‹ Histoire du Long-Parlement (volume 2)Chapitre 8 sur 12 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Court exposé de l^ origine et des progrès de la seconde guerre civile.

Après que le parlement eut été rétabli ^ la milice de Londres organisée^ et qti'on eut disposé convenablement des autres commandemens ^ le général Fairfax quitta Londres , et logea son armée dans les villes et villages adjacens^ laissant seulement quelques régimens autour de Whitehall et des murs , pour la défense du parlement; il établit son quartier-général à Putney. Le Roi , vers le milieu d'août , fut conduit à Hampton- Court ^ le plus magnifique de ses palais.

Le Roi *, à Hampton-Court y ne parut nullement sous Tapparence d'un prisonnier, mais plutôt comme un prince vivant au milieu d'une cour spléndide ; tant il était librement abordé par tous ceux qui se présentaient pour lui baiser les mains et lui rendre toute sorte d'hommages. Personne n'était exclu de sa présence ; ce n'étaient pas seulement les habitans de Londres et des villes environnantes qui se rendaient près de lui ; ses

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partisans y Vinrent aussi d'au-delà dès mers. Ceux même qui avaient été bannis par ordre du parlement^ et déclare's délinquans, comme Ashburnham^ Bierkley et les autres, purent, par la permission de Tarmée, comniuniquer librement avec lui. Beaucoup de gens se demandèrent àVec étonnement par quelle raison ou dans quel dessein cette perrnission avait ëtë accordée (i). - Encouragés par cet exemple , bu peut - être même mandés par le Roi , les lords qui avaient composé son conseil à Oxford , le duc de Rîchmond , le marquis de Hertford , les comtes de Southampton et de Dorset, ainsi que le lord Sëymour, se rendirent près du Roi vevs le commencement d'octobre , comme pour consulter avec lui , et lui donner leur avis sur les propositions du parlement ou sur d'autres affaires/ Cela déplût au parlement , et l'armée ne voulut pas non plus le souffrir plus long-temps, le Roi n'ayant encore satisfait en rien aux demandes du parlement. On le dit à ces lords qui , après deux jours de séjour à Hampton-Court, retournèrent chez eux.

* Le 7 septembre , on envoya au Roi , à Hampton-Court , des propositions concertées dans les

(i) C'était le commencement des négociations de rarmee avec le ïloi. Voir , à ce sujet , les Mémoires <\e Hollis et de Berkiey. {Noie de V Editeur. )

deux chaiiibres , pt auxquelles avaient ausjii coucQuioi l^s çpBiniUsaires du royauiû^ d'ÉccMS90» S» IMbjpste fftt bufublement suppliée de donner sia rf^pQfî^ dauB l'eçpace de six jours. Les commissairies npçimé^ p^r le parlemeot. d'Angleterre ^ pQUF truiter cette affaire ^ furent le comte de Pembroket lord I^Ipntaîgiiiç^ sir Jgmes Sarrington , sir Johp Cqpk , gîr Jpfen HçUfipd ^t le majorgiBBeral Brown* Ceui^ 4'$cf>sse étaient lord Lauderdale et sir Cbar}e$ Erskine*

Le Roi , quoiqp'il refusât comme auparavant de consentir à cçs propositions ^ répQpdil cependant au parlement qu'il pouvait consentir h quelques u^es des choses proposées^ savoir > l'éta-* blisseiuept de la religion presbytérienne pour trois ans, et l'organisation de la milice tell^ qu'elle lui avait été proposée d'abord; mais^ sur les autres points ^ il n'était nullement d^accord avec Le parlement, II disait qu'il aimerait mifux prêter l'oreille au^ propositions de l'armée; car l'armée ^^ait dernièrement publié quelques pro^ positions dans la forme de celles du g^uverne-^ ment , et ayant également pour but de rétablir la paix dans le royaume , et elle demandait au parlement d'ej[0 miner ces propositions.

Le parlement , sans se laisser décourager par ces refus répétés du Roi , entra en discussion sur les nouvelles propositions qui pouvaient lui être faites ; mais les commissaires d'É^osse à Londres^

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après une entrevue particulière qu'avaient eue avec le Roi, à Hanipton-Court ^ Lowden et Lanerk» nouvellement revenus d'Ecosse , écrivirent au parlement pour lui demander que le Roi put ve* nir à Londres ^ et traiter en personne avec le parlement sur les points alors en discussion. Celaient ces mêmes Écossais qui 3 peu de temps auparavant ^daqs leurs discours et dans leurs lettres^ niaient « ^u'il fût juste ou conforme au bien pu- « blic que le Roi pût être reçu à Londres , et « admis à traiter en personne avec Iç parlement ^ « avant d'avoir donné au peuple satisfaction et « garantie. » Ces mêmes Écossais qui refusaient de recevoir le Roi en Ecosse, dans la craipte q^'il n élevât des troubles dans leur pays, auraient voulu maintenant qu'on ramepàt à Londres^ ville reqaplie de malintentionpéis , où l'on pouvait exciter tous le^ genres de tumulte , et dans laquelle le parlement lui-mênie ne pouvait siéger en sûreté que sous la garde d'une armée. Ce qui les avait engagés 9 dirent-ils, à faire cette demande, c'est que le Roi avait été enlevé de Holmsby contre S£| volonté , par la violence des soldais , et se trouvait encore au pouvoir d'une armée , privé de cette liberté convenable à un Roi qui traitait de si grandes affaires.

A la fin de leur lettre, les Écossais paraissaient dire qwe si l'on refusait de recevoir le Roi à I^ondres I il su01rait qu'il pût séjourner à liampton-

courte mais de maDière à n'y pas être au pouvoir de rarmée ^ et en situation de traiter librement avec les commissaires des deux parlemens.

Le' parlement s'occupait de nouveau à rédiger des propositions un. peu modifiées , pour les adresser au Roi , lorsque tout- à- coup une nouvelle, inattendue vint le surprendre; l'orateur l'eçut au milieu de la nuit des lettres de Cromwcll ,"qui annonçaient que le Roi' s'était enfui secrètement de Hamptôn-Côurti le 12 novembre.' Les commissaires du parlement^ et le colonel' Whaley, qui commandait la garde , attendaient que le Roi sortit de sa chambre pour souper^ et s'étonnaient qu'il tardât si long-temps. Enfin , à neuf heures , quelques uns d'eux entrèrent dans la chambre , et n'y trouvèrent plus lé Roi. Il n'y restait que son manteau et une lettre de sa main^ écrite aux commissaires avec ordre de la commu-' niquer au parlement. Après quelques phrases sur sa captivité et le charme de ' la liberté , il pix)testait devant Dieu que , s'il s'échappait , ce n'était point pour troubler la paix publique, ni interrompre les traités dont il était l'objet; qu'il voulait seulement pourvoir à sa sûreté menacée, disait-il > par un complot. Il terminait sa lettre par ces paroles :

« Ne pouvant nier que ma sûreté personnelle K ne soit la cause directe de ma retraite, je prends (( Dieu à témoin que la paix publique n'occupe

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w pas moins ma pensée , et je ne sais pas de « meilleur moyen de prouver que cette protes- « tation est sincère, que d'insister pour que tous « les principaux intérêts maintenant en pre'sence « soient entendus^ de telle sorte que Tarmëe ob- « tienne une juste satisfaction. L'armée , par « exemple ( car les autres points , bien qu'indis- « pensables, ne me paraissent pas difficiles à ré- «. gler), doit, à mon avis, jouir de la liberté de « conscience, obtenir un acte d'amnistie, qui « s'étendrait aussi à tous mes autres sujets , et w recevoir promptement les arrérages de sa solde, w C'est là ce que je m'efforcerai d'accomplir, si if je suis écouté dans mes offres, et si l'on ne i< m'empêehe pas d'em ployer les moyens légitimes u et sages que je choisirai. Pour conclusion , que (f je puisse me faire entendre avec liberté , honte iieur et sûreté , je sortirai aussitôt de ma rew traite , et me montrerai prêt à être Pater

« patriœ.

a Chables, Roi. »

Le parlement, fort troublé de cette nouvelle imprévue , et craignant que la paix du royaume ne fût gravement compromise , envoya sur-lechamp dans tous les ports de mer des hommes de confiance , de peur que le Roi ne passât en pays étranger; et le bruit s'étant répandu à tort que le Roi était caché dans la cité de Londres , les

chambres dëcratèreot que tout k4^mme qui retiendrait la personne du Roi , et ne révélerait possa retraite 9U parlement^ serait puni de mort et de la perte de ses biens.

