^ quatre fois plus gt*and dn coté du Roi que de celui du pariement; mais quelque^ autres ont porte bien plus haut la différence. Les parlementaires perdirent plusieurs capitaines , entre autres le capitaine Massey et le capitaine Hunt, mats peu de personnes d'un rang plus élevé.. II périt du côté du Roi trob nobles, le comte de Carnarvon > le lord Spencer^ nouvellement créé par le Roi comte de Sunderlénd , et le lord vicomte Falkland (i).
Après cette victoire, le lord-général fiit reçu à Londres avec une grande joîe et beaucoup de marques d'honneur (a). Les milices et les auxi-
boncœur à ignorer ce qu'il ne voulait pas qu'on sût ; plusieurs autres lor^s , prêts à se déclarer, aimèrent mieux courir les chances de la fortune de leur parti , que la certitude d'un accueil méprisant dans le parti contraire. (Clarendon, His^ toire de la Rébellion j tom. 6 , pag. 255 et suiv. -^ Uistoirc parlementaire^ tom* 3, col. i8o.) {Note de V Editeur.)
(i) Parmi les drapeaux pris sur l'armée royale à la bataille de Newbwry, on en trouva un qui représentait l'extérieur de là chambre d«s communes s avee deux tete^ de criœincfls plantées eu sommet , et au dessous ces deux mots r vt extra ^ sic in^a. Le parlement ordonna que ce drapeau serait exposé en puMic comme tiras les a «très. "(MffrHoires de Wbitel<K:ke » pag. ^i.) {Note de l'Editeur, )
(2) Là fehaïhbrè des coftimunirt se rendit avec roralèur à
Uaires de Londres rentrèrent dans cêtt^ ville en bon ordre 9 et furent bien accueillis par leurs amis. Le lord-maire et les aldermeo vinrent à leur rencontre ^ 4 Temple-Bar. La face des choses
Essâ^-Houèe pour le féliciter. Le maire et les aMermen en robe rouge ) allèrent complimenter le sauveur et le ptoucieur de leur vie et de leur fortune, de leurs femmes et de lefun enfans, {Mémoires de Whitelocke, p. 70. ) Le comte, à ce <ju'il paraît, voulut profiter de cette occasion pour se faire donner une satisfaction qu'il n'avait pu obtenir jusqu'alors ; buît ou dix jours aprës cet éclatant triomphe*, il vint à la chambre des lords demander sa démission , et la permission de passer la mer, se fondant sur les dégoûts qu'il avait continuellement reçus dans ses fonctions de général , et, en particulier, sur ce que la commission accordée à gir William Waller était incompatible avec la sienne. Tandis que la chambre des lords , prenant cette affaire en considération , décidait qu'elle demanderait à In traiter dans upe conférence avec la chambre des comtnunes {Histoire parlementaire , t. 3 , col. 177) , celle-ci', par un message, fit connaître que sir William offrait de renoncer à la commission qa'il tenait directement des chambres , et demandait qu'un comité fût nommé pour régler l'affaire d'après les conseils de Squ Excellence et en vue de la sûreté publique. Le comité fut sur-le-champ nommé , et l'affaire teràiinée séance tenante. Waller se soumit entièrement ; il fut décidé qu'au lieu de recevoir ses instructions du parlement , comme le portait sa commission , il les recevrait du générai en chef. Cefut^ au parlement, un dernier éclat de la grandeur mourante du oômte d'Essex , et I dans son armée, un nouvel aliment aux division» qui devaient finir par le détruire.
{Note de r Éditeur.)
parut alors fort changée > et la répittatibndu par-^
lement commença à s'élever. - , . .
Ad^ëpoqué de cette expédition, entreprise pour' secourir Glôcester,- le Roi avait oonclu une cessation d'armes avec les rebelles Irlandais, On en parlera plus au long dans la continuation de.ceitte histoire, ainsi que des grandes • victoires qu'a-i valent auparavant obtenues des troupes angliaises peu nombreuses, contre des multitudes de cesrebelles, et qu'on. a omises ici pour ne pasinterr rompre la suite du récit des guerres d'Angleterre. On y parlera aussi du covenant conclu, à cette époque, avec les Écossais, par le parlement et la portion de la nation qui tenait son parti, pour le maintien de la religipn , des lois et des libertés, des deux royaumes (i)^ - »
Les Écossais promirent au parlement, qui avait enypyé à Edimbourg des commissaires pour cette affaire, qu^ils amèneraient à son secours une armée de vingt-un mille hommes, tant infanterie que cavalerie , et le parlement s'engagea à payer aux Écossais 100,000 livres, pour les dé-
(i) Ici s'arrête V Histoire du Long-^Parlement de May publiée en 1647. Ce qui suit est traduit de V Abrégé i{\x^'A publia en ï65o , et qui va jusqu'au procès du Roi. On a vu , dans Idi noticesMT Thomas May [Histoire du Long-Parlement^ tom, I ) , quelle fut Torrgine de ces deux ouvrages, et quelles différences s'y font remarquer. (^Notede V Editeur* )
penses que leur occasionnerait la levée de cette
armée. . .
Le Roi ne traita pas si ouvertement avec les sanguinaires Irlandais. Il acheta leur secours eu conseatant à une suspension d'armes, qu^il prétendit leur avoir accordée pour le salut des^ Anglais protestans.qui habitaient encore ce royaume (i);w mais elle fut surtout avantageuse
(i) S'il en faut croire une lettre du conseil d'Irlande , rapportée par Glarendon, les protestans d'Irlande étaient en effet réduit& alors aux dernières extrémités. Cette lettre, en date du 4 avril 1643? adressée simultanément au Roi et au parlement, réclamait des secours de vivres, d'argent et de munitions, attendu qu'après avoir ruiné les pauvres mar^ chauds, et être descendus à" des choses bien au dessous de la dignité de leur emploi, les lords-juges et le conseil d'Irlande déclaraient qu'ils n'avaient plus moyen de fournir du pain aux soldats que pour un mois , et tout au plus pour un mois de. poudre. Ils ajoutaient que, forcés de renvoyer les bouches inutiles , ils allaient faire partir pour l'Angleterre des milliers de pauvres anglais dépouillés de tout , et terminaient en demandant de nouveau , d.ans le plus href délai , quelques vivres pour soutenir leur existence , en attendant que le reste pût arriver. A cette. lettre était annexé un écrit présenté le matin même au conseil par les ofhciers de l'armée d'Irlande, qui, après avoir dépeint leur misère dans les termes les plus énergiques, demandaient, si on ne pouvait les sauver . du désespoir oii ils étaient près de tomher, qu'on leur permît d'aller chercher ailleurs une existence plus supportable , sans quoi ils n'écouteraient plus d'autre loi que la première de toutes , celle,que Dieu a donnée à l'homme , de veiller à
aux Irlandais rebelles^ qui, pour recounaitre cette faveur, donnèrent au Roi trente mille livres.
Telle fut la suspension d'armes cimtre laquelle s élevèrent si hautement, à Londres , les honnêtes gens (i ) 9 se fondant principalement sur ce qu'elle était contraire à une loi et à la promesse du Roi; car il avait été décidé par l'autorité du parle-
sa propre conservation, {ttistoire de la Réùeltion, loto. 7 , pag. 9.) On ne trouve point de traces de cette lettre dans YRistoire parlementaire faite sur les journaux des deux chambres, et en tout il y est singulîërement peu question des aiTaires d'Irlande ; ce qui donne Heu de croire que le parlement n'aimait pas à s*en occii|)er, et surtout à les laisser transpirer dans le public. Clarendon donne cette lettre pour un des motifs qui déterminèrent le Roi à conclure la suspension d'armes. Quoi qu'il en soit, on ne saurait douter que cette ocGasioû n'ait été saisie et grandement exploitée par la Reine et par les catholiques. Le comte de Holland , en revenant au parti du parlement , déclara que sa conscience ne lui avait pas permis de demeurer à Oxford après la suspension d'armes. {Mémoires de Whitelocke , pag. 73.) Il y a lieu de croire que ce motif ne fut qu'un poids léger ajouté à ceux qui déterminèrent son retour. {Note de V Editeur,)
(i) Il y «ut k cette occasion plusieurs pasquinades ; une eutre autres disait que « Farinée des Français et Wallons papistes de la Eeifie et l'arlnée des Anglais papistes du Roi , venaient avec les rd^elies d'Irlande pour établir la religion firoiestante et les libertés de l' Angleterre. » {Mémoires de Wèûtelodw , pag. 71 .j {Note de V Editeur.)
méat, en 1641 ^ et le Roi en avait signé l'acte , « que la guerre, contre ces sanguinaires rebelies « irlandais , continuerait jusqu'à ce qu'il fût detr claré par le parlement que l'Irlande e'tatt en- « tièrement soumise, et qu'il ne serait conclu t( avec ces rebelles ni paix, ni suspension d'ar-* (( mes^ sans le consentement des deux chambres « du parlement. »
L'aràntage que le Koi tira de cette trêve fut de pouvoir faire revenir en Angleterre , contre le parlement, l'armée anglaise, qui, depuis près d'un an, combattait vaillamment et victorieusement les rebelles; c'était là ce qui avait le plus contribué à ly déterminer. L'armée rentra , en effet, en Angleterre cinq mois après la suspension; mais, en changeant de cause > ces soldats changèrent de fortune. Ils n'eurent aucun succès en Angleterre (i). Peu de temps après leur arrivée, l'armée entière fut complètement défaîte, et sir Thomas Fairfax leur prit tous leurs principaux officiers et mille sept cents soldats.
L'hiver suivant, vers le milieude janvier, l'armée écossaise passa la Tweed et entra en Angleterre. Elle avait pour général le comte de Leven, et son
^ (t) Quelques uns même , entre autres ceux qui vinrent S6US le commandement de Yavasor, refusèrent de combattre les ]>ftr1emenlaires , et Se joignirent à Varmée du comte d'Essex. {Mémoires de Whileiocke, t>ag. 73.) {Note de FEdit.]
parent David Lesley commandait la caTalerie- La terre était alors couverte de neigea une épaisseur extraordinaire, et toutes les rivières étaient prises; mais l'ardeur de combattreétait encore plus grande que la rigueur de l'air, et la patience des soldats surmontale mauvais temps. Le comte de Leven marcha avec ses troupes contre le comté de Newcastle, qui , à la tête d'une grande armée, tenait pour le Roi tout le nord de l'Angleterre. La guerre ne se poussait pas moins vigoureusement sur d'autres points. Au commencement du printemps, les deux partis levèrent de grandes armées qui jetèrent la terreur dans le pays (i), et l'été suivant,
(i) Dès le commencement de Thiver on s'était préparé, surtout du côté du parlement, à de grands efforts pour la campagne prochaine. Le zèle des partisans du parlement était loin de se refroidir. Le parti du comte d'Essex , grossi par la victoire de Newbury , quoique porté à désirer la paix , semblait ne vouloir l'obtenir que du succès de la guerre. On voit Hollis , le chef de ce parti dans le parlement, aller au conseil commun exciter Fardeur de la cité, et les citoyens répondre à son appel. (Whitelocke, pag. 80.) Whitelocke parle du grand nombre de gens riches, qui, déterminés à combattre jusqu'à la dernière extrémité j^ro aris et focis ^ se joignirent alors à l'armée du comte d'Essex; il cite entre autres le colonel Wilson qui l'ai la joindre à la télé de deux mille hommes. €ecolonelWils(^aétaitiils unique d'un trè^^riche marchand de la cité , associé lui-jnéme au commerce de son père, Rappelé en outre à un héritage de 2000 livres sterling en terres. (Whitelocke, pag. 72.) Du
DU LONG PARLEMENT. ^6gr
qui fut celui de Tan 1644^ elles combattirent des deux côtés avec une fureur égale ^ et des succès à
côté du B.OÎ deux régîmens se formaient des ëtudîans de Tuniversité d'Oxford et des domestiques des genlflshotnmes attachés à la cour. Les lords promirent aussi dans les occasions importantes de faire monter leurs domestiques à ckeval , et tinrent parole. {Histoire de la Rébellion, tom. 7, pag. 1 14* ) £n général cependant le zèle ne paraissait pas si gratid de ce côté que de l'autre. Le Roi avait de. nouveau levé son étendard à Marlborough , miais il y était venu sf peu de monde qu'il l'avait fak âter sous prétexte que le parlement préparant des propositions de paix , il n'avait pas besoin-pour le monient de nouvelles levées. (Whitelocte, pag. 82.) (c D'ailleurs les soldats du Roi, dit Glarendon, tombaient insensiblement dans toute la licence, les désordres, l'impiété qu'ils avaient reprochées aux rebelles , et ceux-ci croissaient en discipline , en vigilance , en sobriété ; en telle sorte que d'un côté on semblait combattre pour la royauté avec les armes de l'anarchie , et de l'autre travailler à détruire le Roi et le gouvernement avec tous les principes et la régularité qui appartiennent à la monarchie. »> ( Histoire de la Rébellion , tom. 6 , pag. 292. ) Cette différence se fait également remarquer dans les moyens employés par les chefs pour effrayer leurs ennemis. Du côté du parlement on rencontre un grand nombre d'injustices et de vexations, mais elles sont conduites avec une sorte de régularité ; des amendes , des confiscations , des emprisonnemens ou autres peines dont le plus souvent on «e jachète à des prix énor<^ mes , et. dont le gouvernement dispose toujours , soit pour les besoin^ publics , 9oit en faveur de ceux de ses agens qu'il veut gratifier , tels sont les moyens employés contre ceux qui secourent le Roi ou se refusent aux demandes du
peui près l>alancés (i); en sort^ ([m par cette
hç'sitatioa de la fortune entre le» deui; partis y et
parlement. Mais si le prince Robert yeut ^a'iia pays le fournisse de vivres , ce qu'il annonce en cas de désobéissance , c'est « le pillage et l'incendie des maisons , et touUes «( les autres peines que pourront infliger des $oldat$ afTa- « mes livrés à eux-mêmes. » Une proclamation de ce genre fut faite dans les comtés d'Oxford , Buckshire et Berkshire^ ces trois comtés s'associèrent pour leur propre défense ^ et un comité du parlement fut chargé d'y lever des trQwpes e^ de l'argent par le moyen des composition^ avec Içs délinquans. On voit un colonel Smith, qui avait passé du parti du parlement dans le parti du Roi, qui, fait prisonnier , ne peut obtenir son échange , parce qu'il ç$t accusé d'avoir dit « que le seul moyen d'assurer le ^nççè^ dej^ trpiip^s du « Roi, c'était de tner tout ce. qu'on rencontrerait dcî Jabou- <t reurs , afin de détourner le peuple àç labourçr les terres, « et d'affamer ainsi les têtes rondes. >» (Wbitelocke, pag. ^3, 82. et 123.) On voit aussi sans doute des plaintes adressées au parlement sur quelques désordres de sou armée , mais l'on savait à qui s'en plaindre , et un comité était nommé pour l'examen et le redressement des grieft. (Whilelocke, pag. 120.) Enfin la régularité était la prétention d'un parti , l'autre ^e faisait gloire de la licence ; il est aisé de comprendre qui devait réussir,
( Noie de r Editeur. )
(1) CepeudMit l'hiver avait été généralement malheureux pour le Roi, et la Reine, aloirs grosse de la prixteesse Hen-* rietie d'Angleterre , fut Cellemeat «aisie de \b. terreur de se voir assiégée dans Oxford , que les défiîrs ni les instances du Roi ne purent obtenir d^elle qu'«H« y restât , et elle alla accoucher à Ëxeter. Ces craintes étaient alorfi ckimërfq^ies ;
* DU LONGPARI^EMENT. 371
te sadg que coûtèrent aUernatiyenieat à l'un et à l'autre ce& déplorables yicîssitudes^ l'Angleterre fut réduite k une condition bien malheureiiâe.
mais à la fin de mai , les affaires du Roi se trouvèrent dans un état si fâcheux que le bruit courut k Londres , tantôt qoe le Roi était pri« y tantôt qu'il fermait le projet de se rendre à Londres. Les meneurs du parlement eufea$ une grande frajeur qu'il ne vînt se mettrç entre le^ j^aios d|i comte d'Essex dont ils tramaient déjà la ruine. Le comité des deux royaumes, alors à la tête du gouvernement , écrivit à la hâte au comte une lettre pleine d'alarmes, oii, dans la supposition que le Roi vonlât venir k l'armée, on lui enjoignait de ne rien faire à cet égurd avant d'avoir re^u les ordres des chambres. Le comte répondit; << qu'il n'avait entendu parler de rien de pareil, et que, dans le cas oii le Roi aurait un semblable projet, il serait probablement le dernier à le savoir. » Le ton dé sa lettre , quoique respectueux, donne lieu de penser qu'il avait compris le motif d'one pareille précaution , et qu'il la trott^ait assee ridicule. Ses différens avec le parti dominant commençaient à se manifester sous des formes plus claires et plus positives; il avait éprouvé déjà un grand mécontentement d'une pétition de la cité pcmr la réforme de l'armée , et dli refus fait au comte de Hoiland , qui avait denjBmdé la perqiisaipn de l'accompagner dans l'expédition sur Ox£ord. W&ller, 1« comte de Manchester, devenaient chaque jour pour lui des rivaujc plus inquiétans et pins incommodes : op voulait qu'il «'affiranditt d'une pareille situntîon* a Sir Philippe « Stapleton et HoHîs , ses sfmis et ses confidens întimes^ lui « donnaient souvent j dit WMtolûcke^ des avis avantageux « po^ lai et popir îe parlement, mats il n'était pas hiea « afrété. Il désirait la paix, dit eneore Whitelocke, mais
Les succès du Roi furent soutenus dans Foues^t par de braves années sous le commandement des princes Rol>ert et Maurice; dans lie pays de Galles sous le commandement de Gérard et de plusieurs autres ; dans les comtés de l'intérieur sous le commandement de sir Jacob Astley, ancien soldat. D'autres armées étaient commandées par sir Ralph Hopton et le colonel Goring. Dans le nord était la grande armée du comte de Newcastlé.
Les forces du parlement n'étaient pas inférieures à celles du Roi. La principale armée était sous le commandement du général Essex. Waller en comimandait une autre . Le comte de Manchester^ de concert avec Cromwell , heureux et intrépide soldat^ conduisait une forte armée du côté du nord^ où le lord Fairfax et son fils étaient à la tête d*un bon nombre de troupes y et dont sir John Meldrum n'était pas éloigné. Le comte de Den-
te ne la voulait poiut à des conditions injustes et déshono- H rantes ; il aimait ]a monarchie et ]a haute noblesse , qu'il u soupçonnait à quelques uns le dessein de détruire , ainsi <c que la moyenne' noblesse , le clergé et la magistrature ; il tt était déterminé à les soutenir, et ne manquait pas decou- « seils qui le poussaient en ce sens; mais honnête et galant « homme , et servitqpr du public , il avait Tesprit grandeu ment troublé des méfiances que l'on concevait contre lui. » {Mémoires de Whitelocke, pag..76, 83 et io3.) Les démêlés avec le comté d'Essex ont été à cette époque la grande affaire des menears parlementaires. ( Note de l'Éditeur. >
DU LONG PARLEMENT. 2j5
bigh^ officier d'un grand courage , occupait à la tête d'un parti assez considérable les environs de Stafibrd. Il faut ajouter à ces troup<es celles de Farmée écossaise.
