‹ Histoire du Long-ParlementChapitre 13 sur 36 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Court exposé de quelques-uns des maux du royaume. Diverses opinions sur le gouvernement d^ alors. Etat de la cour et du clergé d^ Angleterre. Quelques observations d^un étranger concernant la religion du peuple anglais.

Les hommes honnêtes et sensés ne peuvent s'empêcher de penser qu'il a fallu que les péchés du peuple anglais fussent arrivés à un excès bien coupable , que l'iniquité des gouvernans et les vices des particuliers fussent bien grands , pour avoir enfin appelé sur leurs têtes un si sévère jugement de Dieu , et attiré par degrés une guerre si déplorable et si dévorante. Un historien anglais ne peut prendre plaisir à détailler ces crimes ; il préférerait garder le silence , et dire avec Stace : >

— Nos certi taceamus, et obruta multa

Nocte tegi nostrœ patiamur crimina gèntis X i ) .

Mais garder le silence serait envers Dieu une grande injustice et une grande impiété ^ puisqu'on raconterait ses jugemens sur un royaume , sans

(i) Taisons-nous, et souffrons que les crimes de notre patrie soient ensevelis dans une nuit profonde.

DU LONG PARLEMENT. Zj

donner à conaaître les péchés qui en ont été la cause. Les historiens païens nous ont bien enseigné ce devoir de piété; car ils ne décrivent jamais une guerre civile, ni une calamité publique,* sans avoir d'abord exposé combien le pays était devenu vicieux et corrompu , combien étaient à blâmer les chefs et le peuple, et combien il était juste qu'ils fussent punis par eux-mêmes ou par les autres* Aucun des poètes romains n'a entrepris d'écrire sur cette grande et déplorable guerre civile, qui détruisit les lois et asservit la postérité de Rome , sans avoir fait d'abord une longue énuméralion des causes qui l'amenèrent ; savoir, le degré de perversité auquel étaient parvenues les mœurs romaines , l'avarice et la tyrannie des principaux gQuvernans , le luxe , l'impudicité et la débauche qui envahissaient l'État tout entier; on peut le voir dans deux des plus élégans auteurs par qui ce sujet ait été traité. Et nous chrétiens, qui adorons le vrai Dieu et vivons sous la loi de l'Évangile, pourrons -nous, sous le poids d'un jugement si sévère, refuser de reconnaître nos offenses ?

Il faut commencer par les fautes des premiers pouvoirs, et l'oppression illégale qu'ils exercèrent sur le peuple anglais , durant ces huit ou neuf années pendant lesquelles l'Angleterre se vit privée de parlement; je les toucherai en peu de mots, renvoyant le lecteur à l'exposé beaucoup plus

étendu qui en a été fait dans la Remontrance. Le Roi accorda une foule de monopoles sur les choses les plus nécessaires et de l'usage le plus commun, comme le saTon^ le sel, le vin, le cuir, le charbon de terre ^ et plusieurs autres denrées de ce genre (i).

Regia privatis crescunt œraria damnis (2).

Glaudien.

Sous ombre d'une loi impérieuse , on exigea par tout le royaume de grosses sommes d'argent pour défaut de chcTalerie (5) ; les droits de tonnage et de pesage furent perçus sans avoir été

(i) « Op, vît naître alors, dit Clarendon, pour se procurer « de l'argent, des plans et des mesures de toute sorte; les « unes ridicules , les autres scandaleuses , toutes trës-op- « pressîves ; le blâme et la haine qu'elles méritaient retom- « baient sur le Roi , le profit allait à d'autres ; à tel point « que sur 200,000 livres sterling , arrachées dans le cours « d'une année , aux sujets , par tant d'iniques procédés , ^ « peine i5oo livres toumëreat-elles au service du Roi. »» ( Histoire de la Rébellion y tom. i , pag. ii5. ) {Note de r Éditeur. )

(2) Le trésor royal se grossit des pertes des citoyens.

(3) En vertu des anciennes lois féodales , quiconque possédait un fief de chevalier , tenu immédiatement de la couronne, était obligé de se faire armer chevalier et de suivre le Roi à la guerre ou de payer une certaine somme pour s'en exempter. Sous le rëgne d'Edouard II , cette obligation fut imposée à tous les propriétaires de fiefs d'un re^

DU LONG PARLEMENT. Sq

reyêtus des formes de la loi (i), et bien qu'on leur ait donné pour prétexte la défense des mers , ce

Yena de 20 livres sterling. La cërëmonie de la collation du titre de chevalier était ainsi , pour le Roi , la source d'un revenu assez considérable. Edouard YI et Elisabeth chargèrent des commissaires de rechercher tous les propriétaires de fiefs, de ^o livres sterling de revenu, qui ne s'étaient pas fait conférer la chevalerie pour en éviter la dépense , et de leur faire payer une certaine somme en indemnité pour la couronne. C'est cette pratique que renouvela Charles !•' ; bien que fondée sur un ancien droit légal , elle n'avait guëres été employée depuis long-temps qu'à des époques de détresse ou de tyrannie ; elle entraînait une inquisition intolérable et donna lieu aux plus vives réclamations. Le longparlement l'interdit par un statut, en 1641* (Voyez le Dictionnaire de la loi anglaise, par sir Thomas £dlyne Tomlins, au mot Knight, troisième édition , Londres , 1820. )