Ce nuage se dissipa bientôt. Le colonel Hanimond^ que les deui^ chambres avaient nommé tout récemment gouverneur de l'île de Wight , écrivit que le Roi s'était rendu dans cette île^ et s'était mis sous SQ protection, HamipOnd se déclarait prêt k obéir à tou^ les ordres du parlement* Les çham^ïres^en le louant de sop zèle^ lui oixlonnèrent de garder très-soigneusement le Roi, et de le traiter avec toute sorte de respects, promettant que rien ne manquerait pour son service, et qu'on enverrait de T^rgent pour subvenir k toutes ses dépenses.

Tandis que le parlement délibérait de nouveau sur les propositions qu'il devait adresser au Roi, il en reçut une longue lettre , intitulée ; k A l'o- « rateur de la chambre des lords , pour être aussi « communiquée à la chambre des communes. »

Elle fut lue le i8 novembre. Le Roi y exprimait son opinion sur quelques unes des premières propositions, entre autres sur l'abolition de Tépiscopàt, discutait le.^ raisons de conscience pour s'y refuser^ et touchait aussi, en passant, plusieurs autres sujets. Il espérait , ajoutait-il , qu'il ferait agréer ^U parlement les piotifs d^ sa conduite » s'il pouYgit les lui exposer lui-même. Il deman-

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dait donc fortement à être reçu avec honneur^ sûreté e| liberté, à traiter peréonnellement à Londres. Les ÇQmmissaireç d'Ecosse insistèrent avec la dernière véhémence pgur qu'on obtempérât au désir du Roi.

Dans une situfttion si difficile , le^ deux chambres çr^ig^ant de se trahir elles-mêmes ainsi' que leurs amis, en consentant à traiter avec le Roi en persQuoe dans Londres, ville si malintipnqée , ^vant qu'il eût donné aucune garai^tie ^ et après tous les maux que son obstination avait cau$éis à l'Était , se décidèrent h adopter un ipoyen terme.

Le a6 noyembre , après un long débat , il fut arrêté qw quatre propositions, rédigées en forme d'acte , seraient envoyées au Roi dans Tile de Wight, et offertes à $a signature; que lorsque le Hoi les aurait signées, il serait admis à traiter en personne à Londres avec le parlement, son adhésion à ces quatre articles pouvant êlre ^lor$ considérée comme une garantie de ce qu'il ferait sur tous Iw autres. Les quatre propositions portaient j

i**. Que Sa Majesté passerait un biU pour l'établissement de la milice du royaume ;

a**. Qu'elle rapporterait également par un bill toutes les déclarations , proclamations et injonctions par elle publiées contre le parlement et s^ adhérens ;

5'. Qu'elle passjerait un acte portant que toutes les personnes par elle ëleyëes -à la pairie, depuis que le graud^sceau avait été emporté à Oxford y seraient incapables de siéger dans la chambre des pairs ;

4"- Que leis deux chambres auraient le pouvoir de s'ajourner au te^me qu'elles jugeraient convenable.

Les com m is5a ires d'Ecosse ne voulurent poi n t consentir à l'envdi'de ces^quatre articles, avant que le' Roi eût reçu l'autorisation de- venir à Londres, et, dans une longue déclaration, ils protestèrent contre cette mesure. Cependant le 24 décembre, des commissaires des deux chambres présentèrent les bills aoi Roi au château ^ de Carisbrooke. Mais le Roi, instruit de la résistance des Écossais, et des factions qui agitaient Londres-, refusa absolument de signer ces propositions , et les commissaires revinrent à Londres avec la nouvelle de son refus.

Le 3 janvier , la chambre des communes délibéra sur ce refus du Roi. Le débat fut long, violent, et de la plus grave importance. On y traita de la situation et du gouvernement du pays ; on exposa sans détour l'incurable obstination du Roi, et la patience déjà trop longue du peuple. Le Roi, dit-on, par son dernier refus, avait refîisé sa protection à la nation anglaise, protection ^ui était le seul motif de Tobéissance des sujets. L'obéis-

sance cessait d'étrie due^ puisque sa cause 9i?ait disparu. Il serait injusteetabsurde, ajoutait-on^ que le parlement ^ après avoir tant de fois ,sondé les intentions du Roi^ livrât à son- ennemi impla* cable sa propre sûreté et celle de ses an\b^ qui avaient courageusement hasardé^ dans la plus juste des causes ^ leur fortune et leur vie. Les chambres n'avaient donc plus qu'à prendre soin de leur propre destinée, de celle de leurs partisans, et à régler l'État sans le Roi, puisqu'on ne pouvait y réussir avec lui.

Le 1 7 janviel:*^ les deux cliantbres; votèr^t donc la déclaration suivante :

' (c Les lords et communes assemblas en parle- <r ment, après avoir présenté à Sa- Majesté un « grand nombre d'adresses , soit pour prévenir , a ' soit pour terminer cette guerre intestine par elle « excitée contre le parlement et le; royaume, lui u ont envoyé dernièrement quatre bilis, qui con- ({ tenaient les propositions les plus importantes « pour la sûreté du parlement et du pays ; s'en « remettant pour la conclusion des autres diffé- « rends , à une négociation personnelle avec Sa «Majesté. Comme ils' ont reçu un refus positif, H ils se j ugent obligés de faire les derniers efforts, a pour régler sans retard le gouvernement , de « telle sorte que les citoyens puissent jouir sans (('trouble de leurs lois et de leur liberté. En u conséquence, et pour qu'aucun:e interruption

w ni délai ne soient apportes à ce grand travail, les,

« lords et les communes ont roté et décrètent :

of !•. Qtt*ils ne feront plus aucune adresse ni cf proposition au Roi ;

<t ô*. Qu'aucime personne, quelle qu'elle soit , u ne pourra préseiltér au Roi aucune adresse ni i< message sans la permission des chainbrès;

« 5*. Que tous ceux qui contrerieûdront au « présent décret seront considérés comme coupafx blés de haute trahison ;

« 4*- Q^^ l^s chambres ne recerront plus aù- « cun message du Roi, et que nul ne poûi'ra re- « cevoir ou porter aucun message du Roi , sdit t( aut deux chambres, soit à Turie d'elles, sait à K toute auti^ personne. »

Peu de jours après la publication de ces résolutions , le général et le grand conseil de Tarraée, dont le quartier-général était à Windsor, présentèrent au parlement une déclaration conçue dans les termes suivans , et qui leur valut les remercîmens des deux chambres.

Déclaration de Son Excellence sit Thomas Faitfctuô et du conseil gêné fdl de f armée , contenant leur résolution d'adhérer au parlement dans tout ce qu^ il fera d l'égard du Roi.