Au commencement de cet été^ le parlement tenta une entreprise très -importante. U voulut assiéger Oxford (i) ou au moins renfermer le Roi dans cette ville. L'armée du comte d'Essex l'entoura d'un côté , et celle de Waller de l'autre. Le Roi les trompa tou$ deux (2), et, s'échappant de la ville avec quelque cavalerie légère, alla joindre ses grandes armées.
(r) Le danger fut si grand pour le Roi que quelqu'un lui proposa en efBtt alors de se rendre au comte d'Essex. Il re * jeta , dit Clarendon , la proposition avec beaucoup d'indignation ,«et dit « qu'il n'était pas impossible qu'on le trouvât « effectivement entre les mains du comte d'Essex, mais « qu'alors il serait mort. » Il résolut de s'échapper, laissant à Oxford le duc d'York pour rassurer ses partisans , et leur promettant, en cas de siège, un prompt secours. Ces promesses les tranquillisèrent si peu que beaucoup de gens de qualité, dit Clarendon, qui n'avaient pas été désignés pour accompagner le Roi , se trouvèrent, au moment de son départ , faire partie de sa suite. ( Histoire de la Rébellion , tom. 7, pag. 128. ) ( Note de V Editeur,)
(3) Il sortit d'Oxford le 3 juin à neuf heures du soir. Depuis deux jours, des marches et des contre-marches amusaient les deux armées ; elles continuèrent le lendemain de son départ. Cependant Waller en fut informé assez tôt pour le suivre de très-près. Le Roi fît rompre un pont der- 2. ' 18
Le général Essex s'avança davantage dans l'ouest (i); mais l'expédition fut malheureuse
riëre lui; ce qui se 6t si précipitamment que trois ou quatre officiers et une vingtaine de soldats de son arrière-garde tombèrent dans h, riTÎère. (ffist. de bzRébeRion^ tom. 7, pag. lagefesuiv. ) ^Naàe de fEdiieut^,)
(i) Là commença la plus viye qnereHe que te comte d'Ëssex eût encore eue avec le pàrlenoenl. Se» ordres lui enjoignaient de suivre lesr laouvewant dn Roi , et , dans le cas ou les deux armées viendraient à se sép^fier, celle de Waller était destinée pour l'ouest. Mais , lorsq^ue le Boi se fut échappé , le comte d'Ëssex , lui voyant deux journées d'avance , assembla un conseil de guerre, oii i\ ftit décidé que l'armée de Waller^ composée de trQupes et d'arlilierie légères y était la, pl^s propre k, sa poursuite , et %ue le comte se chargerait du service de l'oue&t» En. vain Walier réclama contre cet arrangement, invoqua les ordres du p^rlemeot; il fallut obéir. Alor§ , tput en exécutant avec vigueur et célérité lentreprise qu'on lui imposait^ il se plaignit amècenient au comité des deux royaumes., de qui le comte d'fissei. reçut une lettre de reproches., et l'ordre positif de déférer aux p;-emier& ordres , et de laisser Waller marcher dans l'ouest ; « ce qui , dit WhitelocXe , n'était pas du goût du général ; çl; on trouva étrange» ajo»te*t-il , que le comité voulût de si loin prescrire à ses généraux leur marche. » Mais ce qu'il y eut de plus étrange encore , c'est qae , pour la première fois , le comte d'Ëssex désobéit. Bien qu'encore fort peu avancé , il continua dans la même direction , répondit au comité « qu'il lui était impossible de reculer ou 3e s'arrêter sans faire ïe plus grand tort aux affaires ; » donna tontes les raisons qu'il crut propres à justifier le parti ^ii^il avait pris, et terrrtina sa lettre e» « disant que si on To-
DD LONG PABfefcEMElNT. 2f5
pour Inii Ql pour le paxlemeot ( ly Waller snkiTit le ftoi> maist^ax^iit^ ; cav il «é p^Jt caeber sa siafehe,
Migeak à. rclo»rB€r en arrière, comise n*etont pas propre à coiidoire qne si importaml» affiim, ili Mvîendiiait «ë^er au patlemeojtr ne voyant riiHiiqui mérU4is» présente c^ns les comtes coaféd^résr, tous soumis à des commandement inférieurs. » Le parti, avec cette prudence constante qui le conduisait à travers toutes les difficultés , céda pour le moment,, et le comte d^Essex reçut Tordre de klre ce qu'il avait fait contre les ordres^ {Histoire de la Rébellion, tom. 7, fiag. 1 3r et sm^ .'^Mémoires de Whîtelocke, pag. '86 et 87. )
( Note de C Editeur. )
(i) Les ennemis, du comiia d'£ssex avai^it proiDpteryienk trouvé l'occasion de prendre leur nevanche. Une d^sm^ade d'argent et <jle muiûtions avait presquciimmediateineiit suivi, 4e sa-pact, U| letti;e.-qui annonçait aaparJcvoi^ptsa.d^soh^isr sance formelle aui(. ovdres qu'il venait d'en r.eceyoir \ eUe lui avait attiré) au cdmmencement de juillet, use letUr,e 4'â^77t^ nitioaj oii, en lui promettant les secoues nécessaiiTes». 00 Lui reprochait fort sév^eirementdelesavoirrenda&plusdi/ficiies, en même temps qi^'on relevait comme incoav^naptes plu<* sieujcs^«xpi?eAS(ions de ss^ corcespondan<;c. Bie«t^ la sistuatipa du con^e devint critiquje.;. des embarras, qu'ii aurait àù. pré^ voir avant.de. prendi:e un pajiilia$ardeui^,leplpB^rentdaa« les plus grandes détresses. Le comte de Manchester, sii^ Willia];n. Waller , Mîddletoa , reçurent l'ordre d'envoy.er à son secours. Sic William écrivit qu!il était eiices^Qai,ent pres3é d'aller, au. secouçs 4u général , et deman4ft. poux cela da l'argent et des^ hommes, prenant Dieu à témpiq H que ce n'était pas sa fkute s'il n'y. ajlait pas. plns< i^ite , «t appelant la honte et le sang^ sur la tétç de ceui|. qui obfr- * truaient sa marche, et déclarant q^ue, si l'argent n^ai'rivait
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et il y eut plusieurs petites rencontres entre leurs diffërens partis; mais il ne se fit rien d'important jusqu'à ce que Waller avec ses troupes retournât faire face aux ennemis en d'autres lieux. Les succès furent divei^ pendant le cours de cet été, dans la plus. grande partie du royaume. Dans l'ouest y le midi et les comtés de l'intérieur , les
« pas , il irait sans argent. >» Cependant il ne marcha point. Middleton écrivit de son côté « qu'il ne désirait rien autant « sous le ciel que d'être en état de marcher et qu'on ne le « trouverait pas en faute ; » et il ne marcha pas davantage. Il n'arriva point de secours du cotote de Manchester. Enfin ^ abandonné de tous , Essex quitta soudain son armée , dont la eavalerie se fit jour à travers les ennemis } mais son infanterie 9 son artillerie et ses bagages restèrent en arrière , sous les ordres du major général Skippon qui fut obligé de capituler. (Voir les Mémoires de Ludlow.) Le comte s'enfuit par mer et débarqua à Plymouth , d'oii il informa le parlement de son désastre ; il était apparemment assez humilié , et peut-être ses ennemis ne voulaient-ils pas alors , par un trop long acharnement , attirer un examen trop sévère sur les causes de sa défaite ; car la lettre qu'on lui écrivit à cette occasion ne renferma que des consolations et des assurances de la confiance du parlement ; mais rhistoire parlementaire nous apprend que le comité fut trèslong-temps à préparer cette- réponse , et les journaux des chambres ne contiennent aucun détail sur les circonstances qui la précédèrent. Quoi qu'il en soit, on se hâta de réparer l'échec qu'avait souffert l'armée du comte d'Ëssex ; mais pour lui cet échec était irréparable. ( Mémoires de WhiteL pag. 97 et suiv. — Histoire parlementaire, tom. 3, col. 270, 273 , 289. ) ( Note de V Editeur. )
troupes du Roi remportèrent sur celles du parlement^ dont les affaires couraient grand risque d'être ruinées si elles ne se fussent relevées dans le nord par d^mportans exploits et le gain d'une grande bataille.
Le comte de Leven ^ en entrant en Angleterre dans le courant de Thiver prëcëdént^ à la^tête de ses troupes^ avait non-seulement pris quelques villes et quelques forteresses, mais avait fort affaibli et diminué l'armée du comte de Newcastle, moins par des combats que par Taptitude de ses troupes à soutenir les rigueurs de Thiver, ce que ne pouvaient aussi bien les autres. Lorsque la ville de Sëlby eut été prise si miraculeusement par le vaillant sir Thomas Fairfax y le lord Fairfax se réunit avec toutes ses troupes à celles du comte de Leven, et le comte de Manchester, après son expédition de Lincoln, vint aussi les rejoindre avec une bonne armée.
Ces trois armées du parlement sous leurs trois généraux, Leven, Manchester et Fairfax, tous trois d'accord et parfaitement unis , s'étaient avancées ensemble et avaient assiégé de concert la grande ville d'York, dont était gouverneur le comte de Newcastle. Le prince Robert était venu du midi avec une armée nombreuse pour faire lever le siège. Les trois généraux le quittèrent en effet pour combattre le prince , sous les ordres duquel combattait aussi le comte de Ne^vcastle, jui
aTattfiiit sartirses tronpesdela TiLWd'Yôrk* Geiîlt dans iUDMB igratide fdaîne 'appelée Mâf8i#n--Sl0^r9 fpi^ih hmn&reût iiataiUe «nx trots •géttémi^.
Ce fut l!a6tien la fhgs importante àe i»ut£ la guerre civile. Jamais y durant le cours de «eett^ fpterrô y «on ne vit combattre ^dèio: armées plus .ptttsisantes^ sok parleur nombre an leur vàlettr ; jHiuftis UB aeut combat ue coaàia taut de saag. La TictMre fat d'abord presqiee giKgnée par. les rcf^alislies, doift i'aibe gauche défit et mit en dé- 'route Faile droSte des parlementaires^ icowmahdëe par Faît^ax^ et postiée sur ttn terrain desrvianta^ ^eux; mais cette défaite fut plus ^qiie compensée ji l'atitK aile ob. Cronrwell, qui combattait sous >}e 'Comte de Manchaster , ^cbaassgea ATecitant de tî- Ipnenr^t d^impétuosité l'aile drohedesroi^râUstes^ <p3L''A ¥amp«t les meilleurs régimeiis da prince 'Ro4b«)ft et teis mit tous en fuite* €rom*well^ de c(m«^ cert avec David Lesley^ les poiiTsuirvit^ et , faisant le tour du cfaiàmp ide bataîUe , irint à propos au secours de^es aMis ^ttus à l'a«te« aile y ioà Us ne ces^rent pas de <reivenir à ia ohat^ jfi^u^ ce '^u'âs eussent remporté tme victoire complète^ et que tous les canofûrs y transports et ba^gages du prince KoKert fussent tombés ati pouvoir des parlementkirés.
Après cette victoire, le prince 'Robeli:, avec ie leste de ses troupes y s'^enfûit^daiis le mtdi. Quel^ q^î cavalei're de l^'armée v^éteriètïse le^pécii1siâ¥(t
fnntîlMMBt peûdfttit pluisieM^ milles. Le ethnie dcNewDflStle^ accompligiié de ^^nelcfues amis pbr- 4Σalia*S9 quitta York dont sir Tkomos Gleâliam Drit le goirmrnemetit ^ et se rendit à Scarborough^ ohf pen de temps <après> il s'etnlNirqMi peur rAifemaçBe*
Les Ibi^is géivéraus, Leveii^ Manchester et Féirr fax 5 MtoiinièreatAprès cette ^ratide victoire eohtinaer ie liége d'York y qui se rendit bieutôt aprè^ par capitulation » Après quoi ils se sé pa r è rent^ et Le^en^ retovimant dans le nord à la tête de son armée écossaise , prit vers la fin de cet été la riche ville deNewcastle, à peu près dans le même tempâ où le général Essex conduisait si malheureusement ses affaires dans l'ouest, qu'il fut forcé de re-^ tourner à Londres après avoir perdu toute 3^on artillerie.
Dans, ie CK>urant de cet été ^ laReinepassa^en Fimnce (i).y et fit les plus grands efforts pour
(i) £Ue s'eiBbar^pM à Fàlmouth le 14 foilkt; elle éutt accouchée le 16 \mn {jlfécédelit. Qaelqûm jolurs avant sok èépari elle avait £aàt ^^mànàet a\x comté d'Es^ex un sauf* , conduit pottr se rendre 4 fiaih potir sa santé. Il lui répon-* dit « que si Sa Majesté le ilésihait , il lui d^nuerait un sanf- K conduit pour Londres ou eHe trouverait les meiiieurs « moyeçs fM>6sibles de ]>étiàblir sa santé, qu'il n'en don-^- « naissait pas d'autres. »> ( Mémoires de Whitel., pag. 86. ) £Ue (ai vivement poursuivie jiar la flotte du comte de Wanvick ^ dont ^në, frégate l'approcha et tira plusieurs fôk
aSo HISTOIRE
obtemr dçs catholiques romains de secourir le Roi son mari. Elle n'y put réussir ; mais y sans le secours des étrangers ^ la guerre était en Angleterre bien assez furieuse et sanglante.