{ Note de V Éditeur. )

(i) Le droit de tonnage était un droit sur les vins importés en Angleterre, et le àvoil àe pesage un droit de 12 deniers par livre pesant sur toutes les marchandises importées ou exportées. La législation et la pratique avaient subi, quant à la perception de ces droits , beaucoup de vicissitudes. Avant le plein et régulier établissement de la chambre des compiunes ( sous Edouard I", à la fin du treizième siècle ), les rois s'arrogeaient le pouvoir de décider seuls des droits de douane , et en général des impots qui pesaient sur le commerce. Depuis le règne d'Edouard I", cette prétendue prérogative fut positivement déclarée illégale , et les droits de tonnage et de pesage durent , comme les autres impots, être votés par le parlement ; mais ce vote demeura long-temps irrégulier; à diverses époques, les droits de

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fut encore sous ce prétexte qu'on établit la fk-

meuse taxe des vaisseaux (i), et l'ensemble de

douane ne furent votes que pour un temps limite , pour deux ans, par exemple, sous le règne de Richard II. Les défenseurs des libertés publiques soutenaient des lors, avec raison, qu'il ne devait y avoir aucune différence entre ces droits et les autres impots. Cependant , avec les rois de la maison deLancaster (Henri Y), s'introduisit l'usage de les voter pour la vie du prince dans le premier parlement de son règne , et cette pratique continua , bien qu'avec quelques variations , jusqu'à l'avènement de la maison de Stuart. Elle entraîna cet abus, que lorsqu'un parlement n'était pas immédiatement convoqué par le nouveau roi , il continuait souvent à percevoir les droits de tonnage et de pesage, de sa propre autorité, et devait être tenté de les considérer comme incorporés dans sa prérogative. Pour mettre un terme à ces déviations du principe fondamental de tout gouvernement libre, les premiers parlemensde Charles I*' refusèrent de voter les droits de tonnage et de pesage pour la vie du Roi; et le Roi, toujours en querelle avec son parlement, les perçut alors sans loi, n'osant cependant soutenir absolument qu'il en avait le droit , mais réclamant à titre d'usage la faveur abusive qui avait été accordée à ses prédécesseurs, et alléguant la nécessité pour prendre, à lui seul , ce qu'on ne voulait pas lui accorder pour toujours. Il y avait , en ceci, une réforme à faire, une règle fixe à établir , et c'est à cette réforme , qui n'était qu'un retour aux principes anciens et légitimes , que le Roi se refusait.

(Note de V Éditeur, )

(i) Ship-money. La nature de cette taxe, l'illégalité de l'extension que lui donna Charles I" et tout ce qui s'y rap- porte , sont développés dans un si grand nombre de mémoires

DU LOWG PARLEMENT. 4l

ces deux taxes se monta à 700,000 livres sterl. imposées sur le peuple anglais, quoique les mers, à cette époque , fussent mal défendues (i).

A ces abus se joignirent une extension des forêts de la couronne, contraire à la grande charte , les levées forcées d'argent pour Thabillement et la marche des troupes , Tenlèvement des armes des milices en divers comtés, et le désar^ mement du peuple en général par le monopole de la poudre à tirer, qui fut déposée à la Tour de Londres, et mise à un si haut prix que les

de cette ëpoqne , qu'il est inutile d'entrer, à ce sujet, dans des explications qui se trouveront partout. Il suJËra de dire que , lorsque Elisabeth avait mis une taxe semblable pouV résister à l'invasion de Philippe II , l'empressement de l'Angleterre à soutenir son gouvernement était tel que la taxe fut bien plutôt volontaire qu'imposée. H n'y avait donc point , dans ce fait récent , un précédent dont Charles I*' fût en droit de se prévaloir , à moins qu'il ne soutînt que ses peuples étaient tenus de subir cet impôt contre leur gré , parce que , une fois , ils l'avaient payé volontairement.

.( Note de V Éditeur. )

(i) Lors du premier établissement de la taxe pour les vabseaux , la cité de Londres fut taxée 1 à vingt yaisseaux ; elle demanda que cette taxation fàt réduite à dix vaisseaux et deux chaloupes ; et comme les habitans de Londres avaient allégué des précédens , le conseil leur répondit * « que « les précédens des anciens temps étaient l'obéissance et non « des objections. » {Mémoires de Whitelocke, pag. 7.)