« Malgré tant de violations des droits et li- « bertés du royaume , et les efforts tentés durant

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(( le règne actuel , pour étouffer tous les intérêts « du royaume au profit Hu pouvoir et de la to- « ionté d'un Roi > malgré les résolutions annon- « cées par le parlement, de combattre poui* la « défense du royaume contre de pareils abus; le ce parlement cédant à la nécessité , a toujours « agi envers le Roi , toutes les fois qu'il a été « question de ses droits ou de l'obéissance à lui « rendre , avec une affection dont rendent témoi- « gnage la protestation , le cdvenant et les diffé- « rentes déclarations qu'il a publiées. Il a apu porté la plus soigpeuse ^k%leiition à la conserva- « tion de la personne du Rpi et de ses justes droits, « s'applîquant à les concilier sivèc la €ôfiserVa- (( tion et la défense des intérêts publics et le salut (( du royaume. La suite de ses at^tioiis envei*s le (c Roi et les nombreuses et humbles àdressies qu'il « lui a présentées pour le salut et la pacification (( générale, ont dans notre opinion amplement u manifesté la sincérité et l'innocence de ses în- « tentions à son égard, et nous y àvoiis toujours « évidemment reconnu l'intention de s'èffofcei' à « conserver la personne et les droits particîuliers ff du Roi , tani qu'ufi pareil soin pouvait s'accf corder, et ûon se trouver eii contradiction avec (c ïes intérêts plus gratids et plus sacrés de la re- (( ligion^ des droits i libertés et salut dn tùyàixme , i( et no» autrement*

a En conséquence, dans les dernières décfara-

K lions et écrits que cette armée a eu occasion « de publier relativement à notre désir d'établir « la paix de ce royaume , nous avons exprimé M nos Toeux sincères pour que le Roi , s'il voulait « concourir aux choses nécessaires et essentielles (( à l'établissement et à la garantie de ces in- « térêts publics 3 pour les mettre à l'abri de « toute contestation ^ pût voir ses droits pris en a considération et assurés , autant qu'il se peut (( jaire sans compromettre les droits supérieurs (c du public et leur sûreté contre toutes les (c atteintes qu'on - pourrait leur porter à l'ace venir.

« Notre plus sincère désir ^ notre attente et « tous nos efforts , ont tendu à ce que nous et les « autres attendissent patiemment que 5 par une (C adresse au Roi ^ uniquement relative ai ces (C grands intérêts publics^ on parvînt à déniéler u clairement^ par l'examen^ jusqu'à quel point (( nous pouvions accorder la conservation de la i( personne du Roi et de ses intérêts avec la su- (( reté de tous les autres*

(( Maintenant nous voyons que ^ dans ses der- « nières adresses au Roi , le parlement n'a insisté « que sur un petit nombre de points essentiels à w l'intérêt du royaume^ pour lequel il a combattu « jusqu'à présent^ et qu'il n'en peut demander « moins sans exposer le salut de ce royaume, <( sans s'exposer lui-même et tout ce qui s'est cn-

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<T gagé avec lui pour la même cause , sans renier (( le të0K>ignage de Dieu ^ manifesté par l'événe- « ment de cette guerre^ et que, ces choses une fois (( accordées , il a offert de traiter sur le reste.

(c Ainsi la grande question de la pacification f( du royaume et de la garantie des intérêts pu- (i blics , en tant qu'elles se peuvent obtenir par « le Roi et avec son concours , nous paraît, d'ace près le refus que le Roi a fait de ces choses, si « clairement décidée, que nous ne voyons plus « aucune espérance de paix ou de garantie pos- (c sible à obtenir par ce moyen.

« Ainsi donc , apprenant que sur ce refus, aj outé « à tant d'autres, l'honorable chambre des com- « munes a décidé , lundi dernier, par plusieurs tf votes, qu'elle ne ferait plus aucune adresse « ou proposition au Roi , n'en recevrait aucune de « lui et ne souffrirait pas que d'autres en fissent (( ou en reçussent, nous déclarons librement, « pour nous-mêmes et pour l'armée ; que nous (c sommes résolus, par la grâce de Dieu, d'adhé- (( rer fermement aux décisions du parlement, « dans tout ce qu'il a voté lundi dernier relati- (( vement au Roi , et dans tout ce qui sera néces- (C saire pour le maintien de ses décisions et pour ce la paix et la sûreté du parlement et du royaume, « sans le Roi et contre lui , ou quiconque prenu drait désormais son parti.

« Windsor, 9 janvier f647- »

5jO ttlSTOIRE

Le paiiement fit aussi , irers le commencement de fisTrier^ mie dëclaratîon publique pour expliquer les motifs de ces votes. Outre les premiers méfaits du Roi> exposés déjà dans d'autres remontraiices> on y racontait combien de fois déjà le parlement avait essayé de traiter avec lui y et que, bien qu'on n'eût jamais été dans la nécessité de négocier y on avait adressé sept fois au Roi des propositions renfermant uniquement ce qui était nécessaire à la paix et à la sûreté du royaume , qu'on lui en avait adressé à Oxford.^ puis à Ux^ bridge , puis ensuite lorsqu'il avait été tout-à-fait vaincu par les armes, à Newcastle, et^ enfin^ après le départ des Écossais^ à Hampton-G)urt , et qu'il les avait toutes et toujours refusées.

Cette déclaration du parlement a^ait pour objet d'apaiser les esprits agités. Mais ni raisons, ni décrets ne servirent de rien pour calmer la fureur du peuple et prévenir les tempêtes prêtes à éclater. Il ne resta plus d'autres moyens que la force et la nomination de sages conseils employés à la recherche des conspirations. On cantonna donc une partie de^l'armée aux environs de Westminster, des Mews et autres lieux de la ville; et, dans le mois qui précéda ces grandes mesures , on choisit dans les deux chambres quelques membres pour en former un comité de sûreté publique qui se rassembla à Derby-House, là où avait déjà siégé le comité réuni d'Angleterre et d'Ecosse. On

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donna à ce comité les pouvoirs nécessaires pour réprimer les tumultes et insurrections , et pour lever, dans ce but, autant de troupes qu'il le jugerait nécessaire.

' Ce comité fîit composé de sept lérds; les comtes de Northumberland , de Kent , de Warv^ick et de Manchester; les lords Say, Wharton et Robertsj et de treize membres de la chambré des communes, M. Pierpoint, M. Fines, les deux Vane, père et fils , sir William Armin , sir Arthur Has-^ lerig, sir Gilbert Gérard, sir John Ëvelyn, le lieutenant** général Cromvrell, M. Saint-John, M. Wallop, M. Crevr et M. Brown.

Le parlement, bien que Tiûtorieux, bien que gardé par une vaillante armée , bien qu'il ne parût contre lui aucune force visible , n^avait jamais été eft si grand danger. Dès le printemps, tout le monde prédisait que Tété sei^ait chaud. Sous le point de vue de la guerre, on voyait le pays divisé en fisictions, les Écossais écla-< tant en menaces et la ville de Londres remplie d'agitateurs; et ce qu^on ne voyait pas semblait encore plus à craindre. Chaque jour le peuple, était effrayé par des bruits de complots secrets et d'assemblées de conspirateurs , d^où Ton commença à prévoir le carnage et la guerre, comme liss marinieis ont coutume de voir la tempête qui Relève;

S72 BISl'OIRE

Cum long<fper multa vobanina tractu AEstuat unda minax , flatusque incertafuturi Turbida testantur conceptos œquora ventes.

Le parti da Roi commença à s'enfler d'espérance et à se regarder^ non comme Taincu^ mai» comme vainqueur. Il ne pouvait contenir ses vanteries et parlait sans cesse du rétablissement du Roi et de la chute du parlement. Ceux qu'on appelait presbytériens semblaient s'unir dans les mêmes vœux et se montraient prêts à se sacrifier^ eux-mêmes et leur cause ^ à leur haine contre les indépendans. Ils désiraient voir détruire ce qu'ils ne pouvaient faire par eux-mêmes ^ et auraient mieux aimé voir la liberté renversée par le Roi > que soutenue par les indépendans.