Au milieu de ces calamités de la. guerre^ on recommença à concevoir quelques espérances de paix qui s'évanouirent bientôt. Le Roi et le parlenxent avaient en même temps proposé des conditions (i)^ et, dans le mois de février suivant,
sur elle; elle échappa par la supériorité de marche du vaisseau flamand qu'elle montait et qui avait été remis à faeuf pour cette occasion. On s'était, de plus, pourvu d'une galëre à seize rames sur laquelle la Heine devait se sauver en cas que son vaisseau fût pris. ( Histoire parlementaire , tom. 3 , col. 283. ) ( Note de l'Editeur. )
(i) Jamais on n'avait cessé de parler de paix ; le Roi , entre autres , renouvelait sans cesse ses démarches ; mais le plus souvent elles n'étaient pas faites sur un ton ou dans des formes que le parlement put ou voulût agréer. Les meneurs du parlement ne voulaient point de la paix , et les patriotes du parti royaliste n'ont jamais cru qu'à cette époque du moins, et tant qu'il put espérer de l'emporter par la force, le B.oi la désirât sincèrement. (Voir les' lettres du comte de ^ Sunderland dans la P^ie de Charles P', par Harris, pag. 44' et suiv. ) Ma^lgré' cette mauvaise volonté mutuelle, on- parvint à convenir du moins qu'on essaierait de traiter,' et les commissaires du parlement partirent le 20 novembre pour porter ail Eoi les propositions de paix. Le compté rendu de leur voyage par Whitelocke , un des commissaires , donne quelque idée du désordre de ces temps et* de l'anarchie brutale qui régnait surtout dans le parti du Roi. A Walling-
DU LON& PAKLEMEINT. 281
on entama^ comme je le dirai bientôt, des négociations sur ces bases. La fin de cette année et le
ford, où on leur avait dît qu'était le Koi , le colonel Blake j gouverneur de la ville , les fit attendre deux heures avant de leur permettre d'entrer , et les reçut avec assez de hauteur. Il leur fit cependant apporter du vin ; mais, en buvant avec eqx , il en vint à discuter avec le comte de Denbigh , l'un des commissaires, quelques faits de guerre auxquels lous deux avaient^.eu part; comme ils se trouvèrent dififejrer sur un point de ùiit , tous deux s'emportèrent , et les regards ainsi que les paroles de Blake devinrent si menaçans , que les commissaires , dans le dernier effroi , craignant à tout moment de voir la garnison tomber sur eux , se hâtèrent de regagner leurs voitures, oii ils n'arrivèrent pas sans beaucoup de peine. Le Roi était retourné à Oxford ; ils s'y Tendirent , et attendirent encore deux ou trois heures sur une colline voisine de la ville. On vint enfin les introduire en leur faisant une sorte d'excuse de ce délai , causé , dit-on , par la difficulté de leur trouver des logemens , la ville étant pleine de monde et de troupes. On leur dit aussi que le Roi n'avait su leur arrivée que lorsqu'il les avait aperçus de son jardin qui avait vue sur la colline^ et qu'il s'était mis fort en colère de ce qu'on les avait fait attendre. £n traversant les rues d'Oxford ils furent insultés par la populace , qui les accabla d'injures et leur jeta des pierres et de la boue. Ils arrivèrent enfin à leur auberge qui , selon Whi- -telocke , ne valait guère mieux qu'un cabaret à'bierre. Ils y étaient depuis fort peu de temps , lorsqu'on vint les aver- ,tir d'une rixe qui s'était élevée dans la salle de Tâuberge .entre leurs gens et quelques officiers de l'armée du Roi , qui , •les traitant eux, leurs maîtres et le parlement, de coquins, de rebelles et de trattres , ne voulaient pas les laisser appro*
giqae «pectaiefe <dle là puaiiMn et 4e la «lort
cher da fco. Ils y coararént. liellis et Wiiitélcd^e furent tMigës ide ictolietak' et de idésurmer ckâcua un de ees tapa* f/tttrs; après qtraî ils ikewit ornait 1« portte ^e i'^oiber^^ Amsla oeaiBlexI'rime seconde ëittsÈsgmé. Le jgôiivemellr, en* quel ilœftToyèteBt fieliaer leurs pUintesi, lesr fit faire quel**' ques 'earcwes , «nve jà ;én ipriiea Us ^]ettK àoracmes qu'ils «vaient dlésanvés , «t ouâl une galnde k ia poiie de leur au* faerge. De la pert^e quelques liQiiiaiei cdkieîdërables de U OEwr, i*ac(Sneîi fui lau aeùtrsrire eUtgeacvt , «t 4e ftoi les t«eiçiiat -bien. ^lit comte de Deliibigh ayant J« «Mit ka«rt les pro)^ skions , -san àom despnînces Riibert-et Mamrioe ercèptëii tous denx du parden général qui demi ^tee «tte^es cendtlÂofts de ia fàwx^ lee^âeuxip^iiKes se minéttt à rîre, et un SBOtnre* ment s'^tra parmi les coni'tîsans. Le iroi «se iliGèri^ et fit •iaife; obis ionsilite, ayant demandé eus oommiasatnes s'ii^s avaient poueoir dfe iraiter , odouaie îAs eeréàt dét que non , quUls étaraot sia iple gi e nt cbar|gés<r>a|iportér les-proposètitos let'de irecereSrsa rcponee t « ^ders, dit le Hoi^ un cDtirrier de 4a peste on autnitpu feire teut autant que vous. » Le Oonte )de Deiibi^h -ayant reWvié cette réponse avec qoelque ressen* iiinent , le Eoî jiépéia à peu ffres les anénes pairoles , et la •cottfisretaee finît d'npeiflMu!iière iafsez li%re. On vint emutie Mtàd»erideTeo(KMnfeoder J)es clieses atq^rès des .coenuîssaires; -mais Ica discnsstens recoramenccreni ntria réponse. Le récit ndie Wlntélocfee et celui d« comte de Daobigkidans son rapport au parleoiait lofireni tcî <(uel«|ves différences. Sdon Wiiiteldcke (pag. 107 iA ^m.-^-^Histoirepmicmcntùipej t..^, fiiil. 3io.<-*irrWb/'re'<fe JaSébtélion, 1.7, pag.' 267), ,1e Aoi remit M ri^onse cadietée et ismissoescription^ Jes -ooitimifiMiises en ayimt demanda oonmiinicetien , fe .Boi
d'komnies impD]:laflS , has defux H^tkâm > père ^et
-fik ^ vc^atnnes comme traîtres pour avoiririolié
imr dbi «tnrers te parlement , fet«itoir farmfé le
(projet de livrer aux emiemis k i^^îile de IiuÙ>
^Wir â;é emprisoiiiiës plus d'us au à là Tbùr de
rêponâît que, puhqii^îh n'avaient poiût de pouvoirs pour trtiîler, cela devait leur être indiflFërent ; et , comme ils însîsfaient , fl leur dit et repëta plusieurs fois que , quelle que fût sa réponse, fiîit-cc même une des baîîâdes âe Robin^Hoad et du Vettt'Jean , ils étaient obligés de la rectevoir. Selon \e comté de l>enbigh , le Roi leur ifît lire la répoûse ; mais , cooittfe ils dPemandèrent la permission de se retirer pour y répliquer, le Roi leur dit i « Je recevrai tout ce que vous V. aurez âi me dire de Londres , mais rien de toutes lès chîu mërés et de toutes les imaginations que vous aureis pu « amâsiïer à Oxford. Avec voire permission , ajoutà-t-i! , « ^otrs ne m'attraperez pas. » Sur lès' réclamations dés commissaires , H reprit : h Tous m'avez dit que vous n'aviez M pas pouvoir de traiter, ma mémoire est aussi bonne que « la vôtre. » Puis il ajouta ce que rapporte Wbitelocke. Le lendemain M. Ashburnham vînt de la part dq Roi excuser les paroles un peu Vives qui avaient pu lui échapper, et lès commissaires, ap/es en avoir dllibéré , r'solateût d'apporter la réponse telîe qu'elle leur aVait été remise. Efte con^ tenait là d^einand^e d'un sauf-coîiduit pour lè'duc de Rkbmond elle comte de Southampton, que le Roi devait charger de sa réponse définitive. ïl fut accordé ; mais on conseilla aux deux lords , dit Ctarendbn , quand ils seraient à Lon-* dres , de sortir três-peu , dans la crainte d'être insultés par le peuple. Tout annonçait l'aigreur tons le^ Jour^ plus irré« concilîaUft âeÎ9<èauKlpftrtiB* {NtHt.de VEdUeut:)
Londres f ils furent décapités tous deux dans le mois de décembre (i). Sir Alexandre Carew^ condanmé pour le même . crime ^ avait souffert peu de jours auparavant la même punition (2). Cette
(i) Ils furent jugés par une cour martiale. Sir John Hotham , condamne avant son fils , demanda et obtint un assez gr^nd nombre de sursis, bien que les communes restreignissent souvent à cet égard la bonne volonté des lords. L'un de ces sursis était fondé sur ce que les théologiens qui l'assistaient avaient déclaré que son âme était beaucoup trop troublée et qu'il n'était pas en état de mourir. Sur ce motif, les lords avaient accordé quinze jours que les communes réduisirent à une semaine. Une autre fois Féchafaud était préparé sur Tower-Hill , mais les lords firent surseoir à l'exécution; sur quoi les communes volèrent « qu'aucun officier nommé par les deux chambres ne pourrait retarder l'exécution de la justice, sur l'ordre d'une seule des deux chambres. » Enfin le capitaine Hotham demanda sa grâce , et sir John demanda qu'on épargnât sa vie ou celle de son fils ; il demanda encore la vie après l'exécution de son fils qui mourut un jour avant lui. IjAs lords étaient d'avis de lui pardonner , les communes s'y refusèrent ; il attendit jusqu'à deux heures sur l'échafaud, espérant toujours sa grâce ^ il parla trës-briëvement au peuple. Hugh Peters pria avec lui et parla en son nom. Il Rapporta que , lorsque sir John Hotham était entré au service , son përe lui avait dit que quand la couronne â^ Angleterre serait en question ^ il aurait beaucoup à combattre. <( Il avait , dit Whitelocke , un peu peur de la mort. » ( Histoire parlementaire , tom. 3 , col. aâo. — Whitelocke, pag. ii4, 116, 117.) ( Note de l'Editeur. )
(2) Çir Alexandre Carew ayait vouljt rendre au Roi File
même époque fut remarquable par la mort de William Laud , archevêque de Cantorbéry. Les crimes qu*on lui reprochait e'taîent trop nombreux' et trop divers pour qu'on puisse les rapporter ici. Ce malheureux vieillard avait été en prisonprès de quatre ans , et n'avait pu y jouir même du repos de la prison ; car il avait été conduit près, de quatre-vingts fois de la Tour à Westminster y pour y subir son procès devant la chambre des lords, comme si les destins avaient voulu, par une triste compensation , égaler, même en longueur de temps, son adversité et sa prospérité (i).
Il fut décapité au mois de janvier, et, comme l'observèrent plusieurs, sa vie se prolongea jusqu'à ce qu'il eût pu voir, peu de jours avant sa mort, le livre de la liturgie aboli, et le directoire formé par le synode de Westminster établi.
Quoique le Roi et le parlement s'occupassent tous deux de négocier la paix, ils ne négligeaient pas le soin de la guerre. Le Roi mettait toute son activité à se procurer des secours étrangers.
de Saînt-Nicolas dont il était gouverneur ; il fut découvert et livré par ses propres soldats. On eut de la peine à l'arracher à la fureur des femmes de la ville. Sa femme avait obtenu pour lui un sursis sous prétexte d'aliénation. ( Mé^ moires de Whitel., pag. 68 , 109. ) {Note de V Editeur, )
(i) Voir les Eclaircissemens et pièces historiques.
et le parlement à réor^ai^s^^ «a« ajfmeeâ^rna nouveaa pla«>* Les lords et tes; commuses fureoA quelque tenip$^p.4ispui^i9i^.sikr cçt4e.aflp»ire, qui paraissait delà plos. haute. impqi^taoce^ Jje&lord& s opposaient à cechang^ineat^ diswt qu'il n'était nulleemeot nécessaire de meitre de nouveaux chefs, puisque oa n'avait rieo: à reprocher am: anciens ; que les hoaunes d^un rang élevé étaieat les pliis^ propres à coaiiuander les armées;, et qu'une mé^ thode coâtraiire iç^ttrait la cop£u$jii>a dans le gouvernement. La cham^bre des, communes , de soa« coté^ bien qu'elle tésioigqât de ^aiids égards au conite d'Ëssex et à ceux des autres pairs qui commandaient les arasées ,( soutenait cependiant que les armées du parlement avaient été souvent troublées par les rivalités de^ che^ , à'oh il. était résulté que quelquesplans bien ^rembiaés n'uvaîeaA pas eu de succès. EUe ^joi^f^aili que l'w^^e sevaU mieux discipliji^e loirsqu'elle se trouverait soua le comn^ande^iei^t d'un seul chef (().
(i) La diSéremce d'intentions qui ^isie entre ¥ Histoire de May et son Abrégé, et le caractère beaucoup plus par^ tîal de ce dernier écrit , se révèlent ici par la réticence la plus extraordinaire. L'affaire d« la nouve^ie organisation de l'armée n'était pas k seule qui occupât à cette époque ot divisât l'es cbambre» ; ou pMèl elle n'aurait pas rempli \eé intentions du parti dominant sans une autre mesure dont May ne parle point , l'ordonnance du renoncement à , soi-même , par laquelle tout membre de l'une çni de l'autre
DU LONG FA.RLÎMENT. QfSf
* Ai» fin ^ loTscfue les^ àm% timxtaX^vs» fuvmt d'aœord ^ ofi» nomma ^ po«^ comiir»ader lib maxh»
Dente Taieur €« d'une égaie modestie (i)i le ë4»il
chambre était exclus de tout emploi, ciw'il ou mililair6,.Ce fut le coup décisif pour le parti indépea^ant <}ui commença alors à se faire connaître sous son véritable nom et Son véritable jour. On comprendra facffement en lisant le» Mémoires de Bdris poar(|uoi Aftay ne pfovencje seu>)e«« ment pa? Ile npm «k» eeit^ on}(M>9«liice qu^ €|iMl^iiesm^, dit Whitelocke y par opposition à. son nom dje. 9elf, depr fing ^rdinance y désignèrent sous celui de s^lf ends prc^ vailing^ , que l'on pourrait traduire par le triomphe de Va^ mour de soi-même ( Httéra^ement des buts personnels )L ( Whileloele , pag. 1 15. > {Note de VEditeun}
(i) Ce que May ne dit pas ici, c'est qu'en nommant sir Thomas Fairlax général de rarméé netuvelle (pu'on aiktit lerer , on laissait le cc»nt& d'Ëssex em quelque »>rft« géBésak eil QhsS'r nwsure bkearre si eli« n'eàt eu pour objet dWûver à ôter bientièfe au comte cette dernière 9pf»arence de comymandement. 0« j procéda en reportant tous le» avamtagea accordés à f a^rmée sur celle de sir Thofisast FairÊis , à qui* OB' Révisa en même temp» le po«i<?otr à€ coiwposJdP sonin^nterie de soïdats» tirés^ de celk dn comte d^Ës3ei(. Lo choix des deux armées était , à ce qaHl parait , laissé à lieu^ yofoaté ; mais ih étaient reçus comme recrcies^ daas Far^ mée à/t m Thomas^, et recevaient en cettii qualilé fpàna& jours de solde, et étaient h^biltés. Il n'est p^s di^cile d<) comfprendre que „ comme le dit Whitelocke^ presque tofoise Tinfanterie du comte passa à Fairfax. Celui-ci lut , à Foo* casion de sa neHOlinatieB y complimenté dans la chambre
a88 HISTOIRE
alors dans Je nord ; mais une si grande affaire ne pouvait se faire sur-le-champ^ et le temps appror chait où allaient s'ouvrir. les négociations dlTxbridge. On y devait traiter de trois choses :
i<>. De la religion et du gouvernement de TÉglise;
n^. De la milice d'Angleterre ;
5*. Des affaires d'Irlande.
Mais le Roi^ avant le commencement des négociations^ avait employé toutes sortes de moyens pour s'assurer des secours étrangers. Il pressait par lettres la Reine , qui était alors en France , d'engager le roi de France et les autres catholiques à venir à son secours, et de solliciter la Reine régente de retenir en France les vaisseaux du
des communes où on lui avait préparé un siège ; mais il refusa modestement de s'asseoir. V orateur ^ dit White— locke , hii dit sur Agamemnon et les anciens Romains quelque chose que fai oublié. Le discours tel qu'il est rapporté dans le journal de la chambre ne contient rien de pareil, et on n'y voit pas de réponse de Fairfaz. Celui-ci était en effet presque aussi remarquable par sa modestie que par ses talens militaires : ses intentions étaient droites ; mais il était tellement dénué d'esprit , et livré si aveuglément à Cromvrell et aux indépendans , qu'il était nécessairement un sujet de dérision aussi bien que d'antipathie pour le parti presbytérien, composé en général des hommes les plus éclairés du temps. ( Whitelocke , pag. 127 , i3i . — -> Histoire parlementaire y tom. 3, col. 343.)
{Note de r Editeur.)
parlement. Il demandait iostamnient aussi leis secours du duc de Lorraine^ et tenait beaucoup à pouvoir introduire en Angleterre Todiei^se armée de ce duc^ si détestée en Allepi^gne et en Flandre 9 pour toutes» les horreurs, qu'elle y avait commises ; armée dont on^ peut dire comme de celle de Marins quand elle entrai à Rome :
....••... J^ulti gestanda dabanfur Signa ducis , rdsi qui scelerum jatn fscerat Usum , Attuleratque in castra nejhs.
A la fin 9 le duc de Lori;aiDe lui fit espérer qu'il lui enverrait dix maille bommes y et Gofie^fut en-^ voyë en Hollande pour négocier le transport de ces soldats en Angleterre*
Le Roi chercha aussi à obtenir des secours des sanguinaii^es révoltés d'Irlande^ et cooonanda. par ses lettres à Ormond de faire la paix avec les rebelles ^ de leur promettre et de leur accorder le libre exercice de la religion papiste j' et de les ^assurer que si > par leur secours 1 il peuvait terr, miner la guerre en Angleterre y il abrogerait toutes les lois qui avaient été faites jusqu'alors contre les papistes de ce pays. Il adressa aussi des re-* mercîmens à Muskerry^. Plunkett et plusieurs autres de ces rebelles y et promit le pardon d^ tout ce qui s'était passée Mais ils furent fqrt iur ' quiets des négoçia^tions du Roi a,yec le^p^ii^lc^^eiit^^ sachant bien qu'une des conditions nécfssj^jres
de celle f>aii serait de tontimier à leur faire U gnei^re. Le Roi dotic , désirant lever lès obstacles que lui oppo^ient leurs craintes 5 écrivit à Or^ mond k qtt'il né pouvait refuser de feire la paix f( aveè son parlement , dans cette unique vue de (€ demetirer en état de favoriser les Irlandais ; (( et qat cependant , si* Ormond ménageait Inen « les choses , il pouvait^ de cette crainte même <r de la paix, se faire un moyen pour engager les « Irlandais à hâter. la leur» Il était facile de leur ce faire comprendre le danger où ils étaient de Il 96 voir k jamais privés par le parlement de <v tout espoir de pardon ; car , disait le Rot y si w le pai4ement et mol parvenons à nous entendre « sur le reste , je ne pourrai refuser de m*ac- H corder avec lui unitjuementsur ce qui concerne «r les Irlandais ; qu'ils acceptent donc , tandis « qu'il eh est encore temps , ce que je leur pro-» (t pose , et se hâtent de faire leur paix. Quand « une ifois ils auront ma parole , aucune force « humaine ne pourra m'obliger à y manquer. »
La Reine, alors eh France, marquait aussi dans ses lettres à son mari un grand chagrin de ce qiie le point de là religion était le premier qu'on dût traiter à Uxbridgè. Elle disait « que si l'on cori- « venait de quelque mesure sévère contre les ca- « tholiques , et qu'ensuite la paix ne se fit pas , f( le Roi ne pourrait plus espérer aucun secours ' « des princes catholiques hi des. Irlandais, qui
i( cniitidi^fMt^ après avoir fait tout ce tjtfik (( pcmrcaient pour Imi, de s'en Toîr enfin aban- « donnés (i)* » Elle t^oni mande ànssi tcèssofiTent an ïloi^ datis ftà côrrelspôndance^ de ne jamais abandonMt* ni les ^vé^ues^ ni les câtholiqiies^ ni les fidèles amis qui Tont servi dans là guerre^ Le Hoiini ptomet qu'àuctin désir de ^aii ne faii fera jamais abandonner ses amis , et l'eh-* gage à hâter autant qu'elle le pourra les secours de la France, en lui disant « que dans ce moment ir ok Lond^t^ est divisé entre les presbytériens cr et lefi; independàns, on peut venir à bout de (c détruire les deux partis* a
Au mois defievrier^ leis ^ohimiâsaii:es dés deux partis se rendirent à Uxbridgé pouf y négocier la paix, deux du Roi fâre&t le dac de Rickmond, lé
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(t) L'inflaence que et genre de crainte donnait au parti catkoliqtte dans, les censeils d'OxIbrd , était pour le parti protestant royalisme un grand sujet de découragement. On voit dans les lettres du comte de Sunderland , écrites à la fin de 1642, qu^il croit avoir tout à craindre des papistes, si le Roi triomphe par la force; en sorte qu'il s*afHige vivement âe n^ pouvoir se retirer , ce qui , dans ses idées d'honneur militaire » lui paràtt imposable tant que la guerre dure , à môin^ de combattre pour le parlemctnl; ; et pour ma part , dit-il , f aimerais mieux être pendu. Il se fit en efiettuer pour le Roi, comme volontaire, à la bataille de Newbury : il était âgé de vingt-trois ans. {Vie de CharksI^y par Barris , pag. 44^. )
(Note de r Editeur, )
:i92 HISTOIRE -
.marquis de Hertford; les comtes ^e Soutbampton, de Dorset e,t de Çhichester ^ les lords Dansmore et .Capell;; Seymour^ Colepepper^ Gardiner^ Hyde, Xane,^ Bridgeman^ Palmer et plusieurs autres. Ceux du parlement furent les comtes de Nortkumberland^ Pembroke^ Salisbury et D^ibigh ; de la chambre des communes ^Wainman^Vane^ Pierpoint^ Hollis^ Prideaux^ St. Jolin^ Whitelocke et Crew. Il y eut^ outre cela ^ six commissaires de la haute et moyenne noblesse d!Êcosse.
Mais ces négociations ne menèrent à rien. Le Koi ne voulut jamais consentir à la destruction de Tépiscopat , ni souffrir qu'on lui retirât la milice y qu'il regardait conîme un des principaux fleurons de sa couronne. Cependant il consentait à ce que» pendant trois ans^ elle fût sous le gouvernement de vingt personnes choisies par moitié dans chaque parti. Enfin il ne put consentir à ce qu'on poursuivit Ja guerre contre les Irlandais^ ayant conclu avec eux une suspension d'armes que son honneur ne lui permettait pas de rompre, j
La paix ne pouvant se conclure ^ c'était à la | guerre à décider. Le parlement hâta la nouvelle organisation de l'armée , et les comtes d'Esse! , Warwick, Manchester et Denbigh rendirent volontairement et de bonne grâce leurs commissions (i).