{Note dé V Éditeur.)

pauvres n'eurent plus le moyen d'en acheter : personne d'ailleurs n'en put avoir sans une permis* sion ; en sorte que plusieurs parties du royaume se trouvèrent privées des moyens de défense dont elles avaient besoin.

Aucune cour de judicature ne pouvait protéger le peuple contre ces illégalités , le Roi destituant les juges lorsqu'ils n'accomplissaient pas sa volonté; ce qui les tenait en telle crainte qu'ils n'osaient plus faire leur devoir ; d'autant que pour avoir la main sur eux , on avait ôté de leurs lettres'-patentes ^ la clause : Quamdiu se bene gesserinty pour y substituer celle-ci : Durante bene placito (i).

(i) La corruption des cours judiciaires fut , dit Claren— don, ce qui porta au comble le mécontentement du peuple, en lui enlevant toute espérance , et lui donnant lieu de croire qu'on voulait ériger en système ce que , jusqu'alors y il n'avait considéré c^ue comme un mal passager. «< Si la « taxe des vaisseaux , par exemple , établie , dit-il , sous le « prétexte de la nécessité et du danger , s'était présentée « comme une mesure extraordinaire , les citoyens s'y se— u raient s^^umi^ plus aisément. Il est notoire qu'on la sup- «L portait ^vec beaucoiip motins de colère avant la décisî<Bi « pendue p?r les juges contre M, Hampden, qu'on ne le fit « ^prës. Beaucoup de gens 4e plaisai^it à penser qu'en *>* payant la taxe, ils faîanieat quelque cl^ose pour le service u d^ Roi, ^t lui dooftaient une marque d'affection à lau quelle ils n'iét«ieat point ftenos; d'autres croyaient réelle-- « méat à la néceMÎté et trouvaient ainsi la taxe raison-

On exigea des sujets des sermens nouyeaux et illégaux^ et de nouveaux tribunaux furent ériges sans aucune loi. Lorsqu'on eut créé des commissions pour l'examen des ëmolumens excessifs , et qu'on eut découvert de grandes exactions , les délinquans furent admis à composition , non-seulement pour le passé , mais pour les offenses à venir; ce qui, au lieu d'apporter remède aux maux du peuple , ne fit que les accroître et les rendre plus durables.

Dans ces circonstances ^ toute espérance de r'avoir jamais un parlement fut entièrement ban-

« nable ; d'autres disaient que le Roi en retirait vraiment « un grand avantage , tandis que pour eux la perte était « petite ; tous enfin se rassuraient en pensant que , lorsqu'ils « seraient las de la taxe et ne voudraient plus la payer , ils « pourraient s'adresser aux juges et en obtiendraient le re- « dressement de leurs griefs. Mais lorsqu'ils virent que la « taxe était exigée devant les cours de justice comme un « impôt légal et que des juges, qui avaient juré de suivre la « la loi , la déclaraient telle, par des raisons dont la faus- « seté était sensible pour tout assistant , alors ils regar-' « dër^nt ceci non plus comme l'affaire d'un seul homme , « mais comme celle de tout le royaume; ce ne fut plus « un impôt demandé par le Roi , mais une taxe mise par « les juges , et on se crut , «n conscience , obligé d'y ré- « sister. C'est une vieille observation de Thucydide , que « les hommes s* irritent beaucoup plus de l* injustice que de « la violence. L'injustice, dit-il , vient d*un égal et semble « une violation du droit ; la violence vient du plus fort , et « r^est quune nécessité à subir. Tant que la taxe des.

nie; l'oppression s'exerçait sur tant de points^ tant d'actes illégaux avaient été commis y que le seul moyen d'en être absous , c'était d'en commettre un plus grand; ce d'enleyer au peuple le moyen « destiné à en faire justice, le gouTcrnement lécc gai de l'Angleterre , exercé par le moyen des (( parlemens. »

En cet état du royaume, les hommes justes et graves qui n'avaient aucune part aux profits de la tyrannie, ne pouvaient s'empêcher de présager tristement les maux qui devaient nécessairement

M vaisseaux ne parut provenir que du conseil du Roi , on « la considéra comme une mesure du pouvoir auquel on « avait coutume de se confier, comme un effet de la prë— « voyance du gouvernement. La nécessité et l'intérêt pu- « blic semblaient des motifs suifisans, et on ne s'effrayait « pas beaucoup de voir, dans une occasion extraordinaire , « le pouvoir royal remplir une lacune de la loi, ou suppléer « à son silence ; mais lorsqu'on vit la raison d'État adoptée « comme un motif légal par les interprètes des lois , les « juges aussi prévoyans, aussi initiés dans les mystères « de la politique , que des secrétaires d'État , les jugemens « fondés sur des faits qui n'avaient été ni examinés ni prouvés, « et la taxe exigée par des motifs qui pouvaient également « atteindre tous les biens de tous les citoyens , alors on « cessa d'espérer que cette doctrine et ceux qui la soute- « naient pussent jamais s'arrêter devant aucune borne ; et « des hommes qui avaient peu de raisons d'être satisfaits « de leur état présent, en eurent beaucoup de redouter les « dangers de l'avenir. » {Histoire de la Rébellion , tom. i , pag. 117.) {Note de V Éditeur, )

