‹ Histoire du Long-ParlementChapitre 2 sur 36 · SUR THOMAS MAT. IX · texte numérisé non relu

SUR THOMAS MAT. IX

voulait pas avoir changé de patrie , ne s'occupait que d'introduire à Whitehall les manières, les passetemps et les idées de la cour de France , regardant le pouvoir absolu comme une nécessité de la pompe royale, et le catholicisme comme la seule religion qui convînt aux grands seigneurs. Les poëtes, les lettrés , les beaux esprits venaient en foule chercher là des occasions à leur talent , des triomphes à leur amour-propre et des pensions à leur pauvreté. Il ne faut pas les en blâmer trop sévèrement ^ les goûts et les plaisirs de Fesprit entraînent souvent je ne sais quelle préoccupation noble et douce qui fait oublier à rhomme les réalités sociales , le distrait des pensée^ du citoyen , et ne lui permet guères de songer qu'aux travaux qui le charment et aux protecteurs qui l'encouragent. Au milieu des spectacles , des conversations élégantes, des fêtes, des mascarades où prenait part toute la cour , dans les clubs spirituels et joyeux où se réunissaient les successeurs de Shakspeare et où Ben-Johnson présidait encore, on oubliait aisément et la taxe des vaisseaux, et les querelles des puritains avec l'archevêque Laud , et le juste mais sombre mécontentement du pays. Bien accueilli à la cour et dans les réunions lettrées , le jeune May ne s'inquiéta que d'y réussir et de leur plaire. Cinq pièces de théâtre reçues avec faveur (i) , une traduction en vers des Géorgiques et de quelques épigrammes de

(i) Ces cinq pièces sont: i*». V Héritier, comédie, joucc en 1620. a». Cléopdtre, tragédie, en i6a6. 3<»'. Agrippine, tragédie, en i6a8. 4". jiraigone , tragédie, en i63i. 5*. Le Pileux couple, comédie. Aucune n^est restée au théÂire.

Page 1