(i) lue comte d'Essex la donua le premier y les autres
DU LOIfG PARLEMENT. ^qS
L'armée dù parlement^ dans sa nouvelle orga-*
nisation^ se composait de vingt-un mille hoboimes^'
suivirent son eiemple. La querelle était aîôrsplas échauffée que jamais entre les lords et les communes. L'ordonnance du renoncement à soi-même, vivement poursuivie par les communc|s , était repoussée par les lords avec une égaleopiniàtreté. Le comte d'Essez était en ceci le point de mire des deux piirtis; pour parvenir à l'écarter^ les communes; allaient toujours augmentant l'importance* de Fairfax ;^ enfin , le 39 mars , une ordonnance qui avait pour but d'ajouter à ses attributions aux dépens de celles du comte d'Ëssex, porta Ja ^division au plus haut degré, sansvque,' dans la chambre des lords , la question pût se décider,' les* deux , partis se trouvant à égalité de voix i le 1^'; avril le comte d'Essex donna sa démission. C'était la ruine de son, parti ; il le savait lui-^méme ,. car il avait dit auparavant que sa commission de général était le seul obstacle. à l'acceptation de l'ordonnance du renoncement à soi-même. £n effets Je 3 avril, elle passa à la chambre des lords J Quelques jours auparavant, sur quelques discours TÎolens* tenus dans. la chambre descommunes^ contre celle des lords,^ le bruit se répandit qu'on avait inteutioa d'attaquer les privilèges de la pairie ; mais les communes adressèrent aux lords une déclaration formelle de l'intention où elles étaient de respecter et soutenir leurs privilèges. Ce corn-' mencement de raccommodement, si près du dénoûment-de! la querelle , pourrait donner lieu de croire que ce dénoïiment ne tint pas tout-à-£aiit à la volonté du comte d'Essex , dont les amis commençaient probablement à s'effrajer, et le ton du discours qu'il prononça à cette occasion indiquer assez qu'il cédait à des conseils que peut-ét|-e il n'était pas lemaitrede refuser. Quoiqu'il en soit, les lords renâercièreoA
a(j4 HISTOIRE
doàt quatorze raille d'inÊioteriey six mille chenaux et mille dragdos*. Sir ThooMS Fairfax en fut nommé général y et sir Philippe Skippon y excellent militaire , en fut fait major-général. Les colonels des régimens de pied étaient Holborne^ Fortescue, Barclay^ Cra^yïbrd^ Ingold$by> Mountain 9 Pickering^Rain^boirough^Welden^Âldndge; ceux des régimenft de cavalerie y sir Mîchet Lei7«sèj > Sheffield, M iddleton , Sidney, Graves, Vermaden, Whaley, Fleetvood, Rossitèr et Py. Le IVoi y de son côté , avait un grand noqibré de troupes sous difierens commandsms, 4u;;,qivels ri distribua plusieurs proviilces. Les priiices Robert •t Aiaarice 9 à la télé d'un eorps nombreui, tenaient une partie dû nord; le reste était confié au comte de Derby et à sir Marmaduke Langdjâle ; sir John Byron et Gérard; étaient cha^é& du pays de G^Ues et die quelques comtés adjacens. L^meet était entièrement occupé^ar trois, armées du Roî^ sous le commandement de sir Ralph Hopton y sir Richard Grecnville et du colonel Qoring, tous trois généraux effectifs^ ms^is donna^nt les ordres au noqot. de Charles^ ^ prince de Gs^Ues^ revêtu da titre de général eo chef.
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66 communes de lear déclaration ; la rëcoDciliatkm fut parfaite, c'est-à-dire que le» i9dépendan», maîtres de tcmt, purent marcher désorraai& à visage découvert. {Hiiioire parlementaire j tom. 3, ool. 35o et suiy. — Mémoires de
Wbitelocke , pag. i350 i^ote de FEditeur. )
DU LOMG PAHLSIIEMT. , aQS
^ grand iioiiibiie d^ tjroiipe9 anglaises f était plus çmpressé que jamais d« s'attacher les pàpirte» irlaa^aisy a^eC- leaquels U aVait ehargé Orofeosid de coaelure iiA^ pais d^oitt've; mais , Ibvafne le Roi s'aptarçojt que <)es Iirlaodaijs aYaienl de trep lia^les^rëteirtîops » et que ta«tsa ks EegocsatMas^ d'Oirmiond ^. daraut ua si toiig espace de tmipa^ n'avaient nullement avancé la paix^ il serseraUl d'ujn aji%tre- (uayen; ce fut d'employer à or traité le lord Herbert de Ragland^ fib d» comte de Worce$fe]f> papiste aslé » 6t » par lit ,, pliia pik>pre à. plaiirè siui nsvpUés dlriand^. J^e Kqî fit coMte ce lord Herbert^ sous Iç. titre .di( eO^ite de^ Gla^ jfioi^ii.^ et lui: d^miat plein pp^ViC^ti^ de coacliire la paix avec les Irlandais,, eib de leur âiceôrcbsc tout ce qui seirait nécessf^ire* li^r^q^ ces ehotsèsiftirent cemmefc ,. ce qui afi^iyara^raot U 6fi<die ilmnée» U paimt étmnge à tK>ttf le monde) que tette afS^re cÀt. ptt étw; ceind<M(e:i l'iiisiil' du Ipfdliii^ > ators sec^la^ du dépatlement .d'IrAand0> ^ d^^c^^^te d'Ormond» fe la^4ile«t0iiant aiQs: S9ÎAS|;(4Wqfi^ aile avait d'aluord été. ^iètemeiAsCtmtisev, ,
Afaia le Roti^. lofaqu'il vtt q«'ii étail t^p diflîr cile de eoncluyetavtriementi; unerpsix qiQÛ^ pât T^s^ surer des^ Bfdwvtt^ de& mteltés> en diai^e» Glar mo9g*n à l'imni^ dte Aubres > afin diâ pwi^otr^ en nyelm sur lui t#ut l'odieiuu ILespdt^tgitiamsi ]«s rdieUes ^ asduifii par lea grandes proinesse& qui
396 HISTOIRE leur seraient faites' sans qu^Ormond eh sût rien > conseirtiraient plus facilement à admettre des-* eonditioBs raisonnables en apparenté et faciles' à' justifier 9 et que , par ce moyen > il tirerait d^Irlandedes soldats qui s'attacheraietit invariablement & son partie et qui^ étant les plus grande ennemis des ptotestans • anglais ^ et ne pouvant espi^rer de pai^on/ lui prêteraient contre le par-' lement un 'fidèle secours.
Il donna donc à Glamor^m une autori$atioi]i> conçue en ces termes :
a Charles, par la grâce de Dieu^ roi d'Angle- <c terre 9 d'Ecosse^ de France et d'Irlande^ dé-^ « fœseur de la foi , etc. ; »
ic A notre fidèle et bien-aimé cousin Edward^ (¥' comte de Glamorgan, salut.
H Plein de confiance dans votre sagesse et votre H fidëlitë^ nous vous accordons par ces lettres^ tf* aussi 'entièrement que si elles étaient scellées ce du gra^«»9ceau> plein pouvoir et autorité de « traitei* et dé conclure avec les catholiques ro- H lîiftind^Confédéi^és d'Irlande y et de leur accorder i< tout.<^e qti'éxigera la nécessité ^ et que nous ne u p!ourribne fâfire aussi côtivenablemént par notre H *itett(^iiattt^ni«avouerptibliquementpour'le prèn sent. -Nous vbus' ordonnons donc d^accomplir tr cette affaire avec iautant de secret qu'il vous « sena possible y et je promets, sur ma' parole de V*' ;Roi etde chrétien , d'accorder tout ce cfuê vous
(r aurcfz jugé à propos de promettre eu mon nom y a à tous ceux de ces catholiques confédérés qui , tf par leurs services^ auront amplement mani- H festé leur zèle pour nous et notre cause. Donné (( à Oxford y sous notre sceau royal^ le 1:2 mars^ a et la yingtièmé année de notre règne. »
Il travailla à faire entrer les Irlandais^ nonseulement en Angleterre^ mais en Ecosse^ et il y parvint 9 au grand dommage de ce malheureux pays 9 yers le ' commencement de Tannée 1644^ par le moyen du comte de Montrose. Lorsque les covenantaires écossais entrèrent en Angleterre pour secourir le parlement ^ Montrose se rendit à Oxford près du Roi pour lui offrir ses services contre eux. Le Roi, pour le rendre propre à l'emploi dont il voulait le charger, le créa marquis, et hn donna une commission de lordgouverneùt d'Ecosse et général de toutes ses troupes. Le Roi manda aussi le comte d'Antrim pour aider Montrose de ses conseils ; ils se confédérèrent en présence du Roi, et le comte s'engagea à envoyer à Montrose, au mois d'avril suivant ,'dîx mille Irlandais dans lé comté d'Aï'gy le, qui n'était séparé de l'Irlande que par un court trajet de mer. Antrim exécuta, au temps marqué, une partie de sa promesse'; mais il fut loin d'envoyer le nombre des soldats promis, car, au lieu de dix mille, il en arriva à peine douze cents, sous' la cpridtttte de Macdonald. Cependant, avec ces
soldats auxquels U|oignit ceux de sou comte d'Âthol , Montrose se iwma une armée sutflSsatt^ de pillards^ a\ec laquelle U tombait subitement sur les pays eaTironoans, dévastait tout 5 dépouillait les maisons et hriUait le blé partout f^ il passait ; eu sorte <|a'il fallait de ^audes armées poiur s'opposer à ses déprédaMws, tandis i|W les v^ontagoes escarpées du CQm^ d'Atbol^.ses £qv^ et ses déserts,, assuraient à c^ moi»togpar43 ^ aux IrlaodaU des ]reto*aites impénéti'ables.
MontrosQ yécut auisi pçpdt^i^ prè^ 4e> deitt #Qa dans le sein de son paya» comme^iw flé^ti^dastirj^erleur» Ses retraites étaient ai sâres et s(ss ex^nirsLons si audacieuses, qu'il ne faHs^it p|bs m^ins de douze miUe hommes pour défendve le^ pfQy inices contre iui«,
Cependant il. fui bs Uottér paar l,es. vif is^ilodes 4(9 la fortune^ Dans l'été qui suivit: son ai^rivée en Ecosse 5 la négUg^cedes ti^oup^sidu ^m.ted'Aj> gyle lui permit de frapper un gpaad coupç<mtF6 ce sei^eur à qui il tua au fit prisoi^firsî .<|ui«ze cents bomnies. h^ parlemieot d'^^co^se Ipvs^c^ntFç lui une arnxée de dix mille bonauea^, et le proclama > ainsi qnie^qttelquesattt]:?^>traîtl:e et ennemi du pays- Montrose futi ensuite camplèleme^t battu par Hurry , et forcé de fuir dana ses rie-traites escarpées. Feu de temp$ aprèpî» il fut eor cor4 battu, par llurry prèf^ d^ Ôiirfidœ ^ etioiT^é 4fe ^ caçber danssc^ ançî^QS isepaîres^ d'oii cepeoff
DU LONG PÂ&UCAIE^T. 2gg
daaty peu de temps après^ îl reparut éenoaweau^ ^ ftî fonuidable qu'il eoreloppa toute rÉcusse dai» les plus dëpWaUes Galamitës.
Datis e» tottips-là^ le synode d'ÉduiibcMirg rfcriYÎt au nom de l'Eglise d'Ecosse ^ de& lettres qui coateuaient une sérieuse admonition ; et «omme l'admoailion d'une Église nationale peut paraître une ckose de quelque iiaportanee^ nous la donnerons ici textnelleraenl > omettant seules ment la prëfaee à cause de sa kingn9ur , bie» quelle s^ii ëcrile d'un Um fort hiimUç.
u L'inquîétode de nos cœurs redouble > et nos fi craintes pour Votre Majesté Ycmt croissant^ « depuis que uous Toyons la pajtience de \otre « peuple tesLtee putre mesure. Elle est mainte-** a nant GomI^e une ckari:ette trop ebargéeet près « de se rfittnpre:; car outre le& nombreux efforts (I dé^ âîts pour «itlirer sur nous la^ destruction^ a et qu'a déjoues la miraeulc^e pro;«ïdencG de H Bien , comme, nous espërons qa'eUe fera tou-^ u jours à l'aTenir ^ nous Yoyoas^ matnJbenaut notre « pays dévasté.^ le sang de nosfrèires répandu^ K et d'borribles cruautés commi&es par ces mau- « ditea bandes de rebelles Irlamlais^ qul^ trouyant (c des complices dans ce royaume , y sont arrirés H sous la conduite de gens munis de brevets et «c de commissions de YolreiMajesië. Kous ne pou* a vaaa, sans devenir infidèles envers Bîeu et Votre « Majesté elle-même i lui dissimuler un antre
5oo HISTOIRE
« daoger encore bien plus graad-que le déplaisir» , u de votre peuple. Ainsi dônc^ nous serviteurs» « du Dieu tout-puissant^ et loyaux si^ets de Votre « Majesté y dans l'humilité et la tristesse de nos « coeurs , au nom de notre Seigneur Jésus-Christ (c qui jugera dans sa justice le monde entier^ peu tits et grands , comme aussi au nom de cette « Église nationale que nous représentons y nous c( osons avertir librement Votre Majesté que le <c crime qui nàenace de s'attacher à son' trône c< est tel que^ si le repentir ne vi^it à temps^ il c< ne saurait manquer de vous envelopper ^ vous « et votre postérité^ dans le tourbillon de la co-* (( 1ère de Dieu ; et ce sera en vain que dé lâches a prédicateurs ou d'infidèles conseillers vous proie mettront lé contraire^ car le sang d'une mul*c< titude des meilleurs sujets de Votre Majesté « couie par ses ordres. Vous permettez la messe (( et d'autres idolâtries , soit dans votre famille ,' « soit dans vos royaumes. Vous autorisez dans le ce livre des diver tissemens^ la profanation du j our « du Seigneur; vous ne punissez , ni dans votre « cour , ni au dehors , les scandales publics. Vous « fermez l'oreille aux humbles et justes désirs de « vos sujets. Vous avez pour lé parti papiste des u complaisances de toutes sortes^ comme vous (c l'avez prouvé récemment en concluant une trêve (c en Irlande. Vous suivez les conseils de gens quï ce ne vous entretiennent ni de Dieu ni -de vôtres
DU LONG PARLEMENT. Soi
« propre bien. Vous combattez la cause dont le ce succès importe si fort à la gloire de Dieu y à i< votre propre honneur et à la paix de vos États* M Nous pourrions tous rappeler beaucoup d'au- (( très causes de ruine y que Votre Majesté con- (c nait mieux que nous ^ et que lui révélera sa «. propre conscience. Nous n'en {turions rappelé (c aucune en particulier^ si celles dont nous avons « parlé n'étaient publiques et connues de, tous. « Il est donc grand temps que Votre Majesté se (c courbe devant le Dieu des cieux^ reconnaisse <c ses offenses 9 ouvre son âme au repentir ^ fasse (( la paix avec Dieu par la médiation de Jésus*- '(( Girist ^ dont le sang peut laver les plus grands « péchés y et ne s'oppose plus enfin à ce que le fils a de Dieu règne sur son n)yaume5 selon les pures H lois de son culte et du gouvernement de son (( Église. »
Le synode termine en protestant de sa persévérance dans une cause si juste y quelques obstacles qu'il doive rencontrer. Cette admonition de l'Église d'Ecosse fut envoyée d'abord aux commissaires écossais à Londres et remise par eux an secrétaire du Roi. Mais> dans le feu de la guerre ^ des censures ecclésiastiques étaient de peu de valeur.
A l'approche du printemps ^ elle recommença avec ime grande ardeur des deux parts. Lord Essex avait résigné sa commission^ et sir Thomas Fair-*
5o2 HISTOIRE
fax se rendit à Windsor , auprès de Tarm^ prfoi>ganisée. C'était tme arinëe iioUtielié en effet ^ formée de quelques dëbrts de Panciettiie ^ et de tk*oupes récemmevit levée» dsrns le» comtés; une année qui semblait puiser bien peu d'échit , isoit dans la qualité de ses che&, toit dans le renom de ses soldats» Jiimais troupes, en partant pour la guerre , n'inspirèrent moins de cmifiance à l^irs amis, et plus de dédain à leurs ennemis; et ce*pendant cette douiyle attente fut dédie , et on TÎt ta Tanité^es conjectures hûuiaines ; car^ dans toutes les campagnes suivantes, ces recrues de-» vinrent de si eicellens soldats que l'antiquilé^ parmi tous ses héros y aurait graùde pei»e à en trouver qui pussent leur être comparés.
Quiconque examinera d'un œil attentif les suc-* ces de ces soldats ^ dans le cours de Taniiée »ii<vante, contre de braves et nombreux ennemis , la grandeur des choses qu'ils accomplirent, combien de batailles gagnées, combien de villes emportées et de garnisons prisonnières , aura peiné à croire que ce soit là l'ouvrage d'une année , ou qu'on puisse appeler cela une campagne.
A la vue de tant d'exploits, il faut se bien gar* der d'en attribuer trop exclusivement l'honneur à ceux qui en supportèrent le travail ; c'est à Dieu que cet hunneur appartient; et, en considérant la conduite et la discipline de ces soldats, on poipvait d'avance espérer, jusqu'à un certain points
DU LONG PARLEMENT. SoS
cette protection qoi éclata si miracolensenietit daiis la suite; les vices ordinaires des camps ne se rencontraient point parmi eor; la discipline fftait rigoureuse ; le moindre toi , la moindre débauche^ les juremens^ les discours profanes > étaient aussitôt sévèrement punis ; aussi passat-ii en proverbe qu'il j avait ^ à traverser ce camp et à y commercer, autant de sAreté que dans une ville bien réglée.
La première expédition du général Fairfax, d'après l'ordre du comité des deux royaum es^ fut dirigée dans Touest pour seoomrirTauiilon. Cette ville^ ou commandait le gouverneur Blake^ avait soutepu ^ avec une constance incroyable , un siège viveçaent poussé par sir Richard Greenville^ et oa eût dit qu'eUe voulait imiter^ mais avec plus de bonheur^ la fidélité de l'ancienne Sagunte. Le général du parlement ne dirigea pas lui-même cette .entreprise. Elle fut confiée au colonel Wel* den^ qui marcha vers Taunton avec sept mille hommes de la nouvelle armée. Fairfax fut rap* pelé pour recevoir l'ordre de se porter ailleurs.
Le Roi avait ordonné au prince Robert de venir le joindre à Oxford, pour entrer en campagne avec leurs forces réunies. Fairfax ^ avant de quitter Windsor, envoya Cromwell (i),. avec un
(i) On verra dans les Ménwftes de Hollis commeat, eir dëpit de Tordonnance du renoncement à soi-même ,
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5o4 HISTOIRE
parti de ca^vaLerie^ pour empêcher raccûmplisse-' ment de ce dessein, et CromweU, après une marche rapide , eut le bonheur de disperser j à Islipbridge, une partie des troupes royales, dont plusieurs chefs tombèrent entre ses mains* Le reste de ce corps s'enfuit à Bletchington-House , où Cromwell l'assiégea et le contraignit de se rendre. Poussant ses succès jusqu'à Bamptonbush, il prit Vaughan et Littleton, après avoir mis leurs troupes en déroute.