résulter d'une si grande iniquité. Ils voyaient bien qu'au point où les choses avaient été poussées dans les voies de l'injustice , il fallait , de toute nécessité , ou qu'eux-mêmes et leur postérité fussent à jamais réduits en esclavage^ ou qu'on en sortît par une vengeance si âpre et si cruelle [que toute la nation aurait à en gémir; et quoique ^ pour le présent, la situation parût brillante , cependant comme ils avaient vu les jugemens de Dieu sur d'autres nations également pleines de sécurité, ils ne pouvaient s'empêcher de craindre la suite. Une autre espèce d'hommes , particulièrement dans la haute et moyenne noblesse, qui ne sentaient pas beaucoup l'oppression du gouvernement , et n'éprouvaient que peu ou point de diminution dans leur abondante fortune, ne portaient pas leur vue au-delà de la tranquillité et de la prospérité dont ils jouissaient alors; et voyant la nation dans une paix profonde, tandis que d'autres royaunaes étaient troublés de désordres , et que l'Allemagne était ravagée par une guerre cruelle , ils ne faisaient qu'applaudir au bonheur de l'Angleterre, et traitaient d'ingrats et d'esprits factieux ceux qui se plaignaient de la violation de nos lois et de nos libertés. Ils faisaient observer que le royaume regorgeait plus que jamais de richesses , d'abondance , et de toutes les sortes de jouissances élégantes ; il était, disaient-ils , de l'honneur d'un peuple , que son

monarque rëcùt avec splendeur, sans être soumis à aucune restriction dans sa pre'rogative ; cette indépendance le mettait en plus grande estime auprès des autres princes, et lui donnait un grand avantage dans les traite's; ils trouvaient ce qu'on souffrait des monopoles peu sensible et nullement onéreux, si on le comparait avec ce qui se passait en d'autres États fils alléguaient que le duc de Toscane chargeait ses sujets de fardeaux bien plus pesans j que le roi de France s'était rendu maître absolu , et avait entièrement comprimé le pouvoir des parlemens, pouvoir qui avait été en France aussi grand qu'en aucun autre royaume ; et que cependant la France florissait et que la noblesse y vivait dans la prospérité,- enfin, que les princes d'Autriche , particulièrement en Espagne , faisaient peser sur leurs sujets des impôts très-onéreux.

Tels étaient les discours ordinaires par où les gens de la classe élevée cherchaient, au moyen de comparaisons, à justifier leur asservissement.

Les courtisans avaient coutume , pour premier argument, d'accuser les parlemens de cruauté envers les personnes favorisées du Roi ^ et de trop d'hostilité contre sa prérogative ; ils . ajoutaient que le dernier parlement l'avait pris sur un ton trop haut avec le Roi, et qu'ils espéraient bien que le Roi n'aurait plus besoin de parlement. Quelques uns des plus considérables^

parmi les hommes en place et les conseillers prives, avaient coutume de rire, lorsque, dans le vieux langage de l'Angleterre, on employait cette expression : la liberté des sujets. Mais ces hommes si empresse's de se soumettre au joug, bien qu'assez nombreux pour rendre une re'formation difficile, ne co mposaientqu'une bien petite partie de la nation, en comparaison de ce qu'on trouvait, dans les mêmes rangs. de la société, d'hommes instruits de leurs droits. et des véritables intérêts du royaumei C'était du côté de ceux-ci que se rangeaient la généralité des classes inférieures , et les francs tenanciers capables de raisonner sur leurs droits et sur les vexations auxquelles ils étaient assujétis.

Mais les péchés de la nation anglaise étaient trop grands pour lui permettre d'espérer un prompt ou facile redressement de ses griefs; et les mœurs du peuple étaient tellement corrompues qu'il tombait par degrés dans cette condition où l'histoire nous représente les Romains , ut nec mala^ nec rejnedia ferre passent ^ de ne pouvoir supporter ni les maux, ni les remèdes. L'impiété abondait en tous lieux; et, ce qui est bien étrange , il n'y avait pas de religion , et cependant la superstition se propageait. Le luxe des repas , les excès de la bonne chère et de la boisson, étaient parvenus, dans le royaume, à un point extraordinaire , tant sous

le rapport de la quantité, que sous celui d'ime vaine délicatesse; et, par une sorte d'insulte à ces utiles ouvrages de la création, que Dieu a prodigués à notre fertile patrie, les Anglais mêlaient ensemble les vices de diverses nations par leur empressement pour tout ce qui était nouveau et étranger ;

• . ^. . — iVbn vulgo nota placebant Gaudia, non usupîebeio trita voluptas{i).

Pétrone.