Le Roi lui-même^ bien que mis de côté et confiné dans l'ile de Wight y était alors plus redoutable qu'il ne l'avait jamais été ^ lorsqu'il se voyait à la tête de ses plus puissantes armées. Le non» de Roi agissait maintenant plus puissamment que jamais^ et la pitié du vulgaire rendait sa personne plus imposante. Le prince Charles aussi ^ par son absence qu'on qualifiait de bannissement^ était devenu plus cher à la multitude , et les commissions que lui envoyait secrètement son père semblaient le revêtir d'un pouvoir légaU au moyen duquel il pouvait facilement se faire obéir de tous ceux qui en avaient la bonne volonté^

DU LONG PARLEMENT. SyS

et 'SOUS âoD nom^ exciter ainsi^ comme on le Terra bientôt^ non-seulement des troubles^ mais des guerres.

Cela commença par des souleTemens dans la cité , qui furent bientôt suivis d'insurrections dans les comtes adjacehs. Des apprentis et de jeunes libertins se divertissant ensemble à Moorfields 5 un dimanche 9 avrils se jetèrent, au mépris de l'autorité des magistrats , sur un capitaine de la milice, et le chassèrent à coups de pierre; puis, prenant ses drapeaux, ils les suivirent en désordre , rassemblant , à mesuré qu'ils s'avançaient, toute l'écume du peuple des lieux où ils passaient, et arrivèrent ainsi à Westminster, criant qu'ils étaieùt pour le Roi Charles. IJn escadron de cavalerie -, sorti des murs , les eut bientôt dispersés ,* mais ils rentrèrent à Londres , on d'autres séditieux se joignirent à eux. Us demeurèrent assemblés toute la nuit , et remplirent la Tille de terreur, si bien que le lord -maire, homme sincèrement attaché au parlement^ fîit forcé de s'échapper secrètement de sa maison , et de se réfugier à la Tour. Le matin , le général Fairfax, pour arrêter le mal dans son origine, et avant que des pervers en profitassent pour rendre la plaie incurable , envoya une partie de son armée dans la cité. Cette armée , agissant avec autant de valeur que de prudence, vainquit les séditieux , les repoussa jusque dans Leaden-

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hall> en fit quelques uns prisonniers^ et apaisa ainsi le tumulte. Le parlement et les gens bon* nêtes et sages remercièrent le général^ pour avoir délivré la ville d'un si horrible danger. Lies soldats reçurent une gratification de mille livres.

Dans ce temps malintentionné » les pétitions mêmes pe respiraient que gu^erre et sédition^ coAime on peut le voir dans celteâ des comtés de Surrey et de Kent. Un corps d'environ trois mille hommes vint de Surrey à Westminster ^ le 26 mai^ apportant au parlement une pétition conçue en termes hautains^ dans laquelle ils commandaient , plutôt qu'ils ne demandaient , qu'on rétablît immédiatement le Roi dans sa première dignité y et qu'on le laissât revenir à Westminster avec honneur^ liberté et sûreté ; que l'armée fùf; promptement licenciée , et que le peuple libre de l'Angleterre fût gouverné par ses lois et statuts i^econhus^ et d'autres choses de cette nature. Les gws de Surrey^ qui avaient apporté cette pétition , ne voulaient consentir à aucun délai 9 pas même pour donner au parlement le temps de la discutqr ; mais ils montraient là plus grande insolente, piaudissaient et injuriaient ouvertement le parlement , et, se jetant sur les soldats de sa garde , en blessèrent plusieurs et en tuèrent un. Sur quoi un escadron de cavalerie fût envoyé des Mews avec quelques hommes de pied au secours de ses camarades. Les gens

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d^vcampagne furent bientôt vaincus et dispersés , et on en tua quelques uns. Ainsi finit l'affaire de la séditieuse pétition de Surrey.

A la même époque ^ lés habitans du comté de Kent se mirent en route pour apporter au parlement une pétition du même genre. Us étaient assez nombreux pour former une armée formidable y et semblaient de loin menacer le parlement : ils ayaient été irrités par leHévère chà-*timent récemment infligé à quelques uns de leurs compatriotes y pour une sédition qui n'avait eu aucune suite. Le paiiement ne crut pas trop faire d'employer contre les habitans de Kent le général Fairfax lui«-même^ qui^ à la tête de sept régi* mens , marcha à Blackheath ^ près de Greenwich^ Nous dirons bientôt quels furent ses succès.

Le parlement avait eu d'abord le projet de faire marcher le général Fairfax à la défisse du nord; mais des dangers plus pressans le retinrent dans ie midi , car ^ à cette époque , à peine étstit-il en Angleterre un lieu tranquille. Partout on était menaoé de tumultes^ d'insurrections et de guerres; mais^ chose merveilleuse^ une seule armée^ par les grandes bénédictions que Dieu a répandues sur elle^ a sufii pour tout apaiser. De même que cette armée y lorsqu'elle avait été rassemblée^ avait ^ en une seule année ^ 1646 ^ entièrement détruit et dissipé les brillantes armées du

Roi 9 et soumis tout le royaume à Tobëissance du parlement; de même, quoique dispersée en différentes parties sur tous les points du royaume, elle demeura victorieuse par son courage et son bonheur; tellement que , comme Tàme dans le corps humain , la valeur et la fortune semblèrent résider dans tout le corps de l'armée et dans chacune de ses parties* Car, outre les légères et peu redoutables insurrections du comté de Suâblk dans l'est , de Stafibrd dans l'intérieur du royaume , réprimées par le colonel Wait et quelques autres, et celle de Gomouailles dans l'ouest, réprimée par sir Hardress Wal- Jer, il s'en éleva dans le nord et dans le pays de Galles de beaucoup plus graves et beaucoup plus formidables.

' Dans le commencement de mai , le nord fut infesté par quelques uns des partisans du Roi. Sir Thomas Qlenham, qui avait déjà commandé tant de villes pour le Roi , comme Carlisle , York, Oxford, et les avait toutes perdues, s'était maintenant de nouveau emparé de Carlisle ; mais il ne fut pas plus heureux à la garder. Dans le même temps, sir Marmaduke Langdale s'était emparé de Berwick , et l'avait fortifiée. Les royalistes prirent aussi le fort château de Pomfret, dont ils avaient tué le gouverneur en trahison. On laissa dans le nord quelques régimens de

Tarmee de Faîrfiax, -sous le commandement de Lambert 9 officier intrépide , et qui fut chargé du soin de cette guerre.

Mais le parlement parut menacé^ dans le pays de Galles^ de dangers bien plus horribles^ non-seulement de la part des anciens ennemis qu'il avait déjà vaincus^ maisde la part de plusieurs hommes qui y après Favoir servi , abandonnèrent la cause qu'ils avaient choisie : entre autres, les colonels Poyer et Ppwell, et un homme qui avait souvent bien mérité du parlement, Langhom lui-même. Poyer qui avait jusqu'alors tenu pour le parlement la ville et le fort château de Pembroke, maintenant «ppuyé d'un grand nombre de malintentionnés, les défendait contre lui avec animosité. Langhom, officier très-estimé dans le pays, y avait levé une vaillante armée dans laquelle servait le colonel PowelL En peu de temps les Gallois s'empressant a se réunir à lui , il se trouva à la tête de huit mille hommes. On a su depuis que Langhorn et Poyer avaient entrepris cette guerre avec une commission du prince Charles, dont, au reste, les délégués ne prospérèrent pas plus qtie ceux de son père. Le colonel Horton s'avança vers eux avec une petite partie de l'armée de Fairfax et quelques autres troupes qu'il avait levées, composant en tout trois mille hommes. Il plut à Dieu, maître de la victoire, de ne pas régler le succès sur le nombre. Le 8 mai, Horton en vint aux

Syfi HISTOIRE

mains avec luanghorti y entre les deux villes de Fagans et de Peterstone ^ défit et mit et fuite toute son armée forte de huit mille hommes 9 tant ca«- Valérie qu'infanterie. Ou tua beaucoup de monde sur le champ de bataille^ et le nombre des pri-^ sonniers s'éleva à trois mille ^ nombre égal à celui des vainqueurs. Parmi ces prisonniers il se trouva environ cent cinquante officiers. On prit aussi un grand nombre de drapeaux , une grande quantité d'armes et tous les canons»