Cromw.eU avait été continué dans son emploi. Peu de temps même ayant cette expédition, Fairfax et les principaux ofEciers de son armée avaient demandé qu'on le nommât lieutenant-général de la cavalerie. Les lords décidèrent qu'ils prendraient la chose en considération le lendemain , et ordonnèrent que- tous les membres fussent avertis de venir. Cependant on ne trouve plus , dans leur journal , aucune trace de cette affaire , qui fut décidée par les communes , dans le sens de l'armée et en faveur de Cromwell. Quelques jours auparavant , à l'occasion des succès de l'armée du Roi, le conseil commun de la cité avait adressé à la chambre des lords une pétition dans le ton d'une remon-trance , oii , en reprochant au parlement sa négligence à recruter Farmée de sir Thomas Fairfax , on lui prescrivait plusieurs mesures à prendre, et entre autres celle de donner à Cromwell le commandement des comtés confédérés. « Cromwell, dit Whitelocké , commença à croître dans la « faveur du peuple et de l'aicn^ée , et à devenir asseï grand » pour exciter l'envie de plusieurs. » ( Whiteh pag. i44^ Histoire parlementaire , tom. 3 , col. 366 et suiv. )
( Note de l'Editeur. )
DU LONG PARLEMENT. 3o5
he Aoi^ que les princes Robert et Maurice avuiëot rejoint^ dirigeait sa manche Ters l'est^ pour $'eaiparer iù File d'^y, qae quelques hommes, de son. parti, avaient promis de li^i li- Yrer. Cromyrell et le major-gjénéral Brown , gon- Tcmeur d'Abingdon ^ eurent ordre de le suiyre ; mais ^ trop faibles pour engager une action^ ils furent bientôt rappela ^ car Fairfaz y qui ven^t de receToir Tordre d^assiéger Oxford ^ avait besoin de leur secours. Le comité^ qui reconnut que cette dernière entreprise était mal conçue^ la contre-manda y mais trop tard. Dans l'iateryallç^ le Roi ^ marchant sans obstacles yer$ le p/wpiy avec sQn arjnë^9 s'était emparé dé rim.porlaiile ville de Leiccs5ter>.
Rappelé du siège d'Oxford^ et après que Cromwell ,eut été envoyé au secours des conités de l'esté Fairfax se décida ^ suivre le Roi avec tQ^te$ ^^ troupes. -On n'eU(t ,pas à attendre, longrlempa Ija terrible bataille^ >ou , dans, l'opipion de tout le public , la question de savoir ce que di^v^çndraiept les loi^ ejL les libertés de rAn^^tenoe > ainsi .que le pouvoir et la prérogative du Roi> devait être jugée par le glaive. La plaine de Naseby, non loin de Northampton, fut le.Iieu oiji se décidèrent les destins de notre.jpay6.(i). \l4Çj[4
(i) Le fro)$tde Charles avmt ëtë d'abord d'âitéfnire â Leicester le^ Tvcraes qai allaient Jui armer de différent 3. 20
So& HISTOIRE
juin fut ce jour mémorable. La force des deux armées n'était pas très-inégale y ni leur ordre de bataille très-différent (i). Les royalistes étaient un peu plus forts en cayalerie y et ils mirent en
côtés; mais^ dans le parti royaliste, un projet tenait rare* ment jusqu'au moment de Texécution. Chaque intérêt individuel se croyait en droit d'influer sur la marcbe générale , et chacun était écouté à son tour ; les cris de détresse que poussaient les femmes et les gens de la cour demeurés à Okford 011 ils craignaient d'être cernés par l'ennemi y le défaut de nouvelles certaines sur la marche de l'armée de Fairfax, l'incorrigible mépris des cavaliers pour les. troupes parlementaires , mépris qui avait redoublé depuis la nouvelle organisation de l'armée du parlement , enfin la pente fatale d'un parti que tout précipitait à sa perte , décidèrent le Roi à chercher un ennemi que l'on croyait à peine en état d'attendre l'attaque. Le prince Kobert eut , comme à son ordinaire , une grande part à cette funeste résolution , combattue par les hommes sages et les vieux militaires. \ Histoire de la Rébellion, tom. 8 , pag. 5i. — Mémoires de Whitelocke , pag. 1 45. ) ( Note de FEditeur.)
(i) Il n'y avait pas , dit Whitelocke , 5oo hommes de différence d'un cdté ou de l'autre ; l'armée royale était d'abord trës-avantageusement postée ; mais , sur le bruit que l'ennemi se retirait, le prince Robert, ayant pris les .devants avec un corps de cavalerie , aperçut de loin les troupes parlementaires, et, trompé^ soit par un faux mouvement de l'ennemi , soit par sa propre préoccupation , crut en eâet les voir en retraite* Alors il envoya dire au reste de l'armée de venir le joindre en toute hâte, en sorte qu'elle s'avança perdant, sa position et gardant^ comme elle pouvait, son
DU LONG PARLEMENT. 5oj
avant leurs meilleurs escadrons ^ l'infanterie formant la seconde ligne. L'aile droite était commandée par les princes Robert et Maurice , l'aile gauche par sir Jacob Ashley* D'autres officiers de distinction étaient disperses dans les rangs. .
L'infanterie parlementaire occupait le centre ^ Ic^ ailes étaient couvertes par la cavalerie. Crom- Yielly qui y à la grande joie de toute l'armée ^ était arrivé la veille de la bataille ^ commandait l'aile droite 9 l'aile gauche était sous les ordres d'Ireton. Le colpnel Rossiter^ brave officier^ quelques momens avant l'action y arriva avec son régiment et prit place à l'aile droite, auprès de Cromwell. L'infanterie, divisée en deux corps, était conduite par le major Skippon. Le mot de ralliement des parlementaires était. Dieu avec nj^us; celui des royalistes , Dieu et la reine Marie.
La fortune, comme en quelques autres occasions, parut d'abord favorable au parti du Roi. L'aile gauche de notre armée fut mise en désordre, son commandant Ireton , atteint de deux blessures, fut fait prisonnier et retenu pendant toute l'action. Le prince Robert poursuivit avec foreur cette aile eafoncée , et la journée eût été
ordre de baUille, tandis que Fairfax, qui la voyait arriver, eu^ le loisir de prendre ses avantages, {Histoire de là Rébellion y t<mi. &, pag, 55. — Mémoires de Whitelocke, ^g. ilfi,)(NotederEditeur.)
3o8 HISTOIRE
perdue^ si Cromwell, qui arait attaque avec la même vigueur, n'eût pat-eillement enfoncé l'aile gauche de Tarmëe du Roi. L'affâite sembla ainsi en suspens, et, les deux ailes des; deuix partis se trouvant dispersées , on combattit quelque temps sans que rien se décidât. Le brave Skippon , grièveniei^ blessé , ne voulut pas se rétirer du champ de bataille (i) , et Continua ses efforts, jusqu'au moment oii la fortune pencha ensuite dé liotré côté. Le corps d'armée de Fairfax (2) chargea sî
(1} Il avait reçu un coup de feu dans le coté ;. pressé de sç relirer,îl déclara qu'il ne bougerait pas tant qu'un seul homme tiendrait ferme, Il avait été blessé soutenant avec son ipfanterie un corps de cavalerie qui avait été surpris en désordre dans < un BMinent où il s'arrétah à piller. Mais le goût dii pillage était encore plus fatal à l'armée du. iLoj ; il retint ^ comme à la bataille d'£dge-Hill , le prince Robert trop longtemps hors du cbamp de bataille , ce qui fut cause en grande partie delà défaite. Clarendôn nous apprend aussi que l'armée dtt Roi était alors diminuée de tous ceux qui étaient allés mettre.en>sûveté le butin qu'ils avaient Tait à lalmtàîllë de Leicestef. {Histoire de la Rébellion, tom. 8,pag. S2. — Mémoires de Whitel. , pag. i45. ) [Note de l'Editeur. )
(1) Fair£aLic avait eu «on casque enlevé dans la bataiife. Gomme il parcourait le cbamp de bataille tête nue^ Charles d'Oyley, colonel de sa garde, vint l'engager à se moins exposer , et lui proposa son casque : « C'est bien comme cela , Charles, » lui dit Fairfox , et il le refusa. Toyant abr^ uil corps 3e fiofanterie voyale encore entier, il demanda à d'Oyley s'il ne l'avait pas chi^rgé. D'Oyley répendît qu'il
DU LONGPARJLEMENT. SoQ
rudement les royalistes qu'ils ne purent soute* nir le choc; leur cavalerie^ complètement rom* pue , prit la fuite du côté de Leicester et abandonna toute l'infanterie , qui , cernée par les nôtres ^ jeta bas Içs aripes ea demandant quartier. Us furent tous faits prisonniers*
Cette bataille fut^ de toutes^ la plus heureuse pour le parlement. La victoire fut conlplètë et ne laissa^ aucun doute. On conduisit à Londre$ près de cinq mille prispniiierSr Qn prit l!étendajed du Aoi^ lets drapeau|[ de cent régimens» toute l'artilleriç^un riche butin et une grande quantité d^or et d'argent«r De plus ^ toute la correspondance du Roi tomba entre les mains des vainqueurs. Cepenilant il périt ci peu de monde dans la bataille y qu'on peut s'étonner qu'il y. ait eti tant de prisonniers et tant.de butin avec si- peu de sang versé (i); car il y eut à peine quatre cesaXs morts^
J'avait cbargé deux fois sans poavoir le rompre. Fairfax lui ordonna de le charger de nouveau en tête y tandis que lui le prendrait en queue , et qu'ils se rejoindraient au milieu. Ce qui fut dit fut fait ; ils se retrouvèrent au milieu 4a ce corps dispersé , et là Fairfax tua de sa main le porte-enseigne. Un des trompettes de d'Ôyley ayant ramasse le drapeau allait se vantant d'avoir tué celui qui le portait. P'Oyley voulut le réprimander. « Laissez-le faire , dit Fairfax ; j'ai de l'hon- « néur assez, qu'il prenne celui-là pour lui. » (Mémoires:. de Wbitelocke, pi i45. ) ( Note de FEdit.)
(i) Whitelocke dit au contraire que la bataille fui très-
5iO HISTOIRE
du côte du Roi y et ceiit du côte du parlement. Cromyrell poursuivit, arec sa cayalerie, les royalistes qui fuyaient rapidement et se dirigeaient yers leurs places fortes. Il leur fit un grand nombre de prisonniers et vint ensuite rejoindre le général qui marchait, avec son armée yictorieuse, Tcrs Leicester. Cette ville se rendit bientôt à lui. Fairfax y laissa une garnison y et , pour rendre sa victoire utile au pays et* empêcher le Roi de ramasser de nouvelles forces qui lui donnassent les moyens de prolonger cette funeste guerre , il résolut de le suivre de très-près. Il marcha donc vers Touest, dans le double but de poursuivre le Roi et de faire lever le siège de Taunton.
Les lettres du Roi que Ton avait prises à Naseby, furent lues à Londres devant une grande assemblée de citoyens, dans laquelle se trouvaient plusieurs membres des deux chambres.
On laissa à qui voulut la liberté de les parcourir et de s'assurer qu'elles étaient de la main du Roi,
sanglante , et qu'il y eut du côté du parlement plus de mille tues ou blessés , tant officiers que soldats. Clarendon , sans parler du nombre de soldats que perdit le parti du Roi , dit qu'il resta sur le champ de bataille plus de cent cinquante officiers et gentilshommes du plus haut rang; il ajoute qu'il y eut dans la poursuite plus de cent femmes tuées , entre autres quelques femmes d'officiers , gens de qualité. ( Hi»' toire de la RébélUon, tom. 8 ,' pag. 5g. — Mémoires de Whitelocke, pag. i45. ) ( Note de VEdiU )
DU LONO PARLEMENT. 3i l^
pour réfiiter les. calomnies de ceux qiii prétèiidaient qu'elles étaient contrefaites/ Oh imprima' à part j par ordre du parlement , un certain nombre des. plus importantes. /
La lecture de ces lettres devint le sujet des entretiens du public; car on y de'couvrit les négociations du Roi atec les révoltés d'Irlande, et ses instances à. la Reine pour obtenir des secours de la France et du duc de Lorraine. Beaucoup d'honnêtes gens s'affligèrent de voir que les actions du Roi fussent si peu d'accord avec ses paroles , et que pendant qu'il protestait devant Dieu, avec d'horribles imprécations , qu'il n'avait rie»! tant à cœur que. la conservation de la religion protestante et l'extirpation du papisnie', il promettait sous main , aux rébelles Irlandais , d'abroger les lois portées contre eux, ce qui était contraire aux promesses qu'il avait si récemment exprimées en ces paroles : Je n^ abrégerai jamais les lois contre les papistes. Il avait dit aussi : J^ abhorre la pensée d^introduire des soldats étrangers dans le royaume^ et cependant il sollicitait les. secours du duc de Lorraine , des Français, des Danois, et même des Irlandais. Us virent aussi avec mécontentement que le Roi se laissait tellement gouverner par la volonté de sa femme qu'il ne fît rien que selon, qu'elle le lui.prescriyait , et qu'elle eût à sa disposition la paix, la guerre,, la reli-. gion et le parlement.
5i3 HISTOIRE !
Où Titid'aiileurs fst'ctê leUi^s dans quelles iûtebtîoftS lé Roi avait traita âVe^ ié pârléihent à Uxbiidge^ et ce qu'il y âhrait eu à espéref de cette négociation. Il mande à là Réinê que si ^ dans son coûsëil^ il avait pu avoir deux Voîx de jplus en favetir dé &bn opinion^ il i/aui'ait pas donné aux g&nsi de Westminster le nom de parlement, et qii'il ne s'e^ réuni enfin à çenx qui voulaient le leup'donner que parce que ce n^étaitpas la même cAoêe de les appeler parlement et de les refionnaitre pûur ielàftXj pour cette raison, ce qui était bien propre À déplaire à son paHi, il appelle son parlement d'Oidbrd un parlement ^ métis.
Le Roi, apràs sa défaite de Naseliy, s'enfuit à lichtfield I d?(Hi il se tendit ensuite à Hét^ford, poUr levei- de nouvelles troupes dans le pays de Galles , lé eotxàé dé Çornouailles et d'autres; endroits, particulièrementdérinfantèrie,car il avait toujours une brilloatte cavalerie qui l'avait rejoint après là bataille; mais rien dui^nt l'année suivante né prospéra au RoL La fortune se rangea entièrement du câte du parlement, dont Dieu témoigna qu'il approuvait la cause par les extraordinaires et signal^^es victoires qu'il voulut lui accorder. La valeur des royalistes né leni* servit de rien, et leurs eâforts n'eurent nucun résultat* ' Le général, après la bataille de Naseby, se reiidità grandes johrnéesdaiis rbtiest (i)* Le bruit
(i) C'est en suivant cette march'e de Fairfax^ërs l'ouest >
DU LONG PARLEMENT. 3i3
de s6à approche suffit pont* délivrer Taunton. Le colonel Goring leva le siège et s'éloigna. Les cou-
quei'on rencontre nn des faits les plus singuliers peut-être de tpote la gnerre ciîrile^ la levée àes chibmen des comtés de Wiit^^Dprsetj etc., au nombre de vingt-cinq mille homtnes, réunis dans le seul dessein d'empêcher la guerre , l'effusion du sang , et de se préserver du pillage. Ces intentions pacifiques , et les preuves qu'ils en donnèrent par leur conduite ^ sont attestées, dans la lettre oii Fairfax rend compte au parlement de ce nouv.el obstacle, et des embarras qu'il loi cause ;|,(Voir les Eclaircissememfi historiques,) monument d'autant plus croyable, que, selon la maxime des partis^ Qui n'est pas pour nous est eontre nouSj Fairfax accuse les cltibmen de malveillance envers le parlement. D'ailleurs, comme on l'a déjà observé , la nature de l'association des chibmen les portait nécessairement à se prononcer contre le parti vainqueur; ainsi les suites de la bataille de* Nàseby devaient être une résistance plus niarquée aux troupes du parlement. De plus, les gentilshommes du pays s'étaient mis, pour la plupart, à la tête de cette nouvelle organisation, et pouvaient lui donner au moins une apparence plus royaliste. G>mme à son ordinaire, le parlement temporisa, pour se donner le temps de se' préparer à frapper. Depuis le 3 juillet, date de la lettre de Fairfax, on ne trouve dans l'histoire parlementaire aucune mesure prise contre les clubmen; mais Whitelocke, qui donne plus de détails sur l'intérieur de son parti , sans expliquer le secret des opérations, nous montre , dès le 8 juillet, Fairfax en pourparler avec les clubmén\ qui viennent lui demander des saufconduits ^oùr ^ûVoyer leurs députés, d'un côté, au Roi, dé l'autre, au parlement, afin de les amener à traiter. En. attendant, ils demandent une suspension d'armes, et la
3i4 HISTOIRE
rageux habitans de cette ville avaient été rëdaits à de grandes extrémités. Ils avaient beaucoup soufiert et fait de grandes choses contre de puis-
remise entre leurs mains des villes et forts du Wiltshire et du Dorsetshire. Fairfax, en refusant leurs demandes, tàcbe de les adoucir et de les gagner par une promesse d'empêcher ses soldats de maltraiter le pays ; le 1 5, il se rend à une réunion d'environ deux mille clubmen , pour leur de^ mander de ne pas secourir Bridgewater , qu'il se propose d'assiéger, promettant qu'on paiera tout ce qu'on leur prendra , et qu'on fera droit à toutes les plaintes qu'ils auraient à porter contre les officiers et les soldats de l'armée. Il ne paraît pourtant pas obtenir alors le succès qu'il s'était promis; mais , à un second rendez-vous , il leur propose de &i belles conditions, qu'il engage la plupart de ces hommes à rentrer chez eux, et en débauche même plusieurs, entre autres leur premier artilleur qui sort de Bridgewater et vient se joindre aux assiégeans. Les négociations continuent sur différens points. Cromvrell rencontre dix mille clubmen , qu'il dis^ perse avec de bonnes paroles; obligé cependant. quelque temps après d'en venir aux mains avec un autre parti de deux mille d'entre eux , il leur fait trois cents prisonniers , qu'il renvoie chez eux , ne gardant que les gentilshommes qui étaient à leur tête. Cependant diverses nouvelles arrivent de la meilleure disposition des clubmen; enfin, le 23 août, le parlement les déclare traîtres, et achève ainsi, selon toute apparence, de dissiper. cette force qu'il avait commencé par désorganiser. On ne voit plus paraître les clubmen qu'en petit nombre, et presque .toujours comme auxiliaires du parlement. {Hist. parLy tom. 3, col. 38o, ,390. — Mémoipes de Whitelocke, pag. i5i, i54, i55, 161^ 167 , etc. ) {Note de V Editeur. )
DU Ï.ONG PARLEMENT. 5i5
sans eDnemis; mais ils ne pouvaient plus tenir long-temps s'il ne leur était arrivé de secours. Le parlement se réjouit beaucoup de la délivrance de cette ville. Dans cette année^ et Tannée précédente , trois des garnisons parlementaires^ celles de Lyme^ de Ply naouth et de Taunton s'étaient conduites avec un courage et une constance dignes d'être célébrés dans une histoire plus étendue. Toutes les trois , assiégées à plusieurs reprises par le prince Maurice, les généraux Green ville et Goring , et d'autres encore, avaient non-seulement tenu contre ces puissans ennemis, mais avaient mis leurs troupes fort en désordre.