Il régnait également, dans presque toutes les classes du peuple, beaucoup d'orgueil et d'excès de parure, de modes nouvelles , et d'habillemens de diverses formes; ils ne se contentaient pas d'imiter, mais surpassaient encore leurs modèles étrangers, par la bizarrerie de leur maintien et de leurs manières, et enchérissaient de pétulance sur la plupart des nations de l'Europe;

Et taxi crines , et tôt noi^a nomina vestis (2). * Pétrone.

Les hommes graves soupiraient après un parlement; mais les premiers de l'État n'en travail- Ci) Ils ne se plaisaient point aux joies communes du vulgaire, ni aux voluptés communément à l'usage du peuple.

(2) Et des cheveux flottans et mille nouvelles dénominations de vétemens.

laient que plus ardemment à l'accomplissement de l'œuTre qu'ils avaient commencée , l'e'reclion de la prérogative au dessus de toutes les lois-

Le lord Wentworth , créé depuis lord Strafford pour ses services en ce genre , s'appliquait à opprimer l'Irlande où il était lord-lieutenant, afin de commencer sur un pays conquis le travail qu'il devait ensuite transporter insensiblement sur l'Angleterre; et l'on doit avouer, qu'il avait procédé très-bien et très-heureusement dans les voies de la t3rrannie, au détriment et à la ruine, il est vrai, de ce royaume, si nouvellement fondé (i).

C'était un homme de grandes facultés, de

(i) Il y a ici erreur et injastice. Lord StrafiPord commit en Irlande beaucoup d'actes iniques, et son gouvernement y * fut très-arbitraire; mais ce ne fut point un despotisme indifférent à toute raison , étranger à toute intention bienfaisante , ni funeste , en résultat , à la prospérité du pays. Il y rétablit l'ordre , protégea efficacement tous les citoyens contre l'indiscipline de l'armée , améliora beaucoup la législation civile et l'administration de la justice , releva le commerce déchu , introduisit de grandes et utiles manufactures , rétablit les finances, fit cesser une multitude de déprédations et d'abus, et laissa enfin l'Irlande, tant sous le rapport du bien-être public que sous celui de l'administration générale, en beaucoup meilleur état qu'il ne l'avait trouvée. Si les admirateurs d'Elisabeth avaient eu quelque impartialité , l'exemple de cette Reine eût suffi pour leur apprendre qu'il est des époques 011 un despotisme habile , malgré' ses injus-

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vues profondes , d uq esprit énergique , habile à conduire ce qu'il entreprenait , et, pour la conscience, tel quHl convenait à Tentreprise à laquelle on l'avait destiné. Il connaissait,^ aussi bien que personne, les bous principes et les^ droits de son pays. Il les soutint avec roideur dans les premiers parle nxens, et fut regardé comme un excellent patriote. Ces qualités engagèrent bientôt le Roi à se l'attirer, et à l'élever en dignité pour l'employer au contraire à mettre son pays -dans lesclavage , tâche que son ambition le porta facilement à entreprendre. On peut, selon moi, appliquer, en quelque sorte, à cet homme ce que Lucain a dit de Curioa :

Haud alium tantâ civem tulit indole Roma Aut cuiplus leges deberent recta sequenti: Perdita tune urbt nocuerunt sœcula , postquam Ambitus , et luxus, et opum metuendafacultas Transverso mentem dubiam torrente tulenint; Momentwnque fuit mutatu^ Curio rerum (i).

tices et ses dangers, n'est pas sans utilhë pour les peuples et leur fait faire les progrès qui plus tard les mèneront à la liberté. On peut consulter , sur les bons effets de Tadtninistration de Strafford en Irlande, la vie de Strqffbrd^ par M. John Macdiarmid ( Lives of british siatesmen^ 2 voK in-8*. deuxième édition , Londres , 1820) et V Essai "historié que sur Strafford , par M. de Lalli-Tolendal. ( i vol* in-8*- Paris , 1814. ) ( Not, de VEdit, )

(1) Rome n'a jamais enfanté un citoyen d'un plus grand

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La cour d'Angleterre , durant cette longue interruption des parle mens, fut un théâtre de plaisirs et de magnificence 9 égal à ce qu'a jamais présenté la cour d'aucun royaume ; les diverlissemens, les fêtes et les passe- temps furent, pendant ce grand nombre d'années, poussés à tel point, que l'étranger qui voyageait en Angleterre était loin de croire qu'un royaume d'un aspect si joyeux pût être malade en quelque partie.

La Reine avait été féconde , et arrivait à un âge qui semblait lui donner droit à partager non-seulement la table et le lit du Roi, mais encore le soin de ses affaires et de ses intérêts. L'extrême affection de son mari l'encourageait à réclamer ce privilège , et le peuple voyait avec respect et admiration cet amour conjugal, vertu rare dans un Roi qu'environnent toujours de si nombreuses tentations.