Dans l'état des choses, rien ne pouvait être plus heureux pour, le parlement que cette victoire. On en rendit, par ordre du parlement, de publiques actions 4^ grâces. Langhorn et Powell, s'étant sauvés par la fuite , allèrent rejoindre Poyer dans le château de Pembroke. Cromwell en personne, f|at envoyé, vers le commencement de mai, dans le pays de Galles avec quelques régimens. Le 1 1 de ce mois, il arriva devant le château de Chepstow, dont il résolut de faire le siège; mais, voulant arriver promptemeut à Pembroke , il laissa devant Chepslow le cobnel Swers qui, au bout de quinze jours , prit le château et tua Kemish à qui la place avait été quelque temps auparavant livrée en trahison. Çromwell arriva le 20 mai devant Pembroke.

foyer se fiaqt à la force de la place ^ et sachant d'ailleurs combien le temps était précieux au parlement embarrassé alors d'uu si grand notnbre

de difficultés > refusai toutes les conditions q[ui lui furent offertes; mais Cromwell^ qui n'était pas accoutumé h désespérer de rien , se prépara à l'assiéger. Les opérations furent grandement accélérées par ractiyijté de sir George Âyscough qui commandait une escadre dans ces parages. Il tira de Bristol et autres lieux des pièces d'artillerie^ des munition^ de toutes sortes^ et les autres choses nécessaires à un siège ^ qu'il fit ensuite passer par mer à Cromwell.

Tandis que ces choses se passaient dans le pays de Galles ^ le général Fairfax^ envoyée comme on l'a dit ^ avec sept régimens , contre les rebelles du comté de Kent^ les poursuivait du côté de Rochester. Ils s'étaient réunis en grand nombre près de Grayesend où ils formaient une armée dans laquelle se trouyaient plus de yingt chevaliers ^ écuyers et gentilshommes du comté , dont plusieurs avaient été ofiiciers dans l'armée du Roi. Bien qu'ils fussent les plus nombreux y ils n'osèrent livrer bataille au général^ m^s quelques uns se retirèrent du c$té de Maidstone. Un petit nombre demeura assemblé aux environs de Rochester^ une autre partie marcha sur Douvres et assiégea ce château. Le général envoya le colonel Rich et sir Michel Levesey pour faire lever le siége^ ce qu'ils exécutèrent avec beaucoup de succès

Le général marcha à la tête de son armée vers Maidstone. Deux mille des révoltés s'étaient ren-

58o HISTOIRE

fermés dans cette ville, résolus à le défendre; le général se prépara à les assiéger. Jamais le courage de Fairfax et de ses soldats ne les avait exposés à plus de hasards, et jamais une victoire ne fut achetée par plus de dangers; car, lorsque les soldats eurent pris la ville avec beaucoup de peine, ils trouvèrent la guerre dans toutes les rues, partout des canons dirigés contre eux , pas un coin de la ville qui pût être emporté sans combat. Elle fut prise à la fin. Le général y perdit quarante de ses soldats, en tua six cents à l'ennemi et leur fit environ quatorze cents prisonniers. Il prit aussi quatre cents chevaux et deux mille armes. Ce qu'il y eut de surprenant , c'est qu'une ariiiée de plusieurs milliers des révoltée de Kent, plus nombreuse que l'armée du général, vint de Rochester pour seconder ceux de Maidstone , et cependant lorsqu'ils s'en furent approchés , ils n'osèrent rien tenter pour les secourir , et demeurèrent tranquilles spectateurs de la prise de la ville. Le parlement ordonna que cette victoire fût célébrée par des actions de grâces.

Tout le comté de Kent paraissait soumis , excepté un petit nombre de châteaux qui , peu de temps après, furent pris aussi> ou se rendirent au parlement. Mais tout à coup cette hydre poussa une nouvelle tête. Le lord Goring ayant ramassé quelques restes de l'armée de Kent, s'avança avec environ deux mille hommes jusqu'à Greenville ,

DD LONG PARLEMENT. S8ï

d'où il envoya plusieurs des sieiis s^nfbrmer à quel point les citoyens, de Londres étaient disposes en sa faveur; niais tandis qu'il attendait une réponse^ quelques escadrons de Tarmee du parlement ayant paru , Gorihg s'enfuit avec tout son monde. La cavalerie le poursuivit ^ prit quelque butin et fit plusieurs prisonniers. Les gens de Kent s'en retournèrent pour la plupart chez eux; le lord Goring, fuyant de Greenville avec environ cinq cents chevaux^ prit des bateaux, traversa la Tamise et passa dans le comté d'Ëssex, où, comme si les destinées avaient voulu préparer partout des victoires à Fairfax , le lord Capell avec des troupes du comté de Hertford , et sir Charles Lucas avec un corps de cavalerie^ rejoignirent Goring à Chelmsford. Peu de temps après , revinrent se réunir à eux plusieurs soldats de Tarmée du Roi , ainsi qu'un grand nombre d'habitans de Londres. Ils furent aussi rejoints par plusieurs personnages d'un plus haut rang, comme M« Hastings, frère du comte de Huntingdon , et M^ Compton, frère du comtç de Northampton.

Le général Fairfax traversa la Tamise à Gravfesend , passa, avec une partie de son armée, dans le comté d'Essex , et , ayant fait venir le reste de Kent et de Londres, se mit à la poursuite des ennemis. Il les repoussa, à la fin, dans Colchester et les y. assiégea. Comme ce siège fut de longue

durée ^ nous allons Vy laisser quelque temps et

passeï- à d'autres actions.

C'étaitdu nord quetenaientalors les plus grands dangers du parlement , et non pas seulement de la part des Anglais^ mais de celle du royaume d'£* cosse. Le major-gënëral Lambert^ gênerai des troupes du nord^ trayailiait à réprimer Glenham et Langdale^ et il fit si bien qu'il parvint à les contenir dans les bornes du Gumberland et de Westmoreland j mais ils attendaient rarriyëe de l'armée d'Ecosse, à laquelle ils comptaient se joindre. Lambert, trop faible pour s'opposer à de si grandes forces , s'occupa , sans perdre de temps, h augmenter les siennes , à laide des comtés voisins, très-zélés à le seconder; surtout le comté de Lancaster qui leva deux régimens de cavalerie et quatre d'infanterie, que te major*-général Askton conduisit à Lambert, aucpiel il se réunit dans le conilé d'York. Les malinteritionnés anglais n'auraient pas été redoutables dans le nord, si le royaume d'Ecosse ne s'était réuni à eux contre le parlement. La guerrenous fut apportée d'un autre royaume , afin que Gromw^ell pût remporter la victoire sur des étrangers, aussi bien que sur des Anglais.

La fiction du duc de Hamilton , qui dominait alors dansie parlement d'Ecosse, avait combiné des projets dangereux aux deux royaumes , contraires à la paix^ et, selon le jugement de l'Église d'£-

cossey contraires aa covenaiyt même. On devait en^ yahir l'Angleterre et lerer une grande armée ^ nam» le commandement du duc de Hamilton^ homme adroit et ambitieux. Les malintentionnés an^ais forent invités à se joindre à lui; car on publiait qu'il prenait les armea pour le Roi , et ceux qui devaient servir dans cette armée ^ avaient la promesse de recevoir une paie. Tout cela se fit' malgré les protestations d'Argy le , Lowden et des lords du bon parti* L'Église d'Ecosse maudit cette guerre comme impie.'