Ce sont des choses merveilleuses que ce que fît dans l'année suivante cette nouvelle armée sous la conduite de Fairfax. Elle ne prit aucun repos pendant toute la durée de ce froid et rigoureux hiver. L'histoire particulière de chaque mois de cette année racontera tout ce qu'elle a pris de fortes villes et de citadelles, tout ce qu'elle a gagné de victoires en rase campagne. Les faits ayant été rapportés avec plus de détails par d'autres plumes que la mienne , j'en ferai seulement ici mention en peu de paroles; car, dans l'espace d'une seule année, de grandes armées sous la conduite du prince Robert et des généraux Greenville , Hopton et Goring furent entièrement vaincues et réduites à rien; en sorte que tout l'ouest
^i6 HISTOIRE
de rAogleterre se trouva soumis à l'obéissance du
parlement.
Bath et Sherburne furent pris dans les mois d'août et de septembre , et la ville même de Bristol, la plus grande et la plus riche de l'ouest , fut rendue par le prince Robert au général Fairfax.
L!armée, souvent divisée en plusieurs portions pour suffire à tout ce qu'il y avait à faire, ne se signala pas moins en tous lieux par ses succès. Cromwêll prît Winchester et Basiqg ; les Devizes et Barclay furent pris par d'autres généraux. Fairfax en personne marcha , au cœur de ce rigoureux mois de décembre, dans le Devonshire, où il prit Tiverton. Il enleva ensuite d'assaut, avec un étrange bonheur, la ville de Dartmouth; puis repoussa les armées du Roi jusque dans le comté de Cornôuailles,oiiil les poursuivit, et fit , près de Torrington , éprouver à Hopton une grande défaite. Dans le mois de février il entra avec son armée victorieuse dans le comté de Cornouailles.Lacraintequ'ilinspiraauprinceCharles, força celui-ci de fuir dans File de Scilly. Au mois suivant, Fairfax vainqueur ordonna que toutes les troupes de Hopton fussent licenciées et renvoyées , et tout le comté de Cornouailles fut soumis à l'obéissance du parlement.
En avril , Exeter et Barnstable se rendirent à Fairfax. Bridgewater fut emporté d'assaut j mais
DU LONG PARLEMENT. Siy
la garnison ayant ensuite mis bas les armes, on lui fit quartier. Saint-Mîchael's-M oxmt , dans le coin le plus reculé du comté de Cornouailles , se rendit aussi au colonel Hammond. Ainsi Fairfax^ vainqueur de Touest , et ayant disposé toutes choses dans le dessein de terminer la guerre , ge mit en marche pour aller assiéger Oxford. Le capitaine Rainsborough s'était déjà rendu maître de Woodstock.
Pendant que le général faisait de si grandes choses dans Touest, les autres officiers du parlement n'étaient pas malheureux dans le nord, ni dans les comtés de l'intérieur; car les destins pa-^ raissaîent alors s'être déclarés pour ce parti. Vers le milieu de l'été , sir Thomas Glenham , gouverneur de Carlisle, rendit cette ville à Tarmée écos*' saise, sous le commandement du comte de Leven^ qui y mît une garnison d'Écossais. Les Anglais^ s'en |Jaîgmrent comme d'une chose contraire au covenant , et le parlement écrivît au comte de Leven pour rengager à rendre Carlisle aux An-' glais , non qu*ils formassent àucim soupçon contre leurs frères, mais parce qu'il fallait que les conditions du covenant fussent observées, afin de fermer la bouche aux malintentionnés , toujours' trop prêts à crier que les Écossais venaient en Angleterre non comme amis y mais comme flibus-^ tiers; et, à compter de ce moment, le parlement' décida qu'il aurait des commissaires à Edimbourg^ '
Après l'affaire inattendae de Kilsith^ le goarer-nemeat écossais a'ayant nt àriftëe de réserve ^ ni troupes en étal d'arrêter le yainqûeur, presque toutes les villes se soumirent à lui/ Lés papistes et les malintentionnés^ tous les indifférens et ceux qui avaient jusqu'alors dissimulé leurs sentimens s'étànt rangés de son partie le reste fut écrasé , et tous lès prindipàuï nobles du parti des covenautaires furent forces dfe fiiîr en Ângletenre.
XiCS Anglais déplorèrent, par un jeûne public et dès mortifications , les malheurs de leurs frères d'Ecosse; Le général Faitfàt et lés principaux officiers de l'armée écrivirent à Leven qu'ils rergardaient le malheur de l'Ecosse comme le leur^ et que, si l'état de leurs affaires en Angleterre le leur permettait , et que le parlement leur €h donnât l'ordre , ils entreprendraient avec àixleur cette guerre , et exposeraient leur vie dVûssi bon cœur pour les Écossais que pour les Anglais , jusqu'à c^ que les ennemis d«s trois royaumes fussent entièrement vaincus.
Mais le règne sanguinaire de Montro$e ne dura pas long -temps, à peine l'espace d'un mois.
Pour délivrer l'Ecosse , il suffit de David Lesley qui , arrivant à- Selkirk avec sa cavalerie , défit si complètement Montrose , qu'on put regarder Kilsith comme entièrement vengé. Ce fut assez d'une heure pour aocom jdir cette vidtoiré , et ,
DU LONG PARLEMENT. 3ai
comtne l'observe un écriveria àUemand , elle eut lieu le jour oit la reine d^Angleterre faisait chanter à Paris un Te Deam pour la TÎcfoiré de Kilsith.
Ainsi l'Ecosse fut recouvrée a^ant que le Roi pût rejoindre Mouttose^ ce qu'il tenta c^>eiidant peu de temps après ; se dirigeant Vers le nord avec des forces assez considérables^ et acçom* pagné de Géra^rd et de Langdale^ il se rendît à Routenheaitb. Son projet était , s'il ne pouvait rejoindre Montrose^ de faire du moins lever le siégie de Chester* Le Roi tenait etcessivei^ent à demeurer maître de cette ville, qui lui fournissait Iç port le plus convenable pour y recevoir les tr;âLïi$poi:t3 de soldats irlandais qu'il attemlait ^n vain depuis si lbag«-temps« Mais cette expédition fut eitir^mement malheureuse pour lui; car iV fut battu à Routenheath par Points , qui com*mandait l'arituée du parlement ^ et eut huit cents hommes de tués».
La tentative du lord Digby pour rejoindre Montrose n^eut pas plus de succès. Ce fat le mois suivant que Langdale et lui , ayant réuni mille, chevaux , marchèrent vers le iiord dans cette intention ; mais> aririvés' à Shei4)urne> dans le comté' d'York , ils furent battus et mis en faille par Points , Copley et d'autres parlementaires, ilfiit fansfuitè défait à Carlisle par Srov¥u etLealey^ et , ayant perdu toutes ses iroupéS;^ prit la fuite
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et alla retrouver le comte de D^rby dans Tile de Man 9 d'où peu après il passa en Irlande. Après la défaîte de Digby à Sherburne^ on prit encore des lettres et papiers du Roi , où étaient exposés plusieurs de ses projets^ et où l'on découvrit aussi plusieurs choses relatives à ses négociations avec les Irlandais et autres* Les royalistes d'Oxford blâmèrent beaucoup la négligence de Digby 9 pour avoir porté avec lui dans une bataille de semblables papiers^ qu'il aurait dû croire à peine assez en sûreté dans la plus forte citadelle^ surtout quand on se rappelait quel bruit avait fait le parlement des lettres prises à Naseby.
Digby était donc arrivé en Irlande ^ et, vers la fin de décembre, s'occupait avec Ormond à traiter de la paix avec les Irlandais , quand tout à coup les affaires du Roi se trouvèrent extrême-* ment compromises par la connaissance que l'on eut des négociations secrètes de Olainorgan avec les rebelles- Ormond et Digby craignirent, si cette découverte se répandait trop généralement, qu'elle ne donnât crédit à ce qu'on avait dit précédem- 'ment que le Roi était auteur de la rébellion d'Irlande , et cherchait à consolider le papisme ; ce qui aurait pu exciter une révolte générale parmi les jprotestans. Quoique Digby connût Glamorgan pour un homme dépourvu de prudence , cependant il ne pouvait le supposer assez insensé pour avoir entrepris une pareille chose sans aucune
autorisation. IL fut donc convenu entre eux, dans la crainte que, lorsque le bruit en serait plus généralement répandu, il ne fût trop tard pour justifier le Roi, que Digby accuserait immédiatement Glamoi^an de trahison. Une chose cependant les inquiétait tous deux. On avait la promesse que trois mille Irlandais iraient secourir Chester, et on avait peur, en cherchant mal à propos à justifier le -Roi, de perdre ce secours, et par suite la ville de Chester. Mais ayant appris que , d'après le traité fait par Glamorgan, ces Irlandais ne devaient se rendre en Angleterre que lorsque le Roi aurait confirmé les conditions avantageuses que leur avait promises Glamorgan, et ratifié la paix; lorsqu'ils surent aussi que, tandis qu'ils étaient à délibérer sur cette embarrassante affaire, les bruits déjà répandus avaient excité une grande révolte parmi les protestans de Dublin , et qu'un petit nombre d'heures pouvait amener les derniers malheurs, si le danger n'était promptement prévenu, Digby fut forcé de se hâter, et d'accuser Glamorgan de haute trahison. Celui-ci , sachant que c'était uniquement pour tromper le peuple , ne fut nullement effrayé : il se rendit en prison avec beaucoup de promptitude et de confiance , assurant quHl ne craignait pas de rendre compte, à Londres ou devant le parlement , de ce qu'il avait fait avec l'autorisation du Roi ; mais cette feinte accusation de haute trahison produisit un
524 iilSTOIRE
changement surprenant parmi les protestans de
Dablin 9 et les murmures s'apaisèrent.
Il restait encare à surmonter une autre diflficulté. Ormond craignait que les Irlandais^ irri^ tes de Tinjure faite -à Glamorgan , ne courussent aussitôt aux armes avant que les troupes du Roi ne fussent prêtes à les recevoir* Potir prévenir ce danger^ il écrivit à Muskerry pour lui expliquer * les raisons de cette mesure et Textrême nécessité qui les y avait contraints* En miâme temps il ap*prouvait les conditions proposées parles rebelles ^ et les envoyait à Kilkenny, pour être plus ample- "^ment discutées ^ mais sans se montrer entièrement certain du succès. Cela donnait l'espoir de gagner du temps jusqu'à ce qu'on e4t trouvé quelque nouveau moyen de délivrer Chester, ou de secoa-^ rir le Roi d'une autre manière- Mais tous ces artifices furent inutiles an Roi : tous ces projets furent déjoués ^ et Dieu, protecteur de ce royaume , permit qu'avant que hes vé^ voltés pussent amener en Angleterre une armée d'Irlandais, de Lorrains oudeDauob, ses troupes fussent partout vaincues et enfin entièrement soumises par le parlement. Dans le mois de février suivant cette même ville de Chester^ dont il avait été si occupé 9 si souvent assiégée^ et cette fins si lQ0g-temp6 défendue par Byron , tomba au pourvoir du parlement. Byron ^ aoo gouverneur » la rendit à Breretou à des conditions h<morables.
DO LOKG PARLEMENT. 325
Le parti du Roi n'était pas plus heureux dans les autres conitës de rAogleterre y car, outo*e qœ y dans cet hiver et dans le printemps suivant, Fairfiix, par plusieurs bc^tailles gagnées et plusieurs prises de villes f s'était entièrement rendu maître de l'ouest > dans les comtés de l'intérieur, dans le nord et dans le pays de Galles, les royalistes, pendant ce même intervalle de temps, avaient été vaincus en plusieurs batailles par quelques uns des officiers les plus distingués du parlement, comme Masâey, Pointz , Brown , Rossiter, Milton , Geli, Brereton, Langhora, etc., et dans le mois de mars sir Jacob Ashley, général du Roi , fut vaincu par Morgan dans une bataille mémorable^ la dernière qui vaille la peine d'être rapportée, et fait prisonnier avec 1600 de ses soldats. Ashley, lorsqu'il fut pris , dit tout haut ces paroles : f^ous avez fini votre ouvrage et entièrement vaincu le parti (lu Roi , à moins que vous ne le releviez par vos dissensions.
A cette époque Leven , Pointz et Rossiter, mirent le siège devant Newark , la plus forte des villes qui tenaient pour le Roi , et d'où depuis longtemps on infestait cruellement les environs , et le général Fairfax, après avoir soumis l'ouest et s'être pourvu de ce qui lui était nécessaire, alla assiéger Oxford, chef-lieu de la guerre. Il ne restait alors au Roi que Banbury, Wallingford , Worcester^ Ragland et Pendennis. Ces villes furent
3a6 HISTOIRE
toutes prises peu de temps après ^ et purent seulement se vanter d'avoir cédé plus tard qu'Oxford-
Quoique la peste ravageât Newark et que les assi^geans commençassent à manquer dé vivres/ ils étaient soutenus par Tespérance que quelques différends s'élèveraient bientôt entre les Anglais et les Écossais ; car les Écossais commençaient à se plaindre du défaut de paie. Us disaient aussi qu'op négligeait le gouvernement de FÉglise et le covenant. Le parlement répondit que Farmée écossaise avait, en deux ans , reçu plus de 20O5OOO liv. de solde , sans compter une grosse somme d'argent qu'elle avait extorquée de force aux pauvres et désolés habitans du nord de l'Angleterre. U ajoutait que , malgré tout cela , cette armée n'avait pas répondu à l'attente des Anglais, mais était demeurée oisive dans la meilleure saison de Tannée. On demandait ensuite pourquoi les Écossais, si sévères à exiger l'observation du covenant, avaient, contre ce covenant, mis des garnisons dans Newcastle, Tinmouth et Carlisle. On faisait observer d'ailleurs que les reproches des Écossais au sujet de la religion étaient dénués de toute justice , puisqu'ils savaient bien que le parlement s'en occupait, et que cette affaire demandait du * temps et une mûre délibération. Le Roi espérait retirer quelque avantage de ces différends; et comme Ireton et Fleetwood commençaient à blo-
DU LONG PARJLEMEWÏ. Say
quer Oxford, et qu'où attendait chaque jour Tarrivëe de Fairfax, qui devait Tassiéger plus étroitement , le Roi résolut de sortir d'Oxford avant ce moment, et, communiquant ses intentions à quelques ims de ses conseillers les plus intimes, il choisit le ciamp des Écossais, comme le lieu où il pouvait le plus espérer de sûreté pour sa personne et les moyens de recouvrer quelque portion de son autorité royale. Il envoya donc aux Écossais campés devant Newark l'ambassadeur de France Montreuil, et bientôt après, sortant lui-même incognito à^Oiforà ^ sous^ l'habit d'un des domestiques de son favori, M. John Âshburnham , avec un porte-manteau derrière lui , il se rendit à Newark.
Quelques amis de leur pays cherchèrent à dissuader le Roi de cette entreprisé , et le pressèrent de se rendre plutôt à Fairfax, ce qui aurait probablement fini la guerre (i); mais le Roi s'obstina
(i) Glarendoa rapporte que le Roi avait envoyé vers deux des chefs les plus éminens de l'armée qui assiégeait Oxford , leur offrant de se remettre entre leurs mains s'ils voulaient lui promettre de le conduire sur-le-champ au parlement , et qu'ils l'avaient refusé. La plus grande crainte du pfl^rlement, c'était que le B.oi ne vînt à Londres, oii il avait alors un parti, très-puissant. Apres plusieurs .messages pour demander la paix , demeurés tous sans réponse , le Roi avait enfin offert de débander son armée, et de venir se rejoindre au parlement , sans autre condition qu'une promesse géné-
3ad HISTOIRE
dans son projet^ ne doutant pas que^ Taigreur augmentant chaque jour entre les deux nations^ sa présence ne fdt très-«greable aux Écossais , qai le mettraient à Fabri de tout danger et lui donneraient ks moyens , soit de faire la paix aux conditions qui loi conviendraient 9 soît de rallumer m» nourelle guerre.
Le Roi se rendit d'abord à 1% maison de Montrenii , et, de là à Soutbwell , dans le camp écossais. Les babitans de Newark^ ayant appris l'arrÎTée du Roi à l'armée et se trouvant réduits
raie qui lui garantit sa sûreté , sa liberté , ses biens et ceux de ses partisans , et le parlement avait rejeté cette cire. Craignant cependant que , malgré ce refus, Charles ne se hasardât de venir à Londres , la chambre des communes donna des ordres pour qu'en ce cas on mit sa personne en sûreté. La chambre des lords consentit à ce vote en y ajoutant ks mots contre tout danger. On ordonna aussi à tous les catboliqneSv k toasies ojËciers de fortune, et à tous ceux qui avaient porté les armes pour le Roi , de quitter Londres dans l'espace de trois jours , et les plus grandes précautions furent prises ponr empêcher les émeutes. Lor6qu'<m isut que le Roi s'était échappé d'Oiford , Fairfax ayant écrit qu'on ie crojait réfugié à Londres , on fit publier k son de trompe une déclaration portant que qui* conque le cacherait , ou connaîtrait le lieu de sa retraite sans le déclarer sur^-lè^champ, serait puni de ntort et verrait ses biens confisqués. {Histoire parlementaire ^ tom. 3, col. 45 1 eteuiv. — Mémoires de Whitelocke, pag. 209. ^His-^ toire de la Rébellion, tom. 8, pag. 256.)
{ifote de F Editeur.)
DU LONG Ï^ARLEMENT. Ssg
h de grandes extrémités , prêtèrent roretlle à des propositions et rendirent leur ^ille (i).
Les Écossais parurent très-«tonnés de l'arrivée inopinée du Roi parmi eux, et ce fut ainsi qu'ils s en expliquèrent aux commissaires anglais , résidant auprès de Tarmée. On écrivit aussitôt à Londres et à Edimbourg. Le parlement anglais demanda aux Écossais de retenir le Roi à Southwell ; mais y malgré cet ordre , ils l'emmenèrent à Kelham, où était la plus grande partie de leur armée 9 et^ bientôt après ^ sans en attendre de nouveaux^ ils levèrent leur camp, marchèrent vers le nord et emmenèrent le Roi à Newcastle.