Mais le pouvoir de la Reine donna par degrés aux papistes, et parmi eux aux plus habiles et aux plus profonds dans l'esprit jésuitique, la liberté d'approcher, sous couleur de civilité et de respect, non-seulement des courtisans inférieurs,

caractère, ni de qui les lois reçussent plus de services, tant qu'il marcha dans le bon chemin ; mais la corruption du temps devint fatale à Rome : Tambition , le luxe et le terrible amour des richesses entraînèrent, dans l'égarement de leur cours , cette âmie incertaine , et la métamorphose de Curioii décida du sort de l'État.

5i HISTOIRE

mais du Rai lui-même ^ et par conséquent de répandre la semence dans le terrein qui leur convenait le mieux. Insensiblement^ et par complaisance pour la Reine, les nonces du Pape^ Panziani, Con et Rosetti, furent reçus à la cour d'Angleterre ; et le Roi déclara qu^il ne voyait pas de raison pour ne pas recevoir un ambassadeur du Pape, puisque c'était un prince temporel. Mais ces nonces ne recevaient pas d'honneurs publics; si bien que le peuple en général n'y faisait pas grande attention, et l'assistance régulière du Roi au prêche et au sermon ne permettait pas aux courtisans de concevoir aucun doute sur sa religion.

Le clergé , dont toute la force consistait dans l'appui du Roi , était plongé dans une complète admiration de son heureux gouvernement, et se gardait bien de la lui cacher dans les occasions où les paroles de la chaire avaient accès à son oreille; et non-seulement alors, mais dans toutes leurs réunions, les ministres de l'Église s'étendaient avec joie sur ce texte, affirmant avec confiance qu'aucun prince de l'Europe n'était aussi ami de TÉglise que le Ubi Charles , que la religion ne florissait nulle part qu'en Angleterre, elque, parmi les Églises réformées, l'Église anglicane était la seule qui conservât l'extérieur et la dignité d'une Église. Plusieurs d'entre eux avaient coutume de dire que la sévère punition de Dieu

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sur le Palatinat venait de la grandeur du sacrilège qu'on y ayait commis en saisissant les biens des évêchés.

La reine Elisabeth elle-même, la réformatrice de la religion^ était louée avec froideur, et l'on oubliait toutes ses vertus quand on se rappelait combien elle avait diminué l'évêché dTEljr (i).

Henri YIII était aus^i grandement condamné par eux pour avoir saisi les abbayes , et s'être emparé d'autant d'évêchés qu'il l'avait fait dans la trente-septième année de son règne. Le maintien de cette splendeur de l'Église qui leur plaisait tant , était donc devenu le but de tous leurs efforts , surtout quand ils eurent acquis, en i638, un archevêque selon leur cœur, le docteur Laud, qui, depuis plusieurs années, avait dirigé l'Église, après l'éloîgnement de l'archevêque Âbbot, homme meilleur et plus prudent, dont il serait injuste de ne pas reconnaître ici la sagesse et la vertu (2). C'était un homme qui avait tou-

(i) Thomas Majr oublie ici lui-même combien Elisabeth avait été opposée au» tentatives des presbytériens contre la hiérarchie de l'Église anglicane , et surtout contre l'autorité des évéques. ( Note de V Éditeur, )

(2) L'archevêque Abbot fut suspendu pour avoir refusé d'autoriser l'impression du discours d'un docteur Sibthorp , où celui-ci soutenait que le Roi pouvait faire des lois et tout ce qui lui plaisait {Mémoires de Whitelocke, p. 8). Une péti-

jours agi dans les véritables intérêts de TAngleterré et des Églises réformées de TEurope ; tellement que , de son temps , le clergé n'excitait en Angleterre que fort peu de méfiance , et que les protestans étrangers n'étaient pas très-prévenus contre le gouvernement épiscopal. Après lui , non seulement la pompe des cérémonies s'accrut tous les jours ^ et de scandaleuses innovations eurent lieu dans l'Église; mais, en point de doctrine même^ on fit, vers Rome, des pas manifestes , comme ceux qui voudront prendre la peine de

tion , adressée au parlement par les libraires de Londres, se plaignit de ce que les livres contre le papisme étiaient supprimes 9 tandis que les livres eo faveur du papisme obtenaient souvent l'approbation de la censure; et M. Olivier Cromwell informa le parlement de l'appui qu'accordait aux papistes l'évéque de Winchester {ibid. p. 12). C'est la première fois qu'on voit paraître le nom de Cromwell dans les débats du parlement. Voici ses propres paroles , telles qu'elles sont rapportées dans l'histoire des débats parlementaires. (11 fév. 1629.) « M. Olivier Cromwell dit qu'il a « appris d'un docteur Beard , que le docteur Alablaster « avait prêché le plus grossier papisme , à la Croix de Saint- « Paul , et que l'évéque de Winchester ( le docteur Neile ) , « son diocésain, lui avait ordonné de ne rien prêcher en sens « contraire. Il ajoute que Manwaring , si justement censuré « dans cette chambre en raison de ses sermons , a été promu « à un riche bénéfice par la protection du même évêque. « Si c'est là le chemin aux dignités ecclésiastiques , que ne « devons-nous pas attendre ? » ( Histoire parlementaire , tome a , col 464.) ( Not, de VEdit,)