Mais le parti le plus nombreux prévalut et prît, avec une sorte de droit, le titre de Parlement d^É* cosse. On nomma , pour réprimer la faction con^ traire , un comité à qui on donna pouvoir de pu-* nir ceux qui entreprendraient quelque chose contre les décrets du parlement , et l'on prononça des peines contre tous les ministres qui , de leur chaire, prêcheraient le peuple dans un sens contraire. Il en arriva que quelques ministres furent réduits au silence et d'autres punis, et que quel-* ques lords du parti le plus faible se retirèrent dans leurs châteaux forts. Cependant on ne put fermer la bouche à tous les ministres. Quelques ans se montrèrent constamment zélés à menacer l'armée d'Hamilton de la colère de Dieu, et le mauvais succès de cette malheureuse arme"^ put donner lieu de penser que les malédictions de l'Église n'avaient pas été prononcées en vain, pas

plus que ne le furent autrefois eelles du tribun ro^ main contre Texpéditlon des Partkes^ entreprise par le triumvir Marcus Crassus.

Ce n'était pas assez des conspirations sur terre , bien qu'elles couvrissent toute l'île ; il s'y joignit aussi ^ contre le parlement, des révoltes maritimes. Plusieurs des principaux équipages de la flotte royale se soulevèrent^ au commencement de juin, et mirent à terre le vice-^ amiral Rainsborougk , déclarant qu'ils étaient pour le Roi et décidés à servir le prince Charles. Ils firent voile pour la Hollande, où était alors le prince avec son frère le duc d'York , qui , peu de temps auparavant, sollicité par les lettres du Roi son père, s'était échappé secrètement de Londres, où le parlement le faisait garder avec beaucoup de respect et de magnificence.

Le parlement fut extrêmement troublé de la révolte de ces vaisseaux, qu'on regardait comme très-dangerèuse. Il envoya le comte de Warwick prendre le commandement de ce qui restait de la flotte , en le chargeant de ramener les rebelles , s'il le pouvait, Warwick accepta de bon cœur cet emploi et fut nommé par le parlement lord grandamiral d'Angleterre , titre qu'il avait déjà porté au commencement de la guerre.

Tandis que Warwick servait le parlement, le malheur voulut que le comte de Holland, son frère, prît les armes ^ntre lui, jugeant, à ce

bÙ LONG PARLEMENT. 585

qu'il paraît 9 la cii^pQ^tance fayorable ^ à caii^ de la réyplte dç l'armée et de Tabsence de Fairfax et 4e CromiAreU ^occupes alors ^ l'un dw$ le comté de Kent, l'autre dans. 1^ pays de .Galles.. IL comptait aussi sur les dispositions des habitant de Londres^ en sortes quje le jeune duc de Buckinghaw f %o\^ frère et plusieurs autres s'étant joints à lui. Us parurent en armes près de Kingston, à la tête de cinq cents chevaux; ma^s sir Michel Leyesey et quelques autres, prenant l'occasion aux cheveux , les mirent en fuite.. Lord Francis yilliers fut tué; lord Holland, fuyant avec le reste de sa cavalerie, fut entièrement défait, quelques jours après , à la ville de Saint-Needs , par le colonel Sçroop , que le général avait envoyé de Colchester ds^is cette intention. Dall]^çr et quelques autres gentilshpioimes furent tués. , Holland lui-m^D^e fut fait prisonnier, et le parlement le fit eftfermer au château 4e Warvyick.

Dans le mênie temps , Rqssiter obtint aussi pour le parlement une brillante yictoir^e sur les troupes de. la garnison de Pomfret, qui^ au nombre de çiille chevaux, pillaient le. pays et le dévastaient dans tous les sens. Rossiter fomba sur eux, les vaipquit, prit tous lejurs officiers, ainsi que toutes lêui^s armes et Içurs ))ag9geç. jLa joie de cette vic- Joiw ^Xy ppïir quelque temps, diminuée par le daiig^r.de^ Rpssiter grièveif^J^t^bli^ssa; mais il se guérit*

Les victoires obtenues de tous c^s par le par-* lement , btciii que quelques Uûes puissent paraître» peu considérâmes y sont cependant d'une grande importance et dignes de eommëtnoratiim aux yeux de quiconque songeira en quel danger èàt été jetée la république par la perte d'une seule de ces batailles. Le pariement lui-même ^ lors*' qu'il réfléchira sur le nombre et la valiété àe^ périls qu'il a coùinis y pourra connaître ce qu^il doit à la constante providence de Dieu ^ d<mt la main a toujours été avec lui. D'ailleurs ces pethres actions préparèrent la voie à de plus importans succès et à l'abaissement total des ennemis , qUi s'opéra miraculeusement environ à celte époque.

Car ce fut alors que le château de Pembroke se rendit très A propos à Cromwell. Poyèr et Langhorn , comptant sur la force de la placfe ^ fe'y étaient long-temps défendus ' avec cpiniiàttieté' ; mais à la fin ^ réduits aui de^nfèt*es eitrémifés , ils se rendirent prisonniers^ sans condition et à discrétion. Les destins qui appelaient Cretift^well à dé plus grands exploits firebt tomber cet-évé-* ment au moment oà le duc de Hamilton^ à la tête dNine nùmbreuse armée d'Écossais^ venait d'entrer en Angleterre , «t vers le commencemenit;de juillet avait vu ses forcés accrues par la jondion de Lahgdale. Hamiltoh s'avança à là tête de plus de vingt-H^nq mille hommes , répandant partout laf terreur. A peine dans tout le cours de ces guerrea

btJ LO«6 PARLfiMENÎ. 5Sj

paut'Oti trouver une artoiëe qui ait exerce 4e plu$ grajddes cniautjés sur \^ pauvres habitais de TAii* pierre , et cepôtidaiit jiOi^ue le parlement discuta çetÇe id^aîre > de fut avec beaucoup de difficulté qUe la chambre des lords put se 4^0i4er à la déclarer ennemie* La chambre dés comiuunes avait déclaré «( que l'armée écossaise qui^ sous a le duc.de HamiltOD^ avait envahi l'Angleterre, K était ennemie y et cjue tous Jés Anglais qui se « Joindraient à'^lesei^ieât traîtres à leur pays. » La chaialbr^ des lords ^ après de lo^gs débats , consentit enfin à ce vpte. I^ss principaux citoyens de Londres , et tous ceux qui portaient le nom de presbytériens , bien que les presbytériens écossais eussent^tte armée en abomination > ne faisaient pas pour ^on succès des voeux liioins ardens que les malintention^iés; par la le lecteur peut ÎMger des tem|)s.

Lambei^t^ bien qiae> selo^ tout^ les apparences^ il ne fût pas de fpirce à résister à d'aussi puissans ennemis , ne se laissa point décourager; mais ré^ 6olu de faire tète au danger^ il se prépara^ s'il était nécessaire^ à combattre les Écossais» Cependant il attendait }ouroell€tment l'arrivée deX^rom- Mvell à qtti était réservée cette victoire, Au^si par de prudentes retraites^ et quelques escarmouches non-seulementavecLangdale^mais^vecHamilton luî^^méme, il twuva moyen de tramer tellepient en longueur^ que la grande armée de IJamiltan

étant entrée le .20 août dans le comté de Laficaster^ Cromwell s'y trouva aiTivé avec toutes ses troupes qui/réunies à celles de Lambert^ com« posèrent une armée de près de dix mille hommes. Ce fut aux environs de Preston^ dans le comté de Lancaster ^ que se livra cette fameuse bataille dans laquelle furent défaites et mises en fuite toutes les troupes de Hamilton et de Langdale. Le vainqueur les poursuivit jusqu'à Warrington, c'est-àdire durant un espace d'environ vingt milles^ leur tua beaucoup de nionde, et fit prisonnier le lieutenant général Saillie^ avec une grande partie de l'armée écossaise, ne leur faisant quartier que de la vie. Il y eut dans cette bataille trois mille Ecossais tués et environ neuf mille pris. Le duc de Hamilton lui-même, qui s'était enfui avec un nombreux parti de cavalerie à Utoxeter, fut fait prisonnier quelques jours après par le lord Grey et le colonel Wait. On prit avec lui environ trois mille hommes de cavalerie. Langdale fut aussi fait prisonnier peu de temps après, dans un petit village^ par Widmerpool , capitaine du parlement. Tel fut le résultat de l'invasion de Hamilton en Angleterre. Aussitôt après cette fameuse victoire de Cromwell , Colchester se rendit au général Fairfax. Le ' général était demeuré près de trois mois devant cette ville avec une armée peu considérable, eu égard au nombre des assiégés , et par un temps déplorable qui n'éprouva pas moins la patience