Les Écossais s'excusèrent de leur départ; sur ce qu'après la reddition de Newark , ils n'avaient plus rien à faire, et ils dirent « que, de même « que le Roi était venu à eux de son propre conw sentement et sans être attendu, il suivait de u même leur armée sans qu'ils l'en priassent ou « l'en empêchassent; » mais leur départ avait élé hâté, à ce qu'on croit, par la nouvelle vraie
(i) Newark se rendit, non point à des propositions, mais sur les ordres du Koi, qui offrît de remettre cette ville au comité réuni d'Ecosse et d'Angleterre; les Écossais pour éviter les méfiances aimèrent mieux qu^il la remît à la seule armée du parlement. (Histoire parlementaire , tom. 3, col. 467.)
{Note de V Editeur,)
35o HISTOIRE
OU fausse que Cromwell marchait vers eux avec toute sa cavalerie.
, Les Anglais se plaiguirent beaucoup des Écossais et du Roi*. Us accusaient les Écossais d'avoir viole le co venant et le traité, et c'était, disaientils 9 de la part du Roi , une grande preuve de haine et de ressentiment contre la nation anglaise, qu'il avait si long-temps outragée^ que de se déterminer, dans son infortune et au sein de TÂngleterre, à abandonner le parlement d'Aiigleterre , pour aller se joindre aux Écossais que le parlement tenait à sa^ôlde. S'il désirait la paix, pourquoi ne Tacceptait-il pas ? Elle lui était offerte à des conditions que les nécessités de sa situation^ aussi bien que le salut de son peuple, devaient rengager à recevoir, plutôt que de s'en aller chercher partout à allumer de nouvelles discordes entre les deux nations confédérées.
Au commencement de mai, le général Fairfax arriva avec toute son armée à la vu^ d'Oxford, disposa son camp autour de la ville et somma le gouverneur, sir Thomas Glenham, de se rendre. Glenham répondit qu'il devait d'abord envoyer vers le Roi, et que, quand il saurait ses intentions, il ferait ce qu'il y aurait à faire. Fairfax ne se contenta pas de cette réponse; cependant son opinion, ainsi que celle de ses officiers, était que la ville se trouvait en état de soutenir un long siège. Elle était très-bien fortifiée, défendue par
DU LONG PARLEMENT. 33i
une forte garnison d'au moins cinq mille hommes^ pour la plupart vieux soldats , et abondamment fournie pour long-temps 4© vivres, armes et munitions. Il pensa donc qu'il fallait plutôt s'en rendre maître au moyen des divisions qui re'gnaieiit dans rintériéur de la ville et dont il avait ëté instruit par des lettres ou par quelques uns de ses espions. La plus grande partie des hakitans ^ particulièrement ceux qui appartenaient à la noblesse, désiraient qu'elle se rendit^ afin d'obtenir, pendant qu'il en était encore temps, des conditions honorables. On commença donc à traiter, et TafTaire fut débattue, non-seulement entre l'armée et la ville , mais aussi dans le parlement. Il fut enfin décidé qu'il valait mieux accorder aux assiégés les meilleures conditions, que de laisser une si précieuse armée se consumer devant une ville aussi forte, au risque de ce qui^ dans cet intervalle , pourrait survenir de fâcheux à la cause publique.
' Mais la principale raison , pour accorder de si bonnes conditions, fut le désir, comme oh était alors au milieu de Tété, de pouvoir transporter en Irlande l'armée victorieuse , afin de délivrer ce malheureux pays des barbares et sanguinaires rebelles auxquels il était livré. Cependant ce pieux dessein du parlement fut entièrement déjoué par la démarche que fit le Roi, d'aller se réunir aux Écossais, avec lesquels le parlement
53a HISTOIRE
avait alors quelques difierends. Les lettres que le Roi écrivit à Ormond ^ ayant de quitter Oxford ^ et qui furent interceptées ^ donnèrent lieu de croire que c'était dans cette intention que le Roi s'était rendu au camp écossais. Nous espérons , disait le Roi dans ce& lettres ^ que ce dessein^ quoiqu'il puisse paraître dangereux pour notre personne^ tournera à l'avantage de Tlrlande^ en empêchant les rebelles (c'est du parlement qu'il parle ainsi) de faire passer des troupes dans ce royaume.
Oxford se rendit > et^ au jour fixé ^ la garnison défila devant l'armée de Fairfax, les deux partis gardant le plus profond silence et se conduisant avec une grande modération* Le duc d'York fut respectueusement conduit à Londres ^ où étaient déjà deux des enfans du Ro^. Tous les gentilshommes s'y rendirent également , car la permission n'en fut refusée u aucun de ceux qui sortaient d'Oxford 9 mais les prince Robert et Maurice qui avaient reçu l'ordre de s'éloigner d'Angleterre^ se préparèrent à partir (i).
Le grand-sceau d'Angleterre et les autr^ insi-
(i) Six mois auparavant, après la reddition de Bristol , le prince Robert disgracié par le Roi avait demande au parlement un passe-port pour quitter l'Angleterre avec son frère le prince Maurice ; mais, rentrés en grâce depuis , ils étaient retournés à Oxford. (Note de l'Editeur.)
DU LOÎfG PARLEMENT. 335
gnes de la loyauté furéat déposes dans la Bî* bliothèqui^ d'Oxford et portes ensuite à Londres^ oà le parlement qui ^ trois ans aupaiitivaDt^ avait fait faire un nouveau grand-sceau , ordonna que celui-ci fût brisé ^ ainsi que les petits-sceaux.
Vers la même époque > le prince Charles, voyant le mauvais état de son parti ^ s'enfuit de 3cilly avec quelques uns de ses conseillers intima et passa à Jersey^ dans le dessein de se rendre de \k en France, auprès de la Reine sa mère. Pen-^ dant que le prince était à Jersey^ les commissaires d'Angleterre et d^cdss^ supplièrent le Roi d'ordonner que le prince, ^son fiis^ nes'éioignât pas du royaume, de peur qiie, a'il passait en France, son absence ne fût un obstacle à la paix ; mais le Roi, après avoir proaûs d^ penser, écrivit au prifloce cette courte lettre •
(( Charles, je vous écris seulement pour vous K faire savoir où je sais et que je me porte bien ', (c non pour diriger en quoi que ce soit votre u conduite. J'ai déjà écrit k votre mèine ce que t< je désirais que vous fissiez. Obëisseas-lmen toutes K choses, excepté en matière de religion, où je u sais qu'elle ne vous inquiâera pas^ et n'allez tf nvàie part sans son ordre ou le mien. Écrivez-^ H moi souvent. Dieu vans <»Hisetve votre tendre « pèipe, n ' C. H.
Cette lettre, qu'un petit bâtiment portait de
Newcastle à Jersey^ fat interceptée et lue en parlement, au grand chagrin du parti. *
La reddition d'Oxford am^ia la fin de cette terrible guerre. Worcester, Wâllingford, Pendennis et Ragland, se soumirent aussi au vainqueur. La paix semblait rétablie dans toute l'Angleterre^ mais là sécurité n'y régnait point. Le parlement, après la défaite de l'ennemi commun, se vit cruellement divisé par les factions connues sous les noms de presbytériens et d'indépendans, et ce n'était pas seulement en ce qui touchait le gouYernement de l'Église, mais dans les affaires de tout genre , qu'ils se livraient aux plus violons débats et votaient les uns contre les autres (i).
Cette division agitait nourseulement les chambres, mais la cité> le pays et même les camps. Aussi présageait-elle les plus sérieux dangers. Le parlement craignit que les troupes de Massey , alors cantcmnées aux Devizes, et qui avaient si bien -mérité de la république, n'entrassent en insurrection. Le général Fair&x.fut envoyé dans Touest pour licencier ce corps, qui était de deux mille cinq cents chevaux.Le licenciement se fit en huit jours sans aucun désordre , et les soldats quittèrent leurs drapeaux, avec la plus prompte soumission, quoiqu'ils n'eussent pas reçu toute.
(i) Voir les Mémoires de Hollis^ de Ludlow , etc.
leur paie. Massey^ qui les ayait exhortés à c^béir sans résistance aux ordres du parlement'^ mérita par là les plus grands éloges. La guerre ainsi terminée , Fairfax^ le sauveur du parlement, revint à Londres vers le milieu de novembre. Tous les bons citoyens désiraient ardemment de voir cet illustre soldat^ dont la valeur les avait délivrés des plus tristes maux et leur promettait enfin l'espérance d'une heureuse paix«
Le lendemain de l'arrivée de Fairfax à Londres^ le parlement voulut lui témoigner sa reconnaissance. La chambre des pairs envoya son orateur^ lord Manchester, accompagné des comte^ de Northumbérland, de Pembroke et d'autres pairs^ pour le féliciter sur son retour et le remercier solennellement des loyaux et heureux services qu'il avait rendus à l'État.
Après le départ des lords, Lenthall^ orateur de la chambre dès commux^es, avec trois cents membres de cette chambre, vint complimenter le général. Il lui adressa un discours en l'honneur de ses grandes actions^ lés comparant aux exploits des plus fameux héros de l'antiquité. « La poste térité, noble général , lui dit-il , vous portera €< une admiration et un respect sans bornes , et i< le peuple anglais, qui ne peut vous remercier ce selon vos mérites, déclare liautement qu'il vous « a des obligations infinies, car Dieu s'est servi
u de Yoas pour mettre fin à nos guerres ayee un cf incroyable bonheur* n Le 9iodeste.Fairfax répandit en peu de roots, qu'il était indigne de tant d'honneur 9 et qu'il offrait au parlement ses humbles actions de grâces^ regardant comme la gloire de sa Tie , la part que Dieu a^ait bien to«1u lui accorder dans le salut de son pays.
Le général ne demeura pas long-temps à Londres , il partit pour aller dans le nord porter aux .Ecossais les sommes d'argent dont je parlerai tout à l'heure. Je reviezis aux affaires dti Roi»
, Le 6 mai 1646 y long-temps avmt la reddition d'Oxford > le parlement apprit que le Roi s*était .rendu aux Écossais^ et que ceux-ci n'avaient pas exécuté les ôrdrea qu'ils avaient reçus des chambres. Ces ordres portaient que les Écossais gâiv deraient le Roi à SouthYrell, et qu'Ashbumham y avec les autres personnes de la suite du Aoi, serait envoyé à Londres ; mais les Ecossais laissèrent évader Âshburnimm avec fous ies autres^ et ramenèrent le Roi dans le nord. Le parlement après un long débat déclara que les deux chambres avaient seules droit de disposer de la personne du Roi; mais les Écossais refusant de le livrer, il s'ensuivit entre les deux nations une violente querelle, qui donna beaucoup d'espé^ rasice aux royalistes , et parut menacer le inspos des deux royaumes. Les accusations réciproques
DtJ LONG PARLEMENT. SSy
se isaccedèrent i^apidemient:^ et 5 pendant plusiisurs mois y on pi^lia des àex^ parts beaucoup d'écrits
pit^îns de reproches, et d'invectiv,es,(i).
Les ÉcQssais alléguaient que Charles n- était pas moins roi d'Ecosse que d'Angleterre,. etqtie leur pays. aTait aussi le droit de diâposet de lû. Les Anglais soutenaient que le gouyërnémrat du royaume où le roi se. trouvait, alors avait, seul autorité j$ur sa personne. N'était'-ce pus, .disaientils, une chose étrange, qu'une armée écossaise > payée parle parlement anglais, M qui, d'après les traités, devait obéit* aux commissaires des deux royaumes, reçût de «son chef le roi. d'Angleterre, à rinsijL et çans l'aveu des commissaires anglais, l'emmenât à Newcastle , ville anglaise, et l'y retint contre le gré du parlement anglais?
L'en^enii comn](un s'efforça d'aggraver ces dis- :sensioiis; mais quelques hommes sages, les. mena- ' gèrent avectaut d'art qu'elles n'amenèrent point de conséquences funestes^ Toutes les affaires qui importaient au i bien public furent traitées d'un commun accord entrelesdeux peuples. Ojx résolut, entre autres choses , d'envoyer des propositions auJloi,, pour assurer enfin le rétablissement de la paix. Ces propositions, rédigées ea dix -neuf articles , après un long débat, lui furent présen- ,tées,.à Newcastle , le i5 juillet 1646, parle comte ■ • ' I , • " ' 1 ' Ai:. ' . ' . ' . . ' M.^ I.
(i) Voir les Mémoires de Hollis* : ,
338 HlSl^Olft£
de Pembroke j le comte de Dènbigh , et lord Montaigae> de la part des pairs^ et six membres àt la chambre des commuies. Les commissaires du parlement d'Ecosse étaient présens et y dennèront leor adhésion.
Afin qae le Roi ne pût croire qu'on le traitait en captif Taincu et non en Roi ^ les deux parle* mens ajontèrent à leurs propc^itions le préam* bule suivant ! a Plaise à Dieu que ceci sôit Kfféé M de Votre Majesté ! d
H Nous^ les lords et communes réunis dans le H parlement d'Angleterre^ au nom des royaumes « d'Angleterre et d'Irlande^ et nous Commissaires « du parlement d'Ecosse^ au nom de ce dernier ic royaume^ nous présentons humblement à Votre « Majesté nos respectueux désirs pour la conm clusion d'une solide paix^ ainsi que tés proie positions agréées par les parlemens desdits ce royaumes. Nous sollicitons l'assentiment de a Votre Majesté y et demandons que ces proposiu tiens 9 ainsi que tous les bills qui lui seront H présentés pour en assurer l'exécution^ reçoivent H sa sieinction royale y et soient ainsi eonviBrtis en m statuts..et actes du parlement pour valoir à <c jamais. »
Les lords et députés y commissaires du parlement anglais y demeurèrent long-temps avec le Roi à Newcastle^ le suppliant d'accepter ces propositions^ qui n'étaient pas beaucoup plus dures
DU LONG PARLIBIENT. SSg
ipLt cdUes qu'on lui avait offertes à Uxbrîdge ^ quand la chance de la guerre était encore doia* tease. Les commissaires du parlement d'Ecosse lui adressaient les mêmes supplications^ et chaque jour arrivaient d'Edimbourg des gens qui venaient joindre des prières aux leurs.
.Afais les prières des deuj^. royaumes furent vaines; le Roi persista obstinément à refuser son adhésion ; il faisait chaque jour des objection^ contre tel ou tel article (i), et ainsi s'écoulèrent
(i) Les difficaltës , comme on le verra dans les Mémoires de HoUis , ne venaient pas seulement du Roi« « Beaucoup à d'hommes sages , amis de la pais( , dit WlûtelocLe ^ « auraient vivement désiré que Ton se rendît , autant qu'on « le pouvait faire avec sûreté , à ce que le Roi proposait à « Newcastle ; mais la majorité de la chambre fut contraire a à ce vœu. Lés membres nouvellement élus se joignirent « à ceux qui ne voulaient pas qu'on cédât aux proposition^ H de Sa Majesté » et leur nombre eut un grand poids dans « la question. » {Mémoires de Whitelocke , pag. 2[ia. ) Ces membres élus à la place de ceux qu'avait expulsés la chambre pour avoir suivi le parti du B.oi, étaient tous dans le sens des meneurs indépendans. Tel était alors l'état des choses qu'un accommodement quelconque était nécessairement la destruction de l'une, des parties contracr tantes.; rien ne pouvait donc être proposé dans l'intérêt de l'une des deux qui convint aussi à l'autre. Les commissaires des deux royaumes à Newcastle , mandaient qu'ils avaient en vain supplia le Roi y à genoux, de signer les propositions. Ce qu'il voulait» c'était de pouvoir négocier, et , ayant demandé aux commissaires, de même que dans les conféra.
54o . ^ HISTOIRE
plusieurs- mois ^ au grand détriment vd^s àent pays; "Car^. non-seulement on craignait avec raison de nouyeaux débats 'entre les Écossais .et les Anglais, au sujet des garnisons , de la solde , etc.^ mais la division des presbytériens études indépendans allait toujours croissant dans le parlement «et dans la cité de Londres, ce qui donnait à l'ennemi commun des espérances assez fondées. C'était peut-être là le motif des continuels délais du Roi (i)«
Mais les espérances de nos ennemis s'évanoui-* rent bientôt , et l'opposition même du Roi servit, jusqu'à un certain point, à calmer les dissensions du parlement. Les deux partis commencèrent à délibérer ensemble sur les moyens d'arranger les affaires des deux royaumes , puisqu'ils ne pouvaient l'éviter, sans la participation du Roi. Ainsi pn discuta, dans le parlement d'Angleterre , ce qu'on paierait aux Écossais pour les secours qu'ils avaient prêtés dans cette guerre, et il fut .enfin convenu qu'ils recevraient quatre cent mille li-
rences qui précédèrent celles d'Uxbridge , s'ils 'avaient pouvoir de traiter ;'siir leur réponse négative , il leur Tépliqua à peu près dans les mêmes termes : « En ce cas , sauf « l'honneur de la chose , un honnête tron^pette en aurait « finit autant. » ( Whitelocke , pag. 22S. )
(Note de r Editeur. )
(i) Voir les Mémoires de Bollîs et de Berkley .