s'en instruire pourront le voir dans les e'crits de l'archevêque Laud, de Mountague, de Heylin, de Focklington et des autres ^ ou dans le recueil abrège qu'en a fait un docteur écossais^ M. Baillie. En même temps leur affection pour l'Église de Rome augmentait leur mépris pour les Églises réformées d'outre -mer, qui, loin de recevoir du clergé anglican les secours et l'appui que Bieu avait donné à cette île opulente les moyens de leur fournir, en furent abandonnées dans leurs plus grands besoins , et y trouvèrent , au lieu d'un port , des rochers sur lesquels elles se brisèrent.

L'archevêque Laud, qui s'était acquis une grande faveur près du Roi , en profita surtout pour augmenter la pompe et les honneurs temporels du clergé; il fit nommer lord- trésorier le docteur Juxon, évêque de Londres, et s'efforça, tout le inonde l'a su , de faire tomber les premières places temporelles sur des gens de cette robe; Aussi le peuple, lorsqu'il voyait ce lord -trésorier se rendre à Westminster avec les autres évêques , disait-il en riant que c'était V Église triomphante. Les docteurs et ministres de paroisse furent ^aits partout juges de paix, au grand dommage des peuples dans les affaires civiles , et aux dépens de leur édification spirituelle.

^; L'archevêque, par les moyens qu'il employait pour préserver son clergé du mépris, l'exposa à la haine, et, comme le purent prédire alors les gens

sages ^ au danger plus que probable de se voir dé-r pouillé de tout. C'est ainsi que nous voyons^ dans l'histoire, des hommes qui dévoués par un oracle à quelque calamité, s'y sont précipités précisément par les moyens qu'ils ont employés pour la prévenir. Par une imprudence aussi malheureuse , le clergé, pour abattre le puritanisme, imagina d'élever contre lui l'irréligion, la pire de toutes les armes qu'il pdt choisir pour en triompher. Cela parut spécialement dans ses doctrines sur la manière de gai:der le jour du Seigneur. Non seulement on publia , pour ébranler la sévérité du précepte , des écrits comme celui qui porte pour titre le dimanche n^ est pas le Sabbat ^ mais on permit dans ce jour aux gens de campagne, par autorisation publique, des jeux et des passe-temps pleins de gaieté et de dissipation , et Ton ordonna que la permission fdt lue dans les Églises ; ce qui , au lieu de produire l'effet qu'on en attendait , devint , comme on peut le croire , pour la portion religieuse de la nation, le motif d'une plus stricte observance. Plusieurs personnes , jusqu'alors négligentes ou relâchées , en prirent occasion d'y penser plus sérieusement , rougissant de se voir invitées par l'autorité ecclésiastique à ce que jusqu'alors elles avaient cru tout au plus pouvoir se pardonner comme une faiblesse (i).

(i) Tel était l'esprit du temps , qae ce fut là ^n effet une

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L'exemple de la cour , où des spectacles étaient habituellement représentés les dimanches ^ n'eut pas tant Teffet d'entraîner le peuple à l'imiter , que d'attirer le blâme sur la cour et sur plusieurs autres de ses passe-temps et divertissemens qui^ sans cela , auraient été plus favorablement jugés , ces sortes de plaisirs ayant toujours été permis aux princes puissans.

La protection donnée au relâchement et à l'irréligion était f sans aucun doute ^ un bon moyen de préparer l'introduction d'une autre religion; et^ l'empire de la piété détruit^ le papisme aurait

des mesures les plus impopulaires que prît Charles I^'. ; et elle le fut d^autant plus que , sans se borner à permettre les divertissemens du dimanche , il alla jusqu'à menacer de sa colère ceux qui blâmaient cette liberté. Le grand*jugeB.îchardsouy entr'autres , fut mandé devant le conseil privé, et si rudement maltrailé par Laud qu'il en sortit tout tremblant , disant qu'il avait presque senti sur ses joues les gants de lin de l'évêque. Plusieurs gentilshommes considérables , juges de paix dans le comté de Sommerset, ayant rédigé une pétition au Roi , pour lui demander de permettre que les cabarets et maisons de jeu fussent fermés le dimanche ^ Charles se hâta de remettre en vigueur la déclaration par laquelle le roi Jacques son përe avait autorisé ces divertissemens , et se dispensa ainsi de recevoir leur pétition. L'austérité des mœurs dégénère souvent en fanatisme et eil observances puériles ; mais ce n'est pas en recommandant le relâchement que les gouvernemens peuvent prévenir ce danger. ( Voir la vie de Charles I*'. par Harris, page 52 , not. 14. ) ( Not. de VEdiU )

trouvé bien plus de facilite à s'introduire par degrés. On peut mettre en doute que les évêques et le haut clergé d'Angleterre eussent intention de rétablir le papisme; mais tel était évidemment le but des agens de Rome ; et le clergé anglais , s'il n'y trawaillait pas pour son compte, y travaillait au moins pour le leur. Un étranger, attaché à cette religion , va nous faire connaître, par ses propres observations sur FAngleterre , jusqu'à quel point ils avançaient dans cette route. Voici ses paroles :