DU LONG PARLEMENT. SSg

des soldats que leur courage, Goring, Capell, Hastings , Lucas et les autres officiers , ne voulurent point entendre parler de se rendre jusqu'à ce qu'ils fussent réduits aux dernières extre'mitës y et rejetèrent avec me'pris toute proposition, pensant avoir peu à craindre d'une armée aussi peujiombreuse que celle qui les assiégeait; ils furent d'ailleurs soutenus long-temps par de vaines espé^ rances de secours, par celles qu'ils fondaient sur les insurrections de Londres , sur les succès de Hamilton , de Langdale , du comte de Holland , et surtout par l'assistance qu'ils espéraient, rece-^ voir par mer du prince Charles, .alors maître de ces vaisseaux qui avaient quitté le parti dii parlement, et qui, s'étànt emparé de plusieurs vaisseaux marchands, se trouvait en personne dans la Manche , à la tête d'nne flotte assez con:^ sidérable.

Mais vers la fin d'août , les assiégés de Colchester, désespérant d'être secourus et réduits à de telles extrémités que depuis long-temps ils se nourrissaient de chair de cheval , se rendirent à discrétion au vainqueur^ Deux seulement furent fusillés, sir Georges Lucas et sir Georges Lisle. Goring, Capell et Hastings. furent envoyés en prison pour y attendre que le parlement prononçât sur leuf sort.

Ainsi le parlement obtint partout la victoire sur terre , et il ne fut pas non plus malheu^oeux

îgo HISTOIRE

sur mer; car iorsqn'en considère celte rërotte de la flotte y on doit regaider comme un grand bon-heur qu'elle ne se tùl pas^ét^diie à un plus grand nombre de yaisseaui et qu'il n'en fiit pas résulte plus de mal ; le cotnte de Wsirwick montra une grande pradence^ et il plut à Dieu d'avertir le parlement par la frayeur qu'il lui causa , plutôt que par une grande perte ^ de l'incertitude de sa situation.

Vers la fin d'août , Warwick était avec une assez nombreuse flotte dans la Tamise ^ quand le prince Charles , plus fort que lui et à la tête d'en^ viron vingt voiles^ s'avança sur lui^ dans la rivière, et lui envoya Tordre d'abaisser son pavillon et de lui rendre obéissance, comme grandamiral et revêtu de cette dignité par le Roi; mais Warwick, fidJ^le au parlement , n'obéit point à la sommation. Cependant, comme il n'y avait point de place dans cet étroit canal pottr y livrer un combat naval , surtout avec de gros vaisseaux , et que la flotte de Warwick n'était pas de force à se mesurer avec celle du prince, il attendit l'arrivée de celle de Portsmouth. Le commandement et la conduite de cette flotte avaient été remis à sir Georges Âyscough j mais le lord-amiral Warwick ne savait pas bien certainement ce qu^était devenue cette flotte, et si elle ne s'était pas révoltée comme le reste, car le bruit s'en répandait chaque jour à Londres. Il est sûr que les marins en gêné-

DU LONG PARLEMENT. Sgjl

rai étaient très-mis^l disposés pour le parlement^ et d'ailleurs scduitscontinuellementpar les habitaus de Portsmouth; eu sorte que^ sans la prudence de sir Georges Ayscough^ sa considération parmi les marins et l'affection qu'ils a-vaient pour lui y la . flotte aurait été perdue^ ce qui aurait entraîné l'impossibilité de conserver les autres. Il sonda prudemment leurs dispositions^ et, renvoyant les plus mauvais pour empêcher la contagion de se a^épandre , il parvint à la fin , avec beaucoup d'efforts et de grandes difficultés^ à raffermir dans la flotte le pouvoir du parlement; et, ayant heureusement longé pendant la nuit la flotte du prince Charles, il amena tous ses vaisseaux au comte dç Warwick. Celui-ci, renforcé par l'arrivée d'Ayscough^ résolut d'avancer vers l'ennemi ; mais Iç prince, faute de vivres, avait été obligé de virer de bord et de faire voile vers la Hollande. Il le suivit avec toute sfi flotte et l'atteignit , peu de temps après, à Gorée, sur la côte de Hollande.

Cromwell, poursuivant sa victoire sur Hamilton,' entra en Ecosse pour aHer secourir Argyle et Leven, contre les forces de Monroë et de Lanerk , .ce qu'il exécuta heureusement, et il remit ,sous le pouvoir du parlement Berwick et Carlisle, dont s'étaient emparés les Écossais unis aux malintentionnés d'Angleterre. De là il alla à Édim-

bourg pour y délibérer sur les mesurés à preildre pour le bien des deux royaumes. Il y fiit réça avec de grands honneurs. Plusieurs membres de la haute et moyenne noblesse d'Ecosse furent envoyés, par le . comité des Etats^ au devant dé Cromwell, et, après des harangues de fëlicitation, le conduisirent à Edimbourg, où Argyle, Leven et d'autres lords , lui donnèrent dans le château , ainsi qu'aux autres officiers, un magnifique ban-<quet. Les ministres lui rendirent des actions de grâces et le nommèrent, après Dieu, le sauveur de l'Ecosse. Tel est aussi le témoignage que rend à Cromwell le comité, dans ses lettres au parlement d^Angleterrè. Aussitôt après, on licencia les troupes de Monroë et de Lanerk et toutes les autres, à l'exception de quinze cents hommes, cavalerie et infanterie 3 qui furent mis sous le commandement de Leven pour y demeurer ju^ qu'au rétablissement de l'ordre dans le royaume. Il fut aussi décrété, par le comité des Etats et rà&semblée de l'Église, « pour le maintien de la reu ligion et de l'amitié fraternelle avec la nation « anglaise , n qu'aucun de ceux qui avaient suivi Hamiiton dans la dernière invasion, ne pourrait siéger dans le nouveau parlement que l'on con*voquait alors, ni dans l'assemblée de l'Église; car la faction de Hamiiton fut déclarée ennemi^ de la religion et des deux royaumes.

DD LONG PARLEMENT. SgS

Ce fut une chose digne de remarque, de voir > cette armée anglaise, que le parti religieux- de rÉcosse ayait désignée comme im ramas de sectaires, et insultée des noms les plus outrageans,' maintenant reconnue, par ces mêmes Écossais, pour être l'instrument de Dieu et le yengeur de l'Église et du royaume d'Ecosse. Les plus puissans. pairs d'Ecosse s'accusèrent ingénument d'erreur et de précipitation pour ayoir, l'année précédente , traité cette armée de rebelle , par la raisoa qu'elle faisait, en Angleterre, les mêmes choses qu'ils étaient actuellement obligés de faire ett Ecosse pour le salut de ce royaume.

' Ce grand changement dans le conseil d'Ecosse aurait été bien fait pour exciter la surprise, si le changement qui s'opéra alors dans le parlement d^Angleterre n'eût présenté encore un plus grand miracle. Qui pourra concevoir que Cromwell , déclaré le sauveur de l'Ecosse pour avoir vaincu une armée écossaise et avoir préservé , par là , l'Angleterre du plus grand dès malheurs, n'ait pas été , pour ce même fait , déclaré le sauveur de l'Angleterre , et que cette victoire sur les Écossais, dont se réjouissaient les presbytériens d'Ecosse, pour l'amour de la religion, ait, précisé-* ment pour l'amour de leur religion, déplu aux presbytériens d'Angleterre? OEdipe lui-même ne parviendrait pas à débrouiller une pareille énigme, surtout s'il en voulait juger d'après sa

raison^ et nob d'après les sentimeaa d'envie et de

haii^e cpi iiai$$^nt d^ Vaigr^ur des facticms (i).