DU LONG PARLEMENT. ^l
Tresi dont moitié sur-le-champ, et, en receyaht cette somme, les Écossais devaiéntrendre au paiv lement d^^ngletërre , comme on en était couYenu, Berwick; Carlisle et Newcastle. On djébattit aus^i la question dé savoir ou l'on conduirait le Roi, en Cas qu'il refusât absolument de consentir aux propositions. "Cette affaire fut longue et difficile. Le parlement consentit volontiers à ce que lesEçosr sais conduisissent le Roi, si cela leur plaisait, à Edimbourg; mais ceux-ci le refusèrent, assurant que sa présence dans un royaume agité ne ferait qu'exciter de nouveaux troubles. Et comme si sa présence n'eût pas été aussi dangereuse pour l'Angleterre, ils préférèrent y et c'était aussi le désir du Roi , qu'il fût. conduit dans le midi de l'Angleterre et habitât quelqu'un de ses palais proche de Londres ,' ce qu'ils regardaient comme plus commode pbur traiter de la paix : si bien que, dans le cours.de ce débat, il parut qu'on disputait,' non pas à qui aurait le fioi, mais^à quine Tàui*aitpais.:
Vers rla fin d!aoùt>: tandis qu'on traitait de ces choses , et qu« les; deux* royaumes suppliaient humblement le Roi , chaque 'jour> de consentir aux propositions, le ceinte de Lowden, chancelier d'Ecosse, "fit, en présence desl commissaires. ?des deux royaumes, un discours au Roi que nousii»sérerons ici comme servant en quelque manièK:: d'introduction à toute cètte'.afiiiireK. ; ^
54^ IISTOIRE
f€ Il plut à Votre Majesté ^ lundi dernier ^ de tf Élire appelei' deyant elle les coihniissaires du i( parlement d'Ecosse^ de leur &ire part des pro^ ce positions > et de leur promettre que tous leur «r communiqueriez également Totre réponse aYant « de l'envoyer. Le temps fixé aux commissaires <c est si court ^ et le salut ou la ruine de Totre couce ronne et de tos royaumes dépend tellement de <c la réponse de Votre Majesté ^ que nous serions a coupables envers Dieu et nos commettans y si ce nous ne représentions à Votre Majesté com-^ ce bien, dans ces conjonctures, il est néc:essaire H que TOUS accordiez votre assentiment à ces procc positioi^, et de quelle incurable maladie, de ce quelle prompte ruine serait nécessairement ce suivi votre refus. Je commencerai pair m'exce pliquer sur la maladie, et parlerai ensuite du ce remède. Les différends élevés entre Votre Mace jesté et le parlement sont , vous le savez mieux tf que personne, arrivés maintenant à tel point, ce qu'après tant et de si sanglantes batailles , il Cl n'y a plus moyen de s'accorder ni de prévenir ce une ruine certaine , si la paix ne se fait promp*ce tement. Le parlement est en possession de votre ce flotte , de toutes les villes , chàteâui et forts ce d'Angleterre ; il jouit, de plus , de tous vos re- H venus actuellement séquestrés. C'est par son c( autorité que se lèvent les soldats elles taxes*, (c et , après tant de victoires et de succès, il a sur
ff pied une armée puissante qui , par la force
<r qu'elle lui donner le met en état d'exécuter^ dans
« l'Église ou dws le gouTemement^ tout ce qu'il
« lui plaira* Dé plus, quelques uns craignent
u tellement de se retrouYer soumis au pouvoir
« de Votre Majesté ^ d'autres répugnent tellemient
« à le reconnaître^ qu'ils désirent que ni vous ^
If ni personne de Totre postérité y ne règne plus
a sur eux. AU yérité le peuple^ fas de la guerre ^^
4( et gémissant sous le poids des taxes > bien qu'il
H désira la p&ix» est eepeodant si opposé au ren^t
K/rersemmt de lu monai^chie aous laquelle il
«. a lo»g-telnps prospéré > que ceux qui sont &^
« ttgués dé votre gouvernement n'osent pas se
ce hasarder à le renverser avant d'à voir^ une fois
^ au moins^ fait à Votre Majesté des propositiiôns
(( de paix^ dans la crainte que le peuple > sans
Cl le concours duquel ils ne sauraient réussir dans
« . leurs desseins^ ne vienne à.se séparer d'eux^ Ainsi
a donc le peuple entier^ fatigué de ta guerre^ dér
K . sirant obtenir des garanties contre l'oppression
a et le gouvernement arbitraire^ les très-hono-r
a sables chambres du parlement ont consenti à
n présenter à VotreMa jesté Ces propositions ^ dont
i< l'acceptation est^ aux yeux de la plus grande parr
« tie du peuple^ indispensable à la paixel; au salut
H duroyaume. C'estpourquoiles^amisdeVotreMa^
fi jesté et les conounissairesd'Écossi^ontété.fprcés^
tf non sans quelque répugnance^ de consentir^ sous.
344 MteTÔtfrE- ' J
(I peioe d'encourir la haine publique^Oînme enpe^ w misdekpaix^ à vou^énvoyer cespropositaons^les a seules qui pussent TOUS èlTefaites^'M^ •c Sire , si Votre Majesté ,ce qu'à Dieu ne plaise , « refusait de signer ces propositions, vous peiv «c driez tous yùs amis , soit dans la cité , soit dans « le pays; 'toute l'Angleterre s'élèverait contre (c vous comme- un seul homme y et il serait à « craindre que > toute espérance de récôncilia'fc tion une fols' perdue, tous ne fussiez mis en u jugement, déposé , et qu'on n'établit un autre If gouvelrnement. De plus, les Anglais ^nous ren qu^rront de remettre Votre Majesté evitre 4euis u maxns, de leur rendre leurs places fortes, et de u faire sortir notre afmée d'Angleteire. Eixfin , si « Votre Majesté persiste à nefuser, les deux roy au*ce mes seront forcés , pour leur sûreté mutuelle, (( de concourir sans vous au rétablissement de a la paiii, ce qui, à notre inexprimable dou^* « leur, serait la ruine de Votre Majesté et de w sa postérité. Si Votre Majesté méprise lés c( conseils que nous lui donnons, nous qui ne u désirons rien ëlu monde' plus que l'afierniissew «< ment du trône de Votre Majesté, et si , par son H obstination, elle perd TAngleterre *, on nepera mettra pas à' Votre Majesté d'entrer en Ecosse K pour la ruine de ce pays. Sire , nous avons mis ^t nos mains sur nos çcèurs, nous avons prié Dieu « de nous diriger , et avons sérieuseqient cherché.
DU LONa PARLEMENT. 545
«r le remède à ces maux; mais dans l'état où sont « les choses, nous n'en avons pas trouvé d'autre qui « pût sauver votre couronne et son royaume , que « l'adhésion de Votre Majesté à ces propositions. (( Elles sont , en quelques points y nous l'avouons, (( plus dures^ que nous ne les eussions faites , si « DOS désirs eussent été suivis; mais voyant qu'il « n'est plus d'autre moyen de guérir les plaies du i( royaume et de renouer les liens rompus entre <r Votre Majesté et son parlement, nous conseil*- « ions y en toute humilité et loyauté, à Votre Ma- (f jesté , de vouloir bien , dans sa gracieuse bonté, (( y consentir, comme au seul remède qui- vous « soit laissé pour amener une solide et heureuse « paix, d'où vous retirerez aussi beaucoup d'a- « vantages, etc. » - '
Mais ni le discours de Lowden , ni tous les efforts des deux parlemens , ne purent parvenir à changer là détermination du Roi. Les commissaires n'abandonnèrent cependant pas leurs- espérances, et continuèrent à le solliciter. Cette affaire se prolongea ainsi durant plusieurs mois, et conduisit jusqu'au milieu de l'hiver. Us ne purent, durant cet espace de temps , persuader au Roi d'entendre prêcher devant lui aucun des ministres du synode. Il demeura ferme à ne vouloir écouter que ses propres chapelains. Qn commença donc à s'occuper de fortifier Funion entre les deux royau^mes, afin qu'en l'état où étaient les choses ^i
ils pussent arranger paisiblement leurs affaires
sans le concours du Roi.
Ce fut alors qu'après quelc[ues débats entre le parlmnent d'Angleterre et les commissaires d'Ecosse ^ on contint ^ comme où l'a déjà dit ^ de leur payer 200^000 livres. Le général Fairfax en personne se chargea 5 à la tête d'une partie de ses troupes > de conduire cet argent hors de Londres ; il confia ensuite le soin de l'escorter au maj^r-^ général Skippon^ qui^ avec six régimens^ se mit en marche au milieu de rhiver, et arriva au mois de janvier^ avec l'argent, à Newcastle sur la Tyne.
Les Écossab, lorsqu'ils eurent reçu lem^ argent, remirent aux Anglais, ainsi qu'on en était convenu, les villes de Bcrwiek, Carlisle et Neweastle , et retournèrent paisiblement en Ecosse. Ils remirent aussi le Roi entre les mains des com-* missaires anglais chargés de le conduire dans le midi. Il fut reçu avec beaucoup de respect par les comtes de Pembroke,Denbigh et les autres com« missaires du parlement qui demeurèrent auprès de lui à son palais de îiolmsby , dans le comté de Northampton , oii ils lui rendirent tous les hon-r neurs dus à son rang, et lui donnèrent une garde convenable. Cela se passa dans le mois de février* A la même époque, le comte de Stapiford^ M. Godwin et M. Ashurst, de la chambre des communes, furent envoyés commissaires par le
on LONG PAftLEMENT. S47
parlement en Ecosse^ pour s'entendre à Edim-*bourgaTeè lé parlement écossais ^concernant les aâr&ires dès deux royaumes.
fiien que le parti du Koi qui avait combattu le parlement et la liberté, tCd absolument yaincu, cependant la victoire ne pouvait procurer sur-lechamp une liberté «t une tranquillité complète; la guerre civile finie, il s^éleva, parmi les vainqueurs, des discussions plus que civiles^ et encore plus douloureuses à tous les gens de bien^ car elles portaient la division entre des hommes qu'on avait vus , peu auparavant^ unis d^âffeetions et de désirs , hasarder ensemble leur vie et leur fortune contre Tennemi commmiy et que la même cause, la même ferveur pour la réforme de la religion et le rétablissement de la liberté, que le même culte enfin avaient liés les uns aux autres par les plus étroits devoirs de conscience.
Cette division des amis de la liberté, sous les noms de presbytériens et d'indépendans, venant continuellement à s'accroître , les esprits s'aigrirent chaque jour sans mesure. Les uns reprochaient à leurs adversaires de violer le covenant, les autres de ne pas l'interpréter dans son véritable sens, et dans un sens conforme à Tiptérét public. Il y avait dans les deux partis des hommes de grande réputation.
Cependant ils ne parurent pas d'abord se séparer tellement qu'ils ne se montrassent également
ardens à défendre la cause cotùmune contre le parti du Roi appelé celui des malinientionnési Ce ne fut que lorsque Faction dii temps eut traTàîllë lesconsciences du parti le plus faible^ que celui-ci put être amené par degrés à demander un appui aux malintentionnés , toujours prêts à se joindre à Fùn ou Fautre partie quel qu'il fttt^ pour parvenir à les détruire tous deux. Bien que désarmé^ le parti presbytérien était alors devenu le plus nombreux 9 beaucoupde gens ayant été éloignés de l'autre ^ soit par quelques griefs particuliers ou par le poids des taxes. Un grand nombre des citoyens de Londres, non pas'de la dernière classe'^ maia da plus haut rang , avaient renoncé à leurs premiers principes , si bien que les habitans dé cette ville^ ou lesyictpiresdèFairfax, obtenues sans répandre de sang^ avaient fait refluer toutes les garnisons royalistes^ se trouvaient tellement en force ^ que le parlement n'y pouvait demeurer en sûreté sans le secours de l'armée. Comme lés motifs et les.iivtentionsdes hommes ne peuvent jamais être'assez connus^ nous traiterons ces dissensions des presbytériens et des indépendans plus sérieusement que les faits de guerre , bien que cé^x-*ci soieilt aussi racontés ici en abrégé.
Il serait trop long et trop difficile de répéter ici toutes les calomnies répandues par les presbytériens contre cette armée qu'on avait d'abord tant admirée , et qu'on accusait maintenant de soutenir-
la faction mdépeiidiinte(i) ; je ne saurais dire combien de pétitions furent rédigéeset de signatures recueillies avec empressement dans le comté d'Essex^ contre les troupes qu'on avait cantonnées Ters le mois d'avril aux environs de Walden. Les choses allèrent même si loin dans le parlement ^ et les débats concernant le licenciement de cette armée y furent conduits de telle sorte , que les soldats^ instruits désormais à, connaître leur propre mérite , se regardèrent comme très-outragés ^ et ^ au mois de mai , ils présentèrent à leur général une pétition , dans laquelle ils demandaient à être rassurés^ non-seulement sur la paie qui leur était due en qualité de soldats , mais sur les choses relatives aux libertés publiques pour lesquelles ils avaient combattu , et dans lesquelles ils étaient intéressés comme hommes libres et fils de la nation. La faction opposée se plaignit hautement de cette pétition. Les altercations en vinrent enfin au point que , vers le commencement de juin ^ ces soldats^ poussés par des projets et des inquiétudes dont je laisse au lecteur le soin déjuger^ enlevèrent le Roi de Holmsby^ et^ le tirant des mains des commissaires du parlement ^ le menèrent avec eux à l'armée^ pour qu'il demeurât en quelque ville ou palais voisin dé leurs quartiers. Lorsque cela. fut connu ^ les deux chambres ordonnèrent :
(i) Voir les Ménoires de HolH$.
35o HiSTOIREr
i<>. Que le Roi résiderait à Richmond* ' a*. Qu'il y serait entouré des mêmes personnes qu'à Holmsby.
3*. Qu'il serait garde par le régiment de Ros-' siter.
Cet ordre fut envoyé au général.
Mais le jour suivant le général et son conseil d'officiers envoyèrent au parlement une accusation contre onze membres de la chambre des corn-* munes , la plupart hommes très--honorés. Ces membres étaient MM. HoUis , Stapleton , Waller^ Glynn, Massey , Maynard, Lewis > Clotvrorthy^ Long, Harley et Nicholas. On leur reprochait plu-* sieurs choses relatives aux troubles de l'Irlande, des entraves apportées au cours de la justice, quelques actions contre l'armée et contre les lois d'Angleterre. Les membres accusés se déclarèrent prêts à répondre à tout ce qui pourrait leur être imputé; mais une autre requête , venue de l'ar* mée , demanda que les membres accusés fussent privés du droit de siéger au parlement jusqu'à ce qu'ils eussent répondu sur l'accusation. Cela fut refusé «iTabord comme une trop haute prétention et trop contraire aux privilèges du parlement; mais , lorsque l'armée eut réitéré sa demande , les membres accusés eurent permission du parlement de se retirer pendant six mois. Quant à l'ordre du parlement pour envoyer le Roi à Richmond, le général demanda à en être dispensé jusqu'à ce
DD LONG PARLEMENT. 55ï
qae \e$ choses fussent plus tranquilles^ et pria le parlement de ne pas assigner au Roi une résidence plus proche de Londres que les cantonne-^ mens de Tarmëe. Le Roi fût diaprés cela envoyé à Royston ^ de là à Hatfîeld ^ et peu de temps après à Causham ^ tandis que l'armée était cantonnée à Reading. De Causham^ lorsque le général marcha avec son armée vers Bedford ^ le Roi alla à la niaison du comte de Bèdford^ près de Wobum.
A cette époijue le bruit se répandit qu'il existait une conspiration très-dangereuse des citoyens y apprentis et autreshabitans de Londres^ contre l'armée. On disait que plusieurs citoyens et apprentis et autres habitans s'étaient inscrits pour former un corps en état de lui résister. Le général y en ayant été instruit y affirma la chose aux commissaires de la cité qui étaient alors avec lut à son quartier-général ^ et qui se rendirent en diligence à Londres pour s'informer de ce qui e^ était et apaiser les troubles. De la présence des deux factions animées Tune contre l'autre il ne pouvait naître que des méfiances et des scènes tumultueuses. Ces méfiances croissant chaque jour^ le 2n juillet^ le parlement ordonna que la milice de Londres , organisée le 4 niaî 9 serait changée et remplacée par une autre milice afiectionnée à l'armée. Cet ordre irrita étrangement les citoyens
dte la faction oppo^. Le a6 juillet ils présen* tèreat à la chambre une pétition rédigée dans le ton d'un ordre* Elle fut portée et suivie par une multitude désordonnée de citoyens ^ d'apprentis et d'autres hommes sans frein qui ^ se présent aux portes du parlement^ criaient d'un tonmena* çant qu'avant que la chambre se séparât il fallait qu'elle fît droit à leur pétition. Us l'emportèrent par cette violence au point d'arracher au parlement un ordre pour le rétablissement de la milice; mais^ non contons d'un pareil succès^ au nu>ment où la chambre se séparait ^ ils prirent l'orateur , le forcèrent rudement à se rasseoir^ et^ chose inouïe jusqu'alors dans le parlement^ le retinrent sur son siège ainsi que le reste des membres^ jusqu'à ce qu'ils leur eussent extorqué un autre ordre pour ùAre venir le Roi à Londres, *
Les chambres^ après cette brutale violation de leurs privilèges ^ s ajournèrent au vendredi suivant^ qui .était le i5 juillet. Ce jour-là^ les deux orateurs se trouvèrent absens ; ils avaient quitté Londres, avec la plus grande partie des membres du parlement ^ et s'étaient retirés vers ; l'armée. On choisit donc de nouveaux orateurs; le lord Hunsdon et M. Henri Pelham , avocat ; et le même jour^ par leur organe^ on rendit les ordres suivans:
i'^. Que le Roi reviendrait à Londresk.
:x** Que la milice de Londres serait autorisée à mettre des troupes sur pied pour la défense de la cité;
5*. Que la milice serait autorisée à se choisir un général.
Il fut ordonné aussi que les onze membres ac-^ cusés par l'armée viendraient reprendre leur place dans le parlement. Les citoyens^ armés de ces ordres , comnaencèrent à organiser des troupes^ et choisirent Massey pour leur général *
Cependant ceux des membres des chambres qui avaient quitté Londres , d'accord arec le général et les pi^incipaux officiers de l'armée , rendirent un ordre portant « que tous les actes et décrets passés « le a6 juillet, et depuis, seraient regardés comuxe « nuls et de nul effet , et qu'ils continuaient d'adw hérer à la déclaration du général et du conseil « de l'armée. » Il était également décrété que le général marcherait sur Londres.
Lorsque les citoyens apprirent que l'armée approchait, leur courage parut s'abattre, et les opinions du conseil commun étaient si peu d'accord qu'il y parut impossible de lever sur-lechamp ce qu'il fallait de troupes pour résister à l'armée. On envoya vers le général pour lui demander la paix, que, par le consentement des membres du parlement qu'il avait alors avec lui , il accorda à ces conditions :
I*. Qu'on se séparerait du parlement alors siégeant et des onze membres accuses;
a'*. Qu'on révoquerait lesdernières déclarations;
5". Que la milice actuelle serait dissoute; qu'on livrerait au général tous les forts et la Tour de Londres ;
4*. Que toutes les troupes qu'on venait de lercr seraient licenciées;
Et que l^'on ferait tout ce qui serait nécessaire d'ailleurs pour la tranquillité publique. Personne n'osant t^fuser ces conditions , elles furent ratifiées sur-le-champ.
Le 6 août, le général, à la tête de son armée,' vint à Westminster, accompagné des orateurs ef des membres des deux chambres qu'il rétablit dans leurs sièges. Les deux orateurs adressèi'ent au général des remercîmens au nom de tout lé parlement. On lui donna le commandement dé toutes les troupes de l'Angleterre et du pays de Galles^ et on le namnra constable de la Tour de Londres. L'armée reçut une gratification d'un mois de paie. Le lendemain, le général Fairfax, le lieutenant-^général Cromvvell , lé majoFr-généfal Skippon et le reste des officiers, à la tête de l'armée, traversèrent Londres depuis sa partie occidentale jusqu'à la Toui*^ où l'on don-na quelques ordres aux officiers, et oh Pon organisa autrement la milice. Pour réduire la trop grande puissance
de la cité, un ardre dtt parlemejit ditisa sa milice en plusieurs corps, et Westminster, Southwark et les qUÀi^tiers situés aut 6nri]:k)ns de la Tour, furent autorisés à disposer de leur propre milice.
Ainsi fut réprimée la faction presbytérienne , et le parlement, ainsi rétabli, s'occupa très-activement à andulet' les actes extorqués en son absence par là violence populaire, et à punir les auteurs de ces séditions.