« Les universités , évêques et théologiens d'An- <c gleterre embrassent tous les jours les opinions <t du catholicisme, quoiqu'ils ne les professent « pas ouvertement, par crainte des puritains. Par « exemple, ils tiennent que l'Église romaine est « une vraie Église , que le Pape est supérieur à €c tous les évêques , que c'est à lui qu'il appartient K de convoquer les conseils généraux , qu'il est lé- « gitime de prier pour les âmes des morts, qu'on « devrait élever des autels ; en un mot , ils croient « tout ce qu'enseigne l'Église , mais non pas tout « ce qu'enseigne la cour de Rome. »

L'archevêque de Cantorbéiy était fort déclaré contre la cour de Rome , quoiqu'il ne le fût pas autant contre cette Église. Car la doctrine de l'Église romaine n'est point contraire à la pompe de l'épiscopat; mais la doctrine de la cour de Rome aurait tout englouti sous la suprématie du Pape , et mis toutes les supériorités dans sa dépendance.

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L'archevêque sentait très-bien qu'une pareille sujétion abaisserait beaucoup trop l'autorité temporelle du Roi pour qu'il ne fui pas très-difficile d'y faire consentir la cour; en même temps elle l'aurait dépossédé lui-même de sa puissance spirituelle , en le forçant de reconnaître la subordination de son pouvoir métropolitain, qu'il voulait maintenir aussi absolu et aussi indépendant au dedans du royaume que s'il eût été pape d'Angleterre (i).

11 est certain que l'archevêque de Cantorbéry , ainsi que l'a fait observer un Anglais , se prononçait souvent contre les papistes Trentiens , qu'il ne haïssait que comme papistes proprement dits ; car, au concile de Trente , tous les points relatifs à la cour de Rome, bien que sujets à contestation, avaient été déclarés articles de foi , sous peine de damnation ; mais les points de foi, concernant

(i) Peu de temps avant son élévation à rarcbevéché de Cantorbéry, Laud avait , dit-on ; reçu de Rome TofFre d'un chapeau de cardinal ; maià il refusa ,se trouvant au sommet des dignités ecclésiastiques en Angleterre , et ne voulant pas aroir de supérieur dans un autre royaume. Whitelocke rapporte cette anecdote-sans la garantir absolument , et je pense qu'elle ne mérite aucune confiance. Laud était sincèrement attaché à la religion anglicane. Mais on voit par là combien la nation était disposée à taxer de papisme quiconque défendait des doctrines politiques analogues à celles de là cour de Rome. ( Mémoire de WTiùeL page 17. ) ( N^t. de VEdîi, )

6o HISTOIRE

l'Église romaine^ avaient été laisses à la discussion y sans qu'on osât les soutenir par des anathèmes. L'auteur ve'nitien (i), que nous avons cité , expose quel était l'état de l'Angleterre par rappbrt à la religion, et comment elle était divisée en papistes, protestans et puritains. Les papistes sont bien connus. (( Le parti protestant, « dit-il, est composé du Roi, de la cour', des (( pairs , de la noblesse et de tous ceux que la <c faveur a élevés à quelque dignité, auxquels c( il faut ajouter presque tous les évêques et les « deux universités. »

U fait ensuite connaître la disposition des protestans :

« Us haïssent, dit-il, les puritains plus que les (T papistes ; tellement qu'ils s'allieraient sans peine « avec les papistes pour extirper les puritains, « et ils ne sont pas si attachés à la religion ré-^ w formée qu'ils ne pussent revenir à l'ancienne (c pratique de leurs ancêtres. Us sont très-obstinés « à rejeter la suprématie du pape. »

U parle ensuite des puritains, et dit : a Ils se u composent de quelques évêques , de presque « tous les gentilshommes de province et du peu- « pie; ce qui en fait de beaucoup le parti le plus ce puissant. »

Il expose ensuite leurs opinions : « Les puri-

(i) Paolo Sarpi.

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K taina, dit-il^ sont ceux qni ont adopté les règles de (( discipline des réformés français et hollandais^ « et ne regardent pas la réformation d'Angleterre (c comme aussi parfaite que celle que Calvin a « donnée à Genève. Us haïssent les papistes beau- « coup plus qu'ils ne font les protestans. »

Voilà c!e que j'avais à rapporter des observations de cet étranger concernant l'Angleterre.

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