La &ce du parlement anglais se trouva alors changée tout à coup^ et les résolutions prises l'année précédente de ne plus faire d'adresses au Roi 9 ces résolutions^ dont le parlement avait ^ par une déclaration ^ expliqué .au public lesmo^ tifs et la nécessité^ furent déclarées nulles et de nul effet. La direction était complètement changée^ et les membres accusés ayant été remis en possession de leurs sièges^ on se résolut^ avec un empressement plus soumis que jamais, à renouveler les adresses au Roi. Les chambres mirent alors en discussion la rédaction des propositions, et on se disposa , sans que le Roi eût donné au peuple aucune satisfaction ou garantie , à le laisser venir à Londres, pour y négocier en personne avec honneur, liberté et sûreté.

Cependant ce point ne put être emporté. On

(i) Cette énigme s'expliquera facilement par la lecture des Mémoires de Hollis , et par des notes ajoutées à ces Mémoires et à ceux de Ludiow, relativement à l'époque que May indique ici en passant. Les éclaircissemens que nous aurions pu donner ici y dans des notes , n'auraient pu suppléer à la brièveté du récit de May , sans le secours des deux autres ouvrages; le même motif nous a engagés à nous abstenir de notes sur toute la partie de l'abrégé de May, qui se rappot*te aux faits traités dans les Mémoires àe Hollis, {Note de V Editeur. )

DU LOffG PARLEMENT. SqS

irota seulement que des négociations seraient ouvertes dans File de Wight et que le Roi choisirait* ilans cette île le lieu qui lui conviendrait. En conséquence^ le 4 août^ le comte de Middlesex fut envoyé au Roi avec deux membres de la chaiabre des communes. Le Roi répondit qu'il ^tait prêt à traiter de la paix^ et choisit Newport pour le lieu des négociations. On nomma ^ pour traiter ^ des commissaires dans les deux cham-^ bres^ cinq pairs : Northumberland ^ Fembroke y Sali&bury^ Middlesex et Say; dix membiSes de la chambre des communes : lord Wainman^ Hollis, Pierpoint^ Vane le fils, Grimstone, Potts, Brown, Crew, Glynn et Buckley.

Le Roi, pendant ces négociations, fut nonnseu^ lement traité, par les commissaires, avec beaucoup de respect et de oérémonie; mais sa maison fut celle d'un prince, et on lui permit de s'entourer de ceux de ses serviteurs qu'il voulut choisir pour relever la splendeur de sa cour. Le duc.de Richmond, le marquis de Hertford, les comtes de Southampton et de Lindsey, et d'autres gentilshommes de marque, vinrent, en grand nombre, se rendre près de lui. On lui permit d'y appeler ses chapelains et plusieurs des jurisconsultes qui lui étaient attachés, pour lui servir de conseil pendant les négociations. ^

Mais tandis qu'elles se prolongeaient , et après que plusieurs mois eurent été. consumés en dé-

bats, concessions et refus, Toilà qu'un nouveau et étrange changement fit retomber le Roi > du plus haut point de grandeur dans lé dernier degré de l'abaissement, tant un contraire en pro^ yoque un autre. Tandis que quelques uns trayaillaient à remettre le Roi sur son trône , à de légères conditions, ou peut-être sans conditions, d'autres, méditant sur ce que le Roi avait faii et sur ce que la république , et particulièrement les amis du parlement, auraient à souffrir s'il venait à régner de nouveau , et toujours le mêmei désirèrent qu'il pût être entièrement écarté. De nombreuses et fréquentes pétitions, dans ce sens, furent présentées au parlement, et quelques unes au général Fairfax, demandant qu'on mît en jugement toute personne, sans exception , qui se serait rendue coupable envers la république.

La première pétition de ce genre fut présentée au parlement le 1 1 septembre , avec ce titre :

ÂXJIL TRÈS-HOIÏOBÂBLES COMMUNES d'âNGLETERRE , ASSEM- BLÉES EN parlement;

Humble pétition de plusieurs milliers de citoyens bien intentionnés des villes de Londres et de Westminster^ du bourg de Soàthwark et des villages voisins.

Lorsque cette pétition eut rompu la glace, elle fut suivie, dans l'espace d'un mois^ de plu-

DU LONG PARLEMENT. 5gj

sieurs autres^ venues de divers comtés de TAnglelerre et de plusieurs régimens de Farimee. Il en vint, le 5o septembre > uçe dû comté d'Oxfofd ; le 2 octobre , une du comté de Leicestèr ; le 4 octobre > une d'un grand nombre d'officiers de l'armée, li en vint trois le lo octobre; le i8 octobre, il en arriva une dur^régiment dlretôn, et une autre, le 21, du régiment d'Ingolddiy;.

Toutes ces pétitions demandaient la même chose ; elles voulaient toutes que justicefât faite de ceux qui ayaient fait répandre tant de sang anglais et causé tant de calamités à la nation, nommé-* ment de ceux qui avaient excité cette seconde guerre, Hamilton, HoUand, Gapell, Goring, et les autres alors au pouvoir du parlement ; mais elles insistaient surtout pour qu'on mît en jugement le Roi, le premier de tous les coupables, le promoteur de la guerre et Fauteur de toutes les calamités dç l'Angleterre. On demandait au parlement la: permission de lui rappeler la déclaration « que le parlement lui-même avait faite « l'année précédente contre le Roi , celle de FÉ- « glise d'Ecosse, en 1646, contre ce même Roi , H dans lesquelles on Faccuéaitde plusieurs crimes, i< et , entre autres , de l'efiusion dû sang de plu- « sieurs milliers de ses meilleurs isujets; choses « qui, si elles étaient vraies et ne recevaient point « leur châtiment, ou qu'il n'en fût fait aucune « satisfaction, devaient, il y avait tout lieu de le

S98 tîISTOIRE DU LONG PiTRLEMÈÏM!.

« craindre^ provoquer 9 par cette extrême injug^ i( tic6> la colère de Dieu, qui^ âpi^ une guerre si u saûglante , avait livré ce Roi entre leurt mains, w Otx fitippUait domj kambleilkeot le parlendent « de ne pas rqefer avec ingratitude les miraeu-' « leux secours qu'il avait reçus du Tout^Puissaût^ i< et de ne pas se trahir lu^même et ^es fidèles* (c amis 9 en se laissant aller aux petfides nëgocia- (( tiens d'un ennemi implacable, n

Tel était le sens de toutes ces pétitions qui ^ durant les négociations ^ étaient joumciUement présentées au parlement et mises par lui de côtéé Gepttidant^.i la fin^ 1^ désirs qu'elles expriniaient l'emportèrent^ surtotit lorsque la remon^ tranee du lord«^géaéral et du coi»seil-*-géaéral de$ officiérs^tealu à Saint-Àlbansle i€ novembre ïô^S^ eut été présentée au parlement > I0 20 du même mois.

Je n'essaierai fiasse racontcir par qtiels moyens et par quds degrés Ids choses eu vinrent enfin à ce point que le Roi fut jugé^ coridanmé et décapité. L'examen et le récit d'une si grande affaire founadraient à eux Seuls la matière d'une kislotre ^ et ne peuvent être convetiablemfent contenus daaas cet abrégé où j'ai déjà irenfermé un si long espacé de temps ^ que je crois dévoir le ter-* miner ici. .

FIN DE l'histoire DU LONG-PARLEMENT -

ECLAIRCISSEMENS

ET

ECLAIRÇISSEMENS

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